Gin Fizz

Bulles de vie...

Petit manuel à l'usage des garçons qui ne comprennent pas bien les filles - Chapitre 8

24 septembre 2007

Les filles et les magazines de filles

mag_2Hého, jeune homme, on se réveille. C’est la rentrée, on n’est plus à la plage à faire des sudoku, alors on se remet les neurones en marche, et on reprend les bonnes habitudes.
Aujourd’hui, sujet « culture générale » : les magazines de nanas. Tu penses tout avoir dit sur le thème en affirmant que « ces ramassis de conneries » sont juste une pompe à fric, rapport à toutes les envies et les obsessions qu’ils provoquent chez les greluches. Ouais, c’est pas entièrement faux. Mais c’est aussi et surtout une vraie mine d’or pour mieux comprendre les minettes. Donc tu discutes pas, tu te penches sur la chose, et plus vite que ça.

Commençons par mesurer ton niveau de compréhension en la matière. En premier lieu, il y a le Elle que tu connais sans doute, vu qu’ils nous pondent un numéro toutes les semaines, et que t’arrives déjà pas bien à comprendre comment on trouve le temps d’ingurgiter tout ça (entre nous, je te livre un scoop : c’est blindé de pub et y’a pas grand-chose à y lire, en vrai). C’est déjà bien de connaître un titre, bravo.

Mais fais gaffe, jeune homme, fais gaffe ! Il y a bien d’autres pièges dans l’univers impitoyable de la presse. Alors prends des notes et retiens, une bonne fois pour toutes : non, Cosmo n’est pas seulement le nom d’un cocktail girly. Et non également, Marie-Claire et Isa ne sont pas de vagues camarades de fac. La vérité, tu vas faire franchement pitié si tu sors à ta copine d’un air détaché « elle a l’air sympa, cette Marie-Claire, quand est-ce que je la rencontre ? ».

Bon, entre nous, je dis « magazines de filles », mais ne va quand même pas croire que je ne t’ai pas vu piquer en douce les journaux de ta belle pour tenter de percer un peu plus le Grand Mystère Féminin. Arrête de nier comme ça et de me prendre pour une nouille, hein. Evidemment, que je sais que la moindre évocation d’un article « sexo » en couverture te fait frétiller de bonheur, parce que tu vas pouvoir y dégoter de nouvelles idées pour flamboyer sous la couette. Et tu te plantes lourdement si tu penses que je n’ai pas remarqué ton air faussement détaché devant « Est-il un bon coup ? La preuve par neuf », alors que tu baves d’envie d’aller lire tout ça en loucedé aux toilettes.
Bizarrement, je sais aussi que, en revanche, tous les suppléments mode, beauté et minceur, tu t’en tamponnes allègrement le coquillard. Tssss, trop prévisible, jeune homme. Tu es trop prévisible.

En même temps, tu seras bien mignon de bien vouloir nous laisser lire peinardes nos magazines avant de te ruer dessus juste parce qu’il y a je-ne-sais-quelle blondasse dénudée en couverture. Parce que nous, tes Moto-Plus, tes Revue de la Finance et tes L’Equipe Magazine, on n’y touche pas. C’est respect, tu vois. C’est ton jardin privé. (Sauf si on trouve dedans de nouvelles photos des Dieux du Stade, auquel cas, t’es pas radin, et tu partages, merci).

Tu sais quoi ? Je vais être sympa, et je vais t’apprendre un truc : à part les bimbos et les articles sexo, y’a plein d’autres choses intéressantes pour toi dans les magazines de filles. Déjà, tu peux y trouver des idées cadeaux pour ta copine. Parce que note bien que les pages cornées sur lesquelles on trouve des bottes ou des bijoux entourés quinze fois au feutre rouge, c’est pas un appel de phares, mais presque, quand même. Surtout si le journal traîne insidieusement de façon répétée sur la table du salon. Donc t’es gentil et t’en prends de la graine, ça évitera à la meilleure copine de subir tes appels désespérés la veille de l'anniversaire de ta chérie (« mais chais pas quoi lui offrir, help ! »).

Ensuite, ça peut t’aider à parfaire un peu ta culture girly. Besoin d’un décodeur pour piger quelque chose aux conversations entre filles ? Lis les journaux de nanas, et tu seras un peu moins à la rue quand elle mentionnera Maje et MJ, paletot et leggings, Wentworth Miller et Jared Leto. Tu ne tireras plus la tronche quand elle parlera de « spa », en pensant naïvement que sa nouvelle lubie, c’est d’adopter une bestiole à poils. Et tu comprendras enfin que les spartiates, c’était juste la mode cet été, et pas une vague envie de promouvoir le prochain Astérix avant l’heure.

Non, ne me remercie pas de t’avoir une fois de plus sauvé la face. C’est cadeau.

Exercices pratiques
Difficulté * : Jette un petit coup d’œil aux tests de magazines auxquels elle a répondu. Ca peut toujours t’en apprendre de bonnes sur elle, ses envies et sa personnalité. Tu sauras désormais, par exemple, qu’elle se juge trop autoritaire dans son couple (ah ouais ?), que le "coquillage balinais" est sa nouvelle position sexuelle préférée (ah tiens…), ou qu’elle fantasme à mort sur Patrick Poivre d’Arvor (ah non !).
Bon, évidemment, si elle s’est empressée de répondre au « Envie de le larguer ? Faites le point sur votre couple », là, t’es mal. Mais au moins, tu ne seras pas pris de court quand elle viendra t’annoncer la nouvelle. C’est toujours ça de gagné, non ? Si.

Difficulté *** : Stop. Ca suffit. Rentre-moi tout de suite cette langue baveuse dans ta bouche, tu dégueulasses toutes les pages, là. Je te le dis d’office, même si ça fait mal à entendre : non, les reportages "lingerie" et "maillot de bain" ne sont pas là uniquement pour que tu te rinces l’œil. Ni pour que tu brailles sur un ton appréciateur qu’ "elle est trop bonne, cette meuf, putain". Allez hop, confisqué, le journal. Sans déconner, quoi…

 

 

Posté par Katia_ à 09:08 - Chabadabada (Love is in the air) - Commentaires [47]

Classe mannequin

19 septembre 2007

mannequin_2Je crois vous avoir déjà dit que les photos et moi, on n’était pas très copines. Bon. J’ai pas changé d’avis sur le sujet, je vous rassure tout de suite. Plus crispée que moi devant un objectif, y’a pas. Ou alors, si, mais c’est Catherine Deneuve après une douzième injection de botox.
Pourtant, quand on m’a demandé si je voulais participer à une opération lancée par Pantène, dans laquelle j’allais avoir la chance de me faire coiffer, maquiller et photographier par des pros dans un vrai studio photo, allez savoir pourquoi, j’ai sauté sur l’occasion.

Pantène, si vous ne voyez pas ce que c’est, c’est parfaitement normal. Cette marque de shampoing totalement has been n’avait pas communiqué depuis des années, mais a décidé dernièrement de se remuer le popotin (et il était temps) et de relancer toute sa gamme de produits et ses publicités, basées sur « la révélation de la femme, de sa beauté et surtout de sa vraie personnalité ». Ouais, rien que ça.

Au pré-rendez-vous, on m’a demandé de venir au shooting habillée en noir et de ne pas me maquiller d’avance. Ah ? Bon, le noir, c’est ok, ma penderie en est blindée. Pour ce qui est du « no make-up », j’arrive donc le jour J avec le teint froissé, les traces de draps encore imprimées sur la joue, et deux sournois petits boutons qui ont eu l’indécence de pointer leur nez la veille, suite à l’excitation de toute cette opération. Au top-niveau, quoi. Normal.

Après un shampouinage délicieusement relaxant, Seb le maquilleur attaque les travaux de gros œuvre, tandis que Céline la manucure cherche à tout prix à mettre en valeur ce qu’il reste de mes ongles non mordillés par toute la nervosité et le stress de ma vie de jeune femme citadine battante et dynamique (là c’est too much ou bien ?). 

On décide de mettre l’accent sur les yeux avec « un regard smoky » et de faire un « brushing flouté ». Mais faites donc, mon cher, faites donc. Perso, je sais tout juste mettre du mascara sans déborder, alors ton œil smoky, là, tu vois, ça me parait un peu le bout du monde.

Peu à peu, dans le miroir, la transformation opère. Adieu les petites ombres et les imperfections du visage, tchao les marques de fatigue. Les pinceaux virevoltent autour de moi, encore un peu de poudre par ici, un coup de babyliss par là, et au bout de soixante quinze minutes, tadaaaaaaaaaammmm, je suis prête à faire le grand show devant les projecteurs.

Prête ? Heu… attends, pas sûr.

Parce que c’est bien facile de faire la conne devant l’objectif avec ses amis aux anniversaires ou aux soirées un peu arrosées. Mais là, il est midi (donc on oublie direct la triple vodka qui pourrait donner le petit coup de pouce), je suis seule devant un grand mur blanc, les projecteurs sont braqués sur moi, et l’équipe photo attend que je veuille bien me détendre suffisamment du string pour commencer à bosser un peu, parce que merde quoi, on n’est pas venu là pour peigner la girafe.

Bon. Ben. Ahem. Je me lançe, hein. Allez…

making_of_pantenePendant que je me dandine comme une pintade malheureuse (Oui oui, c’est bien moi, sur la photo, là. On ne me voit pas ? C’est fait exprès…), un flot de questions métaphysiques jaillit dans ma tête. Est-ce que je dois sourire ou tirer la gueule, comme les vrais mannequins ? Ah, là, j’avais pas les yeux fermés ? Et dans cette position, j’ai l’air con, ou j’ai l’air con ? Et mes mains ? Je les colle où, mes mains, maintenant, hein ? Dans les poches, ça fait gourde. Sur les hanches, ça fait campagnarde. Dans les cheveux, ça fait fausse Cindy Crawford pour Elsève, bonjour la concurrence déloyale. Et si je triturais nerveusement mon collier, tiens ? Aïe, merde, j’ai failli me le prendre dans l’œil en jouant avec. Bon, pour la peine, je remets pour la cent-huitième fois une mèche imaginaire derrière l’oreille gauche.

Pfff, c’est pathétique, je suis pathétique. Sainte Kate, venez-moi en aide, viiiiiiiiite.

Le photographe me souffle quelques idées de pause, que je tente de réaliser plus ou moins brillamment. Et à ce propos, j’espère qu’il a bien viré de sa pellicule la série de photos où je manque de me casser la gueule depuis les sommets de ma chaise haute, légèrement déstabilisée que j’étais par le vent froid du ventilo réglé sur puissance maximale, et supposé apporter « un souffle d’air frais dans les cheveux ». (Ca, pour être frais, c’était frais, vu que je me les suis caillées copieusement, devant ce machin).

Finalement, il décide qu’il a ce qu’il faut dans la boîte, et qu’on peut arrêter le carnage. Bon, évidemment, il est smart le mec, il l’a pas dit comme ça. Mais pour moi, c’est un peu kif-kif.

Je suis tellement soulagée d’en avoir fini avec ce supplice que je me rue avec grande classe sur les macarons et les mini-sandwichs prévus par l’équipe pour les petites faims. "Ranafout’" du rouge à lèvres à ne pas abîmer, maintenant.

Après m’être remise de mes émotions (et avoir englouti un tiers des petits fours), je songe mollement à reprendre mes clics et mes clacs pour retourner au boulot. Dans le métro, j’ai la sensation d’être reluquée par tout le monde. « Hé ouais, les gars, mattez-moi ces yeux revolver et cette chevelure de déesse ». Bon, en fait, ils ont juste l’impression que je me suis maquillée à la truelle, rapport à l’épaisse couche de fond de teint que j’ai sur la tronche, et qui se justifie vraiment sous les flashs et les projecteurs, mais qui fait nettement plus pitié sous les néons blafards du métro. Pour tout vous dire, la séance démaquillage du soir prendra trois fois plus de temps que d’habitude…

Le résultat final ? Vous voulez voir ? Vraiment ?
Ben, je ne l’ai pas encore… mais un jour… peut-être… si vous êtes sages… !

PS : Malgré mon manque notoire d’aisance et de naturel devant les objectifs, je tiens quand même à remercier toute l’équipe d’Heaven et ses partenaires pour le moment très sympa que j’ai passé en leur compagnie.

Posté par Katia_ à 09:37 - Pou-pou-pi-dou (Beauty Stuff) - Commentaires [42]

Jeune demoiselle recherche un mec mortel

10 septembre 2007

annonce_3Dans la famille « nana relou qui sait jamais ce qu’elle veut », je suis ce qu’on appelle une bonne pioche. Du genre, par exemple, à faire des pieds et des mains pour retrouver un type pourtant méchamment éconduit lors de la première rencontre.

J’te raconte, public ? Allez, j’te raconte.

Soirée d’entreprise de mon amie J, un soir de septembre 2002. (J. bossait alors dans une grande radio d’information, que la décence m’empêche ici de nommer, mais si t’es pas trop neu-neu, tu trouves fastoche). La fête bat son plein, la musique est naze à souhait, les petits fours ne sont pas dégueu et le champagne coule à flots. Bonne ambiance, donc.
Vers deux heures du matin, la salle s’est vidée de moitié, les gens commençant à montrer leurs limites en « gestion d’open-bar », et je vais m’asseoir à l’écart pour faire une petite pause. Là, sorti de nulle part, un beau brun au sourire à fossettes s’approche et s’installe à côté de moi. Il finit par entamer la conversation gentiment. Soudain, en moi, quelque chose fait pschiiiiit : monsieur s’appelle Jérôme, est beau comme un camion volé, a un sourire qui me fait fondre, une façon de parler douce mais posée, et des manières de gentleman.
A ce stade de l'histoire, tu te dis « c’est bon, elle a décroché le cocotier, chabadabada, love is in the air, ils vécurent heureux et gna gna gna ».

Sauf que non.

Sans trop savoir pourquoi, alors que les premiers petits papillons dans le bidou se font ressentir, je me vois me transformer progressivement en mégère hargneuse, prête à mordre et à sortir les griffes à la première tentative de draguouillage trop prononcé.
Jérôme encaisse les piques et les vannes avec sourire et humour, et ne lâche pas prise. Il me  propose de me laisser son numéro, je le rembarre d’un « pour quoi faire, franchement ? », mais il tient bon. Tenace, le mec.
Jusqu’au moment où, quand même, découragé par mon attitude hautaine et méprisante de Miss Alaska 1992 (et peut-être aussi saoulé par les gloussements de mes copines qui ne perdent rien de la scène, quelques chaises plus loin), ‘Gueule d’amour’ se lève, me claque doucement la bise et s’en va rejoindre ses potes pour quitter les lieux.

Hé merde…
Intérieurement, je me maudis, me traite de tous les noms et me flagelle mentalement avec un bouquet d’orties fraîches. Y’a pas à dire, je sais être très conne, parfois.

Les jours passent, et cette vieille impression d’avoir peut-être laissé passer quelque chose persiste. Il faut à tout prix que je retrouve ce mec, c’est une question de vie ou de mort. Au moins.

Dans un premier temps, on épluche consciencieusement avec J. le listing des invités à la soirée, récupérée à grands renforts de bobards honteux auprès du service communication de la fameuse radio. Seulement, sur plus de 800 invités, autant vous dire que des Jérôme, y’en a un peu à la pelle. Ce con, il pouvait pas s’appeler Roméo ou Jean-Eudes, non ? Aucune piste de ce côté, donc.

Après avoir harcelé toutes les personnes présentes à la soirée avec la fiche signalétique du beau gosse (« Jérôme, un grand brun, sourire aux fossettes ? Nan, tu vois pas ? T’es sûr ? Bon, tu sers à rien, dégage… »), une évidence s’impose : il ne reste que la solution ‘petites annonces de Libé’.

Je m’attelle donc à la tâche, et finis par pondre quatre lignes d’annonce rassemblant les maigres éléments dont je dispose pour le faire identifier, suivies d’une adresse mail : regrette_le_zef [at] xxx.fr.

Et puis j’attends.
Et puis rien.

Le premier jour de parution, mon annonce est lue à l’antenne par le journaliste en charge de la ‘revue de presse’, et J. m’informe que quelqu’un en a fait un agrandissement et l’a placardée sur le tableau d’affichage de la salle de conférence de la radio.

Mais dans ma boîte mail, c’est toujours le désert de Gobi.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais avec moi, c’est comme avec Paic Citron : quand y’en a plus, y’en a encore.

Parce que figure-toi, lecteur suspendu à ces lignes pleines de suspense insoutenable, que j’ai recroisé ce garçon quelques mois plus tard, par le plus grand des hasards, dans une soirée branchouille parisienne. Ou plus exactement, c’est l’une de mes copines qui lui a foncé dessus en braillant comme une vache « bah Jérôme, tu lis jamais les journaux ? ». Comment faire fuir la proie, chapitre un.

On finit quand même par se retrouver dans les escaliers, à patauger copieusement pour trouver un sujet de conversation. Il dit ‘se souvenir vaguement de moi’, je range ma dignité et mon orgueil dans mon sac à main, on baragouine deux trois trucs en rapport avec son boulot, et il me file son numéro de tél avant de rejoindre sa clique.

Je contemple sa carte de visite, perplexe. "Mon" Jérôme est toujours aussi craquant physiquement, mais je viens de me rendre compte qu’il a une voix de canard castré. Le mythe s’effondre.

Soucieuse de rétablir mon honneur, je l’appelle néanmoins deux jours plus tard avec l’idée de lui raconter cette fine allusion à la lecture des journaux. En vrai, je veux surtout faire un test : cette histoire de voix me turlupine au plus haut point.

Hé ben paf. Répondeur. Même pas personnalisé. « Vous êtes bien au 06 XX XX, … ». Pour le test, on repassera, donc. Je laisse quand même un message vaseux avec quelques mots clés, du genre « explications », « petites annonces », « regrets », « rappelle-moi ».

Bon. Soit le mec n’a pas suffisamment d’ego pour avoir le fin mot de cette sombre histoire dont il est le héros malgré lui, soit il a grave flippé devant le troupeau de greluches qui a traversé toute la salle de la soirée pour lui parler de Libération et de ses petites annonces. La seconde possibilité est très envisageable, à mon sens. Toujours est-il que je n’ai jamais eu de nouvelles de sa part.

Pour clore le truc en beauté (parce que merde, quand même, après tout ce jeu de piste…), j’ai juste fini par envoyer un sms disant « Un vent pour un vent. OK, c’est de bonne guerre. Mais c’est dommage… ».

Noir.

Rideau.

Fin de l’acte.

... Bon, au moins, ça me fait un truc marrant à raconter dans les dîners, maintenant.

Posté par Katia_ à 10:05 - Chabadabada (Love is in the air) - Commentaires [56]

Belles, belles, belles comme le (soin de) jour

06 septembre 2007

creme4Hé ben voilà, on y est. Je suis définitivement classée dans la catégorie «  blogueuses vieilles et ridées ». Je ne sais pas trop si je dois rire ou chialer, à vrai dire…
C’est déjà la troisième fois qu’on me propose de tester des produits anti-âge, anti-rides ou anti-trucs moches. Alors, oui, je veux bien le reconnaître : j’ai fait ma chouineuse il y a quelques mois en avouant que j’avais des une rides. Et je vous accorde que ça m’arrange bien de tester des produits magiques pour pouvoir garder le teint lisse et rebondi d’une gosse de huit ans. Ok, ok, j’admets.
Mais j’ai quand même également braillé à moult reprises sur ce blog que j’aimais bien les diamants, les ‘206 Cabriolet gris métallisé’, Sandro, Bel Air et les macarons de chez Pierre Hermé, et pourtant, là, personne ne bouge ses fesses, hein ?! La vérité, je suis super déçue…

(Bon, voilà, ça c’est dit. Ensuite…)

Cette fois, c’est L’Oréal qui s’y colle, en demandant à un panel de blogueuses-qui-le-valent-bien (ah ah) de tester sa dernière gamme nommée « Derma Genèse ». Connement, je me suis dit qu’un truc qui revendique être « révolutionnaire », et qui « repulpe, retend et illumine la peau », ça ne pouvait pas être foncièrement mauvais pour moi. Je sais, je suis naïve, parfois. Je me surprends moi-même. Et puis c’est pas comme si j’avais bossé un temps dans le marketing des cosmétiques, en plus, hein (ahem…)

derma_1Bref, j’ai eu envie d’y croire, à tous leurs arguments vendeurs et flatteurs… et j’ai vachement bien fait. Sérieux, je vous la fait courte et direct : "j’adore, j’adhère", comme on dit dans la blogobulle.
Les tops : une bonne odeur fleur-d’orangéisée, qui nous change agréablement des parfums habituels en cosméto, une texture douce et légèrement nacrée qui illumine le teint, et un flacon air-less qui protège des saletés extérieures et évite tout conservateur dans le produit.

Mais (ah ben oui, y’a un "mais", faut pas déconner, non plus) je trouve la texture un poil trop grassouillette pour la saison actuelle (oui, l’été, si, si, souvenez-vous, ce mot existe…), et le produit poisse aux doigts après application (mais pas sur le visage, ouf, sauvés !).

Niveau résultat, soyons franche, je n’ai pas (encore) perdu cinq ans, mais la clarté du teint et l’effet « balade au grand air » sont là. C’est déjà pas si mal. Je persévère avec mon flacon. Rendez-vous dans un mois.

Ouais, je sais, mon témoignage est un peu maigrichon sur les bords. Pour plus de détails croustillants sur tout ça, filez sur le site de la gamme « Derma Genèse », ça ira plus vite.

Moi, finalement, mon souci principal avec ces produits, c’est l’égérie de la marque. Ben oui. Pénélope Cruz, entre nous, je suis pas méga fan. Et ne venez pas me sortir des grandes tirades à rallonge sur son jeu d’actrice phénoménal, son petit minois ravissant, ou le fait qu’elle est gaulée comme un avion, je m’en fous. Pour moi, elle ressemble à une petite souris effarouchée, avec le nez trop près de la bouche. J’aime pas, point.
Bon, en même temps, on s’en fout un peu, c’est pas comme si c’était elle qui avait pondu le produit. Oui, mais quand même. Choisir Pénélope alors que j’étais disponible aussi, franchement, c’est a-bu-sé. Je suis vexée, tiens.

Posté par Katia_ à 08:24 - Pou-pou-pi-dou (Beauty Stuff) - Commentaires [25]

Chat (complètement) perché

03 septembre 2007

chat_2Il y a des moments dans la vie où on ne peut plus se voiler la face. Des moments où on finit par s’avouer à quel point les êtres qui nous entourent peuvent parfois nous décevoir au plus haut point. Aujourd’hui, malheureusement, un de ces êtres est tombé de son piédestal.

Mon chat n’est qu’un sale enfoiré. Point barre.

Faut quand même que je vous précise, en préambule, que ce sombre crétin, en plus d’être payé (en Shéba) à ne rien glander de sa journée, si ce n’est me coller des poils blancs partout sur mes pulls en cachemire, a le grand privilège de pouvoir aller baguenauder dans le grand cimetière voisin de chez moi en traversant quelques toits.
En théorie, c’est bien : ça le fatigue un max de se faire courser toute la journée par les chats errants du coin, et quand je le retrouve le soir, il est aussi claqué que moi et pionce direct, sans passer par la case "miaou en flux rss" pour qu’on s’occupe de lui et qu’on le fasse jouer.
En pratique, c’est bien aussi : il va discrétos faire ses crottes dans les plantes des voisins super bruyants du rez-de-chaussée, et m’évite du coup de changer sa litière trop souvent.

On aurait très bien pu s’en tenir là, considérer que j’avais un chat quand même super chanceux, que tous les animaux domestiques n’ont pas ce privilège à Paris, et que vraiment, les inégalités sociales et les injustices, bla bla bla.

Oui, mais non. Ce serait vraiment trop simple. Et vous vous demanderiez pourquoi je me casse la nénette à vous écrire des tartines à propos de tout ça.

Ben je vais vous le dire, pourquoi. Parce que monsieur le chat, cette raclure, n’a rien trouvé de mieux que de vouloir me remercier pour tous les bons et loyaux services que je lui offre. Remarquez, y’aurait de quoi, parce qu’au prix des croquettes et du désinfectant pour nettoyer tous ses gerboulis sur le tapis, j’aurais déjà pu me payer la moitié d’une Smart, mais bref, passons.

Me remercier, donc. Mais comment ? Le collier de nouilles peintes à la main n’étant pas encore au programme des ateliers proposés par le cimetière voisin, mon chat a eu une idée de génie. Un concept qui déchire. Une illumination de malade mental. Un truc à la limite de l’entendement, tellement c’est beau et touchant.

Il m’a rapporté toutes les souris qu’il pouvait trouver au cimetière. Toutes. Je les ai comptées, j’en suis à onze. L’équipe de foot au complet.

… Il serait pas un peu con, ce chat ? Sans déconner ? J’aurais clairement préféré le collier de nouilles. De loin.

J’ai donc régulièrement la bonne surprise de trouver un petit cadavre de bestiole grise gisant au milieu du tapis déjà mentionné, ou des bouts de souris à moitié mâchouillés s’accumulant sur le toit juste devant mes fenêtres. C’est pas beau, ça ? Hein ? Franchement ?

Et le dernier coup de maître, pour que vous mesuriez bien quand même à quel point il a envie de me faire plaisir, a été de me rapporter dans sa gueule une souris vivante, et me la lâcher en plein salon avec un air très satisfait, genre « t’as vu, le beau cadeau que je t’ai dégoté ? Et je l’ai même pas abîmée, cette fois ! ».
Entre temps, évidemment, la souris s’est barrée sous un meuble en couinant, le chat lui a couru après en renversant au passage un vase et une pile de CD, et j’ai eu droit à la bamboula de leur jeu de cache-cache pendant une bonne partie de la nuit. Au petit matin, la malheureuse avait rendu l’âme, et ce débile de chat roupillait sur le canapé comme un bienheureux, ravi que son cadeau pourri ait foiré ma nuit de sommeil.

Bonheur.

De toute façon, j’aurais du me méfier dès le départ : un chat qui se shoote aux odeurs de chaussettes sales, c’était quand même mal barré d’avance…

Posté par Katia_ à 10:10 - Melting-Po(s)t - Commentaires [55]