05 mars 2008
Vingt-quatre heures de la vie d'une femme célibataire - Part. 2
Previously on 24
Après avoir planté là ‘Tony’ et sa grâce incarnée, je retourne dans la foule, de plus en plus dense, et tombe nez à nez avec un gars inscrit au même cours de salsa que moi. Mais c’est pas vrai ça, on ne peut donc jamais avoir un peu d’intimité, bordel ?
Echanges de regards. « C’est pas toi qui… ? ». « Si si, c’est moi ». « Oui, ta tête me disait bien quelque chose ». Après avoir fait le tour des vérifications d’usage (heure du cours de danse, nom du prof, lieu de la salle de danse) histoire de se dire des trucs complètement inutiles qui meublent la conversation, on sort la fameuse carte du bracelet, qui nous sauve la mise une fois de plus. Monsieur est « Guillaume Canet » pour la soirée. Quand je lui montre mon « Jane Birkin », il s’illumine d’un coup : « Oh, je sais qui est Serge, c’est un des potes qui est venu avec moi, il est vers l’entrée là-bas, si tu veux, je… » BAM ! D’un coup, une petite minette lui tombe dessus et lui claque quatre bises bien sonores sur les joues, en hurlant « c’est moi Marion Cotillard !!! ». La pauvre n’aurait pas eu l’air plus heureuse si elle avait gagné le million à la roue du Millionnaire de Marie-Ange Nardi. Ou l’Oscar de la meilleure actrice. Ne voulant pas jouer les briseuses de couple potentiel, je m’éclipse doucement. Ma grande rencontre avec Serge attendra…
Le salon est maintenant plein à craquer. Bonne nouvelle : il y a donc bien des célibataires à Paris, merci pour l’info. Mauvaise nouvelle : aucun de ceux présents ne me plait. Et ils sont tous petits. Moi qui aime les grands, je peux voir les calvities naissantes de chacun rien qu’en me mettant sur la pointe des pieds.
Y’en aurait bien un, là, juste à côté de la cheminée, qui a l’air craquant avec son look à la Corto Maltèse. Mais il a l’air aussi terriblement sûr de lui et de son petit effet Impulse sur les nanas. Ca en donne plus envie de l’ignorer un coup que d’aller jouer les groupies en lui piaffant sous le nez « t’es qui, toi, ce soir ? Tu veux pas être mon Serge, dis ? ». Dans soirée « desperate célib’ », y’a ‘desperate’ mais ça reste avant tout une image, soyons clair.
‘Cécilia’ nous montre discrètement son coup de cœur de la soirée et nous demande notre avis. Bon, je ne cherche à décourager personne, mais en toute objectivité, cinq minutes d’observation suffisent à piger que le type en question est nettement plus orienté Bernard que Bianca, si vous voyez ce que je veux dire. ‘Cécilia’ a toujours eu du flair pour choisir ses mecs.
‘Guillaume Canet’ vient soudain me taper sur l’épaule. « Tu veux que je te présente Serge ? ». Apparemment, il s’est débarrassé vite fait bien fait de sa Marion hystérique, lui. On se fraye un passage dans la foule pour aller retrouver ses potes dans l’entrée. Et soudain, le voilà. Je l’aperçois, il est là, devant moi. Serge. ‘Mon’ Serge…
Alors rangez les violons, stoppez tout de suite cette petite musique niaise de chabadabada en fond sonore : ‘Serge’ a plutôt une bonne tronche, mais n’est pas du tout mon genre. On papote quelques minutes de la pluie, du beau temps, du « c’est fou le monde qu’il y a, hein ? » et de « tu bois quoi, toi ? ah oui, moi j’aime pas trop le rhum… ». J’en arrive finalement à cette phrase bien débile : « bon, je suis fière de nous, on a reconstitué notre couple, on a rempli notre contrat ». Et là, qu’est-ce qu’il me sort, ce con ? « Oui, enfin moi, il me reste à trouver Bambou, maintenant… ».
Ah d’accord. Ah tu le prends comme ça ? Est-ce que ce ne serait pas une technique sympa pour me dire "ma cocotte, t’es mignonne, mais t’arrêtes de me coller, j’ai encore du pain sur la planche ce soir, moi !". Je baragouine un truc incompréhensible sur Jacques Doillon, successeur de Serge auprès de Jane Birkin, range mon orgueil dans la poche de mon jean, et repars en quête de Cupidon, qui commence sérieusement à me casser les noix ce soir.
Le love post-it wall a meilleure allure depuis tout à l’heure, puisqu’il y a maintenant une bonne vingtaine de messages collés dessus. Je me rapproche pour lire un peu la prose de mes copains célibataires. Ouh, mazette… y’a du lourd ! Non, je ne dénoncerai personne. J’ai juré.
En parlant de lourd, je recroise ‘Tony Parker’ et sa chemise toute tâchée de rhum-coca. Mes ‘nichons’ et moi lui adressons un sourire parfaitement hypocrite, mais monsieur a manifestement perdu tout sens de l’humour, et me lance (de ce que j’ai pu en comprendre) un truc du genre « d’t’façon, t’as des trop p’tits seins pour moi, et t’as l’air très chiante ». Ouh, hé ben. Tout en classe et en finesse, le Tony, hein. Il devait se contenir un tant soi peu au départ, mais chassez-le au galop, il redevient naturel.
3h du matin. Je commence à être gonflée. Trop de monde, trop de bruit, je ne vois plus les quelques personnes que je connais vaguement, j’ai déjà retrouvé Serge et je ne crois pas qu’il y ait un ‘Jacques Doillon’ dans la salle, je ne remarque personne à mon goût, et on trouve mes seins trop petits. Ca fait lourd, d’un coup.
J’attrape mon manteau et mon sac, me glisse subrepticement jusqu’à la porte d’entrée, adresse un petit signe de main à l’une des hôtesses pour la remercier, et ressort de l’appartement bruyant et enfumé.
Dehors, dans la rue, m’attend l’ultime mission de la soirée : trouver un taxi pour rentrer chez moi. Je guette les voitures en détachant d’une main le bracelet ‘Jane Birkin’ encore noué à mon poignet gauche et en le fourrant au fond de mon sac. Ce n’était pas LA soirée, mais c’était une bonne soirée malgré tout. Dommage que Cupidon ait manifestement préféré partir en vacances au ski, au lieu de rester faire son job correctement ici, pour moi, ce soir.
03 mars 2008
Vingt-quatre heures de la vie d'une femme célibataire - Part. 1
L’un des avantages à être célibataire, c’est que les soirées où l’on vous entraîne réservent encore leur lot de surprises. Donc quand ma copine Caro m’a proposé de m’emmener avec elle à une soirée spéciale « cœurs à prendre », je me suis dit que ça allait valoir son pesant de Curly et j’ai sauté sur l’occasion.
Il y a bien un petit côté pathétique là-dedans, je le reconnais. Rassembler des dizaines de célibataires entre eux à la même soirée, en interdisant tout bonnement l’accès aux gens en couple (véridique), ça revendique un peu la fameuse caution « libre immédiatement, disponible sur place ou à emporter, rendez-vous ultérieur envisageable ». En gros, "faites votre marché, les gars".
En même temps, prenons-le avec le sourire, et pour les occasions de nouvelles rencontres que cela apporte. Parce que je n’apprends rien à personne en disant qu’à trente ans et des bananes, on a quand même du mal à croiser de nouvelles têtes. Les amis restent des amis, les amis des amis ont déjà été présentés, les copines sont casées et ne sortent plus beaucoup, les ex sont possessifs et n’encouragent pas à la nouvelle rencontre, les collègues de bureau ne font pas le turn-over tous les trois ou quatre mois…
Cette soirée « desperate celib’ » tombait donc plutôt à pic.
23h. L’appartement immense est déjà plein à craquer d’âmes seules en quête d’âme soeur. A notre arrivée, on nous remet un bracelet rose ou bleu avec le nom d’une moitié de couple célèbre. But du jeu : retrouver dans la masse de gens « son » ou « sa » partenaire théorique pour la soirée. Ce jeu qui a l’air un peu crétin comme ça sur le papier permet quand même de fournir un prétexte tout trouvé pour qui voudrait aborder la jolie blonde près du buffet ou le grand brun qui fume à la fenêtre.
Le temps de la soirée, je serai donc Jane Birkin. A charge pour moi de retrouver mon Serge Gainsbourg parmi les soixante-dix mecs présents ce soir. Bon, Serge, évidemment, c’est loin d’être mon idéal physique, hein, entendons-nous bien. Mais à ce jeu-là, on joue sans trop se poser de question, on ne fait pas comme mes deux copines arrivées en même temps que moi : la première, affublée de « Bridget Jones » a limite eu les larmes aux yeux direct (« putain, ça se voit tant que ça ? »), la seconde a hérité de « Cécilia », et a du perdre quinze minutes de son temps à chercher à comprendre si elle devait retrouver son Nicolas (heu, ben, comment te dire…) ou son Richard Attias.
La fête est lancée, la musique couvre à peine les pia-pias à droite à gauche. Sur le mur qui longe la cuisine, les hôtesses ont installé le « love post-it wall » : chaque invité peut laisser sa déclaration d’amour ou d’humour à un(e) autre invité(e) sur un post-it coloré que tout le monde peut lire et s’empressera de transmettre à l’intéressé(e) si besoin. Pour le moment, seuls deux messages d’amour se battent en duel. Et à y regarder de plus près, l’un des deux est un dessin limite porno. Cupidon a encore du taff pour la soirée, on dirait.
Direction la cuisine pour me servir un verre. J’en profite pour commencer à faire un peu connaissance. ‘Tony Parker’ s’approche de moi, l’haleine déjà bien chargée, et entame la discussion sur le sujet du bracelet.
- C’est con ce truc. Tu parles pas avec un accent anglais, tu peux pas être Jane Birkin !
(Finaud, le mec, quand même, on notera)
- Ben oui, mais c’est pareil pour toi : tu fais des paniers à trois points ou tu te contentes de mater le sport du haut de ton canapé ?
(Allons-y gaiement. Celui-là, je ne l’épouserai pas, de toute façon)
- Ouais. Hé hé hé. Remarque, t’as de la chance, t’as quand même des plus gros nichons que Jane Birkin, hein, ah ah ah ah !
(Ok, donc lui, c’est réglé, il est con).
Je garde malgré tout mon calme et mon sourire de façade. On ne va pas se fâcher avec les gens à peine vingt minutes après être arrivés, quand même ? Non. Je continue donc à l’écouter poliment, du moins à faire semblant tout en cherchant une technique pour m’extirper de là plus vite que mon ombre. Mais rien ne vient. Ce n’est que quand ‘Tony’ se remet à loucher sur mes seins et à y joindre le geste pour faire semblant de « mesurer ma taille de soutif avec ses mains » que je me dégage d’un geste brusque, envoyant au passage valdinguer son rhum-coca sur sa belle chemise rayée, et que je me tire de là en lui disant qu’on va pas non plus causer nibards toute la soirée, merci et bonsoir.
Tou bi continioude
14 février 2008
Eyes wide shut
14 février, journée de l’amûûûûr, il paraît. Parait aussi que l’amour rend aveugle. Ca m’étonnerait qu’à moitié, remarquez. Parce que c’est bien mignon, tout ça, mais y’a quand même des fois où on ferait mieux d’ouvrir les yeux avant de répondre nunuchement à n’importe quelle guimauverie. Genre ça :
"Dis ? Tu m’aimes ?". (Est-ce que « sans opinion » est une réponse possible, comme dans les sondages ?)
"Quand je vois tes yeux, je suis amoureux". (Oui, donc du coup, ça m’arrangerait assez que tu me regardes dans les yeux -j’ai dit les yeux- et que t’arrêtes de reluquer le cul de la serveuse.)
"Je te manque ? Tu penses à moi ?". (Heu, objectivement, là, je regarde le dernier épisode de ‘Lost’ donc, non, pas trop.)
"Aimer, c’est c’qui y’a d’plus beau". (Oui, certes… mais franchement, une robe Maje pile à ma taille, c’est pas mal aussi.)
"Ah non c’est toi qui raccroche en premier". (Et tu te magnes, steuplé, parce que je viens d’exploser mon forfait à parler bisounours avec toi.)
"Besoin de rien, envie de toi". (T’es sûr, là ? Si on te propose une petite console Wii gratuite plutôt qu’une heure de roulés-boulés sous la couette, tu choisis quoi ?)
"Je te fais plein de bisous d’amour". (C’est gentil. Ca me touche, vraiment. Mais c’est où qu’on enlève l’option « j’ai douze ans d’âge mental » ?).
"On ira où tu voudras quand tu voudras". (Oui, tant que c’est pas pendant le match de foot de samedi, apparemment, vu que t’es toujours en vieux jogg’ affalé sur le canapé alors qu’il est 15h passées.)
"Je trouve que tu es vraiment une femme merveilleuse, à tel point que je me demande encore comment tu as fait pour daigner poser tes yeux sur moi, et pour ça d’ailleurs, je veux te dire merci, alors merci, vraiment, de toute mon âme…". (Chut. Embrasse-moi, idiot. C’est vraiment beaucoup beaucoup mieux que des mots.)
"Moi je t’offrirai des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas". (Mais bien sûr. Et la marmotte…).
"Ah, si tu n’existais pas, ma chérie…". (Ben l’appart serait plein de chaussettes sales qui traînent, y’aurait jamais rien à bouffer dans le frigo, et on partirait en vacances à Quimper chez ta mère tous les ans. Mais à part ça…).
"Je t’aime comme un fou, comme un soldat, comme une star de cinéma". (Alors deviens d’abord star de cinéma, et on en recause ensuite, mon roudoudou. Et puis arrête un peu d’écouter Chérie FM, ça te chauffe les neurones…).
16 octobre 2007
Mon mec à moi
Mon mec à moi, il est un peu bizarre. Limite j’me demande parfois si c’est un vrai mec. Il dit qu’il n’aime pas les strings, ni les jupes, par exemple. Ou qu’un jean met bien plus en valeur les courbes féminines. Bon, admettons. Quelque part, ça m’évite de me déguiser en Barbie Pétasse tous les jours. Mais je suis sûre que ça cache quelque chose de louche. En revanche, évidemment, il est à fond pour le port du micro short, même surtout en plein hiver, avec les bottes et tout le bordel. Ben tiens, on voit que c’est pas lui qui se les pèle grave, hein !
Mon mec à moi, il a beau faire des efforts, il ne comprendra jamais rien à mes tentatives modesques. Il y met du sien pourtant hein, je le vois bien. Il a déjà pigé, après moult effort, ce qu’étaient des leggings ou ce qu’on appelait des ballerines. Attention, ici progrès. Mais toutes les petites robes amples et évasées qui font la mode cette saison, on oublie tout de suite. Selon lui « ça fait femme enceinte, et c’est moche ». Bam. Tssss, aucune culture, aucun goût.
Mon mec à moi, il fait toujours des compliments à côté de la plaque. L’intention y est, mais si je m’arrête au sens propre de la phrase, j’ai plus envie de chialer que de battre des cils amoureusement. Genre dernièrement, j’ai quand même eu droit à « t’es mon sac à patate préféré » (sans commentaire) ou à un « hé mais t’es cultivée en fait ! » criant de vérité. En fait, il devait me prendre pour une vraie truffe, j’imagine. M’enfin le top du top, ça reste quand même le moment où, peu de temps après notre rencontre, il a cru me faire rosir de plaisir en me faisant un superbe compliment sur mes somptueux yeux bleus… alors qu’ils sont verts. Alors là, carton rouge, monsieur l’arbitre !
Mon mec à moi, il a pigé qu’il ne fallait pas gêner mon sommeil s’il voulait échapper à la grosse mandale dans les dents en pleine nuit. Du coup, il fait super gaffe. Il évite de ronfler comme un tracto-pelle rouillé et me laisse pioncer sans boules Quiès. C’est déjà ça de gagné. En plus, question bouillotte, il se pose là, le mec, hein. Réduction de 40 % sur la facture de chauffage électrique. Au moins. Bon, en échange, il a des habitudes de petit vieux, et ne peut dormir que du côté droit du lit. Pfffff, si jeune et déjà si routinier. C’est moche.
Mon mec à moi, il me parle d’aventures. De sa dernière virée au Quick, de ses soirées dépravées et hautement alcoolisées entre potes, ou de l’achat de son GPS par exemple. Parce que mon mec, il a une vie trépidante, il faut le savoir. Et y’a pas à dire, il sait me faire rêver comme personne. Je suis sous le charme. Totalement. Et inconditionellemZzzzzzz…
Mon mec à moi, il a beaucoup d’amis, pas mal d’ex, un tas de relations plus ou moins proches, des collègues, une famille. Autant dire qu’il n’a pas trop de difficultés à remplir son agenda. Bientôt, je l’appellerai "Monsieur le Ministre" et je contacterai sa secrétaire pour prendre rendez-vous avec lui. Tant qu’il trouve du temps pour nous, je lui pardonne. Parce que bon, quand même, c’est mon mec. A moi.
10 septembre 2007
Jeune demoiselle recherche un mec mortel
Dans la famille « nana relou qui sait jamais ce qu’elle veut », je suis ce qu’on appelle une bonne pioche. Du genre, par exemple, à faire des pieds et des mains pour retrouver un type pourtant méchamment éconduit lors de la première rencontre.
J’te raconte, public ? Allez, j’te raconte.
Soirée d’entreprise de mon amie J, un soir de septembre 2002. (J. bossait alors dans une grande radio d’information, que la décence m’empêche ici de nommer, mais si t’es pas trop neu-neu, tu trouves fastoche). La fête bat son plein, la musique est naze à souhait, les petits fours ne sont pas dégueu et le champagne coule à flots. Bonne ambiance, donc.
Vers deux heures du matin, la salle s’est vidée de moitié, les gens commençant à montrer leurs limites en « gestion d’open-bar », et je vais m’asseoir à l’écart pour faire une petite pause. Là, sorti de nulle part, un beau brun au sourire à fossettes s’approche et s’installe à côté de moi. Il finit par entamer la conversation gentiment. Soudain, en moi, quelque chose fait pschiiiiit : monsieur s’appelle Jérôme, est beau comme un camion volé, a un sourire qui me fait fondre, une façon de parler douce mais posée, et des manières de gentleman.
A ce stade de l'histoire, tu te dis « c’est bon, elle a décroché le cocotier, chabadabada, love is in the air, ils vécurent heureux et gna gna gna ».
Sauf que non.
Sans trop savoir pourquoi, alors que les premiers petits papillons dans le bidou se font ressentir, je me vois me transformer progressivement en mégère hargneuse, prête à mordre et à sortir les griffes à la première tentative de draguouillage trop prononcé.
Jérôme encaisse les piques et les vannes avec sourire et humour, et ne lâche pas prise. Il me propose de me laisser son numéro, je le rembarre d’un « pour quoi faire, franchement ? », mais il tient bon. Tenace, le mec.
Jusqu’au moment où, quand même, découragé par mon attitude hautaine et méprisante de Miss Alaska 1992 (et peut-être aussi saoulé par les gloussements de mes copines qui ne perdent rien de la scène, quelques chaises plus loin), ‘Gueule d’amour’ se lève, me claque doucement la bise et s’en va rejoindre ses potes pour quitter les lieux.
Hé merde…
Intérieurement, je me maudis, me traite de tous les noms et me flagelle mentalement avec un bouquet d’orties fraîches. Y’a pas à dire, je sais être très conne, parfois.
Les jours passent, et cette vieille impression d’avoir peut-être laissé passer quelque chose persiste. Il faut à tout prix que je retrouve ce mec, c’est une question de vie ou de mort. Au moins.
Dans un premier temps, on épluche consciencieusement avec J. le listing des invités à la soirée, récupérée à grands renforts de bobards honteux auprès du service communication de la fameuse radio. Seulement, sur plus de 800 invités, autant vous dire que des Jérôme, y’en a un peu à la pelle. Ce con, il pouvait pas s’appeler Roméo ou Jean-Eudes, non ? Aucune piste de ce côté, donc.
Après avoir harcelé toutes les personnes présentes à la soirée avec la fiche signalétique du beau gosse (« Jérôme, un grand brun, sourire aux fossettes ? Nan, tu vois pas ? T’es sûr ? Bon, tu sers à rien, dégage… »), une évidence s’impose : il ne reste que la solution ‘petites annonces de Libé’.
Je m’attelle donc à la tâche, et finis par pondre quatre lignes d’annonce rassemblant les maigres éléments dont je dispose pour le faire identifier, suivies d’une adresse mail : regrette_le_zef [at] xxx.fr.
Et puis j’attends.
Et puis rien.
Le premier jour de parution, mon annonce est lue à l’antenne par le journaliste en charge de la ‘revue de presse’, et J. m’informe que quelqu’un en a fait un agrandissement et l’a placardée sur le tableau d’affichage de la salle de conférence de la radio.
Mais dans ma boîte mail, c’est toujours le désert de Gobi.
L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais avec moi, c’est comme avec Paic Citron : quand y’en a plus, y’en a encore.
Parce que figure-toi, lecteur suspendu à ces lignes pleines de suspense insoutenable, que j’ai recroisé ce garçon quelques mois plus tard, par le plus grand des hasards, dans une soirée branchouille parisienne. Ou plus exactement, c’est l’une de mes copines qui lui a foncé dessus en braillant comme une vache « bah Jérôme, tu lis jamais les journaux ? ». Comment faire fuir la proie, chapitre un.
On finit quand même par se retrouver dans les escaliers, à patauger copieusement pour trouver un sujet de conversation. Il dit ‘se souvenir vaguement de moi’, je range ma dignité et mon orgueil dans mon sac à main, on baragouine deux trois trucs en rapport avec son boulot, et il me file son numéro de tél avant de rejoindre sa clique.
Je contemple sa carte de visite, perplexe. "Mon" Jérôme est toujours aussi craquant physiquement, mais je viens de me rendre compte qu’il a une voix de canard castré. Le mythe s’effondre.
Soucieuse de rétablir mon honneur, je l’appelle néanmoins deux jours plus tard avec l’idée de lui raconter cette fine allusion à la lecture des journaux. En vrai, je veux surtout faire un test : cette histoire de voix me turlupine au plus haut point.
Hé ben paf. Répondeur. Même pas personnalisé. « Vous êtes bien au 06 XX XX, … ». Pour le test, on repassera, donc. Je laisse quand même un message vaseux avec quelques mots clés, du genre « explications », « petites annonces », « regrets », « rappelle-moi ».
Bon. Soit le mec n’a pas suffisamment d’ego pour avoir le fin mot de cette sombre histoire dont il est le héros malgré lui, soit il a grave flippé devant le troupeau de greluches qui a traversé toute la salle de la soirée pour lui parler de Libération et de ses petites annonces. La seconde possibilité est très envisageable, à mon sens. Toujours est-il que je n’ai jamais eu de nouvelles de sa part.
Pour clore le truc en beauté (parce que merde, quand même, après tout ce jeu de piste…), j’ai juste fini par envoyer un sms disant « Un vent pour un vent. OK, c’est de bonne guerre. Mais c’est dommage… ».
Noir.
Rideau.
Fin de l’acte.
... Bon, au moins, ça me fait un truc marrant à raconter dans les dîners, maintenant.
01 février 2007
Les gentilles filles vont au paradis. Les autres vont où elles veulent.
On m’a souvent dit que les hommes préféraient les chieuses. Peut-être pour me rassurer, je ne sais pas. Mais en tout cas, sur ce coup-là, « on » a été rudement bien inspiré. Parce que si j’en crois ma propre expérience (ahem…) et celles de certaines copines assez pros dans le domaine, je dois dire que « on » est plutôt perspicace. Car c’est un fait aujourd’hui prouvé (par moi, du moins), les hommes préfèreront toujours une emmerdeuse de choc à une petite nouille trop gentille. J’ai des preuves, monsieur le juge.
Déjà, remettons les choses à leur place. Quand je dis « chieuse », ce n’est pas à prendre au pied de la lettre, c’est juste pour récapituler en un seul mot l’idée globale de la nana qui a… disons… un caractère bien trempé. Qui sait ce qu’elle veut. Et qui le dit. Haut et fort. Et souvent. Quitte à passer parfois pour une mégère hystérique et survoltée.
Avec elle, les assiettes volent, les portes claquent, les critiques fusent, les reproches pleuvent. Mais on ne s’ennuie pas un instant. Et les réconciliations après la crise peuvent être si douces.
Une pointe de jalousie, un soupçon de caprice, une pincée de contradiction qui désorienterait le plus carré des hommes. La chieuse, c’est le sel et le poivre à la fois. Le piment brut qui relève le quotidien de saveurs inédites et inattendues.
Vous allez dire que là, je prêche pour ma paroisse. Un peu, oui… Mais tout est question de nuance, malgré tout. A se comporter en princesse grand luxe, à croire que tout lui est dû, à imaginer que le monde tourne autour de sa précieuse petite personne, la chieuse en devient rapidement juste méga relou. Frontière floue, équilibre précaire et subtil. Comme en cuisine, il faut savoir trouver le savant dosage.
Mais ça, les hommes aiment, quoi qu’ils en disent. Si si si, pas la peine de nier, j’ai trop d’exemples autour de moi pour vous croire une seule seconde si vous osez prétendre le contraire, messieurs. J’ai d’ailleurs le souvenir d’un copain éperdument amoureux d’une nana plus volcanique que l’Etna et le Vésuve réunis, qui, à la question fatidique « mais qu’est-ce que tu fous encore avec cette chieuse ? », a répondu un peu désabusé « elle me rappelle ma mère ». Ah ? Bon. Dans ce cas…
Allez, objectivement, avouez que c’est quand même plus marrant, une fille au sang chaud qui réagit au quart de tour. Comment ? « Plus épuisant aussi », dites-vous ? Oui, certes. On n’a pas l’un sans l’autre.
A côté de la chieuse, la minette trop sage et passive qui acquiesce gentiment et fait le toutou docile, ça ressemble à un flan fade et flasque. Soyons sincères deux minutes, si on met à part sa plastique de Barbie, Loana n’a jamais fait fantasmer personne, à part peut-être Jean-Ed' et quelques pisciniers. Et encore. Désolée si je brise les illusions de certaines.
Notez, on dit que les hommes préfèrent les chieuses, mais l’inverse est tout aussi vrai. Souvenez-vous, les filles, vous avez sans doute déjà croisé dans votre vie amoureuse un très gentil garçon (je n’aime pas dire du mal des gens, mais effectivement, il est gentil) toujours d’accord sur tout, jamais fâché pour rien, et à qui, foncièrement, on n’a pas grand chose à reprocher… si ce n’est qu’on s’emmerde comme un rat mort avec lui. Ben oui, désolée d’être brutale comme ça, mais franchement, le type qui dit amen à tout sans jamais broncher, c’est très vite gavant, bizarrement.
Pourquoi, à votre avis, ce sont toujours aux bad boys qu’on s’accorde à trouver du charme et du charisme, hein ? Pourquoi on bave plus sur un Johnny Depp ou un Colin Farell que sur un Daniel Auteuil ou un Stéphane Bern ? Bah j’me demande, tiens…
09 novembre 2006
Pomme Z
Vous n’aimeriez pas, parfois, pouvoir remonter dans le temps et effacer ce qui vient tout juste d’arriver ? Appuyer sur Pomme + Z pour « annuler la dernière action » et recommencer à zéro ?
Bah moi aussi. Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai encore eu cette furieuse envie de contrôler la touche « Rewind » du magnétoscope de ma vie.
Je vous plante le décor. Dimanche matin. Réveil tardif. Un peu dans le gaz. Et absolument rien dans la cuisine qui puisse ressembler de près ou de loin à l’équivalent d’un petit-déj’. Or je sais pas vous, mais moi, je ne peux pas commencer une journée sans un petit quelque chose dans le ventre.
Pleine d’entrain (du moins pour un dimanche matin-quasi-midi), j’enfile rapidement un jean, des vieilles converses roses et un gros pull, m’emmitoufle dans une écharpe, attrape quelques euros, et trottine gaiement jusqu’à la boulangerie la plus proche de chez moi.
Je salive déjà à l’idée d’un pain au chocolat ou de chouquettes, quand soudain, vision d’horreur. Là, devant moi, attablé à la terrasse de café, J., mon ex. Cerise sur le pudding, il est accompagné d’une ravissante petite blondinette aux airs de poupée, qui n’est sans doute pas sa cousine, si j’en crois les regards de Bambi qu’elle lui lance.
J. m’aperçoit et me fait un large sourire en se levant. C’est déjà bien, il aurait pu tirer la tronche. Je me dirige vers lui, tout en faisant mentalement la check-list du tableau affligeant qu’il a devant les yeux : je suis donc habillée comme un sac, pas un poil de maquillage, les cheveux à peine coiffés en un vague chignon, genre retour de plage mais sans le côté maillot deux-pièces et grains de sable collés à la peau qui rendent le tout sexy.
Bien. C’est PAR-FAIT.
Il fallait évidemment que je tombe sur lui aujourd’hui. Pas hier, quand je portais mon fabuleux pantalon noir et mes talons vertigineux. Non. Aujourd’hui. Avec mes vieilles Converses. Roses, je vous le rappelle. C’est mêêêêrveilleux, le hasard, n’est-ce pas ?
« Comment vas-tu ? Ca me fait plaisir de te voir. Remarque, en venant dans le quartier, j’avais une bonne chance de tomber sur toi. »
Je lui souris, un peu crispée. (« Donne-moi deux secondes, je décroche la corde du lustre, je range le tabouret, et je suis à toi ».)
« Ben ça va… »
J’hésite à rajouter un truc dans le genre « comme tu le vois, je suis au top de mon sex-appeal », mais c’est peut-être pas la peine d’en remettre une couche, au point où j’en suis.
La discussion ne s’éternise pas, vu qu’on n’a qu’une envie, mes godasses et moi : aller se planquer au fond d’un trou. J. doit me trouver un peu distante. Bambi, quant à elle, se contente d’un regard appuyé me détaillant de la tête aux pieds, qui semble vouloir dire « Ah, c’est elle ? hé ben… ».
Aaaaaaarrrrgggggg ! Les boules. Les maxi-boules, même. J’aurais voulu qu’il me revoie sous un meilleur jour. J’aurais voulu qu’elle ne me juge pas si sévèrement. J’aurais voulu faire Pomme Z.
Nadia m’a dit une fois « ta vie ressemble à un film de Claude Pinoteau (La Boum / L’Etudiante), pleine de petits incidents très amusants à observer, mais qui doivent être assez chiants à vivre soi-même ».
Bon, admettons. Mais est-ce que dans ce cas, je pourrais avoir les mêmes seins que Sophie Marceau, à défaut de lui ressembler ?
10 septembre 2006
Instinct masculin ?
Il me fait le coup à chaque fois. Je sais pas comment il se démerde, mais dès que je prends un peu le large, que j’arrive à m’éloigner suffisamment de lui, voire à le zapper momentanément de ma vie… paf, il rapplique. Enfin, « rapplique », façon de parler, puisqu’il n’habite pas à Paris. Disons qu’il se manifeste. Un mail, un coup de fil, un message nocturne sur mon répondeur… tous les moyens lui sont bons pour me rappeler qu’il existe. Comme s’il ne voulait pas me laisser définitivement passer à autre chose.
Ce mec a des antennes ou quoi ? Comment fait-il pour toujours sentir ce moment critique où il me suffirait d’un tout petit rien pour le sortir complètement et définitivement de ma vie amoureuse ?
Pourquoi faut-il qu’à chaque fois que j’ai l’impression d’avoir tourné la page, clos le chapitre, fermé la parenthèse (ou tout autre expression signifiant la même chose, vous aurez saisi l’idée principale), monsieur trouve un moyen de rabouler sa fraise, et me fasse par la même occasion me poser mille et une questions à propos de toute cette histoire foireuse ?
Parce que oui, sachez-le, c’était une histoire foireuse. J’en ai traîné les casseroles pendant des mois, j’ai pas mal morflé au passage (sinon, c’est pas drôle, bien entendu), mais j’ai fini par tirer un trait sur tout ça, parce que trop compliqué, trop chaotique, trop bordélique. Trop tout. Ou pas assez. Ca dépend du point de vue.
Pourquoi ne me fout-il pas la paix ? Pourquoi, alors qu’on a repris notre vie chacun de notre côté, et qu’il sort avec la même minette depuis plus d’un an, qui est plutôt sympathique au demeurant, ne peut-il pas s’empêcher de ponctuer ses messages de petits sous-entendus débiles en rapport avec notre histoire d’avant ? Comme une façon de retenir quelque chose du passé, malgré tout, alors que...
Et pourquoi, pourquoi, POURQUOI, alors que j’ai pourtant l’impression d’avoir fait mon chemin moi aussi, arrive-t-il à me contrarier autant en se comportant ainsi ?
Est-ce que tous les hommes font ça ? Est-ce que c’est une façon bien à vous de marquer votre territoire, ou de continuer à « posséder » même à distance ce qui vous a « appartenu » un temps ? Hé ben c’est naze…
(Voilà un billet 100 % personnel, une fois n’est pas coutume…)
26 juillet 2006
EX-ercice de réfl-EX-ion
La semaine dernière, j’ai dîné avec E., mon ex. Ca fait maintenant presque cinq ans qu’on s’est séparé, et pourtant, après quelques vagues, on a réussi à négocier le virage de transformation d’une relation amoureuse en relation amicale. Seulement quoi qu’on en dise, une ancienne histoire d’amûûûr laisse fatalement des traces dans les rapports qu’on entretient aujourd’hui. Sans refaire le débat « l’amitié sans ambiguïté entre un homme et une femme est-elle possible ? », disons simplement que quand Cupidon est passé par là, ça ne facilite pas la suite des choses.
Alors un ex, ça sert à quoi ? Pas vraiment à être un ami, à mon sens. Parce que des amis garçons, j’en ai plein, et la différence est quand même là. Un ex n’aura jamais sur nous le même regard qu’un ami avec qui il ne s’est jamais rien passé de physique.
Un confident ? Pourquoi pas, dans la mesure où la relation passée s’est terminée d’un commun accord entre les deux, et que chacun a pu continuer son petit bout de chemin amoureux sans trop d’amertume ou de ressentiment. Car si l’un des deux est resté sur le carreau lors de la séparation, il y a fort à parier que les grandes envolées lyriques sur les atouts cachés de Georges-Pascal, notre nouvelle conquête, lui fassent autant d’effet qu’un coup de pelle dans les dents. Aïe.
Un « conseiller conjugal » ? Là encore, on suppose que la relation amoureuse ne s’est pas achevée dans un bain de sang, et surtout, que l’ex en question est doté d’une belle âme, pour pouvoir nous donner les clés qui permettront de séduire l’autre sexe. Perso, vous pouvez me traitez de gamine égoïste et immature ou ce que vous voulez (même pas mal !), j’ai toujours eu de la peine à jeter mes anciens amoureux dans les bras de nouvelles conquêtes. Y’a toujours un vieux reste de possessivité qui subsiste. Je sais, je sais, c’est pas glorieux. Mais en même temps, les ex en question agissent pareil. Alors un point partout, balle au centre, et reprise du match.
Si les conditions sont remplies (donc dans un cas sur mille, soyons francs), l’ex peut s’avérer un excellent conseiller. Après tout, il a au moins l’avantage de nous connaître sur le bout des doigts (dans tous les sens du terme) et de pouvoir y aller de sa petite recommandation sur nos atouts de séduction. (Encore que… Ce qui marche avec l’un n’est pas forcément du goût d’un autre…) (Mais si c’était trop simple, on n’en serait pas là à écrire des théories fumeuses sur nos blogs, non ?)
Un remonteur de moral ? Là je dis oui. Un ex, si c’est un garçon gentil et sensible, saura parfaitement trouver les mots-clés pour nous redonner sourire et confiance en soi, au moins temporairement. Je sais pas pour vous, mais moi, un petit « mais bien sûr que si, tu vas rencontrer quelqu’un de bien, parce que tu le mérites vraiment », ça mange pas de pain (limite ça veut rien dire, même) mais ça regonfle un peu l’ego qui s’essoufflait. En revanche, si l’ex est un sale con macho et misogyne, inutile de préciser qu’on ne doit rien attendre de lui, voire on se pose en priorité la question de savoir comment ça se fait qu’un type comme ça fasse partie de nos ex. (Bonjour la note du psy !).
Bref, un ex, ça peut rendre bien des services, mais c’est un peu comme le chocolat, y’a un moment où faut savoir dire stop. Parce qu’un ex, comme son nom l’indique, justement, c’est un ex. Il appartient au passé. Il évoque une époque révolue, une période qui ne nous correspond plus aujourd’hui, parce qu’il / on / nous avons mûris. Si les choses ont merdé entre nous, c’est bien qu’il y avait une raison à ça.
La tentation est grande, parfois, de se dire « et si on essayait à nouveau ? C’était pas si mal, en fait ». Wwwwwrrrrrrroongggg ! Mauvaise réponse. Et pensée qui survient souvent en période de doute et de remise en question profonde de soi-même. Donc peu objective. Donc à balayer dare-dare, ouste, plus vite que ça. La stratégie qui consiste à se replier sur ce qui est proche et qu’on maîtrise à peu près, plutôt que d’aller affronter l’inconnu, ça fait rarement décrocher le lotobingo. Parlez-en à Alexandre le Grand, ou dans un autre genre, à Madonna, ils vous confirmeront ma théorie.
Et puis un ex, ça vous connaît parfois trop bien, justement. Il peut utiliser tout ce qu’il sait de nous pour nous faire réagir, en bien (« tu as l’air plus posée, plus sûre de toi ») ou en mal (« il serait vraiment temps que tu quittes les jupes de ta mère, tu crois pas ? »). (Je précise à toutes fins utiles que ces exemples sont purement illustratifs et en aucun cas autobiographiques, des fois que…). Impossible de tricher avec lui donc, impossible de faire semblant ou de jouer un jeu, il lit en vous comme dans un livre ouvert. Pour le côté énigmatique de la femme mystérieuse, on repassera plus tard, merci bien.
Non, franchement, un ex, c’est ultra important, tant que ça reste à sa place d’ex, justement. Et à bien y regarder, je crois que je verrais d’un œil méfiant toute personne qui traiterait systématiquement son/ses ex avec trop de bienveillance (« on est devenu les meilleurs amis du monde »), parce que le côté bisounours, ca va bien mais faut pas pousser non plus. Tout comme je me méfierais de rejets trop radicaux, dans le genre « plutôt porter un Kway vert et mauve que de reparler un jour à ce gros con ». Parce qu’à mon avis, les situations EX-trêmes cachent toujours leurs petits secrets inavoués…
PS : c’est hallllllllllucinant le nombre de parenthèses que je viens d’utiliser dans ce billet.
30 juin 2006
Astro-logique
Mon horoscope d'aujourd'hui, dans le journal Métro (le top du top en matière de prédictions astrologiques, comme chacun sait !) :
VERSEAU : Vénus, la planète de l'amour, entre dans votre cinquième maison solaire et vous convie à des festivités sentimentales. Un coup de foudre ou un coup de coeur se profile. Vous retrouvez la fougue de votre adolescence.
Bon... Ben y'a plus qu'à... ;-)
