13 mai 2008
Toute première fois, toute toute première fois
Pour une première nuit avec lui, c’était très bien. Mais y’a un moment où il va falloir reprendre la conversation. Et à ce moment-là, ce sera peut-être pas mal d’éviter les :
- Aaaaah, ça fait du bien, bordel !
- Et sinon, ça gagne combien, un graphiste freelance, grosso merdo ?
- Je peux laisser ma brosse à dents et deux trois conneries chez toi ?
- Ca vient, ces croissants ?
- T'es au courant que les slibards c'est plus très mode ?
- A quoi tu penses, là, tout de suite ?
- Mais c'est que ça cache bien son jeu, ces bestioles-là !
- Non, pas de bisou, tu pues le poney
- Quand j'vais raconter ça à Sandrine...
- Tu feras mieux la prochaine fois, t'en fais pas
- Ah c'est toi Jean-Philippe ? ... Merde.
- En fait, toi, t'es mieux en costard qu'à poil...
- Ce qui s'est passé cette nuit, on peut éviter de l'ébruiter autour de nous ?
- T'as pas deux cents balles pour me dépanner ?
- Finalement, c'est vrai quand on dit que c'est pas la taille qui compte...
- J'ai rangé un peu ton salon et trié tes cd et tes dvd par ordre alphabétique, pendant que tu dormais
- Ah merdeuuuuh, j'ai encore zappé ma pilule !
- C'était quand la dernière fois que tu as changé tes draps ?
- Voilà. Ca, c'est fait.
- Valentine m'avait parlé de toi en termes plus flatteurs
- Tu claqueras la porte en sortant, moi je me rendors
- A ta place, j'aurais mis le lit là, l'armoire dans ce sens, et la bibliothèque comme ça. Mais bon...
- Tu choisis. C'est ton vieux chien dégueulasse qui pue, ou moi !
- Ils font quoi, tes parents, dans la vie ?
- Tu m'aimes ?
08 mai 2008
(Petite) tenue de soirée
Bon, les gens, je ne vous le cache pas, l’heure est grave. Tout le monde s’est barré en week-end prolongé, les enfants sont en vacances chez Mamie, la corvée de courses et de ménage a été faite samedi dernier, et voilà encore cinq jours entièrement libres à venir (pour les plus chanceux), avec humeur au beau fixe pour cause de soleil enfin revenu.
Alors maintenant qu’on est entre nous, ce serait peut-être bien le moment d’en profiter pour faire grimper la température de quelques degrés en causant bagatelle, non ?
Pour la bonne cause, je me suis dévouée pour vous (et franchement, ça n’a pas été facile, si vous saviez), et je suis allée jeter un œil sur SexyAvenue, à la recherche de deux trois bricoles amusantes pour vous faire passer une petite soirée olé-olé.
C’est bon, tout le monde est prêt ? On débranche le téléphone, on éteint la téloche, on ferme les rideaux, on jette les fringues en boule sur le lit, c’est partiiiiiiiiiiii, roulez-roulez petits bolides, pour les amateurs de sensations fortes, ce soir au village, c’est soirée fever.
Pour commencer, atelier peinture. Oui, comme à l’école primaire. Sauf que là, vous avez le droit de déborder par-dessus les traits, la maîtresse ne viendra pas vous engueuler.
Naaaaaan, j’en vois déjà qui sortent les feuilles blanches et les pinceaux. Z’avez rien pigé au concept de la soirée, les gars, ou quoi ? On a parlé de sexy, de préliminaires et de hot hot hot, il me semble. Alors les grandes vocations à la Van Gogh, vous êtes mignons, mais vous vous gardez ça sous le coude pour un jour où l’un de vous deux aura la migraine, ok ?
Aujourd’hui, le terrain de jeu, c’est votre body. Rien que ça. Et la peinture, elle est rouge, et elle est à la fraise. Carrément, quoi.

« Savourez sa couleur, son odeur, et son goût », qu’ils disent sur le site. Pour l’odeur et le goût, on voit à peu près ce que ça peut donner ("fraise", globalement, ça reste assez fastoche à imaginer). Pour la couleur, en revanche, j’anticipe les doutes de certains. Pas très glops de déguiser son amant en écrevisse coup-de-soleillée, allez-vous me dire.
Certes. Mais en même temps, si c’était bleu, ça faisait Schtroumpf. Si c’était vert, ça faisait Hulk. Si c’était jaune, ça faisait œuf Kinder. Donc rouge. Faut savoir ce qu’on veut, à un moment donné, hein.
Une fois les peinturlurades terminées (et non, on ne fait pas ses empreintes de main sur les murs blancs, vous avez quatre ans ou quoi ?), direction la baignoire pour se rincer en beauté et en ‘sènsoualité’.
Dans l’eau du bain, glissez quelques perles pétillantes, chauffantes et relaxantes. Ah on a quand même bien mérité quelques instants de détente après tous les efforts artistiques qu’on vient de faire, non ?
L’avantage de ces petites perles, c’est qu’en plus de nettoyer « en douceur » (oui, c’est sûr qu’en mettant « effet karcher » c’était moins vendeur), elles colorent l’eau du bain et sentent bon les fruits exotiques.
Hein ? Quoi ? Mélange ‘fraises’ + ‘fruits exotiques’ écoeurant ? Oui bon attendez, là, on nous rabâche depuis des semaines « cinq fruits et légumes par jour ». Bon, ben moi j’essaye de rendre service, rien de plus.
A ce stade de la soirée, propres, détendus, et petite tenue, et fleurant bon la salade de fruits-jolie-jolie, il est temps de se glisser sous les draps pour entamer les choses sérieuses. Ah mais pas comme ça, directement, ho, vous vous croyez où ? Ce soir, on JOUE, on a dit.
Vous vous souvenez des dominos ? Ce jeu chiant à mourir qui nous occupait des heures entières en colo de vacances ? M’est avis que vous allez retrouver le goût du divertissement avec cette nouvelle version hot plus que renversante. Tadaaaam, sous vos yeux ébahis, en exclusivité pour vous, le kamasutra domino, pour vous servir m’sieurs-dames.
Et ça, c’est juste pour lancer la partie, évidemment…
Le reste de la nuit vous appartient, à vous et à votre imagination.
Moi je m’éclipse sur la pointe des pieds, et je referme la porte en sortant…
Article sponsorisé (pour notre plus grand plaisir).
04 mai 2008
Say it ain't so Joe
C’est fou la façon dont les souvenirs d’enfance peuvent marquer certaines personnes, et glisser comme les gouttes d’eau le long d’un k-way sur d’autres.
L’autre jour, je racontais à mon frère à quel point un mec de mon cours de salsa me fichait la trouille, parce qu’il était, en beaucoup plus petit heureusement, le sosie exact de Joe l’Indien, dans le dessin animé « Tom Sawyer ». Joe l’Indien le bad guy, celui que tout le monde craint au village, le type mystérieux par excellence, avec ses cheveux mi-longs et son regard noir impénétrable. Le mec qui, soyons clairs, a peuplé la plupart de mes cauchemars d’enfance, se partageant le podium avec Docteur Gang (le mec dont on voit juste les mains gantées dans « Inspecteur Gadget ») et Casimir (oui, bon, ca va, j’aimais pas Casimir, sa tronche de cake et sa voix de débile, on ne va pas en faire une dissert’ non plus, ok ?).
Hé ben croyez-le ou non, mon frère n’a absolument aucun souvenir de ce pauvre mec qui terrorisait tout le monde quand on était gosse.
Gnéééé ? Alors là, non, je ne suis pas d’accord du tout. Non mais qu’est-ce que c’est que cette injustice flagrante ? D’un coté, certains ont cauchemardé toutes les nuits et se souviennent encore de cette douloureuse période vingt ans après (non, j’en fais pas des caisses…), et de l’autre, certains pioncent peinards et ont même zappé la tronche de cet odieux bonhomme ?
Qu’à cela ne tienne, nous voilà donc partis en quête de la photo de ce Joe, histoire de rafraîchir la mémoire du frangin alzheimerizé.
Aaaaaaaah, vous pensez bêtement comme moi que ce serait facile. Un petit coup de google et hop, l’affaire est dans le sac. Sauf que non. Il nous aura fallu quarante-cinq minutes de recherches sur internet, pour finir par remettre la main sur une image de cet emmerdeur de Joe l’Indien, qui même vingt ans après, continue donc à venir me casser les bonbons à sa façon. Ah non mais on aura tout vu.
Et pourtant, on en a épluchée, de la page tom-sawyeresque. Bon, évidemment, on ne s’est pas non plus retapé tous les épisodes un par un pour faire des captures d’écran (ouais, parce qu’on a quand même d’autres trucs à faire, dans la vie, sinon). Mais on s’est farci le générique en image deux ou trois fois, histoire d’être sûr que le coupable n’apparaît pas dedans. La réponse est non.
En revanche, je vous rappelle juste pour mémoire cette phrase increvable qui me fait encore beaucoup rire aujourd’hui : « Tom Sawyer, c’est l’Amérique, le symbole de la liberté […] Il n’a peur de rien, c’est un américain ». Voilà, voilà. Je crois que ça se passe de commentaire. (D’autant qu’entre nous, laissez-moi me bidonner, parce que le Tom, américain ou pas, il lui suffit de voir Joe l’Indien se pointer au loin pour qu’il se fasse pipi dessus, donc bon, c’est peut-être pas la peine de prendre ses grands airs).
Enfin bref. Au terme d’une longue recherche fastidieuse, Joe l’Indien n’est donc plus un mystère absolu pour le frangin, et j’ai finalement pu aujourd’hui régler mes vieux complexes de môme terrorisée. Mais vous avouerez quand même que ce type n’a quand même pas la tronche d’un enfant de chœur, hein ?



