Gin Fizz

Bulles de vie...

15 mai 2008

The roof, the roof, the roof is on fire

feu_3S’il existait le concours de « qui est la plus grosse dinde du quartier », je serais (hors période de Thanksgiving, évidemment) en super bonne position pour grimper sur la première marche du podium. Et haut la main, qui plus est.

Commençons déjà par vous planter le décor. L’appart dans lequel je viens d’emménager a récemment eu la bonne idée de me coller en même temps une fuite d’eau ET un problème de chaudière. J’adore. En dehors du fait que vous pouvez donc ajouter « Miss Pas-d’bol 2008 » à ma liste de titres de gloire, j’ai du appeler et faire intervenir tout un tas d’artisans muy sympatico mais pas muy rapido. Alors si en plus les jours fériés et les ponts s’en mêlent, je ne vous raconte pas le boxon qui a régné dans ma cuisine ces quelques derniers jours.

Là, vous vous demandez – pertinemment d’ailleurs – le rapport avec la dinde du début, si ce n’est qu’apparemment, l’histoire se déroule dans une cuisine. Patience, mes poulets, j’y arrive.

Mes amis les artisans n’ayant vraisemblablement pas que ça à foutre de me finir leurs travaux passées dix-sept heures sonnantes (l’heure, c’est l’heure, surtout pour les braves), je me retrouve la veille du 8 mai avec un trou béant dans le plafond de ma cuisine, le conduit de ma chaudière remis à la va-vite « en attendant la soudure » et la tuyauterie pétée apparente sur toute la longueur du mur.

Bon, admettons. En soi, rien de très grave, on a vu pire ailleurs. Genre au Darfour, à Beyrouth, au Tibet et compagnie, ils sont peut-être plus en mesure de chouiner que moi. (Oui, mais quand même, moi j’ai pas de Home Cinéma, dirait Bénabar. Mais là, on s’éloigne carrément du sujet, j’en ai déjà perdu trois quatre en route, reconcentrons-nous s’il vous plait, let’s focus).

Le soir venu, laissant là ma cuisine et ses tuyaux en plan, je sors me faire un petit resto entre amis. A mon retour, sur le coup de minuit et des poussières, en filant ses croquettes au chat qui miaule à fendre l’âme, je remarque qu’une étrange lumière rougeâtre inquiétante provient du fameux trou béant dans le plafond. Exactement là où les ouvriers ont laissé leur truc en rade. Exactement là où le conduit de la chaudière a été bricolé à la va-vite.

Légèrement inquiète, je grimpe sur l’évier pour aller voir ça de plus près. Seulement je suis trop petite pour pouvoir apercevoir quoi que ce soit, si ce n’est que oui, il y a bien une couleur étrange dans ce sous-plafond, et il y fait très chaud. En même temps, je suis juste à côté de la chaudière, donc évidemment bien sûr…

Il faut quand même que vous sachiez une chose : moi, les chaudières à gaz, ça me terrorise à fond la caisse. Je n’ai jamais vécu que dans des apparts qui fonctionnaient à l’électricité, et le fait de devoir gérer cette machine infernale depuis mon emménagement me fait un peu flipper.

Donc là, l’ambiance n’est pas trop à la fête du slibard, comme vous pouvez l’imaginez. Je jette un œil à ma montre : minuit passé, un peu trop tard pour sonner chez les voisins et leur demander de venir jeter un coup d’œil « pour être sûr ». Pas envie de me la jouer « j’ai 8 ans, allo papa, au secours, s’te plait, viens voir, viiiiite » (quoique…) (non). Je réfléchis en tournicotant dans l’appart, le plus loin possible de la cuisine, dès fois qu’elle explose.
Y’a bien une caserne de pompiers au bout de la rue… Après tout… Mieux vaut être sûre… De toute façon, je ne pourrai pas dormir…

« Allo ? Bonsoir Monsieur le Pompier, alors voilà… ». J’explique le topo, en insistant bien sur l’idée que j’ai surtout besoin d’une vérification de la part d’un mec qui s’y connaît. Et qu’il n’y a pas non plus méga urgence, histoire qu’il ne m’envoie pas la caserne complète dans le beau camion rouge toutes sirènes dehors pour me foutre bien la teu-hon.

Bon. J’avais bien fait de préciser, quand même. Dix minutes plus tard, je vois débarquer un… deux… trois… quatre mecs en uniforme intégral, depuis le casque rutilant jusqu’aux gros godillots bruyants. Le bal du 14 juillet aurait pu avoir lieu direct, on était au complet.
« Heu, oui… c’était juste pour une vérification mineure », que j’ose d’une petite voix. « C’est la procédure, madame », qu’on me répond. (Et au passage, arrêtez avec ce « madame », bordel. J’ai à peine trente piges !).

Je montre les lieux du crime au chef des pompiers, qui s’approche, renifle, tâte, ausculte, hoche la tête, triture l’interrupteur et sa lampe de poche. Au terme d’une loooongue étude d’au moins deux minutes, il me sort d’un air navré : « Madame (aparté : merdeuhhh), la chaleur qui se dégage de là, c’est normal, c’est la chaudière, et la lumière rouge qui vous inquiète, c’est du aux reflets des spots de votre plafond sur le conduit de la chaudière qui est exceptionnellement mis à nu à cause des travaux de plomberie. Vous voyez, quand j’éteins la lumière, le reflet rouge disparaît. Y’a pas de fuite de gaz ou de départ d’incendie dans votre appartement ».

… Gros gros moment de solitude. Vous pouvez me croire. J’insiste.

Je me cache les yeux sous mes ongles fraîchement peinturlurés en Gemey-Maybeline Deep Red n° 06 tellement j’ai honte de ce qui vient d’arriver. L’un des pompiers me jette un regard de pitié, je peux presque lire sur son visage « ma pauvre fille, retourne donc te mettre du vernis et compter tes robes Maje, et laisse-nous faire notre vrai boulot ».

Je bredouille quelques excuses, raccompagne l’armée du feu à la porte, et part me cacher sous ma couette. Si y’avait bien un seul truc de cramoisi dans cette piaule, à défaut de plafond, c’était mes joues, rouges de honte.

Ouais, allez-y, vous pouvez rire. Même pas mal.

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04 mai 2008

Say it ain't so Joe

indien_3C’est fou la façon dont les souvenirs d’enfance peuvent marquer certaines personnes, et glisser comme les gouttes d’eau le long d’un k-way sur d’autres.

L’autre jour, je racontais à mon frère à quel point un mec de mon cours de salsa me fichait la trouille, parce qu’il était, en beaucoup plus petit heureusement, le sosie exact de Joe l’Indien, dans le dessin animé « Tom Sawyer ». Joe l’Indien le bad guy, celui que tout le monde craint au village, le type mystérieux par excellence, avec ses cheveux mi-longs et son regard noir impénétrable. Le mec qui, soyons clairs, a peuplé la plupart de mes cauchemars d’enfance, se partageant le podium avec Docteur Gang (le mec dont on voit juste les mains gantées dans « Inspecteur Gadget ») et Casimir (oui, bon, ca va, j’aimais pas Casimir, sa tronche de cake et sa voix de débile, on ne va pas en faire une dissert’ non plus, ok ?).

Hé ben croyez-le ou non, mon frère n’a absolument aucun souvenir de ce pauvre mec qui terrorisait tout le monde quand on était gosse.
Gnéééé ? Alors là, non, je ne suis pas d’accord du tout. Non mais qu’est-ce que c’est que cette injustice flagrante ? D’un coté, certains ont cauchemardé toutes les nuits et se souviennent encore de cette douloureuse période vingt ans après (non, j’en fais pas des caisses…), et de l’autre, certains pioncent peinards et ont même zappé la tronche de cet odieux bonhomme ?

Qu’à cela ne tienne, nous voilà donc partis en quête de la photo de ce Joe, histoire de rafraîchir la mémoire du frangin alzheimerizé.

Aaaaaaaah, vous pensez bêtement comme moi que ce serait facile. Un petit coup de google et hop, l’affaire est dans le sac. Sauf que non. Il nous aura fallu quarante-cinq minutes de recherches sur internet, pour finir par remettre la main sur une image de cet emmerdeur de Joe l’Indien, qui même vingt ans après, continue donc à venir me casser les bonbons à sa façon. Ah non mais on aura tout vu.

Et pourtant, on en a épluchée, de la page tom-sawyeresque. Bon, évidemment, on ne s’est pas non plus retapé tous les épisodes un par un pour faire des captures d’écran (ouais, parce qu’on a quand même d’autres trucs à faire, dans la vie, sinon). Mais on s’est farci le générique en image deux ou trois fois, histoire d’être sûr que le coupable n’apparaît pas dedans. La réponse est non.

En revanche, je vous rappelle juste pour mémoire cette phrase increvable qui me fait encore beaucoup rire aujourd’hui : « Tom Sawyer, c’est l’Amérique, le symbole de la liberté […] Il n’a peur de rien, c’est un américain ». Voilà, voilà. Je crois que ça se passe de commentaire. (D’autant qu’entre nous, laissez-moi me bidonner, parce que le Tom, américain ou pas, il lui suffit de voir Joe l’Indien se pointer au loin pour qu’il se fasse pipi dessus, donc bon, c’est peut-être pas la peine de prendre ses grands airs).

JoeEnfin bref. Au terme d’une longue recherche fastidieuse, Joe l’Indien n’est donc plus un mystère absolu pour le frangin, et j’ai finalement pu aujourd’hui régler mes vieux complexes de môme terrorisée. Mais vous avouerez quand même que ce type n’a quand même pas la tronche d’un enfant de chœur, hein ?

free music

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10 avril 2008

Colle en tas

colle_1J’ai parfois des idées lumineuses dont je me passerais volontiers. La dernière en date, figurez-vous que c’était de décorer mon nouvel appart avec un sticker.

Hé, attendez, partez pas comme ça en hurlant au mauvais goût. Je vous parle pas des lettres géantes ou des culs de zèbres que la p’tite blonde rigolote nous colle à tire-larigot dans son émission de déco sur M6. Non, moi, j’avais consciencieusement choisi une belle branche de chais-pas-trop-c’que-c’est-comme-arbre, très dépouillée et agrémentée de petits oiseaux pas trop cuculs, pour donner un air zen à ma chambre.
(Bon, ok, et aussi un peu pour faire chier le chat, à lui faire croire que des tas de bestioles volantes ont envahi son royaume et qu’il peut même pas les chasser ou les bouffer).

L’autre jour, donc, je me décide enfin à passer à l’atelier « stickage », persuadée que l’affaire allait être torchée en quinze minutes, et que j’allais très rapidement pouvoir reprendre ma lecture du Elle en zieutant du coin de l’œil ma nouvelle déco d’un air satisfait.

C’est là que je me marre.

Déjà, faut savoir que les travaux manuels et moi, en règle générale, ça fait plutôt douze que un. Et encore, je suis gentille. Collez moi une pelote de laine, une machine à coudre ou des aiguilles à tricoter dans les mains, et vous êtes à peu près sûrs de passer un très bon moment, question poilade.

Ensuite, retenez bien que ces foutus stickers, là, ils ont l’air gentils et innocents comme ça. Hé ben, non. Que de la gueule. Ouais. Sans entraînement à la G.I. Jane, laissez tomber tout de suite les grands travaux de déco, les gars.

Pourtant, ça partait bien. Après avoir tout bien découpé les différents morceaux comme c’était indiqué, j’avais commencé par coller le tronc, ce qui me semblait somme toute assez logique, pour un arbre. C’était droit, étroit, et facile à maroufler (chasser les bulles d’air, mes petits, en langage de pro). Bref, c’était plutôt fastoche.

C’est juste après que ça s’est barré en Chupa Chups complet.

Les branches. Ces pétasses de branches. Je les retiens, celles-là, avec toutes leurs petites découpes et leurs bouts de feuilles tout fin. J’ai du, sans déconner, m’y reprendre à seize ou dix-sept fois pour finir par venir à bout de cette foutue déco. « Branche zen », j’avais dit ?  Ben je l’étais plus tellement, zen, au bout du compte, je peux vous l’assurer. Et je dois avouer que ma plus fervente admiration va désormais à Madame Valérie Damidot-de-la-Marouflette.

Sticker_2Au final, j’arrive quand même à un truc qui ressemble à peu près à l’original, ouf. Tadaaaaaaaam, admirez le chef d’œuvre. (On ne fera s’il vous plait aucun commentaire sur la prise électrique judicieusement bien placée et fort seyante. M’en fous, de toute façon, en temps normal, y’a un petit tabouret plein de fringues placé juste devant le sticker, ce qui fait qu’on ne la voit plus, la prise. Oui, ok, du coup, on voit plus non plus le joli petit piou-piou qui regarde en l’air, bon…).

Le top, c’est qu’à la fin d’une telle épreuve, l’appart ressemble à une classe d’EMT* après trois heures de cours, et qu’il faut donc en plus se taper le ménage. Et supporter les regards méprisants du chat (« pffff, elle f’rait mieux de me filer mes croquettes au lieu de me coller des saloperies sur les murs, celle-là »).

chat

Là où je me trouve très drôle, quand même, c’est que dans un élan d’aveuglement de courage, j’ai déjà commandé un sticker encore plus grand pour décorer le salon. J’envisage donc sérieusement de poser quelques jours de RTT, histoire de pouvoir m’échauffer, et surtout d’avoir le temps de bien me remettre de l’effort. Ou alors, autre option, je me fais faire un arrêt maladie. « Si, si, patron. Accident domestique. Tendinite au bras droit et luxation de l’épaule gauche. Un truc de fou. »…

* Education manuelle et technique

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10 mars 2008

Deux ou trois choses que je sais de moi

nombrilEnfin non, pas deux ou trois. Six. C’est le nombre de choses qu’on m’a demandé de révéler sur moi, puisque j’ai été ‘taguée’. La première fois, on m’en avait demandées cinq. La seconde, on avait poussé jusqu’à sept. Si on doit se farcir tous les nombres comme ça, on n’est pas sortis du bois, quand même…

Pour rendre le truc légèrement plus rock’n roll, j’ai inventé l’un des six paragraphes ci-dessous, qui est donc totalement bidon, du moins en ce qui me concerne. Alors, à votre avis ? Sur quel point j’ai pipeauté ? (EDIT du 12/03 : Réponse en bas du post... Pfff, vous êtes trop curieux, bande de fouines !)

1. Je suis une migraineuse, une vraie de vraie. Avec suivi neurologique, traitement quotidien, médocs mastocs en cas de crise et tout le bataclan. En gros, y’a pas trop intérêt à me gonfler, sinon je peux très facilement jouer la carte du « non chéri, pas ce soir, j’ai la migraine ». Non mais.

2. Vers l’âge de cinq ou six ans, un matin avant l’école, n’arrivant pas à me décider si je voulais porter des couettes et des nattes, j’ai demandé à ma mère de me faire une de chaque. J’ai donc déboulé à l’école avec une natte à droite et une couette à gauche. Rhhha, la tronche de la maîtresse ! Franchement, à côté de ça, Punky Brewster et ses groles de deux couleurs différentes, c’était une petite joueuse.

3. Quand tous mes petits camarades de marelle voulaient être pompier, vétérinaire, infirmière-comme-maman, aventurier ou jongleur, moi, non, j’avais une autre idée en tête, ultra précise. Quand je serai grande je serai « princesse aux cheveux roses », point. Ne me demandez pas pourquoi, j’en sais rien. Mais y’avait un truc avec les cheveux, déjà, faut croire…

4. Il y a des grands « classiques » de ma génération qui m’échappent complètement. Croyez-le ou non, mais "Star Wars", j’ai jamais vu. Et si je connais "Le Père Noël est une ordure" par cœur, je ne maîtrise quasiment rien de la trilogie des Bronzés. Mais ça va, je vous rassure, je le vis très bien. Le dernier volet vu au cinéma m’avait donné envie de chialer de pitié, ça a du me vacciner.

5. Je suis née sans appendice ileo-caecal, ce petit truc situé dans le bidou qui fait un mal de chien quand il s'enflamme et qu'on choppe donc l'appendicite. Comment je m'en suis aperçue ? Un jour où j'avais super mal au ventre, on m'a emmenée aux urgences, persuadé que c'était justement l'appendicite. Le médecin (qui n'avait aucun air de Georges Clooney, je tiens d'ailleurs à dire que c'est scandaleux) m'a donc appris cette malformation de naissance. Deux minutes de silence pour mon appendice, s'il vous plait.

6. Je n’ai aucune photo de personne affichée chez moi. Elles sont toutes rangées dans des albums que je regarde de temps en temps avec plaisir. En fait, j’ai toujours eu l’impression que les photos accrochées au mur ou posées sur la cheminée finissent par faire partie des murs. A force, on ne les voit plus, on ne les regarde plus, elles sont juste là à prendre la poussière comme n’importe quel autre bibelot. Et ça, j’aime pas.

Ceci était le post de feignasse du lundi, sous vos applaudissements…

EDIT du 12/03 : Bon, mes petits choux, le suspens du Grand Jeu Mystère a assez duré il me semble. L'heure est donc venue de vous révéler le point pipeau de mon petit post "moi moi je".
Le 1. est VRAI. Je suis hélas migraineuse, avec tout le merdier que cela entraîne (crises pile au moment où on n'en veut pas, envies subites de trucider tout l'entourage quand ça cogne dans la tête, petites nausées pour couronner le tout. Un bonheur !)
Le 2. est VRAI. Voilà comment les parents encouragent la créativité de leurs gosses. Ma mère devait penser qu'en ne bridant pas mes instincts d'artiste, je finirai en haut de l'affiche. Elle a pas dû être déçue, tiens...
Le 3. est VRAI. Mais en même temps, comment pouvez-vous douter un seul instant qu'une gamine comme moi n'ait pas souhaité être 'princesse aux cheveux roses' ? Sérieusement ?!!
Le 4. est VRAI. Même pas honte d'abord. La princesse machin et ses macarons sur les oreilles, elle m'a toujours gonflée, j'ai jamais pu regarder un volet du film en entier. Et les bronzés, pareil. Sortie des histoires de crêpes au suc', moi, je suis paumée...
Le 5. est FAUX. Ben ouais mes p'tits loups, j'ai encore mon appendice truc-muche là, et merci google pour les appellations médicales officielles qui font un peu esbrouffe.
Le 6. est VRAI, du coup. Zéro photo chez moi, j'aime pas ça. Et je suis bien emmerdée quand on m'offre de jolis cadres-photos, évidemment. Ah, ma vie est si dure, parfois...

Voilà, c'était super, on s'est bien amusé, on a beaucoup rigolé. Non ? Ah si. Merci qui ?

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25 février 2008

Viens voir les comédiens

th__tre_1Vous ne me croirez peut-être pas, mais il m’arrive parfois d’occuper mes samedis autrement qu’en faisant du shopping mode et des courses de bouffe chez Auchan. Si. Carrément. J’veux dire, on est rock’n roll ou on ne l’est pas, hein. Et donc figurez-vous que ce week-end, au programme, c’était sortie culturelle au théâtre. Je sais, je sais, je suis complètement folle. Ca me perdra.

Je suis donc allée voir l’excellent "Good Canary", mis en scène par un John Malkovitch très en forme, et fabuleusement bien joué par Cristiana Reali (qui était tombée bien bas dans mon baromètre personnel du talent, depuis ses prestations navrantes dans "Terre Indigo" et autres merdes de sagas estivales sur France 2), et théoriquement Vincent Elbaz, relayé ce soir-là par un type dont j’ai zappé le nom mais qui l’a remplacé au pied levé.

Bon, dans l’idée, je vous conseillerais bien cette pièce, parce que malgré un début plus que laborieux et quelques longueurs, j’ai vraiment beaucoup aimé. Mais manque de bol pour les parisiens, c’était la dernière représentation samedi soir. Il ne vous reste plus qu’à vous trouver une place sur la tournée en province…

Par contre, juste un petit conseil d’amie (et valable pour n’importe quelle pièce d’ailleurs) : allez-y plutôt en été qu’en hiver. Ca vous évitera de vous taper les quintes de toux et les reniflements des voisins / voisines durant deux heures de représentation. Rien de plus usant pour les nerfs que le mec qui se mouche bruyamment comme si la vie de ses sinus en dépendait et ce, pile au moment où l’acteur sur scène déclame une phrase-clé de l’intrigue. Et là, accrochez-vous pour faire ‘rewind’ ou appuyer sur ‘stop’ et demander à votre voisin « il a dit quoi, là ? ».

Oui évidemment, c’est pareil au ciné. Mais d’une, le son y est relativement plus fort sans que trois pauvres gus n’aient besoin de s’user les cordes vocales sur scène pour se faire entendre d’une salle entière, et de deux, pour peu qu’on ait des sous-titres, ça sauve quand même la compréhension vitale de l’ensemble.

Sans compter qu’au ciné, le gars, il a tourné son film une bonne fois pour toute, et est en train de se la couler douce sous les cocotiers avec l’argent de son cachet d’acteur, pendant que les spectateurs viennent en troupeau mâchonner du popcorn (aaaah, mon second drame dans la vie après les gens qui toussent au théâtre) devant ses exploits filmés (voire retouchés).
Alors que mes pauvres gus du théâtre, toujours eux, se font chier à refaire tous les soirs la grande scène 4 de l’acte II en version originale non sous-titrée, en y mettant tout leur cœur et leurs tripes, en y croyant à fond les ballons, alors que ça fait globalement cinquante-sept fois que Ginette meurt sur scène et que tout le monde réussit à avoir l’air super surpris à chaque fois. Crevant, quoi.

Rien que pour ça, par respect, j’estime qu’on pourrait limiter les remakes du ‘malade (non) imaginaire’ dans le public. Ou au moins apprendre à tousser discrètement quand notre bronchite d’intensité 8 sur l’échelle de Richter ne nous a pas dissuadé d’aller partager ses miasmes avec la collectivité.

Vous l’aurez compris, je suis un peu intolérante énervée à ce sujet. Mais ça n’a rien à voir avec le fait que mon voisin de derrière n’a pas cessé d’éternuer juste dans mes oreilles. Non, rien du tout.

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11 février 2008

Elle voulait qu'on l'appelle Venise

pr_nom_3"On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille", qu’il a dit, l’autre. C’est pas faux. Mais la plus grosse blague, dans l’histoire, c’est surtout qu’on ne choisit pas son prénom. Cette étiquette qui va nous coller à la peau toute notre vie, nous ranger dans une case qu’on le veuille ou non, qui va révéler aux monde entier un peu de notre milieu social, de nos origines, ou dans certains cas – et je ne vise personne – les goûts de chiottes de nos parents.

Prenez par exemple cette fillette qui, cet été, jouait sur la plage un poil plus loin que son parasol. Donc en plein cagnard. Sa mère relève soudain les yeux de son sudoku force 3 et se met à brailler "Cristaline, Cristaline !". Naïvement, on pourrait penser qu’elle hèle bruyamment un vendeur ambulant de façon très peu courtoise, certes, mais faut dire qu’elle a vachement soif, la p’tite dame, depuis deux heures qu’elle rôtit au soleil. Ben en fait, non. Elle appelle juste sa gamine pour lui remettre de la crème solaire. Cristaline donc. Non mais… "Cristaline", quoi. Je rêve ou bien ? Vous me voyez, moi, appeler mes futurs jumeaux Volvic et Hépar ? Soit cette dame en a sérieusement chié durant sa grossesse et a décidé de faire payer la petite, soit elle voue un culte mystique à Guy Roux. Dans les deux cas, elle est complètement barrée, ça coule de source. (Et la gamine, très mal barrée aussi, faut dire ce qui est).

Je n’ai personnellement jamais aimé mon prénom. Je trouve les sonorités dures et agressives, et puis ça m’évoque toujours les putes de l’est et les travelos du bois de Boulogne. Je sais, c’est con et peu flatteur. Mais j’ai tellement été vannée à cause du « Père Noël est une ordure » et de Katia-d’la-Place-Clichy que ça a du m’en laisser des séquelles.

D’ailleurs, quand j’étais plus jeune, je ne supportais pas que ma mère m’appelle à haute voix dans les magasins quand on se baladait ensemble. Du coup, on avait mis au point un super stratagème en décidant que dans ces moments-là, elle m’appellerait "Julie". Julie, j’aimais bien. C’était simple, classique, mais joli. Seulement voilà, une fois en situation dans les rayons de Pimkie (oui, oh ca va, j’ai eu douze ans aussi, hein), perdue dans mes hésitations entre le pull turquoise et la jupe en daim mauve (ahem…), ma mère avait beau crier « Julie, Julie… ! » depuis l’autre bout du magasin, ça n’éveillait pas en moi l’ombre d’un réflexe. Forcément. Un peu psychopathe, le truc.

J’ai (un peu) grandi depuis ces histoires, et j’ai décidé de me faire une raison. Katia, c’est moi. Point. Ca présente au moins l’aubaine de ne pas courir les rues, et je n’ai pas été chercher très loin pour trouver mon pseudo sur le web. C’est l’avantage.

Soyons juste clair sur un truc, vous et moi : ce billet n’a absolument pas vocation à ce que vous me disiez à quel point mon prénom est formidable. Si c’était le but, je m’y serais prise autrement, je suis plus finaude que ça, quand même. Mais bon, vous n’êtes pas non plus obligés de dire que c’est grave moche comme prénom, sinon je vais me mettre à chialer, et j’ai vraiment pas besoin de ça aujourd’hui. Déjà que c’est lundi…

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06 février 2008

En ce temps-là j'avais vingt ans

bougies_1Quand j’étais au collège, pour parfaire notre éducation de parfait sale gosse impeccable, on nous obligeait à assister à des cours de musique. Eux, ils appelaient ça "éveil musical", ce qui entre nous est déjà une bonne rigolade quand on voit à quel point les différences entre une double croche et une ronde ont toujours fait roupiller les élèves au lieu de les « éveiller », mais bref.

Pendant ces cours, en plus de massacrer littéralement L’Eau Vive à la flûte à bec (ce pauvre Guy Béart doit s’en retourner dans sa tombe) (ah, on me fait signe que Guy Béart n’est pas mort. La boulette.), l’autre grand classique était de nous faire chanter en chorale cette somptueuse chanson si émouvante de Pierre Bachelet qui s’obstine à nous faire croire, le fourbe, qu’il va se passer des tas de trucs qui déchirent "quand on aura vingt ans en l’an 2001".

Bon. Moi je dis mytho-pipo.

Déjà, le coup des vingt ans en l’an 2001, ça m’a toujours perturbée, parce que c’est clairement bidon pour une grande majorité de la population. Dont moi. Et moi, en classe de cinquième, j’avais beau compter et recompter sur mes doigts, en étant née en 1978, y’avait pas à tortiller, ça voulait pas tomber juste, bordel. Alors que pour cette petite pétasse de Valentine qui avait deux ans d’avance et qui était née en fin d’année (oui, bon, je ne vous fais pas le détail technique, ça va saouler tout le monde), ça correspondait pile poil : vingt ans en 2001. Re-bordel. C’est quoi ce souk ?

Tout ça pour en venir, de façon totalement décousue, au sujet du jour : aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Et le pire, c’est que j’ai trente ans. Trente. Rien que ça.

Et le pire du pire, c’est que je n’ai quasi rien fait de la liste de tout ce que je voulais ou devais avoir fait avant d’y arriver, à ce fameux anniversaire.

Putain, trente ans. Je suis foutue les gars.

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04 décembre 2007

Ma vie en l'air

avion_2Parfois, les gens me fascinent. Vraiment.

Il y a quelques temps, je prends l’avion pour un petit vol de quelques heures. Inévitablement, l’hôtesse s’emploie tant bien que mal à exécuter pour la trois mille douzième fois de sa carrière toutes les démonstrations en cas d’accident, devant l’indifférence générale des passagers plongés dans Le Monde, Biba ou Piscou Magazine. "Les issues de secours bla bla bla, le gilet de sauvetage gnia gnia gnia, la ceinture de sécurité comme-ci comme-ça…". Elle ne manque pas de rappeler aussi qu’il faut éteindre tous les téléphones portables et appareils électriques en phase de décollage, afin de ne pas causer un méga crash aérien en brouillant les ondes. Je reconnais, ce serait con.

Bon. Jusque là, super. Vous allez vous dire "cette fille a vraiment une vie très intéressante".

A l’approche de l’atterrissage, même cirque. « Nous vous remercions de bien vouloir éteindre tous vos téléphones et appareils électriques, et de les maintenir en position off jusqu’à l’arrêt complet de l’appareil ».

Moi, perso, une nana qui me dit ce genre de truc d’une voix affirmée dans son micro, alors qu’on est en train de planer à 8000 bornes du sol et qu’on peut s’écraser à tout moment, j’ai tendance à me dire qu’elle est pas en train de faire un caprice, comme ça, juste pour la frime.

Mais apparemment, ma voisine, située de l'autre côté de l'allée, fait preuve de moins d’états d’âme. C’est vrai, quoi. Pourquoi se faire chier à écouter les conseils des gens qui veulent juste qu’on arrive à bon port en entier ?

Non. Mademoiselle décide de dégainer son portable pile à ce moment-là, de le rallumer, et de commencer à appeler Stéph’ (de mémoire) pour la prévenir que "ouais, c’est bon, là on arrive, on est un peu en avance, donc comme prévu, tu m’attends devant la sortie B, j’espère que t’as un chariot parce que putain, j’ai rapporté trop de trucs chanmé, ça va être l’éclate totale… … heu ouais, attends quitte pas deux secondes…"

Ayant soudain réalisé que je la matte avec des yeux éberlués de morue électrocutée depuis le début de son petit speech, la demoiselle me lance un regard noir et m’aboie dessus : "Non mais ça vous dérange pas d’écouter les conversations privées des gens ?"

????!!!!!???? ...

J’en suis restée comme deux ronds de flan.

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15 novembre 2007

Va y avoir du sport ! (2)

sport_5Qu’est-ce que je disais, déjà ? Ah oui…

Après mon expérience foireuse en danse, j’ai voulu tenter le Self Defense. C’était au moment où Guy Georges avait déclenché la psychose du "tueur de l’est parisien", ce qui avait développé en moi une légère petite crise de parano. Aaaaaah, enfin un sport où on pouvait se castagner la tronche sans se faire siffler par l’arbitre. Et vas-y que je te colle mon poing entre les deux yeux, et v’la pas que je te file un coup de boule dans les roubignoles. Pfiiiouuu, je ressortais de là en sueur, pleine de bleus et de courbatures, mais vidée de tout stress et agressivité. Excellent défouloir. Oui mais. Défouloir qui avait la mauvaise idée d’avoir lieu le dimanche matin. Et ça, vous comprenez bien que c’était pas possible.

Ensuite est arrivée la gym suédoise. C’était nouveau, c’était branché, tout le monde en parlait, j’ai voulu essayer. J’ai trouvé ça plutôt sympa au début. Une nouvelle forme d’aérobic alternatif où on transpire tous en cercle, au lieu d’observer sa dégaine en shorty lycra rose fluo dans un miroir mural. Ca sautille, ça virevolte, c’est bon enfant et bonne humeur. M’enfin restons honnête : faire des séries d’abdos-fessiers, même sur "Dancing Queen" d’ABBA, ça reste quand même des abdos-fessiers. Chuis pas con, non plus.

Je me suis donc réorientée vers quelque chose de plus classique : la natation. Vingt longueurs d’office, et j’augmente de quatre toutes les semaines. Ca, c’est la théorie. En pratique, c’est autre chose. En pratique, quand tu décides d’aller à la piscine, faut compter deux bonnes heures de libres dans ton planning. Le temps de : choisir une cabine, se déshabiller, ranger ses vêtements à peu près correctement sur le bidule en plastique prévu à cet effet, ajuster son maillot, vérifier son épilation des gambettes, enfiler son bonnet de bain, hurler en comptant les cheveux qu’on vient de s’arracher, recommencer deux trois douze fois, trouver un casier libre pour enfourner tout son matos, retourner à la caisse en maillot faire la monnaie pour le casier, filer sous la douche, "glaglater" parce que c’est froid, foncer dans l’eau, retourner au casier chercher les lunettes de piscine qu’on a oubliées, faire quatre longueurs, souffler comme un phoque parce qu’on a perdu l’habitude, mater un peu les gens autour de soi, refaire quatre longueurs, se dire que bon c’est bien déjà huit longueurs, non ?, glandouiller un peu dans le petit bassin histoire de faire genre, refaire quatre longueurs pour se donner bonne conscience, refiler sous la douche, sécher, retrouver son casier, se rhabiller, se sécher les cheveux, se dire qu’on ne ressemble à rien mais qu’au moins, on a fait du sport aujourd’hui. Et ça, c’est sans mentionner le temps qu’il faudra pour faire disparaître complètement l’odeur de chlore et les traces des lunettes autour des yeux, qui donnent l’air d’un panda mal embouché.
Donc la piscine, si vous voulez savoir, j’ai assez vite lâché l’affaire.

Ma dernière lubie en date, depuis la rentrée, c’est la salsa. C’est bien, la salsa. C’est pas trop fatiguant, et ça permet de crâner un peu dans les soirées branchouilles, sous peine de trouver un partenaire qui connaissent à peu près les mêmes pas de base. Après quelques essais non concluants auprès de profs qui se croyaient à la Star Ac’, j’ai fini par trouver un cours sympa, et un prof tout mignon qui sourit de toutes ses dents même quand je me plante copieusement dans les pas. Seul problème, je ne capte pas un seul mot de ce qu’il raconte, vu qu’il parle espagnol la plupart du temps, et que j’ai eu la bonne idée de faire allemand en second langue au lycée. Mais bon, la salsa, c’est avant tout une histoire de « body language », comme on dit, non ?

Ca durera le temps que ça durera, et dans quelques mois, telle que je me connais, j’irai à nouveau voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Mais en tout cas, on pourra pas dire que je n’ai pas essayé, hein.

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13 novembre 2007

Va y avoir du sport !

sport_1Autant je peux être têtue, obstinée et persévérante dans certains domaines, autant j’ai tendance à changer d’avis comme de chaussettes dans d’autres. Le sport, par exemple, fait partie des domaines à chaussettes. Petite rétrospective de mes très (trop ?) nombreuses tentatives.

Le sport, j’ai commencé tôt. De force, ok, mais tôt. A l’école primaire, pour être précise. A cette époque, allez savoir pourquoi, on nous avait collé une initiation à l’escrime. Y’en a qui font du basket, du hand, du saut en hauteur...  mais moi non. Moi, je me suis coltinée l’apprentissage du fleuret et de l’épée. Tout ça joliment revêtue d’une hideuse combinaison blanche, et coiffée d’un non moins hideux casque à grillage. Et franchement, le look apiculteur à même pas dix ans, c’est rude, croyez-moi. M’enfin bon, on avait des looks de nazes, mais on rigolait bien. Le top, c’était quand on se prenait pour des pirates avec nos fleurets et qu’on se mettait à brailler « en garde moussaillon » et d’autres conneries du genre, au lieu de s’en tenir aux traditionnels « en garde, prêt, allez » qui, vous le reconnaîtrez comme moi, sont d’un chiant à mourir.

Quelques temps après, je me suis prise de passion pour la gymnastique acrobatique et tous ses dérivés. La poutre, les trampolines, les "double salto arrière carpé", l’odeur de magnésie… Et aussi les bleus, les ampoules, les vautrades du haut des barres asymétriques, les chevilles foulées, les épaules déboîtées… J’ai aimé tout ça. Et puis j’ai tout arrêté. En partie parce que j’étais trop grande pour être gymnaste et que mon centre de gravité n’était du coup pas bien situé (ou bien la prof voulait se débarrasser de moi ?), et en partie parce que… bah merde quoi, comment tu veux séduire les mecs à quatorze ans quand t’as toujours la tronche écorchée et le poignet dans le plâtre. Faut savoir classer ses priorités à un moment.

En même temps, c’est quand même la gym qui a sauvé mon honneur au bac, puisque mon 18 aux barres asymétriques a légèrement rattrapé la pauvre note pourrie que j’ai récoltée en volley-ball : 05. Ahem. A croire qu’il ne suffisait pas de regarder "Jeanne & Serge" pour se débrouiller correctement avec une balle. C’est un comble, quand même. Aujourd’hui encore, j’ai les boules de revivre cette humiliation à chaque fois qu’un pote propose innocemment une partie de beach-volley.

Je vous passe rapidement les années suivantes, synonymes d’errances sportives intenses : un petit cours de danse orientale à droite, un sombre essai de step à gauche, une vague tentative d’aïkido, une touche de barre au sol, et une pincée de tir à l’arc pour relever le tout. Mais non. Aucune nouveauté ne me plaisait vraiment. Rien. Keud. Whaloo. A croire que, vraiment, le sport ne voulait pas de moi…

Bien plus tard, entraînée par des copines motivées, j’ai fini par m’inscrire à un cours de "Street Funk Jazz". Rien que le nom, je trouvais que c’était trop la classe, jusqu’à ce que la prof arrive, casquette sur la tête et air revêche en bonus, et nous demande de faire des entrechats en échauffement. Déjà, je voyais pas bien le rapport avec le "street", le "funk" ou le "jazz" du nom du cours, mais surtout, ça m’a braquée direct.
Oui, parce qu’il faut quand même que je vous avoue que moi, les entrechats, c’est fini depuis mes sept ans. Ca n’a duré que le temps d’un cours d’essai de danse classique. A la fin de celui-ci, pendant que j’essayais de me dépêtrer de mon justaucorps trop moulant dans les vestiaires, la prof a dit à ma mère d’un air pincé dans son bel accent russe « je ne crrrrois pas que Katia soit vrrrrraiment douée pourrrr la danse, mâdâme ». Ah ben bravo. Super. Un rêve de gosse brisé comme ça, en un claquement de doigt. Hop.
Donc, les entrechats, non, pas mon truc. Et puis surtout, la prof de street funk machin truc, là, elle voulait bien faire des cours de débutant, mais fallait qu’on soit déjà super doués à la base, sinon, elle trouvait ça chiant.
J’ai donc passé un trimestre entier à me planquer au dernier rang avec les autres malheureuses dindes qui, comme moi, n’avaient pas un bac + 8 en "demi-plié-tendu", et à me faire copieusement hurler dessus (véridique) quand je ne savais pas refaire les mouvements demandés du premier coup.
Partant du principe que je m’étais inscrite à ce genre de cours par plaisir et pas pour me faire engueuler comme une sombre merde toutes les semaines par une prof frustrée, j’ai fini par prendre mes cliques et mes claques, avant d’avoir vraiment trop envie de lui en coller une à elle, de claque.

To be continued…

(Ah ben si, parce que sinon, on est encore là demain)

Posté par Katia_ à 10:04 - Vide-poches - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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