Gin Fizz

Bulles de vie...

Foodette : en cuisine Simone !

31 mars 2014

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Oh, tiens, ça fait un bail qu'on n'a pas causé fooding, vous et moi ? (Oui, ça fait même longtemps qu'on n'a pas causé. Tout court). Aujourd'hui, pas de nouvelle adresse de resto à tomber, ni d'apologie de la nouvelle douceur maxi-sucrée du moment, mais un petit concept que je trouve charmant, et pile-poil dans l'air du temps.

On connaissait déjà les "food-box" livrées chaque mois et proposant de quoi concocter un menu complet sur une thématique précise. On connaissait aussi les paniers de légumes frais et bio livrées chaque semaine, composé d'un assortiment surprise fonction de la récolte et de la saison (j'en connais d'ailleurs qui en sont restés comme deux ronds de flans devant les panais et les topinambours, bien incapables de savoir comment se cuisinent ces petites bêtes là...)

Foodette, c'est un peu le trait d'union entre ces deux idées : le panier frais du marché et le package "tout pour composer votre menu complet".

Imaginons deux minutes la scène. Nous sommes jeudi, belle-maman s'est invitée à déjeuner samedi, pas l'ombre d'une idée de repas, et surtout zéro temps pour aller courir les commerçants du coin.

Zou, direction foodette.fr ! On choisit dans la liste des recettes proposées son entrée, son plat, son dessert (ou juste entrée et plat, si on juge que belle-maman a besoin d'un petit régime). Chaque proposition indique un temps de préparation et un temps de cuisson, histoire d'éviter de se lancer dans un plat qui demande 50 minutes de mijotage alors qu'on n'a que 20 minutes top chrono avant le ding-dong des invités à la porte d'entrée.

On valide le nombre de personnes total (de 2 à 8), et 24 heures plus tard, un joli panier gourmand nous attend chez l'un des commerçants de notre quartier (boucher, poissonnier ou fromager), qui se charge de compléter nos victuailles avec viande, poisson, fruits de mer ou fromage, selon sa spécialité et surtout notre choix de plat principal.

Of course, tous les fruits et légumes sont locaux (et bio si possible), frais, et de saison. Tous les ingrédients nécessaires aux recettes sont déjà dosés selon les besoins, et la petite fiche pratique permet de se lancer pas à pas dans la réalisation de notre menu 4 étoiles.

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Les avantages ? Nombreux.
* Plus de prise de tête pour mesurer, calculer, proportionner... Le panier vous livre exactement ce dont vous avez besoin. Pas plus, pas moins.
* Plus la peine de chercher pendant des heures ce fameux extrait de sirop d'argousier dont vous allez utiliser 3 ml pour la recette, puis reléguer le flacon qui ira moisir au fond du placard, à attendre une nouvelle tentative culinaire de votre part.
* Les recettes sont abordables même pour ceux qui ont deux mains gauches (pensez bien que j'ai demandé !), et ne nécessitent pas d'ustensiles de fou. Cyril Lignac peut dormir peinard, on aura juste besoin d'un four, de casseroles, d'un fouet, éventuellement d'un mixer, mais rien de plus.
* En partenariat avec Le Petit Ballon, Foodette propose également de vous fournir le vin adapté à votre menu. (Hop ! "Passer chez le caviste" : check !)
* C'est un gain de temps considérable quand on souhaite recevoir chez soi, et qui permet quand même d'épater la galerie au final : "c'est moi qui l'ai fait !", pourrez-vous fanfaronner à la fin du repas !

Les bémols ? Il y en a, quand même, un peu...
* Seuls quatre arondissements de Paris sont "desservis" pour le moment, à charge pour le concept de se développer encore et encore pour augmenter sa présence à d'autres quartiers.
* Un choix encore restreint de recettes. Là aussi, le développement du site permettra de multiplier les propositions.
* Des prix qui peuvent rebuter certaines personnes : environ 4 euros les entrées et desserts, 9 euros les plats, si on commande pour 2 personnes. Forcément, on a vite fait de comparer avec une sortie au resto, où l'on n'aura même pas à faire cuisine et vaisselle. Mais le concept prend tout son sens quand on commande pour plusieurs personnes, puisque les prix sont dégressifs, et le gain de temps indéniable.
* Oui, oui, oui... ca nécessite de FAIRE la cuisine soi-même. Mais si c'est là un point vraiment négatif pour vous, je ne vois même pas pourquoi on continue à causer de ce nouveau concept :)

IMG_9835J'ai testé pour l'occasion la réalisation d'un dessert star de Foodette, "Comme une tarte au citron". Efficace, simple, facile et inratable (bien qu'un poil sucré à mon goût) ! Alors, ok, niveau présentation, j'ai encore un peu de progrès à faire, mais... hé... c'est MOI qui l'ait fait !

Plus d'infos : foodette.fr

Posté par Katia_ à 21:12 - Melting-Po(s)t - Commentaires [10]
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Qu'est-ce que tu lis, doudou, dis donc ? #3

10 mars 2014

  Rien_ne_s_oppose_a__la_nuitLe_diner

Ouh la la, déjà un mois que je n'étais pas repassée par ici. C'est que le temps file ! Nous voilà malgré tout reparti pour un petit tour des lectures du moment. Cette semaine, on explore les familles tourmentées qui affichent une apparence heureuse mais camouflent bien des secrets et des mensonges. (N'est-ce pas, finalement, le lot de toutes les familles ?)

* Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan.

* Le pitch : Après la mort de sa mère par suicide, l'auteure s'est lancée dans l'écriture de la biographie de celle-ci, afin de mieux comprendre la personnalité ambivalente qui la caractérisait. Au gré des interviews et récits récoltés auprès de ses proches, elle plonge alors dans les secrets de famille inavouables, les douleurs refoulées et les doux souvenirs des jours heureux, qui ont façonné l'histoire de cette femme bipolaire, si belle et si fragile...

* Mon avis : C'est sûr, dit comme ça, le résumé ne fait pas forcément envie. Du moins, on est plutôt certain de ne pas se poiler de rire à chaque page. C'est pourtant un roman bouleversant, dont j'ai tourné la dernière page avec une pointe de tristesse et des presque larmes au coin des yeux. Entreprise cathartique au départ, l'auteure enquête pour mieux comprendre pourquoi Lucile n'est pas la maman aimante et dévouée qu'elle aurait aimé avoir. La reconstitution de l'histoire de sa mère, dévoilant certains pans cachés de sa vie, permettront à l'écrivain* de prendre la mesure des troubles psychotiques graves dont souffrait celle-ci, et la façon dont ils ont impacté toute sa vie, et par ricochet celle de sa propre descendance. C'est au final un très bel hommage que rend Delphine de Vigan, jusque dans la photo de couverture particulièrement touchante. J'ai beaucoup aimé, vous l'aurez compris.

On pourrait objecter que ce récit est trop personnel, trop intime, voire impudique (certains secrets de famille sont particulièrement dérangeants), et n'intéressera que les membres de la famille de l'auteure. C'est vrai que ces 400 pages sont un sacré déballage de linge plus ou moins sale et de secrets jetés en plein jour, mais en lisant entre les lignes, on y retrouve toujours une partie de sa propre histoire, une meilleure compréhension de la façon dont chaque famille recèle son lot de blessures et de douleurs, qui nous affectent les uns les autres, même insidieusement.

(* oui, autant j'aime bien écrire auteurE, autant écrivain, je le préfère au masculin.)

* Le dîner, de Herman Koch.

* Le pitch : Un restaurant, deux couples, les deux hommes sont frères. Sous les sujets les plus anodins et les conversations d'usage, ils sont en fait rassemblés là pour aborder le sujet qui les préoccupe tous depuis des semaines : leurs fils respectifs, cousins donc, âgés d'une quinzaine d'année chacun, sont coupables d'un acte terriblement violent et répréhensible, qui aura fatalement des conséquences sur leur vie à tous. Ou pas. Car chacun a sa façon personnelle de concevoir l'affaire...

* Mon avis : Très original ! Un roman dont l'intrigue est rythmée par la succession des plats apportés à table. A l'apéro, on pose les bases : personnages, décor, cadre... A l'entrée, l'intrigue se met peu à peu en place, on cerne les personnalités des quatre protagonistes. Puis le plat, le dessert et le café apportent leur lot de rebondissements. Au bout du compte, ce n'est pas seulement l'addition qui sera salée, mais la morale qui sera bien égratignée au passage. On tourne les pages, avides de savoir pourquoi "c'est" arrivé, comment, et surtout quelle en sera l'issue. Petit bémol : quelques longueurs, parfois de longues pages de descriptions qui peuvent facilement être zappées sans nuire à la cohérence globale, et surtout une fin qui laisse perplexe et presque insatisfait. Et vous, jusqu'où iriez-vous pour protéger quelqu'un qui vous est cher et qui a commis l'irréparable ?