Gin Fizz

Bulles de vie...

Singin' in the rain

29 octobre 2007

pluie_4Singing ? Heu… moui… bof, quand même, hein. Parce que la pluie, moi, je déteste. Mais alors, bien comme il faut !

Je déteste partir de chez moi aspergée de Chanel et arriver au bureau en ayant l’impression de sentir le vieux chien mouillé.
Je déteste les odeurs de K-way et de parkas humides amplifiées par la foule du métro bondé.
Je déteste ne pas réussir à tourner les pages de mon journal gratuit parce qu’elles sont toutes collées par l’humidité et la pluie.
Je déteste la petite bruine insuffisante pour sortir son parapluie, mais suffisamment casse-bonbon pour foutre en l’air mon brushing.
Je déteste avoir le maquillage qui coule, l’air d’un raton-laveur, et le cheveu tout raplapla.
Je déteste me prendre le parapluie des autres dans la tronche. Surtout celui des gens plus petits que moi, qui atterrit pile dans mon œil.
Je déteste cette petite goutte vicieuse qui a su trouver la faille dans mon écharpe enroulée, et qui glisse lentement mais sûrement le long de mon cou.
Je déteste avoir l’air d’une gourde avec mon sac-cabas Vanessa Bruno qui ne ferme pas, et tous mes trucs à l’intérieur qui se détrempent comme Jack et Rose sur le Titanic.
Je déteste mon nouveau jean "Dark Blue" qui déteint comme un con, me dégueulasse tout mon imper beige et mes fait les mains look Schtroumphette.
Je déteste avoir l’impression que la moitié de mon salaire est destiné à enrichir les fabricants de parapluie, rapport au fait que je les perds ou les oublie systématiquement où que j’aille.
Je déteste les bourrasques de vent qui renversent mon parapluie et lui donnent un air pitoyable au bout de trois utilisations (Mary Poppins, sérieux, comment tu fais pour garder un parapluie intact plus de deux semaines ?)
Je déteste me retrouver avec le bas du pantalon moucheté de tâches grises parce qu’un connard de bus a roulé trop près du trottoir.
Je déteste les gens qui s’obstinent à marcher sous les stores des cafés ou des magasins alors qu’ils ont déjà un parapluie pour se protéger.
Je déteste aussi marcher malencontreusement pile à l’endroit où le store en question déverse tout son trop-plein d’eau : effet Aquasplash garanti.

Y’a juste un truc que j’aime, avec la pluie. Et ça me prend parfois, comme ça, sans crier gare. Je vous le dis, mais personne n’a le droit de se moquer, hein ? Bon…
J’adore faire ma Mimi Cracra, sauter partout dans les flaques avec de vieilles bottes en plastique colorées, et patauger dans la gadoue, la gadoue, la gadoue, la gadoue… (Genre j’ai sept ans. Oui, et alors ?)

Et vous, la pluie ?

Posté par Katia_ à 14:31 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [49]

No milk today

22 octobre 2007

cocktail_1Hé, psssssstttttt, toi là-bas… raboule ta fraise, j’ai une confidence à te faire. J’ai un peu honte, je sais pas trop si tu vas t’en remettre. Mais tant pis, je me lance. … (Suspense)… Bon ben voilà. En vrai de vrai, le ginfizz, je trouve ça dégueulasse. Carrément, ouais. C’est amer et pas franchement funky-olé-olé. Et même le petit parasol coloré dans le verre à cocktail n’y changera rien, si tu veux mon avis. C’est juste pour faire diversion, mais on ne me la fait pas, à moi, tu sais. J’ai l’œil.

Ma came à moi, c’est plutôt la vodka-coquelicot. Ho ça va, prend pas cet air de nouille, c’est juste de la vodka, avec un peu de sirop de coquelicot. Et te marre pas comme ça en me traitant de vache qui broute sa prairie pleine de fleurs, hein ? T’as déjà goûté au moins ? Tiens, voilà, j’en étais sûre…
Bon, le seul souci, c’est que le sirop de coquelicot, ça se bouscule pas au portillon, dans les bars parisiens. Par contre, y’a toujours « orgeat » et là, j’veux qu’on m’explique. Y’a encore des gens qui boivent du sirop d’orgeat ? Honnêtement ? Toi, là, t’en bois, du sirop d’orgeat ? Mouais, c’est bien ce que je pensais. Donc le sirop d’orgeat (c’est terrible, ça me fait toujours penser à orgelet, ce mot) prend la poussière sur son étagère, et moi, je peux toujours me gratter pour boire mon truc préféré. Un scandale, j’te dis.

A vingt ans, je faisais moins la fine bouche. A vingt ans, mon truc, c’était le very classique Malibu-Ananas. Un bon vieux mélange sucré à mort qui se boit comme du Candy’up et qui te retourne la tête en moins de temps qu’il n’en faut pour dire merci au barman. Très girlygirl, comme boisson (parce que les mecs, ça préfère le viril whisky-coca). Mais surtout très efficace. Pour se désinhiber, oui, dans un premier temps. Et puis surtout pour vomir ses tripes.
Aaah ça, avec le Malibu-Ananas, tu apprends vite où situer tes limites. Tu comprends aussi qu’il y a quand même un moment où va falloir y aller mollo. Avant que la pièce tangue dans tous les sens, par exemple, ça serait une bonne idée. Ou avant d’en arriver à danser à moitié à oilpé sur les tables en imitant les chorés pourries de Britney et Shakira. Non, ceci n’a rien d’autobiographique, alors là, franchement, je sais pas pour qui tu me prends, ho.

Une fois qu’on a vécu sa première vraie cuite du siècle, on choisit son camp. A gauche, t’as celles qui braillent "ouais, ok, c’était pas la grande classe… mais on s’en fout, on est jeunes, on se fend la gueule". Tu peux traduire, en gros, par "on recommence ce soir ?". A droite, t’as celles qui picolent, certes, mais en gardant un semblant de dignité. Celles-là choisissent leur verre en fonction de l’occasion : champagne dans les cocktails mondains, kir-framboise à l’apéro, Get 27 Perrier dans les soirées branchées, et liqueur de poire en digestif. Au bout du compte, ça ne les empêchera pas de rouler sous la table comme les autres, mais au moins, elles, on ne les aura pas vues venir. "Hooouuu, j’crois que chuis complètement pompettttttte, moi…". Tadaaaaaammmmm, magie des bulles…

Un jour, si tu veux, je te raconterai le niveau de décibels hallucinant qu’on atteint en parlant quand on a deux ou trois verres dans le nez, les stratégies de drague désarmantes des mecs bourrés, et toutes les conneries que tu peux faire en pleine rue avec un plot de signalisation orange.

Mais là, non. Là, j’vais plutôt aller me commander un double scotch. On the rocks. Et avec une paille, m’sieur, s’il vous plait.

Posté par Katia_ à 09:15 - C'est grave docteur ? - Commentaires [65]

Mon mec à moi

16 octobre 2007

mains_2Mon mec à moi, il est un peu bizarre. Limite j’me demande parfois si c’est un vrai mec. Il dit qu’il n’aime pas les strings, ni les jupes, par exemple. Ou qu’un jean met bien plus en valeur les courbes féminines. Bon, admettons. Quelque part, ça m’évite de me déguiser en Barbie Pétasse tous les jours. Mais je suis sûre que ça cache quelque chose de louche. En revanche, évidemment, il est à fond pour le port du micro short, même surtout en plein hiver, avec les bottes et tout le bordel. Ben tiens, on voit que c’est pas lui qui se les pèle grave, hein !

Mon mec à moi, il a beau faire des efforts, il ne comprendra jamais rien à mes tentatives modesques. Il y met du sien pourtant hein, je le vois bien. Il a déjà pigé, après moult effort, ce qu’étaient des leggings ou ce qu’on appelait des ballerines. Attention, ici progrès. Mais toutes les petites robes amples et évasées qui font la mode cette saison, on oublie tout de suite. Selon lui « ça fait femme enceinte, et c’est moche ». Bam. Tssss, aucune culture, aucun goût.

Mon mec à moi, il fait toujours des compliments à côté de la plaque. L’intention y est, mais si je m’arrête au sens propre de la phrase, j’ai plus envie de chialer que de battre des cils amoureusement. Genre dernièrement, j’ai quand même eu droit à « t’es mon sac à patate préféré » (sans commentaire) ou à un « hé mais t’es cultivée en fait ! » criant de vérité. En fait, il devait me prendre pour une vraie truffe, j’imagine. M’enfin le top du top, ça reste quand même le moment où, peu de temps après notre rencontre, il a cru me faire rosir de plaisir en me faisant un superbe compliment sur mes somptueux yeux bleus… alors qu’ils sont verts. Alors là, carton rouge, monsieur l’arbitre !

Mon mec à moi, il a pigé qu’il ne fallait pas gêner mon sommeil s’il voulait échapper à la grosse mandale dans les dents en pleine nuit. Du coup, il fait super gaffe. Il évite de ronfler comme un tracto-pelle rouillé et me laisse pioncer sans boules Quiès. C’est déjà ça de gagné. En plus, question bouillotte, il se pose là, le mec, hein. Réduction de 40 % sur la facture de chauffage électrique. Au moins. Bon, en échange, il a des habitudes de petit vieux, et ne peut dormir que du côté droit du lit. Pfffff, si jeune et déjà si routinier. C’est moche.

Mon mec à moi, il me parle d’aventures. De sa dernière virée au Quick, de ses soirées dépravées et hautement alcoolisées entre potes, ou de l’achat de son GPS par exemple. Parce que mon mec, il a une vie trépidante, il faut le savoir. Et y’a pas à dire, il sait me faire rêver comme personne. Je suis sous le charme. Totalement. Et inconditionellemZzzzzzz…

Mon mec à moi, il a beaucoup d’amis, pas mal d’ex, un tas de relations plus ou moins proches, des collègues, une famille. Autant dire qu’il n’a pas trop de difficultés à remplir son agenda. Bientôt, je l’appellerai "Monsieur le Ministre" et je contacterai sa secrétaire pour prendre rendez-vous avec lui. Tant qu’il trouve du temps pour nous, je lui pardonne. Parce que bon, quand même, c’est mon mec. A moi.

Posté par Katia_ à 14:51 - Chabadabada (Love is in the air) - Commentaires [65]

If I was a Ritz girl

11 octobre 2007

d_fil__5Lundi dernier, j’ai assisté à mon premier défilé de mode. Et même que pour ma première fois, j’ai visé grand, parce que ça ne s’est pas fait n’importe où. Et même que quand j’ai lu le carton d’invitation, j’ai manqué de m’évanouir à la vue de la mention « Hôtel Ritz, Place Vendôme, Paris ».

Haaaaaaaaaannnn. Moi, déjà, on me dit « le Ritz », j’ai le cœur qui palpite et les yeux qui étincellent. Les images défilent : la colonne Vendôme, les joailliers mythiques, Diana et Dodi, la piscine de rêve, les grooms déguisés en Spirou…

Rien que pour ça, je décide de répondre ok à l’invit. Pour ça, et aussi un peu parce qu’on va nous offrir un super sèche-cheveux lisseur Calor à la fin du cocktail. Oui, bon, j’avoue. Je suis une vendue. M’en fous, j’aurai des cheveux bien lisses, moi.

En ce qui concerne le défilé, en revanche, rangez vos confettis, c’est pas encore la fête. Chanel, Dior, Céline et leurs petits copains, ce sera (peut-être) pour une prochaine fois. Là, il s’agit d’aller voir défiler les finalistes du concours Elite Model Look, organisé comme son nom l’indique (parce que parfois, les choses sont bien faites) par l’agence de mannequins Elite.

Arrivée devant l’hôtel, je crâne avec mon carton à la main. En même temps, toutes les personnes présentes l’ont reçu, ce carton, donc au final, j’ai plus l’air débile qu’autre chose. Après la remise du badge à mon nom (genre je suis une grande personnalité des médias), je descends les escaliers et pénètre dans la salle de réception. Au milieu trône un podium en longueur illuminé de spots, avec des banquettes blanches tout du long. Wouaaaah, c’est comme à la télé, dis.

Une hôtesse souriante s’approche pour nous placer dans la salle.
Elle : Bonjour, vous êtes journaliste ?
Moi : non, blogueuse.
Elle : …… heu, suivez-moi.
A mon avis, elle ne devait pas savoir ce que c’était qu’une « blogueuse » et dans le doute, m’a collée au second rang, en bout de podium. Hin hin, j’ai envie de dire. (Bon, après coup, il s’avère que la salle est à moitié vide, et que tout le monde ou presque se retrouve au premier rang. Damned !)

Le défilé commence, avec les 50 minutes de retard réglementaires. Douze minettes d’à peine 15 ans, tétanisées à l’idée de faire un show en public pour la première fois, s’élancent alors sous les projecteurs. Les pas sont incertains, la démarche mal assurée, les déhanchés parfois comiques. On leur a conseillé d’avoir un regard de killeuse, ce qu’elles appliquent à la lettre, même si elles donnent franchement plus l’impression d’avoir envie de retrouver les jupes de leur mère que de tuer quiconque. Elles débutent, soyons indulgents. Et pour rien au monde, je ne voudrais être à leur place.

Ce qui choque le plus, finalement, c’est leur maigreur extrême. Des jambes en allumettes, des fesses inexistantes, des omoplates saillantes. Un coup de vent, et elles s’envolent, à mon avis. Alors ok, on n’est pas là pour refaire le débat sur l’anorexie et tout le bordel qui va avec, mais quand même… merde, quoi.

Au milieu des douze brindilles, le clou du spectacle : Frédéric Lopez en présentateur du show. Attention les oreilles, monsieur a dû bouffer du clown par paquet de dix à la cantine, et met d’ailleurs toute la salle super mal à l’aise avec son interview du directeur de l’agence Elite : « qu’est-ce que ça fait de travailler au milieu de toutes ces jolies filles ? » (tu veux un dessin ?), « vous avez quand même un métier qui ferait rêver beaucoup d’hommes ». Le directeur rougit et bredouille un piteux « heureusement que ma femme n’est pas dans la salle ». Ambiance, ambiance…

Une fois que toutes les petites poulettes ont défilé, re-défilé, re-re-défilé, on peut enfin passer aux choses sérieuses : le cocktail. Ah bah attendez, c’est pas parce que les finalistes Elite machin truc ne bouffent rien qu’on doit se priver aussi.

Entre bulles de champagne et petits macarons à la fraise, je papote gentiment avec mes copines blogueuses conviées au défilé. On tombe toutes d’accord pour dire que même la plus mince d’entre nous a l’air d’un éléphant monstrueux à côté de ces mannequins en herbe, qui pèsent sans doute moins de cinquante kilos à elles douze. Mais très franchement, si être un « éléphant monstrueux » revient à s’empiffrer de petits fours sans culpabilité, je signe tout de suite.

Bilan de l’opération : le Ritz ? Moui, ok, c’est pas mal. Je refilerai l’adresse.

(Et c’est pas la peine de venir crâner avec vos Harrap’s sous le bras, en arguant qu’on dit pas "was" mais "were" pour le titre, hein. Si vous avez des réclamations, adressez-vous directement à Gwen Stefani. Moi j’ai fait que pomper sur elle).

Posté par Katia_ à 08:43 - Melting-Po(s)t - Commentaires [39]

Vous avez demandé la police, ne quittez pas

08 octobre 2007

police_5Je ne suis pas sûre que vous réalisiez bien un truc, les gars : vous êtes quand même en train de lire le blog d’une héroïne des temps modernes. Parce que figurez-vous qu'il y a quelques nuits, j’ai enfin pu laisser s’exprimer la Julie Lescault qui sommeille en moi.

Ceux qui suivent ce blog depuis un certain temps savent déjà que j’habite juste au dessus d’un petit restaurant et que je connais donc ce bonheur suprême (et donné à peu de gens) d’avoir en fond sonore permanent toute la vie backstage de ce type de commerce, depuis les engueulades du chef et de ses commis jusqu’au bruit des poubelles en fin de service. Avec le temps, c’est presque devenu routinier (même si toujours aussi gavant) et ce joyeux bordel bruyant fait aujourd’hui partie de mon quotidien.

Sauf que cette nuit-là, y’a eu comme qui dirait un bin’s.

4h du matin. Insomnie. Je tourne et me retourne dans mon lit pour trouver désespérément le sommeil. Le chat, ce con, pionce paisiblement, roulé en boule à mes pieds.

Soudain, bruit étrange. Le bruit d’une porte en bas dans la cour, qui n’aurait pas dû s’ouvrir à cette heure plus que matinale. Alerté lui aussi, le chat se dresse d’un coup sur ses pattes, et tend l’oreille avec moi. Quelqu’un marche doucement, trifouille des objets et déplace la poubelle du restaurant de façon très discrète. Impossible que ce soit le restaurateur lui-même, vu le barouf qu’il ne s’est jamais privé de faire quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit.
Un type est donc en train de faire je-ne-sais-quoi juste en bas de ma fenêtre, sans vouloir être surpris, à 4h du mat’. Problème en vue, a priori.

J’écoute toujours, tout en cédant peu à peu à la cogitation intensive et à la parano. Que fabrique ce mec ? Qu’est-ce qu’il cherche ? Et si il venait se venger de son patron en foutant le feu au restaurant ? Ou en allumant le gaz ? Merde, ma chambre est juste au dessus…

En bas, l’autre débile manipule toujours sa poubelle et ses outils. J’hésite à allumer la lumière ou à carrément ouvrir les volets pour signifier que ce bruit me dérange. Mais à 4h du matin, toute seule chez soi, on fait bizarrement moins la fière que dans la théorie. En même temps, si l’intrus a l’intention de faire péter tout l’immeuble pour une raison obscure, je ne suis pas trop d’accord. Ma détermination revient d’un coup. Ni une ni deux, j’attrape ma cape, mon épée, et surtout mon téléphone, pour prévenir la police.

Bon, ben faut quand même que vous sachiez un truc : il a beau être 4h du mat’ (enfin, un peu plus maintenant, avec toutes ces conneries), il y a de l’attente au bout du fil. Ouais. Autant dire que si on se retrouve face à un cambrioleur, on a le temps de se faire zigouiller à peu près quatre ou cinq fois.

Mais bref. Une nana finit par me répondre et me demande ce qui m’amène. Je lui raconte ma vie trépidante d’une façon complètement décousue. Ca ne la perturbe pas plus que ça, puisqu’elle me dit « j’envoie quelqu’un sur place vérifier ». J’attends donc le ‘quelqu’un’ en question, en faisant les cent pas dans mon appart (façon de parler, vue la taille de l’appart).

Dix minutes plus tard, deux flics arrivent, me questionnent à nouveau et filent voir dans la cour de l’immeuble. A travers les volets de ma chambre, je les entends marmonner « ben non, y’a rien, j’vois rien moi ». Vu que j’ai un peu d’ego et que je n’ai pas envie de passer pour la pauvre gourdasse qui a eu peur d’un chat sauvage égaré dans le coin, j’ouvre les volets et leur précise quand même que le simple fait qu’ils puissent accéder à la cour n’est pas normal, puisque la porte est toujours fermée à clé. Je reparle des bruits de déplacement de poubelle. John et Brian (ça leur va si bien) finissent par braquer leur lampe torche sur l’une des fenêtres du restaurant, située en hauteur, et légèrement entrouverte. Par un étrange hasard, la poubelle est juste en dessous, comme si le mec s’en était servi comme d’un escabeau.

John prend alors un ton hyper sûr de lui et affirme « y’a des traces d’effraction ». (Ah bah merci, oui, j’m’en doute. Pffff, faut vraiment leur mâcher le boulot, à ces flics, hein).

Je vous passe rapidement la suite des événements, sinon on est encore là demain :
Brian escalade à son tour la poubelle, cherche à pénétrer dans le resto tout en se demandant si l’intrus n’y est pas déjà planqué, et ne l’attend pas avec un couteau de cuisine bien aiguisé.
A peine le pied posé à l’intérieur, une horrible alarme se met à retentir et à nous vriller les tympans.
Du coup, le restaurateur, qui habite au dessus de son commerce, déboule en hurlant.
Brian se met à gueuler encore plus fort « c’est la police, c’est la police », de peur de se prendre un coup de poêle sur la tronche.
Et John, resté dans la cour, s’inquiète pour son pote : « ca va, Brian ? ca va ? ca va ? »

Oui, Brian va bien. Il est en train d’expliquer à monsieur le cuistot qu’on a tenté de pénétrer par effraction chez lui, et que la voisine du premier étage les a prévenus pour intervenir. Flots de remerciements et de bénédiction, bla bla bla… Déjà que le type m’aimait bien pour une raison qui m’échappe encore, il est maintenant littéralement amoureux de moi. J’en suis quitte pour un dîner gratos chez lui, à l’écouter jacter pendant une plombe. Pfff, rendez service aux gens tiens…

Ce qui m’épate, moi, c’est que pendant tout ce souk, pas un seul voisin n’aura pointé son museau par la fenêtre pour voir ce qui se passe. M’est avis que tout le monde pionce avec des boules Quies, rapport au barouf du feu de dieu que fait ce resto.

Mais la cerise sur le gâteau reste quand même le moment où John, en train de débriefer le commissariat en direct par radio, revient vers le cuistot pour demander « est-ce qu’une friteuse de marque Delonghi aurait disparu ? »

Gné ????!!!!!??!!!!!
Genre, un pauvre gars s’est emmerdé la vie à tenter de rentrer en douce dans un resto pour chourer une friteuse ?

A moitié morte de sommeil et morte de rire, je les ai laissés tous les trois à leurs histoires de friteuse, d’assurance, de plainte et de suspects potentiels, et je suis retournée sous ma couette finir ma nuit agitée. Et la seule conclusion que j’ai pu tirer de tout ça, c’est « cool, ca va me faire un truc sympa à raconter sur le blog ». Je suis grave, quand même.

Comme une image

01 octobre 2007

vernissage_1Ca y est, je l’ai ! Après dix jours de suspense insoutenable, de stress, d’angoisse et de nuits blanches (ou presque), j’ai enfin récupéré la photo définitive du shooting Pantène.

Bon. Heu… Comment vous dire ?

Partant du principe que j’ai beaucoup de difficulté à me supporter en photo, déjà, c’était mal barré d’avance. Ben, bingo, ça n’a pas loupé : je ne m’aime pas sur la photo finale. Point.

L’habillage réalisé par le graphiste est canon, le coup du ventilo dans les cheveux tente bien de donner l’idée de « c’est trop moi la plus belle du monde » (ahem…), mais il reste un couac. Et de taille, le couac. Cette image, ce n’est pas moi.
Même pas une question de s’y trouver belle ou moche, à vrai dire. C’est juste que je ne m’y reconnais pas.
Moi qui suis habituellement plutôt souriante, je m’y trouve un air pincé de pétasse blasée. J'ai le visage rond comme un poisson-lune. Et le maquillage des yeux, qui était sublime en vrai me donne en photo un air fatigué et légèrement zombifiant.

Quoi ? Comment ça, « pas objective » ? Oui, sans doute… Toujours cette difficulté d’accepter son image, de bien vouloir se voir telle que l’on est, et surtout telle que les autres nous voient. Toujours ce décalage entre l’appréciation généralement très critique que l’on fait de soi, et le regard souvent bien plus indulgent que les gens nous portent.

Enfin, « indulgent », ça dépend de qui, hein. J’ai quand même eu droit en commentaire à un « on dirait que t’as douze ans, et que tu te balances sur ta chaise parce que t’as trop envie d'aller pisser ». Bam, ramasse tes dents et va chialer aux toilettes, ma fille. Y’a pas à dire, j’adore mes amis et leur franchise.

Rhhhooo, arrêtez de brailler comme ça ! Oui, je vais vous la montrer, la photo. Deux secondes. Un peu de patience et de tenue, enfin quoi…

(Pffffou, pffffou, je respire un grand coup, je me prépare psychologiquement... C'est pas tous les jours que je vous colle une photo de moi sur mon blog, les gars, hein. Notez l'effort, quand même).

Bon ok, assez lambiné. Tadadaaaaam... ... Voilà. Au final, ça donne ça :


KATIAr_duite

 

 

 

Oui, on est bien d'accord : Kate Moss et Laetitia Casta peuvent pioncer peinardes. Je ne suis pas prête de leur piquer la place, avec mon aisance et  ma désinvolture zéro face aux objectifs.

moi_1(Et puis là, en plus petit, c'est l'une des photos -non retravaillées - que je trouvais plus adaptée pour représenter ma personnalité. Mais dommage, ce n'est pas celle qui a été retenue...)

Reste maintenant à savoir ce que je vais faire de ce super poster grandeur nature. J’ai bien pensé un moment à l’accrocher dans mon salon, juste au dessus du canapé. Mais j’imagine déjà la tronche des invités. Du coup, je sais pas trop. A moins que… peut-être… « Allo Maman ? Tu devineras jamais ce que je t’ai trouvé comme cadeau de Noël ! ».

(Et encore un grand merci aux équipes Heaven /Pantène... Je râle, je râle, mais c'était top. Vraiment).