Gin Fizz

Bulles de vie...

Chats teignes

29 mars 2010

chat_1Le chien est l'ami de l'homme, à ce qu'il parait. Mais pour le chat, je suis moins sûre. J'avais déjà, personnellement, pas mal de soucis à gérer avec mon chat à moi. Mais depuis l'emménagement avec Chéribibi, à mon matou est venu s'ajouter le sien. Et croyez-moi, deux chats dans un 35m carrés, c'est un peu la fête du yukulélé tous les jours.

Après une longue période d'approche et d'observation de l'autre ponctuée régulièrement de feulements agressifs et de coups de griffes 'rockyesques', nos deux miauleurs ont fini, à défaut de s'apprécier, par s'apprivoiser et se tolérer.

Évidemment, il faut partager sa gamelle de Shéba, ce qui ne manque pas de créer l'équivalent d'un conflit mondial tous les jours dans la cuisine. Bien sûr, il faut supporter les odeurs de pipi de l'autre dans sa litière, ce que mon chat a parfaitement résolu en dédaignant celle-ci et en préférant aller pisser - et plus si affinité - dans la douche. Je ne me plaindrai pas de ce choix judicieux (c'est toujours mieux que derrière le lit), mais je n'apprécie que moyennement de trouver un cadeau surprise odorant à mes pieds quand je commence à faire couler l'eau de la douche le matin.

Il n'en reste pas moins qu'à deux, c'est mieux. Ayant vite compris l'intérêt pour eux de ne pas être seuls en journée, nos félins ont rapidement développé une extraordinaire capacité à "jouer à chat" (enfin, je présume qu'on appelle ça autrement chez eux, du coup) en se coursant dans tout l'appartement, à grands renforts de dérapages contrôlés sur le parquet (merci les traces de griffures) et de renversement de tout obstacle tel que fil de lampe, vase de bambous ou linge qui sèche. Je vous laisse imaginer l'état des lieux quand je rentre à la fin de la journée.

Le moment du coucher est également très propice aux déferlements félidesques, comme si ces bestioles avaient un large besoin de dégourdir bruyamment leurs pattes avant de sombrer dans un profond sommeil, étalés de tout leur long en plein milieu du lit, et donc de nos pattes à nous.

Encore que. Cette théorie est largement applicable pour mon chat à moi. Mais celui de Chéribibi a ressenti le besoin de se constituer pour la nuit un petit abri bien à lui, où il ferait bon, chaud et sombre. Pour cela, il a consciencieusement appris en quelques mois (et je salue haut et fort la capacité d'apprentissage des matous pour la peine) à entr'ouvrir les portes coulissantes de notre penderie, pourtant épaisses et bien lourdes.

En pratique, nous avons donc droit au concerto de grattages intempestifs au bas de la porte (si possible vers trois heures du matin, histoire de bien faire remarquer à tout le voisinage l'étendue de son talent), et aux traces de pattes sales et graisseuses sur toute la partie basse du miroir recouvrant la porte de la fameuse penderie.
Bien évidemment, nous bénéficions aussi, au bout du compte, des manteaux et vestes (pourtant sagement mises à l'abri en lieu sûr) redécorés de boules de poils blancs, des blouses et robes en tissu fragile ornés de fils tirés, d'accrocs et de trous de griffes (il faut bien se hisser à quelque chose pour grimper au sommet des cintres, n'est-ce pas ?), et de lacets de chaussures élégamment mâchouillés, voire sectionnés en deux quatre. Le bonheur, c'est simple comme un coup de griffe.
J'ai temporairement résolu la question en bardant les deux portes coulissantes de gros morceaux de scotch marron, ce qui, d'une part, est vraiment très esthétique, et d'autre part, ne manque pas de provoquer des regards éberlués de la part de la femme de ménage et de toute autre personne qui nous rendrait visite. Sans compter que c'est rudement pratique chaque fois qu'on veut attraper un pull ou un jean.

La dernière trouvaille en date de monsieur chat a été de baptiser joyeusement de son urine tout le tas de boîtes en cartons que je gardais précieusement dans un coin de l'entrée, en vue de mes futurs envois ebay and co. Tel que je le connais, il a dû se dire "hé mais... pourquoi je m'enquiquinerais à aller pisser là-bas dans un bac fermé et sombre, alors que ici j'ai tout l'espace du monde au dessus de la tête ?". Un peu comme un mec qui pisserait en pleine nature avec ce côté jouissif de retourner à l'état sauvage, j'imagine.

Vous allez me dire que je suis un peu maso, à me coltiner le double d'emmerdements, alors que j'étais déjà bien servie avec une seule bestiole. Vous avez sans doute raison. Et pourtant, les voir évoluer à deux me fait sourire tous les jours, quand je décrypte les attitudes de l'un vis à vis de l'autre, leurs stratégie d'évitement ou de confrontation. Mieux que mes poupées de petite fille, ces deux-là jouent eux-même la comédie au quotidien, occupant davantage l'espace qu'une simple télévision. De chats teignes à chats pitres, il n'y a finalement qu'un pas.


Posté par Katia_ à 10:30 - Melting-Po(s)t - Commentaires [17]

Jeanne et les garçons formidables

22 mars 2010

Capture_d__cran_2010_03_13___13(Ou : le lundi, c'est culture. Mais uniquement cette semaine).

Jeanne Cherhal et moi, c'est une histoire qui remonte à longtemps. Je la découvre un soir, par hasard, en première partie d'un concert de Thomas Fersen à la Cigale. Elle est là, devant son piano, sur une scène presque trop grande pour elle. Ses deux petites tresses lui donnent un air mutin et juvénile, tout droit sorti de l'adolescence. Qu'est-ce que c'est que cette affaire-là, me demande-je intérieurement.

Et puis le miracle opère. Jeanne Cherhal est une petite bonne femme pleine de pêche, pas timide pour deux sous, qui réussit vite fait bien fait à mettre tout le public dans sa poche.
A la sortie du concert, je suis totalement conquise par son humour et ses textes légers sur des thèmes parfois sombres, et je me précipite découvrir ses deux premiers albums, tout particulièrement Douze fois par an, qui me fait littéralement devenir fan de la première heure. C'était en 2004, et l'album est alors couronné d'une Victoire de la musique.

Le temps passe. En 2006, Jeanne sort un troisième album, L'eau, qui me déçoit et dans lequel je ne retrouve plus la fraîcheur et l'impertinence des premières chansons. Je mets à regrets "ma" Jeanne de côté.

Et puis il y a quelques temps, je reçois une invitation pour découvrir en avant-première lors d'un petit concert privé, le nouvel album de la miss, Charades. Youplaboum, voilà peut-être l'occasion de renouer avec Jeannette. Je fonce ainsi ventre à terre au concert en espérant redécouvrir l'artiste que j'ai tant appréciée, ses mélodies faciles à fredonner et pleines de pep's, ses thèmes de la vie quotidienne revisités avec humour.

Le concert a lieu dans un petit bar du 20ème arrondissement. Quand Jeanne monte sur "scène", première stupéfaction. Au placard les nattes et la tenue de fille sage. Mademoiselle arbore un body ultra échancré et des mini boots, qui révèlent un corps de sirène absolument parfait. Bon. Ok. Ca me fait un peu bizarre quand même, ça ne cadre plus avec l'image que j'ai de la miss. (Au passage, je demande à Chéribibi, qui m'accompagne, de rentrer sa langue et de fermer la bouche, ça fait mauvais genre et ça salit le plancher).

Jeanne est fidèle à elle-même, dynamique, souriante, entrainante, pleine de vie. Elle dévoile alors les titres de son nouvel album, accompagnée par un trio de musiciens aux looks détonants.

jeanne_4

groupe

(Mille mercis à Larcenette pour ses photos, mon Iphone m'ayant joué des tours ce soir-là...)

Pourtant, je reste mitigée. Non, je ne peux pas dire que je n'aime pas, mais ce n'est pas non plus le franc délire dans ma tête. Jeanne Cherhal a clairement fait son chemin depuis notre première "rencontre", et choisi une attitude plus pop, plus "braillarde", moins douce. Qui plus est, je n'aime pas trop découvrir complètement un album pendant un concert, j'ai besoin en premier lieu d'écouter la chanson au calme, d'en comprendre les paroles, de me les approprier. Ce concert me laisse perplexe, en fin de compte...

La magazine Glamour écrit dans son dernier numéro : "les chansons rigolotes chantées à la va-comme-je-te-pousse en cognant sur le piano, c'est bien. Mais faire attention à la musique, c'est mieux". Je ne suis pas forcément d'accord, sur ce coup.

Quelques jours plus tard, je reçois l'album et écoute enfin ces titres en prenant le temps de les découvrir. Je ne mentirai pas en disant que j'adoooooore, mais je retrouve malgré tout des mélodies qui restent en tête, que l'on prend plaisir à fredonner.
Petit coup de coeur sur la chanson "Cinq ou six années", relatant cette période délicate des années lycées où on ne sait pas toujours quoi faire de soi, de son corps, de ses états d'âme. Certainement pas le titre le plus médiatique de l'album, mais un petit je ne sais quoi qui me touche...

Et je ne résiste pas au plaisir de vous faire écouter, si vous le souhaitez, trois des titres de son second album, qui m'ont fait sourire à l'époque et me plaisent tout autant aujourd'hui : Un couple normal (sur les liaisons extra-conjugales), Super 8 et Ca sent l'sapin.
Et je rajoute cette reprise d'Anne Sylvestre (toute mon enfance...) chantée en trio avec Vincent Delerm et Albin de la Simone, que je viens de découvrir en cherchant les liens de mes chansons sur Deezer : Les gens qui doutent (très joli, très doux). Enjoy !

Dans la jungle, terrible jungle (J'ai testé pour vous Le Roi Lion, the Musical) (si si)

28 janvier 2010

le_roi_lionQuand on m'a demandé l'autre jour si j'étais partante pour aller voir le spectacle du Roi Lion, franchement, j'ai rigolé tout bas. A base de "t'es mignonne, ma fille, mais j'ai pas que ça à faire d'aller mater quinze gugusses en costumes tâchetés et zébrés, j'ai une vie sociale, moua". Et puis finalement, considérant que Chéribibi était au foot ce soir-là, que le frigo était vide, et qu'ils annonçaient sur l'invitation "galette des rois à l'entracte", j'ai sauté le pas. Et j'ai dit oui. Ok. Banco. Let's do it. En avant pour Le Roi Lion.

Bien. Je peux donc affirmer une fois de plus que je ne suis qu'une sacré pétasse aux idées préconçues. Parce que j'ai vraiment été EM-BA-LEE ! Oui, m'sieurs dames. Et croyez bien que ce n'est pas souvent qu'un spectacle me tire les compliments de la bouche.

La scène de départ est tout simplement magnifique, avec un défilé d'hommes-animaux plus vrais que nature. Et les chants hurlés dès le lancement (si si, la chanteuse, elle gueule, quand même) prennent vraiment aux tripes. Les hommes-girafes sont fabuleux d'élégance et de ressemblance, les costumes articulés des lions hyper expressifs, et cerise sur le gâteau, y'a quasi que des beaux mecs musclés et torses nus (Chéri, ne lis pas cette phrase, s'il te plait). Bref, un spectacle visuel absolument parfait. J'hésiterais presque à avouer que certains tableaux du début m'ont un peu humidifié les n'oeilles, à force de me remémorer les bons souvenirs de mon voyage au Kenya. Mais les pétasses ne pleurent pas, donc je n'en dirai rien.

Après, l'histoire, bon... ça reste celle d'un lionceau qui grandit et suit le digne chemin de son roi de père, malgré quelques conneries de môme faites à droite à gauche. Pas de quoi fouetter un tigre.
Apparemment une belle adaptation du dessin animé, même si je suis relativement mal placée pour juger, puisque je n'ai jamais vu celui-ci (allez, c'est bon, jetez-moi vos tomates et vos cailloux, j'assume parfaitement). Un peu longuet par moment (les hyènes toutes moches, ça va bien trois minutes). Et j'ai également tendance à penser que trop de tamtam tue le tamtam, si vous voyez ce que je veux dire (j'ai entendu des percussions jusqu'au moment de m'endormir, trois heures après la fin du spectacle). Mais il n'empêche que je recommande chaudement ce show à qui est à peu près ouvert d'esprit au point de penser pouvoir apprécier une comédie musicale. (Cette phrase ne veut strictement rien dire, j'ai l'impression).

J'ai eu la chance d'assister à une représentation un peu spéciale, puisqu'elle accueillait le millionième spectateur français du show. Rien que pour ça, tout le gratin de Paris s'était déplacé. Enfin, gratin... disons la pomme de terre de luxe : Bénabar, Patrice Lafont, Smaïn, Alexandra Lamy, Gérard Holtz, Sophie de 'Marc et Sophie' (oui, elle existe toujours), Alain Prost, etc. La classe, hein ? Je ne vous le fais pas dire. J'en ai tout simplement rugi de plaisir. Roaaaaawwwrrrrrr.

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Le Roi Lion, au théâtre Mogador
25, rue de Mogador. 75009 PARIS

Plus d'infos ici.

La journée de la jupe

25 janvier 2010

jupeCette année, je suis très fière de moi : j'ai été super sage pendant les soldes. Quelques babioles American Vintage, deux trois soutifs Princesse Tamtam, et roulez roulez petits bolides. Pour les amateurs de sensations fortes (et de comptes en banque qui font le grand plongeon), revenez la saison prochaine, merci et bien le bonjour chez vous.
Il faut dire que je m'étais, au petit matin du 1er Janvier dernier, armée d'une bonne résolution mi-modeuse mi-fauchée : faire enfin retoucher la tonne de fringues empilée au fin fond de ma penderie, qui n'attend que ça en baillant aux corneilles depuis des lustres.

Parmi les frusques laissées en rade (et non, nous n'évoquerons pas le pantalon 3 ans d'âge dans lequel je ne rentre plus le cuissot, je vous remercie), voilà - oooooh - une petite merveille de jupe reçue en cadeau à Noël 2003 (ou pas loin), jamais portée à l'époque pour cause de gallons pailletés et brodés forts jolis, mais encore un poil trop bling-bling jadis pour la sage fille 0 % trendsetteuse* que je suis.
Force est de constater qu'en ce début 2010, les paillettes, les strass et les sequins, j'assume désormais à mort. T'as qu'à voir le nombre de cabas Vanessa Bruno, de boléros miroitants et de pulls à épaulettes brodées que je me trimballe en loucedé dans mes placards depuis quelques temps. La jupe des mille et une nuits a donc toutes ses chances pour faire son grand come-back en VIP de luxe au sein de mes it-pièces de saison.

Sauf que.

Entre temps, la longueur syndicale de toute jupe à peu près "in" s'est dangereusement rapprochée du mini mini. Et que moi, avec ma jupe version 2003, j'ai juste l'air d'une gentille expert-comptable employée dans le secteur des pompes funèbres. Une expert comptable un peu wiiiizzzz grâce aux paillettes, certes, m'enfin quand même. Pas olé olé, quoi.
Décision est rapidement prise de la faire raccourcir assez franchement, pour tenter de lui accorder une deuxième vie. Coup de bol, il y a juste en bas du bureau un petit artisan retoucheur qui sera, j'en suis certaine, ravi de me rendre ce service.
C'est là que je me trompais lourdement.

Je vais voir le gars, et lui explique le pourquoi du comment, sans trop entrer dans les détails non plus (si ça se trouve, la soeur de l'artisan est elle-même expert-comptable, allez savoir), et que donc, si vous pouviez me la raccourcir de 12 bons centimètres, on tope là, et l'affaire est dans le sac.

- "Non", qu'il me répond, celui-là.
Moi, éberluée : - "comment ça, non ?"
- "Non, je ne retouche pas la ligne du vêtement, il a été créé ainsi, vous allez casser le modèle si vous le raccourcissez".
(Ah je vois, encore un Galliano raté ou refoulé)
- "Oui, d'accord, mais là, en même temps, je ne la porte pas, la jupe. Elle est has been, voyez ?
- Non. Vous allez déséquilibrer l'harmonie. ... A la rigueur, on peut enlever deux centimètres, là, comme ça... mais sinon... non.
- Monsieur, c'est juste une jupe à raccourcir, pas de la grande création. Dites-moi juste si c'est faisable ou non. Et combien ça me coûterait, aussi.
- Rhhhaaa, mais c'est dommage, vous avez vu ce travail, c'est dommage, vraiment. Vous êtes certaine ?"

Bon. Je rêve ou quoi, là ? Depuis quand faut-il supplier un artisan pour qu'il accepte qu'on le paye pour faire son boulot ? C'est fou, ça. Je peux comprendre qu'on me mette en garde, mais là, c'est juste un méga ourlet, hein. Calmos, Hedi Slimane en herbe, calmos. Sinon, je reprends ma jupe et je vais m'adresser ailleurs.
Le type voit mon hésitation, et soupire en disant : "Bon. Douze centimètres ? Ca fait comme ça ? (il montre en mesurant). Faut juste couper hein. (Bah je te le fais pas dire). Bon. Ok. Ca fera dix euros. Et dix euros en plus, pour le jupon. Parce qu'il faut aussi raccourcir le jupon (j'aimerais mieux, oui). Repassez dans trois heures."

Hé ben. On m'y reprendra à faire bosser les petits commerces, moi, si c'est pour y déployer toute mon énergie et mes talents pour convaincre. D'autant que le type a flairé la pigeonne, et n'a sûrement pas revu ses prix à la baisse.

Trois heures plus tard, me revoilà dans la boutique. Le gars m'accueille en braillant "Aaaah, bah, toi, je me souviendrais de toi, hein (oui, on est passé au tutoiement, direct). T'as saccagé ta jupe, vraiment, j'espère que t'es contente de toi !"

Gniii ?!!!!???? "Saccagé" ? "Contente de moi" ? Mais qu'est-ce que...
Il va me chercher la jupe, que je m'attends à revoir déchiquetée et assymétrique à mort.
- "Tiens, la voilà, ta jupe. Non mais vraiment, hein. J'espère que t'es contente. T'as saccagé tout le travail de départ !"

Je regarde ma jupe, impeccable, et pile à la longueur que je voulais. Je me demande si le type blague, ou si les caméras de Marcel Béliveau tournent en douce, cachées quelque part. Mais non. Rien. Rien, à part la demi-colère du retoucheur, qui continue de gueuler : "vraiment, tu vas la mettre, maintenant ? Je te regarderai passer dans la rue, hein ! Vraiment, c'est du saccage !"

Je paye, je souris niaisement (si ca peut le calmer un peu), et je me casse de là vite fait. Ce type n'est clairement pas net, mais au moins, j'ai ma jupe, à la bonne longueur. Bon, je l'ai payée vingt euros, pas vraiment une affaire, si on considère que son prix de base était déjà assez élevé. Qu'on ne me reprenne plus à essayer de trouver des ruses pour sauver les fringues à l'abandon de ma penderie. Je vous jure, ça demande vraiment trop d'efforts et de diplomatie, et je suis bien meilleure à aller jouer des coudes dans les magasins bondés en période de soldes.

(Pfffff. Je voulais juste raconter une petite anecdote, et voilà que j'en ai encore fait cinq tartines. Incorrigible je suis !)

* "Lanceuse de tendances", en gros, dans le jargon marketing. (Bah oui, je traduis. Figurez-vous que tout le monde ne bosse pas dans le monde merveilleux et soooo branché de la com' !).

Quand je serai grand, je serai BeeGees

11 janvier 2010

avion_piloteIl est loin, le temps des rêves de gosse, où l'on déclarait dans la cour de l'école, sur un ton solennel et les yeux pleins de paillettes, "moi, quand j's'rai grand, j's'rai pompier". ("Pompier" pouvant être remplacé, au choix, par "pilote d'avion", "footballeur", "maîtresse d'école" ou "président", pour les plus audacieux).

La plupart du temps, à moins d'une vocation sévèrement ancrée dans les gènes, les bouts de choux suivent finalement des voies très éloignées de leurs idéaux d'enfant. Et l'on se retrouve en un rien de temps comptable chez EDF, graphiste dans la pub, fonctionnaire au Ministère des finances ou chef de produit pour la grande consommation.

Loin de moi l'idée de critiquer, je serai bien mal placée pour ça. Voyez plutôt : petite, je tenais absolument à devenir "princesse aux cheveux roses". Résultat, paf, je bosse dans la com'. Force est donc de constater, hélas, que j'ai encore pas mal de boulot pour concrétiser mes ambitions précoces.

Dans la com', donc. Et pas malheureuse pour un sou, parce que ça me correspond plutôt bien.

Pourtant, je me surprends parfois à imaginer ce que j'aurais aimé faire aujourd'hui, si je n'avais pas suivi la voie que j'ai choisie.

Illustratrice, ça m'aurait plu, je crois. Réussir à faire passer en quelques traits de dessin une idée, une atmosphère, un sourire... Malheureusement, mes talents en la matière sont plus que limités : quand je tente de dessiner un chat, mes amis y voient un cochon (alors que bon... un cochon à moustaches, vous m'excuserez ?!!), et les rares parties de Pictionnary que j'ai jamais jouées se sont toutes terminées en crise de larmes, ou presque (il faut dire que, ok, ma pomme ressemblait bien à une paire de fesses). Donc non, illustratrice, ce n'est pas dans mes cordes, apparemment.

Dans un tout autre genre, travailler avec des animaux serait une piste à creuser. Alors non, surtout pas vétérinaire, j'aurais trop les miquettes de devoir accoucher une vache ou soigner un python domestique (QUI sont les tarés qui domestiquent des pythons, aussi, je vous le demande ?!). Mais soigner les animaux d'un refuge, ou les étudier vivre dans leur milieu naturel, ça me plairait vraiment.
C'est juste qu'à mon avis, ce ne serait pas de tout repos pour mes glandes lacrymales. Y'a qu'à voir comment je chiale d'émotion devant une gazelle qui se fait attraper par un prédateur, ou comment je trouve injuste que les pingouins ne puissent pas tous survivre à la traversée de l'Arctique dans "La Marche de l'Empereur". Avec une
telle naïveté sensibilité, pas sûr que je fasse long feu dans les refuges d'animaux mal traités recueillis.
En attendant, je me contente d'avoir deux chats, de mater les reportages sur Planète, et d'aller de temps en temps au zoo. C'est déjà pas si mal.

"J'aurais voulu être un artiste", qu'il chantait, l'autre. Je présume qu'on a tous, quelque part dans un coin de la tête, des envies et des rêves inassouvis, plus ou moins avouables. Quels sont les vôtres ? ;)


Posté par Katia_ à 10:35 - Melting-Po(s)t - Commentaires [35]

Temps à nouveau

04 janvier 2010

boules_No_lHé bien dites voir, il semblerait qu'on ait changé d'année, là, non ? Nous voilà donc arrivés en toussaouzeuntèn, bon an mal an. Et dire que 2000, c'était hier, et qu'on se voyait déjà avec des voitures volantes et des cabines à télétransportation !

Officiellement, rien ne change, si ce n'est qu'on va passer notre mois de janvier à raturer nos chèques (aaaah, mince, j'ai encore mis un zéro de trop pour l'année !). Mais pour le reste, c'est tout pareil qu'en 2009.

Il y a un an, j'écrivais sur ce blog que 2008 avait été tout bonnement merdique, et que j'attendais du nouveau en 2009. Loto bingo ! J'ai été plus que servie ! Une nouvelle voie professionnelle qui se dessine, un Chéribibi qui s'incruste dans ma vie (pour mon plus grand plaisir), un emménagement à deux, un accident de scooter pas funky du tout... et puis aussi des amitiés vieilles de quinze ans qui se délitent, et d'autres qui voient le jour ; des relations familiales apaisées par un éloignement forcé ; une santé en dent de scie ponctuée de petits problèmes empoisonnants mais sans gravité ; un blog que j'ai souhaité abandonner un moment, sans parvenir à m'y résoudre complètement...

Et en 2010 ? Disons que la route commence à se dessiner, pour un futur proche qui me ressemble et qui me plait. Rajoutez à cela une pincée d'apaisement personnel, une touche de confiance en moi, et un zeste de sérénité, et tout ira pour le mieux.

Je vous souhaite bien évidemment à tous une belle année 2010, pleine de pep's et de richesses, de petits bonheurs et de grandes réussites, de paillettes et de bulles ! Happy New Year !


"Il est temps à nouveau, o temps à nouveau, de prendre le souffle nouveau, il est temps à nouveau, de nous jeter à l'eau".
Jean-Louis Aubert


Divers d'hiver

21 décembre 2009

Oui, parce que là, je n'ai pas franchement le temps, donc je vous donne quelques infos, en vrac et dans le désordre.

DSCN6761DSCN6760Je viens de redécouvrir la marque Antik Batik. Ca devait faire au moins tout ça que je n'avais pas collé les pieds dans une de leur boutique, persuadée que ce n'était pas ma tasse de thé. Trop chargé, trop patchwork, trop coloré, trop tout, en fait. Et puis dernièrement, à la faveur d'une opération blogueuses, j'ai pu mettre le nez de plus près sur les dernières collections, et découvrir que je suis assez charmée. Mon porte-monnaie, beaucoup moins. Mais qu'importe, j'ai craqué notamment sur la dernière collection de cachemire ultra doux par Georgina Brandolini, et brodés main avec perles ou petits clous dorés dont ce modèle classique mais efficace. Pile dans la tendance 'épaules brodées', avec mon petit pull marine revisité, non ?

La phrase du jour : Nous la devons à ma copine de bureau Ophélie : "Quand y'a un doute, y'a plus de doute !". Très vrai, quand on y réfléchit. Et applicable à plein de domaines, en plus. Ex 1 : "Est-ce que cette jupe me va si bien que ça ?" : y'a doute, donc y'a plus de doute, on repose la jupe.
Ex 2 : "Ce type ne serait pas un peu con, en fait ?" : Le fait même de se poser la question ne semble pas très bon signe pour la réponse...
Ex 3 : "chéri, j'aurais pas un peu grossi ?" : Heu... sans commentaire.
C'est devenu mon leitmotiv depuis quelques temps (très utilisé pendant la folie des ventes presse, pour ne rien vous cacher...). Donc je partage avec vous, c'est cadeau, c'est offert (c'est Noël après tout, non ?). Yalla.

cr_meTesté et approuvé par la grande frileuse que je suis : La Crème Chaleur chauffante pour les pieds de chez Hansaplast. "La fin des pieds froids", que ça claironne en gros sur le packaging ! Mazette, mais ce truc a été inventé pour moi ou quoi  ? Qui m'espionne, chez Hansaplast ? Balancez les noms !
Pour l'avoir testé en multiples situations, je peux vous dire que ça chauffe sévère sur les petons, effectivement. Nickel par temps de grand froid, en application juste avant les collants et chaussettes. Ça diffuse une petite chaleur douce durant quelques heures. En revanche, je suis personnellement moins fan du rendu "juste avant de me coller au plumard", parce que le fait de rester immobile dans le lit ne diffuse pas assez la chaleur émise, et donne presque une sensation de brûler. Dommage... (Chéribibi est très déçu aussi, il s'imaginait déjà ne plus avoir à subir mes glaçons de pied contre ses jambes).

La poste me fera toujours bien rire. Mon bureau de poste a été refait à neuf, et affiche désormais au dessus de sa "boutique" d'emballages colis et lettres suivies un joli panneau : "je me fais plaisir, et je paye à la caisse". Certes, aller choisir ma taille et ma couleur d'emballage carton me fait frissonner d'avance, m'enfin de là à "me faire plaisir", je ne suis pas sûre. Ce qui prouve néanmoins qu'ils ont beaucoup d'humour, à La Poste. Chéri, ça te dit un emballage colissimo, pour Noël ? De rien, ça me fait plaisir.

Florence is my friend forever. Florence ? Foresti, pardi ! En grande groupie, j'avais réservé ma place pour son dernier spectacle il y a quelques lustres, et j'y ai donc assisté la semaine dernière. Verdict : +++++. Sauf le sketch de rappel, qui est à mon sens un poil en dessous du reste. Apparemment (d'après un sondage exclusif basé sur un échantillon de 2 mecs nous accompagnant), les hommes rigolent un peu moins, et ressortent plus mitigés. Faut dire qu'ils s'en prennent plein la tronche aussi. Pas grave, nous les fiiiiiiilles, au moins, on aura bien rigolé.
En revanche, difficile de trouver une place, le spectacle se joue à guichets fermés jusqu'à nouvel ordre. Pour la peine, petit cadeau (décidément, ma bonté me perdra...) !

Et joyeux Noël à tous, je ne suis pas certaine de repasser par ici avant le 25...

Tronche de (cup)cake

23 novembre 2009

cupcakeJ’avoue, j’avoue, j’avoue tout ! J’ai été infidèle. J’ai trompé, j’ai trahi. Et le pire, c’est que je vais recommencer, et sans m’en cacher ! Il y a plus de deux ans, je clamais ici haut et fort que Pierre Hermé et ses macarons maboulifiants étaient ma nouvelle drogue douce. Je peux avouer aujourd’hui que l’eau a bien coulé sous les ponts, et que de macarons en macarons, je me suis peu à peu lassée de cette ronde colorée.

« Souvent, femme varie », il parait. Rien n’échappe donc au hasard, pas même moi, qui me suis entichée dernièrement d’une nouvelle folie sucrée, meurtrière pour mes hanches, mais so sweet au palais. Le cupcake j’ai nommé.

Et pourtant, au départ, c’était loin d’être gagné. En théorie, je n’aime rien moins que ces gros gâteaux américains fourrés et dégoulinants de crème pâtissière aussi pleine de beurre que de colorants chimiques. Le degré zéro de la gourmandise sucrée à mon sens. Et à l’époque, vous n’auriez absolument pas pu m’ôter de la tête que ces machins bizarres surmontés de crème décorée et étrangement nommés ‘cupcakes’ échappaient à la règle. Même si Carrie Bradshaw en dévorait à la pelle avec ses copines de Sex & The City, pour moi, le verdict fut intransigeant : vade rétro, vilain gâteau !

Et puis un jour, je me suis laissée tenter. Il était tard après le déjeuner, mon ventre gargouillait, et pleins de ces petites choses colorées me tendaient les bras en criant « mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi ». Oui, comme dans la chanson. Impossible de résister. La chair est faible, surtout devant les calories.

Ce jour-là, j’ai vendu mon âme au diable de la gourmandise (et mes cuissots au dieu de la cellulite). Depuis, j’arpente régulièrement les pâtisseries de Paris pour y trouver mes nouvelles drogues sucrées. Me voilà bien, je viens d’ajouter une nouvelle drogue à mon compteur, déjà très fourni. Heureusement que la plage, c’est pas pour demain…

Pour les tenté(e)s, voici mes deux adresses préférées (et je m’excuse pour les non parisiens qui pourront seulement saliver devant leur écran. Quoique l’un de ces deux lieux de perdition s’apprête à lancer son service de livraison, à bon entendeur…)

Cupcakes___CoCupcakes & Co
Perdue au fin fond d’une petit ruelle sombre, la boutique n’attire que les connaisseurs qui seraient près à faire des bornes pour dénicher leurs petits gâteaux sacrés. Et pourtant, passées 16h, il ne reste en rayons que quelques miettes de cupcakes, preuve que les habitués sont déjà passés.
Mes préférés (parmi ceux que j’ai pu tester) : Miss Violette, African Queen (au beurre de cacahuète), et Night in Tunisia (au Jasmin et à la vanille).
Un peu chers (3,50 euros la pièce), mais valent le détour !
Cupcakes & Co. 25, rue de la Forge Royale, 75011 Paris.
www.cupcakesandco.fr



BerkoBerko
Plus bobo, car situé en plein Marais (et bientôt également rue des Abbesses), Berko a meilleure mine que son confrère : devanture rouge pétant dans une rue très passante, et vitrine dégoulinante de pâtisseries appétissantes.
L’idée top : des mini-cupcakes prêts à être avalés en deux bouchées. L’idéal pour ne pas trop culpabiliser (ou en tester plusieurs !).
La crème est plus riche en beurre que ceux de Cupcakes & Co, mais l’ensemble reste léger et raffiné.
Mes préférés : M&M’s peanut butter, Framboise chocolat blanc, Banane choco, Spéculos, Pomme nougat, Oreo.
Berko. 23, rue Rambuteau, 75004 Paris.
www.berko.fr

 

 

 

4, 5, 6, cueillir des cerises

02 novembre 2009

cerises_1Petites pensées du moment en vrac et comme ça me vient.


Franchement, les cornichons dans un sandwich au saumon, c'est une drôle d'idée...

Je déteste les cyclistes qui squattent sur les trottoirs. Et je hais les cyclistes qui squattent ET qui me klaxonnent parce que je les gêne. Non mais on aura tout vu.

Pourquoi est-ce que je reçois le dossier de presse d'une mutuelle pour les seniors ?

Lucky Luke au cinéma ? Mouais, bof. Déjà que j'ai jamais aimé la bd...

Les cerises, c'est pas pour tout de suite tout de suite. On peut difficilement faire moins "c'est la saison" qu'en ce moment.

Envie de bottes grises. Mais ça ne va avec rien de ma garde-robe.

Mon horoscope du jour est plutôt cool. Du coup, ok, je veux bien y croire.

J'aime pas les gens qui disent "je vais me coocooner". Je préfère qu'on dise "Co-cooner". Ca vient de "cocon", non ? Bon.

Oh, il est 12h34. 1, 2, 3, 4. C'est sûrement un signe ! (J'aime bien aussi les 11h11, et les 22h22).

"One, two, three, four, tell me that you love me more".

Ce blog me gonfle et me tient à coeur à la fois. C'est étrange.

C'est quand même un post de feignasse, ça.

J'ai vu l'affiche du film "Saw VI" tout à l'heure, et j'ai rigolé comme une cruche. C'est peut-être sponsorisé par Herta ?

Encore un mois de passé. Ca file, ça file !

Dans Elle de la semaine dernière : "le nouveau talon, c'est le plat". C'est pas débile, cette phrase, franchement ?

Allo, Ween ? Ici Trouille. (bon, ok).

Ca m'étonne qu'elle ne se soit pas fait larguer, celle-là, vu comme elle sait être chiante.

Qu'est-ce qui fait pleurer les blondes ? J'ai toujours pas la réponse, Sylvie.

C'est vraiment n'importe quoi... (mais pas tant que ça, à bien y regarder).

...

Posté par Katia_ à 08:20 - Melting-Po(s)t - Commentaires [21]

Licence to kill

15 avril 2009

volant_1Ce n’était peut-être pas un hasard complet, si j’y allais à reculons, à ce truc. Appelez ça comme vous voulez : le flair, l’instinct, le sixième sens féminin. Ou tout simplement la confiance plus que médiocre en mes capacités de future conductrice. Toujours est-il qu’avant même de signer le contrat de l’auto-école, j’avais déjà le feeling que je m’embarquais dans un projet prise de tête force huit.

Hé ben, bingo. Et plutôt deux fois qu’une.

Pourtant, au commencement, c’était pas si mal barré que ça. Toutes ces sombres histoires de code, de grilles à remplir, de A, B, C à cocher et de « selon vous, qui a la priorité dans l’image suivante ? », c’était un peu une formalité, pour moi. Il faut bien dire que, bonne élève jusqu’au bout des ongles, je me farcissais mes leçons à la chaîne, quasiment tous les jours, appliquée, studieuse et obstinée.
Bon, y’avait bien toutes ces questions théoriques à la con, où – allez savoir pourquoi – on vous demande de connaître la densité d’un pneu de bagnole (comme si j’avais Bac +3 en mécanique, quoi) ou de tout piger au fonctionnement de ce putain de disque de stationnement, ce qui entre nous, est déjà une bonne rigolade quand on sait que se garer à Paris est moins facile que d’intégrer Polytechnique.
Mais malgré ces pièges à trois escudos, je m’en étais tirée haut la main, hop hop hop, code réussi, merci bien m’sieurs dames, sous vos applaudissements, finie la rigolade, par ici la sortie.

Restait donc l’épreuve du feu.
Moi collée derrière un volant, voiture en marche.
ET face à des gens dans les rues.
Au-se-cours.

Le test d’évaluation démarre plutôt mal. Antonin, mon moniteur, conclue ma petite démonstration talentueuse (parce que si, caller sept fois en dix minutes est un talent à part entière) (enfin je trouve) par un « ah ouais, quand même… », me colle d’office dix heures de cours en supplément des vingt minimum requises pour passer l’examen, et figure systématiquement aux abonnés absents lorsque je tente de prendre un cours avec lui ensuite. Ah ouais d’accord, je vois le genre.

Heureusement, j’arrive péniblement à prendre mes trente heures grâce à Simone, qui me rappelle à chaque fois de ne pas conduire tant sur la droite, parce que sa collection de rétroviseurs arrachés est complète, et qui m’interdit les talons pour conduire parce que « c’est pas encore ça, ma biche », Etienne qui saute sur le volant pour contre-braquer dès que je m’écarte de trois centimètres de la route décidée, et lui vaut le surnom mérité de Etienne-oh-tiens-le-bien (le volant, hein), et Florentin qui se poile en quatre dès qu’il apprend que c’est avec moi qu’il a cours, et je sais pas trop comment je dois le prendre, à vrai dire.

(Nous ouvrons ici une parenthèse pour signaler qu’aucun être humain, animal ou végétal n’a été blessé ou maltraité durant ces trente heures de cours. En revanche, nous admettons que quelques carrosseries, pneus et trottoirs ont légèrement souffert durant l’exercice.)

Quelques semaines plus tard, fin prête (ha ha ha, trop pas, en fait), je me présente à mon examen de conduite. J’ai tout bien révisé, j’ai pris mes deux dernières heures de cours la veille, je connais le lieu par cœur, depuis les sens interdits jusqu’aux dos d’âne. Pourtant, au fond de moi, quelque chose fait pschiiiiittttt. J’ai les miquettes comme pas deux, et ça doit se sentir un max.

Rétros, ceinture, démarrage… Tout se passe bien, mais je ne vis que dans la hantise que InspectorLaTerreur ne me demande de faire un créneau. Première à gauche, ok. « Vous prendrez la seconde à droite ». Ha ha, je l’ai bien eu, je le sais que c’est un sens interdit, il est bluffé. (Bon, ok, il hoche juste la tête mollement). On continue notre route, je checke outrageusement dans mes rétros pour bien montrer que j’ai trop bien choppé le réflexe. Bref, tout roule (si je puis dire...)

Quand soudain, l’effroi. Merde. Ce con m’emmène sur l’autoroute. L’autoroute ! C’est presque pire que le créneau. C’est là que je perds tout sens de la raison.

- « Melle A., Pouvez-vous me dire à combien est limitée la vitesse sur cette partie de l’autoroute ?
- A 90.
- Et vous rouliez à combien ?
- … A 115 environ ».
Autant dire que le petit papier rose, je pouvais lui dire adios. Putain, il pouvait pas me filer un créneau à faire, plutôt, ce con ?

Renfrognée, assise à l’arrière de la voiture pendant que d’autres subissent le moment de torture, j’attends le verdict. L’inspecteur finit par se tourner vers moi, et me lance : « Melle A., vous aviez un train à prendre ou quoi ? ». Je m’attends à me faire assassiner sur place, quand le type balance un saugrenu « … mais malgré votre léger ( ?!!) écart de vitesse, on sent que vous avez une conduite sûre et que vous maîtrisez votre véhicule… »

Gné ?
Pardon ?
Qu’ouie-je ?

J’ai donc eu mon permis. Du premier coup, là où beaucoup d’autres auraient sans doute eu à le repasser, je n’en doute pas.

Et tout ça pour quoi ? Pour que j’ose à peine toucher un volant aujourd’hui, et que même les rares fois où je me lance en plein Paris (la dernière datant d’au moins six ans), je demande aux copains qui m’accompagnent de bien vouloir faire les créneaux à ma place, parce que moi, j’y arrive paaaaaaaas. C’était bien la peine, tiens.

Posté par Katia_ à 10:07 - Melting-Po(s)t - Commentaires [21]