08 août 2008
Mission commando # 3 : Partir en vacances avec les enfants de ses amis
Agent GinFizz, votre nouvelle mission, si vous l’acceptez, est de passer une semaine de vacances avec deux couples d’amis et leur progéniture adorée. A vous de trouver le juste milieu entre farniente et baby-sitting forcé. Totale discrétion recommandée. Si vous veniez à vous faire prendre, l’Agence nierait avoir eu connaissance de vos agissements. Ce message s’autodétruira dans cinq secondes.
Compte-rendu de mission :
La cible : Maison de location "Lou Cigalou", sud de la France, plein été. Chambre avec vue sur piscine (cool) et voisine de celle des enfants (moins cool). Et murs épais comme du papier cigarette.
Les forces en présence : Bérengère, Quentin, Louise et Arthur, respectivement 5, 4, 2 ans et 16 mois. Et leurs parents, bourrés de principes d’éducation parfois souvent contradictoires.
L’objectif :
- Etudier au plus près les mœurs et coutumes de la « nouvelle famille française recomposée ».
- Vérifier in situ si effectivement, "les enfants, c’est comme les pieds qui puent, on supporte toujours mieux les siens que ceux des autres".
- Tester sa résistance aux "maman, Quentin i m’tire les cheveux tout l’temps" et aux "occupe-toi de ta sœur" / "laisse ta sœur tranquille" alternés, qui auraient de quoi rendre schizophrène n’importe qui.
Le moment qui fait mal : L’heure du réveil, au chant du coq (et le tonitruant "Pieeeeeeerrrrrre, t’as pensé à acheter du Nesquick ?" qui résonne dans toute la baraque). Qui veut faire des grasses mat’ (au-delà de 7h30) ne part pas en vacances avec des enfants, un point c’est tout. Une fois qu’on a testé, on pleure sait.
Le matos : Maillot de bain costaud (on oublie tous les trucs à ficelles que les mioches s’empressent de dénouer en ricanant), ipod waterproof, bonne humeur et énergie à revendre (précision : être déjà partie en vacances avant pour recharger ses batteries peut s’avérer utile).
Et boules Quiès. Impératif, les boules Quiès. Vraiment. J’insiste.
Stratégie défensive :
- Toujours garder à portée de main le kit de survie anti-corvée de château de sable : un bouquin spécial vacances et/ou la presse people de la semaine (inutile de s’acharner sur « Critique de la raison pure » avec quatre mini daltons dans les parages). Ce qui permet un "ben non, tu vois, mon chou, je peux pas t’aider à construire le donjon, j’ai encore du travail, là." (traduire : j’ai pas encore bien pigé qui couche avec qui cette année à Saint-Trop’)
Stratégie offensive :
- Bouffer tous les ‘P’tits Filous’ et les ‘Kinder Pingui’ qu’on peut chopper dans le frigo. Avec un peu de chance, les pleurs de la marmaille privée de goûter finiront par pousser l’un des parents à emmener tous les gosses manger une glace et faire un tour de manège au village d’à côté. Et hop, trois quarts d’heure de tranquillité grappillée. Imparable.
A éviter : Les parents en mal d’étreintes estivales torrides qui se carapatent à l’heure de la sieste en nous refourguant le baby-sitting : « Bon, ben, heu, nous on va aller faire quelques courses, là… tu gardes un œil sur les petits ? ». (Mais bien sûr. Et t’as sorti le soutif push-up pour aller acheter trois melons et une bouteille de Ricard, sans doute ?)
Situation critique : Quand Sylvie, des cernes jusqu’au menton et deux chewing gums collés dans les cheveux, essaye de m’expliquer le sens profond de la life : « Tu verras toi aussi, quand t’en auras : des enfants, c’est du boulot, mais qu’est-ce que c’est comme bonheur ! ».
(Et allez, sortez les violons et le lâcher de colombes, on est repartis pour le couplet « devenir mère a changé ma vie ». Bah un peu, que j’te crois, qu’elle a changé, ta vie, vue ta tronche même en vacances. Alors tu permets, mais je vais aller à mon rythme, hein !)
Pour avoir la paix, la réplique qui tue : « Ok, j’ai pas d’enfant, mais moi, au moins, mon chat, il fait pas pipi n’importe où, et il bouffe ce qu’on lui donne sans chouiner. J’dis ça, j’dis rien, évidemment… »
(Totalement faux, mon chat est pire qu’un sale gosse pourri gâté. Mais 1- Sylvie n’ira pas vérifier, et 2- on se défend avec les armes qu’on a).
Bilan : Bien progressé en "1, 2, 3 soleil" (fini deuxième ex-aequo au championnat Lou Cigalou). Bonne participation à l’atelier "découper la viande en petites bouchées". Excelle dans la reconnaissance des goûts « pomme-poire » et « pêche-poire » des petits pots Blédina. Me suis constitué un catalogue complet de ‘à faire/à ne pas faire avec mes futurs enfants’ rien qu’en observant ceux des autres. Et me suis même un peu reposée. En revanche, mes tympans, eux, prendraient bien des vacances…
Fin de transmission.
(Article posté le 22 août 2007).
30 juillet 2008
Mission Commando # 2 : Faire semblant de bosser sans se faire repérer par BigBoss
Agent GinFizz, votre nouvelle mission, si vous l’acceptez, est de vous infiltrer dans les locaux de la société NotSoFunky Inc. et d’y passer une journée en compagnie de collègues et de BigBoss, à prétendre travailler en faisant allègrement tout autre chose. Le temps réel de travail ne doit pas dépasser 2 % de votre potentiel. Ceci est une mission de haute confiance. Discrétion absolue nécessaire sur le terrain. Si vous veniez à vous faire prendre, l’Agence nierait avoir eu connaissance de vos actes. Ce message s’autodétruira dans cinq secondes.
Compte-rendu de mission :
La cible : Locaux de la société NotSoFunky Inc. : moquette grise, murs blancs sales, meubles en kit Ikéa, trois plantes qui se battent pour savoir laquelle a la plus sale gueule. Imaginez le bureau de poste de Bondy un lundi matin pluvieux de novembre 1987, rajoutez-y quelques gars en costard, et vous avez le tableau.
Les forces en présence : A l’étage en question, entre les pauses pipiroom, machine à café, clope sur le trottoir et appel perso depuis le portable, évaluation des "troupes potentiellement à risque" à 15 individus, avec delta de plus ou moins 3.
Et BigBoss, évidemment. Qui ne fume pas, ne pisse jamais, a une Nespresso dans son bureau et téléphone de sa ligne privée payée par la boîte…
L’objectif : Se la couler douce une journée entière aux frais de la princesse (la princesse étant pour l’occasion déguisée en infâme mecton grassouillet et postillonnant cravaté de rouge).
L’ennemi : Le/la stagiaire fouine qui veut se faire bien voir et furète dans tous les coins pour tout connaître de la vie de l’entreprise (c'est-à-dire : officiellement : qui s’occupe de quel dossier / officieusement : qui couche avec qui).
Le matos : Post-its, stylo quatre-couleurs (ça fait toujours sérieux de changer de couleur pour souligner « rappeler M. d’urgence », même si M. signifie maman), dictionnaire français-anglais (pour fignoler ma demande en mariage en V.O. à Hugh Grant) et clé USB (pour rapatrier chez moi tous les mp3 que je vais télécharger du bureau)…
Stratégie offensive :
- Griffonner plein de post-its à disséminer partout autour de son écran d’ordinateur : liste d’abréviations ou chiffres pouvant faire penser à des téléphones ou des références de dossiers (BigBoss n’est pas obligé de savoir que ce sont les chiffres à jouer au loto ce soir). Voire, piquer des post-its déjà rédigés aux voisins autour de moi, histoire de varier les écritures pour crédibiliser la chose. Ok, ils n’auront plus cet aide-mémoire sous les yeux, mais ils n’avaient qu’à faire leur boulot avant, aussi…
Stratégie défensive :
- Programmer mon portable pour appeler directement la ligne de mon bureau et apprendre à m’en servir discrètement : pratique pour envoyer bouler Michel qui demande des justificatifs de dépenses sur les dernières notes de frais. « Ah, excuse-moi, j’attends un appel très important de l’étranger pour le dossier RelouSaRace ». Décrocher en prenant un air grave et affecté, hocher la tête toutes les deux secondes en triturant nerveusement un Bic. Et hop, Michel retourne dans son bureau, et je peux reprendre peinard la lecture des blogs et la commande des billets de train.
- Avoir toujours sous la main (sur ordi ou sur papier) un tableau rempli de chiffres très compliqué à lire : plonger illico dessus en cas d’entrée intempestive de BigBoss dans le bureau et prendre l’air archi concentrée (limite ne pas répondre s’il vous adresse la parole, genre ‘je suis méga over concentrée dans mes chiffres là, je t’entends même pas, coco’). Attention, une fois, deux fois, ça passe. Au bout de trois coups, changer de tableau, sinon BigBoss risque surtout de se demander si je n’ai pas un Q.I. de flamby mal démoulé.
Pièges à éviter :
- Le post-it « liste des courses », légèrement facile à griller par BigBoss (non, personne n’avalera que Pampers et Ketchup sont les codes clients des dossiers nouvellement rentrés. Faut pas pousser mémé etc etc…)
- Le collègue rebaptisé « super glue 3000 », qui va effectivement m’empêcher de bosser, mais aussi de me la couler douce, avec sa tchatche « ma vie, mon œuvre, mes ambitions et mon dimanche chez Lapeyre et Leroy Merlin » en flux rss.
Situation critique : Le moment fatidique où Super Glue 3000, en plus de me raconter que le petit dernier fait ses dents en ce moment et que Gisèle n’en peut plus de ne pas dormir bla bla bla, commence à trifouiller machinalement mes affaires sur le bureau, se permet des commentaires sur ma façon de classer les factures, et insinue que mon rangement n’est pas forcément le plus efficace, "parce que lui, à ma place, il aurait…"
Pour s’en sortir, la réplique qui tue : « Tu n’aimes peut-être pas ma façon de trier les dossiers, mais moi, j’aime pas ta gueule. Comme ça, on n’a qu’à dire qu’on est quitte ! »
Bilan : Lu mes blogs préférés, répondu aux commentaires sur le mien, checké promo billets d’avion vacances d’été, fait shopping par correspondance, cherché nouvel appart, pondu au moins douze mails persos et transféré trois blagues débiles, fait liste des courses, pris rdv véto chat, épilation jambes et ophtalmo, sympathisé avec Marc du premier étage, renoué contact avec Muriel à la compta, arrosé la plante, nettoyé mon écran d’ordi, éclusé tout mon stock de brouillon en avion papier, retrouvé sur marmiton.org la recette du tiramisu aux fruits rouges et classé mes MP3 par ordre de préférence.
Ma note : 18 / 20, avec les félicitations de l’Agence. Peut difficilement faire mieux… sans me faire virer.
Fin de transmission.
(Article posté le 29 mai 2007).
22 août 2007
Mission commando # 3 : Partir en vacances avec les enfants de ses amis
Agent GinFizz, votre nouvelle mission, si vous l’acceptez, est de passer une semaine de vacances avec deux couples d’amis et leur progéniture adorée. A vous de trouver le juste milieu entre farniente et baby-sitting forcé. Totale discrétion recommandée. Si vous veniez à vous faire prendre, l’Agence nierait avoir eu connaissance de vos agissements. Ce message s’autodétruira dans cinq secondes.
Compte-rendu de mission :
La cible : Maison de location "Lou Cigalou", sud de la France, plein été. Chambre avec vue sur piscine (cool) et voisine de celle des enfants (moins cool). Et murs épais comme du papier cigarette.
Les forces en présence : Bérengère, Quentin, Louise et Arthur, respectivement 5, 4, 2 ans et 16 mois. Et leurs parents, bourrés de principes d’éducation parfois souvent contradictoires.
L’objectif :
- Etudier au plus près les mœurs et coutumes de la « nouvelle famille française recomposée ».
- Vérifier in situ si effectivement, "les enfants, c’est comme les pieds qui puent, on supporte toujours mieux les siens que ceux des autres".
- Tester sa résistance aux "maman, Quentin i m’tire les cheveux tout l’temps" et aux "occupe-toi de ta sœur" / "laisse ta sœur tranquille" alternés, qui auraient de quoi rendre schizophrène n’importe qui.
Le moment qui fait mal : L’heure du réveil, au chant du coq (et le tonitruant "Pieeeeeeerrrrrre, t’as pensé à acheter du Nesquick ?" qui résonne dans toute la baraque). Qui veut faire des grasses mat’ (au-delà de 7h30) ne part pas en vacances avec des enfants, un point c’est tout. Une fois qu’on a testé, on pleure sait.
Le matos : Maillot de bain costaud (on oublie tous les trucs à ficelles que les mioches s’empressent de dénouer en ricanant), ipod waterproof, bonne humeur et énergie à revendre (précision : être déjà partie en vacances avant pour recharger ses batteries peut s’avérer utile).
Et boules Quiès. Impératif, les boules Quiès. Vraiment. J’insiste.
Stratégie défensive :
- Toujours garder à portée de main le kit de survie anti-corvée de château de sable : un bouquin spécial vacances et/ou la presse people de la semaine (inutile de s’acharner sur « Critique de la raison pure » avec quatre mini daltons dans les parages). Ce qui permet un "ben non, tu vois, mon chou, je peux pas t’aider à construire le donjon, j’ai encore du travail, là." (traduire : j’ai pas encore bien pigé qui couche avec qui cette année à Saint-Trop’)
Stratégie offensive :
- Bouffer tous les ‘P’tits Filous’ et les ‘Kinder Pingui’ qu’on peut chopper dans le frigo. Avec un peu de chance, les pleurs de la marmaille privée de goûter finiront par pousser l’un des parents à emmener tous les gosses manger une glace et faire un tour de manège au village d’à côté. Et hop, trois quarts d’heure de tranquillité grappillée. Imparable.
A éviter : Les parents en mal d’étreintes estivales torrides qui se carapatent à l’heure de la sieste en nous refourguant le baby-sitting : « Bon, ben, heu, nous on va aller faire quelques courses, là… tu gardes un œil sur les petits ? ». (Mais bien sûr. Et t’as sorti le soutif push-up pour aller acheter trois melons et une bouteille de Ricard, sans doute ?)
Situation critique : Quand Sylvie, des cernes jusqu’au menton et deux chewing gums collés dans les cheveux, essaye de m’expliquer le sens profond de la life : « Tu verras toi aussi, quand t’en auras : des enfants, c’est du boulot, mais qu’est-ce que c’est comme bonheur ! ».
(Et allez, sortez les violons et le lâcher de colombes, on est repartis pour le couplet « devenir mère a changé ma vie ». Bah un peu, que j’te crois, qu’elle a changé, ta vie, vue ta tronche même en vacances. Alors tu permets, mais je vais aller à mon rythme, hein !)
Pour avoir la paix, la réplique qui tue : « Ok, j’ai pas d’enfant, mais moi, au moins, mon chat, il fait pas pipi n’importe où, et il bouffe ce qu’on lui donne sans chouiner. J’dis ça, j’dis rien, évidemment… »
(Totalement faux, mon chat est pire qu’un sale gosse pourri gâté. Mais 1- Sylvie n’ira pas vérifier, et 2- on se défend avec les armes qu’on a).
Bilan : Bien progressé en "1, 2, 3 soleil" (fini deuxième ex-aequo au championnat Lou Cigalou). Bonne participation à l’atelier "découper la viande en petites bouchées". Excelle dans la reconnaissance des goûts « pomme-poire » et « pêche-poire » des petits pots Blédina. Me suis constitué un catalogue complet de ‘à faire/à ne pas faire avec mes futurs enfants’ rien qu’en observant ceux des autres. Et me suis même un peu reposée. En revanche, mes tympans, eux, prendraient bien des vacances…
Fin de transmission.
Et ça, c’est cadeau !
29 mai 2007
Mission commando # 2 : Faire semblant de bosser sans se faire repérer par BigBoss
Agent GinFizz, votre nouvelle mission, si vous l’acceptez, est de vous infiltrer dans les locaux de la société NotSoFunky Inc. et d’y passer une journée en compagnie de collègues et de BigBoss, à prétendre travailler en faisant allègrement tout autre chose. Le temps réel de travail ne doit pas dépasser 2 % de votre potentiel. Ceci est une mission de haute confiance. Discrétion absolue nécessaire sur le terrain. Si vous veniez à vous faire prendre, l’Agence nierait avoir eu connaissance de vos actes. Ce message s’autodétruira dans cinq secondes.
Compte-rendu de mission :
La cible : Locaux de la société NotSoFunky Inc. : moquette grise, murs blancs sales, meubles en kit Ikéa, trois plantes qui se battent pour savoir laquelle a la plus sale gueule. Imaginez le bureau de poste de Bondy un lundi matin pluvieux de novembre 1987, rajoutez-y quelques gars en costard, et vous avez le tableau.
Les forces en présence : A l’étage en question, entre les pauses pipiroom, machine à café, clope sur le trottoir et appel perso depuis le portable, évaluation des "troupes potentiellement à risque" à 15 individus, avec delta de plus ou moins 3.
Et BigBoss, évidemment. Qui ne fume pas, ne pisse jamais, a une Nespresso dans son bureau et téléphone de sa ligne privée payée par la boîte…
L’objectif : Se la couler douce une journée entière aux frais de la princesse (la princesse étant pour l’occasion déguisée en infâme mecton grassouillet et postillonnant cravaté de rouge).
L’ennemi : Le/la stagiaire fouine qui veut se faire bien voir et furète dans tous les coins pour tout connaître de la vie de l’entreprise (c'est-à-dire : officiellement : qui s’occupe de quel dossier / officieusement : qui couche avec qui).
Le matos : Post-its, stylo quatre-couleurs (ça fait toujours sérieux de changer de couleur pour souligner « rappeler M. d’urgence », même si M. signifie maman), dictionnaire français-anglais (pour fignoler ma demande en mariage en V.O. à Hugh Grant) et clé USB (pour rapatrier chez moi tous les mp3 que je vais télécharger du bureau)…
Stratégie offensive :
- Griffonner plein de post-its à disséminer partout autour de son écran d’ordinateur : liste d’abréviations ou chiffres pouvant faire penser à des téléphones ou des références de dossiers (BigBoss n’est pas obligé de savoir que ce sont les chiffres à jouer au loto ce soir). Voire, piquer des post-its déjà rédigés aux voisins autour de moi, histoire de varier les écritures pour crédibiliser la chose. Ok, ils n’auront plus cet aide-mémoire sous les yeux, mais ils n’avaient qu’à faire leur boulot avant, aussi…
Stratégie défensive :
- Programmer mon portable pour appeler directement la ligne de mon bureau et apprendre à m’en servir discrètement : pratique pour envoyer bouler Michel qui demande des justificatifs de dépenses sur les dernières notes de frais. « Ah, excuse-moi, j’attends un appel très important de l’étranger pour le dossier RelouSaRace ». Décrocher en prenant un air grave et affecté, hocher la tête toutes les deux secondes en triturant nerveusement un Bic. Et hop, Michel retourne dans son bureau, et je peux reprendre peinard la lecture des blogs et la commande des billets de train.
- Avoir toujours sous la main (sur ordi ou sur papier) un tableau rempli de chiffres très compliqué à lire : plonger illico dessus en cas d’entrée intempestive de BigBoss dans le bureau et prendre l’air archi concentrée (limite ne pas répondre s’il vous adresse la parole, genre ‘je suis méga over concentrée dans mes chiffres là, je t’entends même pas, coco’). Attention, une fois, deux fois, ça passe. Au bout de trois coups, changer de tableau, sinon BigBoss risque surtout de se demander si je n’ai pas un Q.I. de flamby mal démoulé.
Pièges à éviter :
- Le post-it « liste des courses », légèrement facile à griller par BigBoss (non, personne n’avalera que Pampers et Ketchup sont les codes clients des dossiers nouvellement rentrés. Faut pas pousser mémé etc etc…)
- Le collègue rebaptisé « super glue 3000 », qui va effectivement m’empêcher de bosser, mais aussi de me la couler douce, avec sa tchatche « ma vie, mon œuvre, mes ambitions et mon dimanche chez Lapeyre et Leroy Merlin » en flux rss.
Situation critique : Le moment fatidique où Super Glue 3000, en plus de me raconter que le petit dernier fait ses dents en ce moment et que Gisèle n’en peut plus de ne pas dormir bla bla bla, commence à trifouiller machinalement mes affaires sur le bureau, se permet des commentaires sur ma façon de classer les factures, et insinue que mon rangement n’est pas forcément le plus efficace, "parce que lui, à ma place, il aurait…"
Pour s’en sortir, la réplique qui tue : « Tu n’aimes peut-être pas ma façon de trier les dossiers, mais moi, j’aime pas ta gueule. Comme ça, on n’a qu’à dire qu’on est quitte ! »
Bilan : Lu mes blogs préférés, répondu aux commentaires sur le mien, checké promo billets d’avion vacances d’été, fait shopping par correspondance, cherché nouvel appart, pondu au moins douze mails persos et transféré trois blagues débiles, fait liste des courses, pris rdv véto chat, épilation jambes et ophtalmo, sympathisé avec Marc du premier étage, renoué contact avec Muriel à la compta, arrosé la plante, nettoyé mon écran d’ordi, éclusé tout mon stock de brouillon en avion papier, retrouvé sur marmiton.org la recette du tiramisu aux fruits rouges et classé mes MP3 par ordre de préférence.
Ma note : 18 / 20, avec les félicitations de l’Agence. Peut difficilement faire mieux… sans me faire virer.
Fin de transmission.
16 avril 2007
Mission commando # 1 : Bronzer dans un jardin public
Agent GinFizz, votre mission, si vous l’acceptez, sera de profiter de ce soleil radieux et d'aller prendre de jolies couleurs dorées dans un jardin public en évitant les importuns et les incidents fâcheux. Discrétion absolue nécessaire sur le terrain. Si vous veniez à vous faire prendre, l’Agence nierait avoir eu connaissance de vos actes. Ce message s’autodétruira dans cinq secondes.
Compte-rendu de mission :
La cible : jardin public très fréquenté, rive gauche. Terrain miné.
Les forces en présence : dimanche après-midi, plein soleil, vingt-huit degrés. Je vous fais un dessin ? Jardin blindé. Passage en revue des troupes : familles en vadrouille faisant prendre l’air à la poussette, bande d’ados rebelles en blouson en cuir malgré la température, pépés-mémés en promenade digestive, couples bobos en séance post-shopping dans le Marais, étudiants en révision, lecteurs de Sartre ou de Harlequin, joggeurs acharnés, tennismen en sueur, poneys croulant sous le poids de gamins agités, manèges qui tournent à plein régime, vendeurs de glace débordés…
L’objectif : trouver chaise vide et emplacement face soleil. Autant dire que c'est pas in ze pocket...
Les armes : sourire, décolleté et mini jupe. (Je déconne. Je ne souris jamais.) :)
L’ennemi : le gars qui se réserve à lui tout seul trois chaises : une pour son cul, une pour ses pieds, et une pour son sac. Non mais ho, mon p’tit père, t’as pas compris qu’on était rationné ici, le dimanche ? Allez ouste, vire-moi tes Converse de là, s’il te plait !
Le matos : crème solaire non poisseuse et sans effet blanchissant (l’effet « Casper, c’est moi », merci bien mais non), magazines, bouquins, litre de flotte, lunettes de soleil pour 1- mater discrétos et 2- avoir la star-attitude, barrette pour relever les cheveux (fait trop chaud pour jouer à la pin-up qui frime en brushing), ipod sur les oreilles pour 1- s’isoler du bruit extérieur si besoin ou 2- faire semblant d’être isolée du bruit extérieur et décourager certains pots de glue aventureux tentés par un copinage de bancs publics.
Stratégie offensive :
- Déplacer la bretelle du débardeur de deux centimètres toutes les dix minutes pour éviter les marques ridicules
- Tourner sa chaise en même temps que tourne le soleil. Comme une fleur, quoi…
- Attention aux marques de lunettes noires : le syndrome « je rentre du ski », passé le 15 avril, c’est naze.
Stratégie défensive :
- Se tenir aussi loin que possible du bac à sable (les petites voix aigues hurlant à la mort « mamaaaaaan, Paul y veut pas m’rendre ma pelle » et parents modèles distribuant les Granolas et le Banga nuiraient gravement à la tranquillité)
- Eviter également les coins trop ombragés. Ok, les zones d’ombres qu’offrent les branches d’arbres font parfois du bien en plein cagnard, mais les chiures de pigeons ne sont pas du meilleur effet sur un décolleté, même bronzé. (Note pour moi-même : penser à demander à la Mairie de Paris de faire greffer un slibard à tous ces cons d’oiseaux).
A éviter :
- le parfum monoï (attire les guêpes)
- le sourire niais (attire les cons)
- la jupe trop courte (attire les regards lubriques)
Situation critique : Abordage discret mais bien relou d’un vieux dégarni du crâne tout rougeaud et suant, par cette phrase déroutante d’originalité et de créativité (attention les yeux) : « Vous venez souvent ici ? » (Heu, ben, comment te dire, Jean-René ?)
Pour s’en sortir, la réplique qui tue : « Merde, l’aspirateur, j’ai oublié de l’éteindre… » et filer sans demander son reste.
Bilan : Joues dorées, nez cramoisi, légères marques au niveau du décolleté (dû à attention détournée par brun à fossettes six chaises plus loin). Deux magazines et un litre d’eau descendus. Rapatriement forcé à la base cause envie pipi terrible.
Fin de transmission.