Gin Fizz

Bulles de vie...

La maîtresse en maillot de bain

26 septembre 2016

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Bon, alors, cette rentrée ? Déjà trois semaines que les bancs d'école ont repris du service, il est peut-être temps qu'on aborde le sujet, non ?

Cette année, chez nous, c'était double-peine-adaptation : Babygirl-première-du-nom est entrée à la maternelle, et sa petite soeur a fait sa rentrée en crèche, directement en section "moyens". Et le moins qu'on puisse dire, c'est que j'ai encore du mal à me remettre de tous ces allers-retours et chassés-croisés que j'ai dû faire entre les deux établissements, à toute heure de la journée, pour y aller en douceur et faciliter l'assimilation de la nouveauté à chacune de mes petites têtes blondes bientôt pleines de poux en plus.

Encore que, je ne devrais pas trop me plaindre. Pour l'école, ça a été relativement fastoche. Pas de pleurs, pas de cris, pas de "mamannnnnnnnnnn pars pas" déchirants, comme j'ai pu l'observer chez d'autres énergumènes de la classe de ma fille. Limite un peu TROP facile, voyez ? Non pas que j'aurais aimé la voir se rouler par terre en pleurant pour me retenir près d'elle, mais bon, juste me montrer qu'elle est contente que je sois là avec elle pour cette nouvelle étape. Juste un peu ? Rien qu'un peu ? "C'est bon, tu peux y aller, maman !". Ah ? Bon, ok... #ramassetesdents

Madame est donc plutôt ravie de son nouveau statut d'écolière, a plein de copains-copines dont on a grand peine à connaître les prénoms, "la cantine c'est super bon" (oui, à mon avis, c'est surtout que personne ne l'y force à manger ses haricots verts, vu comme elle a la dalle tous les soirs), et chaque tenue du jour revient immanquablement gris craspouille au niveau des genoux et du popotin, signe que la récré doit être active et délurée.

De mon côté, je suis aussi en phase découverte et apprentissage de tout ce nouveau petit monde scolaire. Je lorgne sur les parents des copinous d'école pour voir qui a l'air sympa et qui j'ai pas envie d'inviter au prochain goûter d'anniversaire, et je distille subtilement des commentaires à Babygirl pour orienter ses amitiés : elle a l'air gentille, la petite fille, tu devrais jouer à la dinette avec elle... oh, regarde, elle a le même t-shirt que toi, oh dis donc, c'est un bon signe, ça... (Bon, en vrai, non, je ne la force à rien dans ses copinages, je me contente juste de croiser les doigts très fort).

J'essaye également de me mettre la maîtresse dans la poche sans en faire des caisses de lourdeur. Même quand elle nous a annoncé tout sourire qu'elle allait être absente lundi 12 septembre (le septième jour scolaire de l'année, donc, hein, n'est-ce pas. SEPTIEME), j'ai conservé mon sang-froid, mon visage d'ange et ma compassion affichés avec ardeur. Je n'ai aucun mérite, ce sont mes cours de théâtre qui ont tout fait. Parce que bon, SEPTIEME, quoi, merde !

En revanche, j'aimerais assez qu'on me présente les personnes qui ont (sans doute durement) planché sur les nouveaux rythmes scolaires. Et qu'on me dise aussi ce qu'elles avaient picolé avant de nous pondre cette abérration taille maxi best of. Sans déconner... pas un seul jour identique à un autre, selon qu'on a cantine, atelier, goûter ou étude. J'ai déjà moi-même un mal de chien à m'y retrouver, donc j'imagine assez bien à quel point ça doit être sympa pour un môme de trois ans.

Enfin, je suis repartie le coeur lourd de la réunion de rentrée, où les mesures anti-attentats nous ont été exposées. Ainsi, un soir prochain, ma fille reviendra hilare de l'école en m'expliquant qu'ils ont joué au méchant loup avec la directrice, qu'ils devaient se cacher et ne plus faire un seul bruit, et que c'était trop drôle. Et je devrai décoder qu'ils ont donc répété, sous forme de jeu, l'un des exercices obligatoires pour être prêts en cas d'intrusion forcée ou de plan de confinement. Ou comment l'innocence des dessins naïfs et colorés affichés dans les couloirs s'est téléscopée froidement avec nos bons vieux principes de réalité et de précaution.

Du côté de la crèche, ça a été une autre paire de manches. Essayez donc de coller au beau milieu de douze gamins braillards une petite fille de dix mois qui n'a quasi jamais quitté sa mère jusqu'ici et qui est en pleine période "peur de l'abandon", et puis revenez me voir pour me dire comment ça s'est passé. Je vous le donne en mille : mal.
Ma croquette m'a fendu le coeur chaque matin de ses pleurs et de ses bras tendus. (Je pense qu'elle a voulu ainsi rééquilibrer les choses avec sa soeur ingrate, pour me rassurer sur mon importance). Et même en y allant progressivement, je l'ai souvent récupérée les yeux bouffis d'avoir trop pleuré et mal dormi loin de moi. Je l'ai payé très cher : nuits agitées, caprices, perte d'appétit... Mais les choses rentrent peu à peu dans l'ordre, et si j'ai toujours le coeur serré de la laisser chouiner derrière moi le matin, je sais qu'elle s'amuse, découvre, observe et apprend beaucoup, avant de se jeter à nouveau sur moi le soir venu, quand je viens la chercher.

Désormais, on tient le bon bout. Notre rythme de croisière est à peu près calé, alors on garde le cap et on avance, contre vents et marées. Le plus drôle, c'est que je vois déjà se profiler, à l'horizon des trois semaines à venir, les premières vacances de l'année scolaire. Oui, quinze jours pour se reposer, et surtout pour bien perdre ces petites habitudes et ces rythmes qu'on commençait tout juste à maîtriser. Allez, vogue la galère rentrée !


Commentaires sur La maîtresse en maillot de bain

    J'ai longtemps pensé que l'éducation nationale se vengeait sur les parents ; de quoi ? je ne sais pas. Bon courage à tous les quatre

    Posté par Marie-Christine, 27 septembre 2016 à 13:44 | | Répondre
    • Ha ha, c'est une (bonne) façon de voir les choses :)

      Posté par Katia_, 05 octobre 2016 à 18:33 | | Répondre
  • et bon courage pour les absences, ce n'est que le début ! Le summum étant la maîtresse remplaçante qui part en stage et n'est pas remplacée...

    Posté par Marie-Christine, 27 septembre 2016 à 13:46 | | Répondre
    • Bien vu pour le 'c'est que le début'. Octobre, et BIM, 2 nouveaux jours d'absence (mais elle a été remplacée)

      Posté par Katia_, 05 octobre 2016 à 18:34 | | Répondre
  • Ah, la rentrée ! Que de souvenirs ! Les matins au galop, pour tout boucler et être à l'heure... Dans quelques années, tu auras en plus la joie des listes de fournitures et de la cavalcade dans les magasins. Heureusement qu'il y a maintenant les listes pré-préparées, un peu de stress en moins.

    Posté par Pocahontas, 27 septembre 2016 à 15:35 | | Répondre
    • Les matins au galop, mais aussi les soirs ! Oh les fournitures, ça me plaira au début quand même, petit souvenir de mes achats de rentrée quand j'étais collégienne. J'aimais bien ça !
      (on en reparle dans quelques années, je sais...)

      Posté par Katia_, 05 octobre 2016 à 18:35 | | Répondre
  • Coucou, bon courage pour le nouveau rythme ! Ici, en maternelle, pas d'exercice de confinement, ils ont décidé que les enfants étaient trop petits, même pour "jouer", que c'était trop anxiogène et que c'était donc les adultes qui allaient être formés pour savoir comment réagir, je trouve ça plus sensé. Sinon, je me souviens parfaitement de la galère pour gérer et organiser les premières vacances scolaires quand on a l'habitude de la crèche :)

    Posté par La fée Lili, 27 septembre 2016 à 20:58 | | Répondre
    • Oui, je suis perplexe aussi sur la véritable portée de cet exercice, mais bon... Et pour parler vacances scolaires, marrant, on est en plein dedans car on doit savoir dès maintenant si notre enfant ira au centre de loisirs ou pas dans 3 semaines. Y'a vraiment plus de place pour l'improvisation... ou les imprévus de dernière minute !

      Posté par Katia_, 05 octobre 2016 à 18:36 | | Répondre
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