04 décembre 2009
Compliment du soir, espoir (?)
Enfin, "espoir", je sais pas trop...
Hier soir, en m'écoutant me plaindre et geindre pour la huitième fois de la semaine au sujet de ma poussée d'acnée liée à un changement de pilule, Chéribibi m'a d'abord sorti toute sa panoplie de phrases toutes faites (et un peu obligatoires dans ce genre de cas), du style :
- Y'a que toi qui les vois (ouais... mon oeil !)
- Arrête de focaliser (facile à dire)
- Mais tu sais que je t'aime quand même (hé ben ça va alors...)
Finalement, voyant qu'aucune de ces stratégies n'opérait, il a trouvé un nouvel angle d'approche :
"Mais c'est bien, ça te rajeunit, on dirait une adolescente !".
Bon.
C'est pas encore ça, mais y'a du mieux...
(Si quelqu'un sait où s'achète le décodeur des compliments masculins, qu'il me fasse signe rapidement. Merci pour mon couple).
19 octobre 2009
Y'a un mec qu'habite chez moi
Allez hop, on y va, en route pour l’aventure : cette fois, c’est officiel, Chéribibi s’installe chez moi pour de bon. Youhou, sortez les confettis et débouchez le champagne ! Enfin… « youhou » surtout pour moi, parce que j’ai bien conscience que pour vous, ça ne va pas changer grand chose. Et pourtant, c’est un grand pas, car je n’aurai pas parié lourd sur le concept général de 'vie à deux' il y a encore peu, trop attachée à mon indépendance et mon rythme de vie personnel. Il faut croire que cette saleté d’accident et ses conséquences ont fait mûrir les choses plus vite que prévu.
Bon. Emménager ensemble, dans l’idée, c’est super, youplaboum, big up, tout ça tout ça. En pratique, c’est légèrement plus tendu du slip, quand même.
Déjà, il faut bien lui faire un brin de place, au Chéribibi. Notamment pour ses fringues. Si ça ne tenait qu'à moi, il aurait juste eu le droit à un grand tiroir pour coller tout son bazar vestimentaire, mais il semblerait qu'il soit moyen d'accord sur le principe. (Je ne comprends pas).
Me voilà donc en train de passer deux heures devant ma (oui, c'est encore "ma" pour le moment) penderie, à tenter de trouver des trucs à jeter/donner/vendre, histoire de dégager quelques cintres et étagères.
Et force est de constater une fois de plus que faire le tri, c'est pas trop mon truc. Moi, tant que ça rentre dans le placard, je ne jette rien. Et je suis super forte pour trouver des arguments fallacieux, tels que "ça je garde, parce que je ne l'ai encore jamais porté" (et pour cause, vue la big erreur de casting que c'est...), "ça je garde, parce que c'est joli" (oui, mais pas sur moi...), "ça je garde, parce que ça reviendra peut-être à la mode dans six mois" (mmmm, le rose dragée, non, ça m'étonnerait...). Au final, je me retrouve avec trois pauvres t-shirts prêts à être balancés, et toujours aussi peu de place libre dans la penderie. Je sens que ça va être comique, cette histoire.
J'ai également été sommée de dégager la moitié de ma bibliothèque, parce que Monsieur collectionne les BD et tient bien à m'en faire profiter. (Alors que moi, la BD, depuis Boule & Bill, hein...). Enfin soit. Je vais donc aussi me coller au grand tri du siècle dans mes bouquins. Ce qui devrait être un poil moins compliqué, j'ai comme le feeling que me séparer de mon intégral de Marc Levi ne m'arrachera pas trop de larmes. (Oui, bon, ça va, j'étais jeune).
Ne parlons pas de "sa" télé taille XXL, vendue à grands renforts de "non mais tu comprends, pour regarder les matchs, c'est mieux" (Gné ? T'es sûr que tu choisis le bon argument, là ?), de sa pléstéchieune momoche et de tous les accessoires qui vont avec (je hais le créateur de ce truc),ou de ses ustensiles de cuisine (môssieur cuisine, oui oui !) (alors que bon, un faitout en fonte Le Creuset, ça sert à quoi, franchement ?).
La cerise sur le pompon, c'est que dans le paquet surprise ‘Grand Déménagement’, j’ai aussi eu droit au chat. Tadaaaam. Ce qui, si nous faisons les comptes (je pose 5 et je retiens 2), fait qu’avec le mien, de chat, ça fait deux bestioles à poil dans le même appart. Soit quatre habitants pour 35 m². Olé, j’ai envie de dire.
Ce chat est très gentil, cela dit. Très causant, aussi. Surtout à trois heures du matin. Et joueur, avec ça. Il a une vraie passion pour les pieds qui dépassent du lit. En pleine nuit, ça réveille violemment, je ne vous dis pas. Et puis j’ai bien l’impression que c’est également le premier producteur au monde de poils blancs, si j’en crois les trois feuilles de rouleau attrape-poussière que j’utilise chaque matin. Enfin il est gentil, c’est vrai. Mon chat à moi n’est pas trop d’accord, mais comme on ne lui a pas demandé son avis…
Donc voilà. Une nouvelle aventure commence. Fini les masques à l'argile verte à n'importe quelle heure. Terminé les séquences épilation devant Gossip Girl. Exit les karaokés du matin sur ABBA, avec la brosse à cheveux en guise de micro. Enfin, non... Pas exit pour toujours. J'attends juste un peu avant de remettre le couvert. Il vient à peine d'arriver, faudrait pas non plus lui faire peur trop vite, quand même...
23 septembre 2009
Compliment du matin, chagrin
De manière générale, on ne peut pas dire que je sois vraiment "du matin". Mais alors là, cerise sur le pompon, y’en a un qui a trouvé comment me mettre de bon poil.
Ce matin, je croise l’Homme Chéribibi* dans la cuisine, et il me balance de son air de ravi de la crèche : "J’aime bien ta tête aujourd’hui, on dirait un petit Gremlins, t’es trop choute !".
…
A mon avis, y’a des coups de boule qui se perdent.
* Môssieur réclame son "titre" habituel...
14 février 2009
Point break
Bon. Où est-ce qu’on en était, déjà ? Ah oui.*
On entre tous les deux dans le fast-food. Il sort son portefeuille Waïkiki et me demande généreusement ce qui me ferait plaisir. Je murmure un vague truc, persuadée que vu les circonstances, je ne devrais même pas accepter de déjeuner avec lui, et encore moins de le laisser payer. On s’attable face à face, échangeant des banalités sans nom sur la pluie, le beau temps, et le taux de sel dans les frites.
Allez, il faut que je me lance. Il faut que je lui parle, que je lui dise que je n’ai pas envie d’être avec lui, peu importe les raisons. Mon joli speech imaginaire de tout à l’heure semble bien difficile à cracher, d’un coup. Et ce n’est pas parce que j’ai la bouche pleine, puisque je chipote du bout des doigts mes nuggets de poulet, sans grand appétit.
Aaaaah, berdol di mierda, il est là, devant moi, avec sa petite gueule d’ange, à me faire des sourires pleins de fossettes et à me demander si je veux un milkshake vanille, et moi, je ne cesse de me répéter que c’est un monstre pervers et cruel pour ne pas succomber à son charme.
Peu à peu, je me mure dans un silence atroce, faisant mine d’observer avec intérêt la plante artificielle sur ma gauche. Derrière moi, la porte des toilettes fait un bruit d’harmonica en fin de vie du plus bel effet. La situation est d’un romantisme insoutenable pour les plus prudes d’entre nous, notez.
B. ne perd pourtant pas de vue son objectif, qui est de me sortir le grand jeu aujourd’hui, et de m’inviter AUSSI au cinoche. Il doit se dire que vu mon débit de parole, à peu près aussi élevé que celui de Paris Hilton à une conférence sur l’altermondialisme, autant aller se mater un bon film dans le noir, au moins, on n’aura pas tout perdu.
Moi, cruche dans toute ma splendeur, je reste plantée là, à ne pas piper mot. Ni pour dire ce que je suis venue dire au départ, ni pour refuser le ciné en bloc. Rien. Que dalle. Une demeurée parfaite. Seule au fond du ventre, une petite boule commence à pointer son nez, me rassurant – si besoin était – sur le fait que la situation est clairement en train de se barrer en cacahuète complet.
En bon gentleman qui veut arriver à ses fins, B. a même déjà choisi le film. Un truc à base de crinolines, de perruques poudrées et de temps jadis, que jamais de la vie un mec normalement constitué n’aurait suggéré de lui-même d’aller voir. Mes bonnes résolutions de rupture express reprennent de la vigueur. Ce type est louche, c’est évident : opter pour un navet à l’eau de rose alors que Harrison Ford et son flingue jouent dans la salle d’à côté, c’est du cachalot sous gravillons puissance douze ou je ne m’y connais pas !
« C’est pas trop mon truc, mais je pensais que t’aurais envie de le voir, alors bon… », qu’il me sort, ce niais. Ben nous voilà bien, il joue au gentil, maintenant. Une fois de plus, je me la boucle, et m’assoit en silence dans la salle obscure.
Evidemment, je ne vous fais pas de dessin. Un ciné, deux ados, l’obscurité, tout ça, tout ça. Sitôt les bandes annonces commencées, B. m’enlace par l’épaule, et m’attire à lui pour m’embrasser.
C’est là, au pied du mur, que je choisis de raconter le bobard le plus merdique de ma courte carrière d’amoureuse d’alors : « non, mais en fait, je suis désolée, mais en fait, j’ai déjà un copain, et en fait, samedi, je m’étais engueulée avec lui, et c’est pour ça que en fait, avec toi, bon... mais donc, en fait, on est à nouveau ensemble, et en fait… voilà ».
Tout ça débité d’un trait sur un ton plaintif, en fixant résolument un point imaginaire sur le siège de devant pour ne surtout pas croiser son regard qui se décompose en direct. Ben tu m’étonnes, aussi. Il doit être en train de calculer rapidos le prix du menu Big Mac et de la place de ciné tarif jeune, ou de me traiter de garce. Voire les deux (ce qui serait fort envisageable).
Il retire son bras, regarde dans le vague. Je me sens minable, mais au moins, j’ai fait ce que j’avais à faire (oui, oh, on se raccroche aux branches qu’on peut, hein). Puis, au bout de dix minutes d’un silence poignant : « Bon, ben on va p’tet changer de film, du coup… ».
J'ai pas trop compris si le « du coup » signifiait plutôt « comme j’ai plus trop envie de te faire plaisir, allons voir Harrison », ou plutôt « comme on ne va pas passer l’heure à se galocher, allons voir un film d’action ». Mais j’ai pas osé demander, bizarrement.
On a vu Harrison, on n’a plus échangé un mot ou presque, il a filé juste après le film, et je suis bien la dernière à pouvoir l’en blâmer. Mais au moins, dans ma tête, ce « petit con de dragueur » n’avait pas eu le dernier mot avec moi.
…
Quelques mois plus tard, j’ai appris que ma copine F. qui avait déblatéré comme une folle sur B. était en fait raide dingue de lui, et jalouse à crever de ne pas avoir été son ‘élue’ le soir de sa fête d’anniversaire. Quant à B., il devait culminer à trois gentilles conquêtes avant « nous », et avait finalement beaucoup du profil ‘petit copain idéal’ dont on rêve à quinze ans.
Bilan des courses : une amourette zéro, une copine rayée de la liste, et une réputation d’enfer dans le lycée de B., forcément. Jackpot, quoi.
« Copine » mon œil, oui. With friends like that, who needs enemies ?
* Oui bah, pour ceux qui viennent ici tous les quinze jours, faudra vous taper les archives. Et ce sera un zéro pointé pour la fidélité et la régularité du lectorat. Que je ne vous y reprenne pas.
13 février 2009
Désenchantée
Previously
…
J’arrive au lycée lundi matin avec un sourire de niaise calligraphié sur la tronche. Love is in the air, oh happy day, la vie en rose, et compagnie. Même le premier cours de maths de la matinée ne me fout pas le bourdon, alors qu’habituellement, je suis loin d’être fraîche comme une fleur pour faire des équations à la con. L’amûûûr, quoi.
L'amûûûr, oui... jusqu’à ce que je debriefe avec ma copine J.
Qui a parlé avec F. (F. étant la fille chez qui nous avons rencontré nos deux nouveaux loverboys, pour ceux qui ne suivent plus)(Tsss).
F. qui lui aurait raconté un tas de saloperies sur B. (mon nouvel amoureux, donc) (toutes ces initiales, ça me file le tournis, on se croirait dans un épisode de Gossip Girl) : que c’est un petit con, un mec pas fiable, un dragouilleur de bas étage qui ne cherche qu’à ajouter une conquête à son palmarès déjà long comme une cérémonie des Victoires de la Musique présentée par Drucker (autant dire interminable). En gros, que je suis bien mal tombée, et que je ferais mieux de tout stopper là.
Beurrggllll. En fond sonore, la musique déraille. Mon joli petit film rose tout mignon et cucu à souhait vient de se prendre une sacrée rouste. Quid du vrai, quid du bidon ? Dans le doute, je décide de faire confiance à celles que je connais depuis plus de vingt-quatre heures, et met mentalement un terme à la love-story la plus courte de mon existence.
Reste à aller annoncer la nouvelle au gugusse.
Mercredi midi. Je l’attends de pied ferme devant le MacDo, comme convenu. Je répète dans ma tête le film qui DEVRAIT normalement se dérouler : il arrive, je lui lance un regard méprisant, il hausse les sourcils, je lui déballe mon speech, que je sais tout de ses intentions minables et qu’il n’aura pas l’honnnnnneurrrr (bien appuyer les syllabes, surtout) de passer ne serait-ce qu’une seconde de plus avec moi, je tourne les talons dans un grand mouvement de cheveux majestueux à la L'Oréal style, il m’attrape le bras, je me dégage, il vacille, tombe à mes pieds, me supplie de lui accorder mon pardon, hurle, pleure... ... ouais, bon, ok, il pleure pas, mais presque, quoi.
Bon. En fait, il se pointe avec cinq minutes de retard, une jolie rose dans la main, et un sourire timide de mec qui n’a pas tant l’habitude que ça des rendez-vous amoureux. Il m’embrasse au coin des lèvres. Intérieurement, je fonds. Mes résolutions aussi.
… Les emmerdes ne font que commencer.
(A suivre…)
(Oh la la, mais c’est plus suspensifiant que la vie de Jack Bauer, ce blog !)
(En vrai, c’est parce que j’ai pas encore eu le temps de tout écrire, mais vous gardez ça pour vous, ok ?)
12 février 2009
Pour un flirt avec toi
Vous commencez à le savoir, la guimauve, c’est pas mon truc. (« Ah ouais ? Sérieusement ? », que j’entends, dans le fond. Ca fait plaisir de voir qu’il y en a qui suivent, j’vous jure). En cette période de Saint-Valentin sirupeuse à souhait, j’ai préféré vous ressortir de derrière les fagots une mignonne petite histoire d’amour loupée dans les grandes largeurs, à cause de la mauvaise influence d’une « copine » de l’époque (mais en fait, copine que dalle).
Années collège ou lycée (j’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien), période des petits mots écrits au stylo rose sur les agendas, des premiers flirts et des boums, qu’il ne faut déjà plus appeler « boums », mais « soirées », nettement plus chic.
Ce soir, c’est l’anniversaire de F., qui est inscrite au lycée voisin du nôtre. Cool, on va pouvoir rencontrer de nouvelles têtes. Oui, parce que baver sur les Terminales qui ne nous jettent même pas un œil, ça va bien deux minutes, mais on n’est pas là pour rigoler, non plus.
Je vous la fais courte (sinon, on est encore là demain, et je sais pas pour vous, mais moi, j’ai compet' de lancers de noyaux de cerises, alors bon) : ma copine J. rencontre L., je rencontre B.
Chabadabada dans un grand champ de fleurs, amour fou au bout de … quoi… 15 minutes, on ira où tu voudras quand tu voudras, etc. (On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans, ou presque). Bref, ze bonheur. Et tout ça en une soirée. (C’était vachement simple à cet âge, quand même, quand on y repense, non ?).
Lendemain, dimanche. Attente fébrile du coup de téléphone qui fixera le rendez-vous des retrouvailles en tête-à-tête. Impossible de me concentrer sur mes devoirs de maths. Et puis franchement, Pythagore, qu’est-ce que je m’en fous, là, tout de suite, si vous saviez ? Je tourne comme un lion en cage, assassine mentalement toutes les personnes de ma famille ayant le malheur de monopoliser la ligne ne serait-ce que cinq minutes, quand soudain… (suspense insoutenable)… driiiiiing ! Pas de portable à l’époque, je dois me farcir les communications les plus privées de ma life en plein dans l’entrée de l’appart familial, au milieu du va et vient et des oreilles qui traînassent.
- Oui. Ok. A mercredi. Bisous.
Deux minutes, montre en main. Peu loquace, le mec. Il doit avoir le même problème que moi, niveau téléphone placé en zone non stratégique, et a fait au plus vite. Mais l’essentiel est là, on a rencard. Yihaaaaa. Mercredi midi, devant le MacDo. Et même qu’après, on ira au ciné. Carrément, quoi.
Ah ça... ça partait balèze, hein. Ca aurait très bien pu se finir en 'ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, un break cabriolet gris métalisé, un golden retriever nommé Derek, un pavillon avec piscine en banlieue ouest, un PEL pour chacun des gosses et un crédit sur le dos pour trente ans'.
Sauf que non. Pas trop.
(A suivre...)
20 octobre 2008
Kiss kiss bang bang
Ce qu’il y a de bien, dans les nouvelles rencontres amoureuses, c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre avant de toucher au but.
Ce qu’il y a de moins bien, dans les nouvelles rencontres amoureuses, c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre avant de toucher au but.
Forcément, ces trucs-là, c’est un peu comme le loto : 100 % des joueurs ont tenté leur chance, évidemment. Mais combien touchent le pactole ?
Prenons le cas du premier baiser entre deux personnes, par exemple*. Avant cette première étape de grande importance, l’imagination fertile dont on sait parfois faire preuve fonctionne à toute berzingue, et on se laisse aller – à juste titre – aux fantasmes les plus torrides, puisqu’on ne sait rien de ce qui va concrètement arriver.
On est juste conscient d’une chose : l’autre nous plait. Il est beau, charmant, drôle et fin. Il semble sûr de lui, confiant en son potentiel de séducteur, mais garde un brin de timidité qu’on trouve forcément craquante, à ce stade. Il bouge son corps avec aisance sans en faire des caisses, et a dépassé depuis longtemps cette période ado sous Biactol découvrant d’un regard à la fois émerveillé et apeuré le monde mystérieux du sexe opposé. Lui, il connait déjà tout ça. Sur le bout des doigts**.
De notre côté, les petits zigouigouis dans le bidou se font ressentir, plus précis, plus denses. La voix se fait charmeuse, le regard enjôleur. On suit encore la conversation, mais quelque part à l’intérieur de nous, on est ailleurs. On imagine déjà la suite, on sait que ce n’est plus qu’une question de minute maintenant. On regarde sa bouche, à la dérobée, dans l’espoir de ce fameux instant que l’on semble attendre depuis déjà une éternité.
Vient alors le moment tant attendu, celui où les souffles se rapprochent et les lèvres se touchent.
Et là, tzouiiiiiiiiiiiiiinnnnng. Drame. On serait dans une comédie romantique, la bande son ferait dérailler le disque de mélodie sirupeuse pour bien montrer l’étendue des dégâts : l’autre embrasse comme un poulpe. Visqueux, baveux et gluant à souhait, mais sans une once de passion charnelle ou de romantisme. Ouch.
Bye bye, fantasmes de nuits torrides et caliente. Adios, espoirs de chabadabada en CDI. D’un coup, le niveau de tension érotique est descendu en flèche et les zigouigouis dans le ventre se sont barrés vite fait.
Evidemment, certains frustrés moralisateurs diront qu’il faut compter avec l’appréhension de chacun, et que « c’est une question d’adaptation, bla bla bla ».
Certes. Mais avec quelqu’un qui embrasse comme s’il était à un rallye de Formule 1, perso, je ne suis pas sûre d’avoir envie de m’adapter. Merci, mais le détartrage, c’est chez le dentiste que je le fais, pas avec la langue de mon copain. Et puis cette impression d’avoir la bouche transformée en machine à laver position essorage, c’est quand même tout sauf sexy, sérieusement.
Sans nécessairement faire d’étincelles à tous les coups, inutile de se mentir, un premier baiser en dit long sur le caractère des protagonistes. On y lit la générosité ou le repli sur soi, la fougue ou la timidité maladive, l’envie ou la crainte, le contrôle ou l’abandon. Autant de signes qui ne trompent pas sur la marchandise, à l'inverse des wonderbras par exemple.
En gros, cette affaire-là, c'est un peu comme le cadeau du Kinder Surprise. Un coup, c'est le jackpot et on tombe pile poil sur la figurine Hippo ou Pingui qui complète notre collection (en admettant qu'on fasse la collection de ces figurines. Je ne vise personne). Un coup, on tombe sur une merdouille infâme dont on n'arrivera même pas à piger le fonctionnement malgré toute notre bonne volonté et notre bac +5, et qui nous laissera une vilaine impression de "tout ça pour ça ?".
Mais au moins, dans le cas du Kinder, il reste toujours le chocolat pour se consoler...
* On sera tous d’accord pour dire que j’aurais pu viser bien plus en dessous de la ceinture, mais que le raisonnement aurait été le même.
** Ah ah, c'te jeu de mot mortel. Non ?
05 mars 2008
Vingt-quatre heures de la vie d'une femme célibataire - Part. 2
Previously on 24
Après avoir planté là ‘Tony’ et sa grâce incarnée, je retourne dans la foule, de plus en plus dense, et tombe nez à nez avec un gars inscrit au même cours de salsa que moi. Mais c’est pas vrai ça, on ne peut donc jamais avoir un peu d’intimité, bordel ?
Echanges de regards. « C’est pas toi qui… ? ». « Si si, c’est moi ». « Oui, ta tête me disait bien quelque chose ». Après avoir fait le tour des vérifications d’usage (heure du cours de danse, nom du prof, lieu de la salle de danse) histoire de se dire des trucs complètement inutiles qui meublent la conversation, on sort la fameuse carte du bracelet, qui nous sauve la mise une fois de plus. Monsieur est « Guillaume Canet » pour la soirée. Quand je lui montre mon « Jane Birkin », il s’illumine d’un coup : « Oh, je sais qui est Serge, c’est un des potes qui est venu avec moi, il est vers l’entrée là-bas, si tu veux, je… » BAM ! D’un coup, une petite minette lui tombe dessus et lui claque quatre bises bien sonores sur les joues, en hurlant « c’est moi Marion Cotillard !!! ». La pauvre n’aurait pas eu l’air plus heureuse si elle avait gagné le million à la roue du Millionnaire de Marie-Ange Nardi. Ou l’Oscar de la meilleure actrice. Ne voulant pas jouer les briseuses de couple potentiel, je m’éclipse doucement. Ma grande rencontre avec Serge attendra…
Le salon est maintenant plein à craquer. Bonne nouvelle : il y a donc bien des célibataires à Paris, merci pour l’info. Mauvaise nouvelle : aucun de ceux présents ne me plait. Et ils sont tous petits. Moi qui aime les grands, je peux voir les calvities naissantes de chacun rien qu’en me mettant sur la pointe des pieds.
Y’en aurait bien un, là, juste à côté de la cheminée, qui a l’air craquant avec son look à la Corto Maltèse. Mais il a l’air aussi terriblement sûr de lui et de son petit effet Impulse sur les nanas. Ca en donne plus envie de l’ignorer un coup que d’aller jouer les groupies en lui piaffant sous le nez « t’es qui, toi, ce soir ? Tu veux pas être mon Serge, dis ? ». Dans soirée « desperate célib’ », y’a ‘desperate’ mais ça reste avant tout une image, soyons clair.
‘Cécilia’ nous montre discrètement son coup de cœur de la soirée et nous demande notre avis. Bon, je ne cherche à décourager personne, mais en toute objectivité, cinq minutes d’observation suffisent à piger que le type en question est nettement plus orienté Bernard que Bianca, si vous voyez ce que je veux dire. ‘Cécilia’ a toujours eu du flair pour choisir ses mecs.
‘Guillaume Canet’ vient soudain me taper sur l’épaule. « Tu veux que je te présente Serge ? ». Apparemment, il s’est débarrassé vite fait bien fait de sa Marion hystérique, lui. On se fraye un passage dans la foule pour aller retrouver ses potes dans l’entrée. Et soudain, le voilà. Je l’aperçois, il est là, devant moi. Serge. ‘Mon’ Serge…
Alors rangez les violons, stoppez tout de suite cette petite musique niaise de chabadabada en fond sonore : ‘Serge’ a plutôt une bonne tronche, mais n’est pas du tout mon genre. On papote quelques minutes de la pluie, du beau temps, du « c’est fou le monde qu’il y a, hein ? » et de « tu bois quoi, toi ? ah oui, moi j’aime pas trop le rhum… ». J’en arrive finalement à cette phrase bien débile : « bon, je suis fière de nous, on a reconstitué notre couple, on a rempli notre contrat ». Et là, qu’est-ce qu’il me sort, ce con ? « Oui, enfin moi, il me reste à trouver Bambou, maintenant… ».
Ah d’accord. Ah tu le prends comme ça ? Est-ce que ce ne serait pas une technique sympa pour me dire "ma cocotte, t’es mignonne, mais t’arrêtes de me coller, j’ai encore du pain sur la planche ce soir, moi !". Je baragouine un truc incompréhensible sur Jacques Doillon, successeur de Serge auprès de Jane Birkin, range mon orgueil dans la poche de mon jean, et repars en quête de Cupidon, qui commence sérieusement à me casser les noix ce soir.
Le love post-it wall a meilleure allure depuis tout à l’heure, puisqu’il y a maintenant une bonne vingtaine de messages collés dessus. Je me rapproche pour lire un peu la prose de mes copains célibataires. Ouh, mazette… y’a du lourd ! Non, je ne dénoncerai personne. J’ai juré.
En parlant de lourd, je recroise ‘Tony Parker’ et sa chemise toute tâchée de rhum-coca. Mes ‘nichons’ et moi lui adressons un sourire parfaitement hypocrite, mais monsieur a manifestement perdu tout sens de l’humour, et me lance (de ce que j’ai pu en comprendre) un truc du genre « d’t’façon, t’as des trop p’tits seins pour moi, et t’as l’air très chiante ». Ouh, hé ben. Tout en classe et en finesse, le Tony, hein. Il devait se contenir un tant soi peu au départ, mais chassez-le au galop, il redevient naturel.
3h du matin. Je commence à être gonflée. Trop de monde, trop de bruit, je ne vois plus les quelques personnes que je connais vaguement, j’ai déjà retrouvé Serge et je ne crois pas qu’il y ait un ‘Jacques Doillon’ dans la salle, je ne remarque personne à mon goût, et on trouve mes seins trop petits. Ca fait lourd, d’un coup.
J’attrape mon manteau et mon sac, me glisse subrepticement jusqu’à la porte d’entrée, adresse un petit signe de main à l’une des hôtesses pour la remercier, et ressort de l’appartement bruyant et enfumé.
Dehors, dans la rue, m’attend l’ultime mission de la soirée : trouver un taxi pour rentrer chez moi. Je guette les voitures en détachant d’une main le bracelet ‘Jane Birkin’ encore noué à mon poignet gauche et en le fourrant au fond de mon sac. Ce n’était pas LA soirée, mais c’était une bonne soirée malgré tout. Dommage que Cupidon ait manifestement préféré partir en vacances au ski, au lieu de rester faire son job correctement ici, pour moi, ce soir.
03 mars 2008
Vingt-quatre heures de la vie d'une femme célibataire - Part. 1
L’un des avantages à être célibataire, c’est que les soirées où l’on vous entraîne réservent encore leur lot de surprises. Donc quand ma copine Caro m’a proposé de m’emmener avec elle à une soirée spéciale « cœurs à prendre », je me suis dit que ça allait valoir son pesant de Curly et j’ai sauté sur l’occasion.
Il y a bien un petit côté pathétique là-dedans, je le reconnais. Rassembler des dizaines de célibataires entre eux à la même soirée, en interdisant tout bonnement l’accès aux gens en couple (véridique), ça revendique un peu la fameuse caution « libre immédiatement, disponible sur place ou à emporter, rendez-vous ultérieur envisageable ». En gros, "faites votre marché, les gars".
En même temps, prenons-le avec le sourire, et pour les occasions de nouvelles rencontres que cela apporte. Parce que je n’apprends rien à personne en disant qu’à trente ans et des bananes, on a quand même du mal à croiser de nouvelles têtes. Les amis restent des amis, les amis des amis ont déjà été présentés, les copines sont casées et ne sortent plus beaucoup, les ex sont possessifs et n’encouragent pas à la nouvelle rencontre, les collègues de bureau ne font pas le turn-over tous les trois ou quatre mois…
Cette soirée « desperate celib’ » tombait donc plutôt à pic.
23h. L’appartement immense est déjà plein à craquer d’âmes seules en quête d’âme soeur. A notre arrivée, on nous remet un bracelet rose ou bleu avec le nom d’une moitié de couple célèbre. But du jeu : retrouver dans la masse de gens « son » ou « sa » partenaire théorique pour la soirée. Ce jeu qui a l’air un peu crétin comme ça sur le papier permet quand même de fournir un prétexte tout trouvé pour qui voudrait aborder la jolie blonde près du buffet ou le grand brun qui fume à la fenêtre.
Le temps de la soirée, je serai donc Jane Birkin. A charge pour moi de retrouver mon Serge Gainsbourg parmi les soixante-dix mecs présents ce soir. Bon, Serge, évidemment, c’est loin d’être mon idéal physique, hein, entendons-nous bien. Mais à ce jeu-là, on joue sans trop se poser de question, on ne fait pas comme mes deux copines arrivées en même temps que moi : la première, affublée de « Bridget Jones » a limite eu les larmes aux yeux direct (« putain, ça se voit tant que ça ? »), la seconde a hérité de « Cécilia », et a du perdre quinze minutes de son temps à chercher à comprendre si elle devait retrouver son Nicolas (heu, ben, comment te dire…) ou son Richard Attias.
La fête est lancée, la musique couvre à peine les pia-pias à droite à gauche. Sur le mur qui longe la cuisine, les hôtesses ont installé le « love post-it wall » : chaque invité peut laisser sa déclaration d’amour ou d’humour à un(e) autre invité(e) sur un post-it coloré que tout le monde peut lire et s’empressera de transmettre à l’intéressé(e) si besoin. Pour le moment, seuls deux messages d’amour se battent en duel. Et à y regarder de plus près, l’un des deux est un dessin limite porno. Cupidon a encore du taff pour la soirée, on dirait.
Direction la cuisine pour me servir un verre. J’en profite pour commencer à faire un peu connaissance. ‘Tony Parker’ s’approche de moi, l’haleine déjà bien chargée, et entame la discussion sur le sujet du bracelet.
- C’est con ce truc. Tu parles pas avec un accent anglais, tu peux pas être Jane Birkin !
(Finaud, le mec, quand même, on notera)
- Ben oui, mais c’est pareil pour toi : tu fais des paniers à trois points ou tu te contentes de mater le sport du haut de ton canapé ?
(Allons-y gaiement. Celui-là, je ne l’épouserai pas, de toute façon)
- Ouais. Hé hé hé. Remarque, t’as de la chance, t’as quand même des plus gros nichons que Jane Birkin, hein, ah ah ah ah !
(Ok, donc lui, c’est réglé, il est con).
Je garde malgré tout mon calme et mon sourire de façade. On ne va pas se fâcher avec les gens à peine vingt minutes après être arrivés, quand même ? Non. Je continue donc à l’écouter poliment, du moins à faire semblant tout en cherchant une technique pour m’extirper de là plus vite que mon ombre. Mais rien ne vient. Ce n’est que quand ‘Tony’ se remet à loucher sur mes seins et à y joindre le geste pour faire semblant de « mesurer ma taille de soutif avec ses mains » que je me dégage d’un geste brusque, envoyant au passage valdinguer son rhum-coca sur sa belle chemise rayée, et que je me tire de là en lui disant qu’on va pas non plus causer nibards toute la soirée, merci et bonsoir.
Tou bi continioude
14 février 2008
Eyes wide shut
14 février, journée de l’amûûûûr, il paraît. Parait aussi que l’amour rend aveugle. Ca m’étonnerait qu’à moitié, remarquez. Parce que c’est bien mignon, tout ça, mais y’a quand même des fois où on ferait mieux d’ouvrir les yeux avant de répondre nunuchement à n’importe quelle guimauverie. Genre ça :
"Dis ? Tu m’aimes ?". (Est-ce que « sans opinion » est une réponse possible, comme dans les sondages ?)
"Quand je vois tes yeux, je suis amoureux". (Oui, donc du coup, ça m’arrangerait assez que tu me regardes dans les yeux -j’ai dit les yeux- et que t’arrêtes de reluquer le cul de la serveuse.)
"Je te manque ? Tu penses à moi ?". (Heu, objectivement, là, je regarde le dernier épisode de ‘Lost’ donc, non, pas trop.)
"Aimer, c’est c’qui y’a d’plus beau". (Oui, certes… mais franchement, une robe Maje pile à ma taille, c’est pas mal aussi.)
"Ah non c’est toi qui raccroche en premier". (Et tu te magnes, steuplé, parce que je viens d’exploser mon forfait à parler bisounours avec toi.)
"Besoin de rien, envie de toi". (T’es sûr, là ? Si on te propose une petite console Wii gratuite plutôt qu’une heure de roulés-boulés sous la couette, tu choisis quoi ?)
"Je te fais plein de bisous d’amour". (C’est gentil. Ca me touche, vraiment. Mais c’est où qu’on enlève l’option « j’ai douze ans d’âge mental » ?).
"On ira où tu voudras quand tu voudras". (Oui, tant que c’est pas pendant le match de foot de samedi, apparemment, vu que t’es toujours en vieux jogg’ affalé sur le canapé alors qu’il est 15h passées.)
"Je trouve que tu es vraiment une femme merveilleuse, à tel point que je me demande encore comment tu as fait pour daigner poser tes yeux sur moi, et pour ça d’ailleurs, je veux te dire merci, alors merci, vraiment, de toute mon âme…". (Chut. Embrasse-moi, idiot. C’est vraiment beaucoup beaucoup mieux que des mots.)
"Moi je t’offrirai des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas". (Mais bien sûr. Et la marmotte…).
"Ah, si tu n’existais pas, ma chérie…". (Ben l’appart serait plein de chaussettes sales qui traînent, y’aurait jamais rien à bouffer dans le frigo, et on partirait en vacances à Quimper chez ta mère tous les ans. Mais à part ça…).
"Je t’aime comme un fou, comme un soldat, comme une star de cinéma". (Alors deviens d’abord star de cinéma, et on en recause ensuite, mon roudoudou. Et puis arrête un peu d’écouter Chérie FM, ça te chauffe les neurones…).