Gin Fizz

Bulles de vie...

Am-stram-crâme

30 juillet 2014

foyer

Il faut très exactement 48 minutes pour faire complètement crâmer une casserole posée sur feu vif. Je le sais, j'ai essayé. Malgré moi.

Oui... je ne pouvais quand même pas vous laisser partir en vacances sans vous raconter une petite mésaventure "bridget-jonesienne", hein. Et puis ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu un article "vis ma vie de dinde" sur ce blog, non ?

Ce matin, résolue à me préparer avant de partir une petite carafe de thé à mettre au frais, je lance sur le feu une grosse casserole d'eau, additionnée de quelques grammes de sucre pour parfumer la boisson. Dans le même temps, affairée en cuisine, je lance également une machine de fringues, puis pars me préparer pour mon rendez-vous en attendant que l'eau veuille bien bouillir.

Quelques minutes plus tard, me voilà fraîche et pimpante sur le quai du métro, à checker l'heure pour vérifer que tout va bien, je suis pile dans les temps. Je monte dans la rame, m'installe tranquillement, sors mon livre et commence à bouquiner. Page après page, je rentre dans l'histoire de mes personnages quand je tombe sur ces lignes : "elle s'éclipse, revient presque aussitôt avec un plateau. Une théière en porcelaine où trempe un sachet, deux tasses, des rondelles de citron...".

Les deux neurones qui me restent encore avant de partir en vacances se connectent d'un coup, les voyants tournent au rouge flashy, et je pousse un grand cri d'effroi (qui fera sursauter mes compagnons de wagon). Mon thé ! La casserole ! Sur le feu ! A puissance max ! Oh putain !
Je m'extraie du métro au moment où les portes sonnent leur fermeture imminente, et me mets à courir comme une dératée pour attraper la ligne en sens inverse. Arggg, train loupé d'un rien, le prochain ne sera là que dans 4 minutes.

Les 4 minutes les plus longues de ma vie, je pense (avec la fois où je chronometrais mes contractions, mais c'est une autre histoire). Dans ma tête, je me refais le film. C'est évidemment cette putain de machine à laver ultra bruyante qui a couvert le bruit de l'eau bouillante et ne m'a pas permis de penser à éteindre la plaque. (Toujours trouver un responsable autre que soi. Tou-jours).
Je me mets à faire des hypothèses en fonction de la quantité d'eau dans la casserole VS le temps d'évaporation prévisible sur une plaque qui chauffe à fond les ballons, mais mes souvenirs de physique-chimie remontent à la classe de seconde, donc pas hier (et j'ai fini l'année avec 6 de moyenne donc je ne pense pas avoir la fibre scientifique).

Quand le métro arrive enfin, j'ai perdu deux litres de sueur, tous les ongles de ma main droite, et j'ai déjà l'impression d'entendre au loin les sirènes des pompiers qui se garent en bas de chez moi.
Reste à faire les sept stations qui me séparent de mon quartier. J'essaye de rester visiblement calme et digne, me persuadant que je ne peux pas aller plus vite que la musique à ce stade de l'histoire, mais j'ai - en vrai - juste envie d'insulter tous les passagers qui prennent un peu trop leur temps pour monter dans la rame, en leur criant que "hé ho, magnez-vous un peu le boule, j'ai un incendie à aller éteindre, moi !"

Enfin, ma station. J'entame le sprint final pour remonter les deux rues (en pente, les bitchs) puis les trois étages jusqu'à mon appartement. (Note personnelle : endurance à la course : à revoir !) et glisse la clé dans ma serrure, persuadée de voir des flammes jaillir de la cuisine en poussant la porte.

Bon. En fait, non. Point de flammes, mais un énorme nuage de fumée suffocante qui me prend à la gorge. Et là, au milieu de la plaque à induction, ma casserole brûlante au fond de laquelle achève de crâmer une petite couche noirâtre et calcinée. Le peu de sucre que j'avais ajouté à l'eau s'est en fait transformé en un caramel carbonisé, ce qui a donné un petit temps de répit avant que la châleur ne s'attaque à la casserole elle-même.

Aération en grand, toux de fumeuse pendant trente minutes et quasi-deuil de ma casserole, mais ouf, l'appartement est sauf. Et les chats aussi.

Tout ça pour ça ? Bah ouais, mais hé, c'est que ça fait des émotions. Je crois qu'il est grandement temps de prendre des vacances, là...


*****

BEST-OF

Et puisque l'été, c'est la saison parfaite pour ressortir les vieux nanards (t'as qu'à voir le programme télé), voilà mon petit best-of préféré de mes moments bridget-jonesiens.

* La fois où j'ai VRAIMENT fait déplacer chez moi 4 pompiers pour queud'
* Et celle où j'ai appelé la police pour une bonne raison...
* La fois où je me suis brûlée au second degré en suivant les conseils d'un magazine de fille
* Celle où j'ai remué ciel et terre (et petites annonces de Libé) pour retrouver un garçon éconduit
* Ma seule et unique soirée de femme-célibattaire-à-la-recherche-de-l'amûûûr (2 parties)
* Ma rencontre avec une inconnue pas si inconnue que ça

Allez, bonne lecture, et bonnes vacances a tutti !

Posté par Katia_ à 17:32 - Melting-Po(s)t - Commentaires [14]

Commentaires sur Am-stram-crâme

    Oh la vache, j'aurais eu tellement les boules !!! J'imagine combien le trajet du retour a du être long... A quand les plaques qui s'arrêtent toutes seule quand il n'y a plus rien dans les casseroles ???
    Contente que l'histoire se termine bien en tout cas... Ton livre a sauvé ton appart on dirait bien ;)

    Posté par Annouchka, 30 juillet 2014 à 16:41 | | Répondre
    • Oh oui, le trajet a été long.... ooooohhh ouiiii... !!!
      Mais oui, mon livre (et/ou mon inconscient) a fait du bon boulot, en fin de compte :)

      Posté par Katia_, 01 août 2014 à 20:59 | | Répondre
  • Pardon, mais j'ai beaucoup ri ! Tu sais raconter comme si on y était, j'avais la trouille en même temps que toi !

    Posté par estella_doug, 31 juillet 2014 à 10:57 | | Répondre
    • Ah bah tant mieux. Après coup, c'est assez "marrant",mais je te promets que sur le moment... :(

      Posté par Katia_, 01 août 2014 à 21:00 | | Répondre
  • Oh la la, la petite piquouse d'adrénaline, dis moi ! Mais du coup, ton rendez-vous ? (je sais, quand on a le feu chez soi, tous les rdv sont sans importance...)

    Posté par lara, 31 juillet 2014 à 11:43 | | Répondre
    • Ah oui alors là, le rdv, j'en avais un peu plus rien à carrer, d'un coup, tu vois ! ;)

      Posté par Katia_, 01 août 2014 à 21:00 | | Répondre
  • oups, dis-donc ! ç'aurait pu être grave, mais plus de peur que de mal.
    ..j'ai fait la même c... avec un fer à friser, il y a très longtemps (j'étais jeune et innocente...), et je ne me suis souvenue l'avoir laissé branché que sur le bateau qui m'emmenait en Angleterre. Quelle panique ! Mais à l'époque, j'habitais encore chez mes parents, et mon cher papa n'avait pas manqué de remarquer la bêtise et de faire ce qu'il fallait ! ouf !

    Posté par MuchiMuchi, 31 juillet 2014 à 12:11 | | Répondre
    • Oh la la, j'imagine même pas le truc de réaliser ce genre d'oubli à 500 bornes de chez soi !!!

      Posté par Katia_, 01 août 2014 à 21:01 | | Répondre
  • Une année j'ai voulu essayer les fèves sèches ; il faut les faire cuire trois heures dans l'eau à petits bouillons. j'ai lancé la cuisson, suis allée regarder Boris Becker à la TV écraser je ne sais plus qui en 1h30 et ai ensuite proposé à mon mari d'aller acheter des chaussures à notre progéniture ; en plein essayage, l'idée de mes fèves est revenue... bilan : une marmite en moins.

    Posté par Marie-Christine, 31 juillet 2014 à 12:12 | | Répondre
    • Ah oui, pas mal aussi. Mais quelle idée, faut dire, d'avoir besoin de 3 heures de cuisson à petit feu, pffff... :)

      Posté par Katia_, 01 août 2014 à 21:01 | | Répondre
  • C'est vraiment une histoire de dingo ça. Bonne vacances en tout cas :)

    Posté par Marie-Annick, 01 août 2014 à 13:29 | | Répondre
    • Oui, merci, il faut croire qu'elles tombent à pic !

      Posté par Katia_, 01 août 2014 à 21:01 | | Répondre
  • Malheur quelle angoisse !! j'avais l'impression de la vivre!
    Bonnes vacances....

    Posté par Mila, 01 août 2014 à 14:59 | | Répondre
    • L'angoisse, comme tu dis. La bouffée de chaleur qui t'envahit d'un seul coup, à la limite du malaise !!!

      Posté par Katia_, 01 août 2014 à 21:02 | | Répondre
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