Gin Fizz

Bulles de vie...

Souviens-toi, l'été d'il y a cinq ans

17 août 2016

porte_vacances

Oh, c'est moche. Plus de trois mois sans rien écrire ici, le post précédent remontant à notre dernière escapade avant l'été. A croire qu'il n'y a que quand je suis loin de Paris et en vacances que je suis un peu inspirée pour venir par là. Enfin, "en vacances"... laissez-moi clarifier un peu les choses, tout de même.

A la fin de l'été 2013 et des premiers grands congés estivaux passés avec Babygirl number one, je vous racontais déjà ici que le terme "vacances" me semblait lééééééégèrement galvaudé, vu le peu de repos et de tranquilité d'esprit engrangés en trois semaines. Mais en fait, à l'époque, je ne savais pas encore. Je ne savais pas que des vacances avec UN enfant, c'est juste de la RI-GO-LADE à côté de ce qui nous attendait cet été, avec nos deux mioches en bandoulière, respectivement 3 ans 1/2 et 9 mois.

Pourtant, ça partait pas trop mal. J'étais blindée d'envies, des projets dans tous les sens, à base de visites plus ou moins culturelles, balades en pleine nature, rattrapage de lectures en stock, un poil de glandouille bronzette (histoire de faire un sort au teint d'endive fânée que je cultive depuis quelques mois) (depuis que mes nuits sont autant en dent de scie qu'un terrain de cross country), repas sains pour toute la famille (ou au moins, repas sain un jour sur deux) (ou trois, allez) et cure de sommeil pour tout le monde, devant tant de choses excitantes mais fatiguantes. J'avais même embarqué ma guitare offerte à mon anniversaire (de l'an dernier), sur laquelle je n'ai jamais eu le temps d'apprendre deux accords jusqu'ici.

Bon. Bah. La blague, quoi. Disons que même avec douze bras et des journées de 36 heures, je ne vois pas comment il est matériellement possible de "profiter" vraiment de cette période tant attendue qu'est l'été loin de Paris quand on a deux jeunes descendants sur les bras.
J'aime autant vous dire qu'à ce stade de nos vacances, la guitare peut s'estimer heureuse si je lui ai gratouillé le ventre au moins dix minutes en temps cumulé. La "pile à lire" avance à pas de fourmi, sauf sur les dernières pages des polars, qui, eux, ont raison de mes bonnes résolutions "me coucher plus tôt". Et à table, tout ce qui comporte minimum une rondelle de courgette (même très fine) est requalifié d'"excellent-pour-la-santé-allez-mange-ça-fait-grandir", et tant pis si le reste de l'assiette sort direct des barquettes sous vide du frigo.

Quant aux balades, visites et autres virées bucoliques, si la volonté est là, elle est bien vite rattrapée par tout le tintouin à mettre en place quand on se coltine des enfants encore en bas âge. C'est à dire qu'entre le moment où on décide de se pointer quelque part et le moment où on peut EFFECTIVEMENT mettre les voiles, il s'est écoulé environ 1h30 :
"Alors, faut prendre de l'eau en bouteille pour la grande, et en biberon pour la petite, on prévoit un goûter aussi, où sont les pom'potes ?, je lui prends une dose de lait au cas où ? oui, chérie, on prend les gâteaux, arrête de crier, alors t'as trouvé sur le GPS ? bon, où j'ai collé le sac des balades ? ah faut aussi prendre la crème solaire ! ou plutôt attends, on va les tartiner tout de suite, ce sera fait, les enfants, venez ici, on met la crème, non chérie, on n'emporte pas le cahier de coloriage, et les chapeaux, ils sont où ? ok, bon, faut que je retrouve mes lunettes de so... ah, on prend des gilets-au-cas-où, si si, on prend, on sait jamais, putain mon sac est pas assez grand, alors le GPS c'est bon ?, NON, pas le cahier de coloriage j'ai dit, cherche plutôt ton doudou si tu veux partir avec, toi, et... merde, elle a fait pipi, faut changer la couche, ah d'ailleurs, bichette, vient faire pipi toi aussi avant qu'on parte, ok, c'est bon ? j'ai tout ? le GPS dit quoi ? 40 minutes de route ???? Bah on va arriver trop tard, laisse tomber..."

Sans déconner, est-ce qu'il existe quelque chose de MOINS reposant que d'organiser une virée à la plage avec des mioches de moins de cinq ans ? Est-ce que c'est une punition pour toutes ces heures passées tranquille à lézarder au soleil que d'avoir à essayer de tartiner de crème solaire collante des gamins qui n'ont de cesse que de mettre leurs mains, leurs pieds et leur... reste en plein dans le sable ? Est-ce que quelqu'un, là-haut, nous teste lorsque la progéniture adorée traverse toute la plage bondée jusqu'à nous en braillant "maaaamannnnn, cacaaaaa, vite !" ? Est-ce qu'il est plus tolérable de se faire vomir de la compote dessus trois fois de suite quand on est en maillot de bain plutôt qu'habillée ? Est-ce que nous subissons à notre insu un test de Q.I. et de mémoire quand il faut penser à prendre râteaux, pelles, seaux, douze moules à pâtés de sable, bouées, brassards, épuisettes, chaussons anti-cailloux-bobo-aux-pieds, bobs et casquettes, parasol, ponchos de séchage et maillot de bain Reine des Neiges quand il s'agit d'aller batifoler deux heures sur la plage ? Je pose juste la question...

Pfffffffouuuuuu, mais qu'est-ce que c'est que ce stress inutile qu'on se trimballe MEME en vacances ? A quel moment c'est devenu si compliqué d'organiser ne serait-ce qu'une simple balade en famille ? (Ne me répondez pas, je sais TRES précisemment à quel moment, merci).

J'avoue qu'il m'arrive parfois de repenser avec nostalgie à ces étés passés, où le seul rythme qui comptait était celui de mes envies. Où je pouvais ingurgiter trois livres par semaine sans avoir de comptes à rendre, et où le terme "déconnexion" avait un tout autre sens. Où seul mon estomac décidait de l'heure des repas (et de leur nombre), et où on pouvait décoller pour la plage en cinq minutes montre en main. C'était il y a cinq ans, y a un siècle, y a une éternité.

Notez quand même que je parle de nostalgie, et non de regrets. Je ne suis pas une mère indigne au point de préférer passer mes vacances en solo ou en couple, à coller les gosses au Club Mickey et/ou aux grands-parents et/ou à la nounou et/ou à-n'importe-qui-voulant-bien-s'en-occuper-ne-serait-ce-que-quinze-minutes. Mais il me reste encore dix jours de vacances à tenir... et il est bien possible que mon avis change d'ici là.

(Ce billet est sponsorisé par l'Amicale des Parenthèses, manifestement).

Posté par Katia_ à 20:50 - Mum-to-be / To be Mum - Commentaires [21]

Commentaires sur Souviens-toi, l'été d'il y a cinq ans

    Ah je te rassure, ça devient de plus en plus simple quand ils grandissent. Mais petit conseil pour éviter toute frustration (je Suis passée par là): pour tes vacances de l'année prochaine, ne mets pas les visites sur ta to do list :) pendant quelques années, ça ne Sert à rien. Une Maison avec piscine et toute la famille est ravie. La déconnexion est là, vivre à leur rythme. Une fois qu'il n'y a plus de siestes, le planning est plus simple aussi.

    Posté par Charlotte, 17 août 2016 à 21:25 | | Répondre
    • Oui, pour les visites, j'ai vite pigé : ca sert à rien !
      Je suis encore partagée sur la piscine, parce qu'avec des tout petits, il faut être super vigilent aussi, et c'est pas toujours reposant.
      Vivement qu'elles grandissent (mais pas trop vite) (oui, je ne sais pas ce que je veux, en fait...)

      Posté par Katia_, 22 août 2016 à 09:50 | | Répondre
  • Le grand modèle : 4 ans et demi, le petit modèle : 21 mois - 3 semaines de "vacances" qui n'ont plus le droit de s'appeler comme ca désormais.
    Je compatis et me reconnais dans ton récit, je me sens moins seule merci !

    Posté par Charline, 17 août 2016 à 21:32 | | Répondre
    • Voilà ! On devrait inventer un nouveau mot pour les congés avec des enfants en bas âge, à mi-chemin entre "vacances" et "bagne". (je plaisante...) (mais quand même...)

      Posté par Katia_, 22 août 2016 à 09:50 | | Répondre
  • C'est une habitude en fait. Plus tu bouges avec eux, plus tu en as l'habitude, moins tu emmènes de trucs (ou plus à force de les oublier ils apprennent à s'en passer et toi aussi).
    Dès qu'on rentre de quelque part je ré prépare le sac pour la prochaine sortie.
    Après c'est vrai aussi qu'il faut accepter leur rythme et ce qui les intéresse et que plus ils grandissent et plus ça devient facile. Si si.
    Dans les moments où je trouve ça épuisant je regarde autour de moi les familles avec des enfants un peu plus âgés. Et mon sourire revient tout de suite. Parce qu'on a fait le plus galère déjà finalement si on y pense et que dans deux grandes vacances maxi ça sera cool. Oui parfaitement, je compte les grandes vacances comme les dodos :)

    Posté par Joelle, 17 août 2016 à 23:05 | | Répondre
    • C'est vrai, je n'arrête pas de me dire qu'on est dans la pire période (on se comprend...) et que les choses vont aller de mieux en mieux question facilités. En attendant, je crois que perso, avec les âges respectifs des louloutes, je suis dans ma pire année grandes vacances, là !

      Posté par Katia_, 22 août 2016 à 09:52 | | Répondre
  • Bon je peux pas dire car j'ai que la grande version mais j'ai déjà une solution : la Brume sèche. Rien à étaler. Que du bonheur. Certes c'est un budget vu que tu vides le flacon à chaque usage (j'exagère) mais ça vaut le coup.

    Sinon le club enfants c'est toujours le choix pour la dernière semaine

    Posté par Fanny, 18 août 2016 à 00:37 | | Répondre
    • Tentée par la brume sèche, mais toujours eu un doute sur l'efficacité sur la durée (genre l'impression qu'on en met jamais assez, ou justement trop, et ça colle pareil)
      Le Club Enfant, j'ai rien contre si c'est pas full time sur toutes les vacances. Encore que... je me dis que dans quelques années, elles préfèreront aller faire les dindes sur les trampolines avec les copains plutôt que rester à côté de leurs vieilles croûtes de parents...

      Posté par Katia_, 22 août 2016 à 09:54 | | Répondre
  • J'adore :-), ça me rappelle des souvenirs. T'inquiète dans 2 ans ce sera nettement plus simple. on a commencé nos voyages en Europe quand la dernière avait 2 ans et demi (oui ça compte le demi) et c'est plus cool. Et puis, plus tu bouge avec eux plus ils s'adaptent. Courage et bises

    Posté par Roxinette, 18 août 2016 à 10:00 | | Répondre
    • Ok, alors je prends rdv dans deux ans pour voir si tu as menti ou non ;)

      Posté par Katia_, 22 août 2016 à 09:57 | | Répondre
  • Je ne peux que souscrire et compatir ! Mais pour te mettre un peu de baume au coeur, dis toi que tout va devenir de plus en plus facile, et aussi, en "pratiquant", tu vas alléger le bazar qu'on croit indispensable de trimballer dès qu'on met un pied hors de chez soi ! Bonne fin de vacances, en tout cas.

    Posté par MuchiMuchi, 19 août 2016 à 09:17 | | Répondre
    • Alléger, oui, certes... mais s'il faut choisir entre une couche de rechange (éviter les odeurs) et un goûter/biberon (éviter les cris de faim), bah.................., j'ai du mal à trancher :)

      Posté par Katia_, 22 août 2016 à 10:01 | | Répondre
  • Courage Katia, courage! La mienne a 18 mois et je trouve que ça devient de plus en plus difficile, elle court partout, on ne comprend pas ce qu'elle dit, du coup elle hurle et elle pleure. Je me raccroche à cette lueur d'espoir entrevue dans les commentaires ci-dessus: plus ils grandissent, plus ça devient facile. Répète après moi:-)

    Posté par Béné, 19 août 2016 à 11:42 | | Répondre
    • Ah oui, hein, 18 mois, c'est bien relou ET super mignon en même temps. Ca me fait penser que le pire n'est pas encore derrière moi...... ;)

      Posté par Katia_, 22 août 2016 à 10:02 | | Répondre
  • Un jour viendra où tu auras tout oublié... et tu regretteras d'avoir pu oublier tout ça. Et où tu seras ravie à l'idée de remettre le couvert avec les petits enfants ! (si si je t'assure). Je te l'affirme : profite ! même du vomi et des couches sales : ça passe trop vite ! Et bon courage quand même, ça ne fait pas de mal ;-)

    Posté par Acanthe, 24 août 2016 à 17:36 | | Répondre
    • Heu... profiter du vomi et du caca, bof. Quand je vois ma mère gérer mes filles, je peux t'assurer qu'elle ne saute toujours pas de joie à l'idée de REchanger des couches ou de REnettoyer des fringues tâchées de vomi.
      En revanche, le reste, ok... j'en profite tant qu'elles sont petites. T'as raison, ça passe très vite.

      Posté par Katia_, 08 septembre 2016 à 11:47 | | Répondre
  • ma 1ère expérience de plage : j'emmène ma fille 5 ans et mon fils 2 ans au bord de la mer ; dès que l'eau leur grignote le bout des pieds, ils hurlent que c'est froid ; je les ramène à leur père et vais tranquillement nager pendant une heure ; trois ans et un autre enfant plus tard on ne pouvait plus sortir personne de l'eau !

    Posté par Marie-Christine, 26 août 2016 à 10:39 | | Répondre
    • Oui, forcément... je sais que le plus dur, c'est maintenant, encore 1 ou 2 ans et se sera une autre paire de manches :) (mais bon, en attendant, on a qu'à PAS appeler des vacances, alors...)

      Posté par Katia_, 08 septembre 2016 à 11:48 | | Répondre
  • Ah bah moi si, j'ai tranché!:D Au final sur 3 semaines y'en aura une sans eux. Vive les grands parents ( et j'aurai jamais cru aimer mes beaux parents à ce point...!). Parce que 1 semaine sans enfants de 7 et 22 mois CA c'est des vacances et des vrais.;) Oui je suis une mère indigne et pour moi, le vrai plaisir des vacances en famille ce sera quand elles seront un petit peu plus grandes. Au moins tout le monde en profitera vraiment de ces vacances:) Et puis c'est tellement bien de se retrouver autrement qu'entres deux cris, deux couches sales et 3 bibs:)
    En tout cas chapeau, moi j'avais pas le courage!!

    Posté par Emmowpowflo, 07 septembre 2016 à 15:15 | | Répondre
    • Je peux comprendre... Mais comme les grands-parents les gèrent déjà sur toutes les autres périodes de vacances qu'on ne peut pas prendre, du coup, quand arrivent nos 3 semaines d'été, c'est mal vu et venu de les recoller à nouveau chez Papy et Grany, tu vois ? :)

      Posté par Katia_, 08 septembre 2016 à 11:49 | | Répondre
      • effectivement ... avoir des grands parents à cote c'est aussi une sacré chance. Bon ben vivement les colos alors!!!:p

        Posté par Emmowpowflo, 08 septembre 2016 à 13:55 | | Répondre
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