Gin Fizz

Bulles de vie...

02 novembre 2009

4, 5, 6, cueillir des cerises

cerises_1Petites pensées du moment en vrac et comme ça me vient.


Franchement, les cornichons dans un sandwich au saumon, c'est une drôle d'idée...

Je déteste les cyclistes qui squattent sur les trottoirs. Et je hais les cyclistes qui squattent ET qui me klaxonnent parce que je les gêne. Non mais on aura tout vu.

Pourquoi est-ce que je reçois le dossier de presse d'une mutuelle pour les seniors ?

Lucky Luke au cinéma ? Mouais, bof. Déjà que j'ai jamais aimé la bd...

Les cerises, c'est pas pour tout de suite tout de suite. On peut difficilement faire moins "c'est la saison" qu'en ce moment.

Envie de bottes grises. Mais ça ne va avec rien de ma garde-robe.

Mon horoscope du jour est plutôt cool. Du coup, ok, je veux bien y croire.

J'aime pas les gens qui disent "je vais me coocooner". Je préfère qu'on dise "Co-cooner". Ca vient de "cocon", non ? Bon.

Oh, il est 12h34. 1, 2, 3, 4. C'est sûrement un signe ! (J'aime bien aussi les 11h11, et les 22h22).

"One, two, three, four, tell me that you love me more".

Ce blog me gonfle et me tient à coeur à la fois. C'est étrange.

C'est quand même un post de feignasse, ça.

J'ai vu l'affiche du film "Saw VI" tout à l'heure, et j'ai rigolé comme une cruche. C'est peut-être sponsorisé par Herta ?

Encore un mois de passé. Ca file, ça file !

Dans Elle de la semaine dernière : "le nouveau talon, c'est le plat". C'est pas débile, cette phrase, franchement ?

Allo, Ween ? Ici Trouille. (bon, ok).

Ca m'étonne qu'elle ne se soit pas fait larguer, celle-là, vu comme elle sait être chiante.

Qu'est-ce qui fait pleurer les blondes ? J'ai toujours pas la réponse, Sylvie.

C'est vraiment n'importe quoi... (mais pas tant que ça, à bien y regarder).

...

Posté par Katia_ à 08:20 - Vide-poches - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 avril 2009

Licence to kill

volant_1Ce n’était peut-être pas un hasard complet, si j’y allais à reculons, à ce truc. Appelez ça comme vous voulez : le flair, l’instinct, le sixième sens féminin. Ou tout simplement la confiance plus que médiocre en mes capacités de future conductrice. Toujours est-il qu’avant même de signer le contrat de l’auto-école, j’avais déjà le feeling que je m’embarquais dans un projet prise de tête force huit.

Hé ben, bingo. Et plutôt deux fois qu’une.

Pourtant, au commencement, c’était pas si mal barré que ça. Toutes ces sombres histoires de code, de grilles à remplir, de A, B, C à cocher et de « selon vous, qui a la priorité dans l’image suivante ? », c’était un peu une formalité, pour moi. Il faut bien dire que, bonne élève jusqu’au bout des ongles, je me farcissais mes leçons à la chaîne, quasiment tous les jours, appliquée, studieuse et obstinée.
Bon, y’avait bien toutes ces questions théoriques à la con, où – allez savoir pourquoi – on vous demande de connaître la densité d’un pneu de bagnole (comme si j’avais Bac +3 en mécanique, quoi) ou de tout piger au fonctionnement de ce putain de disque de stationnement, ce qui entre nous, est déjà une bonne rigolade quand on sait que se garer à Paris est moins facile que d’intégrer Polytechnique.
Mais malgré ces pièges à trois escudos, je m’en étais tirée haut la main, hop hop hop, code réussi, merci bien m’sieurs dames, sous vos applaudissements, finie la rigolade, par ici la sortie.

Restait donc l’épreuve du feu.
Moi collée derrière un volant, voiture en marche.
ET face à des gens dans les rues.
Au-se-cours.

Le test d’évaluation démarre plutôt mal. Antonin, mon moniteur, conclue ma petite démonstration talentueuse (parce que si, caller sept fois en dix minutes est un talent à part entière) (enfin je trouve) par un « ah ouais, quand même… », me colle d’office dix heures de cours en supplément des vingt minimum requises pour passer l’examen, et figure systématiquement aux abonnés absents lorsque je tente de prendre un cours avec lui ensuite. Ah ouais d’accord, je vois le genre.

Heureusement, j’arrive péniblement à prendre mes trente heures grâce à Simone, qui me rappelle à chaque fois de ne pas conduire tant sur la droite, parce que sa collection de rétroviseurs arrachés est complète, et qui m’interdit les talons pour conduire parce que « c’est pas encore ça, ma biche », Etienne qui saute sur le volant pour contre-braquer dès que je m’écarte de trois centimètres de la route décidée, et lui vaut le surnom mérité de Etienne-oh-tiens-le-bien (le volant, hein), et Florentin qui se poile en quatre dès qu’il apprend que c’est avec moi qu’il a cours, et je sais pas trop comment je dois le prendre, à vrai dire.

(Nous ouvrons ici une parenthèse pour signaler qu’aucun être humain, animal ou végétal n’a été blessé ou maltraité durant ces trente heures de cours. En revanche, nous admettons que quelques carrosseries, pneus et trottoirs ont légèrement souffert durant l’exercice.)

Quelques semaines plus tard, fin prête (ha ha ha, trop pas, en fait), je me présente à mon examen de conduite. J’ai tout bien révisé, j’ai pris mes deux dernières heures de cours la veille, je connais le lieu par cœur, depuis les sens interdits jusqu’aux dos d’âne. Pourtant, au fond de moi, quelque chose fait pschiiiiittttt. J’ai les miquettes comme pas deux, et ça doit se sentir un max.

Rétros, ceinture, démarrage… Tout se passe bien, mais je ne vis que dans la hantise que InspectorLaTerreur ne me demande de faire un créneau. Première à gauche, ok. « Vous prendrez la seconde à droite ». Ha ha, je l’ai bien eu, je le sais que c’est un sens interdit, il est bluffé. (Bon, ok, il hoche juste la tête mollement). On continue notre route, je checke outrageusement dans mes rétros pour bien montrer que j’ai trop bien choppé le réflexe. Bref, tout roule (si je puis dire...)

Quand soudain, l’effroi. Merde. Ce con m’emmène sur l’autoroute. L’autoroute ! C’est presque pire que le créneau. C’est là que je perds tout sens de la raison.

- « Melle A., Pouvez-vous me dire à combien est limitée la vitesse sur cette partie de l’autoroute ?
- A 90.
- Et vous rouliez à combien ?
- … A 115 environ ».
Autant dire que le petit papier rose, je pouvais lui dire adios. Putain, il pouvait pas me filer un créneau à faire, plutôt, ce con ?

Renfrognée, assise à l’arrière de la voiture pendant que d’autres subissent le moment de torture, j’attends le verdict. L’inspecteur finit par se tourner vers moi, et me lance : « Melle A., vous aviez un train à prendre ou quoi ? ». Je m’attends à me faire assassiner sur place, quand le type balance un saugrenu « … mais malgré votre léger ( ?!!) écart de vitesse, on sent que vous avez une conduite sûre et que vous maîtrisez votre véhicule… »

Gné ?
Pardon ?
Qu’ouie-je ?

J’ai donc eu mon permis. Du premier coup, là où beaucoup d’autres auraient sans doute eu à le repasser, je n’en doute pas.

Et tout ça pour quoi ? Pour que j’ose à peine toucher un volant aujourd’hui, et que même les rares fois où je me lance en plein Paris (la dernière datant d’au moins six ans), je demande aux copains qui m’accompagnent de bien vouloir faire les créneaux à ma place, parce que moi, j’y arrive paaaaaaaas. C’était bien la peine, tiens.

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08 avril 2009

Vol au dessus d'un nid de cocottes

poulesPetite recette pré-Pâques : rassemblez une dizaine de greluches dans un bar sympa et accueillant un samedi après-midi. Mélangez sous leurs yeux ébahis tout le matos nécessaire pour customiser des t-shirts : ciseaux, strass et paillettes, papier argenté, peinture et feutres, clous et fer à souder. Saupoudrez d’une touche de conseils personnalisés, distillés par une pro du recyclage de la mode. Ajoutez une pincée de petites douceurs sucrées et caloriques. Remuez. Laissez prendre. Observez. Vous obtiendrez en peu de temps un poulailler volubile et caquetant de cocottes en pleine ébullition créative.

ensemble

Bizarrement, je me suis retrouvée invitée à ce genre de truc. Moi. Non mais… moi, quoi. Sans déconner. Je croyais avoir été claire, pourtant. Dois-je rappeler que les travaux manuels et moi, on n’a jamais été en très bons termes, depuis la fois où Sidonie s’était foutu de la tronche de mon scoubidou, en CE2.

Ben pourtant, ce petit atelier m’a bien emballée. Faut dire aussi que je n’avais pas choisi de me lancer dans l’opération commando, non plus. On m’a dit « tu peux coller des petits strass, par exemple », j’ai dit « ouiiiiiiiiiiiiiii » comme une hystérique, et j’ai fait ça pendant deux heures, fer à souder en main, air bien appliqué et langue tirée de l’élève studieuse. T’as qu’à voir :

moi


Ah, ça, ça partait nickel. J’vous avais collé de la paillette à tire-larigot, que même Beyoncé elle en avait pas autant sur sa robe des Oscars. Fière comme un pou, j’étais. Un pou bling-bling, quoi.
Et puis j’ai regardé ce que faisait les autres. Celles qui avaient un peu plus d’imagination, disons. Ou de talent ? Ouais, ben ça crânait un peu, dans les rangs, quand même.

dessin

dessin_bis

Du coup, j’ai voulu copier. Ben tiens. C’est à ce moment-là que c’est parti en cacahuète sévèrement. « Le mieux est l’ennemi du bien », qu’elle disait, ma grand-mère (une femme rudement bien inspirée, je m’en rends compte aujourd’hui). C’était pas con. J’aurais effectivement du m’arrêter au « bien », quand j’avais collé mes petits strass dans tous les sens, limite que ça aveuglait tout le monde tellement ça brillait de partout.

Meuh naaaaaaan. Evidemment. Ca aurait été trop simple.

Il a fallu que je m’attaque ensuite aux feutres-peinture. « Oh la belle prise », j’ai envie de vous dire. Comment chier son œuvre en deux secondes top chrono. Non seulement c’était moche, mais en plus ça m’a fait des pâtés longs à sécher, que j’ai bien entendu tripatouillés par inadvertance (et je n’accuserai pas ma voisine qui me causait cupcakes juste pour me déconcentrer, c’est pas mon genre).
Résultat, des tas de cacas baveux partout, qui décrédibilisent totalement le semblant de créativité que j’avais tenté de mettre en œuvre. Les boules, quand même.

Oui, oui, c’est bon. Ca vient. Je vous entends d’ici, à brailler que vous voulez voir ce que ça donne, ces saletés de pâtés de peinture. Ah ça, quand il s’agit de rigoler et de se moquer, y’a du people sur les rangs, hein. Allez, va. La vérité, ça me fait plaisir.

t_shirt_custo

(Tu cliques, c'est magique)

Le plus drôle, dans l’histoire, c’est que je l’aime bien, mon t-shirt bling-bling-cradoc. (Et le moins drôle, c’est qu’il est trop petit. Je ne peux pas le porter sans exploser mes (petits) nénés dedans. Mort de lol, non ?)

Atelier sponsorisé par La Fraise. Pour retrouver les t-shirts originaux, ça se passe ici : www.lafraise.com
Et même qu’avec le code GINFIZZ15, c’est 15 % de réduc’ sur la commande. Hop !

Crédit photos : Alex

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16 février 2009

Laisse-moi zoum zoum zem, dans ma Benz Benz Benz

limo_2"Ce qui est pénible, dans nos dures vies de blogueuses jet-setteuses over-influentes, c’est qu’au bout d’un moment, on tourne un peu en rond. Les invitations aux quatre coins de Paris, le champagne, les cocktails à base de macarons, c’est bien mignon, mais ça lasse vite. Et le renouveau ? Et l'inattendu ? Et l’effet de surprise, bordel ? A quand un truc qu’on n’a pas déjà fait quinze fois cette année ? Moi, je m’ennuie sévèrement. Si c’est ça, être blogueuse de la hype, je démissionne."

Journal d’une pétasse, Editions Jmelapètegravos, Paris, 2009.


Evidemment, si je pensais un seul mot des quelques lignes écrites plus haut, vous seriez en droit de me cracher dessus. Evidemment. Mais comme nous sommes entre gens civilisés, aimant (à peu près tous) le second degré, vous n’allez pas. (Et aussi parce que j’ai mis ma belle robe en soie qui coûte une blinde en pressing).
A la place, je vais plutôt vous raconter comment je me suis retrouvée la semaine dernière le cul posé dans une limousine bling-bling à destination de la proche banlieue parisienne.

Un jour, je reçois un mail qui me demande (en substance) « ça vous dit d’aller faire du shopping chez les grandes marques chics à prix bradés, avec bons de réduction, et voyage aller-retour arrosé au champagne en limousine grand confort klaxon intégré ? ».
Heu… attends, je réfléchis deux secondes.

Du coup, j’ai regardé mon calendrier de bureau, j’ai vu que ce jour-là était prévu normalement la réunion trimestrielle des fournisseurs section "collecte des données et archivages des dossiers", que Jéjé-bogosse du service juridique était encore en congés, et qu’il y avait des moules-frites à la cantine. Ben ça n’a pas fait un pli. J’ai bigophoné à qui de droit en disant « chef, je prends ma journée », et roulez roulez, petits bolides, j’ai répondu présente à l’appel du peuple. C’est que j’ai le sens du sacrifice, moi, que voulez-vous ?

Rendez-vous devant l’Hôtel du Crillon. Déjà, ça déconne pas. Faut dire en même temps que venir se faire pêcher en limousine au fin fond du 18ème arrondissement, ça aurait été pour le moins décalé et conceptuel, comme truc.
Après les salamaleks traditionnels avec les organisatrices et les journalistes présentes, nous grimpons dans la voiture réservée aux blogueuses. Nous sommes trois, Alexiane, Violette, et moi, et la limo toute entière nous appartient, depuis son ciel kitch en diodes colorées jusqu’à son sol en moquette-moumoutte sombre.

Quoi ? Des photos, vous dîtes ? Ah ben le problème, c’est que j’en ai quatre, et sur deux d’entre elles, y’a une nana qui montre involontairement sa culotte. Et je la connais, elle serait capable de m’en vouloir si je les diffusais ici. Alors y’aura que de la photo bâclée et puis c’est tout. (Et ne vous pâmez pas trop, les verres, c’est même pas du cristal).

limobar_limo

Quarante minutes plus tard, nous voilà arrivées à la Vallée Village, là ousk’on doit faire notre shopping tendance. A l’ouverture des portes, on s’est demandé si le chauffeur ne s’était pas planté de lieu, et ne nous aurait pas larguées à EuroDisney par mégarde, vu que le shopping center et le pays de Mickey sont dans le même coin de Navarre. (Auquel cas, soyons clairs, c’est pas la peine de frimer au volant d’une limo si c’est pour même pas savoir écouter un GPS, franchement).

En fait, après vérification que Pluto ne traînait vraiment pas dans les parages, non, on était bien au bon endroit. La Vallée Village, c’est croquignolet comme Wisteria Lane* en plus petit et sans jardins pelousés. Allées impeccables, coloris pastel, toits en tuiles, pas de graffitis ou de moches panneaux publicitaires. Toutes les baraques abritent chacune une marque branchouille, centre commercial à ciel ouvert, où quand il pleut, t’es un peu dans la merde parce qu’ils ont pas pensé aux stores géants.

Là encore, je vous aurais bien pris une photo, mais j’étais en train de régler mon appareil quand un drôle de monsieur en uniforme m’a fait « lé-lé-la, on ne prend pas de photo s’il vous plait ». Ah ouais d’accord. Moi, je veux bien qu’on m’envoie faire des reportages in situ et tout, mais tant qu’à faire, envoyez-moi dans des endroits qui VEULENT communiquer, parce que là, si vous voulez…

Ni une, ni deux, j’ai rangé mon appareil et fait ce que j’avais de mieux à faire sur place : essayer des fringues. Et pour ça, y’a pas à dire, je m’y connais.

« Mais tout ça pour quoi, finalement ? » que vous vous demandez judicieusement au fond de vos fauteuils, après cette lecture pour le moins passionnante. Tout ça pour promouvoir un nouveau service de package tout compris pour faire son shopping en amoureux ou entre copines, avec transport en limo et chèques cadeau à dépenser dans les boutiques de la Vallée Village.
Bon, si vous voulez mon avis, vu le coût de la bestiole (à partir de 750 boules quand même), la copine risque de préférer nettement la partie shopping et de se dire que son mec s’est fait un petit cadeau perso avec le coup de la bagnole bling-bling. Et puis n’espérez pas faire des cabrioles coquines durant le trajet. Déjà, parce que le trajet est court (mais je ne suis pas là pour juger vos performances), deuzio, parce que ça colle vite le mal de mer d’être dans un grand véhicule comme ça qui tangue un peu, et tertiotrimo, parce que le chauffeur entend tout ce qu’il se passe, même s’il est « tenu au secret professionnel ».

Ouais, ok, tout ça, c’est bien joli, mais y’a quand même une sacrée faute professionnelle, dans le trip "Pretty Woman" qui nous a été offert.
Le Richard Gere, … il est passé où, bordel ?

* La ville des Desperate Housewive

Posté par Katia_ à 09:25 - Vide-poches - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 janvier 2009

Cookie's fortune

cookie_1Je me demandais l’autre jour pourquoi donc que ça ne causait jamais haute gastronomie, marmite et casseroles sur ce blog. En fait, je viens de me souvenir.

Faire la cuisine, c’est un truc qui me prend parfois, comme ça, une fois l’an. Et hier soir, j’ai eu la drôle d’idée de me lancer dans la confection de cookies faits maison. J’ai adapté une vieille recette piquée dans le Elle, sur un article où des célébrités filaient leur bon plan cuisine, mais dans laquelle j’ai remplacé en loucedé quelques ingrédients, ni vu ni connu. (Oui, parce que ça m’a toujours semblé inconcevable – à moi, piètre cuisinière – d’investir dans des tas de machins bizarres dont je ne me resservirai sans doute pas avant la Saint Glinglin (et encore), pour en utiliser juste « quelques gouttes » ou « une pincée ». J’imagine que ça doit faire la différence au final. Et j’imagine que c’est POUR CA que je suis nulle en cuisine).

J’ai donc allègrement remplacé l’essence de vanille par du sucre vanillé (bah quoi, c’est kif kif, non ?) et j’ai zappé le sucre roux pour le remplacer par du normal. De toute façon, au Monoprix de mon quartier, ils ne connaissent pas ce bidule (il semblerait qu’il y ait de la discrimination), et si vous croyez vraiment que je vais faire douze points de vente pour trouver un ingrédient, c’est que vous me connaissez bien mal.

Me voilà donc le fouet à la main en train de remuer beurre, sucre et jaune d’œuf pour tenter d’obtenir un mélange « crémeux ». Heu… oui… bon. Tant que ça ne colle pas aux parois du saladier, déjà, c’est pas mal, je trouve. Faudrait voir à pas me demander la lune, hein, les mecs, là.

Vient le tour de la farine.

C’est fourbe, la farine.

(Note pour moi-même : la prochaine fois que je fais la cuisine (l’an prochain, donc), choisir une recette qui n’utilise pas de farine). (Ou bien prévoir au planning deux bonnes heures de nettoyage de la cuisine). (Et un lavage des cheveux).

Ma mixture ressemble à du dégueulis de poney, je suis un peu inquiète pour la suite des opérations. D’autant que c’est là que ça se corse sévère. « Rajouter 75 g de Smarties écrasés ». Oulà. Alors déjà, première nouvelle : je ne savais même pas que ça existait encore, ces petites choses. Mon cœur de midinette fait un bond de vingt ans en arrière avec nostalgie et satisfaction (c’est vrai, ça m’aurait emmerdée d’avoir à les remplacer par des M’n M’s, quand même).
Le problème, c’est juste qu’il faut les « écraser ». Et ça, mes petits gars, c’est du lourd. Parce que c’est drôlement solide, ces saletés-là. A se demander comment les mômes ne se pètent pas tous leurs plombages dessus.

Mais t’inquiète Ginette, j’ai la technique qui tue. Pas forcément très « Gault et Millau », certes, mais néanmoins efficace : j’attaque au marteau. Hop. Cinq minutes plus tard, des petits confettis de restes de Smarties rejoignent ma mixture et lui donnent un aspect un peu plus glop. (ou pas ?)

P_te

Reste à mettre au four, en n’oubliant pas ze touche finale : enfoncer des Smarties entier sur le dessus des petits tas de pâte, pour décorer. Bon… en fait, ça décore bizarrement, parce que les bonbons bleus perdent toute leur couleur à la cuisson et virent au blanc fadasse.
Grmmmpppffff, je sais pourquoi je déteste faire la cuisine : une fois encore, le résultat final ne ressemble EN RIEN à la jolie photo du magazine, où les cookies ont l’air moelleux et fondants (et où le mec s’est bien gardé d’utiliser les Smarties bleus, d’ailleurs). M’enfin, soyons honnête, ça reste du chocolat, ça ne peut décemment PAS être mauvais, non ?

cookies

(L’année prochaine, nous cuisinerons des muffins au beurre de cacahuète SANS utiliser de tournevis. Challenge !).

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05 janvier 2009

Tournez, manèges !

man_ge_3Tiens, déjà Janvier… Il semblerait bien qu’on soit reparti pour un tour de piste, là. Les rennes du Père Noël ont à peine tourné les sabots que déjà, on nous gave de galette des rois à tous les repas, déjeuner de la cantoche inclus. Dans quelques jours, ça causera soldes d’hiver et affaires exceptionnelles à tous les coins de blogs rues. Et d’ici cinq-six semaines, on frôlera à nouveau l’indigestion marketing avec la Saint-Valentin et les conneries de Cupi(bi)don, de son arc, et de ses fesses à l’air. Bienvenue à bord du manège ! On prend les mêmes et on recommence.

Personnellement, après une année 2008 chaotique et rêche comme de la toile émeri, je n’ai pas trop envie de « recommencer avec les mêmes », justement. J’aimerais bien un peu de changement, de nouveauté, de pchiiiiiiittttttttt et de wouhhaaaa.

Non, non, non. Je ne vous parle évidemment pas de bonnes résolutions que je ne tiendrai pas plus tard que le 10 janvier. J’en vois déjà qui lèvent les yeux au ciel, à base de « ca y’est, encore une qui va nous la jouer monologue-style, sur le mode ‘je n’achète rien dont je n’ai besoin’, ‘je stoppe le chocolat’, et ‘je ne regarde plus les bouses à la télé’ ». Hé, ho, soyons sérieux deux minutes, quand même. C’est de moi qu’il s’agit, là, s’il vous plait. Les dépenses futiles, le choco et les primes de la Nouvelle Star garderont une place prépondérante dans mon cœur, même en 2009. Qu’on se le dise. Non mais.

Question changements, j’imaginais quelque chose de plus profond, de plus personnel… du genre, au hasard… modifier discretos ma voie professionnelle, par exemple. Aller vers un truc qui me correspond plus, qui me ressemble davantage. Comment ? Quand ? Combien ? Ahhhh, alors ça, mes p’tits loups, ça reste encore bien flou pour le moment, mais les premières vraies impulsions sont là, après des mois de sommeil latent. Et je vous rappelle que, comme toute bonne décision prise en janvier, j’ai devant moi douze mois pleins pour mettre à bien mes envies de renouveau.
En même temps, je ne vous le fais pas dire, je choisis vraiment bien mon moment : crise économique, licenciements en pagaille, privilégier la stabilité de l’emploi, bla bla bla… Mais bon, on n’a qu’à dire que ça rajoute du piment au truc, et que c’est un challenge supplémentaire. Non ? (ahem…)

Je me surprends aussi à avoir des envies de prendre des cours de théâtre. Brusquement. Soudainement. Après avoir fui comme la peste toutes les propositions faussement sympas de ces personnes qui, durant mon adolescence de fille trop sage, m’incitaient à grimper sur les planches pour me sortir de ma coquille, me voilà aujourd’hui désireuse et décidée à aller de moi-même déclamer du Corneille, du Ionesco ou du Palmade (ne soyons pas sectaire) (pour le moment) sous les feux de la rampe. Bizarre, comme les gens changent… Si vous connaissez de bonnes adresses de cours amateurs à Paris, je suis plus que preneuse, du coup.

Des envies, des besoins, des rêves… pour cette nouvelle année, j’en ai plein la tête. Mais je ne les raconterai pas tous ici. Parce qu’il faut garder un peu de mystère, parce que tout n’est pas forcément avouable (oula, non), parce que certains ne sont même pas encore faciles à formuler en mots.

En tout cas, this year’s gonna rock, et de tours de manège en tours de manège, peut-être que cette fois-ci, c’est l’occasion d’attraper la queue du Mickey et de toucher le jackpot. (Ceux qui n’ont pas fréquenté un manège depuis longtemps risquent de trouver cette phrase bizarre, je l’admets).

Je vous souhaite à vous aussi une nouvelle année pleine de projets, d’envies, de nouveautés et de suspense !

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22 décembre 2008

Fêtes à claques ?

noel_1- C’est de la dinde ou du chapon, ça ?
- Quand est-ce qu’on ouvre les cadeaux ?
-
Il perd quand même vachement ses aiguilles, ton sapin.
-
Qui c’est qui veut ouvrir les huîtres ?
-
Ah non, on met pas la messe de TF1, et puis quoi encore ?
-
Oh, vous êtes sous le houx. Bisou !
-
Chauds, les marrons, chauds !
- C'est l'heure des cadeaux, là, non ?
-
Merde, j’ai encore pris le chocolat à la liqueur…

- Quoi ? Il reste plus de champagne ?
-
Qui s’est qui a collé Tino Rossi en fond sonore ?
-
Attention, il va bientôt être minuit !
-
10… 9… 8… 7…
-
Bon… et les cadeaux ?

Noël. Qu’on aime ou qu’on déteste, inutile d’avoir les boules : on est en plein dedans, quoi qu’il arrive. Alors autant faire avec, et en profiter un peu. Et c’est bien ce que je compte faire. A défaut de vraies vacances, je prends donc quelques jours de "vacances bloguesques", et coupe les ponts virtuellement jusqu’à l’année prochaine.
D’ailleurs, entre nous, et sans entrer dans les détails, 2008 a été pour moi une année merdique de A à Z, sur tous les plans, et je ne suis pas fâchée de la voir enfin finir sa course. Si elle pouvait se speeder un peu plus, d’ailleurs, ça m’arrangerait pas mal.
Je vous retrouve donc en 2009 (« l’année du neuf ! »), gavée de dinde-choco-marrons, des confettis pleins les cheveux, et regonflée à blog ! Que la force soit avec vous. (Oui, c’est pour changer un peu de « Joyeux Noël et Bonne Année », mais considérez que ça veut dire pareil…).

carte_de_voeux_de_noel

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15 décembre 2008

I can see clearly now

bu_e_1Previously on GinFizz, on racontait qu’on avait des nouveaux yeux et que c’était un peu la révolution intégrale dans ma petite vie de taupe des bois. Seulement, y’en a, ils voulaient des détails. Un peu gores, si possibles. Et moi, vous savez, quand je peux rendre service… (C’est bon, personne ne passe à table ?)

J’arrive donc à la clinique vendredi matin, la boule au ventre et mes maudites lunettes sur le nez. Il est 9h00, je suis la première patiente, tout est calme, et les poissons dans l’aquarium de l’entrée sont encore – eux – en train de pioncer (ces cons).

Après les formalités d’usage et la paperasserie habituelle, je patiente calmement (merci Lexomil) en refusant obstinément de regarder le film diffusé en boucle sur l’écran plasma, qui détaille point par point et avec moult visuels l’opération que je m’apprête pourtant à subir. Bon, sérieusement, c’est bien parce que j’ai déjà donné mon chèque de règlement et tout, parce que sinon, je me barrerais bien en cour…ah, trop tard, l’assistant du chirurgien vient me chercher par la peau des fesses et m’emmène au vestiaire pour me filer une charmante blouse jaune canari et une charlotte assortie. Je suis en train de m’extasier sur combien j’ai l’air mignonne déguisée en poussin miro (ce qui n’est pas donné à tout le monde), mais le type me confisque mes lunettes et m’asperge les yeux de gouttes désinfectantes. « Attention, ça pique un peu ». Ah ben sans déc’, hé ? Merci de prévenir, mec.

Même pas le temps de pleurnicher, me voilà dans la première salle d’opération. J’ai beau y voir que dalle pour le moment, j’ai quand même l’impression perturbante que le cockpit d’un Boeing 747, à côté du truc que j’ai devant moi, c’est de la nioniotte niveau CM1. Ca clignote de partout, ça bipbip régulièrement, et ça semble compter plus de boutons qu’une classe entière de collégiens abonnés au Biactol. Au-se-cours.

Je m’allonge en silence, stoïque, mais j’ai les miquettes à fond les ballons. Le chirurgien papote avec mon copain aux gouttes piquantes de tout à l’heure, en trifouillant deux trois trucs sur l’engin magique. Il m’explique ensuite calmement comment les choses vont se dérouler, choses que je ne vais pas répéter ici mot pour mot, à moins que vous n’ayez vraiment envie d’entendre parler d’ "écarte paupières", de "découpe de volet cornéen", d’ "anneau de succion", de « surtout ne bougez pas" (ça, il l’a répété quatre fois), de "vous allez voir tout en gris clair" (je vous le confirme) (et c’était pas très joli), et de « non non, ah merdeuh, j’ai loupé un truc, là » (mais naaan, j’déconne, ne partez pas).

Dix minutes plus tard, je me dirige vers la seconde salle d’opération, celle du laser correcteur. Belotte et rebelotte : je m’allonge, je me calle, je subis le second flot de gouttes anesthésiantes. De toute façon, m’en fous, je vois plus rien, je me guide à la voix. Le médecin m’informe alors qu’on va me sangler fortement la tête "pour éviter tout type de micro tremblement intempestif du visage". C’est ça, mon gars, prends-moi pour une niaise, tant qu’on y est. S’il croit que je ne sais pas que c’est juste pour qu’on ne se tire pas vite fait de là, rapport à ce qu’on va bientôt se faire charcuter les yeux aux infrarouges, tsss…

Le plus drôle reste pourtant à venir.
Enfin… « drôle ». J’me comprends.

Pour réaliser la correction, il faut suivre du regard un point de laser rouge vif, et ne surtout pas le quitter des yeux. Déjà, bonjour la pression. Quand on ajoute à ça le fait que celui-ci émet, en travaillant, des bruits de mitraillettes et des odeurs de cochon grillé, on a clairement du mal à rester calme sur son fauteuil. (Ah, d’où les sangles, peut-être ?). J’hésite encore sur ce qui me plait le plus : m’imaginer sur un champ de tir en Irak ou dans un kebab à Barbès, mais hop, déjà, c’est terminé. Putain, si on n’a même plus le temps de s’amuser, maintenant ?

Dernières gouttes (décidemment), premières recommandations : « A partir de maintenant, vous ne vous touchez plus les yeux pendant quinze jours minimum ». Une ordonnance, un numéro de tél en cas d’urgence. Et zou, dehors. Il est 10h15. Et je vois. Flou, mais sans lunettes. Olé.

La suite ? Très simple. Aucune douleur, tout au plus une sensation de picotement dans l’œil pendant toute la journée. On me préconise beaucoup de sommeil durant les trois jours à venir, toujours en portant des coques en plastique transparent, pour éviter tout frottement involontaire sur l’œil. Ca me donne un petit look sympa et vraiment très féminin, mélange entre Albator et la clique de Pirates des Caraïbes. Manque de pot, Mardi Gras, c’est pas pour tout de suite, mais sinon, entre ça et le coup du poussin du matin, j’aurais été au top, niveau déguisement.

Aujourd’hui, je n’ai toujours pas droit au maquillage et j’ai encore les yeux rouges d’un lapin myxomatosé, mais sinon, les choses rentrent peu à peu dans l’ordre. A la nuance près que, passé le premier choc de voir clair sans lunettes, l’œil et le cerveau doivent faire une sacrée gymnastique pour s’habituer à ce nouvel état, et que ma vue fluctue encore beaucoup, principalement sur ordinateur. J’y vais donc mollo sur tout ça pour le moment, et laisse faire le temps.

Mes horribles lunettes de vue sont restées dans leur étui depuis ce vendredi matin. Comme elles s’ennuient sévèrement, je songe grandement à leur procurer prochainement des copines en investissant enfin dans une vraie belle paire de lunettes… de soleil. Hé bah quoi ? C’est un ordre du médecin, j’vous signale. Et moi, je prends ma santé très au sérieux, sur ce coup-là.

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01 décembre 2008

Like a virgin

spa_2A priori – et jusqu’à preuve du contraire – je suis une vraie fille. Avec tout ce que ça implique en terme de salle de bain dégoulinante de produits de beauté, et d’étagères à make-up dignes du plus grand Séphora de France. Oui, mais… Jusqu’à la semaine dernière, je n’avais encore jamais mis les pieds dans un vrai institut de beauté. Mes connaissances en la matière se limitaient au passage express chez « Epil Minut’ » ou à une virée au Hammam entre nanas.
Et puis un jour, j’ai eu trente ans. Et des copines bien informées ont eu la bonne idée de m’offrir un soin dans un institut renommé. J’allais enfin perdre ma virginité dans ce domaine…

Ding dong. « Bonsoir, j’ai rendez-vous pour un soin ». Les deux hôtesses de l’accueil, impeccablement brushées et manucurées (what else ?), m’accueillent avec un sourire large comme une banane, me donnent du « bonsoir », du « bienvenue », du « mademoiselle » (bon point) et du « puis-je vous offrir une boisson pour patienter ? » dans tous les sens, le tout dans un quasi-murmure pour ne pas nuire à la quiétude des lieux. J’en trouverais presque ça flippant, si je n’étais pas déjà à moitié shootée par les odeurs d’huiles essentielles qui flottent dans l’air. Bosser dans un spa, c’est mieux que la fumette, on dirait.

Installée sur mon canapé moelleux, je reluque à loisir la beauté des lieux, quand une minette m’apporte en trottinant mon thé fumant et me propose un peu de lecture. Elle est mignonne, celle-là, mais vu que l’éclairage est uniquement fait à base de bougies, je ne compte pas m’esquinter les rétines pour lire un Elle que je reçois de toute façon directement dans ma boîte aux lettres. Je décline poliment, et attrape ma tasse de thé pour regarder l’étiquette. Hé hé, tiens, je l’aurais parié, que ce ne serait pas un vulgaire Lipton Yellow, leur truc.

Ca y est, les odeurs magiques ont fait effet : je suis la Reine de Saba, vautrée sur son sofa, attendant paisiblement d’être bichonnée de la tête aux pieds. Ordre et beauté, luxe, calme et volupté. En gros, je commence à m’y croire sévèrement.

Je n’ai pas fait illusion très longtemps, à vrai dire.

L’esthéticienne chargée de réaliser mon soin vient me sortir de mes pensées, et m’embarque avec elle dans la cabine. Au passage, elle me demande si j’ai besoin de passer aux toilettes avant, « parce que nous allons passer une heure et demie ensemble ». Oh, mais je vois que j’ai affaire à une connaisseuse.

C’est une fois dans la cabine que les choses sont devenues tendues. La fille m’explique brièvement comment va se dérouler le soin, et me demande de me déshabiller entièrement en me tendant un string en papier jetable.
Heu. Oui. Donc « entièrement », c’est ça ? Non parce que j’avais pas vu le truc comme ça, en fait. En même temps, pour ne pas saloper mes sous-vêtements avec l’huile de massage et pouvoir être massée de partout, c’est quand même mieux, n’est-ce pas bien sûr.
Je m’exécute donc et me déshabille, avant d’enfiler ce… cette chose, là. Je refuse catégoriquement d’appeler ça un « slip », vu la tronche que ça a sur moi. Parce que bon, je voudrais pas avoir l’air de la ramener ou de faire ma prétentieuse, mais il faut quand même savoir que ces gentils trucs jetables n’existent qu’en une seule taille. Elastique, certes. Mais tout de même. Et qu’on aurait pu en mettre au moins deux comme moi là-dedans. Résultat, j’ai deux ficelles qui se baladent sur mes hanches, et un vague bout de tissu flottant autour de ma mimiquette. Ridicule. Je me sens aussi couillonne qu’une poule portant un tutu de danse. Dans la famille « godiche », je demande la fille. Oh, bonne pioche !

Histoire de ne pas avoir à trop gambader le cul à l’air, je m’étale rapidement de tout mon long sur la table de massage, et j’attends que madame la technicienne de surface corporelle revienne commencer son boulot. A partir de là, je laisse mes neurones déconnect… pfff, tu parles oui ?!! Dans ma tête, c’est le festival du 14 juillet des interrogations débiles et saugrenues : un vrai feu d’artifice.

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Mais… elle met pas trop d’huile, là ?
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Ca sent chelou, ce truc, non ?
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Ah tiens, elle commence par là, j’aurais pas fait comme ça, moi.
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Haaaaan, j’espère que je suis bien épilée…
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Hé, mais elle m’en colle plein les cheveux, cette garce !
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Oh merde, j’ai pas payé ma mutuelle ce mois-ci.
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Tiens, ça, j’en parlerai sur le blog.
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Non, pas les pieds, je suis chatouilleuse, NON. Ah pardon, vous les avez reçus dans le nez, c’est ça ? Oups.
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Ils pourraient mettre un peu de musique, quand même.
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Ah oui, là, c’est pas mal, aaaaah oui, c’est bien, ça…
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Mmmmm…
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Zzzz zzzzz zzzzz

Oui. Y’a un moment où j’ai quand même fini par décrocher et me laisser complètement aller. Je me souviens juste du petit « et voilà » murmuré au dessus de moi, juste au moment où Georges Clooney me disait qu’une peau si douce méritait vraiment d’être… « et voilà ».
Gnéééé ? (Attends, Georges ! Quoi ? D’être quoi, bordel ? Je veux savoir, laissez-moi finir ce rêve !).

Je redescends de mon nuage (et de la table de massage), les jambes un peu en coton et la tête embrumée (je persiste à penser que la Douane devrait perquisitionner ici, y’a un truc de pas très catholique dans les produits utilisés, c’est obligé).

J’ai le corps gras comme une frite du Quick, mais l’esthéticienne me précise que pour conserver les bienfaits plus longtemps, il est mieux de ne pas prendre de douche en rentrant. Mouiis, très bien, ma cocotte. Mais j’imagine que vous ne prenez pas en charge les tickets de pressing des fringues et des draps imbibés d’huile ? C’est bien ce qu’il me semblait, aussi.

A l’accueil, je remplis béatement une fiche de satisfaction, devant les mêmes hôtesses que tout à l’heure qui, malgré l’heure tardive, ont toujours l’air d’avoir avalé un cintre avec leur sourire figé. En même temps, à voir ma tronche de ravie de la crèche, je ne devrais peut-être pas leur jeter la pierre.
Dans un dernier murmure (j’apprends vite) de « merci la compagnie », je m’emmitoufle dans mon écharpe et regagne le froid et l’agitation de la rue. Fin de la parenthèse enchantée. (Et moi, dans l'histoire, je me suis juste découvert une nouvelle drogue).

Posté par Katia_ à 10:00 - Vide-poches - Commentaires [33] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 novembre 2008

Tout sur ma mère

tout_sur_1Ma mère, elle est plutôt jean et pull en cachemire que tailleurs et talons hauts. Et ça lui va mieux. Quand j’étais gamine, elle bossait dans une Grande Entreprise où le paraître est important, et elle quittait la maison dans un nuage de parfum, les talons qui claquent sur le pas de la porte, les lèvres et les ongles longs laqués de la même couleur, et les bijoux tintinnabulants autour du bras et des oreilles. Aujourd’hui, elle bosse plus « à la cool », et ne ressemble que de très loin à une executive woman. Mais je préfère. Au moins, elle ressemble à une mère.

Ma mère, elle maîtrise le langage "djeun’s" à la perfection. Elle déteste tout ce qui est à base de kikoo/lol/mdr, et elle est capable par exemple de m’envoyer des textos qui disent "C kan le 10né 2 famille ?". Elle utilise parfois devant mes yeux éberlués des expressions comme « ça me gave », « c’est relou » ou « ça me fait yèch ». Mais le pire, c’est la fois où on était dans un bus avec elle et mon frangin, et que celui-ci s’adresse à moi en langage pseudo-codé pour parler d’une autre voyageuse sans qu’elle ne nous comprenne, et qu’il me dit « Teu-ma la yeuv comme elle est cheum »*. Ma mère a soudain explosé de rire en regardant la vieille en question. Elle avait pigé. Ah non mais ho ?!! Si les mères rigolent des mêmes blagues que leurs ados attardés, où va le monde ? Je vous le demande.

Ma mère, elle ne s’est jamais trop enquiquinée pour faire de moi une fille bonne à marier. Je ne sais ni coudre (je fais mes ourlets de jean à l’agrafeuse), ni cuisiner (même les œufs au plat refusent de rester en un seul morceau jaune avec moi), je fais le ménage d’une façon très approximative et je n’ai absolument pas la main verte. Je ne lui en veux vraiment pas. Seulement moi, maintenant, va falloir que je me trouve un mari qui aime les restos, les retouches au pressing, les femmes de ménage et les fleuristes. Ou bien que j’épouse Tony Michelli, direct. Quelqu’un a son numéro ?

Ma mère, elle m’a laissé en héritage (en plus de sa myopie) pas mal de traits de son caractère. Comme elle, je suis très indépendante et autonome. Comme elle, je préfère les atmosphères calmes et cosy aux lieux bruyants et trop blindés de monde. Comme elle, je peux me contenir pour des choses qui m’agacent, jusqu’à ce que la petite goutte en trop me fasse exploser en une colère sourde et froide, qu’on trouve toujours « sortie de nulle part ». Ca nous fait toujours beaucoup rire, après coup. Mais autant vous prévenir que si colère il doit y avoir entre nous deux, ça fait des étincelles et des fulguro-poings dans tous les sens. Abritez-vous.

Ma mère, quand je l’appelle chez elle, elle décroche en braillant d’une petite voix « ouiiiiiiiiii ? ». Genre, « c’est pour quoiiiiii ? », limite. Elle prend ses grands airs, comme ça, à faire semblant que c’est fatiguant d’avoir toujours sa grande fille en ligne pour papoter de choses souvent insignifiantes. N’empêche que quand j’appelle pas pendant huit jours, qui c’est qui tapote les dix chiffres de mon téléphone et demande d’une voix penaude si « tout va bien ? ». Ouais. C’est bien ce qui me semblait, aussi.

Ma mère, je passe souvent la voir chez elle, pour un bon déjeuner (vu que je ne cuisine pas moi-même, si vous avez suivi) ou pour un tea-time (elle fait des super bonnes crêpes) et des bavardages sur ma vie, mon œuvre et ma dernière paire de bottes. On discute de tout et de rien, comme des bonnes copines. Et puis quand je repars de chez elle, en fermant la porte, je sais. Je sais que je suis contente de rentrer « chez moi », et qu’elle apprécie de retrouver le calme de son petit nid à elle.

Ma mère, elle a pas bien du percuter que j’avais dépassé la trentaine, quand même. A chaque fois qu’on raccroche d’une conversation tél juste avant que je ne parte en vacances ou en soirée, elle me glisse un petit « amuse-toi bien ». Le même « amuse-toi bien » qu’elle me disait déjà en me lâchant devant l’école primaire, il y a vingt-cinq ans. Ca m’amuse bien, justement.


Billet inspiré par ma mère (!) et par le nouveau livre de Cachemire & Soie, que je vais m’empresser de lire juste pour vérifier si « elles » sont toutes pareilles. ;)

* pour ceux qui ne sont pas bilingues : « mate la vieille comme elle est moche ».

Posté par Katia_ à 09:40 - Vide-poches - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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