Gin Fizz

Bulles de vie...

Qu'est-ce que tu lis, doudou, dis donc ? #7

07 octobre 2015

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Ok, les vacances sont finies (et même déjà loin...), mais l'automne est arrivé, et c'est le moment parfait pour plonger sous la couette douillette avec de bons bouquins, non ? Envie de quelques idées lectures ? Au menu du jour : deux bons polars, une analyse de couple, et un thriller-somnifère (le comble !) à zapper vite fait !

* N'oublier jamais, de Michel Bussi
* Le pitch : Parti courir sur la falaise, Jamal est témoin malgré lui d'une scène peu ordinaire : une jeune fille à la robe déchirée est au bord du précipice et semble vouloir se jeter dans le vide. Il lui parle, tente de l'aider, de la retenir, mais elle saute quand même. Il est innocent, bien sûr, mais de loin, les témoins qui ont vu la scène ne sont pas forcément de cet avis. Jamal tente de comprendre pour prouver son innocence, mais plus il enquête, plus les incohérences remontent à la surface.
* Mon avis : C'est le quatrième roman de cet auteur que je lis. Pas de la grande littérature, mais un style efficace qui donne envie de tourner les pages, et à mon sens, celui-ci est de loin le meilleur. Un vrai bon suspens présent tout du long, l'impression que l'intrigue va se dénouer au milieu du livre alors qu'il reste encore 200 pages à lire, et donc autant de mystères à comprendre. Un bon moment de lecture qui prend la tête au bon sens du terme, comme le propose un vrai polar qui "fait le job".

* Glacé, de Bernard Minier
* Le pitch : Vallée des Pyrénées, mois de décembre. Au sommet d'un téléphérique, des ouvriers retrouvent le cadavre sans tête d'un cheval, dans une mise en scène macabre et forcément orchestée pour faire passer un message. Qui est visé ? Pourquoi avoir décapité la bête ? Le commandant Servaz est chargé d'enquêter. Mais bientôt, d'autres meurtres, humains cette fois, viennent bousculer ses recherches. Y'a-t-il un lien entre tous ces cadavres ? Et comment peut y être lié l'institut de la région qui renferme les plus dangereux criminels d'Europe, alors qu'aucun pensionnaire ne peut en être sorti ? Petit à petit, tout s'imbrique, et se complique...
* Mon avis : Ca pourrait sembler sanglant et gore, décrit comme ça, mais on ne s'attache pas spécialement aux descriptions des scènes de crime. C'est plutôt la psychologie des personnages, la retranscription de l'ambiance froide et confinée des villes de montagne en hiver, ou l'entrecroisement des divers protagonistes et leur façon de nous faire mener l'enquête avec eux, qui est ici intéressante. On ne s'ennuie pas une seconde, malgré quelques détails parfois tirés par les cheveux, et je serai curieuse de lire d'autres romans de cet auteur fortement inspiré des "grands" du thriller français (Grangé en tête). Pour un premier roman, c'est une réussite, largement saluée par la critique, d'ailleurs...

* Moment d'un couple, de Nelly Alard
* Le pitch : Juliette et Olivier forment un couple moderne parisien, deux enfants, un appartement vers les Buttes-Chaumont, des amis, des projets, des métiers ni trop prestigieux ni trop classiques. Un jour, sans crier gare, Olivier avoue à sa femme qu'il a une liaison depuis plusieurs semaines. Comment survivre à la trahison ? Faut-il pardonner ? Comprendre ? Se séparer sans ménagement ? Un roman qui décortique l'adultère d'un point de vue masculin et féminin, et fait réfléchir à la question "et si moi ça m'arrivait, je ferais quoi ?"
* Mon avis : J'ai beaucoup aimé ce roman qui a l'honnêteté de poser les situations et les mots (les maux) sans fioriture, droits au but. On alterne le point de vue d'Olivier et de Juliette, se mettant selon le cas à trouver l'autre personnage détestable et égocentrique, ou au contraire attendrissant de faiblesse et de fêlures. Les situations évoquées par les personnages font sensiblement écho avec des situations vécues dans tout couple (je ne parle pas là forcément d'une tromperie, mais des évolutions des sentiments et des rapports entre le début passionné et la routine plus planplan mais parfois rassurante d'un couple de longue date).
Petit détail croustillant : j'ai appris après lecture que ce roman était en fait le pendant d'un livre publié en 2006 par Aurélie Filippetti (oui, l'ex ministre), "Un Homme dans la Poche", qui racontait sa liaison avec un homme marié. Ici, sans être nommée autrement que par un pseudo (Victoire), elle endosse le rôle de la maitresse un peu trop accro et envahissante. Drôle de lire le livre avec cette information en tête...

Et au rayon "je passe mon tour", on oublie direct :
* L'oubli, de Emma Healey
* Le pitch : Maud a 80 ans et perd un peu la tête. Tous ses souvenirs se bousculent, mais elle est bien certaine d'une chose : son amie Elizabeth a disparu. Ou bien confond-elle avec sa soeur Sukey, disparue elle aussi soixante ans plus tôt ? Malgré la maladie qui brouille sa mémoire, Maud mène l'enquête, interroge le passé, le présent, avant que tout ne s'efface, encore...
* Mon avis : Mon dieu ce que c'était long et répétitif ! Mon dieu ce qu'il y a de détails en trop et de longueurs dans les pages ! Vous l'aurez compris, je n'ai pas accroché du tout, malgré un vif intérêt pour ce roman que j'ai longtemps attendu en version poche (histoire de place, et de sous). De thriller, ce livre n'a que le nom, car même l'enquête et la résolution des énigmes (les disparitions de Sukey et d'Elizabeth) sont décevantes. Bref, j'aime habituellement bien les choix de cette collection (notamment Les Apparences, ou Avant d'aller dormir) mais cette fois-ci, je vous incite plutôt à passer votre chemin. Next !


Qu'est-ce que tu lis, doudou, dis donc ? #6

13 avril 2015

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Oh la la, un nouveau billet ! Je sais, c'est un peu fou-fou de ma part. Avouez que vous pensiez que je ne remettrai plus jamais les pieds ici ?!! C'est à dire que j'étais plutôt occupée, ces temps-ci. A lire, notamment. (En vrai, "à aller travailler à Cacahuette-les-Bains" serait la réponse la plus appropriée, mais qui dit gros trajets dit aussi moment de lecture multipliés) (enfin... quand on a encore un peu de place pour ouvrir son bouquin dans le métro surbondé).

Ci-dessus, la plupart des romans que j'ai ingurgités dernièrement. Je suis à la fois dans une phase de "je lis ma PAL (pile à lire) en priorité" + "je pioche dans les trucs qui trainent sur mes étagères depuis des lustres, histoire de trier après lecture". Il en résulte un patchwork assez hétéroclite, mais comme nous l'a sagement enseigné ce bon vieux Arnold : il faut de tout pour faire un monde. Ca tombe à pic.

Je vous rassure, on ne va pas se faire la fiche détaillée de chaque bouquin, hein. Je passe rapidement sur les trucs sans grand intérêt qui vont direct rejoindre la sortie (Un jardin sur le ventre, Idylles mensonges et compagnie, Moka), les bons polars que je vais oublier aussi sec pour pouvoir les relire d'ici quelques temps - ou pas - (Puzzle, Les morsures du passé, Nymphéas noirs, Les lieux sombres), les classiques que je vais garder (L'enchanteur) ou bazarder car pas aimé (Dans un mois, dans un an) et les machins ni adorés ni détestés dont je n'ai pas spécialement envie de faire l'article (A long way down, Chambre 2, Tout cela n'a rien à voir avec moi).

Je m'attarde en revanche un peu plus sur 3 titres qui m'ont plus marquée.

Iain Levison* Arrêtez-moi là ! de Iain Levison
* Le pitch : Jeff est chauffeur de taxi. Un soir banal, il charge une course qui se révèlera être le déclencheur de rebondissements en cascade le conduisant à être accusé de viol et à être durement incarcéré. Jusqu'où la justice se fourvoiera-t-elle, et combien de "preuves" seront maquillées pour donner de la police américaine une image glorieuse et méritante ?
* Mon avis : Honnêtement, je n'ai pas été embalée par le style littéraire de l'auteur, qui a pris le parti de faire narrer son personnage chaque événement de ses journées en menu détail. Il en résulte parfois de longues descriptions un peu monotones, et l'envie de secouer ce Jeff pour lui dire de passer la seconde dans son récit. L'intérêt de ce roman réside surtout dans l'analyse - certes un poil caricaturale, encore que... - des méthodes d'investigations policières à l'américaine, sur la façon dont sont détournées les infos par les medias, et sur la dérive d'un système judiciaire qui a bien du mal à se remettre en cause. En gros, une fois le coupable idéal désigné (même à tort !), impossible de faire machine arrière. Petite pensée pour ces condamnés du couloir de la mort qui ont clâmé leur innocence jusqu'à la dernière seconde.

Maria Semple* Bernadette a disparu, de Maria Semple
* Le pitch : Bernadette a disparu. Cette géniale architecte américaine fantasque et déjantée a soudainement mis les voiles sans explications. Enlèvement, fuite, meutre... ? Bree, sa fille de quinze ans, décide de mener l'enquête. Elle va découvrir au gré de son investigation le véritable portrait de sa mère, artiste reconnue mais peut-être trop en avance sur son temps et pour sa petite ville de province américaine.
* Mon avis : Ce n'est pas un polar à proprement parler, mais on se prend rapidement au jeu, à avoir envie de découvrir quelle mouche a piqué Bernadette pour qu'elle se tire ainsi (et si c'est bien sa propre décision). Entre reconstitution de lettres et de mails, flash-back, rapports d'intervention des enquêteurs et pensées de Bree, les personnages sont brossés avec beaucoup d'humour et de dérision, et tous les détails du récit sont déjantés et savoureux. On ne s'ennuie pas une seconde, et on se prend à admirer follement cette extravagante Bernadette qu'on n'a pourtant jamais rencontrée dans le livre. Très rafraîchissant et original !

Marie KondoDernière sélection, petit ovni dans le panorama. Il ne s'agit pas d'un roman mais d'un guide pratique.
* La magie du rangement, de Marie Kondo
* Le pitch : Spécialiste du rangement installée à son compte, l'auteur nous apporte ici son enseignement et ses méthodes pour trier TOUTES ses possessions, redécouvrir une nouvelle façon de ranger son intérieur, et - selon elle - commencer ainsi une nouvelle vie. Rien que ça...
* Mon avis : Attirée par ce titre dont on a fait grand battage dernièrement (sur les blogs, mais pas uniquement), j'ai eu envie de lire la méthode KonMari (contraction du nom de l'auteur) car je pensais qu'elle pouvait cadrer avec mes grandes impulsions de vide géant dans mes armoires et mes placards, et de reconcentration sur les choses qui me font vraiment plaisir et que j'aime le plus (à bas le superflu).
Après les premières pages, où l'auteur explique effectivement que nos sociétés modernes s'encombrent de beaucoup trop de choses qui ne sont pas nécessairement synonymes de bonheur (certes), j'avoue avoir complètement lâché l'affaire quand les méthodes de tri ont été abordées.
En gros, considérer chacune de ses possessions comme un être vivant (ou presque) et se demander si cette chose nous rend heureuse, et si on la rend heureuse. (gné ?). Je vous passe les détails - on n'a pas toute la nuit - mais selon Marie Kondo, les t-shirts qui restent sans cesse en bas de la pile sont malheureux d'être ainsi écrasés par le poids des autres vêtements rangés dessus, et méritent qu'on leur rende leur "vie" loin de nous, puisque nous, nous ne les aimons pas assez. Heu... ok.
Je simplifie un peu le raisonnement, mais honnêtement, j'ai trouvé sa méthode un poil olé-olé, et pas si applicable que ça. Selon elle, on bazarde quasi tous les papiers officiels plutôt que de s'emmerder à trier le tas (oui, même les bulletins de paie) (je rappelle qu'elle est japonaise, donc peu au fait de l'administration française, qui sera, elle, nettement moins conciliante avec nos explications vaseuses du pourquoi on a jeté sans état d'âme nos douze dernières années de fiches de paie). Idem pour les vieilles lettres d'amour et autres cartes postales soigneusement accumulées dans un coin : on les remercie pour tous les bons souvenirs qu'elles représentent, et on leur dit tchao-bye. A ce rythme, effectivement, on fait un tri quasi clinique dans sa barraque, mais franchement, je ne suis pas sûre d'avoir envie d'en arriver à ces extrêmes.
Lecture abandonnée au dernier quart, je garde donc mon bazar et ma vie merdique d'avant son oeuvre révolutionnaire. Et tant mieux.

Qu'est-ce que tu lis, doudou, dis donc ? #5

09 septembre 2014

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Et si on reprenait les bonnes habitudes ? Les vacances m'ont été profitables niveau lectures - au grand dam de mon marchand de journaux qui ne m'a vue passer la tête chez lui qu'une ou deux fois - et j'ai choisi parmi mes dernières découvertes quatre romans que j'ai dévorés en un rien de temps. En espérant que vous y piocherez des idées pour vous... !

* Le liseur du 6h27, de Jean-Paul Didierlaurent
(ça fait BEAUCOUP de prénoms pour une même personne, je trouve...).
* Le pitch : En plus d'avoir un nom à coucher dehors, Guylain Vignolles exerce un métier qui le débecte au plus haut point : il détruit les livres invendus grâce à une redoutable machine broyeuse. Pour tromper son existence maussade et rendre hommage à ces oeuvres massacrées, il en sauve chaque jour quelques feuillets, qu'il lit à haute voix aux passagers étonnés et ravis de son RER quotidien, le train de 6h27. Un matin, il trouve une clé USB contenant des textes qui le font littéralement chavirer, et redonne un sens à ses journées...
* Mon avis : Si Amélie Poulain était un livre, ce serait celui-ci, sans aucun doute ! Voilà une vraie pépite de bonne humeur, d'humour et de générosité ! Un roman en forme de conte de fée moderne, qui touche par sa simplicité et son humanité. Un livre qui se lit d'une traite, et qu'on referme le sourire aux lèvres, avec cette impression d'avoir vécu un beau moment. Et ça fait du bien, dans le contexte ambiant. Foncez !


* Plan de table, de Maggie Shipstead.
* Le pitch : Île de Waskeke, Nouvelle-Angleterre. La fille aînée des Van Meter se marie ce week-end, et c'est le branle-bas de combat dans toute la maison. Au grand dam du père, Winn, qui regarde toute cette agitation d'un oeil désabusé. Loin des discussions vitales sur le choix des homards ou la coiffure de la mariée, tout ce qui l'intéresse est de savoir pourquoi on ne veut pas de lui au Pequod, le club select dont il rêve d'être membre. Chacun ses préoccupations ! Ces trois jours précédent le D-day vont s'avérer riches en événements, mais surtout en règlements de comptes, déceptions et désillusions.
* Mon avis : J'ai hésité à présenter ce livre car j'ai du mal à dire avec précision si j'ai aimé ou non. La narration m'a semblée un peu longue et farçie de nombreux détails, mais c'est propre à la comédie de moeurs qui permet de bien dessiner les personnages. Et après deux lectures de polars très addictives, le changement de ton m'a peut-être un peu désorientée. Il n'empêche que j'ai quand même englouti ce pavé en 3 ou 4 jours sans peine, ce qui est plutôt bon signe.
Personnages peu attachants (c'est volontaire), et situations grotesques font qu'on ne se prend pas d'amitié pour cette famille bourgeoise, et qu'on rit sous cape de leurs déboires et mésaventures. Un livre qui rappelle un peu les comédies 'Hugh Grant-iennes', et insiste sur l'envers du décor de ces grandes traditions familiales qu'on prendrait, de loin, pour des gentils bisounours parfaits.

* Alex, de Pierre Lemaitre.
* Le pitch : La belle Alex a disparu. Nous (les lecteurs) savont ce qui lui est arrivé, mais pas encore la police, qui lance les recherches d'usage. L'enquête détecte enfin qui est le ravisseur et où il a séquestré Alex, mais quand elle arrive sur les lieux, la jeune femme a déjà réussi à s'enfuir. Pourtant, les soupçons soulevés lors de sa traque motivent plus que jamais le commandant Verhoeven et son équipe à retrouver la victime coûte que coûte, car elle semble avoir des choses à se reprocher... Victime ou bourreau, la jolie demoiselle ?
* Mon avis : Ne vous laissez pas avoir par la couverture assez ringarde, qui fait plus penser à un thriller d'horreur de bas étage, et ne rend absolument pas justice à ce roman policier ! Honnêtement, j'ai été plus que bluffée par ce super polar, qui vous scotche de la première à la dernière page. L'impression de lire 3 romans en 1 (l'enlèvement, l'enquête, la traque finale) fait qu'on repose le livre avec un sentiment d'essouflement, pris aux tripes par les descriptions de la séquestration entre autre, jusqu'au grand final qui, comme souvent, explique tout ce qu'on avait compris de travers. Un très bon moment, pour ceux qui ne sont pas (trop) rebutés par les détails sordides et réalistes d'un thriller mouvementé.

* Les mères, de Samantha Hayes.
* Le pitch : Claudia, mère de jumeaux et enceinte de 8 mois, recrute Zoé qui a, sur le papier du moins, tout d'une nounou parfaite. Dans le même temps, la ville est agitée par la découverte d'un cadavre de femme enceinte presque à terme, dont on a ouvert le ventre au couteau. Quelques jours plus tard, un autre cadavre est retrouvé dans les mêmes circonstances. L'inspecteur Lauren mène l'enquête. Les voix de ces 3 femmes s'expriment tour à tour au gré des chapitres, jusqu'à ce qu'imanquablement, leur chemin se croise, et que les masques tombent.
* Mon avis : Oui, ok, le pitch fait un peu gore, je vous l'accorde. Mais loin de s'attarder sur des détails sanguinolants, l'auteur choisit plutôt l'angle psychologique, en faisant intervenir l'une des protagonistes à chaque chapitre. Au fil des pages et des points de vue partagés qui se recoupent, la situation se dessine et dresse un chemin cousu de fil blanc : l'impression d'avoir tout compris à l'histoire et de connaître déjà le déroulé final. Sauf que... on se doute bien que l'auteur a plus d'un tour dans son sac. Et vous serez accroché aux pages jusqu'à la toute dernière phrase, magistrale. (Alors non, on se regarde pas les dernières lignes avant, sous peine de se priver de tout le plaisir du suspense, capiche ?)

Am-stram-crâme

30 juillet 2014

foyer

Il faut très exactement 48 minutes pour faire complètement crâmer une casserole posée sur feu vif. Je le sais, j'ai essayé. Malgré moi.

Oui... je ne pouvais quand même pas vous laisser partir en vacances sans vous raconter une petite mésaventure "bridget-jonesienne", hein. Et puis ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu un article "vis ma vie de dinde" sur ce blog, non ?

Ce matin, résolue à me préparer avant de partir une petite carafe de thé à mettre au frais, je lance sur le feu une grosse casserole d'eau, additionnée de quelques grammes de sucre pour parfumer la boisson. Dans le même temps, affairée en cuisine, je lance également une machine de fringues, puis pars me préparer pour mon rendez-vous en attendant que l'eau veuille bien bouillir.

Quelques minutes plus tard, me voilà fraîche et pimpante sur le quai du métro, à checker l'heure pour vérifer que tout va bien, je suis pile dans les temps. Je monte dans la rame, m'installe tranquillement, sors mon livre et commence à bouquiner. Page après page, je rentre dans l'histoire de mes personnages quand je tombe sur ces lignes : "elle s'éclipse, revient presque aussitôt avec un plateau. Une théière en porcelaine où trempe un sachet, deux tasses, des rondelles de citron...".

Les deux neurones qui me restent encore avant de partir en vacances se connectent d'un coup, les voyants tournent au rouge flashy, et je pousse un grand cri d'effroi (qui fera sursauter mes compagnons de wagon). Mon thé ! La casserole ! Sur le feu ! A puissance max ! Oh putain !
Je m'extraie du métro au moment où les portes sonnent leur fermeture imminente, et me mets à courir comme une dératée pour attraper la ligne en sens inverse. Arggg, train loupé d'un rien, le prochain ne sera là que dans 4 minutes.

Les 4 minutes les plus longues de ma vie, je pense (avec la fois où je chronometrais mes contractions, mais c'est une autre histoire). Dans ma tête, je me refais le film. C'est évidemment cette putain de machine à laver ultra bruyante qui a couvert le bruit de l'eau bouillante et ne m'a pas permis de penser à éteindre la plaque. (Toujours trouver un responsable autre que soi. Tou-jours).
Je me mets à faire des hypothèses en fonction de la quantité d'eau dans la casserole VS le temps d'évaporation prévisible sur une plaque qui chauffe à fond les ballons, mais mes souvenirs de physique-chimie remontent à la classe de seconde, donc pas hier (et j'ai fini l'année avec 6 de moyenne donc je ne pense pas avoir la fibre scientifique).

Quand le métro arrive enfin, j'ai perdu deux litres de sueur, tous les ongles de ma main droite, et j'ai déjà l'impression d'entendre au loin les sirènes des pompiers qui se garent en bas de chez moi.
Reste à faire les sept stations qui me séparent de mon quartier. J'essaye de rester visiblement calme et digne, me persuadant que je ne peux pas aller plus vite que la musique à ce stade de l'histoire, mais j'ai - en vrai - juste envie d'insulter tous les passagers qui prennent un peu trop leur temps pour monter dans la rame, en leur criant que "hé ho, magnez-vous un peu le boule, j'ai un incendie à aller éteindre, moi !"

Enfin, ma station. J'entame le sprint final pour remonter les deux rues (en pente, les bitchs) puis les trois étages jusqu'à mon appartement. (Note personnelle : endurance à la course : à revoir !) et glisse la clé dans ma serrure, persuadée de voir des flammes jaillir de la cuisine en poussant la porte.

Bon. En fait, non. Point de flammes, mais un énorme nuage de fumée suffocante qui me prend à la gorge. Et là, au milieu de la plaque à induction, ma casserole brûlante au fond de laquelle achève de crâmer une petite couche noirâtre et calcinée. Le peu de sucre que j'avais ajouté à l'eau s'est en fait transformé en un caramel carbonisé, ce qui a donné un petit temps de répit avant que la châleur ne s'attaque à la casserole elle-même.

Aération en grand, toux de fumeuse pendant trente minutes et quasi-deuil de ma casserole, mais ouf, l'appartement est sauf. Et les chats aussi.

Tout ça pour ça ? Bah ouais, mais hé, c'est que ça fait des émotions. Je crois qu'il est grandement temps de prendre des vacances, là...


*****

BEST-OF

Et puisque l'été, c'est la saison parfaite pour ressortir les vieux nanards (t'as qu'à voir le programme télé), voilà mon petit best-of préféré de mes moments bridget-jonesiens.

* La fois où j'ai VRAIMENT fait déplacer chez moi 4 pompiers pour queud'
* Et celle où j'ai appelé la police pour une bonne raison...
* La fois où je me suis brûlée au second degré en suivant les conseils d'un magazine de fille
* Celle où j'ai remué ciel et terre (et petites annonces de Libé) pour retrouver un garçon éconduit
* Ma seule et unique soirée de femme-célibattaire-à-la-recherche-de-l'amûûûr (2 parties)
* Ma rencontre avec une inconnue pas si inconnue que ça

Allez, bonne lecture, et bonnes vacances a tutti !

Posté par Katia_ à 17:32 - Melting-Po(s)t - Commentaires [14]

Qu'est-ce que tu lis, doudou, dis donc ? #4

09 juillet 2014

lectures 4

Oui, oui, 3 billets en 3 semaines, vous ne rêvez pas, je tiens la forme olympique ! (enfin, comparé à mon rythme habituel...). Forcément, les vacances (les vraies) arrivent, et avec elles le ralentissement obligé des parutions et petites nouvelles partagées ici. Mais pas de panique, je vous laisse avec deux chouettes pistes de lecture pour vos séances transat ou hamac.

* La Singulière tristesse du gâteau au citron, d'Aimée Bender.

* Le pitch : Rose a 9 ans. Le jour de son anniversaire, en mordant dans son gâteau, elle réalise qu'elle possède le don de ressentir les émotions et l'humeur de la personne qui a cuisiné ce qu'elle mange, ainsi que la provenance très détaillée de chaque ingrédient utilisé. Un don, vraiment ? Ou un fardeau ? Difficile de continuer à savourer chaque bouchée et à apprécier le monde tel qu'on le connaissait, quand chaque repas se transforme en véritable livre ouvert sur les pensées les plus intimes de ses proches.

* Mon avis : Surprenant, plein de douceur et de tendresse, voilà un livre qu'on referme avec une pointe de tristesse. Tristesse de quitter ces personnages, et particulièrement cette petite Rose, auxquels on s'attache, et tristesse de n'avoir que son imagination pour conclure et comprendre le livre, l'auteur laissant à ses lecteurs leur libre interprétation. Voilà en tout cas une très jolie fable, à la fois cruelle et poétique, sur le passage à l'âge adulte. Grandir dans une famille aimante, mais où les non-dits et les secrets prennent beaucoup trop de place. Grandir et s'affranchir du regard des adultes en en devenant une. Quelques pages tristes de nostalgie, et beaucoup d'émotion, jusqu'aux dernières lignes.

Avis aux amateurs de rationnel et aux cartésiens, passez votre chemin. Il faut, pour apprécier ce roman, une grande dose d'imagination et de fantaisie, et une belle ouverture d'esprit. J'ai acheté ce livre un peu par hasard, par coup de coeur sur le titre et la couverture acidulée qui m'a semblée pétillante (à quoi ça tient, une vente de best-seller, hein...), et je n'ai pas regretté d'avoir découvert un style de lecture auquel je ne suis pas habituée. J'aimerais d'ailleurs connaître votre avis, si toutefois vous l'avez lu.

* Le Passager, de Jean-Christophe Grangé.

* Le pitch : A la faveur d'un événement un peu brutal, Matthias découvre qu'il souffre de "fuites psychiques", qui lui font perdre en un claquement de doigt tout souvenir sur son identité et ses origines. Dans le viseur de la police suite à un crime auquel il pourrait être lié (en tout cas, tout porte à le croire) mais dont il n'a aucun souvenir, il n'a pas d'autre choix, pour s'innocenter, que de fuir sur les traces de son passé, et de remonter le fil de ses identités précédentes, jusqu'à comprendre réellement qui il est.

* Mon avis : Honnêtement, présenté comme ça, le pitch fait moyennement envie, je vous l'accorde. Difficile de résumer ce gros pavé en quelques phrases vendeuses. Mais voilà en tout cas un bon polar bien ficelé (Grangé connait bien les méthodes du thriller, et sait remarquablement y faire) qu'on dévore sans avoir envie de s'arrêter. De Bordeaux à Marseille, Nice ou Paris, on suit le héros dans sa quête d'identité, on cherche avec lui à comprendre les crimes et autres joyeusetés qui parcèment son parcours, on révise les grands classiques de la mythologie grecque, dont s'inspire le Tueur pour commettre ses infamies, on apprend quelques termes de psychanalyse (qu'on oubliera aussi sec, mais on se sent savant l'espace d'un instant), et on boulotte les pages aussi vite qu'un pot de Nutella un soir de pluie.

Dommage, comme souvent, la fin est un peu bâclée (trop grosse pour être honnête, on en attendait plus et mieux après toute cette longue quête), mais je vous confirme que ce bouquin fait remarquement le job si vous cherchez un polar qui prend bien la tête (au sens positif) et que vous n'aurez pas envie de quitter. Ce n'est pas inoubliable (d'ailleurs, moi qui l'ai lu il y a quelques semaines, j'ai déjà zappé pas mal de choses), mais ce qu'on lui demande, c'est de nous faire passer quelques jours agréables en compagnie de personnages intriguants. Et là, bingo !

Posté par Katia_ à 09:52 - Melting-Po(s)t - Commentaires [18]
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Foodette : en cuisine Simone !

31 mars 2014

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Oh, tiens, ça fait un bail qu'on n'a pas causé fooding, vous et moi ? (Oui, ça fait même longtemps qu'on n'a pas causé. Tout court). Aujourd'hui, pas de nouvelle adresse de resto à tomber, ni d'apologie de la nouvelle douceur maxi-sucrée du moment, mais un petit concept que je trouve charmant, et pile-poil dans l'air du temps.

On connaissait déjà les "food-box" livrées chaque mois et proposant de quoi concocter un menu complet sur une thématique précise. On connaissait aussi les paniers de légumes frais et bio livrées chaque semaine, composé d'un assortiment surprise fonction de la récolte et de la saison (j'en connais d'ailleurs qui en sont restés comme deux ronds de flans devant les panais et les topinambours, bien incapables de savoir comment se cuisinent ces petites bêtes là...)

Foodette, c'est un peu le trait d'union entre ces deux idées : le panier frais du marché et le package "tout pour composer votre menu complet".

Imaginons deux minutes la scène. Nous sommes jeudi, belle-maman s'est invitée à déjeuner samedi, pas l'ombre d'une idée de repas, et surtout zéro temps pour aller courir les commerçants du coin.

Zou, direction foodette.fr ! On choisit dans la liste des recettes proposées son entrée, son plat, son dessert (ou juste entrée et plat, si on juge que belle-maman a besoin d'un petit régime). Chaque proposition indique un temps de préparation et un temps de cuisson, histoire d'éviter de se lancer dans un plat qui demande 50 minutes de mijotage alors qu'on n'a que 20 minutes top chrono avant le ding-dong des invités à la porte d'entrée.

On valide le nombre de personnes total (de 2 à 8), et 24 heures plus tard, un joli panier gourmand nous attend chez l'un des commerçants de notre quartier (boucher, poissonnier ou fromager), qui se charge de compléter nos victuailles avec viande, poisson, fruits de mer ou fromage, selon sa spécialité et surtout notre choix de plat principal.

Of course, tous les fruits et légumes sont locaux (et bio si possible), frais, et de saison. Tous les ingrédients nécessaires aux recettes sont déjà dosés selon les besoins, et la petite fiche pratique permet de se lancer pas à pas dans la réalisation de notre menu 4 étoiles.

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Les avantages ? Nombreux.
* Plus de prise de tête pour mesurer, calculer, proportionner... Le panier vous livre exactement ce dont vous avez besoin. Pas plus, pas moins.
* Plus la peine de chercher pendant des heures ce fameux extrait de sirop d'argousier dont vous allez utiliser 3 ml pour la recette, puis reléguer le flacon qui ira moisir au fond du placard, à attendre une nouvelle tentative culinaire de votre part.
* Les recettes sont abordables même pour ceux qui ont deux mains gauches (pensez bien que j'ai demandé !), et ne nécessitent pas d'ustensiles de fou. Cyril Lignac peut dormir peinard, on aura juste besoin d'un four, de casseroles, d'un fouet, éventuellement d'un mixer, mais rien de plus.
* En partenariat avec Le Petit Ballon, Foodette propose également de vous fournir le vin adapté à votre menu. (Hop ! "Passer chez le caviste" : check !)
* C'est un gain de temps considérable quand on souhaite recevoir chez soi, et qui permet quand même d'épater la galerie au final : "c'est moi qui l'ai fait !", pourrez-vous fanfaronner à la fin du repas !

Les bémols ? Il y en a, quand même, un peu...
* Seuls quatre arondissements de Paris sont "desservis" pour le moment, à charge pour le concept de se développer encore et encore pour augmenter sa présence à d'autres quartiers.
* Un choix encore restreint de recettes. Là aussi, le développement du site permettra de multiplier les propositions.
* Des prix qui peuvent rebuter certaines personnes : environ 4 euros les entrées et desserts, 9 euros les plats, si on commande pour 2 personnes. Forcément, on a vite fait de comparer avec une sortie au resto, où l'on n'aura même pas à faire cuisine et vaisselle. Mais le concept prend tout son sens quand on commande pour plusieurs personnes, puisque les prix sont dégressifs, et le gain de temps indéniable.
* Oui, oui, oui... ca nécessite de FAIRE la cuisine soi-même. Mais si c'est là un point vraiment négatif pour vous, je ne vois même pas pourquoi on continue à causer de ce nouveau concept :)

IMG_9835J'ai testé pour l'occasion la réalisation d'un dessert star de Foodette, "Comme une tarte au citron". Efficace, simple, facile et inratable (bien qu'un poil sucré à mon goût) ! Alors, ok, niveau présentation, j'ai encore un peu de progrès à faire, mais... hé... c'est MOI qui l'ait fait !

Plus d'infos : foodette.fr

Posté par Katia_ à 21:12 - Melting-Po(s)t - Commentaires [10]
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Qu'est-ce que tu lis, doudou, dis donc ? #3

10 mars 2014

  Rien_ne_s_oppose_a__la_nuitLe_diner

Ouh la la, déjà un mois que je n'étais pas repassée par ici. C'est que le temps file ! Nous voilà malgré tout reparti pour un petit tour des lectures du moment. Cette semaine, on explore les familles tourmentées qui affichent une apparence heureuse mais camouflent bien des secrets et des mensonges. (N'est-ce pas, finalement, le lot de toutes les familles ?)

* Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan.

* Le pitch : Après la mort de sa mère par suicide, l'auteure s'est lancée dans l'écriture de la biographie de celle-ci, afin de mieux comprendre la personnalité ambivalente qui la caractérisait. Au gré des interviews et récits récoltés auprès de ses proches, elle plonge alors dans les secrets de famille inavouables, les douleurs refoulées et les doux souvenirs des jours heureux, qui ont façonné l'histoire de cette femme bipolaire, si belle et si fragile...

* Mon avis : C'est sûr, dit comme ça, le résumé ne fait pas forcément envie. Du moins, on est plutôt certain de ne pas se poiler de rire à chaque page. C'est pourtant un roman bouleversant, dont j'ai tourné la dernière page avec une pointe de tristesse et des presque larmes au coin des yeux. Entreprise cathartique au départ, l'auteure enquête pour mieux comprendre pourquoi Lucile n'est pas la maman aimante et dévouée qu'elle aurait aimé avoir. La reconstitution de l'histoire de sa mère, dévoilant certains pans cachés de sa vie, permettront à l'écrivain* de prendre la mesure des troubles psychotiques graves dont souffrait celle-ci, et la façon dont ils ont impacté toute sa vie, et par ricochet celle de sa propre descendance. C'est au final un très bel hommage que rend Delphine de Vigan, jusque dans la photo de couverture particulièrement touchante. J'ai beaucoup aimé, vous l'aurez compris.

On pourrait objecter que ce récit est trop personnel, trop intime, voire impudique (certains secrets de famille sont particulièrement dérangeants), et n'intéressera que les membres de la famille de l'auteure. C'est vrai que ces 400 pages sont un sacré déballage de linge plus ou moins sale et de secrets jetés en plein jour, mais en lisant entre les lignes, on y retrouve toujours une partie de sa propre histoire, une meilleure compréhension de la façon dont chaque famille recèle son lot de blessures et de douleurs, qui nous affectent les uns les autres, même insidieusement.

(* oui, autant j'aime bien écrire auteurE, autant écrivain, je le préfère au masculin.)

* Le dîner, de Herman Koch.

* Le pitch : Un restaurant, deux couples, les deux hommes sont frères. Sous les sujets les plus anodins et les conversations d'usage, ils sont en fait rassemblés là pour aborder le sujet qui les préoccupe tous depuis des semaines : leurs fils respectifs, cousins donc, âgés d'une quinzaine d'année chacun, sont coupables d'un acte terriblement violent et répréhensible, qui aura fatalement des conséquences sur leur vie à tous. Ou pas. Car chacun a sa façon personnelle de concevoir l'affaire...

* Mon avis : Très original ! Un roman dont l'intrigue est rythmée par la succession des plats apportés à table. A l'apéro, on pose les bases : personnages, décor, cadre... A l'entrée, l'intrigue se met peu à peu en place, on cerne les personnalités des quatre protagonistes. Puis le plat, le dessert et le café apportent leur lot de rebondissements. Au bout du compte, ce n'est pas seulement l'addition qui sera salée, mais la morale qui sera bien égratignée au passage. On tourne les pages, avides de savoir pourquoi "c'est" arrivé, comment, et surtout quelle en sera l'issue. Petit bémol : quelques longueurs, parfois de longues pages de descriptions qui peuvent facilement être zappées sans nuire à la cohérence globale, et surtout une fin qui laisse perplexe et presque insatisfait. Et vous, jusqu'où iriez-vous pour protéger quelqu'un qui vous est cher et qui a commis l'irréparable ?

 

Le Porteur d'histoire

10 février 2014

Le_Porteur_d_histoire

C'est l'histoire d'une fille qui, depuis qu'elle prend des cours de théâtre, décortique avec un oeil un (tout petit) peu plus "expert" (notez tous ces guillemets et parenthèses) les pièces qu'elle va voir en spectatrice.
C'est l'histoire d'une fille qui, contrairement à ses habitudes, est allée voir il y a quelques semaines une pièce de théâtre uniquement sur les bonnes recommandations de quelqu'un, et sans même s'intéresser (trop) au pitch ou aux critiques media.
C'est l'histoire d'une fille qui a littéralement été emballée par ce qu'elle a vu, et qui voudrait vous en toucher un mot ou deux...

Le Porteur d'histoire, ca s'appelle. Ca ne vous dit pas grand chose ? Normal, car il n'y a là aucune grande tête d'affiche pour assurer la promo, et un metteur en scène encore assez confidentiel. Mais il se pourrait bien que cela change au regard des critiques dithyrambiques publiées ça et là, au fur et à mesure que le bouche-à-oreilles fait (bien) son boulot !

Pourtant, il est ô combien difficile de vous détailler en quelques lignes cette histoire parfaitement inracontable. Elle parle d'histoires, de l'Histoire, de notre histoire. C'est à la fois une quête au trésor, une enquête sur nos racines, un feuilleton à la Dumas, un voyage extraordinaire dans l'espace et le temps.

De l'aveu même du metteur en scène, Alexis Michalik (qui avait déjà commis La Mégère à peu près apprivoisée), cette pièce ne se raconte pas, elle se vit. Sur une scène dépouillée et à l'aide de quelques accessoires bien pensés, cinq comédiens endossent tour à tour plusieurs rôles, changeant de personnage et de siècle en un claquement de doigt, pour nous emmener avec eux à travers les époques et les différents lieux d'action.

Sans jamais perdre le spectateur malgré une histoire à tiroirs et pleine de rebondissements, les acteurs virevoltent entre chacun de leurs rôles, servis par une mise en scène magistrale de sobriété. Un tableau noir en fond de scène, où les artistes écrivent et dessinent au fur et à mesure, assure le fil conducteur tout au long du spectacle.

Moi qui suis plutôt très (trop?) critique quand j'assiste à un spectacle, je suis sortie de la représentation conquise et prête à retourner voir la pièce une seconde fois. A priori, je ne suis pas la seule à penser ainsi : Le Porteur d'histoire s'est joué à guichets fermés avant les fêtes, et a reprogrammé une vingtaine de représentations à Paris, à partir du 19 février, pour notre/votre plus grand bonheur !

Allez-y, courez-y, dépêchez-vous, c'est un ordre ! Vous m'en direz des nouvelles ! Vraiment, vraiment ! ...

Le Porteur d'histoire,
Studio des Champs-Elysées, du 19 février au 2 mars 2014.

 

2014 : La liste de mes envies

01 janvier 2014

Grand_Palais

(Fête foraine au Grand Palais, décembre 2013).

Stop, ne cherchez pas, ne cherchez plus. Le mot "quatorze" ne rime avec aucun autre mot de la langue française, donc ce n'est plus la peine de vous creuser le ciboulot à chercher en vain la rime amusante de l'année. A la place, venez, on s'assoit tous en rond et on se parle de nos envies pour l'année à venir. C'est bien mieux que la fichue liste des bonnes résolutions qui tiennent à peu près 2 semaines trois-quart (et encore, je suis optimiste).

2013 a plutôt été en demi-teinte en ce qui me concerne, mais elle m'a apporté le plus joli des chamboulements avec l'arrivée de BabyGirl. Il sera donc difficile de la doubler sur le podium des meilleurs crus de mes années passées, mais... essayons tout de même. En 2014, j'ai envie de :

* Trouver notre rythme de croisière dans notre (plus si) nouvelle vie à trois. Un bébé, même ô combien désiré, provoque malgré tout quelques dommages collatéraux sur son passage dans la mécanique bien rôdée d'une vie organisée à deux. Les rythmes, les préoccupations, les repères changent, et l'adaptation se fait parfois dans la douleur. On est sur le bon chemin, il ne reste plus qu'à y avancer avec plus de sérénité.

* M'apaiser. Intérieurement. Assourdir ce petit volcan qui bouillonne en moi et me pompe beaucoup trop d'énergie. Ou en tout cas, mettre toute cette énergie à profit dans des activités positives et dynamisantes. Reprendre le sport, peut-être ? Sans doute.

* Retrouver mon sac à dos et mon bob de touriste (façon de parler, hein. Il est évident que je ne porte ja-mais de sac à dos). L'année passée a été plutôt calme niveau découvertes touristiques, mais BabyGirl grandit, elle sera bientôt en âge de mieux résister aux grandes vadrouilles dans les villes étrangères, et nous aurons, nous aussi, le coeur (un tout petit peu) moins lourd de la laisser quelques temps à ses grands-parents pour nous en aller voguer en amoureux dans de lointaines contrées. Et ce ne sont pas les envies qui manquent !

* Profiter du temps libre qui m'est donné par la force des choses. Savourer, découvrir, continuer à expérimenter de nouvelles choses. Les cours de théâtre en sont un bel exemple : j'ai mis du temps à pousser la porte, mais je ne regrette rien aujourd'hui, si ce n'est de ne pas l'avoir fait plus tôt. Et continuer le montage vidéo, prendre des cours de PAO, m'essayer plus souvent à la cuisine asiatique (ma préférée)... bref, combler le temps "vide" et en faire profit.

Pour faire court et assez peu original, je ne peux décemment pas terminer ce billet sans vous souhaiter à tous la plus jolie des nouvelles années, avec son armada de doux instants, son quota de bonne humeur collective, son stock de belles images à capturer et son lot de chebam-pop-blop-wizzz, sous la forme qu'il vous plaira ! Je ne promets pas un rythme plus soutenu ici, j'aime venir écrire au gré des envies, du temps et de la plume, et non pas dictée par la contrainte d'un calendrier éditorial ou autre. Mais je serai là, fidèle au poste comme depuis 8 ans, et j'espère que vous aussi !


Happy New Year 2014 !!!


Qu'est-ce que tu lis, doudou, dis donc ? #2

07 novembre 2013

Les_gens_heureuxHeather_Mallender

Pfiouuuu... Novembre est déjà là, et je vous parle seulement maintenant de la suite de mes lectures estivales. Shame on me, tout ça n'est pas très régulier, blogueuse Katia !
Au menu du jour, deux nouveaux romans. Mais à l'inverse de mon premier opus 'Qu'est-que tu lis, doudou, dis donc ?' où je vous avouais avoir vraiment bien aimé mes lectures et vous les conseillais, je suis cette fois-ci plus mitigée... mais...

* Les gens heureux lisent et boivent du café, de Agnès Martin-Lugand.

* Le pitch : Diane perd brusquement son mari et sa petite fille dans un accident de voiture. Effondrée, figée, secouée, elle va devoir apprendre à vivre sans, difficilement, douloureusement. C'est peut-être à travers un voyage initiatique en Irlande qu'elle y parviendra.

* Mon avis : Aouch ! Forcément, à la lecture de la quatrième de couv', je me sens tout de suite dans le bain, moi qui stresse dès que Chéribibi et Babygirl partent en balade à deux plus longtemps que prévu. Pas de ronds de jambes ni de mise en bouche : on entre tout de suite dans le vif du sujet, puisque l'accident est expliqué au lecteur dès les premières pages. Pas de pathos, pas de gore, juste des faits. On partage ensuite la douleur de Diane, les pages suivantes sont difficiles à lire pour qui s'imagine un tant soi peu à la place de l'héroïne. (Perso, j'avais envie de pouvoir lire seule, tranquille, et de laisser éventuellement venir les quelques larmichettes qui embrumaient mes yeux) (mais je suis du genre facile à faire chialer, faut dire).

C'est après ces quelques pages assez fortes que tout se barre en cacahuète. Le voyage en Irlande et tout ce qui s'y raconte m'a fait penser à une mauvaise comédie sentimentale américaine jouée par, au pif, Cameron Diaz et Ryan Reynolds. Tous les clichés s'enchaînent page après page : la rencontre avec un beau brun ténébreux muré dans son monde, les engueulades, les "pour qui tu te prends ?" et les "Je le déteste !", les gestes tendres qui déroutent, les réconcilations, les semeuses de merde, la famille du héros qui s'attendrie pour la pauvre fille venue d'ailleurs, et même le gros chien qui court sur la plage. Et les personnages semblent par moment touchés par le fameux syndrôme du "j'ai 15 ans à nouveau et je me comporte en ado". Décevant, sur ce point.
Malgré tout, on se prend à tourner les pages, qui défilent vite. Parce que c'est facile à lire (c'est pas du Shakespeare quoi), parce qu'on espère que l'auteur veut en venir quelque part (mais en fait, non, pas trop), et parce que notre âme de midinette voudrait quand même savoir comment se termine l'histoire. (Happy end or not ?). Bref, on lit, on pleure, on rit, et on oublie aussi sec.

* Heather Mallender a disparu, de Robert Goddard.

* Le pitch : Heather Mallender, en voyage sur l'île de Rhodes, disparait mystérieusement lors d'une promenade en montagne. L'ami qui l'accompagnait, Harry, n'a rien vu et devient suspect n°1 d'office. Son seul espoir : résoudre lui-même l'enquête, avec pour unique matériel les vingt-quatre photos de la pellicule utilisée par la jeune femme avant sa disparition, qui retracent ses derniers moments, visites et rencontres.

* Mon avis : Ce livre est présenté comme un polar. J'avoue m'être sérieusement posé la question jusqu'aux pages 200 et quelques, tellement le commencement est lent et laborieux. En cause également, le fait que ce roman a été initialement publié dans les années 90 mais qu'il n'a connu son réel succès que très récemment, ce qui imprime un sentiment diffus de old school (limite has been) qui peut déplaire quand on pense avoir affaire à un livre écrit dernièrement. Harry, le héros, est un vieil anglais un peu hors du système, et j'avoue avoir eu du mal à le prendre en sympathie, et à m'attacher à son personnage.

J'ai pourtant persévéré dans ma lecture par je ne sais quel mystère ou force obscure (j'ai rarement du mal à abandonner les livres qui me gonflent), ce qui me fait penser qu'il y a dans cette oeuvre un petit je-ne-sais-quoi d'addictif, qui pousse à tourner les pages pour savoir. Au fur et à mesure que l'enquête de Harry avance, les pièces se mettent en place, et le dernier tiers du roman rend enfin justice à son étiquette de "polar" : j'ai englouti les 150 dernières page en un clin d'oeil, avide de comprendre enfin ce que l'auteur met tant de temps à amener.
Impossible pour moi de vous dire "foncez ! " ou "n'achetez pas !", car vous l'aurez compris, je suis super partagée. Et je serais curieuse de connaître votre opinion si d'aventure vous l'avez lu aussi.

Voilà pour cette petite sélection mi-figue, mi-raisin. Bonne lecture (ou pas) !