Gin Fizz

Bulles de vie...

Un long dimanche de grisaille

07 avril 2008

gris_4Il y a des gens qui n’aiment pas les lundis. Moi, c’est surtout les dimanches que je ne peux pas voir en peinture. Spécialement ceux de la fin d’hiver qui se traîne, pluvieux, gris, froids et résolument anti-bonne humeur.

Pourtant, à la base, un dimanche, c’est plutôt sympa, si tant est qu’on a pu éviter le traditionnel gigot-flageolets chez (belle) maman. Grasse mat’, réveil tout en douceur et non au son tonitruant du cours de la bourse sur France Info, on s’étire, on s’étale, on fait l’étoile de mer dans le lit…

Non, vraiment, le début du dimanche, top, chapeau, super, rien à dire.
C’est après que ça commence à déconner sévère. A partir de 17 ou 18h environ. Heure qui arrive d’ailleurs à toute berzingue, genre elle aurait le feu aux fesses, elle s’y prendrait pas autrement. Alors que franchement, merci, mais fallait pas vous déranger, hein.

A partir de là, en ce qui me concerne, c’est le drame. Je me mute en mollusque indécis et zombifié, terrorisé à l’idée de cette fin de journée qui approche, mais incapable de profiter pleinement des dernières heures de liberté qui s’annoncent. Ce qui me rassure, c’est que je ne suis pas la seule dans ce cas…

Le pire, pourtant, c’est que ça ne date pas d’hier. Déjà petite, le syndrome de la 'dimanchéïte aiguë' me frappait de plein fouet toutes les semaines, dès que retentissaient à la télévision les premières notes du générique de 7/7. A ce moment précis, je savais que c’était la fin des haricots. Anne Sinclair apparaissait sur l’écran, avec ses yeux bleus en forme de bille et ses pulls en mohair, et immanquablement, ma mère faisait irruption dans ma chambre pour me signifier que c’était l’heure du grand trio bain / shampoing / pyjama.
Après les grandes ablutions, un petit dîner jambon-purée pour la route, une petite fournée de deux épisodes de ‘David le gnome’ sur France Antenne 3 (pfff, j’me sens vieille en écrivant ça, vous imaginez même pas…), et zou, au plumard, parce que demain, y’a école, t’as préparé ton cartable, t’as fais tous tes devoirs, t’as pensé à ton sac de piscine, et est-ce que j’ai signé ton cahier de correspondance, ok, bonne nuit, smack smack (porte qui se ferme).

Putain, mais comment voulez-vous qu’on ne soit pas traumatisé sur le long terme quand tous vos dimanches se terminent comme ça ?

Donc aujourd’hui encore, les dimanches soirs, chez moi, c’est loose internationale : pas envie de sortir, pas envie de ranger, pas envie de trier, pas envie de faire le ménage (et puis quoi encore, ho ?). Je me traîne comme une loque, j’erre de la chambre au salon, je tapote un coup sur l’ordi (non, pas de nouveau mail, hooooo…), je zieute vaguement ebay de temps en temps, j’allume la téloche et la rééteins aussi sec parce que Vidéo Gag et son présentateur chevelu, ça va bien deux secondes mais faudrait voir à pas trop déconner non plus, et je regarde les aiguilles de l’horloge qui, elles, ne chôment pas.
Et je me glisse sous les draps le soir venu avec la culpabilité de n’avoir pas foutu grand-chose de cette journée pourtant officiellement dédiée à la glandouille.

La seule et unique parade que j’aie trouvée à ce blues du dimanche est de pratiquer le « drunch ». Il y avait les brunchs, à cheval entre le breakfast et le lunch. Moi, mon truc, c’est le drunch, mélange de diner et lunch. En gros, c’est kif-kif, hein, vous énervez pas, j’ai rien inventé. Mais l’avantage, c’est qu’en le décalant de quelques heures, ça remplace également le dîner du dimanche soir, parce qu’on n’a pas faim. Et on zappe par conséquent la corvée du frigo vide, des deux vaches-qui-rit qui s’y battent en duel, et de la vaisselle qui s’amoncelle dans l’évier par flemme.
En revanche, le lundi matin, on se réveille avec une dalle de coyote des bois, et ça fait au moins une bonne raison de se tirer du lit, à défaut d’être ravi d’aller retrouver BigBoss, Michel-pue-du-bec de la compta, et notre super dossier sur le taux d'endettement des seniors en Lituanie. Là, la double dose de Chocapic, on l’a méritée, c’est clair.

Dimanche… Sunday, en anglais. « Jour du soleil » donc. On se foutrait pas un petit peu de notre gueule, des fois, là ? Perso, en attendant qu’il fasse effectivement soleil le dimanche (et qu’on puisse continuer à glandouiller mais en terrasse), moi, je retourne sous ma couette. C’est pas tout ça, mais demain, y’a école. Ou c'est tout comme.

free music

Posté par Katia_ à 09:14 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [24]

On ira tous au paradis

18 février 2008

enfer_1L’enfer sur terre existe. J’en ai la preuve, j’y étais hier après-midi.

Pas de flammes rouges et de recoins sombres, le Mal a élu domicile dans un gigantesque entrepôt de banlieue parisienne peint en bleu. Au lieu des trois chiffres fatidiques 6.6.6, ce sont ici quatre lettres, tout aussi mystiques, qui défient le monde de leur jaune cinglant. Ikea.

Qu’allais-je donc faire dans cette galère ?

Oui, c’est bien ce que je me demande aussi, figurez-vous. Parce que se farcir Ikea, un dimanche après-midi à peu près ensoleillé, en période de fin de soldes et hors vacances scolaires, à moins d’y être élégamment traînée par la peau du cul, ça relève du masochisme pur et simple.

11h53 : Arrivée sur zone. Le parking est déjà blindé, des hordes de familles trottinent gaiement vers l’entrée maudite. Diable, mais comment tous ces gens ont-ils eu la même idée que nous aujourd’hui ? Je soupçonne le complot. C’est sûr, on nous veut du mal.

12h18 : "Ah regarde F., elle est pas mal cette table, là ?". "Mouais, chais pas. Qu’est-ce que t’en penses, toi, Katia ?". Mes compagnons d’infortune bourreaux sont là pour remeubler leur salon. Perso, je n’ai que quelques merdouilles à acheter au rez-de-chaussée, rayon des accessoires, de la vaisselle et des tapis. Mais « on » m’a recrutée pour que je donne mon avis sur la nouvelle déco de F. et S. Non mais sérieux, vous m’avez prise pour Valérie Damidot, les gars, là, ou quoi ?

13h24 : Après trois fois dix minutes d’attente et l’aide conjointe de Sabrina, Boris, Christian et Mehdi, vendeurs qui veulent tous se mêler de la situation pour exhiber au mieux leur superbe gilet jaune et bleu et leur badge « demandez-moi conseil ! », le meuble-télé est trouvé, les rangements dvd et le fauteuil d’angle aussi. Mais la table reste un problème.

13h54 : La table reste un gros problème. Etant donné que c’est quand même pas moi qui vais grailler dessus tous les soirs, le flot de questions métaphysiques sur la taille et la longueur (tut tut tut, nan, rien à voir…) me fait légèrement tourner la tête. Je prétexte un truc bidon pour retourner au rayon canapé piquer un petit roupillon rapidos.

14h12 : Raté. Même chez les canapés, c’est un bordel sans nom. Brian, dans sa poussette, braille du mieux qu’il peut pour faire comprendre à son petit monde que là, ça va bien, mais il est grave saoulé par toute cette débauche de consommation, et qu’il aimerait bien son biberon, merde. Aglaé et Sidonie, approximativement cinq ans, sont elles au top niveau de leur forme, et se balancent des coussins ‘Flörst’ à la tronche en piaffant bruyamment. Je me tire.

14h48 : Opération table terminée. Pour fêter l’événement, on décide justement d’y passer, à table. Besoin urgent de bouffer du lion pour se remettre en jambe. Merde, la cafét’ est sous influence suédoise elle aussi. Ce sera du saumon ou du renne. Pas de lion au menu. On nous en veut, là, ou quoi ?

15h55 : L’attaque du rez-de-chaussée et des accessoires peut commencer. Je suis fin prête, armée jusqu’aux dents, avec ma shopping-list à la main. Katia, sois forte, tiens-toi à l’essentiel, concentre-toi sur la liste, ne laisse pas l’adversaire prendre le dessus. J’attrape mon chariot avec l’air déterminé de celle à qui on ne la fait pas. Si j’avais su…

16h35 : Mes pulsions acheteuses n’ont apparemment pas été calmées par le gâteau aux Daim© ultra sucré du déjeuner : j’ai envie de tout, et surtout de ce qui ne me servira sans doute à rien au final. Mais je trouve qu’on a toujours besoin d’un découpe-œuf à la coque, d’une pince à spaghetti et d’un huitième vase. Non ? Ah… C’est bien ce que je pensais…

17h04 : Non mais expliquez-moi pourquoi tous les noms des produits sont des trucs imprononçables au look de tirage merdique des chiffres et des lettres ? Ah mais non, je suis sotte, c’est du suédois. (Hum…). Admettons. Mais d’une, j’aime pas trop passer pour une brêle devant le vendeur qui me reprend sur ma prononciation, genre lui, il est trop bilingue. Et de deux, est-ce que chez H&M, ils nous emmerdent à appeler les jupes des ‘Svört’ et les leggings des ‘Ektorp’. Non. Bon.

17h46 : Merde, mon chariot est plein. Moi qui venais "juste" pour quelques babioles de déco et de la vaisselle d’appoint, je me suis encore fait avoir comme une débutante. Putain, ils sont trop forts ces suédois. Je les hais.

18h02 : C’est pas la queue pour les caisses, ça, quand même ? Si. Achevez-moi, s’il vous plait.

18h57 : Sept heures et deux cents euros en moins plus tard, épuisée d’avoir tant parlé les langues étrangères, je regarde F. charger la camionnette façon Tétris. Je suis crevée. Je veux dormir. Je ne veux plus voir un catalogue Ikéa en peinture, et le moindre tréma sur les lettres me file la gerbe illico. Une journée en enfer.

On ira tous au paradis, certes. Mais je serais assez d’avis que les Suédois payent un peu plus cher pour leur place.

Posté par Katia_ à 10:08 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [39]

Singin' in the rain

29 octobre 2007

pluie_4Singing ? Heu… moui… bof, quand même, hein. Parce que la pluie, moi, je déteste. Mais alors, bien comme il faut !

Je déteste partir de chez moi aspergée de Chanel et arriver au bureau en ayant l’impression de sentir le vieux chien mouillé.
Je déteste les odeurs de K-way et de parkas humides amplifiées par la foule du métro bondé.
Je déteste ne pas réussir à tourner les pages de mon journal gratuit parce qu’elles sont toutes collées par l’humidité et la pluie.
Je déteste la petite bruine insuffisante pour sortir son parapluie, mais suffisamment casse-bonbon pour foutre en l’air mon brushing.
Je déteste avoir le maquillage qui coule, l’air d’un raton-laveur, et le cheveu tout raplapla.
Je déteste me prendre le parapluie des autres dans la tronche. Surtout celui des gens plus petits que moi, qui atterrit pile dans mon œil.
Je déteste cette petite goutte vicieuse qui a su trouver la faille dans mon écharpe enroulée, et qui glisse lentement mais sûrement le long de mon cou.
Je déteste avoir l’air d’une gourde avec mon sac-cabas Vanessa Bruno qui ne ferme pas, et tous mes trucs à l’intérieur qui se détrempent comme Jack et Rose sur le Titanic.
Je déteste mon nouveau jean "Dark Blue" qui déteint comme un con, me dégueulasse tout mon imper beige et mes fait les mains look Schtroumphette.
Je déteste avoir l’impression que la moitié de mon salaire est destiné à enrichir les fabricants de parapluie, rapport au fait que je les perds ou les oublie systématiquement où que j’aille.
Je déteste les bourrasques de vent qui renversent mon parapluie et lui donnent un air pitoyable au bout de trois utilisations (Mary Poppins, sérieux, comment tu fais pour garder un parapluie intact plus de deux semaines ?)
Je déteste me retrouver avec le bas du pantalon moucheté de tâches grises parce qu’un connard de bus a roulé trop près du trottoir.
Je déteste les gens qui s’obstinent à marcher sous les stores des cafés ou des magasins alors qu’ils ont déjà un parapluie pour se protéger.
Je déteste aussi marcher malencontreusement pile à l’endroit où le store en question déverse tout son trop-plein d’eau : effet Aquasplash garanti.

Y’a juste un truc que j’aime, avec la pluie. Et ça me prend parfois, comme ça, sans crier gare. Je vous le dis, mais personne n’a le droit de se moquer, hein ? Bon…
J’adore faire ma Mimi Cracra, sauter partout dans les flaques avec de vieilles bottes en plastique colorées, et patauger dans la gadoue, la gadoue, la gadoue, la gadoue… (Genre j’ai sept ans. Oui, et alors ?)

Et vous, la pluie ?

Posté par Katia_ à 14:31 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [49]

Vingt mille lieues sous la mousse

11 juin 2007

bain_2Il doit me manquer un gène, je ne vois que ça. Pourtant, j’ai tenté l’expérience, hein. Plusieurs fois, même. Mais y’a rien à faire : j’aime pas les bains. Enfin, en y regardant de plus près, ce sont surtout les bains qui ne m’aiment pas. Et c’est pas faute d’avoir joué le jeu…

Je vous raconte ma vie deux secondes : chez moi, j’ai ce qu’on appelle une baignoire-sabot. Vous savez, cette espèce de truc infâme mi-douche, mi-bac à glaçon géant. Je sais même pas comment on ose encore appeler ça une « baignoire », mais bref, passons. Bon… Etant une fille qui aime les expériences inédites (jusqu’à un certain point, hein, je précise), j’ai essayé, quand même, d’y prendre un bain. Ouais. Un jour de bonne volonté, je me suis dis comme ça « allez hop, on y va, en route pour l’aventure, attrape ton Monsavon douceur pomme-vanille, on va s’faire un p’tit bain j’te raconte que ça ! ».
Bon ben non en fait. Le côté « jambes à l’air qui dépassent des deux côtés dans l’air froid », j’ai pas trouvé ça génial, bizarrement. En même temps, vu que le principe d’un bain, c’est de se détendre, si je dois faire de l’origami avec mes gambettes pour pouvoir tenir dans une baignoire taille minipouce, c’est pas trop la peine non plus.

Faut dire que j’arrive jamais à régler convenablement la température de l’eau, aussi… Un coup c’est froid comme la Manche en novembre (tu parles d’une détente !), un coup c’est brûlant comme l’eau bouillonnante qui n’attend plus que les coquillettes (même pas envisageable d’y tremper un quart d’orteil). Je passe donc mon temps à rajouter eau chaude ou froide selon le cas, et trois plombes plus tard, je peux enfin espérer poser mes fesses au fond de ma baignoire. En gros, faut prévoir un créneau horaire d’environ deux heures rien que pour faire couler le machin.

Bon. Et après, quoi ?

Ben après, j’me fais chier.

Sérieux. C’est là mon second grand problème : je ne sais pas m’occuper dans un bain.

Lire ? J’arrive jamais à bouquiner tranquilos. Le magazine est trop grand, il trempouille dans la flotte, gondole, double de volume, les pages collent entre elles. Le bouquin, pour peu que j’y tienne, me demande des efforts surhumains pour survivre à une hauteur respectable au dessus du niveau de l’eau. Et puis j’ai les bras qui fatiguent à force.

Jouer avec la mousse ? Ok, super. Je veux bien avoir six ans l’espace de deux minutes, mais y’a que dans les pubs Obao que les nanas s’éclatent à souffler sur la mousse avec une bouche en cœur. En vrai, c’est vite relou.

Ecouter de la musique ? booooof. Le bain, pour moi, ça rime avec silence et zen, me demandez pas pourquoi.

Ne rien faire ? Heu… c’est con mais j’y arrive pas. En tout cas, pas dans une baignoire. Autant sur la plage ou dans mon plumard, je suis championne de « glandage du rien du tout », autant dans la flotte, c’est niet.
A part regarder mes doigts se friper doucement, je vois pas. Et puis tiens, entre nous, franchement, le look papier crépon à la sortie du bain, c’est moyen glamour, hein. Nous vanter les mérites de la peau douce et satinée d’un bain aux huiles essentielles, et ressortir avec la gueule d’une vieille guirlande de kermesse fabriquée maison, je voudrais pas dire, mais ça pue l’arnaque à mille bornes quand même.

De toute façon, même si je le voulais, y’aurait même pas moyen d’être peinard. Mon débile de chat claustrophobe ne supporte pas d’être enfermé dans une pièce. Si je l’enferme avec moi dans la salle de bain, il va gratter à la porte et miauler à m’en faire péter les tympans. Si je l’enferme à l’extérieur, vous pouvez parier trois kilos de whiskas que c’est précisément à ce moment-là que mademoiselle voudra faire sa crotte dans sa litière, située – dois-je vraiment le préciser ? – à deux pas de ma baignoire.

Alors franchement, si toute cette mascarade autour du bain, c’est pour en ressortir aussi tendue qu’un string à Rio, même pas la peine…

Posté par Katia_ à 10:16 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [39]

Zozos dans le métro

09 mai 2007

m_tro_1Les parisiens sont des êtres courtois, polis, aimables et respectueux des autres. Il suffit de prendre le métro une ou deux fois pour s’en convaincre. Petit catalogue de notre savoir-vivre légendaire. De Bastille à Montparnasse, de Porte de Clichy à Château de Vincennes, à 8h ou à 21h, on trouve, en vrac et dans le désordre :

Celui qui nous écrase copieusement les mocassins et qui ne semble même pas s’apercevoir qu’on vient de se prendre ses 86 kilos de graisse sur les pieds. (nan, mais c’est pas grave, d’t’façon, j’me servais pas de mon pied gauche, alors…)


Celui qui est le premier à monter, le dernier à descendre, mais qui entre temps, reste posté juste devant l’entrée du wagon sans bouger, sans doute par plaisir de se faire bousculer à chaque station. Limite y’aurait un mot de passe pour pouvoir grimper ou sortir du wagon, ça le ferait poiler de le demander à chaque voyageur.

Celui qui est, à l’inverse, coincé à l’opposé des portes et qui se met soudain à gesticuler deux bonnes minutes avant l’arrêt en station, même à République ou Châtelet-les-Halles, où il y a de fortes chances qu’une bonne moitié du wagon descende, comme lui. (… et celui qui demande d’un air angoissé si « vous descendez ? » trois ans avant que le train ne s’arrête. « Ben non, jamais entre deux stations »)

Celui qui a oublié qu’il portait un sac-à-dos, et qui met des coups de boule involontaires à tout le monde dès qu’il remue ne serait-ce qu’un orteil.

Ceux qui chantent couinent en même temps que les écouteurs de leur Ipod. Merci pour l’ambiance, mais si on pouvait éviter M. Pokora à 8h du mat’, ça m’arrangerait, quand même.

Celui qui n’a manifestement pas réglé son sonotone sur la bonne fréquence, et qui parle tellement fort que même l’autre bout du wagon profite de sa conversation passionnante (parce que c’est souvent passionnant, dans ces cas-là). Manque de pot, il est juste à côté de nous, et c’est nos tympans qui s’en prennent plein la gueule.

Ceux qui sont à vue d’oeil très très amoureux l’un de l’autre, se tripotent sans cesse et s’embrassent goulûment (à grands renforts de smaaaackss et de slurp slurp baveux), sans la moindre pudeur pour le voisin gêné placé à trente centimètres des offensives, et qui relit d’ailleurs pour la douzième fois le petit poème navrant proposé par la RATP juste pour se donner l’impression d’être vraiment très occupé.

Celui qui reste le cul scotché à son strapontin en pleine heure de pointe, et qui a en plus l’audace de soupirer très fort quand le bout de notre veste vient lui chatouiller les narines, pour cause d’affluence record.

Celle qui campe devant le tourniquet en cherchant désespérément au fond du bordel de son sac à main sa carte orange, ou plus récemment, qui passe et repasse son sac dans tous les sens au dessus du bouton électronique "navigo" en guettant comme une furie le biiiip d’ouverture de la porte.

Celui qui a la main tellement moite qu’elle glisse toute seule le long de la rampe. Yeaaaaaaarkkkkk !

Celle qui déboule dans le wagon aux heures de pointe avec une poussette plus grosse qu’une Smart, et qui veut généralement me déloger du petit coin où j’ai réussi à me caller pour y caser son engin et « moins déranger ». Je me marre là, ou pas ? Oui, je sais… parfois, on ne peut pas faire autrement. (Si, on peut au moins plier sa poussette géante le temps du trajet, prendre son mouflet dans ses bras, et éventuellement faire les yeux doux pour demander un bout de strapontin, mais bref). Perso, en attendant d’expérimenter l’autre côté de la barrière (et me trimballer mes mioches à moi en suant aux heures de pointe), j’assume mon seuil de tolérance à la poussette plus bas que la moyenne.

Ceux qui n’ont jamais compris que les escalators ne sont pas une visite guidée des sous-sols parisiens, et qu’on n’est pas obligé de s’y étaler comme si on allait prendre le thé le temps de la montée : c’est pourtant pas compliqué de piger que les parisiens sont des stressés de la vie, et que la file de gauche est toujours réservée à ceux qui veulent grimper les marches même si ça avance tout seul.

Ceux qui lambinent le nez au vent, manifestement ravis de ce panorama exquis qu’offre le métro parisien. A mon avis, ces gens-là se sentent très bien dans les couloirs du métro, et n’ont absolument pas envie de rentrer fissa chez eux, même le vendredi soir, après une longue semaine de boulot chiantissime. Allez, on met le turbo les gars, parce que j’ai aucune envie de passer la soirée coincée entre un plan de métro taggué et une pub pour des vacances aux Antilles que je n’aurai pas avant un bail.

Enfin bref, je peux continuer longtemps à vous faire le catalogue de la faune métropolitaine, j’en ai encore des tonnes en rayon. Mais ce serait vous gâcher le plaisir, non ? Je suis sûre que vous en avez plein, vous aussi, des trucs à raconter à ce sujet… ;)

Et pour rester dans le thème, je vous invite à aller faire un tour chez la Gazette. C’est sûr, il râle moins que moi (ahem…), et vous verrez après coup le métro sous un œil nettement plus marketing !

Posté par Katia_ à 09:30 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [53]

Foule sentimentale ?

11 avril 2007

moutons_3Faut que je vous avoue un truc pas net. Y’a des jours où la foule me tape sur le système, mais alors bien comme il faut. Des jours où je voudrais effacer d’un trait de gomme virtuelle toutes les personnes qui se trouvent sur ma route, comme ça, pour rien, juste parce qu’elles ont le malheur de me pomper un peu de mon oxygène et de mon espace vital à un moment où je voudrais être seulement peinarde. La "mouton attitude", parfois, très peu pour moi.

Là, vous me répondez (normalement) (et si vous êtes gentils) un truc du style « mais naaaaan attends, c’est totalement compréhensible, parfois on a besoin de se retrouver dans sa bulle, d’être seul, pour se retrouver, se ressourcer ».
Ouais. Sauf que moi, c’est précisément dans des endroits où je ne peux pas être seule que j’aurais envie de l’être, seule, justement. Pas reloue, la fille, déjà…

En même temps, faut dire que parfois, y’en a qui n’y mettent pas du leur, franchement. Et moi, je voudrais bien qu’on m’explique certaines choses. Genre, au hasard :

- Pourquoi c’est systématiquement le strapontin juste à côté de moi qu’on décide de prendre alors que quasi tout le wagon de métro est vide. Sièges inoccupés partout, choix quasi illimité, limite même au Zénith y’a moins de places. Ben nan… c’est , juste où j’allais poser mon coude pour pouvoir lire le journal tranquille qu’"on" est venu s’installer. A croire que le parfum de mon gel douche mélangé au déo a du lui chatouiller les narines et lui tournebouler les hormones.

- Pourquoi, alors que je m’évertue à trouver le créneau de 2’16 minutes où les caisses du Monop’ sont vides (au prix d’une longue étude très poussée sur les us et coutumes des habitants de mon quartier en matière de ravitaillement du frigo), que je parviens à déposer tout mon barda sur le tapis roulant en me disant que je n’aurai pas à sprinter pour ranger mes Danone et mes Corn Flakes pour libérer la place au suivant, pourquoi, donc, y’a toujours une grogniasse qui vient se coller derrière moi, tout sourire, avec son caddie plein à craquer pendant que la caisse juste à côté est vide. V-I-D-E. Non mais je rêve ? No but I dream… Oui, je sais : « m’en fous, m’en fous, m’en fous, m’en fous ». Mais rien que pour le principe, quand même, je l’ai trouvée super pot de glue, la Ginette.

- Pourquoi, dans un magasin Zara grand comme l’hippodrome de Longchamp (à deux trois mètres près) faut-il que certaines nénettes pistent les autres en regardant et triturant systématiquement les mêmes vêtements, sur les mêmes portants, au même moment. Ho, et pourquoi pas partager la même cabine d’essayage, tant qu’on y est, "copine", nan ? Tssss, cette boutique est trop petite pour nous deux, Calamity Jane…

Bon, ok, je caricature très légèrement, mais l’idée de base est là. Rassurez-moi, je suis vraiment une sale conne prétentieuse et égocentrique à tendance parano-névrotique ? Ou bien ça vous arrive de ressentir (un peu) la même chose ?

PS : j’oubliais… Je suis peut-être une sale conne prétentieuse bla bla bla (voir tiercé dans l’ordre ci-dessus), mais je suis aussi rancunière et très violente. Donc attention à ce que vous allez dire. :)

PPS : Raaaaaaaaaaaaaaaaaaaah, ça fait du bien de râler… !

Posté par Katia_ à 09:51 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [36]

CupiBIdon

14 février 2007

ange_1Aujourd’hui, que vous le vouliez ou non, vous n’y couperez pas. Du rose, du rouge, de la guimauve et des déclarations nian-nian au possible, vous allez en bouffer par paquet de douze. Ben oui, pas le choix, c’est la Saint Valentin, la fête de ce petit con de Cupidon, qui entre nous, ferait mieux d’aller faire son boulot un peu plus intelligemment, au lieu de gambader cul nu avec son arc et ses flèches.
Fleuristes dévalisés pour quelques roses en bouquet, restos bondés malgré le « menu des amoureux » niaiseux à souhait (comme si on avait forcément envie de manger la même chose parce qu’on est un couple), bijoutiers et chocolatiers grandement inspirés pour l’occasion… Pas de doute, la potion d’amour du 14 février fait pschiiiiiittt un peu partout.

Un bien joli panorama dégoulinant de cœurs roses qui aurait de quoi donner la gerbe à tous ceux qui seront seuls sous leur couette ce soir. Parce que oui, quand même, faudrait pas l’oublier : le marketing se fait une joie de nous jeter à la tronche tout ce merveilleux bonheur d’aimer et d’être à deux, mais quand on est solo, on fait quoi ? On fait l’autruche en attendant que le doux orage passe, et on attend le 15 avec impatience ? On fait genre on s’en tape de tout ça, nous on est bien-dans-nos-pompes-à-l’aise-Blaise-cool-Raoul ? On accroche la corde au lustre et on sort le tabouret ?

Allez, rajoutons un peu d’huile sur le feu, tant qu’on y est, hin hin hin. Cette journée si parfaite est le moment idéal pour démystifier quelques petits conseils et phrases-clés qu’on se plait à répéter en boucle à ceux dont la vie amoureuse est encore moins glorieuse que la carrière du Titanic (« plic ploc plouf »).

Dans le genre cliché vient en pole position le bon vieux « ça t’arrivera quand tu t’y attendras le moins ». Ouais, facile à dire, ça. Parce que dans les faits, même vautrée devant la huitième rediff’ de "Bridget Jones", en jogg’ et chaussettes Snoopy, avec un masque à l’argile sur la tronche, j’ai beau ne pas m’y attendre du tout, très clairement, c’est pas pour autant qu’il se passe plus de trucs qu’à l’accoutumée.
Alors oui, je sais, on va me dire « ah mais faut quand même sortir un peu, sinon, forcément… ». Bon, ben dans ce cas, je regrette, mais votre théorie, là, elle tient plus la route. Parce que quand je "sors", perso, je m’attends quand même, ne serait-ce qu’un tout petit chouïa, à rencontrer quelqu’un. Y’a toujours une part de moi qui se dit très connement qu’il est peut-être possible, dans une éventuelle hypothèse purement optionnelle, sur un malentendu, etc… Sinon, ça vaut pas le coup, non ?

Vient ensuite le superbe « un de perdu, dix de retrouvés ». Alors là, je me marre. Complètement débile, ça, aussi. A la rigueur, faudrait dire « un de perdu, dix A TROUVER ». Là, je serais d’accord. Parce que dans le fond, quand on perd un amoureux (parce qu’il nous quitte ou parce qu’on le largue, peu importe la forme), on a forcément appris plein de trucs sur ce qu’on veut et surtout ce qu’on ne veut pas, dans une relation. Du coup, effectivement, y’a intérêt à multiplier les rencontres futures pour encourager ses chances de tomber sur quelqu’un qui ne présentera pas les tares horribles et inenvisageables qu’on a décrété ne plus pouvoir supporter. Donc, « dix à trouver », CQFD. Merde, ça en fait, du boulot en perspective, en plus de la gestion post-rupture.

Comment ne pas mentionner aussi le fameux « peut-être que t’es trop difficile ? ». Aaaaaaarggggg, oui, ça doit être ça. Ne pas se contenter d’un type au QI de plat de nouilles trop cuites et à un minimum syndical niveau qualités humaines, c’est être "trop difficile". « Même Antoine, il te plait pas ? ». Ouais, même Antoine, dis-donc (sinon je serais déjà en train de lui rouler une galoche, figure-toi). C’est fou, ça, comme je suis pénible, à ne pas vouloir tomber amoureuse des hommes qu’on se force à me présenter, et à préférer laisser faire mon instinct. « Tu fais pas beaucoup d’efforts, je trouve… ». Ben voyons. Tsssss, même pas envie de développer, tiens, pour la peine.


PS : Je vous rassure (si besoin), cette note n’a rien d’autobiographique. Je n’ai pas de chaussettes Snoopy, par exemple. Merci donc de ne pas m’inscrire à Meetic en douce. ;-)

Posté par Katia_ à 09:27 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [50]

A la queue-leu-leu

18 janvier 2007

file_4(Si vous êtes suffisamment motivés pour lire un billet qui porte ce titre honteux, je vous tire mon chapeau ! Ou alors, c’est vraiment que vous vous ennuyez copieusement au bureau… J’me trompe ?)

Dans le genre "nana impatiente", je suis ce qu’on peut faire de pire sur Terre. Ni plus ni moins. Et ce que je déteste par-dessus tout dans ce domaine, c’est faire la queue. Attendre, poireauter, rester bêtement plantée là, en rang d’oignon derrière le gars qui a eu la bonne idée ou le coup de chance d’arriver trois minutes avant moi.
Pas de pot : faire la queue, c’est un peu l’un des passe-temps obligatoires de ma vie ces temps-ci. Partout, tout le temps, à n’importe quelle heure ou presque, où que j’aille, faut poireauter.

Pour éviter tout débordement du genre « c’est pas ton tour grogniasse, j’étais là avant toi, même pas vrai d’abord, tu vas voir ta gueule à la récré », on se voit la plupart du temps affublé d’un petit numéro d’ordre de passage.
Généralement, après avoir consulté le tableau lumineux qui appelle le numéro 12, et constaté qu’on a entre le mains le numéro 67, on (au choix) 1- craque, 2- chiale, 3- se casse vite fait bien fait, 4- regrette de ne pas avoir envoyé chouchou à notre place, 5-se résout au bon vieux "bon, ben, y’a plus qu’à…".

A partir de là, mieux vaut trouver n’importe quoi pour passer le temps. A la poste par exemple, on apprend par cœur les tarifs des cartes de téléphones internationales pré-payées, et on se dit que « putain, c’est pas si cher, trois cents minutes de tél pour la Namibie ! J’aurais pas dit… ».
Au Monop’, on matte l’air de rien le contenu du caddie du voisin, on repère les accros aux Danettes chocolat (à partir de trois packs de douze, on est accro, c’est scientifiquement prouvé) ou les célibataires endurcis (indice : la moitié du rayon plats traiteurs + deux boîtes de préservatifs).
A la sécu, l’ANPE, la mairie ou les Assedic, on trouve toujours des supers prospectus hyper informatifs qu’on feuillette machinalement, parce que « Préparez votre retraite dès aujourd’hui» ou « La nouvelle Carte Vitale arrive, découvrez-la vite ! », tout de suite, ça donne envie. Ils savent faire passer le temps, à la sécu, y’a pas à dire.

Perso, je vous conseille plutôt de faire comme si vous étiez installés à une terrasse de café (coca light en moins), et d’observer. Je vous garantis un spectacle absolument fascinant.
Il y a toujours celui qui est plus malin que tout le monde, et qui se pointe direct dans la file la plus courte, genre on est tous très très cons à préférer aller attendre là où ça va manifestement être le plus long. Marrant comme il la ramène légèrement moins quand "on" lui dit « c’est fermé monsieur, je ne prends plus personne après la dame devant vous ». Allez, ramasse tes dents, et va voir plus loin, mon pote.
Il y celui qui veut gruger deux ou trois places, l’air de rien. Ou qui fait semblant d’aller demander un vague renseignement au guichet pour pouvoir ensuite passer en priorité. Pfff, trop connue, ta technique, mec, on faisait déjà ça dans la queue de la cantine !
Il y a ceux qui oublient toute notion de politesse ou de courtoisie quand une nouvelle caisse ou un nouveau guichet ouvre devant leurs yeux. A partir de ce moment-là, tout le monde peut crever, et ils se fichent pas mal que trois personnes attendent depuis plus longtemps qu’eux. A la guerre comme à la guerre, en gros.
Il y a ceux qui, comme nous, poireautent depuis des plombes et ne se rendent même plus compte qu’ils sont peut-être en train d’être observés. Grand festival de grimaces, curage d’oreille, décrottage de nez et tripatouillages de cheveux en perspective.

Mais c’est souvent côté guichet que se joue le clou du spectacle. Généralement, plus la file d’attente est longue, plus vous aurez loisir d’admirer une belle collection d’employés style gastéropodes shootés au Lexomil. C’est à qui gagnera son titre de champion du DSPV (Déplacement à super petite vitesse), la performance est admirable. Mieux vaut en rire qu’en pleurer.

Non, franchement, les gens devraient faire payer pour le show qu’ils offrent au quotidien, parce que vraiment, on se marre. D'ailleurs, Bézu lui-même l'a bien fait remarquer : "tout le monde s'éclate, à la queue-leu-leu...". Si ça c'est pas une preuve, je sais pas ce qu'il vous faut !

Posté par Katia_ à 09:13 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [30]

Derrière le rideau

08 janvier 2007

cabines_2Je ne vous apprends rien en vous révélant que mercredi, c’est le coup d’envoi des soldes d’hiver. A nous les achats compulsifs, la jungle impitoyable des fashionistas, et le compte en banque dans le rouge.
Au milieu de ce parcours d’embûches qu’est la quête du vêtement adoré, il y a une terrible étape à franchir, capable de décourager les plus motivées : l’épreuve de la cabine d’essayage.

Après avoir rassemblé les « cinq articles maximum en cabine », après avoir fait généralement la queue pendant des plombes, après avoir failli laisser tomber huit fois en se demandant si on a réellement besoin de ce douzième jean (et conclu que oui), on pénètre dans un univers parallèle un peu hors du temps, où tout un petit monde se côtoie de près sans se connaître, se juge du coin de l’œil, partage des bribes de conversations passionnantes (« tu trouves pas que ça me fait un gros cul ? ») et des odeurs révolutionnaires de chaussettes humides et de transpiration rance (attention, minute glamour).

Chacune s’approprie alors « sa » cabine, espace ô combien réduit qui va devenir son petit chez-soi le temps de l’essayage. Vite, vite, se déshabiller pronto pour pouvoir enfiler les petites merveilles dénichées. Hop, le manteau ! Zou, l’écharpe ! Ouste, les trois pulls barrière anti-froid ! Ben oui, mais je les colle où, mes fringues à moi ? Parce que là, je m’interroge : pourquoi s’obstine-t-on à ne mettre dans ces foutues cabines que deux pauvres portemanteaux ? Ou mieux, quatre portemanteaux, mais tout pourris, qui permettent à peine d’accrocher un cintre, ou qui font que tout ce qu’on y entasse se casse immanquablement la gueule par terre en moins de deux. Et tant pis pour mon top blanc que je voulais garder nickel. Y’a un souci, quand même, ou je rêve ?

Dans ce cas de figure, deux écoles de pensées :
1- le tout-roulé-en-boule-jeté-dans-un-coin : simple, rapide, certes efficace, mais pas forcément compatible avec tout type de fringues (le top blanc en question, par exemple) ou de boutique (sol d’aspect plus que douteux, jonché de vieux cheveux et de poussière)
2- le plié-rangé-tout-remis-sur-cintre : plus classe, évidemment, mais prend un temps fou. Le genre de truc qui vous fait ressortir de la cabine quatre heures après tout le monde, avec limite l’air de dire « je vous emmerde » aux autres clientes hystériques dans la file d’attente.
Chacune son truc, bien entendu…

Je passe rapidos sur les éclairages blafards qui nous donnent toute la bonne mine d’un navet mal cuit, les cabines tellement exiguës qu’on en ressort pleine de bleus à force de s’être cognée partout, ou les put… de système de cintre pour soutien gorge, qui personnellement me rendent maboule (vous avez déjà pigé comment ça marchait, ce truc là, vous ?).

Parfois, le rideau est à peine suffisant pour pouvoir se déshabiller sans être vue. Question d’économies de tissu, sans doute. Résultat, on passe plus de temps à vérifier qu’on ne se fait pas mater de l’extérieur qu’à s’admirer dans ses fringues. Ce qui est complètement crétin, car les autres nénettes en présence sont inévitablement plus occupées à checker leur popotin à elle dans le miroir qu’à tenter d’apercevoir le notre par les deux centimètres de rideau qu’il manque.
Seule exception : le pauvre type qui se fait traîner par sa copine depuis trois heures dans toutes les boutiques, en train de poireauter patiemment devant la cabine de sa belle au cas où elle lui demanderait « le même en 40 », et qui pourrait bien laisser fureter ses petits yeux, histoire de passer le temps agréablement.

Le must, à mon sens, c’est quand le miroir est à l’extérieur de la cabine. Non mais franchement, c’est quoi ce délire ? Le mec qui a osé mettre en place ce concept est tout simplement un gros sadique, doublé d’un pervers. Je ne vois que ça. Parce que bon, admettons que j’ai réussi à boutonner mon jean slim taille 36 dans lequel je voulais absolument rentrer. Faut maintenant voir si je ressemble à Kate Moss ou à Kate en moche. Et pour ça, pas de doute, faut que je me traîne jusque devant le grand miroir, tout là-bas, au fond. Ce qui veut dire que si j'ai le look d'un boudin saucissonné dans ce jean, tout le monde va s’en apercevoir.
Je passe une tête derrière le rideau de ma cabine. Personne à droite ? Personne à gauche ? La voie est libre, je fonce. C’est généralement quand je commence à me jeter un coup d’œil dans la glace qu’une nuée de sauterelles acheteuses débarque en frétillant. Or moi, m’admirer sous toutes les coutures devant d’autres personnes, c’est un truc que je n’ai jamais su faire. Ne reste donc plus qu’à me rapatrier les miches plus vite que ça dans ma petite cabine sans miroir, et à me décider sur un coup de poker si oui ou non, ce jean me va.

Bon là, je veux qu’on m’explique, merde. Pourquoi c’est si compliqué ? Y’aurait pas un gars qui se serait dit « on va leur rendre la tâche la plus difficile possible, juste histoire de voir à quel point elles sont accros aux fringues, et au bout de combien de temps elles craquent » ? Bien possible…
Le pire, c’est que même avec les cabines d’essayages les plus nazes du monde, on aura toujours des files d’attente de huit kilomètres le samedi après-midi devant les cabines de chez Zara et Kookaï. Un peu masos ? Non, juste shopping-addicts…

Posté par Katia_ à 09:10 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [55]

Les amoureux qui s'bécottent sur les bancs publics

19 décembre 2006

banc_1- "Tu sais quoi ?" Smaaaack
- "Non, quoi ?" Smaaack
- "Je pensais à une belle écharpe, comme cadeau pour ta mère" Smaaaack
- "Oui, bonne idée, ça lui plaira beaucoup" Smaaaack
- "Et pour ton père, par contre, je sais pas trop, pour le moment..." Smaaaaack
- "Tu sais, lui, il s'en fiche un peu des cadeaux" Smaaack
- "Ah oui mais quand même !" Smaaack
- "C'est bien que tu viennes..." Smaaack
- "Oui..." ... Sluuuurp (retranscription plus ou moins fidèle de la grosse gamelle bien baveuse qui clôt la discussion) (oui, je sais : c'est très miam)

Voilà. Ca, c’est la scène à laquelle j’ai eu droit en rentrant chez moi en métro hier soir. Et aux premières loges, en plus. Autant dire que, sans même pouvoir faire autrement, je n’ai pas perdu une miette du spectacle de ces deux amoureux, fascinée que j’étais par ce type de gens qui arrivent à se sentir seuls au monde aussi facilement.
Je dois avouer aussi que le coup du smack sonore placardé sur les lèvres du conjoint à chaque fin de phrase, ça m’a laissée perplexe. Je me suis même demandée à un moment si ces deux zouaves n’étaient pas en train de prendre les autres voyageurs du métro pour des cons. Mais apparemment, non. Ils étaient juste à fond dans leur trip (et dans leur conversation insipide).

Aaaah, je sais ce que vous êtes en train de vous dire : « elle est intolérante, envieuse ou même pire, jalouse ». Ben non, même pas. C’est juste que moi, les grandes démonstrations affectives en public, c’est franchement pas mon truc. Je suis d’un naturel hyper pudique pour tout ça, et j’ai toujours un peu de mal avec les gens qui imposent leurs débordements de tendresse aux autres sans se demander si ça peut les mettre mal à l’aise ou non.

En même temps, je devrais pas trop me plaindre. Les amoureux de mon métro étaient certes un peu crispants, mais tellement dans leur petite bulle qu’à la limite (à l’extrême limite, disons), c’en est attendrissant. Mais parfois, on a affaire à des vraies têtes à claques qui sont là exclusivement pour se donner en spectacle.

Les ados englués et tellement scotchés l’un à l’autre qu’on ne peut pas faire passer entre eux un ticket de métro, ça passe encore. Ils ont au moins l’excuse de l’âge et des hormones en ébullition. J’effacerais juste les regards de provoc’ et l’exhibition forcée qui va généralement avec, mais passons.
Ceux qui me font doucement rigoler, ce sont les amoureux qui dînent en tête-à-tête au restaurant, sans se lâcher des yeux, voire même des mains, à tel point que ça en devient vraiment peu commode pour pouvoir se servir des couverts. C’est-ti pas meugnon, tout ça ?
En revanche, le mec qui bisoute sa copine cagolée comme une couv’ de Vogue tout en lui tripotant la fesse en pleine rue, comme pour signifier à tout le monde « hé oui, c’est à moi cette belle chose-là », ça me défrise sérieusement, par exemple.

Dans un tout autre genre, j’ai aperçu dernièrement dans une soirée un type qui galochait consciencieusement sa copine (et je peux vous dire qu’il y mettait tout son cœur) MAIS tout en gardant les yeux ouverts et en jetant des coups d’œil autour de lui. C’est vrai, on ne sait jamais… des fois que Cameron Diaz passerait par là, ce serait quand même con de louper le spectacle.
En tout cas, je peux vous dire que quand on croise le regard d’un mec en train d’embrasser une autre nana, ça fait un effet bizarre. Un peu flippant. Et pas très agréable, en fait.
J’ai failli aller lui dire que s’il était en train de tenter de prouver que, contrairement à ce qu’on dit, les hommes savent faire plusieurs choses à la fois, il avait peut-être pas choisi la bonne voie. Et puis je me suis ravisée. Il était déjà très occupé, je m’en serais voulu de le déranger encore plus.

Franchement… et on dit que l’amour est mort ?

Posté par Katia_ à 10:42 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [57]