Gin Fizz

Bulles de vie...

Fille à papa ?

22 octobre 2014

coquette
Babygirl a choisi toute seule son premier livre "Monsieur-Madame". Ca promet...

Au quatrième mois, elle a pris la sonde de sa main gantée, l'a posée sur mon ventre, a regardé l'écran du monitoring, puis m'a dit "c'est une petite fille, aucun doute là-dessus !". Et j'ai senti comme un bond dans mon coeur, parce que c'était ce que je voulais entendre depuis le début de ma grossesse...

Une fille. Une p'tite meuf, une mini-moi. Une croquette qui aurait les mêmes bouclettes que sa maman (bingo), et si possible pas la même pilosité que son papa (pas bingo). Mais surtout, au delà de l'apparence physique, des tenues de poupée et des coiffures à inventer, la possiblité d'une relation mère-fille à construire pas à pas, chaque âge recelant son petit lot de tendresse et de conflits.

On m'avait dit "tu verras, vers l'âge de deux ans, elle n'en aura que pour son père, et tu n'existeras plus !". Le compte à rebours est lancé. Alors je mesure les mois qui me séparent encore de l'échéance terrible, et je savoure.

Je savoure notre complicité quand je suis la seule à comprendre son baragouin de bébé, pourtant très réfléchi selon elle. Je savoure ces couchers où elle réclame maman pour lui chanter la chanson des poules, alors que papa la connait par coeur aussi. Je savoure ces moments de fatigue, de détresse ou de pleurs où il n'y a que dans mes bras que ma croquette semble vouloir être consolée.

Bon, j'admets que je savoure un peu moins ces réveils nocturnes, éjectée brutalement du lit par des beuglements hurlant mon nom, lorsque la mini fait un cauchemar (ou un caprice ?) et réclame un câlin. Moi, à quatre heures du matin, je n'aime personne. Je dors.
Tout comme je pourrais me passer de son besoin intempestif de ME montrer un truc vraiment vital (comme... un auto-collant semi-déchiré par exemple), pile poil lorsque je suis... disons... occupée à rendre à la nature l'excédent de ses bienfaits (et où j'aimerais donc être peinarde deux minutes, si c'est pas trop demander).

Mais oui, de façon générale, je profite autant que possible de toutes ces manifestations d'amour inconditionel, et son petit cou aux effluves de Mustela me fait vite oublier les menus désagréments.

Et je sais, je sens bien, par moment, que déjà, son papa gagne du terrain sur moi. Quand ils s'assoient tous les deux côte à côte pour (re)(re)(re)lire Tchoupi et Babar, et qu'elle repousse doucement mais fermement ma main qui recoiffe ses bouclettes, l'air de dire "t'es gentille maman, mais tu vois bien que c'est pas le moment !".
Ou quand vient l'heure du bain, et qu'elle manifeste haut et fort que c'est avec papa qu'elle veut jouer et éclabousser toute la salle de bain, là où maman se lasse vite du pistolet à eau et râle fort que "hé ho, c'est pas toi qui passe la serpillère ensuite".

Un jour prochain viendra où ma petite fille me repoussera au profit de son père, évitera mes bras et mes câlins, et piquera des crises de nerfs pour des motifs anodins. Ce jour là, on me dira "c'est rien. Ca va passer. L'Oedipe, tout ca...", mais mon petit coeur de maman se serrera, inévitablement.

Alors en attendant, je savoure. Je savoure...

Posté par Katia_ à 16:38 - Mum-to-be / To be Mum - Commentaires [38]