Gin Fizz

Bulles de vie...

Sur la route

10 mai 2016

pinède

Plutôt bien lancés dans nos envies de découverte du monde, Chéribibi et moi avons inévitablement dû nous assagir un peu sur la question "Voyages" avec l'arrivée de notre première croquette il y a trois ans, et encore plus depuis la naissance de la mini-chouquette, qui double la dose de "choses qu'on ne peut pas faire avant que les kids grandissent".

Les destinations vacances se choisissent désormais dans un périmètre de six heures maximum de voiture. Et le train, me direz-vous ? Je n'ai pas encore eu l'occasion de tenter le diable, mais sachant que déjà, en voyageant seule, j'ai du mal à ne pas arriver rougeaude et essoufflée dans mon wagon, rapport à tout mon barda perso (sac de voyage, sac à main, sac à ordi, sac à journaux pour le voyage, M&m's et sandwich pour la route...), je ne vois décemment PAS comment il serait humain de m'infliger la même épreuve avec, en plus, bagages des deux mioches, biberons, sac de change, jouets pour les occuper, coque ou transat, poussette, lit parapluie... tout ce bordel incroyable que tout jeune parent se trimballe dès qu'il met un pied hors de chez lui.

Donc le train, merci, mais non merci. La voiture me parait plus reposante. Sauf que...

Voyager en voiture avec des enfants, c'est savoir occuper le temps de trajet en usant de toutes les combines possibles. Faire semblant de compter les voitures rouges et les vertes, imaginer des formes dans les nuages, se réjouir et faire semblant de s'extasier au moindre troupeau de vaches croisé sur la route. Au trente-deuxième "t'as vu, maman, les vaches ?", je peux vous assurer que l'enthousiasme feint perd réellement de sa superbe.
C'est aussi chanter en boucle les mêmes chansons (coucou la Reine des Neiges), et éventuellement passer au CD quand on n'en peut plus de brailler qu'on est délivréeeeeeeee (si seulement...). J'ai personnellement eu à me farcir une compil' de Carlos prêtée par un copain de Chéribibi qui - soit-disant - adoooooorait ces chansons étant petit - j'espère qu'il consulte - et j'ai souffert intérieurement durant 52 minutes et douze chansons. Veuillez noter mon sens du dévouement, monsieur le juge.

Voyager en voiture avec des enfants, c'est aussi finir, de guerre lasse, par acheter un obscur magazine Peppa Pig devant lequel se pâme l'enfant ("y'a des gommettes") dans l'espoir de l'occuper une vingtaine de minutes. Tu parles ! Une fois trois gommettes décollées (retrouvées sur les vitres) et le machin feuilletté fébrilement, c'est parti pour la rengaine "tu peux me lire l'histoire ?", répété en boucle, qui nous saoule presque autant que la voix de Carlos.

Voyager en voiture avec des enfants, c'est devenir Shiva-les-douze-bras en un clin d'oeil. Tiens, un mouchoir pour ton nez, souffle ! Oh, la tétine est coincée dans le siège. Mince, le doudou est tombé par terre, gogo-gadget-au-bras pour réussir à le repêcher. Tu as le soleil dans la figure, bouge pas, je colle le pare-soleil Nemo. Tu as faim ? Tu as soif ? Tu as... envie de vomir ? Ah... vite, le sac plastique qu'on garde à portée de main. Pas deux secondes de répit, je vous dit ! Alors si EN PLUS faut faire le co-pilote préposé au GPS, je démissionne.

Voyager en voiture avec des enfants, c'est déroger à tous ses principes alimentaires en leur refourguant à tire-larigot madeleines, compotes, brioches et autres joyeusetés pas trop chocolatées (je ne suis pas maso, faut pas déconner) pour qu'ils bouclent cinq secondes leur trou à gâteaux. C'est un risque à prendre (cf l'usage potentiel du sac à vomi sus-cité) mais il advient un moment où l'on est prêt à oser tous les dangers pour quelques minutes de silence. Même celui de se faire repeindre intégralement le siège-auto des restes pré-digérés du goûter, et à s'en taper le nettoyage de tous les minuscules interstices savamment imaginés par de sadiques concepteurs.

Voyager en voiture avec des enfants, c'est ne plus vraiment pouvoir déjeuner à quinze heures pour éviter la foule des aires d'autoroute, sous peine de braillements XXL en dolby stéréo à l'arrière. C'est donc la double-peine à chaque déjeuner : aire bondée de familles aux mouflets affamés, ET files d'attente carabinées. File d'attente à la caisse. File d'attente pour le micro-ondes (puisque Mâdâme ne veut pas avaler son petit pot non réchauffé). File d'attente à la salle de change des bébés, aux toilettes des femmes. File d'attente à la machine à café. Sans compter la chasse aux chaises libres, la gamine qui ne veut évidemment pas bouffer ce qu'on lui a prévu, et les pleurs à calmer devant le bruit vraiment terrifiant des sèche-mains électriques.
Au départ, ça s'appellait une "pause" déjeuner, à l'arrivée, on retourne à la voiture avec l'impression d'avoir fait la guerre du Vietnam. La pub disait : "Total, vous ne viendrez plus chez nous par hasard"... Par hasard, non, mais par punition et expiation de nos fautes, très certainement.

La prochaine fois, si vous voulez, on pourra aussi parler de ces engins de torture mentale que sont les sièges-auto, et de la façon dont on doit suer sang et larmes pour parvenir à sangler les moutards dedans sans se péter trois ongles ni se déboîter le cou. Perso, j'ai pas encore compris comment rester zen avec ces machins-là... Mais vivement les prochaines vacances, qu'on s'amuse un peu !


Posté par Katia_ à 09:15 - Mum-to-be / To be Mum - Commentaires [13]