Gin Fizz

Bulles de vie...

Last Christmas, I gave you (all) my heart

06 janvier 2017

lapin couronne

Il parait qu'on a jusqu'au 31 janvier pour s'échanger les voeux d'une nouvelle année pleine de bonheur, de rires, de projets, de santé et-de-tout-ce-qui-vous-ferait-plaisir-on-n'est-pas-radins. Oui, alors si vous le permettez, on va plutôt y aller fissa, et se dire toutes ces jolies choses dès maintenant, parce que perso, moi, je ne suis pas mécontente de fermer la porte sur 2016, qui fut une année assez mitigée en ce qui me concerne.

Il faut dire aussi que, pour bien faire les choses, on l'a terminée sur un feu d'artifice de microbes en tous genres, qu'on s'est refilés à qui mieux mieux, genre "paf, c'est toi le chat !", "oh non, j'avais déjà une otite la semaine dernière, refile à papa plutôt !". En point d'orgue, pile entre les deux réveillons, une petite scarlatine sortie de derrière les fagots pour Babygirl-Première-du-nom, histoire de bien achever nos dernières réserves d'énergie.

Tiens, les réveillons... Parlons-en deux secondes, vous voulez bien ? Je ne sais plus qui a dit que "Noël est la fête des enfants", mais cette personne reverrait certainement son jugement s'il avait passé les mêmes trois soirées de fête que moi. Non, définitivement, avec des mouflets de un et quatre ans, Noël n'est ni la fête des enfants, ni celle des parents.
Passée l'excitation pré-distribution des cadeaux et les quarante secondes où sont déchiquetés compulsivement les emballages soignés qu'on s'est pris le chou à faire avec amour entre 22h et 00h, voilà que le soufflé retombe d'un coup. "Y'a plus de cadeaux pour moi ?", qu'on a entendu dire, après avoir vu la croquette-en-chef déballer au moins douze paquets bigarrés, en regardant à peine leur contenu. #morveusepourriegatée

Vient ensuite le moment d'ouvrir chaque nouveauté, en essayant désespérement de tempérer les ardeurs de l'aînée : "non, chérie, on ne va pas construire le château de princesse Lego maintenant. Pourquoi ? Bah déjà parce que j'ai pas du tout envie de faire des Lego là tout de suite, ensuite parce que j'ai les mains prises avec ma coupe et mon toast, et enfin parce que si c'est pour passer trois heures à récupérer chaque pièce paumée dans tout ce fatras d'emballages, j'aime autant te dire que ce sera sans moi". (non mais).

Après s'être pété trois ongles à ouvrir les boîtes de jouets plus sécurisées qu'Alcatraz offerts à la Minus (c'était obligé, tous ces fils de fer entortillés à huit endroits différents ?), force est de constater qu'elle n'a strictement rien à carrer de sa coccinelle parlante à formes encastrables, et qu'elle n'a d'yeux que pour les jouets des autres, et si possible les trucs qu'elle peut mettre dans sa bouche et avaler en moins de deux. De là à finir aux urgences pour un escarpin Barbie en plastoc coincé dans le gosier, il n'y a qu'un pas.

La tête déjà bien en vrac entre les cris de joie, d'hystérie et de frustration ajoutés aux jouets sonores qu'on teste tous en même temps (mais elle va la boucler, la coccinelle ?), l'heure est venue de passer à table. Evidemment, les kids ont boulotté tellement de pistaches et de mini-saucisses à l'apéro qu'il est inenvisageable de leur faire avaler quoi que ce soit de plus jusqu'au dessert. Après tout, ok, c'est jour de fête pour tous. Mais dans ce cas, laissez-moi au moins festoyer tranquille, moi ! Au lieu de toujours venir m'interrompre pour un mode d'emploi à lire, une revendication à faire ("Machine elle m'a tapéeeeee" = je m'en fous), une envie pressante PILE au moment où le soufflé est servi, ou toute autre obligation parentale que je délèguerais bien à n'importe qui d'autre, là tout de suite maintenant.

A ce stade, tout le monde est crevé, les enfants sont intenables, même l'astuce "Un petit film sur la tablette ?" ne marche plus trop bien sur les grands, les petits (la Minus en tête) réclamment les bras en permanence, non sans gesticuler de plus belle pour en descendre lorsqu'on a enfin accepté de ne pas pouvoir finir son assiette pour calmer les mugissements de sa progéniture, et on se demande si c'était une si bonne idée de reprendre deux fois de la buche glacée. #bouboulina

Cap sur la maison, chargés comme des baudets, et retour en voiture sur fond de pleurs de fatigue en continu, tympans à vif, nerfs en tire-bouchons, foie en grève, make-up de panda et robe tâchée aux deux épaules de traces de bave, morve, chocolat ou que sais-je encore (mieux vaut ne pas savoir). Ah, il était beau, ce réveillon, dis donc !

"Ca ira mieux demain" ? Ah mais détrompez-vous, les gars ! Les jours qui suivent Noël sont peut-être encore pires que le réveillon lui-même. Le salon est maculé des nouvelles boîtes de jeux éventrées, y'en a dans tous les recoins, on se croirait dans une annexe de La Grande Récré un lendemain de soldes. On a englouti le PIB de la Littuanie en piles de toutes les tailles possibles pour faire fonctionner les trucs électroniques, plus moyen de faire un pas sans écraser un Lego, un Duplo ou un jeton de Colorino, on s'est tapé cinq fois "La Fée Clochette" en DVD pour canaliser la grande sur le canapé, pendant qu'on surveillait la petite qui fourre tout ce qu'elle trouve à la poubelle, pour nous imiter (ah bah tiens, il est là, le nouveau livre de comptines...).

Bref, ces réveillons n'étaient de tout repos pour personne, et comme chaque année, je ne suis pas fâchée d'être tranquille sur le sujet pour quelques mois. Et je m'accroche à cet espoir que, sans doute, d'ici deux ou trois ans, on pourra à nouveau faire de ces moments de retrouvailles familiales quelque chose de plus serein et de moins bruyant. Ou, à défaut, de pouvoir noyer tout ce stress dans le champagne sans penser au lever de six-du-mat' le lendemain.

D'ici là, il me reste tout de même à vous souhaiter à tous une année 2017 légère et pétillante comme les bulles de champagne. Qu'elle vous/nous soit plus douce que les deux derniers crus passés, ou en tout cas que l'on parvienne à s'y frayer notre chemin sinueux dans un quotidien souvent chaotique et destabilisant. A une échelle plus personnelle, que 2017 vous comble de petits bonheurs. Il faut juste savoir trouver chacun les nôtres...

Pour ma part, 2017 marquera, je l'espère, mon retour à une vie professionnelle épanouissante et accomplie, après quelques années délicates sur le sujet. Reprendre les voyages, continuer le théâtre, retrouver une dynamique sportive, et venir de temps en temps vous raconter tout ça ici m'occuperont le reste du temps :)


Allez, Lapinou Year* à tous !


*C'est la dernière année que je m'autorise cette expression ringarde, en rapport avec la photo d'illustration. Mais pardon, quand même...

 


A plus dans l'bus. Ou pas.

24 avril 2013

Arre_t_bus

Le panneau électronique de l'arrêt de bus indiquait temps d'attente estimé : 3 minutes, ce qui me paraissait très correct. Alors j'ai patienté. Un peu. Puis beaucoup plus. Après 12 minutes de torticolis intense à scruter l'horizon pour voir enfin ce bus débouler (Anne, ma soeur Anne...), toujours rien. Même le panneau électronique n'avait pas changé, il indiquait toujours très gentiment temps d'attente estimé : 3 minutes. Comme une bonne blague moyennement drôle.

Ce qui avait bien changé, en revanche, c'était le nombre de pékins comme vous et moi qui s'étaient mis en tête d'attendre ce foutu bus (parce que, oohh, 3 minutes, c'est bon...). Prise au piège du fameux maintenant-que-j'ai-attendu-j'attendrai-jusqu'au-bout, j'ai poireauté encore 4 bonnes minutes, avant de voir arriver fièrement un bus bondé pire qu'un jour de grève.

Au prix d'efforts surhumains, de ruses de sioux et d'un léger manque de politesse (ouais, mais j'étais là à poireauter AVANT, monsieur), je finis par me glisser à l'intérieur. Un seul pied posé au sol et pas un endroit où m'agripper, mais qu'importe, j'y suis j'y reste. Ah, on est bien Tintin, on est bien. C'est à dire qu'au m2, je pense que des sardines dans leur boîte s'estimeraient super privilégiées par rapport à nous.

Alors je vous vois venir : oh, mais c'est toujours comme ça, les bus aux heures de pointe, entre les embouteillages et le monde.

Oui, mais non.

Ce n'était pas l'heure de pointe. C'était un jour de semaine, parfaitement classique, à une heure banale, et je pensais justement très naïvement que prendre le bus en dehors des heures d'affluence revenait plus à faire une balade tous frais payés dans Paris, plutôt qu'à un combat de titans où seuls les plus forts survivent. (J'exagère ? A peine).

J'ai eu de nombreuses occasions de prendre le bus durant mon congé maternité, gros bidou ou baby-chou n'étant que très moyennement compatibles avec le métro craspouille et ses très trop nombreux escaliers. Et à de très rares exceptions, quels que soient l'heure de la journée, la ligne de bus, ou le jour de la semaine, c'était à chaque fois Règlement de comptes à RATP Coral.
Un peu comme le coup du Monop' aux heures de 'pas-pointe'. Tu penses que tu ne feras pas la queue trop longtemps ? Erreeeeeeeeeur. Entre 14h et 16h, il n'y a que 2 caisses ouvertes, et douze personnes devant toi au mieux.

Alors moi je veux bien qu'on limite la voiture à Paris, qu'on rende les voies sur berges aux piétons, qu'on favorise les cyclistes, les Autolibs, et tout le merdier qui va avec, mais faudrait quand même voir à faire quelque chose pour les transports déjà existants, non ? Parce que je ne vois pas trop comment on peut avoir envie de limiter ses sorties en voiture si c'est pour :
// se farcir 20 minutes de poireautage entre deux bus
// avoir un affichage des durées d'attente à la limite du poisson d'avril
// être parqués comme des bestiaux dans des conditions franchement peu sympathiques
// payer 2 balles son ticket pour qu'il soit non valable en correspondance (sérieux, 2 € !!! ca fait longtemps que j'ai mon Navigo, j'avais pas réalisé !)
// manquer de se bouffer le poteau à chaque freinage intempestif (et, je le soupçonne, pas toujours nécessaire).
Ne rayer aucune mention inutile.

La prochaine fois, si vous voulez, on parlera à nouveau des joies du métro parisien. Oh, et puis non, j'écris un blog, pas une encyclopédie en 8 volumes.

(Rhaaaaaaaaa, ça fait du bien de râler un petit coup, à nouveau !!!)

Parigots, têtes de veaux ?

15 novembre 2010

veauJusqu'à hier soir dimanche 18h, je ne savais pas trop ce que j'allais bien pouvoir raconter sur ce blog, et me voyais bien commencer la semaine en laissant honteusement ces pages virtuelles un peu en friche. Oh, ne le prenez pas personnellement, hein, mais comprenez-moi : je viens de passer cinq jours en pleine campagne, à respirer l'air pur pyrénéen, compter les feuilles des arbres qui tombent, sentir le doux soleil de fin d'automne réchauffer mes bras lors d'un ultime petit déjeuner en extérieur, et n'avoir aucune contrainte d'autre ordre que 'je lis d'abord le Elle ou je finis mon bouquin ?', 'apéro vautrée sur le canapé ou dehors face aux montagnes ?', 'jean/baskets ou... jean/baskets ?'. Ah ça, je peux vous dire que les neurones ont été sévèrement au repos pendant ce long week-end.

Et puis il a fallut rentrer.
Refaire son sac, reprendre le train, revenir vers Paris, sa grisaille et sa pluie de novembre.

C'est une fois le pied posé en gare Montparnasse que j'ai compris. Compris comment, en à peine cinq minutes chrono, tous les bienfaits d'un petit break au vert pouvaient s'envoler vite fait bien fait si l'on y prenait pas garde. Comment, en un claquement de doigt, toutes les bonnes ondes accumulées, toutes les heures de repos engrangées, tout le stress chassé, pouvaient, HOP, ZOU, BIM, refaire surface d'un coup d'un seul, pour peu que ma "douce" nature de parisienne reprenne ses droits (ou que je la laisse faire, surtout).

* Gare mal aménagée où les escaliers sont plus nombreux que les escalators (vas-y, paye ton lumbago à porter ta valise à roulettes qui sert à queud').
* Supra-bonne idée du chef de gare de faire coïncider à la même heure sur le même quai une arrivée de méga TGV bondé et un départ très prisé aussi (beaucoup plus drôle de voir tout le monde se télescoper dans tous les sens en courant, quand le quai juste à côté reste totalement désert).
* Montée de ton entre voyageurs sur le tapis roulant qui relie la gare à la station de métro (quelle idée, aussi, de s'étaler et de prendre autant de place sur un tapis de un mètre de large, comme si on était là pour prendre le thé !).
* Engueulades devant les machines à ticket, nan-j'étais-là-avant-vous-et-puis-la-queue-c'est-derrière-et-tu-crois-qu'on-poireaute-tous-pour-que-tu-nous-passes-devant-ducon ?
* Sans compter sur tous les gens qui courent dans tous les sens, qui crient que "c'est par làààààà", "noooon, à gauche", ou qui te collent leurs valises dans les mollets sans s'excuser sous prétexte qu'ils sont super pressés, là, tu vois ?

Dix minutes. Il ne m'aurait pas fallu plus de dix minutes pour perdre tout le bénéfice de cinq jours au grand air, si je m'étais laissée faire.
Sauf que. J'ai été plus forte, ha ha. Enfermée dans ma bulle de positive attitude (Lorie, sors de mon corps !), je suis vaillamment rentrée jusque chez moi malgré un parcours semé d'embûches, résolument convaincue que les bienfaits de mon petit séjour au vert résisteront un poil plus longtemps que quelques heures à peine en terre hostile parisienne.

Alors, à votre avis ? Combien de temps ? Trois jours à peine ? Fin de semaine ? Jusqu'à Noël ? On prend les paris ?


Posté par Katia_ à 09:45 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [16]

Foursquare, for what ?

27 septembre 2010

facebookAu début, il y a eu Facebook. C'était nouveau, c'était "révolutionnaire", et on a tous (ou presque) sauté à pieds joints dedans, pour partager nos photos de trek en Argentine, vérifier les profils de nos ex ou s'assurer que la bombasse de nos années lycée était bien devenue une mère de famille quelconque (c'est à dire cernée et le cheveu en berne) et qu'il y avait une justice. (Je ne vise personne en particulier).

twitterEnsuite, il y a eu l'effet Twitter, ces petits messages courts à effet SMS, envoyés à la totalité de son carnet d'adresses en un clin d'œil. Comme il était passionnant et rassurant de pouvoir clamer à la face du monde que "J'ai trop bien réussi mon risotto cette fois", que "Oui, il pleut. Je le sais, je suis dessous", ou de commenter en direct live les rebondissements in-cro-yables de Koh Lanta ou de Masterchef, et de recevoir dans le même temps toute une flopée de réponses d'"amis" regardant le même programme, au même moment. L'impression de faire partie d'une bande, virtuelle certes, mais gigantesque, c'est quand même super trippant, apparemment. (Ahem).

foursquareEt puis récemment est arrivé le petit dernier, supposé faire fureur chez tous nos amis geek et branchés nouvelles technologies, j'ai nommé FourSquare. Koitesse, dit-elle ? Foursquare, pour les bienheureux qui ignorent encore tout de ce truc débile, c'est une application qui permet de révéler à qui veut l'entendre toute l'étendue de sa vie passionnante, minute par minute. Un adepte de Foursquare dégaine son téléphone dans tous les endroits où il se trouve, pour "checker", c'est à dire valider sa présence sur le lieu. En gros, il indique donc à tout son entourage que là, "il achète son pain à la boulangerie Mie & Croutons", que là, "il prend le métro à République", qu'à 14h, il était "au McDo de Châtelet-les-Halles", et que là tout de suite, il se rend "chez Décathlon Place d'Italie". Su-père.
Pour rendre ce système encore plus neu-neu, chaque Foursquareur se bat pour devenir "Maire" des différents lieux où il se rend, car plus il "checke dans ses endroits et plus il y gagne de l'importance. Celui qui réussit à valider sa présence le plus de fois en un laps de temps donné est donc élu Maire.

So what, j'ai envie de dire. Aujourd'hui, la page Facebook de la plupart de mes amis adeptes de Foursquare ressemble à un itinéraire GPS. Ha ha ha, rirai-je bien fort. Ce petit jeu crétin me fait hurler de rire (jaune) quand je repense aux levers de boucliers d'il n'y a pas si longtemps, quand la RATP a voulu systématiser le pass Navigo (qui enregistre de façon électronique tous les déplacements des usagers sur le réseau ferré), ou quand le gouvernement a évoqué ce fameux fichier Edwige, dans lequel est consignée une tripotée de renseignements personnels sur tout individu lambda.

"Ouais, c'est l'état policier", "ouais, personne n'a à savoir ce que je fais, où je vais, comment et à quelle heure", "ouais, bientôt, on nous greffera des puces pour nous traquer"... que ça braillait bien fort dans les rangs, bras levés au ciel en signe de rebelle-attitude.
Aujourd'hui, ce n'est même plus à l'insu de son plein gré que l'on renseigne consciencieusement toutes les cases permettant de retracer à la minute près la journée de untel ou untel. J'en reste coite. Et un peu énervée aussi, on l'aura compris.

Chéri, tu pourras rapporter du pain en rentrant à la maison ? Ah ne mens pas, je sais que tu es près de la boulangerie, tu l'as dit sur Foursquare. Hin hin.


EDIT : Anne-So n'en démord pas : FourSquare, c'est d'la balle ! (Enfin, elle explique ça beaucoup mieux, avec ses jolis mots à elle : c'est ici).

Le beurre et l'argent du beurre

16 novembre 2009

beurreIls me fascinent et m’agacent à la fois, ces gens qui ne manquent pas d’air au point de prendre pour acquis tous les avantages d’une situation donnée sans trop se poser de question.

Ceux qui, par exemple, arrivent à la séance de ciné au tout dernier moment, mais réclament à être placés de façon VIP ou presque, quitte à faire décaler pour ça toute une rangée de gens qui se sont, eux, pointés en avance pour avoir précisément le loisir de sélectionner leur meilleur siège.
Ou ceux qui choisissent délibérément une place en terrasse, mais demandent à ce qu’on baisse le store parce que le soleil les gêne, sans se soucier de leurs voisins de chaises qui, justement, étaient placés là pour profiter des rayons.
Ou encore, ceux qui acceptent généreusement de sous-louer leur appart à un ami, à condition que celui-ci s’occupe du chat et arrose les plantes vertes, mais en réclamant un loyer au prix fort, « parce que tu comprends, si c’était pas toi, je l’aurais facilement loué à ce prix-là ».

« Vouloir le beurre ET l’argent du beurre », ça s’appelle. Et j’ajouterais même que pour les plus culottés, y’aurait aussi, en supplément, le cul sourire de la crémière sur leur liste de souhaits.

Alors, sérieusement, je veux bien être gentille (ou poire) deux minutes, mais il y a des limites à tout. En gros, faudrait pas trop pousser mémé dans les orties. Surtout quand elle est en short.

Evidemment, moi aussi, ca m’arrangerait bien, parfois, d’avoir le beurre ET l’argent du beurre. Genre avoir de la neige pour Noël ET un plein soleil d’été en même temps. Ou un boulot très bien payé ET des semaines de 25h max. Ou des idées d’articles de blog à la pelle ET du temps pour les rédiger correctement. Ou un appart de 145 mètres carrés, ET ultra lumineux, ET ultra bien placé, ET avec vue sur tout Paname, ET qui coûte peanuts (oui, bon, là, c’est le beurre, l’argent du beurre, et la crèmerie toute entière).

J’aimerais bien, également, pouvoir manger toutes les cochonneries sucrées qui existent ET garder la ligne haricot vert. Faire des grasses mat’ jusqu’à midi ET avoir encore la journée entière à venir au moment où je me lève. Avoir un chat câlin et ronronnant ET ne pas me coltiner la corvée de litière et de croquettes qui puent tous les matins. Faire du sport depuis mon canapé ET avoir un corps tout ferme et musclé. Quitter Paris au mois d’août ET pouvoir profiter de ma ville quand elle est vidée de ses hordes de parisiens.

Sauf que, apparemment, c’est pas trop possible.
Je sais, c’est pénible, mais il semblerait qu’on n’ait pas vraiment notre mot à dire sur la question.

Encore que. Parfois, je n’ai pourtant pas l’impression de trop en demander, mais on me fait vite comprendre qu’il faudrait voir à pas trop déconner. Par exemple, supplier ma gynéco pour qu’elle me dégotte enfin LA pilule qui supprime mes migraines sans me coller des boutons Biactol plein la tronche, apparemment, c’est vraiment trop exagéré de ma part. « De deux maux, il faut choisir le moindre », qu’elle m’a sorti, cette conne, quand j’ai abordé la question. Ah non mais d’accord, quoi. C’était bien la peine de faire 9 ans d’études pour en arriver là.

Ou alors, j'aimerais partir en vacances cet hiver, mais sans que ça ne me coûte un bras et demi. Pour ça, la dame de l'agence me dit que je n'ai "qu'à éviter les périodes de vacances scolaires", et que donc, vu le calendrier, les zones A, B, C et X, et tout le merdier, en gros, il me reste une petite chance entre le 8 et le 17 mars. Manque de pot, là où je voudrais partir, c'est la saison des pluies, à cette période. "Ah mais oui, mais on ne peut pas tout avoir, mademoiselle", a conclu brillamment la préposée aux billets d'avion (et aux lieux communs, apparemment). Ah, bon, d'accord, désolée d'avoir insisté.

Dans un genre un peu différent, dire au buraliste « une grille Euromillions gagnante, s’il vous plait », globalement, ça permet juste de récolter un sourire narquois et un haussement d’épaules. (et certainement pas une grille gagnante, comme précisé). Alors que bon, je ne demandais quand même pas la lune, là. Si ?

Posté par Katia_ à 09:12 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [17]

Train-train d'enfer

12 mai 2009

train_3"Le p’tit train s’en va dans la campagne", qu’elle nous chantait, l’autre Mitsouko. Ah ? Oui, d’accord. C’était pas d’une grande philosophie, certes. Mais ça avait au moins le mérite d’être un peu plus mystérieux et poétique que les voix robots d’aujourd’hui, annonçant que "le TGV 6827 de 17h09 en provenance de Marseille-Saint Charles entrera en gare voie 17". Parce que là, bonjour le romantisme et l’inattendu, quoi.

Le train, moi, à la base, j’aime bien. Arriver un poil en avance pour passer au Relais H acheter des bons magazines de merde et un paquet de m&m’s pour le voyage ; poireauter devant le grand panneau d’affichage en attendant de connaître le quai d’embarquement ; galoper sur toute la longueur de la gare parce que, évidemment, je suis en voiture 18 et le train commence à la voiture 1 ; pester mentalement contre la Sncf pour ces foutus rangements de valises ; finir par m’échouer comme une baleine sur mon siège, enfin, et me créer mon petit espace à moi le temps du voyage. Tout ça, j’aime.

Ce que j’aime moins, en fait, c’est les autres voyageurs (ça vous aurait étonné que je dise l’inverse, je parie). Oui, je sais, on est tous le relou de quelqu’un d’autre. N’empêche que parfois, c’est à se demander si les gens ne le font pas exprès.

Déjà, le jour où certains comprendront que non, franchement, on s’en fout de les entendre raconter par le menu dans leur Iphone que "j'ai négocié à 68 KE en fixe + variable + stock options, sinon c'est même pas la peine d'en parler", que "j’ai vendu le projet à Chabat, il a surkiffé mon idée, on se voit next week à Ibiza, tu vois ?" ou que "trop une chaudasse, la meuf, non mais tu l’aurais vue, en plus, des nibards, je te raconte pas * ", l’humanité aura fait un grand pas. Mais j’ai comme l’impression que les poules auront des dents avant, en fait.

Vécu aussi, le type qui se mate l’intégrale de son film avec son voisin sans casque audio. Et bien sûr, le film, c’était pas la ‘La leçon de piano’, hein. Mais personne ne moufte, parce que le mec est barraque comme Joe Starr, et que manifestement, on ne veut pas finir avec la même dentition que lui, si le bonhomme en venait à s’énerver.

Dans un autre genre, la mère de famille « exemplaire » (ahem) qui tient à montrer à tout le wagon à quel point elle est douée pour faire apprendre à sa fille les tables de multiplication : « Et 3 fois 8 ? Tu sais pas combien ça fait, 3 fois 8 ? Mélissa ? Combien ça fait, 3 fois 8 ? Réponds, Mélissa ! 3 fois 8 ? ». Résultat : une gamine terrorisée et en pleurs, une mère hystérique, et une envie irrépressible de lui envoyer à la tronche une Texas Intrument flambant neuve, pour la peine.

Je passe sur les ados (ou moins ados) qui se démènent sur Nintendo à grands renforts de tzouinnnng, baaaam et wiiiizzz bien sonores (et ton casque, petit, ça sert à décorer ton sac ?), les papys-mamys qui n’ont pas bien réglé le sonotone (« commennnnnnnt ? qu’est-ce que tu diiiiiiiiiiiiis ? »), ou les agités du bocal qui ne peuvent pas tenir en place plus de cinq minutes.

Intolérante, moi ? Oui, certainement. D’une nature super calme, j’apprécierais vachement que les autres en fassent autant. C’est quand même pas pour rien que ça s’appelle les transports publics, non ? On n’est pas chez mémé, ici ?

Dans ce cas, rien de plus efficace que d’aller prendre un peu l’air (façon de parler) hors du wagon. Encore que. Suffit d’être postée debout près d’une fenêtre pour qu’on vous prenne pour une hôtesse d’accueil. « Vous savez où sont les toilettes ? », qu’on m’a demandé, l’autre fois. Heu, attendez, je crois que c’est deuxième à droite puis première à gauche. Tssss, c'te blague ! Chercher les toilettes dans un train… comme si en marchant un peu (tout droit, donc), on n’allait pas forcément tomber dessus !

Tiens, parlons-en, des toilettes, justement. Je ne sais pas comment les gens se démerdent pour foutre un tel souk là-dedans en si peu de temps, mais passée la première demi-heure de trajet, considérez que votre envie de pipiroomer est égale à une mission commando. J’aime autant vous dire, par exemple, que si vous y allez en tongues, c’est une très très mauvaise idée. Et je ne mentionnerai même pas cet odieux PQ farce et attrape, qui n’a de papier que le nom.

Pour finir (parce qu’il faut bien finir un jour), je voudrais qu’on m’explique un truc. Non parce que vraiment, je ne comprends pas : pourquoi la plupart des gens se lève et commence à attraper ses valises au moins dix bonnes minutes avant l’arrivée du train en gare ? Hein ? Pourquoi ? A quoi ça sert, bordel ? (A part emmerder celles et ceux qui voudraient lire ou dormir peinards jusqu’à la toute fin du voyage, j’entends).
Encore, quand il s’agit d’un arrêt provisoire, que le train marque seulement trois minutes de stop, je pourrais comprendre qu’on s’agite un peu les grelots pour être sûr de ne pas louper son coup.

Mais au terminus ? A quoi ça sert de poireauter gaiement dans les allées du tgv en titubant à chaque tournant, la valise posée sur l’accoudoir d’un siège qui n’est pas le sien, l’imper replié sur un bras, la cage du chat en équilibre sur l’autre, quand on sait que le train ne s’arrêtera vraiment que dix minutes plus tard. Et qu’on aura alors tout le temps de descendre !
Franchement, vous imaginez un peu le même merdier dans les avions ? Non. Bon, alors ? Y'en a quelques uns qui mériteraient de se faire botter le train, justement, hein...


* Hop ! Par ici la requête Google de taré en surchauffe du slip. Merci bien.

Posté par Katia_ à 10:07 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [22]

Zen, restons zen

27 janvier 2009

yoga_1Elle insistait lourdement en disant que ça allait m’aider à mieux dormir, à me déstresser, à m’apaiser. En gros, à l’écouter, c’était vraiment « pour mon bien », cette affaire-là. Pfff, mon œil, oui. En fait, c’était juste parce qu’elle n’avait pas envie d’y aller toute seule, à son cours de yoga. Il lui fallait un cobaye numéro deux pour venir tester avec elle les positions grotesques du « scarabée volant » et de la « montagne sacrée ». Et moi, bonne poire, j’ai dit banco. Je me suis dit connement que j’allais voir à quoi ça ressemblait, le « yoga détente ». Bon, bah ok. J’ai vu.

Au départ, ça partait bien. Forcément, faut dire que rester allongée les bras en croix sur le tapis bleu, yeux fermés, à vaguement pioncer en écoutant l’animatrice ânonner des trucs bizarres ressemblant à des incantations, c’était fastoche, aussi. Je tique légèrement quand elle nous demande de nous « décontracter des oreilles », parce que honnêtement, j’ai beau y mettre du mien, je ne vois pas trop comment faire. Mais à part ça…

Vient le moment de faire la bascule avec les genoux, histoire de masser la colonne vertébrale et le bassin. Bon. Moi, je veux bien, mais vu qu’on est supposé caller nos mouvements sur notre souffle, si je m’écoutais vraiment respirer, je ferais des cabrioles dans tous les sens et on se croirait plus à l’école du cirque qu’à un cours de yoga. A mon avis, je ne suis pas encore assez détendue, ça doit être ça. Mais ça va venir, j’y crois dur comme fer. (ahem)

On décale les genoux sur la droite, puis sur la gauche. On garde la pose cinq minutes. Silence de mort. Grouillllllllllllccckkkkk. Ah tiens, non. Mon estomac tient à s’exprimer pile à ce moment-là, dis donc. Surtout ne pas regarder ma copine, ou je pars dans un fou rire incontrôlable. Ouf, elle a les yeux fermés. … Je rêve ou cette espèce de traître arrive – elle – vraiment à se détendre, là ? C’est inadmissible. Remboursez.

Allez, fini l’échauffement, on commence les choses sérieuses ! … Ah bah non, en fait, on reste à quatre pattes. Super. Je commence à trouver le temps super long. Je me doutais bien que c’était pas animé comme un prime de la Star Ac’, un cours de yoga, mais de là à regarder mes ongles pousser en faisant les postures…

Après avoir successivement mimé le chien, le crapaud, le cobra et je ne sais quel autre occupant de l’Arche de Noé, nous voilà debout, prêts à tenter les postures d’équilibre. C’est là que les choses se sont barrées en sucette complet. Parce que moi et l’équilibre, voyez, ça fait un truc genre cinq. Ou six. Je bâcle à peu près toutes les positions, histoire de faire passer la pilule (ni vu ni connu j’t’embrouille), mais la prof m’a à l’œil (c’te garce) et vient me corriger avec moult détails. Tout ça sous l’œil torve de ma voisine de tapis qui joue au héron, perchée sur une seule patte, et qui reluque autour d’elle avec cet air de dire « j’t’emmerde » à tout le monde.

De toute façon, celle-là, je l’ai dans le collimateur depuis tout à l’heure, vu qu’elle inspiiiiiiiiiiiiire, puis expiiiiiiiiiiiiire aussi fort qu’un réacteur d’Airbus 320. Impossible de se concentrer sur sa propre respiration avec un machin pareil à côté de soi. A mon avis, elle ne va pas tarder à décoller. Ou à hyper-ventiler et faire un malaise, au choix. Bam, voilà. T’avais qu’à pas faire le héron hautain, ma fille. Non mais.

Coup d’œil en loucedé à ma montre, plus que douze minutes. On entame la phase relaxation, maintenant. L’autre recommence à nous ordonner de nous détendre du front, des oreilles, du menton et du reste, comme s’il suffisait d’appuyer sur un interrupteur. Pfffiouuu, ce que c’est long, ce cours. En plus, j’ai faim. Et j’ai rien dans mon frigo. Ah tiens, et si je passais chez le traiteur chinois que j’aime bien ? Un petit rouleau de printemps et des raviolis crevettes, et puis aussi… Aaaaaaaah, je suis tirée de mes réflexions existentielles par la voie du sage qui souhaite conclure la séance par le traditionnel « Om ».

Alors là mes enfants, c’en est clairement trop pour moi. Nous entendre joyeusement déclamer ce fameux « Aoooooooommmmmmm » en chœur me rend hystérique, et le fou rire que je retenais depuis le début du cours finit enfin par exploser. Je lutte tant que je peux pour le dissimuler par une fausse quinte de toux (ben voyons), mais copine-traître n’est pas dupe et se marre autant que moi. Autant dire que le cours a été rudement efficace, pour qu’on ait les nerfs tendus comme ça !

Penaude (mais bien détendue du bidou après ma crise de rire), je ramasse mon tapis, le range fissa au fond de la salle, et détalle plus vite que mon ombre de cet antre du mal, persuadée de ne jamais remettre un orteil ici. En sortant, ça débriefe à tout va avec Copinette. Et le verdict n’est pas fameux : ça va bien deux secondes, les gamineries sur tapis, les cabrioles et les imitations du toutou, mais niveau détente, on repassera plus tard, merci bien.

Sauf que… Cette nuit-là, j’ai dormi comme un bébé, ce qui ne m’était pas arrivé depuis des lustres. Hasard ou coïncidence ?



Bon. Ben, dans le doute, on retourne au yoga mercredi. Mieux vaut être sûr, quand même.

Posté par Katia_ à 11:09 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [18]

Heaven can wait

12 janvier 2009

salle_d_attenteExiste-il au monde quelque chose de plus glauque qu’une salle d’attente de cabinet médical ? (Bon, oui, sans doute, il existe. Mais soyez mignons, et ne me ruinez pas mon début de billet, tout de suite, comme ça. Sinon, on ne va pas être copains longtemps, ok ?)
(Je reprends, donc).
Existe-il au monde quelque chose de plus glauque qu’une salle d’attente de cabinet médical ? Existe-il au monde un seul endroit où on pourrait avoir moins envie de poireauter que là, justement ? Non parce que rappelons quand même une chose essentielle : à moins d’être venu ici juste pour arroser les pauvres plantes faisant office de déco (qui en ont bien besoin la plupart du temps, à voir la tronche navrée qu’elles tirent), si on se pointe dans cette salle d’attente, c’est parce qu’on a un souci. Médical. (Généralement). Et que du coup, on aimerait bien un peu de compassion et un minimum de confort pendant qu’on reste là à envisager la meilleure façon de décrire au docteur nos symptômes de (au choix) gorge qui scratche, oreilles qui bourdonnent ou bidou qui glougloute.
Certains, même, appréhendent avec suspense et stress le futur verdict du Grand Manitou, parce que c’est bien connu, « ça commence en rhume des foins, et ça finit en pneumonie, vous ne me cachez rien, docteur, vous êtes sûr ? ».

Partant de ce principe, un petit brin d’effort dans la décoration et le niveau de confort de ces salles d’attente ne serait pas grand luxe, non ? Au lieu de quoi, on se retrouve la plupart du temps avec des tableaux mochingues au mur (je soupçonne les médecins de refourguer dans leur salle d’attente toutes les merdes reçues à Noël et qu’ils refusent de coller chez eux, même aux toilettes), ou l’encadré mis bien en évidence des diplômes de Monsieur Grand Manitou himself (des fois qu’on aurait des doutes sur ses compétences, d’un coup).
Sur la table basse (Ikea), des piles de magazines dont le plus récent doit remonter au mois de mars 2004 (on sera content de savoir que c’était la mode du corsaire, à l’époque), où tous les mots croisés et sudoku sont faits (mais mal) et où l’unique page de recettes annoncée en couverture a déjà été arrachée. Bon. En même temps, qui a vraiment envie de lire L’Usine Nouvelle en attendant d’aller dire « 33 » avec un bâton de bois au fond de la gorge, hein ?

Non, le mieux, niveau lecture, c’est de se reporter sur les immanquables petits fascicules gracieusement mis à disposition par toutes les marques et labos partenaires du cabinet médical. Du genre, chez le dentiste, « Mordez la vie à pleines dents », par Sanogyl. Chez l’ophtalmo, « Voyez grand avec les lentilles de contact Johnson ». Chez le pédiatre, « C’est petit à petit qu’on devient moins petit (tarifs exceptionnels d’abonnement au magasin Parents inclus dans ce dépliant) ». Chez le gynéco, … bon, bref. Non, vraiment, on se plaint, on se plaint, mais ils font quand même beaucoup pour nous distraire de nos problèmes, les médecins, hein.

Par contre, au niveau des sièges, c’est pas encore ça, je dirais. Là encore, les cadeaux foireux trouvent une seconde vie, et la salle d’attente intégralement meublée de chaises et bancs de jardins en bois bien dur (mais résistant à la pluie, hé) donnent à la visite chez le docteur une petite touche bucolique. Parfois, c’est dans une brocante qu’on a l’impression d’entrer, tant les chaises, fauteuils, table basse et déco font hétéroclite et bric-à-brac. Et puis de temps en temps, attention les yeux, on atteint le summum du raffinement en recyclant en salle d’attente le matériel médical obsolète. Ainsi, chez mon dentiste, par exemple, on trouve parmi les sièges un ancien fauteuil de cabinet, incliné à 150° (à vue d’œil, hein. J’ai pas raboulé mon rapporteur pour vérifier, non plus), prêt à accueillir les fesses des futurs patients. Ah ça, je ne vous le fait pas dire, mon dentiste a un sacré sens de l’humour.

Tiens, ça me fait penser : il était loin d’être con, celui qui a inventé le terme de « patient » pour les clients des médecins. Parce que, effectivement, y’a intérêt à l’être, patient, quand on a un rendez-vous médical. Vous avez rendez-vous à 19h ? Ben j’aime autant vous dire qu’à de rares exceptions près, vous ne serez pas dans le cabinet même avant… mmm… disons 19h45. Ah vous vouliez passer au Franprix avant que ça ferme ? Pas son problème, au mec. Et puis attendez, ho, hé, hein : c’est vous qui êtes malade et qui demandez des soins, vous n'allez pas non plus chouiner pour ça ?
A l’inverse, j’aime autant vous prévenir : si c’est vous qui êtes en retard, et même de 5 minutes, ça va dérouiller sévère devant les ordonnances. C’est qu’il n’a pas que ça à faire, le monsieur, vous comprenez ? (Il dit ça, mais c’est juste qu’il les connaît déjà par cœur, ses petits fascicules sponsorisés, et qu’il a plus rien à lire en attendant que vous arriviez, c’est tout).

Ah ! Ca y'est, c'est votre tour ! Bon courage... après, faudra encore aller faire la queue à la pharmacie pour acheter les médocs prescrits. Mais en piétinant debout, cette fois...

Posté par Katia_ à 09:48 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [28]

Baby boom

30 octobre 2008

b_b__1Hé merde. Encore une. Elle vient de m’annoncer qu’elle est enceinte. Elle aussi, à son tour. Elle, que je connais depuis plus de vingt ans, que j’ai vu grandir comme un miroir en face de moi, et qui aujourd’hui, d’un coup, grandit plus vite, ou différemment.

Cernée. Je suis cer-née. Des nouveaux nés en veux-tu en voilà, des mouflets à la pelle, des bambinos au kilo. Ils sont partout. Autour de moi, ça explose comme du popcorn. Ah ça, le repeuplement de la France n’est pas en danger, c’est moi qui vous le dis. Quand ça cause pas malaise et nausée des premiers mois, ça papote biberons et choix du prénom. Léo, Théo, Emma ou Eva ? (Je vous épargne une recherche inutile, les gars, voilà le quarté gagnant des prochains mois. De rien, c’est cadeau).

Effet d’âge, sans aucun doute. A trente ans passés, forcément, les copains-copines pensent tous les uns après les autres à pondre leur marmaille et à assurer leur digne descendance. Il en résulte d’ailleurs un bien joyeux bordel à chaque fois qu’un couple de nouveaux parents est invité à dîner ou à prendre un verre, ou bien que l’on décide vaillamment de partir en week-end ou en vacances tous ensemble.
Perso, j’hallucine quand même sur l’armada de boxon nécessité par une aussi petite chose qu’un bout de chou de quelques mois. Lots de couches, biberons et boîtes de lait, Maxi-Cosy pour la sieste, joujou qui fait de la lumière pour s’endormir, tétines, exemplaire n°4 de Sophie la girafe, poussette pas toujours pliante… heu, non mais ho ? Faudra bientôt louer un train complet pour faire un aller-retour Paris/Bordeaux accompagné d’un mioche. La blague.

Sinon, je ne sais pas qui raconte partout qu’un bébé, ça pionce tout le temps. C’est complètement faux. Mes oreilles en sont témoins : non seulement ça pionce pas tant que ça, mais en plus, ça braille. Et ça braille sec. Et en continu. Moi, ça va encore, je suis habituée au bruit permanent, avec mes tarés de voisins qui passent leur journée à s’engueuler sur fond sonore de « roue de la fortune » et autres dechavanerie (je sais, j’en ai de la chance). Mais j’en connais un ou deux qui ont souffert. « Font-ils des muselières pour Godzilla en grenouillère ? », chantait Aldebert (qui doit avoir les mêmes potes que moi, semble-t-il).



Bon. J’ai l’air de me plaindre, de râler et de critiquer, là, comme ça. (Ah ouais ?).
Mais bien tapie au fond de moi, la fibre maternelle commence malgré tout à s’éveiller lentement. Pas tout de suite, pas maintenant. Mais un jour, c’est sûr.

Faudrait juste que ma chère mère arrête de chouiner partout qu’elle veut des petits enfants pour jouer à la mamie gâteau. Parce que je la connais, celle-là. Aujourd’hui, elle se dit prête à passer ses dimanches à faire de la compote pommes-bananes au mixeur et à jouer à l’avion pour filer les cuillerées de purée, mais le jour où il me faudra une baby-sitter gratos pendant une semaine non-stop pour que j’aille prendre des coups de soleil en binôme amoureux à Saint-Barth (oui, oh… ça va, si on peut plus fantasmer, hein ?!), j’ai comme l’impression qu’elle sera beaucoup moins orientée rouleau à pâtisserie et autres lectures de Cendrillon au coucher. Bizarre, non ?

Bon, c’est pas tout ça, mais j’ai encore trois cadeaux de naissance à trouver, avec toutes ces conneries. Ah franchement, merci bien. J’essaye d’être sage et de me tenir éloignée des boutiques jusqu’à Noël (et que je ne vous entende pas glousser, hein, c’est très sérieux), mais si on me pousse à la consommation par souci du respect des coutumes, je ne réponds plus de rien. « C’est pas d’ma faute, monsieur, on m’a forcée ». Que ce soit bien clair. Vous viendrez me voir en prison ?

Posté par Katia_ à 09:27 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [24]

On s'était dit rendez-vous dans dix ans

13 octobre 2008

agenda_1Patrick avait quand même des idées marrantes, à l’époque. Filer rencard à tous ses potes de lycée dix berges plus tard, histoire de voir un peu ce que les uns les autres seraient devenus au bout de tout ce temps, c’était bien digne d’une série d’AB Production comme concept, non ?

N’empêche, ce con, il a fait des émules. A la fin des années 80, on était tous là à brailler en chœur avec nos bandanas et nos Doc Martens « ouais, attends, c’est trop naze son idée, pour qui qui s’prend c’blaireau, j’veux dire, quoi ! », mais force est de constater que les ‘Revival Meeting’ fleurissent de plus en plus. Y’ a donc un sacré paquet de gens qui auraient mieux fait de se la boucler en 1989, en fait.

Remarquez, moi, j’ai fait encore plus fort. Avec mes copains de classe de seconde, on était tellement soudé à la vie à la mort qu’on s’était donné rendez-vous non pas dix ans après, mais en septembre de l’année suivante (ouais, donc juste après les grandes vacances, quoi. Notez l’exploit.), rapport qu’on était nombreux à être dispatchés dans plusieurs établissements pour une sombre affaire d’options d’enseignement ou je ne sais quoi. Bon. Ben le jour J, il pleuvait comme vache qui pisse, et on s’est retrouvé très exactement cinq à se cailler les miches autour de la fontaine du Jardin du Luxembourg. Bravo les veaux. Je vous laisse imaginer le quota de réussite au bout de dix ans, ok ? Alors Patrick, t’es bien mignon, mais tes idées à la con, hein…

Forcément, aujourd’hui, avec tout le barnum mis en place par Facebook, Copains d'Avant et compagnie, c’est le lotobingo quasi à tous les coups. Syndrome « crise de la trentaine » version 2.0. Qui n’a jamais tapoté les noms de ses petits copinous de chat perché de l’école primaire ? Qui n’a pas cherché des informations sur ses ex et découvert avec un certain effroi le statut « marié » et les albums photos remplis de bambins dignes d’une pub Ricoré ? Qui n’a pas trouvé que Vincent avait pris un sacré coup de vieux ou que Marianne avait embelli ? Qui ne s’est pas dit que « pfff, celui-là, j’aurais bien aimé qu’il ne me retrouve pas… » ?

De fil en aiguille, on remonte les traces de notre passé, pour le meilleur et pour le pire. Parfois, l’envie nous prend de recontacter nos anciens potos et d’échanger quelques nouvelles. « Qu’est-ce que tu deviens ? ». Question rituelle à laquelle il n’est pourtant pas si simple de répondre en quelques phrases. Comme le dit Patrick, « on peut pas mettre dix ans sur table comme on étale ses lettres au Scrabble ». On fait le tour de sa vie rapidement, dans les grandes lignes, comme on sortirait son CV devant un employeur potentiel. Profession, situation familiale, loisirs.
Et puis, inévitablement, on reparle du passé. De ces moments communs, de nos souvenirs heureux, de la fois où…, et de celle où tu m’avais dit que… . On évoque dans de grands éclats de rire tout ce qui a fait qu’on a ressenti ce besoin, cette envie de se revoir aujourd’hui.

Et puis après ?


Après, le plus souvent, le soufflé retombe et il ne se passe pas grand-chose. Rares sont les fois où les retrouvailles au bout de plusieurs années donnent vraiment lieu à un nouveau roman d’amitié, qui s’élance comme un oiseau (ahem… oui, je suis très ‘femme des années 80’, aujourd’hui). Le présent reprend ses droits, et on range à nouveau dans un tiroir ces jolis souvenirs, auxquels vient s’ajouter le dernier, plus vivace, de ce moment récent partagé ensemble.

En tout cas, tout ça me laisse perplexe. Peut-être que je n’ai pas revu les bonnes personnes. Peut-être que je n’ai pas laissé sa chance au produit. Ou peut-être que je n’ai pas véritablement envie de remuer le passé. Parce que, justement, c’est le passé.

Hé ho, les gars. C’est déjà le bordel le plus complet dans mon présent, et le flou intégral sur mon futur. On va pas non plus réviser toutes les pages du Bécherelle pour se faire une vie plus que parfaite ?!!

 

 

 

Posté par Katia_ à 10:13 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [29]