Gin Fizz

Bulles de vie...

Mum Sabaï miam !

05 mai 2006

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Une adresse en or pour les amateurs de cuisine thaï : Mum Sabaï, qui signifie dans la langue "petit endroit tranquille". Un très joli resto niché au cœur de Saint-Germain des Prés, un peu à l’écart des rues trop passantes et des hordes de touristes.

Ambiance cosy, lumières tamisées, vaisselle multicolore, gros coussins moelleux et larges banquettes… Les tables sont placées en contrebas, et on dîne au raz du sol sans pour autant être courbé en deux (difficile à décrire, mais très confortable, pas de souci !).

La cuisine y est absolument délicieuse, avec cette pointe de raffinement qui différencie à mes yeux la cuisine thaï de la cuisine chinoise. La carte est renouvelée en permanence, même si certains classiques incontournables demeurent. Je vous conseille le soufflé de dorade en feuille de bananier… un délice ! Et s’il vous reste encore de la place pour le dessert, tentez donc les nems au chocolat tout croustillants, mmmmmmiam…

Un endroit parfait pour un petit dîner en amoureux, ou pour un rendez-vous potins et confidences entre copines.

 

 

Mum Sabaï

5, rue Bernard Palissy – 75006 Paris

Tél : 01 42 22 14 40

 

Posté par Katia_ à 11:24 - Melting-Po(s)t - Commentaires [3]

" Mais pourquoi tu râles comme ça ? "

04 mai 2006

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Autant vous prévenir tout de suite : je suis une fille qui râle beaucoup. Je vais même vous dire, au risque d’en choquer certain(e)s : j’adore ça ! Râler, c’est mon dada, comme dirait l’autre. Je suis d’avis qu’un bon petit coup de gueule de temps en temps, ça soulage et ça ne fait de mal à personne. Et le pire, c’est que ça ne date pas d’hier. Pour vous donner une idée, au lycée, mes copines m’avaient surnommée Tatie Danielle, en rapport au film d’Etienne Chatiliez, pour le côté bougon et grincheux du personnage principal. La classe, non ?

Hé oui, pas une journée ne passe sans que quelque chose ne me mette en pétard. Les gens lambinent sur les trottoirs et m’obligent à slalomer à la Jean-Claude Killy ? Bingo, je râle. Le métro met plus de deux minutes à se pointer ? Zou, je me mets en rogne ! Il pleut alors que je me suis lavé les cheveux la veille ? Hop, je gueule. Je gueule même si personne n’y peut rien. Surtout si personne n’y peut rien, d’ailleurs, parce que c’est franchement comme ça que c’est le plus drôle.

Certains disent que je suis une pessimiste, une éternelle insatisfaite, jamais contente de ce qui m’arrive. Faux, je m’insurge. J’ai juste une théorie bien établie sur le sujet. Quand je râle, j’exprime tout haut ce que je pense tout bas. Et du même coup, j’expurge (ouh le joli mot) toutes les mini-tensions qui commencent à bouillonner en moi quand je suis contrariée. Mon "moi profond" m’a appris depuis belle lurette qu’il était salvateur de pousser mes gueulantes quand bon me semble, plutôt que de ruminer mes rancoeurs. Je râle donc un bon coup sur les choses qui m’agacent, et instantanément, la contrariété est évacuée et le dossier classé. Et je peux retrouver mon sourire et ma bonne humeur, et me concentrer sur toutes les choses formidables qui m’arrivent ensuite. Fastoche, non ?

D’ailleurs, je ne comprends pas tous ces gens qui ne râlent jamais. Ou pire, ceux qui râlent contre les râleurs. Ceux-là méritent d’office la palme d’or de la mauvaise foi, si vous voulez mon avis. Et rien ne m’énerve plus que les gens qui me regardent fulminer en répliquant d’un air hautain et suffisant "ça vaut vraiment le coup de râler pour si peu ? ".

Bref, vous l’aurez compris, râler est bien l’une de mes occupations favorites, et je songe même à l’inscrire sur mon curriculum vitae, dans la catégorie "hobbies".

Notez tout de même que parfois, c’est assez justifié. Je suis une râleuse, mais surtout une personne qui n’aime pas se laisser marcher sur les pieds. Si ma pizza quatre-saisons arrive toute cramée, ou si mes photos de vacances sont développées en mat alors que je n’aime que le brillant, il est évident que j’exprime mon mécontentement. Mais dans ce cas, peut-on dire que je "râle" ? Personnellement, j’opterais plutôt pour le terme "réclamer-son-bon-droit-en-tant-que-client-qui-raque". Parce que dans mes cours de marketing à la fac, on m’a toujours rabâché que le client était roi. Alors j’applique, tout bêtement.

Evidemment, ce comportement a dû me valoir bien des inimitiés. Par exemple, je suis bien consciente d’avoir perdu une copine le jour où ma boulangère m’a demandé avec son ton haut perché de mégère "avec ceci ?", et que j’ai répondu "un p’tit sourire, ça fera pas de mal !". J’ai bien vu qu’elle l’avait mal pris. Râleuse, mais pas miro !

Je pourrais vous en sortir des pages et des pages, de ces exemples de petites choses contrariantes qui selon moi méritent un bon petit coup de gueule pour se soulager. Ca pourrait même faire l’objet de chroniques régulières. Une chronique, un coup de gueule. Et pour bibi, une séance de moins chez le psy, puisque mon "moi profond" sus-mentionné s’en trouve soulagé. Comme quoi, les râleurs de ce monde pourraient faire de grandes choses pour lutter contre le trou de la sécu, si on les laissait s’exprimer un peu ! Alors finalement, merci qui ?

Posté par Katia_ à 12:00 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [8]

Je suis trop pudique ou bien ?

03 mai 2006

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Je me suis posée la question ce matin, en prenant le métro. J’étais plongée en pleine torpeur post-réveil quand je remarque une minette assise en face de moi, qui commence à sortir fiévreusement de son sac à main tout son attirail de fille, à savoir miroir de poche, fond de teint, mascara, crayon à sourcil.. Et la voilà qui se met à se faire une petite beauté, au beau milieu des voyageurs qui la fixent d’un air mi-amusé, mi-consterné. Elle se serait contentée d’un léger raccord blush ou crayon, je veux bien, mais là, elle nous sort le grand jeu.

Bien sûr, ce n’est pas la première greluche que je vois se faire belle dans les lieux publics, mais je me fais à chaque fois la réflexion qu’il faut avoir une sacrée dose de confiance en soi pour pouvoir se montrer sous cet angle aux yeux de parfaits inconnus. Je suis personnellement incapable d’en faire autant. Au-delà du fait que j’aurais bien trop peur de me faire un œil de raton laveur, ou de faire déraper sauvagement mon rouge à lèvre sur la joue à cause d’un à-coup trop sec de métro, je trouve surtout que c’est un geste hyper intime et personnel. Franchement, qui a envie de regarder de bon matin une nana se peinturlurer le visage de fond de teint, jusque dans les recoins des ailes du nez, ou de la voir se faire les yeux en ouvrant tout grand la bouche comme une carpe, en signe de concentration extrême ? Car oui, mesdames, sachez-le : au terme d’une étude très approfondie basée sur un échantillon représentatif de toutes mes copines, on ouvre TOUTES la bouche quand on s’applique du mascara sur les cils. C’est un réflexe physique, parait-il…

Si je suis honnête avec moi-même, je dois dire qu’il n’y a pas que le fait de se maquiller en public qui me pose problème. Je suis également tétanisée (ou presque) à la perspective de manger quelque chose dans un endroit public restreint, comme le métro ou le bus. Vous ne m’y verrez jamais mordre un sandwich à pleines dents à l’heure du déjeuner, ou engloutir un pain au chocolat, ou même croquer dans une pomme (et encore moins une banane), même si d’énormes gargouillis se font entendre dans mon estomac. Là encore, aucune envie de me retrouver avec le décolleté recouvert de miettes, des bouts de salade entre les dents, et l’air hagard de la vache normande en train de mastiquer sa bouchée les yeux dans le vide. Moins dix points de "glamour attitude" en trente seconde ! Oui, je sais, je ne devrais pas faire passer mon image avant mon appétit. Mais désolée, dans le métro, j’y arrive pas.

Dans un autre genre, je déteste parler au téléphone devant des personnes que je ne connais pas. Les gens qui racontent leur vie dans le bus comme s’ils étaient seuls au monde ("et là, il me dit… alors je lui dis… et tu sais pas ce qu’il me répond… si, j’te jure !"), ça me crispe. D’un côté, je n’ai pas envie de les écouter, mais de l’autre, je ne peux pas m’en empêcher. C’est con, hein ? Perso, la plupart du temps, mon portable est sur mode silencieux quand je suis dans les transports en commun. Je ne m’en sers qu’en cas d’extrêêêêême urgence (du genre "J’ai oublié de programmer le magnéto pour enregistrer Lost, tu peux t’en charger, diiiis ?").

A la réflexion, je me demande si mon angoisse réelle n’est pas à mettre en rapport avec un quelconque déficit de confiance en soi. Vous savez bien, la peur de se faire remarquer, de se faire entendre, d’émerger de la masse…Est-ce que ma pseudo-phobie ne serait pas plutôt les reliquats d’une enfance de petite fille sage qui ne dit jamais un mot plus haut que l’autre, comme on le lui a appris ?

Posté par Katia_ à 11:07 - C'est grave docteur ? - Commentaires [19]

Je suis onychophage, sortez moi de là !

02 mai 2006

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Petit Larousse, édition 1991, page 728 : "onychophagie : nf. Habitude de se ronger les ongles". Ben voilà, c’est dit. Je suis donc onychophage. Beurk… C’est pas flatteur, comme terme. Rien que pour ça, ça vaudrait le coup de cesser cette vilaine habitude. D’autant que les petits bouts d’ongles sont loin de constituer un régime alimentaire nourrissant et équilibré. Seulement voilà, j’y arrive pas.
Bon, avec le temps, et le souci d’avoir des mains présentables pour (me) plaire, j’ai quand même fait de gros progrès. Aujourd’hui, mes doigts ne ressemblent plus à dix petits bouts de saucisses boursouflées, et restent corrects à présenter. Je ne me sens plus obligée de les cacher dans les manches trop longues de mes pulls, ou de toujours fermer les poings. Mais on est quand même loin des belles mains raffinées aux ongles carrés tous à la même longueur dont je rêve en secret depuis belle lurette.

Pourtant, petite, je n’avais pas ce problème. Mais je crois me souvenir que c’était une véritable affaire que de me couper les ongles, parce que j’avais très peur de ces drôles de ciseaux à bout arrondis. Alors du coup, j’ai pris les choses en main, et j’ai décidé que j’allais les couper moi-même, ces fichus ongles. Et avec mes quenottes, par-dessus le marché ! On m’a bien dit que j’allais avoir l’appendicite, que c’était pas bon pour la santé. J’ai résisté vaillamment aux mises en garde. Même pas peur, moi.

Mais depuis, je lutte. Par tous les moyens qui existent. J’ai bien entendu testé le vernis amer, censé vous faire passer l’envie de porter les doigts à la bouche. Pfff, c’est mal me connaître, les gars ! Quand j’ai envie de mordiller un ongle, c’est pas trois gouttes amères qui vont m’en dissuader !

Ensuite, j’ai fait poser des ongles en résine dans un institut. C’était l’ancienne technique, celle qui vous fait des ongles épais comme un numéro de ELLE. Résultat : de loin, c’était très joli, mais de près, on voyait bien que je pouvais ouvrir une boîte de conserve rien qu’en tapotant dessus avec mes fausses griffes. Et puis les histoires de remplissage toutes les trois semaines, pour accompagner la repousse, c’est d’un chiant.

Bon, j’ai aussi testé ce qu’on appelle communément la volonté, celle de ne pas se bouffer les ongles au moindre stress, par exemple en prenant un Malabar à la place. Moui, bon… ça marche un peu, c’est vrai, je dois le reconnaître. Mais c’est difficile de tenir la distance. Sans compter que mes petits ongles n’ont plus l’habitude de batifoler comme ça sur plus de deux millimètres, et que par conséquent, ils se cassent au moindre coup de vent. Ou se fendillent. Ou se dédoublent. Bref, ils n’y mettent pas du leur, c’est le moins qu’on puisse dire !

Vous allez me parler de capsules de complément alimentaire ? Mais pensez donc, j’ai déjà testé toutes les marques qui existent sur le marché. Et au terme d’une étude plus qu’approfondie, je dois dire que les Phytophanères, des laboratoires Phyto, fonctionnent pas mal. De là à avoir des ongles durs comme des enclumes, y’a encore du boulot, mais disons qu’aujourd’hui, j’ai le temps de les voir pousser d’au moins trois millimètres avant qu’ils ne se cassent. C’est déjà ça, non ?

Posté par Katia_ à 11:27 - C'est grave docteur ? - Commentaires [7]

Mes colloc’ amerloques

01 mai 2006

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Suite au billet de Nadia à propos des affres de la collocation, je viens ici rajouter mon grain de sel en vous racontant mes déboires avec mes colloc’ américains.

Il y a environ trois ans, donc, je pars m’installer quelques mois à New-York pour y faire un stage. Ayant choisi de travailler dans une administration française, donc entourée de Français, je me dis que si je veux faire un tant soi peu de progrès "in inglich", mieux vaut que je me trouve un appart à partager avec des américains. Jusque là, très bien. La chose s’avère assez facile à réaliser, compte tenu du fait que les loyers new-yorkais coûtent au moins 3 smics, et que les collocations y sont monnaie courante pour pouvoir se permettre un appartement dans les quartiers sympas de Chelsea, East Village ou Brooklyn.
Me voilà donc fraîchement débarquée dans un beau building de l’Upper East Side, sur la 95ème rue, juste à la limite où ce quartier traditionnellement chic et bourgeois commence à se teinter de l’exotisme des communautés ethniques de "Spanish Harlem", au nord de Manhattan. J’habite l’appartement 16 C ("sixtine siii", en V.O.), au seizième étage donc, et je vais le partager avec C. une étudiante en médecine d’environ mon âge (25 ans à l’époque), et M. un avocat un peu plus âgé que moi. Un trois pièces, pour trois personnes, ça me semble bien. C’est bien sûr sans compter les boyfriend et girlfriend respectifs, qui squattent le terrain comme s’ils habitaient là à temps plein. En soi, rien de grave. Plus on est de fou, moins y’a de riz, comme disent les asiatiques. Sauf que en fait, si. L’appart n’est pas prévu pour héberger cinq personnes, et je m’en rends compte assez vite.

Déjà, le partage du frigo. Un vaste programme ! Comme je suis la dernière arrivée, on m’a assigné la partie du milieu, celle qui en somme n’est délimitée par rien, et sur laquelle tout le monde empiète sous prétexte que je suis seule à l’occuper, alors que eux sont deux, puisqu’en couple. Bonne pâte, je ne dis rien. Les considérations de ce genre me passent un peu au dessus de la tête. Mais peu à peu, il devient de plus en plus difficile de retrouver mon skimmed milk* et mes fresh vegetables* au milieu de leurs bouteilles de trois litres de soda, leur dizaine de flacons de sauces toutes plus mystérieusement colorées les unes que les autres, et leur reste de pizza à moitié mâchonnée. Parfois, c’est une partie de mon repas qui disparaît tragiquement, parce que quelqu’un l’a déplacée dans une autre zone du frigo, et que du coup, on considère qu’elle ne m’appartient plus. Fichtre… Se nourrir devient bigrement compliqué !

Autre lieu de pénitence pour moi, la salle de bain. Bouhhh ! Moi qui aime les baignoires reluisantes et les miroirs impeccables, je suis servie ! Partager la même salle d’eau à cinq et parvenir à conserver cet endroit un tantinet propre relève du parcours du combattant. Je pense même que toutes les bactéries de New-York se font des supers boums dans la cuvette de nos W.-C. Mais comme je ne suis pas non plus venue pour faire le ménage, je nettoie un chouia de temps en temps, et sinon, je ferme les yeux et je fais comme si je n’avais rien vu (moi ? non ! rien vu !)

Un soir, je me suis aperçue qu’ils ne mettaient pas de produit à laver dans le lave-vaisselle ! Ils lavent à l’eau chaude, ces ploucs ! Et ensuite, ils me regardent d’un air entendu en me disant "il faut bien rincer la vaisselle avant parce que le lave-vaisselle ne fonctionne plus très bien". Tu m’étonnes, tiens ! Je me suis bien gardée de leur dire quoi que ce soit, d’une part parce que je voulais pas faire ma prétentieuse qui sait tout (déjà que les Frenchies n’étaient pas les mieux vus, en ces temps de Guerre du Golf II et d’opposition Chirac-Bush), et d’autre part parce que je trouvais quand même ça franchement marrant de les voir rincer consciencieusement toute leur vaisselle avant de la faire laver.

Une autre fois, C. a invité une copine à elle. Je les entendais glousser dans sa chambre comme deux gamines. Et le soir, je me suis aperçue que le chien avait du vernis rose fushia sur les griffes. Fallait voir la touche qu’il avait, comme ça, le clébard ! M’enfin il avait l’air ravi, alors (et puis c’est  assorti à son petit manteau de pluie comme ça. Aaahh, la vie est bien faite, j’vous jure !).

Je vous passe évidemment tous les détails sur les réveils en fanfare à 8h le dimanche, parce qu’il y a cours d’aérobic sur une des chaînes du câble, et que c’est Suzanne Sommers en personne qui présente l’émission. Vous ne savez pas qui c’est ? Moi non plus, jusqu’à ce que je vois sa trombine et qu’elle me dise vaguement quelque chose. Elle a joué dans une série familiale sur M6 ("Une famille formidable", ou un truc dans le même goût). Ou bien les soirées squattage de télé dans le salon, avec moult pop-corn et cochonneries sucrées, pour ne pas louper ZE émission du moment, "Mister Personnality", une espèce de Bachelor à l’envers, où une nana doit choisir son futur mari parmi des candidats masqués dont elle ne voit jamais le visage, même lorsqu’ils s’embrassent. Le type que la Bachelorette aura choisi "pour sa personnalité et sa beauté d’âme" enlèvera son masque seulement devant l’autel le jour du mariage. C’est pas beau, ça ? Et attention… touche finale… pompon… cerise sur le gâteau… cadeau Bonux… c’est présenté par … Monica Lewinsky ! Mais jusqu’où iront-ils ?

Enfin bref, vous l’aurez compris, pour ce qui est de l’imitation Friends, on repassera, merci bien ! Surtout à la fin du mois, quand arrivent les factures, et qu’on doit les partager en trois, puisqu’il n’y a que trois noms sur le bail, alors qu’on est bel et bien cinq à utiliser l’eau, l’électricité, le câble et le téléphone.

J’ai vécu avec ces quatre roomates tant bien que mal pendant six mois, j’ai pesté contre eux, observé d’un oeil critique leur mode de vie (ce qui, d’un point de vue sociologique, a été absolument fascinant !), dégluti devant ce qu’ils avalaient pour le dîner, fouiné sournoisement dans leur armoire de toilette (bah quoi ?), je les ai entendu s’engueuler, chanter sous la douche ou faire l’amour… J’ai aussi ri à leurs blagues ou à leur tentative de prononciation du français, j’ai goûté les cocktails étranges mais délicieux qu’ils préparaient pour les soirées, je les ai accompagnés parfois au restaurant ou au cinéma, pour voir…

Et le jour de mon départ, j’ai été surprise mais émue de les voir tous me prendre chaleureusement dans leurs bras et de me dire combien ils avaient été content de partager momentanément la vie d’une petite française.
Cette expérience de la vie en collocation m’a fait réfléchir, et si je sais aujourd’hui que je préfère habiter seule, je sais aussi qu’on apprend beaucoup sur soi-même en vivant avec les autres, quels qu’ils soient. Rien que pour ça, merci à mes colloc’ amerloques !


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Dans le ELLE de la semaine dernière, on nous annonçait fièrement que l’émission C.Q.F.V (Ce qu’il faut voir), magazine sur l’actualité culturelle diffusé sur France 3, serait cette fois-ci tourné en direct des bureaux du magazine, et que l’on pourrait voir à quoi ressemblaient les locaux et les journalistes du mythique hebdomadaire.

J’ai pas rêvé, hein. C’était écrit, noir sur blanc. Alors en bonne groupie curieuse, j’ai bien évidemment enregistré le reportage, avide de scoops et d’infos, ravie de pouvoir mettre enfin un visage sur tous les noms dont je lis les articles chaque semaine.
Ben non. Quasi rien. Effectivement, on nous a bien montré quelques journalistes plaidant pour leur coup de cœur culturel de la semaine (et je sais maintenant à quoi ressemblent Florence Ben Sadoun, Sandra Basch ou Florence Delbecq), mais le croustillant s’arrête là. J’aurais aimé voir les bureaux des journalistes, les salles de conférence de rédaction, les bureaux de créa qui décident des couvertures, les showrooms remplis à craquer de toutes les fringues de luxe prêtées pour les shootings photo… ou même la salle de cantine, à la rigueur… Mais non.
Du fonctionnement quotidien de cette bible de la mode qu’est ELLE, nous ne saurons rien. De la façon dont grouille la petite fourmilière de journalistes nous ne verrons pas une miette.

Alors du coup, je me demande toujours si l’ambiance à la rédaction de ELLE, ça ressemble plus à la petite maison dans la prairie ou à Dallas et son univers impitoyaaaaa-aaaa-bleeeeee… Une idée sur la question ?

Posté par Katia_ à 16:02 - Melting-Po(s)t - Commentaires [2]

Mes amis les sept nains

28 avril 2006

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Rassurez-vous tout de suite, je ne fais pas collection de nains de jardin (grand dieu, non, quelle idée !). C’est juste que l’autre jour, je pensais à mon groupe d’amis le plus proche, ma « bande », comme ont dit quand on est ado, et j’en suis venue à une conclusion un peu surprenante : chaque petit gars de ce groupe pourrait s’appeler comme l’un des sept nains de Blanche-Neige.

Je vous resitue le contexte, pour bien comprendre. Lycée, année de seconde, durant laquelle je rencontre successivement mes futures meilleures-amies-à-la-vie-à-la-mort, et un groupe de gars un peu plus âgés que nous (c’est trop la classe, d’avoir des potes plus âgés, quand on est en seconde !). Coup de cœur amical immédiat. Et ça fait douze ans que ça dure, au gré des engueulades, embrouilles, éloignements temporaires…

Mais revenons à nos brebis. Les sept nains, disais-je.

Il y a d’abord Prof (C.), qui sait toujours tout sur tout et mieux que tout le monde, qui adore ramener sa fraise pour nous apprendre un truc. Surtout qu’il est avocat, donc autant vous dire qu’il a un débit de parole assez phénoménal. Au bout d’un moment, ça peut devenir soûlant, je ne vous le cache pas. A tel point qu’on a parfois envie de lui dire « tais-toi, pour voir ? ».

Ensuite, il y a Timide (T.), très discret, limite casanier, mais sur qui on peut compter pour se confier ou pour garder un secret. Rarement au centre des prises de bec ou des débats, et aussi neutre qu’un horloger suisse (mais pas aussi ponctuel, puisqu’il est systématiquement le dernier à se pointer aux RDV !).

Grincheux (M.), lui, râle en permanence et n’est jamais content de rien. Il a une dose de pessimisme profondément ancrée en lui, et prétend que c’est son anxiété qui le pousse à penser d’abord aux côtés négatifs d’une situation. Admettons…

Simplet (B.) est très gentil mais parfois surprenant dans ses réflexions. Quand on lui demande par exemple d’apporter la salade pour un dîner, il répond un lapidaire "bah pourquoi ?" (heu… pour qu’on la mange, peut-être ?).

Joyeux (T.) est toujours de bonne humeur, a toujours la blague qui fait rire (ou presque…), est toujours partant pour faire des tas de trucs. Il est souvent l’élément booster du groupe, celui qui prend les initiatives… Parfois un peu trop agité, on lui demanderait bien de freiner sur le café.

Enfin, il y Dormeur (S.), peu bavard, un peu apathique, et toujours prêt à basculer du côté obscur de sa couette. C’est… comment dire… reposant d’être avec lui.

Si vous savez compter, vous avez compris qu’il en manque un à la liste : Atchoum. Ah, celui-là, il m’embête. J’ai pas de copain hypocondriaque, ni de chocotte qui chouine dès qu’il a attrapé trois microbes. On n’a qu’à dire que c’est l’exception qui confirme la règle.

Et puis il y a le Prince… Aaaaah le prince… Jadis (il y a deux ans environ), un huitième protagoniste joua un temps ce rôle-là pour moi. Ce fut une belle histoire très compliquée et chaotique, qui ne s’est pas terminée par "ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants". Aujourd’hui, le Prince est redevenu simplement S.

S. n’habite pas en France, il s’est exilé dans de lointaines contrées il y a près de 6 ans maintenant, officiellement pour jouer au grand garçon, s’émanciper et commencer sa carrière, et officieusement, pour s’affranchir d’une famille un peu compliquée à gérer. Il fait donc partie de mes amis, mais il reste entre nous, encore à l’heure actuelle, une sorte d’ambiguïté très difficile à définir. Un jour, je vous raconterai à quel point il est délicat et problématique de choisir son prince au sein de son groupe d’amis…

Bref, tout ce développement métaphysique pour en arriver à un constat incroyable, que je n’aurais sans doute pas voulu croire si on me l’avait dit il y a quelques temps : j’ai pour amis les nains de Blanche-neige ! Diantre !

ceintre_2Je reviens à l’instant de la vente privée organisée par NGR, qui regroupe jusqu’à dimanche soir les marques Maje, Stella Forest, Hartford et d’autres bidules dont j’ai oublié le nom. Franchement, c’est la première vente privée à laquelle je me rends, et j’ai été surprise dans le bon sens : pas de harpies en furie qui se ruent sur les vêtements, pas de cerbère mal-aimable à l’entrée, et quelques vendeuses presque serviables (oui, presque !).
Maje, j’aime bien. C’est joli, féminin, et aérien. Mais c’est quand même drôlement cher pour ce que c’est, non ? Trois bouts de tissus en voile et 2 boutons en nacre, hop, 120 euros ! Ouille ! D’où mon intérêt pour cette vente privée, bien entendu. Je m’y croyais déjà, j’imaginais faire le plein de jupons multicolores, de top en mousseline brodée, voire carrément – poussons le vice jusque là - me dégoter une jolie petite robette pour faire ma starlette à Paris-Plage cet été.
Ah, quelle naïveté ! Et quelle déception ! Bilan des courses : rien… enfin, rien de potable à mes yeux, disons. Y’avait bien une belle jupe en tricot bleu canard, assez raffinée, mais il ne restait que des tailles L ou XL, qui baillent de partout sur moi. J’veux bien être à la mode et porter du Maje, mais à 130 euros la jupe soldée, j’aime autant ne pas me retrouver cul nu dans la rue, quand même ! Ah oui, je suis peut-être exigeante, mais c’est comme ça.
Alors voilà. Tous mes efforts de fashionista radine n’auront pas payé aujourd’hui. Je suis déçue, déçue, déçue…

PS : Note spéciale à la vendeuse de pulls en pseudo cachemire au fond de l’entrepôt. Oui, tes pulls sont doux, mais quand même pas donnés. Oui, tu as lourdement insisté (avec toute ta panoplie de "ah mais c’est mêêêrveiiiillleux, regardez comme il vous tombe bien sur les épaules, bla bla bla…") pour que j’embarque un pull col V qui ne m’allait pas. Donc oui, je l’ai roulé en boule sur un autre stand avant de me faufiler discrètement vers la sortie. Fallait pas me gonfler comme ça…

La bouche en coeur

27 avril 2006

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Non, cette photo n’a pas été prise au rayon Beauté du Monop’. Oui, tous ces tubes de rouges à lèvres, crayons et gloss appartiennent à la même personne. Moi ! Même pas honte d’abord ! J’assume pleinement mon addiction, d’autant que je sais de source sûre que je ne suis pas la seule… (non, Hélène, je ne citerai aucun nom, tu peux dormir tranquille !).

J’adoooooooore littéralement tous ces bidules servant à se peinturlurer les lèvres de toutes les couleurs. Et j’ai beau en avoir déjà au moins une trentaine (quoi ? oui, bon d’accord… une cinquantaine…), j’exulte toujours à la perspective d’aller fouiner dans les dernières nouveautés.

Bien sûr, dans le tas, j’utilise toujours les quelques mêmes tubes… mais il n’empêche que j’aime l’idée d’avoir le choix. Le choix entre les couleurs (rouge pétant, rose pétale, rose dragée, rose pouffiasse, orangé bonne mine, noisette grillée, aubergine écrasée), les textures (couvrant, transparent, glossy), les effets (mat, satiné, brillant, laqué, vinyle, métallisé), les applicateurs (raisin classique, pinceau, embout mousse, tube)…

Et puis j’trouve ça joli, moi, tous ces trucs colorés. Avec ça dans une pièce, on sait tout de suite qu’on est dans un appart de fille. C’est de la déco utile et à moindres frais, en somme. Non, je n’essaye pas du tout de me trouver des excuses. J’assume, j’ai dit !

Enfin voilà, vous l’aurez compris, si je suis en retard au bureau tous les matins, c’est souvent parce que je passe trois plombes à trouver lequel de mes petits trésors ira le mieux avec ce que je porte.

Mais ce qui est le plus étonnant dans l’histoire, c’est que dès que j’ai mis un peu de rouge à lèvres (ou de rose, ou d’abricoté… je ne suis pas sectaire, vous noterez) je me regarde dans le miroir et j’enlève quasiment tout, sous le prétexte que le rouge aux lèvres, ça ne me va pas si bien que ça, en fait. Comment ça, c’est bizarre, les filles ? Pfff, n’importe quoi !

Posté par Katia_ à 13:07 - Pou-pou-pi-dou (Beauty Stuff) - Commentaires [7]

Le marchand de sable s'est fait la malle !

26 avril 2006

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Alors, celui-là, si je le croise, il va passer un sale quart d’heure, c’est moi qui vous le dit ! Ca fait trois nuits de suite qu’il me pose un lapin. Trois nuits que je ne ferme quasiment pas l’œil, que je me tourne et me retourne dans mon lit en regardant les chiffres défiler sur mon réveil luminescent.

00 : 42 Ca va, il est encore tôt, j’ai de l’espoir. Pour passer le temps, je compte les moutons. 

01 : 16 Moutons, brebis, veaux, vaches, cochons… je les ai tous comptés, il n’y en a plus un seul dans l’étable, et je ne dors toujours pas. Changement de technique : je visualise ma journée du lendemain, je pense aux films que j’ai envie d’aller voir, à la petite jupe d’été que j’ai repérée. Objectif : faire diversion. Penser à tout sauf à "faut que je dorme".

01 : 53 Ca me tape un peu sur les nerfs, mine de rien. Allez, un peu de zen-attitude. Longue inspiration par le ventre sur huit temps, pause, expiration par le nez… Au bout de douze respirations, tout semble tourner autour de moi à cause du trop plein d’oxygène, mais je n’ai toujours pas sommeil.

03 : 18 Ca craint du boudin, comme dirait Charlotte, ma voisine de 10 ans. Je me demande si c’est la pleine lune, parce que j’ai tendance à mal dormir à ce moment-là (je dois avoir des gènes de loup-garou). Et puis je me ressaisis : la pleine lune une fois, ok, mais pas trois fois de suite, quand même ?

04 : 34 Je viens de me relever pour vérifier. Non, ce n’est pas la pleine lune.

05 : 02 Tiens, mes yeux me picotent, on dirait bien que je vais m’endorm… ah bah non, fausse alerte !

07 : 52 : Bip bip bip biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiippppppppppp  Aaah, mais qu’est-ce que c’est ? C’est l’heure de se lever ? Déjà ? Mais je viens à peine de…

Bah voilà ! Trois nuits de suite que c’est le même cirque ! Pourtant, j’ai tenté pas mal de trucs pour lutter contre cet étrange phénomène : la tisane « bonne nuit » ? Nan, faut que je me relève à 3h pour aller aux toilettes. Le petit verre de lait avant de se coucher ? Bof, c’est surtout bon pour mon chat qui vient réclamer sa part. Ah ça, après, il pionce comme un loir (mais à bien y réfléchir, il pionce tout le temps, alors ça ne compte pas). Les petits cachets à base de plantes ? Ben non, ça ne me fait pas grand-chose. L’album de Francis Lalanne, période 1987-1994 ? J’ai pas pu, j’ai pas pu, j’ai pas pu !

Alors quoi ? Faut que je me shoote au Donormyl et autre Stilnox pour espérer avoir mes huit heures réglementaires de dodo ? Ca me chagrine… Je préfèrerais quand même que le marchand de sable fasse son job correctement. Ca serait bien la moindre des choses. Peut-être qu’il a trouvé un meilleur emploi ailleurs ? Peut-être que c’était la fin de son CPE ? Il est passé, chez vous ?

Posté par Katia_ à 14:06 - C'est grave docteur ? - Commentaires [11]