Gin Fizz

Bulles de vie...

Mon voisin le chieur

30 mai 2006

immeuble

Paraît qu’aujourd’hui, c’est la fête des voisins. Vous savez, la journée "immeubles en fête", où on est supposé tous se retrouver ce soir à l’heure de l’apéro, dans la cour fleurie de notre immeuble, pour partager avec ses aimables voisins quiches lorraines, taboulés et plateaux de fromages dressés sur de jolies nappes à carreaux rouges et blancs. (Moi, cliché ? Certainement pas).
Pfff, laissez-moi rire deux minutes, voulez-vous ? Le type qui a inventé ce concept de voisinage en fête a sans doute beaucoup d’humour, mais il n’a certainement jamais posé le bout d’un orteil dans mon immeuble, je parie. Sinon, son concept, il l’aurait relégué aux oubliettes, et plus vite que ça !
Parce que chez moi, la fête de l’immeuble, c’est tous les jours, et pas dans le meilleur sens qui soit.

Déjà, j’ai la chance d’habiter au premier étage, juste au dessus d’un petit restaurant de poissons. Voilà, je vous vois esquisser une grimace, je pense que vous avez compris ce que je voulais sous-entendre. Hé bien bizarrement, je suis plutôt vernie côté odeurs, ça ne sent que très rarement la poiscaille. En revanche, j’ai tout un tas d’autres emmerdements assez sympathiques. Du genre la soufflerie d’aération de la cuisine en permanence, et ce jusqu’à la fin du service (grosso modo, on table sur 1h30 du mat, en moyenne). Ou bien la sortie des poubelles, soit à la fin du service (donc pour ceux qui suivent, ça n’a pas changé en deux lignes, c’est encore vers 1h30 du mat), soit à l’inverse, très tôt le lendemain matin, avant le passage des éboueurs, vers 6h et des bananes. Génial, non ?
Mais surtout, j’ai le droit d’entendre en long en large et en travers toute la vie de Momo et J-B, les deux garçons de cuisine, qui se tapent allègrement la discut’ à n’importe quelle heure du service, et ce dans la petite cour située juste devant la fenêtre de ma chambre. Savoir que J-B s’est encore engueulé avec sa copine parce qu’elle est trop "pète-couille" (fin de citation), ça ne me dérange pas à 20h, mais quand je me tape leurs engueulades téléphoniques à 1h du matin, ça me donne envie de hurler à travers les volets. Surtout que la copine en question doit être ultra sourde, en plus d’être "pète-couille", à en croire le volume sonore utilisé par J-B pour lui brailler dessus.
Heureusement pour moi, le restaurant est fermé le samedi midi et le dimanche, ce qui me permet quand même un minimum de grasse matinée les week-ends. Sans quoi, je pense que j’aurais déjà pété un fusible. Sans sommeil, je deviens vite irascible. Mais qui pourrait m’en vouloir, hein ?
Mis à part le restaurant, mes autres voisins se sont aussi révélés excellents joueurs au jeu du "qui fait le plus de bruit à n’importe quelle heure sans se soucier du fait que peut-être il dérange ses voisins".
La voisine du dessus n’a sans doute pas appris qu’on est bien mieux en charentaises chez soi, et arpente donc son appart de long en large avec ses talons aiguilles, ce qui me donne un arrière fond de maracas en permanence. C’est chouette, c’est exotique. Mais c’est vite gavant, à la longue. Sans compter que cette même personne doit régulièrement se doucher en dehors de sa baignoire, vu qu’elle est responsable de pas moins de quatre fuites d’eau en deux ans (je songe grandement à envoyer sa candidature au Grand Livre Guiness des Records, d’ailleurs).
Il y a aussi une famille extrêmement bizarre, que je n’ai jamais vue alors qu’elle habite sur le même palier que moi, parce qu’ils doivent passer leur temps à guetter que personne ne rode dans les couloirs avant de sortir ou de rentrer chez eux. Sait-on jamais, on risque gros, dans les ombres et recoins des halls d’entrée d’immeubles parisiens. C’est bien connu. Je sais qu’ils sont plusieurs car je les entends s’engueuler à propos des programmes télé (les murs sont toujours trop fins, dans ces cas-là), mais je n’ai donc jamais vu leur trombine. Et ça va faire six ans qu’on partage le même escalier.
Enfin, il y a ceux qui descendent faire une course au supermarché, et se rendent compte arrivés en bas qu’ils ont oublié la liste de ce qu’il faut acheter. Mais remonter jusqu’au sixième étage sans ascenseur, c’est trop pénible. Qu’à cela ne tienne, ils décrochent l’interphone, et se font dicter la liste par leur copine ou leur colloque. Et moi qui habite donc au premier étage (je me répète pour ceux du fond), j’entends la conversation comme si j’y étais, et j’ai presque envie de passer une tête dans le couloir pour demander à l’intéressé "puisque vous y allez, ça vous ennuie de me prendre aussi deux kilos de navets et des liégeois au chocolat, s’il vous plait ?". Mais ça, j’ai pas encore osé.
Alors bon, la fête des voisins, cette année encore, ce sera sans moi. De toute façon, je peux pas, y’a Desperate Housewives à la téloche. Et va falloir que je mette le son à fond les ballons, pour couvrir le bruit de la soufflerie d’aération, les discussions de Momo et J-B, les maracas, etc…


Commentaires sur Mon voisin le chieur

    Héhéhéhé

    Tu as le don de me faire sourire, même quand j'essaie de compatir, désolée! Ca n'a pas l'air facile tous les jours chez toi, bon courage!

    Posté par natural born blo, 30 mai 2006 à 15:23 | | Répondre
  • He ben

    Moi qui pensais que c'était une bonne idée, vue de loin de mon mon pavillon de banlieu de province. C'est vrai que du coup je n'ai pas les même problèmes ni les mêmes voisins. Bon courage.

    Posté par annika pannika, 30 mai 2006 à 17:20 | | Répondre
  • solidarité...

    bonjour,
    ton post m'a fait hurler de rire!!!!! moi aussi je trouve que la fête des voisins est une vraie entourloupe!!!!!
    mon immeuble est fait de telle sorte que je suis obligée de passer par la cour (où se trouvent les fameux voisins faisant la fête) pour pouvoir rentrer chez moi....
    redoutant ce fameux 30 mai et sa fête qui était programmée depuis une semaine, tract et flyers à l'appui dans mes escaliers (et oui, mes voisins tiennent vraiment à leur fête...) je me suis arrangée pour boire un verre (oui enfin plusieurs) avec des copines
    du coup je suis rentrée à 22h (legerement titubante) en leur disant que "vraiment mon job était trop prenant, qu'il fallait que je mette la pédale douce et qu'en attendant, j'allais me coucher". Je sais c'est pas bien beau
    mais le pire c'est qu'en rentrant je retrouve l'Homme (à moitié saoul lui aussi) qui avait utilisé une technique de sioux similaire pour échapper à la fête des voisins!!!!!
    quelle bande de sauvages!

    Posté par tilotte, 31 mai 2006 à 14:52 | | Répondre
  • Rien à voir, mais je viens de t'envoyer un mail avec mon password, fais moi signe si tu ne le reçoit pas....!!!

    Posté par Charisma, 31 mai 2006 à 15:13 | | Répondre
  • merci de votre soutien...
    J'ai l'air de souffir atrocement, comme ça, mais bon, je l'aime bien, mon petit n'appart de fille !!!

    Tilotte > bienvenue à toi, la rusée !!! Et je vois que ton homme est allé à la même école des sioux que toi... qui se ressemble s'assemble !!!

    Posté par Katia, 31 mai 2006 à 15:44 | | Répondre
  • Je compatis... mais j'ai bien ri en te lisant !!! J'ai un voisinage assez bruyant aussi, d'ailleurs je me demande régulièrement comment font les gens pour foutre autant le bordel... à mon avis c'est des années d'entraînement avant d'en arriver à une telle maestria.

    Posté par pomme, 31 mai 2006 à 16:09 | | Répondre
  • Moi aussi j'ai beaucoup ri en lisant cet article, et bien que compatissant à ton malheur. D'ailleurs j'ai à peu près le même genre de problèmes dans la mesure où j'habite au rez de chaussée, sur la cour par laquelle tout le monde passe pour rentrer chez soi.

    Devant mes fenêtres, j'ai droit:
    -aux engueulades du couple du dessus parce que lui passe sa vie dans le bar miteux d'à coté
    -aux anglaises (jamais compris ce qu'elles foutaient là) qui braillent devant ma porte à 4heures du mat (une nuit j'ai bien cru que j'allais leur balancer mon Petit Larousse à la gueule)
    -aux gens qui téléphonent parce que ça capte mal dans les appart et qui saturent ma télé d'interférences
    -à ceux qui prennent mes rebords de fenêtre pour des strapontins (le prochain , j'ouvre la fenêtre et je le pousse, ça me met dans une rage folle)
    -aux fêtards qui jettent leurs bouteilles dans la poubelle à verre (juste devant les fenêtres sinon c'est pas drôle) à 6h du mat quand tout le monde part
    -à ma voisine qui rentre à pas d'heure, accroche son vélo devant une de mes fenêtres et trouve toujours le moyen de taper dans mes volets en feraille, alors qu'en étant un minimum douée - ou respectueuse - elle pourrait le faire silencieusement (celle là aussi, la prochaine fois qu'elle me réveille je l'égorge)
    -aux ouvriers qui gueulent et à leur blagues graveleuses à la con parce que cet immeuble est éternellement en travaux
    -aux gamins qui ne jouent au foot contre mes murs que quand je suis en période de révision

    Le voisinage, rien de tel...

    Posté par Alex, 02 juin 2006 à 00:32 | | Répondre
  • Et la messe du dimanche ?

    Quand j'ai emménagé dans ma résidence c'était en toute innocence : j'ignorais que j'allais désormais habiter dans une résidence pour VIEUX. Je m'explique. Cette résidence a été construite en 1964, achetée en majeure partie par de jeunes couples qui depuis avaient vieillis...
    J'ai acheté mon appartement avec le peu qui me revenait d'un divorce houleux. (OUI... je suis une vieille croûte, mais envoyée ici par ma fille donc j'ai des excuses. A l'époque mes filles avaient 14 et 11 ans.
    Elles ont quasiment déclenché une émeute avec leur chaîne stéréo, l'aînée découvrant le moderne et sa soeur essayant de la couvrir avec ma chaîne à moi et Mozart qu'elle adore toujours.
    Je passe sur les engueulades des dites soeurs qui mettaient tous les voisins aux fenêtre dans l'attente de devoir appeler les pompiers lorsqu'une serait défenestrée...
    Bref j'ai adopté profil bas pendant un moment.
    Jusqu'au dimanche matin où j'ai été réveillée par des chants d'église vraiment très forts.
    Je n'ai rien contre les chants d'église, j'aime plutôt sans être religieuse particulièrement. Mais là c'était trop... Fort. Mes filles avaient leurs défauts, mais elles n'emmerdaient personne le matin (ni le soir parce que j'étais là pour faire la police).
    Me voilà, aimable et tout, enfilant un peignoir pour détecter d'où venait ce BRUIT sur le pallier.
    J'ai aisément AU BRUIT trouvé l'appartement incriminé par cette messe intempestive (ils en étaient à l'élévation).
    Deux petits vieux bien gentils en dessous de chez moi. A savoir que la gentille petite vieille avait profité d'un moment où je n'étais pas bien du tout pour me faire croire (cirage à l'appui car ma voiture est noire) que j'avais enfoncé sa caisse qu'elle venait de vendre...
    J'ai demandé ce qu'était cette musique un peu... forte pour un dimanche matin.
    Le monsieur m'a répondu "mais madame, c'est LA MESSE".
    Je lui ai rétorqué que sa messe m'importunait (j'étais sortie la veille et les filles n'étaient pas plus fraîches que moi) et il m'a répété "mais madame c'est LA MESSE".
    Que répondre ? Je suis une chieuse de nature alors je lui ai précisé être musulmane et me sentir insulté par sa messe.
    Depuis je n'ai plus droit qu'aux informations à plein tube parce qu'il est sourd...

    Posté par Calpurnia, 12 juin 2006 à 21:08 | | Répondre
  • Oh punaise !!!! Oui, la messe !!!! j'avais oublié ce détail-là !!!
    Mon voisin le restaurateur (qui habite donc au dessus de son resto, et par conséquent juste à côté de chez moi) voue une passion sans bornes aux émissions religieuses, surtout les jours de fêtes (genre ascension, paques, etc...).
    Je me tape donc les litanies en dolby stéréo, parfois recouverts de chants religieux du dit restaurateur !!!

    Ma foi (oh quel jeu de mot hilarant !), c'est toujours mieux que ce que à quoi j'avais droit en pleine après-midi quand je ne travaillais pas :
    - l'accordéon de pascal Sevran !
    - les débats à l'assemblée nationale, ponctués de "vas-y Jean-louis (Debré), impose-toi, voilà ! "
    (et je JURE que c'est véridique, je n'invente rien !!!)

    Posté par Katia, 13 juin 2006 à 10:37 | | Répondre
  • Et les voisines ?

    Hier soir je rentre du boulot de mauvaise humeur (trop chaud, mauvaise ambiance, trop de boulot). Je me concocte un "je ne bouffe pas" parce que moi la moindre contrariété me coupe l'appétit, j'en ai perdu mes 14 kg superflus lors de ma rupture avec mon deuxième ex... Je me sers un verre de lait et je file au pieu après avoir regardé la fin de la 1ère saison de Desperate Houswives... Je prends un cachet pour dormir (c'est ça les vieux de 48 ans) et tout à coup de je me réveille en sursaut.
    J'entends des cris "Maman tu es ivre, c'est pour cela que tu es tombée". Et tout à coup le vide ordure qui se met en route. Des bouteilles, des bouteilles, des bouteilles.
    Elle est bien gentille la fille de ma voisine mais on ne jette pas des bouteilles dans le vide ordure !!!!
    J'enfile un peignoir (vieille ou pas je dors à poil) et je vais sonner, de mauvaise humeur (je compte mes heures de sommeil comme Harpagon son or)
    C'est quoi ce bordel ?
    Non rien, je m'engueule avec ma mère.
    Merci de le faire sans bouteilles...
    Silence consterné
    "Oui on va faire attention"
    Maintenant j'ai aussi la voisine de pallier...
    Parce que le vieux du dessous fait attention à la messe mais depuis la mort de sa femme il passe à fond (il est sourd pour ceux qui n'ont pas suivi), la messe de requiem de Mozart.
    J'adore Mozart et cette messe mais QUAND je veux et je n'en fais pas profiter les voisins.
    Demain je lui colle un vieux "two bee free" de mes filles il va comprendre...

    Posté par Calpurnia, 13 juin 2006 à 21:33 | | Répondre
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