Gin Fizz

Bulles de vie...

Bulles de bruit

09 octobre 2006

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Paf. La bulle de chewing-gum vient de lui exploser en pleine tronche. Elle l’a pas volée celle-là ! Ca fait bien quinze minutes qu’elle me mastique son bout de glucose mentholé dans les oreilles et qu’elle tente vainement de faire des petites bulles avec. Franchement, à 8h36 un lundi matin, j’aurais pas pu trouver pire comme spectacle dans mon wagon de métro (enfin si, mais j’aime bien exagérer).
Evidemment, pour une fois que j’ai oublié mon Ipod chez moi, je dois me farcir comme voisine de voyage une réincarnation de vache espagnole, qui rumine consciencieusement depuis une dizaine de stations.
Le spectacle visuel en lui-même serait déjà fascinant : bouche ouverte à chaque mastication, mâchoire qui dérape copieusement vers la gauche, sans doute pour se donner un genre. Vous imaginez la pétasse adolescente revêche qui défie l’autorité maternelle du haut de ses douze ans trois quarts et vous avez l’image de ma petite peste de voyageuse.
Mais la garce a décidé de nous gratifier d’un spectacle « sons et lumières », et nous fait bénéficier de la bande sonore qui va avec le décrochage de mâchoire. De généreux « tchlaaaaaaacccc tchlaaaaacccc » bien sonores viennent donc ponctuer un déjà ô combien délicieux tableau. (oui, je sais, je retranscris assez mal le cri du chewing-gum mastiqué de plein fouet, mais je pense que chacun aura déjà une bonne vision globale du truc. Non ?)

La greluche qui lui sert de copine, et qu’on avait fini par oublier dans un coin du wagon tellement le spectacle nous prenait aux tripes, se met soudain à lui donner des conseils : « naaaan, mais faut que tu pousses avec ta langue, faut pas laisser l’air rentrer, sinon ça pète tout de suite, et la bulle se développe pas ». Mazette, c’est technique, ce truc. La punaise a l’air expérimentée en la matière.
S’en suit un long débat sur les pour et les contre de telle ou telle marque, plus efficace selon l’une pour réaliser de belles bulles. C’est passionnant, vous vous en doutez. Dans un coin de ma tête, je réalise à quelle point j’ai oublié les préoccupations vitales de mes années collège. Enfin au moins, pendant que ça jacasse, ça ne mastique plus. Manque de pot, je n’aurai jamais les détails du test comparatif Hollywood / Malabar / Freedent / Stimorol, j’ai du descendre du wagon avant la conclusion de la réunion de consommatrices…

Tout ça pour dire (parce que je voulais quand même dire un truc intéressant, au départ) que sans vouloir faire ma Nadine de Rothschild, un petit détour par les cases « j’apprends à mâchonner mon chewing-gum autrement qu’en ayant l’air d’une carpe » ou « évitez-moi de faire autant de bruit qu’un troupeau de truies affamées quand je me rafraîchis l’haleine », ce serait pas du luxe pour tout le monde.
Le prochain que j’attrape en train de me ruminer dans les tympans, je lui extirpe son chewing-gum de force et je lui étale dans les cheveux. Y’avait qu’à pas m’énerver, aussi… 

Posté par Katia_ à 09:56 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [53]

Ca tourne pas rond

27 août 2006

ROUENon mais qu’est-ce que c’est que ce souk, là ? Je m’absente quinze jours en vacances, et on en profite pour me recoller la Roue de la Fortune sur TF1 ???!!! Et avec Dechavanne, en plus ??!!! Mais les gars, sans déconner, achevez-moi tout de suite, qu’on en finisse ! J’étais déjà pas fan de Jean-Pierre et de son dernier mot, mais là, on a touché le fond, et on creuse encore…
Sérieusement, qu’est-ce qu’il leur a pris ? Pourquoi nous avoir ressorti de derrière les fagots ce vieux concept tout moisi ? Tant qu’on y est, y’a qu’à retrouver aussi les anciennes bobines de la Famille en or et de l’Académie des Neuf, et le tour est joué. Déjà qu’on se tape pour la cent douzième fois les rediff’ du Gendarme de St-Tropez, si maintenant on doit en plus se farcir les jeux télévisés de quand on avait douze ans, où va le monde ?
Enfin, estimons-nous heureux, on a de l’innovation : la version été 2006 a relégué Annie Pujol aux oubliettes et nous a collé à sa place une espèce de super cagole cosmique sortie d’on ne sait où, dont le seul mérite apparent est de soutenir relativement bien ce qu’elle avance (comprendra qui voudra), et qui se déhanche tellement sur le plateau qu’elle me colle le mal de mer. Génial, le truc !
Et en cadeau Bonux, Dechavanne joue la carte Drucker, sans doute pour espérer sa longévité à l’antenne (pitié, pitié, tout mais pas ça), et n’a rien trouvé de mieux, entre deux regards en coin dans le décolleté plongeant de sa bimbo décolorée, que de faire mumuse avec un toutou agaçant pour nous coller sa touche perso « 30 millions d’amis ».
Allez, dîtes-moi que c’était juste une blague pour nous faire rire pendant les vacances, hein ?

Posté par Katia_ à 17:32 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [18]

Laissez un message après le bip sonore

02 août 2006

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"C’est pratique, c’est sympa, c’est indispensable"… On pourra me dire ce qu’on veut à propos des répondeurs, je n’en démordrai pas : le répondeur n’est pas mon ami. Point.
Je sais pas pour vous, mais moi, je sais jamais trop quoi dire quand je tombe sur le répondeur des gens que j’appelle. Je m’emmêle les pinceaux, je bafouille, je loupe le bip du départ, et au final, on ne comprend jamais rien à ce que j’ai voulu dire. Dans un autre genre, une fois, j’étais tellement concentrée sur ce que je racontais qu’après le traditionnel "je t’embrasse", j’ai redit mon prénom à haute voix, en guise de signature, comme à la fin d’une lettre. Débile.
D’ailleurs, quand c’est un message important, je préfère même raccrocher au nez d’un répondeur et prendre le temps de préparer un brouillon de mon message. Après, je n’ai plus qu’à lire mot pour mot mon papier, en mettant un peu l’intonation et en faisant genre j’improvise totalement (mais j’ai fait du théâtre, alors je m’en sors à peu près). Généralement, c’est pile poil quand j’ai mis trois heures à préparer le brouillon que la personne supposée être sur répondeur décroche. Et je me retrouve tout autant paumée qu’au départ, sauf que là, je ne peux plus lui raccrocher au nez !


L’autre souci majeur, avec les répondeurs, c’est de réaliser sa propre annonce. Car il n’y a rien de plus navrant que les messageries automatiques. Ce ton monotone qui nous confirme à deux à l’heure qu’on "est bien sur la messagerie vocale du 06 22 68 10 10 ", ça me donne envie d’envoyer valdinguer le téléphone au fond de l’évier.
Vous remarquerez au passage que les opérateurs téléphoniques ont longuement cherché dans leur coin un moyen de nous mettre les nerfs un peu plus en tire-bouchon. Dernièrement, ils nous ont dégoté un truc assez balaise, dans le genre casse-bonbon : la charmante voix électronique qui nous cause à la fin du répondeur de nos potes, et qui nous dit qu’on a le choix de laisser ou non un message (hé ben c’est toujours ça !) ou qu’il faut appuyer sur tout un tas de touches pour réécouter notre prestation avant de l’enregistrer (ils ont bien compris qu’on était nombreux à être pathétique si on se lançait sans filet et sans possibilité de mettre du Tipex sur nos cafouillis verbaux).
La phrase qui me fait hurler de rire, c’est "après votre message, vous pourrez raccrocher"… Ah mais c’est une bonne idée, ça ! J’y aurais pas pensé toute seule, mais puisque vous le suggérez…

Bref, j’en arrivais au sujet des annonces personnalisées. Ahhhh, gros débat, les annonces personnalisées. Faut-il faire une annonce sobre car « on ne sait jamais qui va appeler, et si c’était pour le boulot, t’imagines !" ? Faut-il au contraire faire un message ultra drôle pour faire marrer tout le monde, quitte à passer pour celui qui a repris trois fois du clown à midi ? Mettre de la musique ? Faire une blague ? (A cette dernière question, je réponds personnellement que la blague du "allo ? allo ? je ne vous entends pas… mais c’est normal vous êtes sur mon répondeur ha ha ha ! " fatigue tout le monde, et vous classe immédiatement dans la catégorie "humour à 2,5 tonnes").
Non, optez plutôt pour un truc tout simple, mais pas trop coincé, comme celui de ma copine Sophie : "bonjour, c’est Sophie, au revoir". Direct, poli, clair, efficace, sans chichis !

Quant à l’option musique, elle est à utiliser avec modération, car d’après nos sources d’information, le procédé a déjà fait des victimes. En gros, le dernier Britney Spears ou, pour faire plus sérieux, la Chevauchée des Walkyries,  qu’on se tape pendant les 45 secondes de répondeur, a de grandes chances de soûler rapidement votre interlocuteur. Le genre de message qui fait mourir d’ennui au bout du deuxième appel, et qui décourage les plus volontaires au bout du troisième. Un bon plan pour ne plus avoir d’amis.
Ce qui me gonfle aussi un peu, avec les répondeurs, c’est quand on s’en sert systématiquement pour filtrer les appels, style "je suis vraiment trop occupé pour te parler maintenant, raconte donc ta vie à ma machine électronique, et peut-être que si c’est intéressant, je te recontacterai… un jour…". Ca, j’aime pas. D’ailleurs, dans ces cas-là, j’ai trouvé ma solution : je n’appelle plus jamais. "Etes-vous sûr de vouloir effacer le numéro ?" Oui.

Posté par Katia_ à 15:44 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [15]

J'peux avoir un échantillon ?

09 juin 2006

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Pour renifler les effluves de la dernière fragrance Sassenbon, tester le rendu satiné du nouveau fond de teint aux particules de poudres micro-ionisées, ou tout simplement remplir de façon light sa trousse de toilette le temps d’un week-end, il faut l’avouer, les échantillons, c’est quand même bien pratique. Dommage qu’il faille presque mener le parcours du combattant pour en obtenir…
Il faudrait quand même que l’on m’explique une chose. Si j’en crois mon Petit Larousse illustré (qui commence à dater un peu, mais devrait encore faire l’affaire sur ce coup-ci), un échantillon se définit comme "une petite quantité de marchandise qui donne une idée de l’ensemble et permet d’en faire apprécier la qualité".

Jusque là, je suis d’accord. Là où je ne le suis plus, en revanche, c’est sur la personne qui va être amenée à "apprécier la qualité", justement. Parce qu’aux dernières nouvelles du front, un échantillon, c’est quand même bien fait pour donner envie aux consommatrices d’acheter. Pas fait pour que les vendeuses gardent tout pour elles et leurs copines, si je ne m’abuse !
Or, je ne sais pas si vous l’avez remarqué comme moi, mais j’ai la désagréable impression qu’aujourd’hui, il faudrait presque supplier les vendeuses pour qu’elles acceptent de nous donner quelques exemplaires de ces spécimens en voie d’extinction. On pourrait même - n’ayons pas peur des mots chocs - parler carrément de mission commando. Attention les filles, chaussez les godillots, serrez les mousquetons, affûtez les piolets, c’est parti pour la chasse aux échantillons !
Une règle d’or à connaître si vous souhaitez jouer les Lara Croft de la beauté. Retenez d’ores et déjà que si vous n’avez pas claqué au moins soixante-dix euros en eau de toilette, gloss et anti-cernes, vous ne tirerez rien de votre conseillère en parfumerie. Elle a des consignes, voyez… elle ne donne qu’aux braves filles qui ont déjà compris que pour avoir le droit de tester un nouveau produit, il faut auparavant s’être ruinée en produits relativement moins nouveaux.
Si malgré cette règle, vous osez, malheureuse, demander un échantillon à votre vendeuse, vous aurez sans doute droit à un regard condescendant et à un soupir à peine dissimulé lorsque celle-ci glissera dans votre sac un petit sachet de fond de teint, que vous auriez tout aussi bien pu vous procurer dans les pages publicitaires des magazines de filles. Elle se gardera bien de vous donner les flaconnettes toutes mignonnettes de sérum "spécial teint de bébé" ou les autobronzants "retour d’Ibiza". Pas folle la guêpe ! Elle se les garde pour elle, toutes ces merveilles gratuites !
Dans cette jungle embaumée qu’est le monde de la parfumerie moderne, certaines G.I. Jane tirent toutefois leur épingle du jeu et parviennent à extorquer (le mot n’est pas trop faible) trois ou quatre échantillons d’un coup, sans trop s’alléger le porte-monnaie ou s’égratigner l’amour-propre. Fières d’elles, pensez-vous ? Ha ha ! Jetez donc un œil sur leurs trombines déconfites lorsqu’elles découvriront que leur précieux butin se résume à des échantillons de parfums masculins ("heu, c’était pour MOI que je voulais un échantillon, madame") et qui plus est, d’une fragrance vieille de dix ans. Autant dire que pour un échantillon supposé nous faire découvrir les vertus d’un nouveau produit révolutionnaire aux effets magiques, on repassera, merci bien !
Mais ne soyons pas trop mesquine. Il arrive parfois que notre chère conseillère s’avise d’elle-même de nous gratifier d’un de ces petits cadeaux. Généralement, elle arbore son plus joli sourire pour nous asséner un "je vous ai mis un échantillon du nouveau gel purifiant spécial peaux à problèmes, avec ça, vous verrez, vos pores dilatés se verront moins", ne nous laissant alors que le choix de répondre par un sourire amer et forcé, le regard lanceur d’éclairs fulguropoings et les joues rosies de honte (oui, merci, je sais, j’ai 28 ans et encore des problèmes d’acné).
Remarquez, bientôt, le problème sera entièrement réglé, puisque les échantillons seront payants. Les marques ont déjà flairé le filon, d’ailleurs. Elles proposent leurs échantillons en guise de cadeau pour plusieurs produits achetés. Vous savez, le coup des trois doses d’essai spécial trousse week-end. C’est-à-dire qu’il faut toujours payer pour obtenir les précieux petits trésors, mais maintenant, on nous le dit clairement.
Mon conseil du jour : pour faire le plein d’échantillons, y’a pas trente-six solutions. Je n’en vois personnellement qu’une seule : devenez vous-même "conseillère en parfumerie", et vous pourrez tous les garder pour vous. Bon, sauf les échantillons de parfums masculins existant depuis dix ans, cela va sans dire…

Posté par Katia_ à 12:15 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [15]

"Ouverture facile" mon oeil !

15 mai 2006

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Si vous faites partie de la catégorie de personnes qui n’achètent jamais de sachets de bonbons, de paquets de biscuits, de biscottes ou de céréales, de briques de lait ou de jus de fruit, de CD ou cassettes vidéo vierges, passez votre chemin, cette chronique ne vous concerne pas.

Si en revanche, vous faites partie des 100% de consommateurs vivant sur la planète Terre, j’ai comme qui dirait le sentiment que vous avez déjà compris où je voulais en venir, rien qu’en lisant le titre de cet article. Me trompe-je ?

"Ouverture facile". L’expression est séduisante, on aurait tort de le nier. Reste à savoir si c’est totalement justifié d’écrire ces mots sur un emballage. Or, dans un souci permanent de rétablir l’ordre et la vérité en ce bas monde, j’ai moi-même vérifié, justement. Et il s’avère que la réponse à cette question cruciale est : non, mille fois non !

Vous serez d’accord avec moi pour reconnaître que ces termes sont à la limite de la publicité mensongère. A la rigueur, on aurait inscrit "ouverture qui se déchire dans tous les sens sauf celui où ça devrait logiquement s’ouvrir", je rechignerais moins. Encore que… parfois, on s’escrime à tenter de déchirer le bidule, mais sans paire de ciseaux, y’a rien à faire. Quand ça veut pas, ça veut pas ! Alors "ouverture facile" mon œil ! On ne me la fait pas à moi, les petits gars !

Malheureusement, ça, on ne le comprend souvent qu’après avoir mené une lutte sans merci avec les satanés emballages susmentionnés. Prenons l’exemple de la cassette vidéo vierge, qui sera parlant pour tout le monde (ceux qui ont définitivement bouté les magnétoscopes hors de leur foyer, leur préférant les DVD, feront appel à leurs souvenirs avec nostalgie).

Il est 20h48. Je viens de remarquer que Arte diffuse en exclusivité un reportage au sujet de la culture des escargots de Bourgogne sur sable sec. Vite, me dis-je, une cassette pour enregistrer ce fleuron de la documentation animalière. Mais après m’être esquinté trois quenottes et bousillé huit ongles sur le plastique qui protège la cassette, je finis par capituler, hirsute et en nage. Tant pis pour les escargots, de toute façon, le documentaire a commencé depuis vingt minutes. Ah, la dure loi de l’emballage cellophane…

Pourtant, un truc m’échappe. Y’a bien un type qui a inventé le petit fil qu’on tire et qui déchire ce fichu plastique sur toute la longueur du CD, si je ne m’abuse ? Je sais pas trop comment il a négocié son contrat d’inventeur, mais il a dû se faire sacrément avoir, parce que son truc magique, on ne le trouve nulle part, à l’exception des CD et des paquets de cigarettes. Et moi, je ne fume pas.

Là où je tire mon chapeau, en revanche, c’est pour les inventeurs de l’emballage de La Vache qui Rit. Vous savez, le fil rouge qu’on tire et qui découpe l’aluminium entourant le fromage pour qu’on puisse le manger avec un tant soi peu d’élégance, sans s’en mettre plein les doigts. Ca, c’est vachement ingénieux, si vous me passez le jeu de mots plutôt simplet. Preuve que les ouvertures faciles, ça existe, il suffit de s’agiter un peu les neurones.

Franchement, ce serait sympa, messieurs les inventeurs plus ou moins inventifs, de réfléchir à un système équivalent pour ouvrir les briques de lait, par exemple. Parce que dans ce domaine aussi, y’a matière à s’énerver.

Petite subtilité linguistique : à la place de "ouverture facile", c’est écrit "déchirez ici". Sous-entendu : tu vas voir ma fille, c’est facile comme tout, un petit coup de déchirure ici et en moins de deux, tu pourras boire ton Candia peinarde. Moi je veux bien, mais ne suis pas la sœur de Hulk, voyez-vous ? Je n’y arrive pas, à "déchirer suivant les pointillés". Et si par hasard, dans un élan de force incommensurable, je parviens à dégommer ce bout de carton récalcitrant, j’ai quatre chances sur cinq de recevoir la moitié de la brique de lait sur mes pompes en daim à 800 balles (et le lait qui sèche, dieu sait que ça pue, en plus de tâcher !). Donc là encore, recours aux ciseaux, qui nous ont déjà sauvé la mise plus d’une fois, en permettant une ouverture précise et effectivement "facile" (ce qu’on demande depuis le début, en somme…)

A bien y réfléchir, c’est louche, cette affaire. Les inventeurs de la formule "ouverture facile" seraient actionnaires dans une fabrique de paires de ciseaux, ça ne m’étonnerait pas tant que ça…

Posté par Katia_ à 14:56 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [5]

" Mais pourquoi tu râles comme ça ? "

04 mai 2006

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Autant vous prévenir tout de suite : je suis une fille qui râle beaucoup. Je vais même vous dire, au risque d’en choquer certain(e)s : j’adore ça ! Râler, c’est mon dada, comme dirait l’autre. Je suis d’avis qu’un bon petit coup de gueule de temps en temps, ça soulage et ça ne fait de mal à personne. Et le pire, c’est que ça ne date pas d’hier. Pour vous donner une idée, au lycée, mes copines m’avaient surnommée Tatie Danielle, en rapport au film d’Etienne Chatiliez, pour le côté bougon et grincheux du personnage principal. La classe, non ?

Hé oui, pas une journée ne passe sans que quelque chose ne me mette en pétard. Les gens lambinent sur les trottoirs et m’obligent à slalomer à la Jean-Claude Killy ? Bingo, je râle. Le métro met plus de deux minutes à se pointer ? Zou, je me mets en rogne ! Il pleut alors que je me suis lavé les cheveux la veille ? Hop, je gueule. Je gueule même si personne n’y peut rien. Surtout si personne n’y peut rien, d’ailleurs, parce que c’est franchement comme ça que c’est le plus drôle.

Certains disent que je suis une pessimiste, une éternelle insatisfaite, jamais contente de ce qui m’arrive. Faux, je m’insurge. J’ai juste une théorie bien établie sur le sujet. Quand je râle, j’exprime tout haut ce que je pense tout bas. Et du même coup, j’expurge (ouh le joli mot) toutes les mini-tensions qui commencent à bouillonner en moi quand je suis contrariée. Mon "moi profond" m’a appris depuis belle lurette qu’il était salvateur de pousser mes gueulantes quand bon me semble, plutôt que de ruminer mes rancoeurs. Je râle donc un bon coup sur les choses qui m’agacent, et instantanément, la contrariété est évacuée et le dossier classé. Et je peux retrouver mon sourire et ma bonne humeur, et me concentrer sur toutes les choses formidables qui m’arrivent ensuite. Fastoche, non ?

D’ailleurs, je ne comprends pas tous ces gens qui ne râlent jamais. Ou pire, ceux qui râlent contre les râleurs. Ceux-là méritent d’office la palme d’or de la mauvaise foi, si vous voulez mon avis. Et rien ne m’énerve plus que les gens qui me regardent fulminer en répliquant d’un air hautain et suffisant "ça vaut vraiment le coup de râler pour si peu ? ".

Bref, vous l’aurez compris, râler est bien l’une de mes occupations favorites, et je songe même à l’inscrire sur mon curriculum vitae, dans la catégorie "hobbies".

Notez tout de même que parfois, c’est assez justifié. Je suis une râleuse, mais surtout une personne qui n’aime pas se laisser marcher sur les pieds. Si ma pizza quatre-saisons arrive toute cramée, ou si mes photos de vacances sont développées en mat alors que je n’aime que le brillant, il est évident que j’exprime mon mécontentement. Mais dans ce cas, peut-on dire que je "râle" ? Personnellement, j’opterais plutôt pour le terme "réclamer-son-bon-droit-en-tant-que-client-qui-raque". Parce que dans mes cours de marketing à la fac, on m’a toujours rabâché que le client était roi. Alors j’applique, tout bêtement.

Evidemment, ce comportement a dû me valoir bien des inimitiés. Par exemple, je suis bien consciente d’avoir perdu une copine le jour où ma boulangère m’a demandé avec son ton haut perché de mégère "avec ceci ?", et que j’ai répondu "un p’tit sourire, ça fera pas de mal !". J’ai bien vu qu’elle l’avait mal pris. Râleuse, mais pas miro !

Je pourrais vous en sortir des pages et des pages, de ces exemples de petites choses contrariantes qui selon moi méritent un bon petit coup de gueule pour se soulager. Ca pourrait même faire l’objet de chroniques régulières. Une chronique, un coup de gueule. Et pour bibi, une séance de moins chez le psy, puisque mon "moi profond" sus-mentionné s’en trouve soulagé. Comme quoi, les râleurs de ce monde pourraient faire de grandes choses pour lutter contre le trou de la sécu, si on les laissait s’exprimer un peu ! Alors finalement, merci qui ?

Posté par Katia_ à 12:00 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [8]