06 novembre 2008
Manies à tout prix
Si je les écoutais, certaines personnes de mon entourage se prétendant des « amis » (mais en fait, que dalle) arriveraient presque à me faire croire que je suis cinglée et légèrement dérangée, comme nénette. Et tout ça parce que quoi ? Parce que j’ai osé leur avouer que :
Je ne supporte pas de dormir dans un lit dont la housse de couette n’est pas bien rangée dans les coins. Bah oui, désolée, mais moi, j’ai besoin de sentir que tout est bien en ordre au dessus de moi, tout comme j’aime que la couette soit bordée, au moins au pied du lit. Ca évite les courants d’air et les monstres sur les petons. (Oui, j’ai huit ans) (mais c’est bien de savoir rester jeune dans sa tête) (parfois).
Je n’aime pas les premières gorgées d’une nouvelle bouteille de Coca. Ca bulle trop et ça me picotte les yeux. A l’inverse, les dernières gouttes, quand c’est tout fade, tout raplapla et sans pétillant, j’adooooore !
Que ce soit dans un supermarché, une librairie, chez Zara ou au kiosque à journaux, je ne prends jamais le premier article qui se présente devant moi. Je vais toujours aller fouiller sous la pile ou au fond du rayon pour en prendre un intact. Intact de quoi, on ne sait pas. Mais intact. Point.
En parlant de magazine, je déteste qu’on lise un magazine que j’ai acheté avant moi, ou bien qu’on m’en fasse la lecture à haute voix. Appendre que Georges Clooney se tape Amel Bent (c’est un exemple, ne paniquez pas), ou que les collants rose fluo reviennent à la mode, c’est quand même une information qui mérite d’être lue par soi-même. Je trouve.
Je peux tout à fait emprunter la fourchette de quelqu’un d’autre sans l’avoir désinfectée avant. En revanche, une cuillère qui a déjà servi, ça me fout des haut-le-cœur. Call me « chocotte », ça m’est égal. J’assume.
Quand j’allume mon ordinateur, je respecte un rituel super précis dans l’ordre des choses à ouvrir : d’abord la messagerie boulot, puis la messagerie perso, puis la messagerie blog, puis le blog et ses commentaires, puis Netvibes, et enfin tout le reste. Si cet ordre n’est pas respecté, je suis super emmerdée pour "bosser" vu que je ne trouve pas mes fenêtres virtuelles là où elles devraient être. Et si l’une des applications vient à planter et à se fermer toute seule, c’est un drame interplanétaire. Au moins.
Si vous me filez un paquet de bonbons aux fruits, vous pouvez parier que tôt ou tard, il ne vous restera sur les bras que les bonbons à l’orange et au citron. Ceux-là, je ne les aime pas. Du coup, je bouffe vaillamment tous les autres, et une fois qu’il ne reste qu’eux, le paquet pourra rester des semaines entières sous mes yeux, il me m’intéressera plus. Oui, c’est une certaine forme de racisme, j’en conviens. Même pas peur.
Même en rentrant de soirée à 2h, 3h, 5h du matin… je me rue sur mes messageries internet et mon blog comme un poney affamé sur une carotte moisie. En revanche, pour ce qui est du démaquillage… heu… ahem. De là à dire tout de suite que je suis « droguée du net », non mais ho, permettez…
Je n’arrive pas à me brosser les dents sans rien faire d’autre en même temps. C’est nerveux, ça me stresse de rester plantée devant le lavabo le temps de soigner mes quenottes. Donc au choix, je tente vaguement de bavarder avec quelqu’un (oui, enfin… pour autant qu’on puisse articuler avec une brosse à dent et de la mousse plein la bouche), je règle mon réveil pour le lendemain, je range mes produits en bordel, voire même je le fais sous la douche, direct.
Bon, franchement… c’est pas si terrible, tout ça ? Ca ne fait quand même pas de moi une psychopathe bonne à enfermer sous clé, non ? Et vous, c’est quoi vos petits travers inavoués ? (Allez, balancez la sauce, qu’on rigole un coup).
03 novembre 2008
A la faveur de l'automne
Cette fois-ci, on y est. En plein dedans. Après un été plus que médiocre et un été indien inexistant, l’automne s’est bel est bien pointé la semaine dernière, avec son cocktail de pluie, de brume et de feuilles jaunes indispensables à toute Toussaint qui se respecte.
Automne. « Fall » en anglais. « Tomber », donc. Pas très glorieux, comme concept. Hasard ou coïncidence ? Pour éviter d’avoir le moral au ras des pâquerettes fanées, voilà un bilan de toutes les petites choses positives que nous réserve novembre, traditionnellement élu à l’unanimité mois le plus pourri de l’année. Ready to fall in love ?
- C’est à nouveau la saison des clémentines, de leur couleur pleine de pep’s et de leur odeur vitaminée.
- A nous les soirées dvd sous la couette moelleuse, sans complexe de ne pas avoir mis un orteil sous la pluie battante.
- Les vendeurs de marrons ambulants envahissent à nouveau les trottoirs. Petit plaisir gourmand saisonnier en attendant le début de la séance de ciné…
- Les collants opaques nous laissent une excuse toute trouvée pour laisser pousser notre poil aux pattes.
- « Cher Père Noël,… ». Il est grand temps de commencer sa liste de cadeaux, le compte à rebours est lancé.
- Mes quatre bouillottes vont enfin servir à autre chose qu’encombrer inutilement le tiroir de la commode.
- C’est plutôt joli, ces couleurs orangées dans les arbres.
- Aucun complexe à s’empiffrer de raclette et de chocolats chauds, on dissimulera tout ça sous les gros pulls, les manteaux et les écharpes de l’hiver.
- Le chat rentre en semi-hibernation, et fait enfin des nuits complètes, au lieu de faire la bringue de 4 à 6 du mat’.
- Ha ha, il se marre moins, mon collègue, depuis que mon manteau à capuche sert tous les jours à m’éviter de me trimballer un parapluie tout en restant au sec. Oui, ok, j’ai l’air d’un petit chaperon noir, mais tant que le loup n’y est pas…
- Les pompiers ne vont pas tarder à passer dans nos home sweet home réclamer leurs étrennes. Honnêtement, leur calendrier avec trois chatons et des pelotes de laine, je m’en fiche. Mais le gars en bel uniforme, là, rrrrrooooaaaawwwwww !
- « Puisque tu es en retard et qu’il fait quand même très froid, je t’attends au chaud chez Zara. … Oh, mais quelle jolie paire de bottines. Et à ma taille en plus ». Le hasard fait bien les choses, non ?
- A l’inverse du 1er novembre qui nous a fait la bonne blague de tomber un samedi, le 11 permet aux chanceux de s’offrir un joli pont de quatre jours. Reste à savoir où partir. Vous préférez ramasser les champignons ou cueillir les pommes, vous ?
Et sinon, c’est quoi vos recettes magiques pour traverser sans déprime cette saison tristoune ?
30 octobre 2008
Baby boom
Hé merde. Encore une. Elle vient de m’annoncer qu’elle est enceinte. Elle aussi, à son tour. Elle, que je connais depuis plus de vingt ans, que j’ai vu grandir comme un miroir en face de moi, et qui aujourd’hui, d’un coup, grandit plus vite, ou différemment.
Cernée. Je suis cer-née. Des nouveaux nés en veux-tu en voilà, des mouflets à la pelle, des bambinos au kilo. Ils sont partout. Autour de moi, ça explose comme du popcorn. Ah ça, le repeuplement de la France n’est pas en danger, c’est moi qui vous le dis. Quand ça cause pas malaise et nausée des premiers mois, ça papote biberons et choix du prénom. Léo, Théo, Emma ou Eva ? (Je vous épargne une recherche inutile, les gars, voilà le quarté gagnant des prochains mois. De rien, c’est cadeau).
Effet d’âge, sans aucun doute. A trente ans passés, forcément, les copains-copines pensent tous les uns après les autres à pondre leur marmaille et à assurer leur digne descendance. Il en résulte d’ailleurs un bien joyeux bordel à chaque fois qu’un couple de nouveaux parents est invité à dîner ou à prendre un verre, ou bien que l’on décide vaillamment de partir en week-end ou en vacances tous ensemble.
Perso, j’hallucine quand même sur l’armada de boxon nécessité par une aussi petite chose qu’un bout de chou de quelques mois. Lots de couches, biberons et boîtes de lait, Maxi-Cosy pour la sieste, joujou qui fait de la lumière pour s’endormir, tétines, exemplaire n°4 de Sophie la girafe, poussette pas toujours pliante… heu, non mais ho ? Faudra bientôt louer un train complet pour faire un aller-retour Paris/Bordeaux accompagné d’un mioche. La blague.
Sinon, je ne sais pas qui raconte partout qu’un bébé, ça pionce tout le temps. C’est complètement faux. Mes oreilles en sont témoins : non seulement ça pionce pas tant que ça, mais en plus, ça braille. Et ça braille sec. Et en continu. Moi, ça va encore, je suis habituée au bruit permanent, avec mes tarés de voisins qui passent leur journée à s’engueuler sur fond sonore de « roue de la fortune » et autres dechavanerie (je sais, j’en ai de la chance). Mais j’en connais un ou deux qui ont souffert. « Font-ils des muselières pour Godzilla en grenouillère ? », chantait Aldebert (qui doit avoir les mêmes potes que moi, semble-t-il).
…
Bon. J’ai l’air de me plaindre, de râler et de critiquer, là, comme ça. (Ah ouais ?).
Mais bien tapie au fond de moi, la fibre maternelle commence malgré tout à s’éveiller lentement. Pas tout de suite, pas maintenant. Mais un jour, c’est sûr.
Faudrait juste que ma chère mère arrête de chouiner partout qu’elle veut des petits enfants pour jouer à la mamie gâteau. Parce que je la connais, celle-là. Aujourd’hui, elle se dit prête à passer ses dimanches à faire de la compote pommes-bananes au mixeur et à jouer à l’avion pour filer les cuillerées de purée, mais le jour où il me faudra une baby-sitter gratos pendant une semaine non-stop pour que j’aille prendre des coups de soleil en binôme amoureux à Saint-Barth (oui, oh… ça va, si on peut plus fantasmer, hein ?!), j’ai comme l’impression qu’elle sera beaucoup moins orientée rouleau à pâtisserie et autres lectures de Cendrillon au coucher. Bizarre, non ?
Bon, c’est pas tout ça, mais j’ai encore trois cadeaux de naissance à trouver, avec toutes ces conneries. Ah franchement, merci bien. J’essaye d’être sage et de me tenir éloignée des boutiques jusqu’à Noël (et que je ne vous entende pas glousser, hein, c’est très sérieux), mais si on me pousse à la consommation par souci du respect des coutumes, je ne réponds plus de rien. « C’est pas d’ma faute, monsieur, on m’a forcée ». Que ce soit bien clair. Vous viendrez me voir en prison ?
27 octobre 2008
Et ta soeur ?
C’est énervant, à la fin, tous ces gens qui se mêlent de ce qui ne les regarde vraiment pas ou qui posent des questions au mauvais moment !
Chez Zara : « - Vous ne trouvez pas que la bleue vous va beaucoup mieux ? Et puis avec cette petite ceinture dorée, là, ce sera très joli ». (Ouais, merci. Mais en bleu, j’ai déjà trois robes et deux jupes, donc si tu le permets, je vais changer un peu. Et puis c’est pas comme si j’avais pas vu qu’il reste un stock entier à écouler dans ce coloris, alors qu’en beige, il n’y a plus que quelques tailles. C’est peut-être pas un hasard complet, non plus…)
A la pharmacie : « - Le sirop, pour toux sèche ou toux grasse ? » (Franchement, vous êtes obligé de hurler ça depuis le fond de la boutique alors que le type au comptoir d’à côté est mimi tout plein ? Et le secret médical, bordel, hein ? On en fait quoi, du secret médical ?)
Chez la boulangère : « - Et avec ceci ? » (Ben, ce sera tout. Comme depuis quatre ans que je viens chez vous tous les soirs, en fait. En vous remerciant, oui, oui, tout ça, tout ça, je sais.)
Chez les copines : « - Alors toujours pas de fiancé à nous présenter ? » (Si si, mais je le planque bien. Il est tellement beau et merveilleux que vous allez trouver vos mecs fades à côté. Or moi, je suis pour la paix des ménages, voyez ? De rien.)
Chez des copains : « - T’as un blog, toi ? Mais ça sert à quoi, un ‘blog’ ? Et le tien, il parle de quoi ? » (Ben le mien, en fait, c’est l’histoire d’une nana qui teste l’un après l’autre tous les bars de Paris pour noter leur cocktail Ginfizz et établir un classement. J’en suis à 134 établissements. C’est vraiment super, comme passe-temps, je t’assure !)
Avec Roudoudou : « - Mais t’en as pas déjà une, de jupe comme ça ? » (Non, absolument pas, je vois pas pourquoi tu dis ça. … … Et puis t’étais pas en train de regarder le foot, là, au lieu de te mêler de mes affaires ?)
Chez le dentiste : « - Et sinon, le boulot, ça marche comme vous voulez ? – ‘ui ‘a ‘arch’ ‘ien er’i ». (Il est gentil de me faire un brin de causette pendant que le plombage durcit, lui, mais avec trois instruments dans la bouche, j’ai l’air de causer hongrois, là).
Chez ma mère : « - T’es bien pâlichonne, toi. T’es sûre que tu te nourris correctement ? » (Ah ça, oui, je suis sûre ! Sûre que non, même. Mais c’est bien pour ça que je m’obstine à répéter à tout va qu’il serait peut-être temps d’inclure des vitamines et des oligo-éléments dans les tablettes de Crunch. Ca n’a l’air de frapper personne de bon sens, pourtant, qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ?)
Dans l’ascenseur : « - Vous allez à quel étage ? » (Non mais hé ? Ca te regarde ? J’te demande si ta grand-mère fait du roller, moi ? Bon.)
22 octobre 2008
Titre de noblesse
Ca vous arrive, parfois, d’avoir envie d’acheter un bouquin rien que parce que son titre vous plait ? Ou de vous dire l’inverse et de parler d’un film en disant « ‘tain, le gars, il s’est pas trop cassé pour lui trouver un nom, à son truc » ? C’est vrai, quoi. Autant "Orange Mécanique", ça a grave de la gueule, autant "Les Bronzés font du ski", excusez-moi, mais un cm2 aurait trouvé mieux sans se fouler les neurones (toute considération sur le film lui-même mise à part).
Pour tout vous avouer, ici même, sur ce blog, j’ai un rapport super bizarre avec les titres. Deux fois sur trois, j’écris à l’envers : je trouve d’abord un titre qui me parle, et je remplis le contenu ensuite, avec un truc qui pourrait lui coller pas trop mal. Un bout de chanson qui me plait, un nom de film, une expression légèrement détournée… hop, j’ai un titre. Ouais, je sais, ça bosse dur, quand on tient un blog. Je ne vous le fais pas dire.
Depuis le temps, j’ai une liste longue comme le bras de titres potentiels d’articles, mais sans texte pour aller avec. Super. Par exemple, « Poupée de cire, poupée de son », c’est un titre qui me plait. « Ô Capitaine, mon capitaine » aussi. Mais je n’ai absolument aucune idée de ce que je pourrais bien vous raconter là-dessus. Pour le moment. Mais je trouverai. (Pour toute suggestion brillante, écrire à la rédaction, qui transmettra).
Sinon, ce qu’on peut faire aussi, c’est que je vous colle juste mes titres, et vous me faites le contenu dans les commentaires ? Ca serait pas un concept de malade, ça, quand même ?!! Niveau interaction, web 2.0. et tout le tintouin, on se poserait là, hein ?! Et dans ce cas, je vous jure, j’vous colle un article tous les jours. Voire deux, même. Allez, soyons fous.
Bon, sinon, je vous rassure, il m’arrive parfois de « travailler » normalement, et d’écrire mon texte avant de réfléchir à mon titre. Là, n’ayons pas peur des mots, c’est le bordel. Je mets généralement autant de temps à trouver trois pauvres trucs à mettre en haut de page qu’à pondre quarante lignes de développement. Les boules.
La prochaine fois (ou pas), je vous raconterai ma façon vraiment passionnante de vous trouver des images choc pour illustrer les articles (qu’on ne vienne plus me dire après que la vie de blogueuse n’est pas captivante, hein !). Mais le www.ma-vie-mon-oeuvre.fr s’arrêtera ici pour cette fois, sinon, on va encore critiquer que je fais vraiment des billets trop longs, à juste titre (rhhhooo, joli).
20 octobre 2008
Kiss kiss bang bang
Ce qu’il y a de bien, dans les nouvelles rencontres amoureuses, c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre avant de toucher au but.
Ce qu’il y a de moins bien, dans les nouvelles rencontres amoureuses, c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre avant de toucher au but.
Forcément, ces trucs-là, c’est un peu comme le loto : 100 % des joueurs ont tenté leur chance, évidemment. Mais combien touchent le pactole ?
Prenons le cas du premier baiser entre deux personnes, par exemple*. Avant cette première étape de grande importance, l’imagination fertile dont on sait parfois faire preuve fonctionne à toute berzingue, et on se laisse aller – à juste titre – aux fantasmes les plus torrides, puisqu’on ne sait rien de ce qui va concrètement arriver.
On est juste conscient d’une chose : l’autre nous plait. Il est beau, charmant, drôle et fin. Il semble sûr de lui, confiant en son potentiel de séducteur, mais garde un brin de timidité qu’on trouve forcément craquante, à ce stade. Il bouge son corps avec aisance sans en faire des caisses, et a dépassé depuis longtemps cette période ado sous Biactol découvrant d’un regard à la fois émerveillé et apeuré le monde mystérieux du sexe opposé. Lui, il connait déjà tout ça. Sur le bout des doigts**.
De notre côté, les petits zigouigouis dans le bidou se font ressentir, plus précis, plus denses. La voix se fait charmeuse, le regard enjôleur. On suit encore la conversation, mais quelque part à l’intérieur de nous, on est ailleurs. On imagine déjà la suite, on sait que ce n’est plus qu’une question de minute maintenant. On regarde sa bouche, à la dérobée, dans l’espoir de ce fameux instant que l’on semble attendre depuis déjà une éternité.
Vient alors le moment tant attendu, celui où les souffles se rapprochent et les lèvres se touchent.
Et là, tzouiiiiiiiiiiiiiinnnnng. Drame. On serait dans une comédie romantique, la bande son ferait dérailler le disque de mélodie sirupeuse pour bien montrer l’étendue des dégâts : l’autre embrasse comme un poulpe. Visqueux, baveux et gluant à souhait, mais sans une once de passion charnelle ou de romantisme. Ouch.
Bye bye, fantasmes de nuits torrides et caliente. Adios, espoirs de chabadabada en CDI. D’un coup, le niveau de tension érotique est descendu en flèche et les zigouigouis dans le ventre se sont barrés vite fait.
Evidemment, certains frustrés moralisateurs diront qu’il faut compter avec l’appréhension de chacun, et que « c’est une question d’adaptation, bla bla bla ».
Certes. Mais avec quelqu’un qui embrasse comme s’il était à un rallye de Formule 1, perso, je ne suis pas sûre d’avoir envie de m’adapter. Merci, mais le détartrage, c’est chez le dentiste que je le fais, pas avec la langue de mon copain. Et puis cette impression d’avoir la bouche transformée en machine à laver position essorage, c’est quand même tout sauf sexy, sérieusement.
Sans nécessairement faire d’étincelles à tous les coups, inutile de se mentir, un premier baiser en dit long sur le caractère des protagonistes. On y lit la générosité ou le repli sur soi, la fougue ou la timidité maladive, l’envie ou la crainte, le contrôle ou l’abandon. Autant de signes qui ne trompent pas sur la marchandise, à l'inverse des wonderbras par exemple.
En gros, cette affaire-là, c'est un peu comme le cadeau du Kinder Surprise. Un coup, c'est le jackpot et on tombe pile poil sur la figurine Hippo ou Pingui qui complète notre collection (en admettant qu'on fasse la collection de ces figurines. Je ne vise personne). Un coup, on tombe sur une merdouille infâme dont on n'arrivera même pas à piger le fonctionnement malgré toute notre bonne volonté et notre bac +5, et qui nous laissera une vilaine impression de "tout ça pour ça ?".
Mais au moins, dans le cas du Kinder, il reste toujours le chocolat pour se consoler...
* On sera tous d’accord pour dire que j’aurais pu viser bien plus en dessous de la ceinture, mais que le raisonnement aurait été le même.
** Ah ah, c'te jeu de mot mortel. Non ?
15 octobre 2008
Madame est servie
Récapitulons les faits. (Juste comme ça, pour rire).
1– Il y a tellement de poussière chez moi que les moutons sous le lit constituent un troupeau au complet.
2 – J’ai bien un lave-vaisselle, mais j’arrive quand même à entasser six assiettes sales dans l’évier, et pourtant je trouve ça crade.
3 – Y’a des traces de mascara noir plein mon miroir de salle de bain.
4 – Les poils de chat retapissent mon canapé, ma housse de couette, mes pulls noirs et mes écharpes.
5 – Il fait toujours sombre chez moi. Ah tiens, non. C’est juste que j’ai pas fait les vitres depuis… heu… depuis.
6 – La pile de fringues à repasser est plus haute que moi. Et le fer, encore emballé dans sa boîte d’origine, en fait.
7 – Ah ouais, le parquet, ça se cire ? Sans déconner ? Délire !
Rajoutez à ça que je sais à peine à quoi ressemble un aspirateur (le truc avec une trompe, là ?) et que depuis que le chat a pissé sur les poils du balai, je n’ai pas jugé bon d’en acheter un nouveau (c’était il y a cinq ans).
Bon. Là, y’a comme qui dirait un souci. D’ordre hygiénique, le souci, en gros.
Vous vous doutez bien que je noircis quelque peu le trait, mais comme je n’ai pas été élevée chez les porcs non plus, il me semble tout de même qu’un minimum de propreté dans mon petit nid ne me ferait pas de mal.
Du coup, hop, illumination merveilleuse : hé, mais... au diable les varices, je vais prendre une femme de ménage ! (Hé ouais, je sais. Parfois, je me surprends moi-même devant tant d’ingéniosité).
Enfin, ça, c’est ce que je croyais. Au départ. Je pensais naïvement que, une fois la perle rare trouvée, je pourrais me la couler douce et continuer à ignorer superbement éponges et fer à repasser, et que je retrouverais tous les quinze jours, comme par magie, mon appartement briqué comme un sou neuf et lustré du sol au plafond.
Sauf que non. Du tout. La blague du siècle, à vrai dire, c’est que je culpabilise tellement de faire venir quelqu’un d’étranger dans un chez-moi mal rangé que je passe toute ma soirée de la veille à mettre de l’ordre partout : je fous toute la vaisselle sale dans la machine, je range la table du salon, je fais du tri dans les très trop nombreux produits de la salle de bain, je ramasse les feuilles mortes des plantes tombées par terre, je nettoie autour de la litière du chat, je vide les poubelles (ouais, j’aime pas qu’on trouve mes cotons-tige sales, j’ai le droit, non ?)…
Bref, autant vous dire que tout ce cirque mené tambour battant me fatigue quinze fois plus que de passer l’aspiro une fois de temps en temps, histoire de. J’me demande si je me suis pas carottée toute seule dans cette histoire, moi… ?
13 octobre 2008
On s'était dit rendez-vous dans dix ans
Patrick avait quand même des idées marrantes, à l’époque. Filer rencard à tous ses potes de lycée dix berges plus tard, histoire de voir un peu ce que les uns les autres seraient devenus au bout de tout ce temps, c’était bien digne d’une série d’AB Production comme concept, non ?
N’empêche, ce con, il a fait des émules. A la fin des années 80, on était tous là à brailler en chœur avec nos bandanas et nos Doc Martens « ouais, attends, c’est trop naze son idée, pour qui qui s’prend c’blaireau, j’veux dire, quoi ! », mais force est de constater que les ‘Revival Meeting’ fleurissent de plus en plus. Y’ a donc un sacré paquet de gens qui auraient mieux fait de se la boucler en 1989, en fait.
Remarquez, moi, j’ai fait encore plus fort. Avec mes copains de classe de seconde, on était tellement soudé à la vie à la mort qu’on s’était donné rendez-vous non pas dix ans après, mais en septembre de l’année suivante (ouais, donc juste après les grandes vacances, quoi. Notez l’exploit.), rapport qu’on était nombreux à être dispatchés dans plusieurs établissements pour une sombre affaire d’options d’enseignement ou je ne sais quoi. Bon. Ben le jour J, il pleuvait comme vache qui pisse, et on s’est retrouvé très exactement cinq à se cailler les miches autour de la fontaine du Jardin du Luxembourg. Bravo les veaux. Je vous laisse imaginer le quota de réussite au bout de dix ans, ok ? Alors Patrick, t’es bien mignon, mais tes idées à la con, hein…
Forcément, aujourd’hui, avec tout le barnum mis en place par Facebook, Copains d'Avant et compagnie, c’est le lotobingo quasi à tous les coups. Syndrome « crise de la trentaine » version 2.0. Qui n’a jamais tapoté les noms de ses petits copinous de chat perché de l’école primaire ? Qui n’a pas cherché des informations sur ses ex et découvert avec un certain effroi le statut « marié » et les albums photos remplis de bambins dignes d’une pub Ricoré ? Qui n’a pas trouvé que Vincent avait pris un sacré coup de vieux ou que Marianne avait embelli ? Qui ne s’est pas dit que « pfff, celui-là, j’aurais bien aimé qu’il ne me retrouve pas… » ?
De fil en aiguille, on remonte les traces de notre passé, pour le meilleur et pour le pire. Parfois, l’envie nous prend de recontacter nos anciens potos et d’échanger quelques nouvelles. « Qu’est-ce que tu deviens ? ». Question rituelle à laquelle il n’est pourtant pas si simple de répondre en quelques phrases. Comme le dit Patrick, « on peut pas mettre dix ans sur table comme on étale ses lettres au Scrabble ». On fait le tour de sa vie rapidement, dans les grandes lignes, comme on sortirait son CV devant un employeur potentiel. Profession, situation familiale, loisirs.
Et puis, inévitablement, on reparle du passé. De ces moments communs, de nos souvenirs heureux, de la fois où…, et de celle où tu m’avais dit que… . On évoque dans de grands éclats de rire tout ce qui a fait qu’on a ressenti ce besoin, cette envie de se revoir aujourd’hui.
Et puis après ?
…
Après, le plus souvent, le soufflé retombe et il ne se passe pas grand-chose. Rares sont les fois où les retrouvailles au bout de plusieurs années donnent vraiment lieu à un nouveau roman d’amitié, qui s’élance comme un oiseau (ahem… oui, je suis très ‘femme des années 80’, aujourd’hui). Le présent reprend ses droits, et on range à nouveau dans un tiroir ces jolis souvenirs, auxquels vient s’ajouter le dernier, plus vivace, de ce moment récent partagé ensemble.
En tout cas, tout ça me laisse perplexe. Peut-être que je n’ai pas revu les bonnes personnes. Peut-être que je n’ai pas laissé sa chance au produit. Ou peut-être que je n’ai pas véritablement envie de remuer le passé. Parce que, justement, c’est le passé.
Hé ho, les gars. C’est déjà le bordel le plus complet dans mon présent, et le flou intégral sur mon futur. On va pas non plus réviser toutes les pages du Bécherelle pour se faire une vie plus que parfaite ?!!
08 octobre 2008
Graisse anatomy
Faudrait quand même qu’on m’explique. La cellulite, ce truc merdique qu’on se coltine à peu près toutes au moins sur le haut du cuissot dès lors que la puberté frappe à la porte, c’était vraiment nécessaire ? J’veux dire… on était obligé d’en passer par là ? Non parce que soyons honnête deux minutes. Ce machin, c’est quand même à peu près aussi inutile que les poils aux pattes ou les crottes aux coins des yeux, non ?
Alors quoi ? Y a-t-il quelqu’un qui a jugé bon de venir nous gonfler (c’est bien le cas de le dire) avec des aspects tôles ondulés sur les fesses, rapport que ça lui semblait plus art déco comme ça ? Si c’est le cas, qu’on me montre le coupable, j’ai deux trois mots à lui dire. Et ça va pas être du Baudelaire, a priori.
Non, mais sérieusement. Ce-llu-lite. Rien que le mot me donne envie de vomir mon petit déj. Celui-là, et tous ses petits copains assimilés : capitons, peau d’orange, bourrelets et rétention d’eau. J’adore. So Chanel. En même temps, soyons sincères. Si on avait appelé ça « granité de peau », on aurait été capable de trouver le rendu joli et sexy, avec notre esprit tordu.
(A ce stade de mon brillant exposé, je ne peux pas m’empêcher de souligner, en passant, que chez les mâles, les petits bourrelets se nomment « poignées d’amour » et « brioche », ce qui sonne autrement plus appétissant. Faudrait voir à se poser des questions, quand même).
Toujours est-il qu’à défaut de résonner poétique, ce vilain truc a au moins l’avantage de mettre toutes les minettes dans le même panier. Ah ben là, si, je regrette. Passés trente ans, vous comme moi, Kate comme Claudia, on aura beau se tartiner la culotte de cheval (tiens, en voilà encore un qui sonne glamour) dans tous les sens, rien n’y fera. Les capitons ne capitulent pas.
Bon.
Ben, partant de ce constat navrant, moi, perso, j’ai tranché.
A partir de dorénavant et jusqu’à désormais (et ce, pour une durée indéterminée), je décrète non sans fierté que ma cellulite fait intégralement partie de ma panoplie de fille, au même titre que mes nénés, mes cheveux longs, et ma semaine de relou-attitude tous les 28 jours.
Sans rire, on a déjà suffisamment à faire avec les rides et les cheveux blancs pour ne pas se laisser emmerder la vie avec des histoires de cellules adipeuses, hein. Allez, pour fêter ça, je vais même reprendre des lasagnes. ET un dessert. Olé.
06 octobre 2008
Une femme sous influence
Ca me fait franchement mal de vous avouer ça, parce que je me doute que pour bon nombre d’entre vous, je vais descendre de mon piédestal (si si, ne niez pas, je sais bien ce que je représente pour la majorité de mes lecteurs, j’ai mes sources), mais il y a des jours où je me dis que vraiment, j’ai zéro personnalité. Zé-ro. Sous mes pseudo-allures de grande fille qui se la raconte à mort, en fait, je suis super influençable. Et ça, c'est moche.
En matière de mode, surtout, c’est le pompon. Parce que oui, imaginez-vous bien quand même que c’est pas parce qu’on ne cause pas chiffons et talons à toutes les pages de ce blog que je me contrecarre de la façon dont je m’habille, hein. Soyons sérieux deux minutes, voulez-vous ? Bon.
Ben dans ce domaine, très clairement, je suis influencée en permanence, par tout et n’importe quoi. A commencer par tous ces foutus blogs de filles mode qui nous donnent des leçons de style généralement plus abordables que les Elle et compagnie, et qui ont l’art de déclencher chez moi des envies subites et des acquisitions de it-trucs indispensables à mon quotidien (alors que jusque là, je vivais très bien sans blouse à carreau et gilet en poil de lapin, permettez-moi de vous le dire). J’avais déjà la sortie de carte bleue facile avant tout ça, mais depuis que je lis ces blogs, mon banquier me fait la gueule dès le 10 du mois. Ah merci les filles, hein, vraiment. « Copines » mon œil, ouais.
Qu’on se rassure, je suis un mouton modeux, mais j’ai encore une pointe de libre-arbitre. J’avais ainsi soigneusement laissé de côté le sarouel présenté à toutes les sauces cet été, intimement convaincue que si c’est pour avoir l’air de porter une couche, merci bien mais non merci. Et je vais également passer mon tour en ce qui concerne le fameux pantalon « carrot », dont le nom suffit à me faire poiler. Sans déconner, j’aime déjà pas bouffer des légumes, c’est pas pour en remplir ma penderie non plus.
Dernièrement, je m’interroge grandement sur la sombre affaire du tregging, ce mélange de pantalon et de legging. Non mais… sérieusement ? On parle de mode ou de blague, là, en fait ? (Remarquez, je ne devrais peut-être pas trop la ramener. Il y a deux ans, je me fendais la poire quand on me parlait de jean slim, et devinez qui a raboulé dans mon armoire six mois plus tard ? Ouais, bon, ok…)
Dans les boutiques aussi, c’est la grande fiesta du slipos en ce qui concerne mon haut degré d’influençabilité. J’ai même parfois l’impression que je me trimballe dans le dos une pancarte bardée de néons clignotants clamant à l’attention des vendeuses « attention, pigeon en vue, sortez la grosse artillerie ». Elles ont tout compris. Elles savent qu’en me brossant dans le sens du poil, et en me donnant exactement les arguments que j’ai envie d’entendre, je plonge. Comme une bleue. Plouf.
« C’est un très beau cuir, un marron très dense, très profond » : Hop, embarqué, le sac.
« Il se porte un peu large et tombant sur les hanches. Et puis je n’ai pas la taille en dessous » : Zou, le pantalon passe en caisse.
« Ces bottes taillent un peu petit, donc essayez-les en 40, avec une petite semelle, éventuellement » : Bing, des nouvelles pompes pour ma collec’.
Et c’est comme ça que je me retrouve à avoir une penderie dégueulante de trucs que je ne porte jamais, achetés sous le coup de l’influence d’une saleté de vendeuse qui m’a bien bernée avec des arguments pourtant très cons. Merde, je devrais le savoir, à la fin, que je fais du 39 et point barre !
Bon, là encore, je tiens à dire pour ma défense que j’ai mes limites en matière de couillonnerie. Même une vendeuse super balaise dans ses arguments ne me fera pas avaler que cette écharpe jaune moutarde me flatte le teint (elle appelle ce coloris « vieil or ». J’aurais plutôt dit « diarrhée de pigeon », mais bon).
Autre domaine où je me trouve très influençable : la météo. N’importe qui de normalement constitué a bien compris que la météo, c’est typiquement le genre de truc qu’on regarde pour faire genre (et avoir un sujet de conversation si on croise son vieux voisin du cinquième dans l’ascenseur), mais qu’au final, il vaut mieux n’en faire qu’à sa guise et son intuition, dans la mesure où, c’est bien connu, les prévisions se gourrent quatre fois sur cinq. N’importe qui sait ça. Moi non. Moi, je persiste à croire obstinément qu’Evelyne Dhéliat a la science infuse, et que si elle affirme qu’on va se les cailler demain, je peux ranger vite fait ma petite robe et sortir mes moonboots. Tenez, par exemple, aujourd’hui – et jusqu’à preuve du contraire – j’ai encore trimballé mon parapluie pour rien. C’est agaçant, quand même.
Du coup, je me disais… Finalement, c’est marrant, mais ça tient à pas grand-chose, la vie d’une blogueuse influente influençable. Non ?