Gin Fizz

Bulles de vie...

20 novembre 2007

Talent aiguille

talons_1Moi, une fille ? Une vraie de vraie ? Heu, ben là, j’ai un gros doute, quand même. Loin de moi l’idée de vous faire la grande scène 4 de l’acte II de « ma vie, mon œuvre, mes complexes », mais bon, puisqu’on se connaît depuis un bon moment maintenant, je peux bien me laisser aller à une petite confidence. Donc voilà : en fait, les talons aiguilles, c’est pas mes potes. Du tout. Et ça m’embête beaucoup.

Quelqu’un de très bien dont j’ai oublié le nom a dit un jour "les talons hauts vous mettent le cul sur un piédestal, exactement là où il doit être". J’ai trouvé ça pas con, comme idée. Du coup, j’ai essayé à plusieurs reprises de m’y coller. Vous pensez bien, j’allais pas laisser filer une occasion en or comme celle-là.

Mais en fait, non. Avec moi, ça veut pas. Y’a un truc qui coince, on dirait.

C’est très simple, quand je porte des talons hauts, j’ai l’impression d’être aussi sexy qu’une poule sur des échasses. Voyez le truc ? C’est quand même dommage, pour un attribut qui est supposé représenter la quintessence de la féminité, non ? Si. C’est sûr, ça casse un peu le glamour.

Faut dire aussi que, en bonne parisienne bien stressée de la vie,  j’ai cette fâcheuse manie de toujours marcher à trois mille à l’heure. Ce qui n’est pas du plus compatible avec le pas chaloupé et langoureux de la Betty Boop en talons aiguilles vertigineux, évidemment. La poule sur échasses qui court le marathon, c’est pas pour dire, mais ça fait surtout danseuse de tecktonik en descente d’acide. Bof.

M’enfin, vous reconnaîtrez avec moi (j’insiste) que les talons, c’est quand même pas ce qui se fait de plus pratique pour dévaler quatre à quatre les marches du métro, courir après le bus, escalader les caniveaux pleins de flotte, enjamber les crottes de chien, arpenter les ruelles pavées parisiennes, éviter les bouches d’aération et les grilles autour des arbres.

Et pourtant… Je les vois bien, elles. Toutes ces filles qui galopent sur le bitume avec dix centimètres de talons sous les chevilles. Elles font ça fastoche, l’air de rien, finger in the nose. Limite elles n’auraient pas l’air plus détendu si elles étaient en charentaises devant la télé chez elles.

Ah, injustice flagrante.

Alors quoi ? Dois-je faire une croix sur les talons hauts, docteur ? Mon cas est-il irrémédiable ? Suis-je condamnée aux ballerines et aux tongs à vie ?

Une âme charitable m’a expliqué que marcher sur des talons hauts, c’est comme faire du vélo : une fois qu’on sait faire, ça ne s’oublie plus. Admettons. Dans ce cas, j’en suis personnellement encore au stade où on colle des petites roues à l’arrière pour stabiliser l’ensemble. En gros, niveau talons, j’ai cinq ans. Super...

Oui, mais… Et mes jambes affinées et élancées ? Et mes huit centimètres en plus ? Et ma cambrure de rein divine ? Y’a pas de raison. Moi aussi, je veux tout ça. Donc c’est décidé, demain, je m’y (re)colle.

La route sera longue.
Et pleine d’entorses, j’en ai peur.

Posté par Katia_ à 09:21 - C'est grave docteur ? - Commentaires [49] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1