Gin Fizz

Bulles de vie...

Chats teignes

29 mars 2010

chat_1Le chien est l'ami de l'homme, à ce qu'il parait. Mais pour le chat, je suis moins sûre. J'avais déjà, personnellement, pas mal de soucis à gérer avec mon chat à moi. Mais depuis l'emménagement avec Chéribibi, à mon matou est venu s'ajouter le sien. Et croyez-moi, deux chats dans un 35m carrés, c'est un peu la fête du yukulélé tous les jours.

Après une longue période d'approche et d'observation de l'autre ponctuée régulièrement de feulements agressifs et de coups de griffes 'rockyesques', nos deux miauleurs ont fini, à défaut de s'apprécier, par s'apprivoiser et se tolérer.

Évidemment, il faut partager sa gamelle de Shéba, ce qui ne manque pas de créer l'équivalent d'un conflit mondial tous les jours dans la cuisine. Bien sûr, il faut supporter les odeurs de pipi de l'autre dans sa litière, ce que mon chat a parfaitement résolu en dédaignant celle-ci et en préférant aller pisser - et plus si affinité - dans la douche. Je ne me plaindrai pas de ce choix judicieux (c'est toujours mieux que derrière le lit), mais je n'apprécie que moyennement de trouver un cadeau surprise odorant à mes pieds quand je commence à faire couler l'eau de la douche le matin.

Il n'en reste pas moins qu'à deux, c'est mieux. Ayant vite compris l'intérêt pour eux de ne pas être seuls en journée, nos félins ont rapidement développé une extraordinaire capacité à "jouer à chat" (enfin, je présume qu'on appelle ça autrement chez eux, du coup) en se coursant dans tout l'appartement, à grands renforts de dérapages contrôlés sur le parquet (merci les traces de griffures) et de renversement de tout obstacle tel que fil de lampe, vase de bambous ou linge qui sèche. Je vous laisse imaginer l'état des lieux quand je rentre à la fin de la journée.

Le moment du coucher est également très propice aux déferlements félidesques, comme si ces bestioles avaient un large besoin de dégourdir bruyamment leurs pattes avant de sombrer dans un profond sommeil, étalés de tout leur long en plein milieu du lit, et donc de nos pattes à nous.

Encore que. Cette théorie est largement applicable pour mon chat à moi. Mais celui de Chéribibi a ressenti le besoin de se constituer pour la nuit un petit abri bien à lui, où il ferait bon, chaud et sombre. Pour cela, il a consciencieusement appris en quelques mois (et je salue haut et fort la capacité d'apprentissage des matous pour la peine) à entr'ouvrir les portes coulissantes de notre penderie, pourtant épaisses et bien lourdes.

En pratique, nous avons donc droit au concerto de grattages intempestifs au bas de la porte (si possible vers trois heures du matin, histoire de bien faire remarquer à tout le voisinage l'étendue de son talent), et aux traces de pattes sales et graisseuses sur toute la partie basse du miroir recouvrant la porte de la fameuse penderie.
Bien évidemment, nous bénéficions aussi, au bout du compte, des manteaux et vestes (pourtant sagement mises à l'abri en lieu sûr) redécorés de boules de poils blancs, des blouses et robes en tissu fragile ornés de fils tirés, d'accrocs et de trous de griffes (il faut bien se hisser à quelque chose pour grimper au sommet des cintres, n'est-ce pas ?), et de lacets de chaussures élégamment mâchouillés, voire sectionnés en deux quatre. Le bonheur, c'est simple comme un coup de griffe.
J'ai temporairement résolu la question en bardant les deux portes coulissantes de gros morceaux de scotch marron, ce qui, d'une part, est vraiment très esthétique, et d'autre part, ne manque pas de provoquer des regards éberlués de la part de la femme de ménage et de toute autre personne qui nous rendrait visite. Sans compter que c'est rudement pratique chaque fois qu'on veut attraper un pull ou un jean.

La dernière trouvaille en date de monsieur chat a été de baptiser joyeusement de son urine tout le tas de boîtes en cartons que je gardais précieusement dans un coin de l'entrée, en vue de mes futurs envois ebay and co. Tel que je le connais, il a dû se dire "hé mais... pourquoi je m'enquiquinerais à aller pisser là-bas dans un bac fermé et sombre, alors que ici j'ai tout l'espace du monde au dessus de la tête ?". Un peu comme un mec qui pisserait en pleine nature avec ce côté jouissif de retourner à l'état sauvage, j'imagine.

Vous allez me dire que je suis un peu maso, à me coltiner le double d'emmerdements, alors que j'étais déjà bien servie avec une seule bestiole. Vous avez sans doute raison. Et pourtant, les voir évoluer à deux me fait sourire tous les jours, quand je décrypte les attitudes de l'un vis à vis de l'autre, leurs stratégie d'évitement ou de confrontation. Mieux que mes poupées de petite fille, ces deux-là jouent eux-même la comédie au quotidien, occupant davantage l'espace qu'une simple télévision. De chats teignes à chats pitres, il n'y a finalement qu'un pas.


Posté par Katia_ à 10:30 - Melting-Po(s)t - Commentaires [17]

Jeanne et les garçons formidables

22 mars 2010

Capture_d__cran_2010_03_13___13(Ou : le lundi, c'est culture. Mais uniquement cette semaine).

Jeanne Cherhal et moi, c'est une histoire qui remonte à longtemps. Je la découvre un soir, par hasard, en première partie d'un concert de Thomas Fersen à la Cigale. Elle est là, devant son piano, sur une scène presque trop grande pour elle. Ses deux petites tresses lui donnent un air mutin et juvénile, tout droit sorti de l'adolescence. Qu'est-ce que c'est que cette affaire-là, me demande-je intérieurement.

Et puis le miracle opère. Jeanne Cherhal est une petite bonne femme pleine de pêche, pas timide pour deux sous, qui réussit vite fait bien fait à mettre tout le public dans sa poche.
A la sortie du concert, je suis totalement conquise par son humour et ses textes légers sur des thèmes parfois sombres, et je me précipite découvrir ses deux premiers albums, tout particulièrement Douze fois par an, qui me fait littéralement devenir fan de la première heure. C'était en 2004, et l'album est alors couronné d'une Victoire de la musique.

Le temps passe. En 2006, Jeanne sort un troisième album, L'eau, qui me déçoit et dans lequel je ne retrouve plus la fraîcheur et l'impertinence des premières chansons. Je mets à regrets "ma" Jeanne de côté.

Et puis il y a quelques temps, je reçois une invitation pour découvrir en avant-première lors d'un petit concert privé, le nouvel album de la miss, Charades. Youplaboum, voilà peut-être l'occasion de renouer avec Jeannette. Je fonce ainsi ventre à terre au concert en espérant redécouvrir l'artiste que j'ai tant appréciée, ses mélodies faciles à fredonner et pleines de pep's, ses thèmes de la vie quotidienne revisités avec humour.

Le concert a lieu dans un petit bar du 20ème arrondissement. Quand Jeanne monte sur "scène", première stupéfaction. Au placard les nattes et la tenue de fille sage. Mademoiselle arbore un body ultra échancré et des mini boots, qui révèlent un corps de sirène absolument parfait. Bon. Ok. Ca me fait un peu bizarre quand même, ça ne cadre plus avec l'image que j'ai de la miss. (Au passage, je demande à Chéribibi, qui m'accompagne, de rentrer sa langue et de fermer la bouche, ça fait mauvais genre et ça salit le plancher).

Jeanne est fidèle à elle-même, dynamique, souriante, entrainante, pleine de vie. Elle dévoile alors les titres de son nouvel album, accompagnée par un trio de musiciens aux looks détonants.

jeanne_4

groupe

(Mille mercis à Larcenette pour ses photos, mon Iphone m'ayant joué des tours ce soir-là...)

Pourtant, je reste mitigée. Non, je ne peux pas dire que je n'aime pas, mais ce n'est pas non plus le franc délire dans ma tête. Jeanne Cherhal a clairement fait son chemin depuis notre première "rencontre", et choisi une attitude plus pop, plus "braillarde", moins douce. Qui plus est, je n'aime pas trop découvrir complètement un album pendant un concert, j'ai besoin en premier lieu d'écouter la chanson au calme, d'en comprendre les paroles, de me les approprier. Ce concert me laisse perplexe, en fin de compte...

La magazine Glamour écrit dans son dernier numéro : "les chansons rigolotes chantées à la va-comme-je-te-pousse en cognant sur le piano, c'est bien. Mais faire attention à la musique, c'est mieux". Je ne suis pas forcément d'accord, sur ce coup.

Quelques jours plus tard, je reçois l'album et écoute enfin ces titres en prenant le temps de les découvrir. Je ne mentirai pas en disant que j'adoooooore, mais je retrouve malgré tout des mélodies qui restent en tête, que l'on prend plaisir à fredonner.
Petit coup de coeur sur la chanson "Cinq ou six années", relatant cette période délicate des années lycées où on ne sait pas toujours quoi faire de soi, de son corps, de ses états d'âme. Certainement pas le titre le plus médiatique de l'album, mais un petit je ne sais quoi qui me touche...

Et je ne résiste pas au plaisir de vous faire écouter, si vous le souhaitez, trois des titres de son second album, qui m'ont fait sourire à l'époque et me plaisent tout autant aujourd'hui : Un couple normal (sur les liaisons extra-conjugales), Super 8 et Ca sent l'sapin.
Et je rajoute cette reprise d'Anne Sylvestre (toute mon enfance...) chantée en trio avec Vincent Delerm et Albin de la Simone, que je viens de découvrir en cherchant les liens de mes chansons sur Deezer : Les gens qui doutent (très joli, très doux). Enjoy !

Ma vie sans lui

15 mars 2010

brossedentLa semaine dernière, Chéribibi était en vacances au ski de son côté, me laissant l'appartement pour moi toute seule. Enfin l'occasion de :

- Me nourrir exclusivement de choses pas très recommandées par les nutritionnistes (genre Pépito / Banga, fromage frais sur crackers ou chips de crevette)
- Bouquiner au lit jusqu'à pas d'heure sans qu'un groummppffff poilu n'émerge de dessous la couette
- Allumer toutes les bougies juste pour la beauté des lumières (et pas pour camoufler l'odeur de clope froide)
- Trainer trois plombes sous la douche sans m'en faire déloger (ni hurler quand le robinet de la cuisine puise toute l'eau chaude pour le café de monsieur)
-Ranger le lave-vaisselle comme j'en ai envie (sans me faire enguirlander parce que j'ai pas trié par type de couvert)
- Choisir le programme télé sans grande discussion enragée avant (exit le foot et le rugby, par ici la Nouvelle Star et Top Chefs) (je sais, j'ai des addictions télé hautement intellectuelles)
- Avoir sans complexe la larmounette à l'oeil devant des programmes qui, sincèrement, n'en demandaient pas tant (mais quand même, ils sont parfois émouvants, les gens qui pleurent en découvrant le résultat de leur relooking, non ?)
- Me faire les ongles devant la télé, en m'appliquant consciensieusement. Changer de couleur tous les jours si ça me chante.
- Faire l'étoile de mer dans le grand lit vide (une jambe au sud-est, l'autre au sud-ouest, et les bras en danseuse au dessus de la tête)
- Renouveler les casseroles et poêles abîmées de la cuisine en choisissant des jolies couleurs (et me ficher que ce ne soit pas du "vrai" matériel de cuisinier). (Moi, je veux une belle poêle rouge, parce que ça claque. Peu importe que ce soit "de la camelote".)
- Parler toute la soirée à mes nos deux chats avec toute ma conviction (personne pour me traiter de vieille gâteuse)
- Manger toutes les 'langues-qui-piquent" et les réglisses dans le paquet de bonbons (il avait qu'à être là)
- Faire pipi la porte grande ouverte (ne rigolez pas, si vous voyiez la taille de mes toilettes, vous seriez plus compatissants)

Posté par Katia_ à 08:45 - Chabadabada (Love is in the air) - Commentaires [20]

Ohé, ohé, matelot

01 mars 2010

matelotAllo Houston. Base de lancement à Major Tom : nous avons un sérieux problème. Repérée : pseudo-fashionista sous influence maritime, en mode moutonnage aigü. Intervention d'urgence réclamée.

La raison de ce S.O.S. ? Regardez plutôt : 75 % de mon bilan shopping des derniers jours.

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(Somewhere, Monoprix, Zara, Zara)

Oui. Je sais. Ne dites rien. On peut même carrément éviter de commenter en long, en large et en travers, et faire court : je suis foutue. Non seulement je radote de la penderie, mais en plus je cède aux tendances mode avec plus de dix-huit mois de retard. C'est bon, n'en rajoutez pas trois tonnes, non plus, rhooo.

Pour ma défense, puis-je arguer que si ces t-shirts et pulls sont tous rayés, ils n'en sont pas moins tous différents ? Si ! La rayure grise et la rayure marine ne rendent pas DU TOUT le même effet. Le petit pull Zara (3ème) est en lin léger, donc plus "chic" qu'un simple t-shirt. Et le pull Monop' a les manches 3/4, très pratique en mi-saison. Alors ?

Oui, ok, je sens bien que vous n'êtes pas convaincus. En même temps, ce n'est pas totalement de ma faute, votre Honneur. Est-ce que vous avez essayé d'acheter un truc qui n'ait pas de rayures ces temps-ci ? Parce que j'aime autant vous le dire : bon courage.
Moi, je me console comme je peux : j'ai déjà laissé filer les clous (trop rock), le sarouel (trop couche-culotte) et le boyfriend-jean (trop pas mon truc), je m'apprête à esquiver sournoisement les compensés et les jupe-culottes de cet été, mais je ne peux quand même PAS passer au travers de TOUTES les tendances. SInon à quoi bon être une fille, je vous le demande ?

Allez, je retourne sur mon yacht. La prochaine fois, si vous le voulez, on parlera des pulls et gilets à épaules brodées qui ont également envahi ma penderie, et que je ne peux déjà plus blairer, avant même de les avoir portés. Overdose.
(Je sais, je suis grave). (Mais je me soigne). (Du moins, j'essaye).

(Comment ? Mon cadre vide sur la photo ? Ah oui... Que voulez-vous, j'ai du mal à trouver des photos que j'ai vraiment envie d'encadrer...)