Gin Fizz

Bulles de vie...

Lady Diana Jones et les aventuriers perdus à l'Arche

21 mai 2008

indiana_jones_3Vous imaginez si, par le plus bizarre des hasards, Indiana Jones avait eu une fille avec Bridget Jones ? Ouais, vous voyez le tableau… un truc un peu incongru, quand même, comme mélange.

Bon, ben cette fille-là (appelons Diana pour les commodités de mon titre, merci, vous serez gentils), ça aurait très bien pu être moi, à deux trois détails près. Parce que moi, l’aventure, le challenge, l’inconnu, ça me connaît par cœur. En théorie. En pratique, en revanche, c’est autre chose. Je suis une aventurière, soit, mais…

- Seulement là où j'ai pied, alors
- Au delà du périph', j'ai peur
- Déjà que j'aime pas les petites bêtes...
- Oui, mais le sable, ça gratte
- On va rater le nouvel épisode de "Sous le Soleil", là, quand même !
- "Tandoori", ça veut dire "super épicé", non ?
- Tout ça pour impressionner qui, au fond ?
- Si c'est pour trouver l'exotisme, y'en a chez Pier Import, hein !
- On trouve du Doliprane, à Tizi-Ouzou ?
- Ma religion m'interdit de manger des sauterelles grillées
- Alors qu'il fait si bon vivre en Bretagne, franchement...
- J'ai envie de faire pipi
- C'est encore loin, l'hôtel ?
- J'ai une carte orange 2 zones seulement
- Sinon, le zoo de Thoiry, c'était pas mal aussi, pour commencer
- Si y'a pas d'eau courante, j'y vais pas
- Je suis déjà Scorpion en signe astrologique, c'est suffisamment risqué comme ça
- Oh quel dommage, mon passeport est périmé
- Je suis pas à jour pour mon rappel du Tétanos
- Je ne dors bien que dans mon lit
- "Koh Lanta", c'est drôle à la télé... mais en vrai...


(* My god, ce titre est navrant. Mais c’est juste pour faire une private joke à certaines personnes avec qui je me suis retrouvée un peu paumée un soir de retour de week-end, au restaurant d’autoroute l’Arche, sur l’A6, devant un vieux steak trop grillé et des frites molles…)

Posté par Katia_ à 09:46 - List-maniac' - Commentaires [26]

The roof, the roof, the roof is on fire

15 mai 2008

feu_3S’il existait le concours de « qui est la plus grosse dinde du quartier », je serais (hors période de Thanksgiving, évidemment) en super bonne position pour grimper sur la première marche du podium. Et haut la main, qui plus est.

Commençons déjà par vous planter le décor. L’appart dans lequel je viens d’emménager a récemment eu la bonne idée de me coller en même temps une fuite d’eau ET un problème de chaudière. J’adore. En dehors du fait que vous pouvez donc ajouter « Miss Pas-d’bol 2008 » à ma liste de titres de gloire, j’ai du appeler et faire intervenir tout un tas d’artisans muy sympatico mais pas muy rapido. Alors si en plus les jours fériés et les ponts s’en mêlent, je ne vous raconte pas le boxon qui a régné dans ma cuisine ces quelques derniers jours.

Là, vous vous demandez – pertinemment d’ailleurs – le rapport avec la dinde du début, si ce n’est qu’apparemment, l’histoire se déroule dans une cuisine. Patience, mes poulets, j’y arrive.

Mes amis les artisans n’ayant vraisemblablement pas que ça à foutre de me finir leurs travaux passées dix-sept heures sonnantes (l’heure, c’est l’heure, surtout pour les braves), je me retrouve la veille du 8 mai avec un trou béant dans le plafond de ma cuisine, le conduit de ma chaudière remis à la va-vite « en attendant la soudure » et la tuyauterie pétée apparente sur toute la longueur du mur.

Bon, admettons. En soi, rien de très grave, on a vu pire ailleurs. Genre au Darfour, à Beyrouth, au Tibet et compagnie, ils sont peut-être plus en mesure de chouiner que moi. (Oui, mais quand même, moi j’ai pas de Home Cinéma, dirait Bénabar. Mais là, on s’éloigne carrément du sujet, j’en ai déjà perdu trois quatre en route, reconcentrons-nous s’il vous plait, let’s focus).

Le soir venu, laissant là ma cuisine et ses tuyaux en plan, je sors me faire un petit resto entre amis. A mon retour, sur le coup de minuit et des poussières, en filant ses croquettes au chat qui miaule à fendre l’âme, je remarque qu’une étrange lumière rougeâtre inquiétante provient du fameux trou béant dans le plafond. Exactement là où les ouvriers ont laissé leur truc en rade. Exactement là où le conduit de la chaudière a été bricolé à la va-vite.

Légèrement inquiète, je grimpe sur l’évier pour aller voir ça de plus près. Seulement je suis trop petite pour pouvoir apercevoir quoi que ce soit, si ce n’est que oui, il y a bien une couleur étrange dans ce sous-plafond, et il y fait très chaud. En même temps, je suis juste à côté de la chaudière, donc évidemment bien sûr…

Il faut quand même que vous sachiez une chose : moi, les chaudières à gaz, ça me terrorise à fond la caisse. Je n’ai jamais vécu que dans des apparts qui fonctionnaient à l’électricité, et le fait de devoir gérer cette machine infernale depuis mon emménagement me fait un peu flipper.

Donc là, l’ambiance n’est pas trop à la fête du slibard, comme vous pouvez l’imaginez. Je jette un œil à ma montre : minuit passé, un peu trop tard pour sonner chez les voisins et leur demander de venir jeter un coup d’œil « pour être sûr ». Pas envie de me la jouer « j’ai 8 ans, allo papa, au secours, s’te plait, viens voir, viiiiite » (quoique…) (non). Je réfléchis en tournicotant dans l’appart, le plus loin possible de la cuisine, dès fois qu’elle explose.
Y’a bien une caserne de pompiers au bout de la rue… Après tout… Mieux vaut être sûre… De toute façon, je ne pourrai pas dormir…

« Allo ? Bonsoir Monsieur le Pompier, alors voilà… ». J’explique le topo, en insistant bien sur l’idée que j’ai surtout besoin d’une vérification de la part d’un mec qui s’y connaît. Et qu’il n’y a pas non plus méga urgence, histoire qu’il ne m’envoie pas la caserne complète dans le beau camion rouge toutes sirènes dehors pour me foutre bien la teu-hon.

Bon. J’avais bien fait de préciser, quand même. Dix minutes plus tard, je vois débarquer un… deux… trois… quatre mecs en uniforme intégral, depuis le casque rutilant jusqu’aux gros godillots bruyants. Le bal du 14 juillet aurait pu avoir lieu direct, on était au complet.
« Heu, oui… c’était juste pour une vérification mineure », que j’ose d’une petite voix. « C’est la procédure, madame », qu’on me répond. (Et au passage, arrêtez avec ce « madame », bordel. J’ai à peine trente piges !).

Je montre les lieux du crime au chef des pompiers, qui s’approche, renifle, tâte, ausculte, hoche la tête, triture l’interrupteur et sa lampe de poche. Au terme d’une loooongue étude d’au moins deux minutes, il me sort d’un air navré : « Madame (aparté : merdeuhhh), la chaleur qui se dégage de là, c’est normal, c’est la chaudière, et la lumière rouge qui vous inquiète, c’est du aux reflets des spots de votre plafond sur le conduit de la chaudière qui est exceptionnellement mis à nu à cause des travaux de plomberie. Vous voyez, quand j’éteins la lumière, le reflet rouge disparaît. Y’a pas de fuite de gaz ou de départ d’incendie dans votre appartement ».

… Gros gros moment de solitude. Vous pouvez me croire. J’insiste.

Je me cache les yeux sous mes ongles fraîchement peinturlurés en Gemey-Maybeline Deep Red n° 06 tellement j’ai honte de ce qui vient d’arriver. L’un des pompiers me jette un regard de pitié, je peux presque lire sur son visage « ma pauvre fille, retourne donc te mettre du vernis et compter tes robes Maje, et laisse-nous faire notre vrai boulot ».

Je bredouille quelques excuses, raccompagne l’armée du feu à la porte, et part me cacher sous ma couette. Si y’avait bien un seul truc de cramoisi dans cette piaule, à défaut de plafond, c’était mes joues, rouges de honte.

Ouais, allez-y, vous pouvez rire. Même pas mal.

Posté par Katia_ à 10:25 - Melting-Po(s)t - Commentaires [54]

Toute première fois, toute toute première fois

13 mai 2008

pieds_sous_drapsPour une première nuit avec lui, c’était très bien. Mais y’a un moment où il va falloir reprendre la conversation. Et à ce moment-là, ce sera peut-être pas mal d’éviter les :

- Aaaaah, ça fait du bien, bordel !
- Et sinon, ça gagne combien, un graphiste freelance, grosso merdo ?
- Je peux laisser ma brosse à dents et deux trois conneries chez toi ?
- Ca vient, ces croissants ?
- T'es au courant que les slibards c'est plus très mode ?
- A quoi tu penses, là, tout de suite ?
- Mais c'est que ça cache bien son jeu, ces bestioles-là !
- Non, pas de bisou, tu pues le poney
- Quand j'vais raconter ça à Sandrine...
- Tu feras mieux la prochaine fois, t'en fais pas
- Ah c'est toi Jean-Philippe ? ... Merde.
- En fait, toi, t'es mieux en costard qu'à poil...
- Ce qui s'est passé cette nuit, on peut éviter de l'ébruiter autour de nous ?
- T'as pas deux cents balles pour me dépanner ?
- Finalement, c'est vrai quand on dit que c'est pas la taille qui compte...
- J'ai rangé un peu ton salon et trié tes cd et tes dvd par ordre alphabétique, pendant que tu dormais
- Ah merdeuuuuh, j'ai encore zappé ma pilule !
- C'était quand la dernière fois que tu as changé tes draps ?
- Voilà. Ca, c'est fait.
- Valentine m'avait parlé de toi en termes plus flatteurs
- Tu claqueras la porte en sortant, moi je me rendors
- A ta place, j'aurais mis le lit là, l'armoire dans ce sens, et la bibliothèque comme ça. Mais bon...
- Tu choisis. C'est ton vieux chien dégueulasse qui pue, ou moi !
- Ils font quoi, tes parents, dans la vie ?
- Tu m'aimes ?

Posté par Katia_ à 09:41 - List-maniac' - Commentaires [41]

(Petite) tenue de soirée

08 mai 2008

bas_noirsBon, les gens, je ne vous le cache pas, l’heure est grave. Tout le monde s’est barré en week-end prolongé, les enfants sont en vacances chez Mamie, la corvée de courses et de ménage a été faite samedi dernier, et voilà encore cinq jours entièrement libres à venir (pour les plus chanceux), avec humeur au beau fixe pour cause de soleil enfin revenu.

Alors maintenant qu’on est entre nous, ce serait peut-être bien le moment d’en profiter pour faire grimper la température de quelques degrés en causant bagatelle, non ?

 

Pour la bonne cause, je me suis dévouée pour vous (et franchement, ça n’a pas été facile, si vous saviez), et je suis allée jeter un œil sur SexyAvenue, à la recherche de deux trois bricoles amusantes pour vous faire passer une petite soirée olé-olé.

 

C’est bon, tout le monde est prêt ? On débranche le téléphone, on éteint la téloche, on ferme les rideaux, on jette les fringues en boule sur le lit, c’est partiiiiiiiiiiii, roulez-roulez petits bolides, pour les amateurs de sensations fortes, ce soir au village, c’est soirée fever.

 

Pour commencer, atelier peinture. Oui, comme à l’école primaire. Sauf que là, vous avez le droit de déborder par-dessus les traits, la maîtresse ne viendra pas vous engueuler.

Naaaaaan, j’en vois déjà qui sortent les feuilles blanches et les pinceaux. Z’avez rien pigé au concept de la soirée, les gars, ou quoi ? On a parlé de sexy, de préliminaires et de hot hot hot, il me semble. Alors les grandes vocations à la Van Gogh, vous êtes mignons, mais vous vous gardez ça sous le coude pour un jour où l’un de vous deux aura la migraine, ok ?

 

Aujourd’hui, le terrain de jeu, c’est votre body. Rien que ça. Et la peinture, elle est rouge, et elle est à la fraise. Carrément, quoi.


« Savourez sa couleur, son odeur, et son goût », qu’ils disent sur le site. Pour l’odeur et le goût, on voit à peu près ce que ça peut donner ("fraise", globalement, ça reste assez fastoche à imaginer). Pour la couleur, en revanche, j’anticipe les doutes de certains. Pas très glops de déguiser son amant en écrevisse coup-de-soleillée, allez-vous me dire.
Certes. Mais en même temps, si c’était bleu, ça faisait Schtroumpf. Si c’était vert, ça faisait Hulk. Si c’était jaune, ça faisait œuf Kinder. Donc rouge. Faut savoir ce qu’on veut, à un moment donné, hein.

 

Une fois les peinturlurades terminées (et non, on ne fait pas ses empreintes de main sur les murs blancs, vous avez quatre ans ou quoi ?), direction la baignoire pour se rincer en beauté et en ‘sènsoualité’.

Dans l’eau du bain, glissez quelques perles pétillantes, chauffantes et relaxantes. Ah on a quand même bien mérité quelques instants de détente après tous les efforts artistiques qu’on vient de faire, non ?
L’avantage de ces petites perles, c’est qu’en plus de nettoyer « en douceur » (oui, c’est sûr qu’en mettant « effet karcher » c’était moins vendeur), elles colorent l’eau du bain et sentent bon les fruits exotiques.

 

Hein ? Quoi ? Mélange ‘fraises’ + ‘fruits exotiques’ écoeurant ? Oui bon attendez, là, on nous rabâche depuis des semaines « cinq fruits et légumes par jour ». Bon, ben moi j’essaye de rendre service, rien de plus.

 

A ce stade de la soirée, propres, détendus, et petite tenue, et fleurant bon la salade de fruits-jolie-jolie, il est temps de se glisser sous les draps pour entamer les choses sérieuses. Ah mais pas comme ça, directement, ho, vous vous croyez où ? Ce soir, on JOUE, on a dit.

Vous vous souvenez des dominos ? Ce jeu chiant à mourir qui nous occupait des heures entières en colo de vacances ? M’est avis que vous allez retrouver le goût du divertissement avec cette nouvelle version hot plus que renversante. Tadaaaam, sous vos yeux ébahis, en exclusivité pour vous, le kamasutra domino, pour vous servir m’sieurs-dames.

 

Et ça, c’est juste pour lancer la partie, évidemment…

 

Le reste de la nuit vous appartient, à vous et à votre imagination.
Moi je m’éclipse sur la pointe des pieds, et je referme la porte en sortant…

 

 

Article sponsorisé (pour notre plus grand plaisir).

 

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Say it ain't so Joe

04 mai 2008

indien_3C’est fou la façon dont les souvenirs d’enfance peuvent marquer certaines personnes, et glisser comme les gouttes d’eau le long d’un k-way sur d’autres.

L’autre jour, je racontais à mon frère à quel point un mec de mon cours de salsa me fichait la trouille, parce qu’il était, en beaucoup plus petit heureusement, le sosie exact de Joe l’Indien, dans le dessin animé « Tom Sawyer ». Joe l’Indien le bad guy, celui que tout le monde craint au village, le type mystérieux par excellence, avec ses cheveux mi-longs et son regard noir impénétrable. Le mec qui, soyons clairs, a peuplé la plupart de mes cauchemars d’enfance, se partageant le podium avec Docteur Gang (le mec dont on voit juste les mains gantées dans « Inspecteur Gadget ») et Casimir (oui, bon, ca va, j’aimais pas Casimir, sa tronche de cake et sa voix de débile, on ne va pas en faire une dissert’ non plus, ok ?).

Hé ben croyez-le ou non, mon frère n’a absolument aucun souvenir de ce pauvre mec qui terrorisait tout le monde quand on était gosse.
Gnéééé ? Alors là, non, je ne suis pas d’accord du tout. Non mais qu’est-ce que c’est que cette injustice flagrante ? D’un coté, certains ont cauchemardé toutes les nuits et se souviennent encore de cette douloureuse période vingt ans après (non, j’en fais pas des caisses…), et de l’autre, certains pioncent peinards et ont même zappé la tronche de cet odieux bonhomme ?

Qu’à cela ne tienne, nous voilà donc partis en quête de la photo de ce Joe, histoire de rafraîchir la mémoire du frangin alzheimerizé.

Aaaaaaaah, vous pensez bêtement comme moi que ce serait facile. Un petit coup de google et hop, l’affaire est dans le sac. Sauf que non. Il nous aura fallu quarante-cinq minutes de recherches sur internet, pour finir par remettre la main sur une image de cet emmerdeur de Joe l’Indien, qui même vingt ans après, continue donc à venir me casser les bonbons à sa façon. Ah non mais on aura tout vu.

Et pourtant, on en a épluchée, de la page tom-sawyeresque. Bon, évidemment, on ne s’est pas non plus retapé tous les épisodes un par un pour faire des captures d’écran (ouais, parce qu’on a quand même d’autres trucs à faire, dans la vie, sinon). Mais on s’est farci le générique en image deux ou trois fois, histoire d’être sûr que le coupable n’apparaît pas dedans. La réponse est non.

En revanche, je vous rappelle juste pour mémoire cette phrase increvable qui me fait encore beaucoup rire aujourd’hui : « Tom Sawyer, c’est l’Amérique, le symbole de la liberté […] Il n’a peur de rien, c’est un américain ». Voilà, voilà. Je crois que ça se passe de commentaire. (D’autant qu’entre nous, laissez-moi me bidonner, parce que le Tom, américain ou pas, il lui suffit de voir Joe l’Indien se pointer au loin pour qu’il se fasse pipi dessus, donc bon, c’est peut-être pas la peine de prendre ses grands airs).

JoeEnfin bref. Au terme d’une longue recherche fastidieuse, Joe l’Indien n’est donc plus un mystère absolu pour le frangin, et j’ai finalement pu aujourd’hui régler mes vieux complexes de môme terrorisée. Mais vous avouerez quand même que ce type n’a quand même pas la tronche d’un enfant de chœur, hein ?

free music

Posté par Katia_ à 20:27 - Melting-Po(s)t - Commentaires [37]

Laissez-moi chanter

29 avril 2008

micro_1Je me voyais déjà en haut de l’affiche, en dix fois plus gros que n’importe qui mon nom s’étalait. Le problème, c’est que manifestement, ça n’a pas trop l’air d’être l’avis de tout le monde. ‘Tout le monde’ étant en l’occurrence le groupe d’amis chez qui j’ai passé ma soirée de samedi. 

Au départ, pourtant, rien n’annonçait le drame acoustique que nous allions tous vivre. Non, au départ, ça partait bien. Soirée sympa entre potes, à la cool. Quelques verres, musique d’ambiance, on échange les derniers potins, « et la famille ? et les enfants ? et le chien ? et la Golf GTI 16S série 1 ?», super, super, quoi.

Et puis soudain, bam… le dérapage incontrôlé. La boulette. Ze fucking boulette. Dans un moment d’absence, sans doute, quelqu’un a pensé à haute voix, et a dit « hé, mais j’ai les cd de SingStar dans mon sac ».

(J’ouvre ici une parenthèse pour signaler aux incultes – et je ne blâme personne, j’en faisais encore partie samedi à 21h47– que SingStar est un programme de karaoké conçu pour les consoles de jeu genre Pléstéchieune et compagnie.)

Bon. Tu t’en doutes, public. Le gars qui a sorti cette phrase, somme toute assez banale pourtant, s’en mord encore les doigts (et les tympans) à l’heure qu’il est.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Grrrmmpfffffff, ont fait les mecs. Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, ont fait les filles. On sentait déjà comme une certaine divergence d’opinion au sein de la tribu pourtant si soudée quelques minutes auparavant. Ah bah ouais, mais attends, faut pas nous mettre une carotte sous le nez et nous dire d’attendre encore trois heures avant d’aller manger.
« On veut chanter ! », qu’on a piaillé en chœur, nous les gonzesses. Les mecs se sont donc résignés. Ils allaient passer un sale quart d’heure et puis c’est tout. Moi, ce que j’en dis, c’est que ça vaudra pour toutes les fois où ça a causé scooter et moto pendant des plombes et que j’ai rien pigé à la discussion. Point.

Courageux, S. se lance le premier pour montrer un peu comment fonctionne le bidule. En même temps, perso, je l’ai grillé direct, j’ai bien compris que c’était surtout pour se débarrasser de la corvée une bonne fois pour toute et pouvoir aller boulotter ses dragibus peinard au fond du canapé en se foutant de la gueule des autres ensuite, hein. Mais bon, sur le fond, bravo : il est le premier à affronter le micro… et à ma-ssa-crer Gorillaz du début à la fin. Un véritable drame sonore en ré mineur. Désaccordé, le ré mineur. Même les voisins d’en face ont du fermer leurs fenêtres. Chapeau l’artiste. Mes respects.

Devant le spectacle, les mecs commencent à devenir verts. On les imagine déjà en train de s’inventer les excuses les plus pourries pour éviter de passer à la casserole. Dans le rang des filles, en revanche, c’est l’agitation la plus fébrile. Limite on se dispute pour savoir qui va chanter Britney ou The Cardigans. Pour couper court, on tranche : ce sera prestation collective. Basta. Devant les deux micros, quatre nénettes s’égosillent de plus belle sur Macy Gray, Robbie Williams, Camille ou Olivia Ruiz. Les fausses notes volent, les aigus percent, les fous rires couvrent la musique. Vous savez ce que ça veut dire « mémorable » ? Bon. Hé ben là, mémorable.

Les garçons sont consternés, et finissent par nous abandonner à nos vocalises pour aller se faire un poker entre mecs dans la pièce d’à-côté. On dira ce qu’on voudra, mais le partage des tâches au foyer n’est pas prêt de s’améliorer, avec une attitude pareille.
En revanche, pour critiquer, là, y’a du monde. Toutes les cinq minutes, l’un d’eux vient nous balancer des cacahuètes dans la tronche en gueulant « remboursez ! ». Ah non mais bonjour le soutien moral, quoi.

Après avoir chanté deux fois chaque chanson du cd ou presque, les cordes vocales en feu, on décide de faire une pause, par simple respect pour les voisins. Du coup, j’en profite pour me ruer sur m6.fr et m’inscrire au prochain casting de la nouvelle star.



Ouais, bon, ok, c’est vrai, je ne suis pas encore tout à fait au niveau de Cindy Sander. Mais en revanche, pour la choré, je suis au poil. Pa-pi-llon-de-lu-mièèèèèèère…

Posté par Katia_ à 10:58 - Melting-Po(s)t - Commentaires [31]

Sans dessus dessous

22 avril 2008

lingerie_1Dans les catalogues de vente par correspondance, les pages lingerie sont systématiquement situées après les pages de fringues. C’est complètement con. C’est quand même par le soutif et la culotte qu’on va commencer par s’habiller, messieurs, voyons. Réfléchissez deux secondes avant de faire relier vos catalogues, enfin…

Quoi qu’à bien y regarder, il n’est pas rare que le choix des sous-vêtements s’opère de façon très stratégique, après avoir choisi la tenue du jour. Ben oui, forcément. L’ensemble en dentelle noir sous le chemisier blanc, c’est bof. La culotte mémé sous la robe de soirée, no way. Et le shorty qui fait des boudinets juste là, sous les fesses, porté avec le pantalon de chagasse ultra-moulant, on va essayer d’éviter. (Voire même, on évite aussi le pantalon de chagasse, hein, s’il vous plait).

Bon, j’ai l’air d’une grande routarde du sous-vêtement, là, comme ça, à donner mes leçons sur un ton de Super Nanny tyrannique et autoritaire. Mais en fait, si vous saviez la vérité, franchement, vous rigoleriez bien.

La vérité, c’est que ça fait très peu de temps que je prends soin de mes dessous. D’ailleurs, « dessous », ça veut tout dire. C’est dessous, point barre. Qu’est-ce qu’on va aller s’emmerder à ressembler à une gravure de mode avec le string coincé sous un jean, un collant, trois pulls et un manteau, hein ? Tout ça relève un peu de la même théorie que celle du poil aux pattes en hiver : qui va savoir que je fais la grève de l’épilation, puisque personne ne le verra ?

Biiiiiiiiiiiiip. Grosse erreur, mes jolies. Vous, vous le savez. Vous savez pertinemment que sous cette belle robe Sandro et ces jolis collants mauves assortis se cache une horrible culotte Petit Bateau saison automne 2004, très nettement défraîchie, et dont l’élastique grisouille pourrait craquer à tout moment.

« Tout ça, c’est dans la tête », allez-vous dire. Sans doute. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Comment voulez-vous vous sentir féminine jusqu’au bout des ongles, quand la première couche de sexytude est déjà ternie ? Je ne vous refais pas le coup de la maison solidement ancrée sur ses fondations, mais l’idée est un peu là, quand même.

J’en vois déjà au fond qui lèvent les pancartes féministes. « Non à la femme objet », « on n’est pas que des bonbons joliment enrobés », « et le Q.I. merde alors ? ».

Ah mais certes. C’est là que je vous arrête pour vous en apprendre une bien bonne, quand même, au cas où vous ne l’auriez pas lu et relu moult fois dans les magazines féminins : «  c’est avant tout pour soi qu’on fait ça ». Pour soi. Capiché ? Alors soyez un peu égoïste, bordel, pour une fois qu’on vous l’autorise.

Enfin, en même temps, merci d’appuyer là où c’est pas clair, parce qu’effectivement, les jolis soutifs, c’est clairement pour soi qu’on les porte, et pas pour les mecs, vu qu’apparemment, leur grand truc, c’est de les dégrafer d’un claquement de doigt, par-dessus le pull, avant même d’avoir déshabillé la demoiselle. Non mais bonjour la ringardise, quand même.

Certains croient même bon d’ajouter un « t’as vu ça, comme c’est la classe ? ». Non. Non, c’est absolument pas la classe, messieurs, sachez-le. Ca veut juste dire que ça fait environ 3508 soutifs que vous dégrafez comme ça, donc on n’a aucune raison de se sentir flattée et unique. Et puis dans l’histoire vous n’avez même pas pris le temps de nous regarder dans notre joli ensemble de lingerie. Donc la prochaine fois, on se cassera moins la nénette à choisir un beau soutien-gorge. Peut-être que comme ça, au moins, on sera à l’heure au rendez-vous, hein ?

Crédit photo : Princesse Tam-tam.

Tendances bien placées (la mode chic en un clic)

18 avril 2008

modeAllo Allo ? Ground Control à Major Tom ? Y’aurait pas comme un truc qui déconne ici ? On serait sur un blog de fille, et même pas que ça causerait modasseries pendant des mois et des mois ? Non mais attends, c’est quoi ce délire, là ?

Pour la peine, aujourd’hui, c’est de la note de filles. Punition pour les garçons, allez hop, au coin. Zou.

Bon, les cocottes, venez par ici, faut qu’on cause. On est des filles, certes. On aime les fringues, certes. On suit à peu près la mode, certes (encore que, parfois, on se demande si on fait bien. Le coup du sarouel pour cet été, perso, je me pose des questions).
Mais y’a quand même des jours où on se passerait volontiers de l’ambiance poulailler du magasin branchouille à l’heure de pointe, des odeurs de chaussettes dans les cabines d’essayage, ou de l’insistance lourdingue de la vendeuse payée à la commission.
Ou bien encore, on aimerait bien pouvoir faire notre shopping le dimanche soir, entre 21h et 23h, quand on est calme, reposée, que les gosses sont enfin couchés et que limite on s’emmerde à la maison devant la rediff’ de ‘Zone interdite’. Ah bah ouais, mais c’est trop con, c’est fermé, à cette heure-là. Non-mais-merde-alors-quand-même.

Je fais clairement partie de ces nanas-là. Et c’est pas la peine de vous cacher derrière la voisine, je suis sûre que vous aussi. Si si si.

logoPDT_bisFigurez-vous que des gens bien intentionnés* ont pensé à nous faciliter la vie. Placedestendances.com, ça vous cause ? Non non, cherchez pas dans votre GPS ou dans votre petit plan de la ville, c’est pas la peine.
Placedestendances.com, c’est « le grand magasin en ligne des collections de prêt-à-porter homme, femme, enfant et accessoires de mode sur un positionnement moyen/ haut de gamme ». Enfin, c’est ce que ça dit sur leur site. Ah bah oui, c’est pas du n’importe quoi. ‘Au bonheur des dames’ version internet, quand même. S’il vous plait, mâdââââme.

Alors ok, vous allez piailler en chœur « mais attends, c’est pas nouveau, comme concept, ça existe déjà ! ». Certes oui.
Sauf que 1- sur Placedestendances, on s’inscrit directement comme une grande, sans avoir besoin d’aller chouiner chez les copines pour être parrainée (bonjour la teu-hon).
2- on n’y trouve que les collections de la saison en cours, et pas toutes les vielles loques invendues des années passées qu’on essaye de refourguer à moitié prix (genre, la fille mode est débile et ne voit rien venir).
3- y’a de la marque connue : Sandro, les Chemins Blancs, Claudie Pierlot, Kookaï, Et Vous, Lamarthe, Pablo de Gérard Darel, Le Phare de la Baleine, Petit Bateau, et de la marque vachement plus confidentielle, si jamais vous avez envie de nouvel air modesque (non parce que c’est vrai, ça nous changerait un peu des cotonneries comptoiresques vues et revues) : Louis et Louise, Wowo, Circus & Co, Bellerose, Nodus… (inconnues au bataillon, tout ça, pour moi).

Perso, j’ai bien aimé cette petite robette Sandro en soie grise pour aller jouer les Pocahontas des villes, rapport aux bretelles tressées.
robe_sandro
















Ou celle-là, de chez les Chemins Blancs, un peu moins olé-olé, mais sans doute plus raisonnable pour aller bosser.
robe_chemins
















Et j’aime beaucoup aussi la besace en cuir, pratique et intemporelle, chez Delphine Conty. En camel, pour moi, s’il vous plait. Oui, comme les clopes.
besace_camel
















Billet sponsorisé par placedestendances.com, que l’on remercie tous chaleureusement (enfin, surtout moi, dans cette histoire, il faut bien le dire…).

* quoique… ça dépend si on se place du point de vue du banquier…

Posté par Katia_ à 10:38 - Sponsoring et Concours - Commentaires [24]

Rebelle au bois dormant

16 avril 2008

dormir__1A ce qu’il parait, l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Moi, je veux bien vous croire, je ne suis pas une fille contrariante. Mais encore faudrait-il se mettre d’accord sur ce qu’il convient d’appeler « tôt », quand même.

Parce que, par exemple, le chat qui miaule à fendre l’âme à partir de six heures du matin, en sautant sur tout le lit en long en large et en travers, je parie qu’on risque d’être tous ok là-dessus, c’est tôt. Très. Tous ok, sauf le chat en question, évidemment, qui lui, ne demande qu’à aller bâfrer son shéba. Y’a pas d’heure pour puer de la gueule, apparemment.

Arriver au boulot à 9h tapantes, perso, je trouve ça tôt aussi. Il semblerait pourtant que ce ne soit pas trop l’avis de mon patron, qui m’accueille avec une tronche d’inspecteur des impôts tout constipé quand j’ai le malheur de me pointer avec dix minutes de retard, essoufflée, en bredouillant que je n’ai pas entendu le réveil. Faut croire que lui, il l’a bouffé à la naissance, le réveil, et que c’est dans ses gènes de se tirer du plumard aux aurores. Je ne voudrais pas tirer de conclusions hâtives, mais il doit clairement se faire chier à la maison, le bonhomme, pour avoir envie de s’en casser aussi vite le matin.

En revanche, ouvrir mollement l’œil vers 12h et des poussières les jours de week-end, ça me parait très correct. Je dirais même que ça me semble suffisamment tôt pour que l’avenir m’appartienne toujours, mais après que j’aie pris un bon petit déj’ copieux, par contre, faut pas déconner.
Seulement là encore, tout le monde n’a pas l’air d’accord sur ce point. Ma mère, par exemple, pousse toujours des cris d’orfraie dans le téléphone, à me savoir encore en pyjama à cette heure « avancée » de la journée.

« So what ?», j’ai eu envie de dire au début.

Mais en fait voilà. C’était donc ça. D’un vague problème de définition à la base découle l’incompréhension la plus complète entre les peuples. Tu m’étonnes que ce soit le bordel, après, tiens. Qu’on ne vienne pas me dire qu’on n’était pas au courant la prochaine fois qu’une guerre éclate, hein. Moi, je vous aurai prévenus.

Posté par Katia_ à 10:18 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [39]

Queen of the Stone Age

14 avril 2008

chignon_1« Et avec ça, madame, qu’est-ce que je vous sers ? »

Qué ?  Madame ???!!!?? …

Non mais je rêve, ou il a bien dit « madame », là ?

Retenez-moi. Retenez-moi, s’il vous plait, ou je fais un carnage.

Alors ça, c’est fort. Hier encore, j’avais vingt ans. Oui, bon, ok, ça c’était plutôt avant-hier. Mais en tout cas, y’a pas si longtemps, on pouvait me donner vingt-trois ans à tout casser.
Voire moins, pour certaines personnes un poil bigleuses. Demandez au serveur du vernissage auquel je suis allée vendredi soir, à qui il a fallu que je réclame deux fois un verre de vin, alors qu’il l’avait proposé de lui-même à toutes les autres personnes qui m’accompagnaient. Histoire véridique. Juré, craché, monsieur le juge, j’ai des témoins. Je suppose que je n’avais pas l’air d’avoir l’âge requis pour picoler mondain. Avec un peu de chance et de patience, j’aurais sans doute fini par me voir proposer un verre de Banga orange. Avec une paille, évidemment, comme pour les enfants.

Et voilà qu’aujourd’hui, on me donne du « madame » à tout va.

A quoi ça tient, tout ça ? A que dalle. Des cheveux relevés en chignon, une paire de lunettes ressortie quelques jours pour cause de souci de lentilles, et un look vestimentaire un peu plus "réunion importante avec gros client potentiel" que "girly funky friday wear".

Ce serait donc ça le secret : essayez d’avoir l’air sérieuse et présentable pour le boulot, et bam, prenez dix ans dans les dents ! Hé ben merde alors…

Posté par Katia_ à 13:47 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [35]