Gin Fizz

Bulles de vie...

02 mars 2009

Surprise (mal) party *

* Oui. Je ne me foule pas trop, sur les titres, dernièrement. J'ai trouvé un filon, je l'exploite jusqu'au bout. Hop.

surprise_2Je connais personnellement un paquet de gens qui disent adorer les surprises et qui prennent un air absolument horrifié quand j’ose leur avouer que moi, ouais, bof, pas trop. Comme si détester l’imprévu, au-delà d’une certaine limite, étant un signe incontestable de manque d’ouverture sur le monde et sur les autres.
Ben je suis navrée les gars, mais je campe fermement sur mes positions. Moi, j’aime pas :

*
Sursauter parce que mon interphone sonne alors que je n’attends personne. Neuf fois sur dix, vous pouvez être sûr que c’est signe d’emmerdes. (Et la dixième, c’était juste le facteur, et je m’enquiquinerai la vie à aller poireauter à la poste pour récupérer mon colis, mais tant pis).
Je ne suis décidément pas de celles chez qui on peut débouler à l’improviste "pour prendre un café parce que j’étais dans le coin". Moi, quand je reçois du monde, j’ai besoin de prévoir, de ranger un minimum, de planquer les sous-vêtements et les chaussettes qui traînent par terre, et de m’assurer que je suis à peu près regardable, au moins de loin (c'est-à-dire, que je n’ai pas sur la tronche un affreux masque à l’argile vert foncé, ou des bigoudis roses dans les cheveux) (c’est une image, tout le monde sait bien que les bigoudis n’existent plus depuis les années 80) (du moins, j'espère).

*
Recevoir un coup de fil « numéro masqué ». Depuis qu’on a inventé la présentation du numéro, certains ont un besoin étrange de préserver leur anonymat en appelant systématiquement en numéro non identifiable. Comprends pas. Mais je préviens devant témoins : tant qu’ils ne me donneront pas une raison valable, ces gens-là continueront à tomber systématiquement sur mon répondeur. Je sens bien qu’on n’a pas fini de s’amuser…

*
Aller dîner chez des gens qui ne connaissent pas bien mes goûts. Faut dire que je suis assez chiante, niveau habitudes alimentaires. Le fromage et moi, par exemple, on n’est pas vraiment potes. Mais allez comprendre pourquoi, sous couvert d’une pseudo réputation de Français fiers de leur patrimoine gastronomique, on nous en colle à tous les étages, depuis l’apéro jusque parfois au dessert (cheesecake) et tout ça sans me demander mon avis. Du coup, j’ai toujours l’angoisse de découvrir qu’au menu du soir se cache une tarte fine chèvre-tomate (aaaaah), une salade concombres fêta (burps) ou, horreur intégrale, … une tartiflette (yeaaaaarrrrk). (En revanche, bizarrement, la raclette, j’aime bien. Oui, je sais. « Chiante », cherchez pas plus loin). J'ai quand même trouvé la parade : quand j’ai zéro visibilité sur le repas à venir, je prévois une tenue avec des grandes poches. Ou je m’assure qu’il y a un chien dans la maison. Qui aime le fromage, lui.

*
Partir en week-end ou en vacances à l’improviste. "Chérie, fais ta valise, l’avion décolle dans 3 heures". Alors ça, j’y crois zéro. En théorie, oui, c’est super. Ca fait « rock’n roll, on vit à 100 à l’heure et on emmerde le monde ». En vrai, c’est bidon. Y’a que dans les films que les héroïnes peuvent se permettrent sur un coup de tête de passer un coup de fil à leur patron pour dire que "finalement, je ne serai pas là trois jours complets à partir de, ... ben de demain, tiens. Et pour la méga réunion sur le dossier RelouSaRace, vous vous débrouillerez sans moi, hein, allez salut".
Dans la vraie vie, y’a des enfants ou un chat à faire garder, on avait déjà fait les courses pour le dîner de ce soir, y’a maman qui vient passer dimanche à la maison, et puis je suis pas épilée, et puis mon maillot de bain est à la cave avec les affaires d’été, et puis en plus c’est le week-end où y’a les Césars ET les victoires de la Musique, et puis non vraiment, je suis bien claquée, là… Alors ta surprise, c’est super mignon, mais on peut la refaire dans un mois, et prévue, cette fois ?

Bon. Evidemment, certaines exceptions demeurent. Evidemment, un bouquet de fleurs sans raison évidente (comprendre, sans que ce soit mon anniversaire, la saint-valentin, ou un truc à se faire pardonner) fait toujours super plaisir. Evidemment, entendre "réserve ta soirée, je ne t’en dis pas plus" ou "tu fais quoi samedi ? ben maintenant tu vas au théâtre avec moi" sont des mots qui vont très bien ensemble, comme dans la chanson. Evidemment, garder un soupçon de secret, une pincée de mystère, une touche d’inattendu, rend la vie un poil plus pétillante. Mais ça, j’imagine que ce n’est plus une surprise pour personne.

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23 février 2009

Service (mal) compris

pourboireJ’ai beau être une fille bien sous tous rapports (y’en a un seul qui moufte à ce sujet, ça va très mal se passer), il y a vraiment un domaine où je me trouve godiche au possible : toutes ces histoires de pourboires me fatiguent au plus haut point. J’en laisse un ? J’en laisse pas ? Et si oui, combien ? Et comment le faire de façon ni ostentatoire (genre "tenez, pour vous, petit personnel") ni trop discrète (genre raflé en douce par les voisins d’à côté pour payer leur propre conso). Non, franchement, ce truc-là, c’est une affaire à me rendre chèvre.

Oui, je sais. Vous allez me dire "c’est simple : tu donnes quand t’es contente, et tu donnes pas quand t’es pas contente". Ah super, merci. C’est vrai que je pourrais arrêter ce billet ici, du coup. Et aller regarder une série ou deux sur mon ordi au lieu de m’enquiquiner la vie à écrire des trucs sur ce blog. C’est vrai. Mais c’est mal me connaître.

Perso, en matière de pourboire, j’ai une échelle de valeur assez relative, totalement basée sur le feeling-power. Par exemple, je donne uniquement au chauffeur de taxi qui ne m’a pas pris la tête tout le trajet à me faire son 36 15 my life ou à me demander sur un ton niais si « alors on est sortie, ce soir ? » (non non, la robe de soirée et le maquillage de pouffiasse, c’est juste pour aller louer un dvd). Parce que moi, j’aime bien être peinarde dans un taxi, regarder la rue défiler en repensant à ma soirée, ou envoyer un sms de débrief à Meilleure Amie.
En revanche, si faut faire la moitié du boulot à la place du mec, lui indiquer le trajet par le menu (alors que même le GPS le lui dit, de ‘tourner à droite’) ou lui conter fleurette pour lui faire passer le temps, merci bien, mais moi, je prends le bus, c’est moins cher. A ce rythme-là, faudra bientôt passer soi-même en cuisine au resto pour se faire cuire son propre steak bleu ou à point.

Dans les salons de coiffure, en revanche, c’est une autre paire de manches. Et mon ‘feeling-power’, je m’assois dessus, direct. Parce que là, bêtement, je me sens obligée de donner un petit quelque chose à la pauvre fille qui vient de batailler deux heures quarante avec mes cheveux pour leur donner un doux reflet blond californien (même si j’ai juste envie de pleurer en voyant le résultat merdique), ou bien à celle qui s’est acharnée des plombes le séchoir à la main (et la goutte au front) pour me faire le brushing de Jenifer Aniston (elle a eu chaud – très chaud – je peux le sentir d’ici. Et il n’est que 12h45, dommage pour les clients suivants). Je suis d’un con, des fois, je le sais bien. Je sais aussi que je ne remettrai jamais les pieds dans ce salon de coiffure, mais ça…

Je suis d’un con, certes. Mais j’ai observé un peu les gens qui m’entourent, et en matière de pourboires, on ne peut pas dire que je puisse compter sur eux pour me servir d’exemple à suivre. Si vous voulez mon avis, eux aussi sont complètement paumés sur le sujet.
Dans le genre cigale, j’ai une amie qui peut laisser 2 euros de pourboire juste pour un café commandé, qui a coûté lui 1,30 euros. Elle fait ensuite des yeux tout éberlués quand son banquier lui apprend qu’elle est dans le rouge dès le 12 du mois. Rafraîchissant, comme attitude.

D’autres, en revanche, ne laissent jamais le moindre centime, contents ou pas contents, parce que « c’est déjà suffisamment cher comme ça », « il/elle a déjà un salaire, non ? », « est-ce que moi je demande un pourliche quand je fais les photocopies ? Bon. ». Ah ouais, d’accord. Mais dans ce cas, faudra pas venir s’étonner ensuite si les serveurs mettent des plombes à servir un Orangina et si les coiffeurs qui loupent les balayages blonds californiens s’en tamponnent comme de leur première dent de lait. Puisque de toute façon, au final, ce sera kif-kif pour leur poche. (Ah, oui, évidemment, on pourrait parler du seul sens du travail bien fait par fierté, mais là, tout de suite, j’ai pas trop envie, en fait).

Je sais, j’ai des problèmes vraiment existentiels. Et encore, je ne voudrais pas me faire plaindre, mais je vous laisse imaginer ce qui arrive quand je cumule dans la même journée visite chez le coiffeur, virée au bar, resto entre potes ET rentrage en taxi. Ca s’agite tellement dans mes petits neurones que ça frôle la rupture d’anévrisme direct. Dur, quoi.
Allo Docteur Derek ? J'ai vraiment très mal à la tête, vous pouvez m'auscultez ? (Et puis après, on ira boire un verre.)

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09 décembre 2008

Taupe model

taupe_2Toutes ces filles qui s’amusent à porter des lunettes uniquement par coquetterie ou comme simple accessoire de mode m’ont toujours fait halluciner. J’ai un mal fou à comprendre qu’on puisse se coller des binocles sur le visage par envie et pas par besoin. En même temps, si je vous avouais que je suis miro depuis mon plus jeune âge, et que je complexe à mooooort sur mes lunettes de vue depuis près de quinze ans, peut-être que vous comprendriez mieux mon point de vue.

C’est pas compliqué, je suis myope comme pas permis. A côté de moi, on peut dire qu’une taupe a les yeux bioniques de Super Jamie, tellement j’y vois que dalle sans lentilles ou lunettes. A l’époque des soirées pyjamas, c’était d’ailleurs le jeu favori de mes copines, de me demander combien de doigts elles me montraient de loin, et de m’entendre invariablement répondre à côté de la plaque. Ca les faisait toujours beaucoup rire. Moi, moins, bizarrement.

Les lentilles de contact m’ont sauvé la vie pendant une quinzaine d’années, masquant aux yeux de tous mon plus gros complexe. Non sans mal, quand même. Evidemment, il fallait me trimballer mon petit flacon de sérum physiologique en permanence sur moi. Evidemment, je ne pouvais pas ouvrir les yeux sous l’eau quand on chahutait à la plage. Evidemment, la plus petite poussière dans l’œil était intenable, et je redoutais l’allergie ou la conjonctivite qui m’aurait obligée d’un coup à devoir reporter mes affreuses lunettes de myope qui me défiguraient tant. Evidemment, à la moindre rencontre amoureuse, il fallait jongler du lever au coucher avec la salle de bain pour qu’ « il » ne me voie surtout pas affublée de cette horrible chose répugnante. (Ah ça oui, quand j’ai un complexe, j’y vais pas de main morte avec).

J’ai joué le jeu comme ça pendant quinze ans. Et puis un matin, mes yeux ont dit stop. Conjonctivites et irritations à répétition, sécheresse oculaire à s’en frapper la tête contre les murs de douleur, et impossibilité de reporter des lentilles. J’étais condamnée. Aux lunettes, je veux dire.

Retour de boomerang. Hop : les complexes sagement enfouis là, en bas, bien au fond de moi, ont refait surface d’un coup. Et avec plus de violence que je ne l’aurais cru. On pourrait croire qu’à trente ans, les crises de l’adolescence sont loin, que la confiance acquise est plus solide et plus forte qu’autrefois, et que le fait - plutôt basique - d’être myope et de devoir porter des lunettes pour y voir clair ne viendra pas tout chambouler pour autant. Mais en fait, si. Pour moi, en tout cas, ça a été le cas.

Un vrai bon gros bordel dans ma tête, mélange de crises de doute et de tentatives d’acceptation. Jusqu’au jour où mon ophalmo m’a donné le feu vert, et que … j’ai sauté le pas pour l’opération chirurgicale. Yihhhaaaaaa. C’était vendredi dernier. C’était un grand moment de rock’n roll, et je vous raconte tout ça très rapidos dans un billet moins orienté « confessions intimes sur divan de psy ». (Parce que oui, c’est rare ici, mais parfois, ça fait du bien d’écrire sans faire le clown).

PS : Ce billet n’a absolument pas pour but de débattre si oui ou non, les lunettes c’est moche. Qu’on soit bien ok : je trouve très souvent ça ravissant sur d’autres personnes, mais je ne me suis personnellement jamais acceptée avec, pour des raisons qui vont sans doute très au-delà de ce que j’ai bien voulu écrire ici. Merci de ne pas m’envoyer la ligue des défenseurs des droits des myopes de France.

PPS : Article pas du tout sponsorisé par Optic 2000. Qu’on soit d’accord là-dessus, aussi. :)

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03 décembre 2008

Caprices, c'est fini ?

caprices_1On a coutume de dire que les filles sont capricieuses, et je ne vois pas trop pourquoi je devrais faire exception à la règle. Encore que. Bizarrement, je suis du genre à être capricieuse avec moi-même plus qu’avec n’importe qui d’autre. (Je sais, cette phrase est difficilement crédible, mais laissez-moi tenter de me justifier, quand même).

De temps en temps, je me tape des petites crises perso sur le mode « j’ai ABSOLUMENT besoin de ce truc là-maintenant-tout-de-suite c’est une question de vie ou de mort ». Que le truc en question soit aussi « vital » à ma survie qu’un n-ième sac à main ou qu’une ceinture aperçue dans le dernier magazine branchouille ne change strictement rien à l’affaire. Je me sais pathétique et over-consommatrice, mais je n’en démords pas : il me faut ce machin coûte que coûte.

Deux fois sur trois, étrangement, l’envie pressante passe aussi vite qu’elle m’est venue. Un shoot de chocolat (ou plus brutalement, un coup d’œil à mon relevé bancaire) suffisent à calmer mes pulsions et ma fièvre acheteuse. Après tout, en réfléchissant bien, des bottes couleur camel, j’en ai déjà trois paires, ça va peut-être aller comme ça ? (Et la penderie – cette sombre garce – n’est pas extensible).

Oooooooh, mais n’allez pas applaudir trop vite, non plus. Hé, ho. Sinon, je ne vous pondrais pas un billet sur le sujet, j’vous signale.

Parce que oui, figurez-vous que dans le fameux troisième cas sur trois, ça vire au carnaval complet. Persuadée que le salut de mon âme (moi ? en faire trop ? jamais !) ne passera que par l’acquisition du bidule qui m’obsède les neurones, je deviens alors une vraie furie capable de arpenter toutes les rues de Paris pour assouvir ma quête, visiter cinq ou six boutiques de la même chaîne dans la même journée ou passer des plombes pendue au téléphone à répéter douze fois de suite « oui, bonjour, je cherche une jupe qui s’appelle Nadja, en taille 38, en coloris gris fumé, est-ce que vous l’avez en stock s’il vous plait ? Merciiii, au revoir ».
Sérieusement, tout ce cirque, venant de la part d’une fille qui grimace à la simple évocation du mot « sport »  (aaaeeerrkkkk) ou qui fait la tronche rien qu’à l’idée de rappeler ses propres clients pour le boulot, ça pourrait en boucher un coin à plus d'un. M’enfin après tout, on ne pourra pas venir me dire ensuite que je ne suis pas - dans certains domaines spécifiques - une fille tenace et appliquée à la tâche. Oui, parfaitement.

Evidemment, inutile de vous dire qu’une fois mon gros caprice de gamine pourrie gâtée assouvi, un nouveau « besoin » viendra prendre sa place, et que le cercle vicieux et infernal reprendra de plus belle.
Franchement, je sais pas bien pourquoi j’ai perdu mon temps, là : pas la peine de gribouiller une thèse philosophique en trois parties détaillées, la réponse à la question du titre est "non". Point barre. Et j’irai même jusqu’à dire que mon pote Descartes s’est planté de peu. A mon avis, ce qu’il voulait dire, c’est « je compense, donc je suis ». C’était pourtant facile, mec.

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17 novembre 2008

Tri (un peu trop) sélectif

tri_1Tous les ans, c’est pareil. Ca me prend un jour, comme ça, sans prévenir, un peu comme une envie de faire pipi. Un matin, je contemple tout le bordel accumulé dans mon appartement durant les derniers mois, et le verdict tombe comme un couperet : faut vraiment que je fasse du tri. Le problème, c’est que j’ai une conception un peu particulière du tri, moi.

Généralement, quand on se lance dans cette aventure, on ne tergiverse pas trois plombes sur les trucs à trier. Soit on jette/donne/vend, soit on garde. Par exemple, les factures EDF et la télécommande de la télé, on garde (parait que ça peut servir). Le bouchon en liège sculpté offert par petit cousin à notre dernier grand repas familial, on jette (enfin c’est mon point de vue). Jusque là, facile.

Là où je finis toujours par me faire sacrément avoir, c’est quand vient le moment de trier des trucs improbables qui ne me sont pas vraiment nécessaires (je pense qu’on peut décemment avancer sans prendre trop de risques qu’une mini peluche rapportée de Nouvelle-Zélande n’est pas nécessaire), mais que je ne peux pas me résoudre à jeter pour autant (elle m’a été offerte par un ex, je pratique du vaudou dessus).
Autant dire qu’à partir de là, je suis grave dans la merde, parce que je sais que je vais y passer le reste de ma journée, voire de mon week-end. (Note pour moi-même : la prochaine fois qu’une envie de « faire le tri » me prend, je pose d’abord trois jours de rtt).

Pensant être super maligne (c’est là que je me marre), j’instaure donc brillamment la troisième catégorie. Désormais, je jongle entre « à jeter », « à garder », et… « à voir ». Parce que, quand même, c’est pas évident de décider du sort d’une vieille tasse ébréchée et d’un vieux pull quasi troué aussi rapidement. Il y a bien là matière à intense réflexion. Enfin, je trouve.
Inutile de vous dire qu’à la fin de la journée, la pile de trucs « à voir » s’élève jusqu’au plafond, et que rien n’est vu du tout, puisqu’il faut tout reprendre à zéro. Sans commentaire.

Je reprends, donc. La boîte de cd vide mise de côté en me disant que je vais bien finir par retrouver le disque à ranger dedans, finalement, je jette. De toute façon, j’aime pas Zazie. Le vase hideux offert par Sylvie et Paul à mon dernier anniversaire, idéalement, je le collerais bien à la cave (pour pouvoir l’en ressortir et l’exhiber sur ma cheminée en cas de visite des amoureux), mais en fait… oh… oups… comme je suis maladroite… l’est tout cassé, maintenant. Et nous sommes d’accord, un vase qui fuit, ça ne sert à rien. Hop, poubelle.

Niveau fringues, c’est plus problématique. Mon pull doudou en cachemire tout mité, ça fait déjà huit ans qu’il est là, fidèle au poste. Inmettable sauf pour traîner, déformé, délavé sur les manches. Oui, ben le tye-and-dye est à la mode, non ? Dans ce cas, il peut rester encore un peu. En revanche, la jupe noire jamais portée à cause de sa coupe « originale » (mmmoui, on peut dire ça comme ça), ça m’embête de ne pas lui donner sa chance, quand même. J’essaye la chose (ce qui implique d’aller fouiller au fond du placard pour en sortir également collants et escarpins. Bilan : vingt minutes perdues), et je trouve qu’elle est un chouïa trop longue, en fait. Ah… ben voilà. Problème résolu : création d’une quatrième catégorie « à faire retoucher ». Je pense que dans un an, la jupe et les autres trucs fourrés avec n’auront pas bougé de dessous le lit, mais en attendant, pfffiouuuu, j’avance super vite dans mon tri.

Jusqu’à ce que je tombe sur la boîte de vieilles photos et vieilles lettres d’amour. A ce moment précis, compte tenu du foutoir taille XXL qui règne dans tout l’appart, un être normalement constitué se dirait que c’est globalement le genre de truc qu’on garde, mais qu’on ira verser sa petite larmichette de nostalgie en se replongeant dedans une autre fois (genre une fois où on n’aura pas l’équivalent de trois bennes à ordures en vrac dans le salon). Moi, non. Moi, je me mets sur « pause », je pousse du pied les quarante-huit fringues étalées sur le lit, et je m’installe confortablement pour revoir les trombines des copains du collège ou relire les déclarations enflammées de Thibault, 3èmeB.
Quand j’ai enfin fini de remuer le passé, il est 22h bien tassées, et j’ai zéro envie de me remettre à mon tri qui tue. En même temps, je n’ai pas trop le choix si je veux retrouver parmi les diverses piles le chemin de la cuisine pour aller manger un morceau.

Heureusement, parmi toutes les choses à jeter ou non, il y a pas mal de trucs sur lesquelles je ne transige même pas. Les légumes légèrement ramollis dans le bas du frigo, c’est poubelle d’office par exemple. Pas d’états d’âme. Et ça n’a rien à voir avec le fait que je les achète juste pour me donner bonne conscience, en sachant pertinemment que je ne prendrai jamais le temps de les éplucher. Pareil pour le pain légèrement rassis, qui file direct à destination de « à jeter » sans passer par la case départ ni toucher les 20 000 francs. Mon grand-père m’aurait dit « on voit que t’as pas fait la guerre, toi » (toujours à se vanter, celui-là), mais si on trouve à critiquer même quand j’essaye de gagner du temps dans ma corvée de tri, je vous le dis tout net, je jette l’éponge, aussi. Vous vous débrouillerez sans pour ramasser les miettes. Et toc.

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06 novembre 2008

Manies à tout prix

hamster_2Si je les écoutais, certaines personnes de mon entourage se prétendant des « amis » (mais en fait, que dalle) arriveraient presque à me faire croire que je suis cinglée et légèrement dérangée, comme nénette. Et tout ça parce que quoi ? Parce que j’ai osé leur avouer que :

Je ne supporte pas de dormir dans un lit dont la housse de couette n’est pas bien rangée dans les coins. Bah oui, désolée, mais moi, j’ai besoin de sentir que tout est bien en ordre au dessus de moi, tout comme j’aime que la couette soit bordée, au moins au pied du lit. Ca évite les courants d’air et les monstres sur les petons. (Oui, j’ai huit ans) (mais c’est bien de savoir rester jeune dans sa tête) (parfois).

Je n’aime pas les premières gorgées d’une nouvelle bouteille de Coca. Ca bulle trop et ça me picotte les yeux. A l’inverse, les dernières gouttes, quand c’est tout fade, tout raplapla et sans pétillant, j’adooooore !

Que ce soit dans un supermarché, une librairie, chez Zara ou au kiosque à journaux, je ne prends jamais le premier article qui se présente devant moi. Je vais toujours aller fouiller sous la pile ou au fond du rayon pour en prendre un intact. Intact de quoi, on ne sait pas. Mais intact. Point.

En parlant de magazine, je déteste qu’on lise un magazine que j’ai acheté avant moi, ou bien qu’on m’en fasse la lecture à haute voix. Appendre que Georges Clooney se tape Amel Bent (c’est un exemple, ne paniquez pas), ou que les collants rose fluo reviennent à la mode, c’est quand même une information qui mérite d’être lue par soi-même. Je trouve.

Je peux tout à fait emprunter la fourchette de quelqu’un d’autre sans l’avoir désinfectée avant. En revanche, une cuillère qui a déjà servi, ça me fout des haut-le-cœur. Call me « chocotte », ça m’est égal. J’assume.

Quand j’allume mon ordinateur, je respecte un rituel super précis dans l’ordre des choses à ouvrir : d’abord la messagerie boulot, puis la messagerie perso, puis la messagerie blog, puis le blog et ses commentaires, puis Netvibes, et enfin tout le reste. Si cet ordre n’est pas respecté, je suis super emmerdée pour "bosser" vu que je ne trouve pas mes fenêtres virtuelles là où elles devraient être. Et si l’une des applications vient à planter et à se fermer toute seule, c’est un drame interplanétaire. Au moins.

Si vous me filez un paquet de bonbons aux fruits, vous pouvez parier que tôt ou tard, il ne vous restera sur les bras que les bonbons à l’orange et au citron. Ceux-là, je ne les aime pas. Du coup, je bouffe vaillamment tous les autres, et une fois qu’il ne reste qu’eux, le paquet pourra rester des semaines entières sous mes yeux, il me m’intéressera plus. Oui, c’est une certaine forme de racisme, j’en conviens. Même pas peur.

Même en rentrant de soirée à 2h, 3h, 5h du matin… je me rue sur mes messageries internet et mon blog comme un poney affamé sur une carotte moisie. En revanche, pour ce qui est du démaquillage… heu… ahem. De là à dire tout de suite que je suis « droguée du net », non mais ho, permettez…

Je n’arrive pas à me brosser les dents sans rien faire d’autre en même temps. C’est nerveux, ça me stresse de rester plantée devant le lavabo le temps de soigner mes quenottes. Donc au choix, je tente vaguement de bavarder avec quelqu’un (oui, enfin… pour autant qu’on puisse articuler avec une brosse à dent et de la mousse plein la bouche), je règle mon réveil pour le lendemain, je range mes produits en bordel, voire même je le fais sous la douche, direct.

Bon, franchement… c’est pas si terrible, tout ça ? Ca ne fait quand même pas de moi une psychopathe bonne à enfermer sous clé, non ? Et vous, c’est quoi vos petits travers inavoués ? (Allez, balancez la sauce, qu’on rigole un coup).

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06 octobre 2008

Une femme sous influence

influence_1Ca me fait franchement mal de vous avouer ça, parce que je me doute que pour bon nombre d’entre vous, je vais descendre de mon piédestal (si si, ne niez pas, je sais bien ce que je représente pour la majorité de mes lecteurs, j’ai mes sources), mais il y a des jours où je me dis que vraiment, j’ai zéro personnalité. Zé-ro. Sous mes pseudo-allures de grande fille qui se la raconte à mort, en fait, je suis super influençable. Et ça, c'est moche.

En matière de mode, surtout, c’est le pompon. Parce que oui, imaginez-vous bien quand même que c’est pas parce qu’on ne cause pas chiffons et talons à toutes les pages de ce blog que je me contrecarre de la façon dont je m’habille, hein. Soyons sérieux deux minutes, voulez-vous ? Bon.
Ben dans ce domaine, très clairement, je suis influencée en permanence, par tout et n’importe quoi. A commencer par tous ces foutus blogs de filles mode qui nous donnent des leçons de style généralement plus abordables que les Elle et compagnie, et qui ont l’art de déclencher chez moi des envies subites et des acquisitions de it-trucs indispensables à mon quotidien (alors que jusque là, je vivais très bien sans blouse à carreau et gilet en poil de lapin, permettez-moi de vous le dire). J’avais déjà la sortie de carte bleue facile avant tout ça, mais depuis que je lis ces blogs, mon banquier me fait la gueule dès le 10 du mois. Ah merci les filles, hein, vraiment. « Copines » mon œil, ouais.

Qu’on se rassure, je suis un mouton modeux, mais j’ai encore une pointe de libre-arbitre. J’avais ainsi soigneusement laissé de côté le sarouel présenté à toutes les sauces cet été, intimement convaincue que si c’est pour avoir l’air de porter une couche, merci bien mais non merci. Et je vais également passer mon tour en ce qui concerne le fameux pantalon « carrot », dont le nom suffit à me faire poiler. Sans déconner, j’aime déjà pas bouffer des légumes, c’est pas pour en remplir ma penderie non plus.
Dernièrement, je m’interroge grandement sur la sombre affaire du tregging, ce mélange de pantalon et de legging. Non mais… sérieusement ? On parle de mode ou de blague, là, en fait ? (Remarquez, je ne devrais peut-être pas trop la ramener. Il y a deux ans, je me fendais la poire quand on me parlait de jean slim, et devinez qui a raboulé dans mon armoire six mois plus tard ? Ouais, bon, ok…)

Dans les boutiques aussi, c’est la grande fiesta du slipos en ce qui concerne mon haut degré d’influençabilité. J’ai même parfois l’impression que je me trimballe dans le dos une pancarte bardée de néons clignotants clamant à l’attention des vendeuses « attention, pigeon en vue, sortez la grosse artillerie ». Elles ont tout compris. Elles savent qu’en me brossant dans le sens du poil, et en me donnant exactement les arguments que j’ai envie d’entendre, je plonge. Comme une bleue. Plouf.
« C’est un très beau cuir, un marron très dense, très profond » : Hop, embarqué, le sac.
« Il se porte un peu large et tombant sur les hanches. Et puis je n’ai pas la taille en dessous » : Zou, le pantalon passe en caisse.
« Ces bottes taillent un peu petit, donc essayez-les en 40, avec une petite semelle, éventuellement » : Bing, des nouvelles pompes pour ma collec’.
Et c’est comme ça que je me retrouve à avoir une penderie dégueulante de trucs que je ne porte jamais, achetés sous le coup de l’influence d’une saleté de vendeuse qui m’a bien bernée avec des arguments pourtant très cons. Merde, je devrais le savoir, à la fin, que je fais du 39 et point barre !

Bon, là encore, je tiens à dire pour ma défense que j’ai mes limites en matière de couillonnerie. Même une vendeuse super balaise dans ses arguments ne me fera pas avaler que cette écharpe jaune moutarde me flatte le teint (elle appelle ce coloris « vieil or ». J’aurais plutôt dit « diarrhée de pigeon », mais bon).

Autre domaine où je me trouve très influençable : la météo. N’importe qui de normalement constitué a bien compris que la météo, c’est typiquement le genre de truc qu’on regarde pour faire genre (et avoir un sujet de conversation si on croise son vieux voisin du cinquième dans l’ascenseur), mais qu’au final, il vaut mieux n’en faire qu’à sa guise et son intuition, dans la mesure où, c’est bien connu, les prévisions se gourrent quatre fois sur cinq. N’importe qui sait ça. Moi non. Moi, je persiste à croire obstinément qu’Evelyne Dhéliat a la science infuse, et que si elle affirme qu’on va se les cailler demain, je peux ranger vite fait ma petite robe et sortir mes moonboots. Tenez, par exemple, aujourd’hui – et jusqu’à preuve du contraire – j’ai encore trimballé mon parapluie pour rien. C’est agaçant, quand même.

Du coup, je me disais… Finalement, c’est marrant, mais ça tient à pas grand-chose, la vie d’une blogueuse influente influençable. Non ?

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16 septembre 2008

Walk of shame

honteAu temps jadis, à la télé, il y avait une pub pour yaourts dans laquelle la greluche en voix off susurrait sur un ton langoureux que « c’est bon la honte ».
Ouais.
Ben y’a des fois, j’en suis pas bien sûre.

Moi, je ne sais pas boire à la bouteille, par exemple. Enfin, si. Mais en collant la bouche sur le goulot. Autrement, je ne sais pas faire, je m’étouffe et je m’en fous partout. Mais allez expliquer ça aux autres personnes, quand on doit se partager une seule bouteille, et que certains font des simagrées pour que le goulot ne touche pas les microbes de chacun. Dans ces cas-là, je sors mon atout cactus : « moi ? Non merci, j’ai pas soif ». En gros, je préfère subir la déshydratation plutôt que de me faire chambrer. Mais si on pouvait penser à prendre des pailles pour tout le monde, la prochaine fois, ce serait sympa, quand même.

Je fais pipi sous la douche, parfois, aussi. J’en entends déjà qui crient que c’est dégueulaaaaasse et tout, mais je vois pas en quoi ? Hé, j’vais me laver dans deux secondes, les gars. Où est le problème ?
Ben le problème, c’est qu’une fois, en prenant une douche dans les vestiaires collectifs après un cours de sport, je me suis légèrement oubliée… et j’ai fait comme à la maison. Ma voisine a pris un air ahuri, mais n’a pas crié au scandale. ‘Voisine’, si tu lis ces lignes et te reconnais, je suis dé-so-lée. Vraiment.

Tenez, en parlant pipi (oui, aujourd’hui, c’est un peu la fête du slip), il y a longtemps, avec une copine, on s’était lancé dans un grand concours de celle qui ferait son pissou le plus loin. Ouais parce que y’a pas de raison qu’il n’y ait que les mecs qui puissent rigoler dans ce domaine. Ok, on avait 17 ans et des excuses. Ce qui est sûr, c’est que c’est surtout les voisins campeurs qui ont beaucoup rigolé. Ceux qu’on n’avait pas vus, planqués qu’ils étaient derrière une haie de buissons, mais qui ont entendu toute notre conversation. A base de « aaaaah, pourquoi ça veut pas aller plus loin que 25 cm ? » ou  « merdeuuuuuu, je m’en suis foutu plein les tongues ! ».

Dans un autre style, je règle systématiquement mon réveil sur des heures pas rondes. Genre 7h02, ou 6h57, ou encore 8h36. C’est un fait, je ne supporte pas que le réveil se mettre à sonner juste parce qu’il est passé à une heure esthétiquement « jolie ». Un peu comme dans les films, où on a toujours un gros plan sur le réveil qui passe de 6h59 à 7h00 et que la sonnerie hurlante se déclenche. (Par contre, la main tâtonnante pour éteindre le bidule et les jurons du genre « ‘tain, fais chier, bordel, fuck », ça, comme dans les films, je les ai gardés).

Une fois, avec mon amoureux de l’époque, on a voulu aller passer le dimanche à Thoiry, la réserve d’animaux en liberté près de Paris. Lui descend vérifier la voiture et faire le plein d’essence, et me charge de regarder l’itinéraire adéquat. Bon. Ben très logiquement, j’ai regardé dans le dictionnaire. Normal, quoi. « Thoiry, ville située dans les Yvelines, 78 ». Pour moi, c’était ok. Direction l’ouest, roulez, roulez, petits bolides.
Une fois sortis de Paris et arrivés dans le département concerné, mon copain me demande « alors, c’est par où ? ». « Je sais pas, je pensais que ça serait indiqué, une fois qu’on serait dans le 78 », que je lui réponds avec aplomb (il m’en faut plus pour me démonter). « Mais il est où, ton plan ? Comment t’as fait pour regarder la route ? ». « … ben… dans le dictionnaire. A T, comme Thoiry ».
A cet instant, j’ai senti dans son regard un joyeux mélange de haine, de pitié et de stupeur. « Mon dieu, je sors avec une demeurée ». Oui enfin, perso, je ne parierais quand même pas sur qui est le plus demeuré des deux, parce que confier le co-pilotage à une fille, globalement, c’était couru d’avance qu’on allait finir par se fritter. Gagné. Et à ce jour, Thoiry n’a jamais eu la chance de voir ne serait-ce que l’ombre du plus petit de mes orteils.

Allez, une dernière pour la route, je sens bien que vous ne tenez plus en place.

C’était à la campagne, dans le jardin de la maison de vacances de l’époque. Kiki, le chien des voisins, aboyait de toutes ses forces depuis déjà un quart d’heure. Rien que pour l’emmerder un peu plus (et aussi parce que la barrière entre nos deux jardins était suffisamment haute et solide, ok), j’ai commencé à le titiller de la voix : « et qu’est-ce qu’il veut, le kiki ? Grrrrrrr, grrrrrrrrr (ceci est une imitation très ratée du grognement de clébard). C’est le kiki de tous les kikis, ça, hein ?!! ». Comme ça pendant des minutes entières. Kiki, de son côté de la barrière, n’en pouvait plus de colère et de jappements. En entendant la porte de la maison s’ouvrir, je me tais et retourne m’asseoir sur mon transat, en saluant au passage la voisine qui vient de sortir sur le pallier. Elle m’adresse un vague signe de tête, et se met à crier «  Kiki, reviens… tu vois bien que t’as trouvé plus con que toi ! ». … Je me passerai de commentaires, si vous le permettez.

Bien. Maintenant que ma fierté et mon ego sont définitivement réduits à zéro, faites-moi plaisir… prouvez-moi que je ne suis pas la seule à me retrouver dans des situations Bridget-Jonesiennes pareilles ! A votre tour !

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04 septembre 2008

La vie des autres

jumelles_1Dites-moi, en toute honnêteté… est-ce que le fait que je vous avoue adorer passer du temps à regarder par mes fenêtres pour voir ce qui se passe dans la rue et du côté de chez mes voisins ferait officiellement de moi une grosse fouine curieuse ?

Oui ?
Ah.
Bon, ok.
Je plaide coupable, votre honneur.

Avant, j’habitais côté cour. Et au-delà des toits qui s’étalaient sous mes fenêtres, c’était un cimetière. Ah ça, effectivement, pour être calme, c’était calme*. Mais franchement, on se faisait quand même limite chier, niveau animation de quartier.

Aujourd’hui, j’ai retrouvé la vue sur rue. Et son cortège de bagnoles, de klaxons et de pouet-pouet, ouais, bon, d’accord. Mais il n’empêche. Je suis plutôt contente de mon sort.
J’adore passer du temps plantée devant mes fenêtres, à regarder les appartements des voisins d’en face, et imaginer leur vie et leurs péripéties. Hé, attendez, je vous arrête tout de suite. Je ne me colle pas derrière les rideaux avec une paire de jumelles, hein ! Je suis fouine, mais pas psychopathe, non plus.
Non, je fais ça en toute transparence, devant mon petit balconnet, les coudes confortablement posés sur la balustrade. (Heu… balconnet, on est d’accord, c’est pour « petit –tout petit– balcon », hein. N’allez pas confondre avec d’autres trucs du rayon lingerie, au hasard. Vous serez mignons).

Je matte, donc. Mais ce n’est qu’un juste retour des choses, vu que pendant les quatre premiers mois de mon emménagement, je n’avais pas encore installé de rideaux à mes fenêtres, et que mes voisins pouvaient eux aussi profiter abondamment de ma vie ô combien passionnante chez moi.
Remarquez, je dis ça sur le ton de l’ironie, mais vu que la porte de la salle de bain (et donc la douche) donne pile en face des fenêtres, y’en a sûrement parmi eux qui ont du passer un bon moment de poilade au moment de mes ablutions quotidiennes. Brrrrr, chut, je ne veux même pas y penser. (Et non, n’insistez pas, je ne vous donnerai pas mon adresse, c’est niet de chez ‘même pas en rêve’).

En tout cas, je sais que le type du cinquième n’a pas le droit de fumer chez lui puisqu’il se les gèle sur son balcon dès qu’il veut s’en griller une, que la bonne femme du troisième droite secoue sa nappe tous les soirs sans regarder s’il y a des gens en dessous, et que, un peu plus loin sur la gauche, ils ont le même cerisier lumineux de chez Habitat que moi. Forcément, ça crée des liens.

Dans la rue aussi, c’est un spectacle nettement plus divertissant que TF1 en access prime time (parce que ‘la roue de la fortune’, j’voudrais pas dire, mais bon, bref). Je regarde les vélos qui grillent allègrement le feu rouge d’en bas, pour aller se vautrer dix mètres plus loin sur les piétons qui pensaient traverser en toute sécurité. J’observe le ballet des gens qui entrent et sortent du vidéo club ou de la pharmacie. Je pourrais presque aller dénoncer ceux qui ramassent les crottes de leur chien-chien, et ceux qui laissent le soin aux petits hommes verts « Propreté de Paris » de faire leur sale boulot.

Quand il pleut des trombes d’eau – ou encore mieux, qu’un gros orage éclate –, je compte les points entre ceux qui courent en s’abritant sous les corniches, et ceux qui continuent leur marche pépère, se foutant manifestement d’être trempés jusqu’à l’os. Le spectacle des éclairs est toujours aussi fascinant, même à trente ans passés (oui, bon, ça va).

Mais le maxi best of dans le genre spectacle, ça reste quand même ces énormes bruits de freinages intempestifs, après lesquels on guette forcément le son du crash et de la tôle ondulée. Quoi ? Un accident ? Vite ! Tous les passants se figent, tous les voisins se ruent au balcon. Le temps, l’espace de quelques secondes, s’est suspendu.
Finalement, ce n’était qu’un refus de priorité, pas de quoi fouetter un chat, et la vie reprend son cours, chacun se remettant en marche, presque déçu de ne pas avoir assisté à la scène sanglante du jour et de ne rien avoir de croustillant à raconter au dîner ce soir.
Allez, avouez, vous le faites, vous aussi ? On est gores, hein, parfois ?!!

Une prochaine fois, si vous êtes sages, je vous raconterai à quel point j’ai la main verte (ahem) et comment j’ai décoré mon petit rebord de balcon (« balconnet », donc, pour les trois qui suivent).
Ah bah oui, attendez. Je matte chez les gens, mais pour ceux qui mattent chez moi, faut que l’encadrement soit joli. Plaisir des yeux avant tout ! J’ai ma fierté, moi, bordel.

* Heu… « calme » ? A la réflexion, pas tant que ça

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22 août 2008

Les grands derrière, les petits devant

photos_2Les photos, je déteste. Je fuis les appareils comme le brushing de Paris Hilton fuit la pluie. C’est pas compliqué, y’a pas UNE photo sur laquelle je me trouve jolie. A l’extrême limite, dans mes bons jours, et quand je zieute rapidement, je peux éventuellement me trouver regardable sur quelques unes. Mais dans la plupart des cas, le verdict est sans appel : « fais voir de plus près ? Hannnnnnnnn : immonde ! ».
Hé ho ! Ricanez pas bêtement comme ça, parce que la grande majorité des filles font la même chose, je vous signale. Et je rappelle à bon entendeur que Kate, Naomi, Gisèle et Laetitia ne font pas partie de la « grande majorité » en question.

Ce qui me fait poiler, c’est de voir que les gens que je trouve beaux sur certaines photos se trouveront inévitablement atroces sur ces mêmes clichés. Et la réciproque est très vraie : dans les albums photos des copains-copines, c’est toujours les prises de vue où je me trouve vraiment « cheum »  qu’ils ont sélectionnées. Forcément, je râle que « tu pouvais pas trouver pire, peut-être ? ». Généralement, on me répond « non mais je trouve que sur cette photo, c’est vraiment toi », et ça me cloue le bec.

Non, définitivement, y’a un truc qui fait qu’entre l’objectif et moi, ça colle pas.

La palme d’or revient sans conteste aux photomatons, d’où je ressors systématiquement avec l’envie de chialer en hurlant à la mort « mais c’est pas possible ? C’est pas moi CA ? ». Faut dire aussi qu’ils ont mis le paquet, niveau parcours d’obstacle : lumière blafarde qui fait des cernes de vampire, fond de photo au choix blanc cadavérique ou blanc fantomatique, choix restreint de trois essais seulement. En même temps, si c’était permis de faire plus d’essais, je crois que j’y passerais la nuit, tellement y’a toujours un détail qui cloche : nez qui brille, sourire de ‘ravie de la crèche’, yeux mi-clos, cheveux flappis, tête penchée comme le chien-chien à l’arrière des bagnoles, et j’en passe.

Sur ma carte d’identité, j’ai du bol, j’ai réussi à fourguer à la préfecture la seule et unique photo de moi pas trop moche. Ca fait déjà huit ans que je me trimballe fièrement mon bout de carton plastifié, avec l’air de dire « même pas honte, moi, d’abord ! ». Parce qu’il y en a, quand même, leur photo de carte d’identité, j’voudrais pas avoir l’air de cafter ou de glousser, mais bon… voilà quoi.
Et puis un jour, quelqu’un que je pensais être mon ami (mais en fait, non) m’a dit un truc dans le genre « c’est marrant, ça te ressemble pas du tout ». J’ai gardé la tête haute, rangé ma dignité dans la poche de mon jean, et effacé son numéro de mon répertoire. Mais depuis, clairement, je la ramène un peu moins.

Manque de pot, la carte d’identité en question expire dans environ deux ans. Et je commence déjà à avoir des poussées de sueur en songeant qu’il va falloir que j’en repasse par la case « torture au flash aveuglant et tabouret qui couine ».

Quant à mon permis de conduire, autant vous avertir tout de suite, faudra d’abord me passer sur le corps et me torturer à mort : à moins que vous ne portiez un uniforme, que vous ne vous appeliez « Monsieur l’agent de police » et que vous n’employiez des mots comme « contrôle des papiers afférents à la conduite du présent véhicule », c’est pas demain la veille que vous pourrez vous foutre de moi en admirant ce chef d’œuvre. Là, vous pouvez toujours courir. Mon permis, je l’ai planqué au coffre, je ne le sors qu’en cas extrême. Mais pour vous donner une idée, quand même, c’est simple : on dirait un Picasso, le côté artistique en moins. Ca laisse songeur, je sais.

Allez, cheeeeeeeeeeese. Clic clac, merci Kodak. Enfin, « merci », ça dépend pour qui, hein…

(Article posté le 30 novembre 2006).

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