Gin Fizz

Bulles de vie...

Mon homme, le sport et mon été pourri

13 juin 2012

Roland Garros 2012

Hypothèse n°1, confirmée : Cette année, après Roland-Garros vient l'Euro 2012, puis le Tour de France, puis les J.O de Londres.
Hypothèse n°2, affirmée : Chéribibi est fan d'à peu près tout ce qui contient un ballon, une roue et/ou des commentateurs hystériques.

Bien. Si je pose 2 et je retiens 4, carré de l'hypoténuse ou pas, je suis donc en mesure d'affirmer que je vais passer un été assez pourri. CQFD.

Déjà, en temps normal, le sport et moi, globalement, ça fait deux. J'veux dire, filez-moi par exemple une raquette entre les mains, et vous êtes à peu près sûrs de passer un très bon moment de poilade devant ma dexterité et mon sens de la grâce sur un court de tennis. Du coup, j'ai résolu la question avec plus ou moins de facilité, en me tenant très loin de toute salle de sport. (ho, ça va, je marche vite dans les couloirs du métro et je prends les escaliers, ça compense, non ?).

Mais alors, pour ce qui est du sport à la télé, j'avoue, je n'ai pas encore trouvé la solution. Donc je subis. Patiemment. En silence.
Au mieux, j'essaye de m'intéresser un peu à la chose. Roland Garros, par exemple, j'ai fini par bien aimer, et même par piger toutes les règles. Et pour le foot, remerciez bien fort Zidane, Lizarazu, Pirès et Henry qui ont réussi à me faire presque aimer les matchs qualificatifs d'équipe de France.

Bon, mais après ?

Je serai brève sur le cas "Formule 1", qui fait régulièrement le bonheur de mes dimanches après-midi. Cette impression d'habiter en bord du périphérique parisien grâce à la bande son des diffusions de Grands Prix me laisse, mmm, complètement sous le charme. Et puis peut-on décemment appeler ça du "Sport" ? A part un concours de moteurs bien carossés et de combinaisons intégrales bardées de logo mochingues, la F1, c'est quoi ? Que quelqu'un se dévoue pour m'expliquer parce que sinon, sincèrement, je ne vois pas.

Mais le cas le plus grave, le plus atroce, le plus abominaffreux, le cas qui relève du pénal, qui devrait vous coller directement en prison sans passer par la case départ ni toucher les 20 000, c'est... le cyclisme. (On dirait presque un gros mot).
Honnêtement, entre nous, qui de normalement constitué peut bien trouver un intérêt (même minuscule) à une troupe de gugusses en shorty moulants qui s'acharnent à pédaler sur les routes les plus pentues de France et de Navarre ? Hein, qui ? Chéribibi ? Hé bah bonne pioche !
Le Tour de France, c'est ma malédiction depuis la plus tendre enfance, quand déjà, mon grand-père, chez qui je passais mes vacances d'été, me faisait louper tous mes dessins animés préférés pour regarder ce programme soporifique au possible. Aujourd'hui, je ne regarde plus les dessins animés, mais j'ai droit à un compagnon qui est capable (oui messieurs dames) de me sortir des phrases comme "attends, j'enregistre l'étape de demain, c'est le col du Tourmalet, ça va être grandiose".

Je menace de demander le divorce jusqu'en septembre.


Un poids, deux mesures

28 mars 2011

cornet_de_l_gumesAvec les températures printanières des derniers jours, Chéribibi a soudainement décidé de retrouver sa ligne de jeune homme, et donc de perdre un peu de poids. Il est venu me trouver un soir, une balance sous le bras, affichant l'air grave de ceux qui ont une très mauvaise nouvelle à annoncer. "Chuis gros, ça va plus du tout...", m'a-t-il dit, en empoignant ses petites poignées d'amour d'un geste rageur. Et au terme d'un long diagnostic, il a fermement conclu sur ces mots : "demain, régime !".

C'est là qu'on a commencé à se marrer.

Faire attention, manger moins gras, supprimer toutes les cochonneries sucrées... il faut déjà savoir que tous ces principes ne sont pas vraiment le fort de Chéribibi. Môôôsieur est un épicurien, amoureux des petits plaisirs de la table. Alors un régime, excusez-moi de rigoler, mais bon.

Il a commencé fort, cela dit. A ma mise en garde sur les boissons dites light bourrées d'aspartame pas top pour la santé, il m'a rétorqué sûr de lui : "Bah j'vais prendre du Coca Zéro alors. Y'a rien dedans, "zéro" sucre". Ah ouais, d'accord... Y'a du boulot. Comment t'expliquer, mon chéri, que c'est justement parce que c'est "zéro sucre" que c'est encore plus blindé de faux sucres, du coup ?

J'ai ensuite eu droit au "terminé le croissant du samedi matin. Dorénavant, c'est baguette aux céréales, point barre". (Il avait l'air tellement sérieux en disant ça que je l'ai presque cru).

Le pompon de l'affaire intervient au moment où il est revenu des courses. Dans son panier, entre autres, des 'steacks' de boulghour et épaultre (mais lol, quoi), des lardons, certes, mais BIO (comme si bio signifait régime), des yaourts nature (le truc qu'il n'a pas du manger depuis mille ans au moins), un assortiment de légumes dont... un panais (dieu seul sait comment (et si) on va finir par cuisiner ce truc), et... tadaaaaam... le lot promotionnel de deux tablettes de chocolat amandes caramélisées Côte d'Or, "parce que bon... faut pas déconner non plus". (Je vois)
J'ai de plus interdiction formelle de toucher aux galettes de céréales complètes, parce que c'est ce qu'il se réserve pour les moments où moi, vilaine égoïste, je boulotterai du chocolat ou des bonbecs. (Mais ne t'en fais pas, mon coeur, je te les laisse, tes truc insipides au goût de polystyrène).

Bien. Trois conclusions s'imposent :
- Je sens que ça ne va pas être la fête du slip tous les jours dans mon assiette, vu que c'est lui, en majorité, qui fait la cuisine,
- Je me demande si je n'aurais pas préféré qu'il décide d'arrêter de fumer,
- Je lui donne huit jours pour repiquer à nouveau dans le pot de Nutella.

Comment on dit, déjà ? "C'est l'intention qui compte", non ?

Posté par Katia_ à 09:50 - Chabadabada (Love is in the air) - Commentaires [18]

Un dîner presque parfait

20 septembre 2010

tablier_Je vous ai déjà parlé de Chéribibi ? Un peu, oui, il me semble... Je crois qu'on a déjà vaguement évoqué ensemble ses compliments bien foireux ou son retour au stade minot dès qu'il tousse un peu trop fort. Mais je ne crois pas vous avoir déjà parlé de ses talents de cuisinier. Parce que OUI, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, figurez-vous que j'ai un chéri qui cuisine bien. Yeahhh !

En même temps, ça prouve qu'il y a une justice en ce bas monde, et que tout n'est pas perdu pour l'éducation culinaire de nos futurs marmots. Parce qu'honnêtement, s'ils devaient compter sur leur mère (moi, donc) pour découvrir l'étendue des saveurs, j'aime autant vous dire qu'on ne serait pas allé beaucoup plus loin que les coquillettes-jambon et l'oeuf au plat. Ah ça, les candidats de Masterchef peuvent pioncer tranquille, c'est pas demain la veille que je viendrai marcher dans leurs casseroles.

J'ai un homme qui cuisine bien, donc. Et croyez-moi, avant de lire ce qui suit, que je mesure bien toute ma chance dans cette affaire. Et malgré les quelques kilos accrochés à mes hanches depuis qu'on est ensemble, je suis évidemment plus que ravie d'avoir à la maison un pro des fourneaux, un homme qui sait faire marcher mon combi-four autrement qu'en mode micro-ondes, et qui me prouve que, si si, avoir quatre feux sur la plaque de cuisson, ça SERT vraiment. Dingue.

Sauf que. Chaque médaille a son revers, il parait. C'est pas faux, serais-je tentée de dire. Revers de plus ou moins grande importance, mais revers quand même.

Déjà, je pense qu'à lui tout seul, il a fait la fortune des Ducros et compagnie, en investissant dans la totalité de leur catalogue d'épices et condiments. Y'a qu'à voir la tronche de l'étagère à épices aujourd'hui (rangée, pour l'occasion de la photo, s'il vous plait).

_pices
(Et je précise qu'il y a 2 rangs sur chaque étagère, et encore quelques flacons rangés dans un placard, qu'on ne saura bientôt plus où coller...)


Inutile de préciser qu'avant l'arrivée de Chéribibi, sur "mon" étagère, seuls l'aneth et le basilic se battaient mollement en duel en attendant de savoir lequel des deux serait périmé le premier. Les petits bocaux étaient remplis de cure-dents et de grains de maïs prêts à être transformés en pop-corn pour mes soirées ciné. Quant à Marjolaine, pour moi, c'était juste un prénom, point barre.

Mon homme aime cuisiner, certes. Mais j'aimerais qu'on m'explique comment il fait pour laisser la cuisine dans un tel état de bordel à la fin de son boulot. On se croirait à Bagdad, tellement il y en a dans tous les sens : évier rempli de 4 casseroles et poêles crades, spatules en bois en pagaille, planche à découper et presse-agrumes entassés sur le dessus. Sans compter toutes les tâches d'huile, les bouts d'épluchures de courgettes, et les grains de riz semés ça et là, collés au sol, au plan de travail, ou mieux, sur les rebords des placards. Un vrai tableau d'artiste, quoi.

Parfois, à la fin du repas, repu et fourbu, il me marmonne un vague "bon bah puisque j'ai fait la cuisine, je te laisse ranger...". Et dans ces moments, j'ai un léger et passager regret pour "mes" soirées cuisine, où l'unique poêle salie est nettoyée et rangée en trois minutes chrono.

Oh, n'allez pas croire non plus que je suis ingrate et que je critique sans voir ma chance. Monsieur Chéribibi a TRES BIEN compris ce qu'il pouvait tirer de son talent, et en joue dès qu'il le peut. Pour la moindre bricole qui le contrarie, il me prive de son fameux bobun, plat asiatique qu'il réussit mieux que quiconque. Si je dis un truc qui lui déplait, hop, il colle plein d'ail dans les haricots, alors qu'il sait pertinemment que je déteste ça. Et si j'ai le malheur d'émettre une critique sur sa cuisine, ou de dire que "non, vraiment, les poivrons, c'est pas mon truc, tu sais", c'est à la fois la douche froide et la soupe à la grimace. Monsieur est vexé, et me le fait bien sentir.

Au delà de tout, il aime particulièrement ME coller la honte (surtout devant sa famille, il faut bien le dire), et aime à répéter que "Katia, elle sait faire trois plats seulement". Quand je me vexe et que je lui dis que pour la peine, je ne lui ferai plus de tiramisu, il renchérit d'un lapidaire "Hé ben tant mieux, là je te dis merci". Gonflé, le mec, non ?

Rira bien qui rira le dernier. Certes, je ne fais pas la cuisine, mais c'est moi qui gère la femme de ménage. Si je me la mets dans la poche, y'en a un qui pourra bientôt repasser ses chemises et ses pantalons tout seul. Non mais !


Posté par Katia_ à 09:50 - Chabadabada (Love is in the air) - Commentaires [14]

Une nounou d'enfer

31 mai 2010

m_docsOn a coutume de dire que le sexe fort, c'est l'homme. Moi, je veux bien, mais dans ces cas-là, va falloir venir m'expliquer deux trois trucs qui m'échappent, au sujet de nos chéris poilus et testostéronés.
Qu'on ait parfois besoin d'eux et de leurs biscottos pour ouvrir le bocal de cornichons ou monter la nouvelle étagère Ikea, certes. Je veux bien admettre que ça peut rendre service. (Encore que. C'est surtout parce que je n'aime pas monter les Billy et autres Flögstul suédois toute seule, parce que quand il faut malgré tout s'y mettre, je masterise nickel) (j'veux dire, ça tient à peu près droit). M'enfin y'a quand même parfois des situations qui me laissent perplexe.

Prenons les médicaments, par exemple. 99 % des hommes qui m'entourent (Chéribibi, frangins, copains...) sont catégoriques sur le sujet : "Non merci, j'en veux pas de ta chimie de pacotille". Sous-entendu : je suis grand, je suis fort, je suis un homme un vrai, et je peux gérer ma migraine et ma rage de dents sans avaler une batterie de gélules colorées comme des bonbecs. Alors que bon, franchement, si le Doliprane a été inventé, c'est bien pour soulager facilement les petits tracas quotidiens, et pas juste pour décorer la salle de bain et encombrer les sacs à main des filles. Mais soit, si ces messieurs veulent jouer les cowboys vaillants, admettons. (Tant qu'ils le font sans chouiner comme des mômes).

Pourtant, une fois de temps en temps, on voit ces grands costauds se métamorphoser en petite chose fragile et vulnérable, prêts à s'en remettre à tous les conseils médicaux de la première personne attentionnée venue. Chéribibi, par exemple (mais ne lui dites pas que je parle de lui dans ce billet), m'a dernièrement transformée en nounou d'enfer à cause d'une méchante brûlure à la main. "Ca fait maaaaaalllllll", qu'il a braillé depuis la cuisine. Je l'ai trouvé tétanisé devant ses bouts de doigts transformés en Knackis, là où n'importe quelle fille normalement constituée se serait déjà ruée sur le tube de Biafine pour limiter les dégâts. C'est en lui badigeonnant moi-même les doigts de pommade que je me suis sentie responsable de ce grand gaillard redevenu, durant quelques minutes, un tout petit enfant.

Idem les rares fois où Monsieur choppe une vilaine grippe qui le cloue au lit. Là, j'aime autant vous dire que les grands principes "niet aux médocs" passent vite fait à la trappe. Limite si je ne suis pas obligée de fermer l'armoire à pharmacie à clé, tellement il serait capable, si je le laissais faire, d'avaler à la suite 3 Nurofen, 4 Prontalgine et 8 Strepsils. "Pour être efficace plus rapidement", ais-je même entendu comme explication. Mais bien sûr...

Finalement, peut-être que c'est un comportement assez répandu. Même Bruce Willis, après avoir vaillamment sauvé le monde en s'étant pris au passage trois mandales dans la mâchoire, une traversée de vitre brisée et deux tirs de fusils à chasse dans l'épaule, sursaute et pleurniche quand la jolie fille du film lui tapote doucement un coton alcoolisé sur son arcade sourcilière ouverte. C'est peut-être ça le secret des vrais mecs d'aujourd'hui : laisser entrevoir, une fois de temps en temps, leur vraie sensibilité, cachée derrière leur armure de guerrier des temps modernes ?

Posté par Katia_ à 00:12 - Chabadabada (Love is in the air) - Commentaires [15]

Compliment-taire, mon cher Watson ?

20 mai 2010

penderieDepuis quelques jours, j'ai entamé un grand tri de ma penderie overblindée. Du coup, je viens régulièrement défiler devant Chéribibi avec un truc porté, que j'hésite encore à garder ou non.

Dernier exemple, une paire de bottes extirpées du fin fond des entrailles du placard (autant dire que je ne les porte pas beaucoup), que je chausse avant d'aller parader devant monsieur, affalé devant la télé :

- "Je les balance, non ? Elles font carrément trop pouffiasse de la mort ?

- ... ... ... moi, j'aime bien quand t'es lookée pouffiasse de la mort".

o_O   
Gné... ?!!???!!!!

(Faudra m'expliquer... Je ne suis pas toujours bien certaine de comprendre les hommes, en fait...)

Posté par Katia_ à 07:30 - Chabadabada (Love is in the air) - Commentaires [5]

Ma vie sans lui

15 mars 2010

brossedentLa semaine dernière, Chéribibi était en vacances au ski de son côté, me laissant l'appartement pour moi toute seule. Enfin l'occasion de :

- Me nourrir exclusivement de choses pas très recommandées par les nutritionnistes (genre Pépito / Banga, fromage frais sur crackers ou chips de crevette)
- Bouquiner au lit jusqu'à pas d'heure sans qu'un groummppffff poilu n'émerge de dessous la couette
- Allumer toutes les bougies juste pour la beauté des lumières (et pas pour camoufler l'odeur de clope froide)
- Trainer trois plombes sous la douche sans m'en faire déloger (ni hurler quand le robinet de la cuisine puise toute l'eau chaude pour le café de monsieur)
-Ranger le lave-vaisselle comme j'en ai envie (sans me faire enguirlander parce que j'ai pas trié par type de couvert)
- Choisir le programme télé sans grande discussion enragée avant (exit le foot et le rugby, par ici la Nouvelle Star et Top Chefs) (je sais, j'ai des addictions télé hautement intellectuelles)
- Avoir sans complexe la larmounette à l'oeil devant des programmes qui, sincèrement, n'en demandaient pas tant (mais quand même, ils sont parfois émouvants, les gens qui pleurent en découvrant le résultat de leur relooking, non ?)
- Me faire les ongles devant la télé, en m'appliquant consciensieusement. Changer de couleur tous les jours si ça me chante.
- Faire l'étoile de mer dans le grand lit vide (une jambe au sud-est, l'autre au sud-ouest, et les bras en danseuse au dessus de la tête)
- Renouveler les casseroles et poêles abîmées de la cuisine en choisissant des jolies couleurs (et me ficher que ce ne soit pas du "vrai" matériel de cuisinier). (Moi, je veux une belle poêle rouge, parce que ça claque. Peu importe que ce soit "de la camelote".)
- Parler toute la soirée à mes nos deux chats avec toute ma conviction (personne pour me traiter de vieille gâteuse)
- Manger toutes les 'langues-qui-piquent" et les réglisses dans le paquet de bonbons (il avait qu'à être là)
- Faire pipi la porte grande ouverte (ne rigolez pas, si vous voyiez la taille de mes toilettes, vous seriez plus compatissants)

Posté par Katia_ à 08:45 - Chabadabada (Love is in the air) - Commentaires [20]

Compliment du soir, espoir (?)

04 décembre 2009

adoEnfin, "espoir", je sais pas trop...

Hier soir, en m'écoutant me plaindre et geindre pour la huitième fois de la semaine au sujet de ma poussée d'acnée liée à un changement de pilule, Chéribibi m'a d'abord sorti toute sa panoplie de phrases toutes faites (et un peu obligatoires dans ce genre de cas), du style :
- Y'a que toi qui les vois (ouais... mon oeil !)
- Arrête de focaliser (facile à dire)
- Mais tu sais que je t'aime quand même (hé ben ça va alors...)

Finalement, voyant qu'aucune de ces stratégies n'opérait, il a trouvé un nouvel angle d'approche :
"Mais c'est bien, ça te rajeunit, on dirait une adolescente !".

Bon.
C'est pas encore ça, mais y'a du mieux...

(Si quelqu'un sait où s'achète le décodeur des compliments masculins, qu'il me fasse signe rapidement. Merci pour mon couple).

Posté par Katia_ à 09:09 - Chabadabada (Love is in the air) - Commentaires [15]

Y'a un mec qu'habite chez moi

19 octobre 2009

valise_2Allez hop, on y va, en route pour l’aventure : cette fois, c’est officiel, Chéribibi s’installe chez moi pour de bon. Youhou, sortez les confettis et débouchez le champagne ! Enfin… « youhou » surtout pour moi, parce que j’ai bien conscience que pour vous, ça ne va pas changer grand chose. Et pourtant, c’est un grand pas, car je n’aurai pas parié lourd sur le concept général de 'vie à deux' il y a encore peu, trop attachée à mon indépendance et mon rythme de vie personnel. Il faut croire que cette saleté d’accident et ses conséquences ont fait mûrir les choses plus vite que prévu.

Bon. Emménager ensemble, dans l’idée, c’est super, youplaboum, big up, tout ça tout ça. En pratique, c’est légèrement plus tendu du slip, quand même.

Déjà, il faut bien lui faire un brin de place, au Chéribibi. Notamment pour ses fringues. Si ça ne tenait qu'à moi, il aurait juste eu le droit à un grand tiroir pour coller tout son bazar vestimentaire, mais il semblerait qu'il soit moyen d'accord sur le principe. (Je ne comprends pas).

Me voilà donc en train de passer deux heures devant ma (oui, c'est encore "ma" pour le moment) penderie, à tenter de trouver des trucs à jeter/donner/vendre, histoire de dégager quelques cintres et étagères.

Et force est de constater une fois de plus que faire le tri, c'est pas trop mon truc. Moi, tant que ça rentre dans le placard, je ne jette rien. Et je suis super forte pour trouver des arguments fallacieux, tels que "ça je garde, parce que je ne l'ai encore jamais porté" (et pour cause, vue la big erreur de casting que c'est...), "ça je garde, parce que c'est joli" (oui, mais pas sur moi...), "ça je garde, parce que ça reviendra peut-être à la mode dans six mois" (mmmm, le rose dragée, non, ça m'étonnerait...). Au final, je me retrouve avec trois pauvres t-shirts prêts à être balancés, et toujours aussi peu de place libre dans la penderie. Je sens que ça va être comique, cette histoire.

J'ai également été sommée de dégager la moitié de ma bibliothèque, parce que Monsieur collectionne les BD et tient bien à m'en faire profiter. (Alors que moi, la BD, depuis Boule & Bill, hein...). Enfin soit. Je vais donc aussi me coller au grand tri du siècle dans mes bouquins. Ce qui devrait être un poil moins compliqué, j'ai comme le feeling que me séparer de mon intégral de Marc Levi ne m'arrachera pas trop de larmes. (Oui, bon, ça va, j'étais jeune).

Ne parlons pas de "sa" télé taille XXL, vendue à grands renforts de "non mais tu comprends, pour regarder les matchs, c'est mieux" (Gné ? T'es sûr que tu choisis le bon argument, là ?), de sa pléstéchieune momoche et de tous les accessoires qui vont avec (je hais le créateur de ce truc),ou de ses ustensiles de cuisine (môssieur cuisine, oui oui !) (alors que bon, un faitout en fonte Le Creuset, ça sert à quoi, franchement ?).

La cerise sur le pompon, c'est que dans le paquet surprise ‘Grand Déménagement’, j’ai aussi eu droit au chat. Tadaaaam. Ce qui, si nous faisons les comptes (je pose 5 et je retiens 2), fait qu’avec le mien, de chat, ça fait deux bestioles à poil dans le même appart. Soit quatre habitants pour 35 m². Olé, j’ai envie de dire.

Ce chat est très gentil, cela dit. Très causant, aussi. Surtout à trois heures du matin. Et joueur, avec ça. Il a une vraie passion pour les pieds qui dépassent du lit. En pleine nuit, ça réveille violemment, je ne vous dis pas. Et puis j’ai bien l’impression que c’est également le premier producteur au monde de poils blancs, si j’en crois les trois feuilles de rouleau attrape-poussière que j’utilise chaque matin. Enfin il est gentil, c’est vrai. Mon chat à moi n’est pas trop d’accord, mais comme on ne lui a pas demandé son avis…

Donc voilà. Une nouvelle aventure commence. Fini les masques à l'argile verte à n'importe quelle heure. Terminé les séquences épilation devant Gossip Girl. Exit les karaokés du matin sur ABBA, avec la brosse à cheveux en guise de micro. Enfin, non... Pas exit pour toujours. J'attends juste un peu avant de remettre le couvert. Il vient à peine d'arriver, faudrait pas non plus lui faire peur trop vite, quand même...

Posté par Katia_ à 09:00 - Chabadabada (Love is in the air) - Commentaires [22]

Compliment du matin, chagrin

23 septembre 2009

gremlinsDe manière générale, on ne peut pas dire que je sois vraiment "du matin". Mais alors là, cerise sur le pompon, y’en a un qui a trouvé comment me mettre de bon poil.
Ce matin, je croise l’Homme Chéribibi* dans la cuisine, et il me balance de son air de ravi de la crèche : "J’aime bien ta tête aujourd’hui, on dirait un petit Gremlins, t’es trop choute !".



A mon avis, y’a des coups de boule qui se perdent.

* Môssieur réclame son "titre" habituel...


Posté par Katia_ à 10:04 - Chabadabada (Love is in the air) - Commentaires [18]

Point break

14 février 2009

coeur_1Bon. Où est-ce qu’on en était, déjà ? Ah oui.*

On entre tous les deux dans le fast-food. Il sort son portefeuille Waïkiki et me demande généreusement ce qui me ferait plaisir. Je murmure un vague truc, persuadée que vu les circonstances, je ne devrais même pas accepter de déjeuner avec lui, et encore moins de le laisser payer. On s’attable face à face, échangeant des banalités sans nom sur la pluie, le beau temps, et le taux de sel dans les frites.

Allez, il faut que je me lance. Il faut que je lui parle, que je lui dise que je n’ai pas envie d’être avec lui, peu importe les raisons. Mon joli speech imaginaire de tout à l’heure semble bien difficile à cracher, d’un coup. Et ce n’est pas parce que j’ai la bouche pleine, puisque je chipote du bout des doigts mes nuggets de poulet, sans grand appétit.

Aaaaah, berdol di mierda, il est là, devant moi, avec sa petite gueule d’ange, à me faire des sourires pleins de fossettes et à me demander si je veux un milkshake vanille, et moi, je ne cesse de me répéter que c’est un monstre pervers et cruel pour ne pas succomber à son charme.
Peu à peu, je me mure dans un silence atroce, faisant mine d’observer avec intérêt la plante artificielle sur ma gauche. Derrière moi, la porte des toilettes fait un bruit d’harmonica en fin de vie du plus bel effet. La situation est d’un romantisme insoutenable pour les plus prudes d’entre nous, notez.

B. ne perd pourtant pas de vue son objectif, qui est de me sortir le grand jeu aujourd’hui, et de m’inviter AUSSI au cinoche. Il doit se dire que vu mon débit de parole, à peu près aussi élevé que celui de Paris Hilton à une conférence sur l’altermondialisme, autant aller se mater un bon film dans le noir, au moins, on n’aura pas tout perdu.

Moi, cruche dans toute ma splendeur, je reste plantée là, à ne pas piper mot. Ni pour dire ce que je suis venue dire au départ, ni pour refuser le ciné en bloc. Rien. Que dalle. Une demeurée parfaite. Seule au fond du ventre, une petite boule commence à pointer son nez, me rassurant – si besoin était – sur le fait que la situation est clairement en train de se barrer en cacahuète complet.

En bon gentleman qui veut arriver à ses fins, B. a même déjà choisi le film. Un truc à base de crinolines, de perruques poudrées et de temps jadis, que jamais de la vie un mec normalement constitué n’aurait suggéré de lui-même d’aller voir. Mes bonnes résolutions de rupture express reprennent de la vigueur. Ce type est louche, c’est évident : opter pour un navet à l’eau de rose alors que Harrison Ford et son flingue jouent dans la salle d’à côté, c’est du cachalot sous gravillons puissance douze ou je ne m’y connais pas !

« C’est pas trop mon truc, mais je pensais que t’aurais envie de le voir, alors bon… », qu’il me sort, ce niais. Ben nous voilà bien, il joue au gentil, maintenant. Une fois de plus, je me la boucle, et m’assoit en silence dans la salle obscure.

Evidemment, je ne vous fais pas de dessin. Un ciné, deux ados, l’obscurité, tout ça, tout ça. Sitôt les bandes annonces commencées, B. m’enlace par l’épaule, et m’attire à lui pour m’embrasser.
C’est là, au pied du mur, que je choisis de raconter le bobard le plus merdique de ma courte carrière d’amoureuse d’alors : « non, mais en fait, je suis désolée, mais en fait, j’ai déjà un copain, et en fait, samedi, je m’étais engueulée avec lui, et c’est pour ça que en fait, avec toi, bon... mais donc, en fait, on est à nouveau ensemble, et en fait… voilà ».
Tout ça débité d’un trait sur un ton plaintif, en fixant résolument un point imaginaire sur le siège de devant pour ne surtout pas croiser son regard qui se décompose en direct. Ben tu m’étonnes, aussi. Il doit être en train de calculer rapidos le prix du menu Big Mac et de la place de ciné tarif jeune, ou de me traiter de garce. Voire les deux (ce qui serait fort envisageable).

Il retire son bras, regarde dans le vague. Je me sens minable, mais au moins, j’ai fait ce que j’avais à faire (oui, oh, on se raccroche aux branches qu’on peut, hein). Puis, au bout de dix minutes d’un silence poignant : « Bon, ben on va p’tet changer de film, du coup… ».

J'ai pas trop compris si le « du coup » signifiait plutôt « comme j’ai plus trop envie de te faire plaisir, allons voir Harrison », ou plutôt « comme on ne va pas passer l’heure à se galocher, allons voir un film d’action ». Mais j’ai pas osé demander, bizarrement.

On a vu Harrison, on n’a plus échangé un mot ou presque, il a filé juste après le film, et je suis bien la dernière à pouvoir l’en blâmer. Mais au moins, dans ma tête, ce « petit con de dragueur » n’avait pas eu le dernier mot avec moi.


Quelques mois plus tard, j’ai appris que ma copine F. qui avait déblatéré comme une folle sur B. était en fait raide dingue de lui, et jalouse à crever de ne pas avoir été son ‘élue’ le soir de sa fête d’anniversaire. Quant à B., il devait culminer à trois gentilles conquêtes avant « nous », et avait finalement beaucoup du profil ‘petit copain idéal’ dont on rêve à quinze ans.
Bilan des courses : une amourette zéro, une copine rayée de la liste, et une réputation d’enfer dans le lycée de B., forcément. Jackpot, quoi.

« Copine » mon œil, oui. With friends like that, who needs enemies ?


* Oui bah, pour ceux qui viennent ici tous les quinze jours, faudra vous taper les archives. Et ce sera un zéro pointé pour la fidélité et la régularité du lectorat. Que je ne vous y reprenne pas.

Posté par Katia_ à 12:30 - Chabadabada (Love is in the air) - Commentaires [15]