Gin Fizz

Bulles de vie...

Milan en mai

19 mai 2014

porte

Marrakech ou Milan. Lorsqu'on a décidé, l'hiver dernier, de se réserver en week-end entre copines pour les ponts de mai, on a d'abord fait le tour des destinations qui nous tentaient et n'avaient pas encore été moultement visitées par les unes ou les autres. Le résultat qui est sorti des urnes était limité : Marrakech ou Milan. Bronzette et pâtisseries sucrées, ou visites culturelles, shopping et glaces ? Choix corsé, mais c'est, sans trop de surprise, Milan qui l'a emporté. (Bon, partir entre filles dans la capitale de la mode, c'était quand même un choix assez fastoche, j'avoue...).

A première vue, Milan n'est pas la ville la plus attirante de l'Italie. J'entends par là qu'on a souvent plus vite fait de courir à Rome ou à Florence pour s'imprégner de culture, d'histoire et de Dolce Vita. Et d'ailleurs, - vous allez encore dire que je râle -, je dois admettre que je n'ai pas eu le grand coup de coeur. Sortie des grands classiques cités dans tous les guides (et dont nous n'avons pas visité la moitié, le temps de rêve n'incitant pas à s'enfermer dans les musées), Milan est à mes yeux une ville agréable à visiter, sans plus.

Il faut bien dire aussi qu'on s'était dégoté pour l'occasion un super appartement avec une terrasse somptueuse (et un hamac !), et qu'on aurait tout aussi bien pu passer là-haut toutes nos journées, ne descendant de notre perchoir que pour l'appel du ventre. (Adresse en fin de billet, vous êtes nombreux au moins trois à me l'avoir demandé).

Et qu'est-ce qu'on y fait, à Milan, alors ?

* On visite le Duomo, emblème de la ville. Une jolie petite église (3ème plus grande d'Europe tout de même) assez bien fignolée dans les détails, faut bien dire ce qui est. Chaque recoin du biniou est sculpté, orné, décoré. En gros, prévoyez quatre heures si vous voulez admirer chaque détail. Sinon, embarquez comme nous sur les terrasses, d'où vous aurez une chouette vue sur la ville, et de jolies perspectives du bâtiment.

* On se balade au Cimitero Monumentale, le cimetière (donc) qui porte bien son nom : un immense jardin à la fois baroque et lyrique où la grande bourgeoisie milanaise rivalise de créativité et de fantaisie pour décorer ses stèles. Statues à taille réelles, tombes à l'architecture discutable (était-ce bien nécessaire de reproduire la Tour de Pise, par exemple ? Je pose la question), voire même, soyons fous-fous, reproduction grandeur réelle du tableau de La Cène, de Leonardo de Vinci. Allez, hop, faisons nous plaisir, on est là pour l'éternité !

* La Cène, tiens. Parlons-en. Cenacolo Vinciano dans le texte. L'oeuvre majeure du maître après la Joconde. Evidemment, qu'on avait très envie de la voir. Sauf que... sans réservation plus d'un mois à l'avance, impossible de dégoter le moindre ticket, à moins peut-être de débourser le triple du billet de base. Je veux bien me cultiver, mais pas me faire plumer, et à 60 euros les 15 minutes chrono de visite (véridique), on a décrété que la culture attendrait.

* Faire du shopping ? Bah non. Désolée de vous décevoir, mais revoyez immédiatement vos certitudes : Milan-ville du shopping = gros mytho-pipo. Point barre. A moins, évidemment, de faire péter le PEL des gosses en flambant chez Armani, Prada et Borsalino. J'aime autant vous dire que je suis restée sage comme une image. A peine un petit magnet touristique rapporté pour le frigo. C'est à dire que les enseignes italiennes plus bas de gamme n'ont rien à envier à Desigual, si vous voyez ce que je veux dire... Moi qui m'inquiétait pour le supplément bagage au retour, je suis rentrée peinarde.
Ceci dit, ne négligez pas un petit tour à la Galleria Vittorio Emanuele II, prouesse architecturale qui abrite toutes les belles enseignes sous d'immenses voutes de verre. Juste en face, le fameux Theatro alla Scala laisse un petit goût amer, tellement le bâtiment est insipide de l'extérieur.

* Maaaaannnngeeeeeeeeer ! Cuisine italienne, trattoria, tout ça, je ne vous fais pas de dessin, hein. Quoi que, si, quand même... La pizza authentique milanaise est fabriquée à base de farine qui lève durant plusieurs heures, et produit une pâte très épaisse et moelleuse. Rien à voir, donc, avec les traditionnelles pizzas de Naples à pâte très fine et croustillante. On aime, ou pas, mais en tout cas, y'en a pour tous les goûts.
Globalement, nous avons eu peu de chance avec nos choix de restos (celui qu'on voulait vraiment tester sur recommandation était fermé le seul jour où l'on s'est pointées affâmées), et avons mieux mangé (et pour nettement moins cher) en choisissant sur le pouce.
Enfin, sachez que le basilic semble être denrée rare en Italie, pusqu'il m'a été impossible de commander une salade "tomate-mozza-basilic" AVEC du basilic. Un mystère à élucider. Sherlock, si tu m'entends...

* Maaaaaaaaannnnnngeeeeeeerrrr des glaaaaaaaces ! Alors là... alors là, loto bingo ! Je vous livre deux adresses parfaites pour des glaces au parfum goûteux, des cornets croquants, et un prix vraiment riquiqui pour cette qualité.
     Cioccolat Italiani : spécialiste des saveurs chocolat, un cornet fourré sous vos yeux en chocolat coulant, et un supplément guimauve fraiche à se damner ! (via san raffaele, 6)

     Gelateria Marghera : plus confidentielle que la première, mais les parfums proposés sont impeccables en goût (l'impression de croquer dans des fraises) (via Marghera, 33).

* Prendre l'aperitivo sur les Navigli : les canaux au sud-ouest de la ville, qui approvisionnaient anciennement la ville, et qui sont aujourd'hui bardés de petits bars et restaurants parfaits pour l'heure de l'apéritif. Bon, forcément, quand les canaux sont temporairement pris d'assaut pour je-ne-sais-quel salon ou exposition du nautisme, l'ensemble est tout de suite moins harmonieux. Du coup, pas de photos. Vlan !

* Et quand y'en a marre de Milan ? On fonce en excursion aux alentours. Option 1, le lac de Côme. Option 2, le lac Majeur. C'est pour cette seconde version que nous avons opté. A une heure de train, on débarque à Stresa, station balnéaire huppée qui dégage une impression de pub Ricola. Montagnes au loin, lac, verdure, calme, sérénité. Un petit bateau nous dépose sur Isola Pescatori, l'île des pêcheurs, pour déjeuner de poissson fraîchement pêché, puis sur Isola Bella où l'on déguste une glace (nettement moins bonne et plus touristique qu'en ville) en visitant les jardins du palais Borromeo.

* Visiter les musées ? Oui, éventuellement, bien entendu, tout à fait. Il y a à Milan deux belles pinacoteca notamment, qui regorgent de jolies choses... mais, encore une fois, le beau temps nous a bien eues, et on a préféré rester avec lui.

Quelques photos pour finir. (Mon dieu que ce billet est long ! Vous êtes encore là ? Vraiment ?)

duomo 1

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galleria 1

galleria 2

velib

cimetière 1

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cimetière 4

cimetière 5

isola bella

Panorama

barque

verres

 

Et donc, pour ceux que ça intéresse, l'appart, loué sur Airbnb, est juste là ! A louer à plusieurs, il est plutôt grand, mais bizarrement fichu. Chouffe la terrasse, ma fille, chouffe ! (prête pour le Maroc l'année prochaine, moi !)

terrasse 1

terrasse 2


Voir sur l'Arno le soleil se coucher

02 juillet 2013

Florence_vue_bis

Previously on Ginfizz, on disait donc que j'avais été déçue de mon séjour à Florence, pour moults raisons un peu rocambolesques... Alors oui, je sais. Je SAIS. Je sais que l'Italie ne serait pas l'Italie sans Florence, qu'un touriste digne de ce nom se doit d'avoir "fait" Florence au moins une fois dans sa vie, et que ce n'est pas pour rien que les hordes et troupeaux XXL de visiteurs venus d'Amérique et d'Asie préfèrent souvent faire escale à Florence plutôt qu'à Rome quand ils s'en viennent visiter le pays en forme de botte. Et je sais, donc, que ça peut paraitre un peu "shocking" d'oser dire que, ouais, bon, Florence... sympa, sans plus.

Mais... quand même.

Déjà, la ville a cette particularité que quasiment tous les musées et les bâtiments à visiter se trouvent dans le même mini périmètre. Il en résulte une surconcentration de touristes au mètre carré assez infernale, et cette désagréable impression d'entendre parler tout sauf italien autour de soi. Comprenez-moi bien, je ne critique pas les touristes eux-mêmes (sinon, autant aller visiter Percahoute-les-brouettes, où je suis à peu près certaine d'être peinarde niveau tourisme), mais bien le fait qu'ils (qu'on) soient agglutinés en troupeau de quinze dans une zone déjà pas bien grande. Pour la touche authentique, on repassera un autre jour.

Ensuite, je crois que malheureusement, je ne suis pas vraiment sensible à l'art époque Renaissance sureprésenté à Florence, du fait de son histoire. Honnêtement, la visite de la Galleria dell'Academia, hormis son fameux et spectaculaire David de Michel-Ange, m'a laissée sur ma faim. C'est à dire que les enluminures religieuses entassées le long de douze salles, je suis navrée, mais moi ça ne m'émoustille pas un brin. Je ne m'y connais pas assez pour en saisir la beauté à sa juste valeur, sans aucun doute.

De même, la visite de la superbe Galerie des Offices, l'incontournable des incontournables, m'a finalement déçue aussi. Certes, les quelques Boticelli présentés sont absolument magnifiques (du moins, si on arrive à les contempler dans leur ensemble, et à s'abstraire de la colonie de visiteurs agglutinés au pied de la toile), mais le reste des oeuvres présentées, heu... oui, c'est ça, je ne dois pas être assez calée en la matière, on va dire. Si on ajoute à cela une scénographie désastreuse (éclairages ultra mauvais, contrejour sur les toiles, et textes explicatifs de présentation des oeuvres très sommaires) et une bonne partie des salles vidées car en rénovation, on ressort de là avec une impression hélas mitigée.
(Je précise que ce musée est justement en train d'être rénové pour agrandir la surface disponible, et sans doute repenser l'organisation interne et la mise en avant des toiles et statues présentées. Pour le coup, on a juste joué de malchance dans le timing...)

Quant au Duomo, parlons-en, tiens. Autant cet édifice est spectaculaire de l'extérieur avec une magnifique facade travaillée et pleine de détails, autant l'intérieur assez terne fait retomber le tout comme un soufflé raté. En revanche, je vous conseille grandement de grimper au sommet du dôme malgré les quelques 465 marches, car la vue tout là-haut y est à couper le souffle.

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Le David de Michel Ange, qui fait son petit effet / Le Duomo sous un ciel très nuageux.

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Statues et fontaines sur la Piazza della Signoria.

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Le Ponte Vecchio vu depuis la Galerie des Offices.

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Vue sur l'Arno depuis le Golden View (adresse plus bas).

Bon, j'ai l'air de ne faire que râler, et pour un peu, on dirait que c'était vraiment une corvée de passer quelques jours à Florence. Non. J'exprime juste (j'espère que vous l'aurez compris) une certaine déception, sans doute à la hauteur des attentes que j'avais de cette ville mythique.

Et il y a quand même des tas de choses que j'ai aimées à Florence. Par exemple :
* Les nombreux jardins, essentiellement situés dans le sud de la ville, de l'autre côté de l'Arno, qui offrent de petites oasis de verdure rafraichissantes au panorama dégagé sur toute la ville. Le Giardino Di Boboli reste un peu plus sauvage que le Giardino Bardini ultra léché, mais les deux se visitent agréablement pour s'extraire un peu de la torpeur des ruelles étroites et engoncées du centre ville.

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Florence_fontaine     Florence_statue_visage

* Les quartiers beaucoup moins touristiques que sont Santo Spirito et San Niccolo (où nous logions), ponctués de quelques adresses branchées destinées à la jeunesse locale, et de restaurants et tavernes plus authentiques et moins 'pièges à cons de touristes'.

* Le coucher de soleil sur la ville vue depuis la Piazzale Michelangiolo. Un peu trop couru (coucou les cars de touristes), mais très agréable d'y prendre un verre en regardant le soleil (quand il y en a...) colorer les toits en tuile de Florence.

* La petite virée à Fiesole, patelin du coin situé au nord-est de la ville. On y accède en bus (1h de route), et si le village en lui-même n'est pas palpitant (à moins d'aller y visiter les vestiges gallo-romains), il offre une vue imprenable sur toute la vallée, et les toits de Florence s'étirent à perte de vue, bercés au coeur de collines parsemées de cyprès. (Quand je serai grande, je veux faire Baudelaire).

* La gastronomie du coin a franchement tout pour me rebuter (les sandwichs aux abats, c'est pas trop mon truc, voyez ?), mais qui aime les classiques de la cuisine italienne mangera très bien à Florence. Quelques adresses testées et appouvées :
- Dans le quartier de San Niccolo, une excellente pizzeria à prix plus que corrects, dans une ambiance décontractée, mi-touristes mi-locaux en grande tablée : I Tarocchi, Via dei Renai, 12/14. Fermée lundi.

- En contre-bas des collines du sud de la ville, une chouette oenothèque réputée pour sa cave et ses fameux crostinis (tartines grillées recouvertes de bonnes choses) à tous les goûts. Jolie terrasse au calme. Enoteca Fuori Porta, Via del Monte alle Croci, 10r.

- Classique, mais diablement efficace, et parfait pour changer des pizzas (très bonnes viandes, grand choix de pastas). Trattoria Bordino, Via Stracciatella, 9r.

- Ultra pittoresque même si assez touristique (à force d'être cité dans tous les guides du monde), le Mercato Centrale pour le large choix de produits frais, et les échoppes où l'on déguste sur place, notamment Nerbone pour les tripes (non merci) et les sandwichs au rosbeef. Piazza del Mercato Centrale.

- Pour un verre avec vue sur l'Arno, et si on s'y prend bien, pile dans l'axe du Ponte Vecchio : Golden View, Via dei Bardi 58r. Assez branchouille et pas donné, mais l'astuce est de profiter de l'happy hour, qui propose un accès gratuit au buffet apéro pour toute consommation. (Assez répandu dans les bars de Florence).
 
Allez, ça ira pour cette fois, je pourrais encore raconter plein de choses (positives et négatives) sur Florence, mais vous ne devez être plus que deux à avoir eu le courage de lire ce billet jusque là (et je vous en remercie, d'ailleurs !). Arriverderci tutti !

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Florence_panneau_flic     Florence_panneau_sardines

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Very Little Italy

24 juin 2013

Vitrine_Florence

Hop, et de quatre ! Moi qui n'avait jamais posé un orteil en Italie il y a encore trois ans, je viens de boucler mon quatuor perso des villes à visiter dans le pays. Venise, Naples, Rome, et enfin ce mois-ci, Florence...

Aaaah, Florence... son fameux Duomo emblématique, ses dizaines d'églises, son Ponte Vecchio, son centre-ville chargé d'histoire, et sa campagne mythique inspirant la Dolce Vita par excellence. Indiscutablement l'une des villes "must seen" à visiter au moins une fois dans sa vie. Certes... Pourquoi, alors, est-ce que je garde ce souvenir mi-figue mi raisin de mon week-end italien ?

Peut-être parce que, finalement, rien ne s'est passé comme prévu.

En réservant les billets d'avion plusieurs mois à l'avance (je vous ai déjà parlé de ma propension à faire des projets de week-ends plus de 10 mois à l'avance ?), je m'y voyais déjà comme si c'était joué : on atterrissait à Pise (vu que les vols Easy Jet ne vont pas à Florence direct), juste assez de temps pour faire un rapide petit tour de la ville, admirer et photographier la célèbre tour bancale, puis on partait rejoindre notre logement à Florence, et après trois jours de visite de la ville, il nous en restait deux pour nous évader en Vespa dans la campagne toscane, à flâner au milieu des cyprès et des oliviers sous un doux soleil printanier.

Bon. Ca, c'était la théorie.

En pratique, débouler dans la banlieue de Pise avec nos sacs de voyage sous un cagnard de plomb, ca ne motive pas trop à multiplier les aller-retour aéroport/centre ville dans tous les sens. D'autant que le premier bus qu'on a croisé sur le tarmac, c'était la liaison directe pour "Florence/gare centrale", et que le bus partait dans les 5 minutes à venir. Ok, c'est tranché, on zappe. Pise, toi et moi, ce ne sera pas pour cette fois. (Le chéri tente de me faire croire qu'on visitera au retour, avant de reprendre l'avion. Et la marmotte...)

On débarque donc à Florence, à la recherche de notre petit appartement (loué sur Airbnb, une fois de plus). Il fait beau (je rappelle qu'on quittait Paris, où le temps avoisinait les 8° depuis quelques jours), il fait chaud, ma valise a des roulettes, on se dit donc qu'on va marcher jusqu'à l'appart, plutôt que de prendre un taxi ou un bus. Ouh, la bonne idée dis donc ! En pleine heure de pointe, sachant que TOUTES les rues sont pavées ou assimilé, je peux vous dire que j'ai plutôt eu l'impression de faire une maxi séance de PowerPlate que de tirer mon bagage. C'est simple, j'ai continué à entendre les vibrations des roues sur le sol au moins quatre heures après être arrivée à destination. (La valise va bien, merci. Mais j'ai guetté le moment où les roues allaient se barrer en cacahuète et me laisser en rade).

Arrivés à bon port, allégés de nos sacs et de nos écharpes/jean collant/grosses baskets, nous voilà partis pour une première virée dans la vieille ville. C'est PILE ce moment-là que le soleil a choisi pour aller prendre ses RTT en retard. Pluie, nuages, averses, pluie, petite éclaricie, pluie. C'est grosso modo le temps que nous avons eu durant notre séjour. Ok, j'exagère peut-être un peu, j'ai quand même pu attraper un mini coup de soleil sur les épaules durant la seule journée à peu près correcte. M'enfin, il est certain que photographier le Ponte Vecchio ou le Duomo au milieu d'un ciel cotonneux de nuages grisouilles, ça ne rend pas trop justice à la beauté des lieux.

Quant à mon escapade rêvée en Toscane, forcément, on y a revu à deux fois avec ce temps de fin d'automne. La menace de se retrouver éventuellement coincé à 150 bornes de la ville sous des trombes d'eau n'était pas des plus motivantes. Sans compter sur le fait que j'optais pour un Vespa pour découvrir les environs "à la cool-tranquille-Emile", et que Chéribibi ne jurait que par une moto "pour aller plus vite, plus loin, plus fort". (Su-per). Et que de toute façon, on n'a jamais pu trouver une boutique de location (parce qu'on a cherché quand même, c'est bien ça le pire), sans penser une seule seconde à l'évidence : près de la gare. (Sache-le, public, c'est près de la gare qu'on trouve les magasins de location de scooter).

De fait, déçue de toutes ces mini contrariétés accumulées, mon super petit séjour romantique en Toscane a beaucoup perdu en saveur.

"Oui, mais Florence alors ?", trépignez-vous d'impatience. J'y viens, j'y viens. Avis, adresses, photos, vous saurez tout. Mais ce sera pour le prochain billet, parce que nous avons déjà là une bonne tartinette, et que pour un retour sur le blog après un mois d'absence, on va y aller piano, comme ils disent là-bas... 

Vacances romaines

20 mai 2012

Rome monument VE statue

Quatre jours à Rome, plein mai 2012. Naïvement, en réservant les billets (moult ago, pour des tarifs EasyJet de compet'), j'imaginais que le beau temps serait immanquablement de la partie. Sauf que non. Et c'est avec un temps mi-figue mi-raisin que nous avons découvert la ville éternelle, piochant au fond du sac lunettes de soleil ou k-way selon les bons désirs de Madame Météo.

Mais Rome reste Rome, et même sous un ciel de plomb, ce long week-end à arpenter la ville nous a laissé, en plus des ampoules aux pieds, une envie certaine de revenir un jour.
Je ne vous fais pas la visite guidée, les Routards et autres Lonely Planet le feront bien mieux que moi (j'ai autre chose à faire de mes vacances que de recopier les tarifs des bus ou des restaurants, en fait), mais je vous laisse avec quelques tips et petites anecdotes qui pourront vous servir, si d'aventure un court séjour dans la capitale italienne vous tente un de ces jours.

* Le prix des hébergements étant ce qu'il est en Italie, nous avons opté pour la location d'un petit appartement à Rome très mignon. Le budget final (incluant les frais de ménage) reste sensiblement le même que celui d'un hotel très correct, mais cette sensation d'être "chez nous" une fois rentrés de vadrouille, d'avoir une cuisine et un frigo rempli par nos soins à disposition, et de disposer de deux vraies pièces au lieu d'une unique chambre, c'est encore plus confortable.
Un petit nid idéalement situé en plein quartier du Prati, à quinze minutes à pied de tous les sites touristiques incontournables (Piazza Navona, Vatican, Villa Borghèse...).

Rome appart 1     Rome appart
Choupi, isn't it ?

* "A Rome, de bonnes pizzas tu ne mangeras point". Bon, ok, j'exagère un peu, mais ce n'est pas le fort de la ville, manifestement. Certes, la pate est fine, mais le reste laisse à désirer. Quand ce n'est pas purement et simplement une pizza surgelée qu'on vous sert (ce qui est inscrit sur la carte, en tout petit, bien sûr, les italiens ayant l'obligation de mentionner ce genre de choses). Jamais ça ne m'aurait traversé l'esprit qu'on puisse vous servir des pizzas surgelées dans une ville italienne ! Petit conseil : épluchez conscienscieusement la carte avant de commander. Ou rabattez-vous sur les pasta, qui sont, elles, nettement plus à la hauteur, dans l'ensemble.

* Quelle que soit la saison, il y aura toujours une queue immense pour visiter la Basilique Saint-Pierre au Vatican. Elle avance relativement vite, donc ne pas se décourager. Si la visite de l'église est gratuite, vous pouvez aussi, moyennant 5 euros, grimper au sommet de la Coupole, et découvrir une vue à couper le souffle sur toute la ville. "A couper le souffle", c'est peu de le dire, car il faudra pour cela grimper les 530 marches qui mènent au sommet. Escaliers de plus en plus étroits, impression et odeurs de renfermé, murs inclinés (sous le dôme)... la grimpette est sportive, et fortement déconseillée aux personnes âgées, cardiaques, femmes enceintes, ou claustrophobes. Tout est dit !

* Dans un autre genre de belle vue, le toit du Monument à Victor-Emmanuel II est également splendide. De part et d'autre de la terrasse s'étendent tous les monuments emblématiques de la ville. Impeccable en fin de journée, quand les rayons du soleil donnent aux bâtiments cette douce couleur mordorée.

rome vue colisée 2

Colisée, vu depuis le Palatin.

Rome Piazza Navona 1     Rome Piazza Navona 2

Fontaines de Neptune et des Quatre Fleuves, Piazza Navona

Rome Piazza     Rome Piazza Navona balcon

Rome texto

"Tiens, j'ai reçu un texto".

Rome ombre     Rome ombre forum

Rome louve     Rome paladin

* Visiter une ville sous une pluie battante, c'est la plaie. Mais cela permet également d'avoir nettement moins de touristes sur les sites touristiques, et donc sur les photos ! Nous en avons profité pour (re)découvrir le Panthéon, Saint-Pierre ou la Fontaine de Trevi... de nuit, puisque les éclairages y sont les mêmes par beau ou mauvais temps. Je vous mets au défi de réussir une photo de la fontaine sans un seul touriste assis sur le rebord pour se faire photographier en train de jeter sa pièce dans l'eau, à moins d'opter pour cette solution ! (oh, bah, on se console comme on peut, hein).

* A moins d'arriver aux aurores (et ceux qui me connaissent un brin savent que ce n'est pas gagné), la foule attendant pour visiter les musées du Vatican et la fameuse Chapelle Sixtine est dense, et la queue met parfois trois ou quatre heures pour arriver à l'entrée. L'une des solutions coupe-fil est d'opter pour la prestation d'un guide officiel, qui se chargera de vous faire entrer plus rapidement, et vous guidera pendant 2h30 de visite à l'intérieur des musées. La chose a un prix, 45 euros, et le concept n'est pas forcément au goût de tout le monde (perso, j'ai horreur de piétiner dans un musée en tendant l'oreille pour comprendre ce que raconte mon guide, alors que tout le monde trace autour de moi vers les oeuvres majeures). Dans ce cas, négociez ! Nous avons réussi à profiter de l'effet coupe-fil du groupe tout en esquivant la visite commentée, contre 30 euros par personne. Cher, certes. Mais l'entrée seule aux musées coûte déjà 15 euros. J'estime que rajouter 15 autres euros pour gagner plus de 3h de mon temps durant un court week-end sur place, c'est un investissement rentable.

Rome Vatican d'en haut

La place Saint-Pierre vue depuis la Coupole de la Basilique

Rome Vatican nuit

Le Vatican, de nuit.

Rome Panthéon

Le Panthéon, de nuit, un soir pluvieux (pas un rat !)

Rome Trevi nuit H     Rome voiture

* Testé et approuvé, trois chouettes petites adresses :
Restaurant Palazzaccio, une petite taverne familiale de quartier, jolie carte, poissons et crustacés à un bon prix, et petite terrasse très agréable. Via Ennio Quirino Visconti, 66-68
Osteria dell'Ingegno, un peu branchouille mais très raffiné dans l'assiette. Un peu cher peut-être, mais pour changer de la pizza ou du panino avalé rapidos le midi... Piazza di Pietra, 45.
Otello alla Concordia, au fond d'une allée, sous une veranda, une salle bruyante et animée (cantine de quartier) et une cuisine simple mais sympatique. Très bonnes pasta. Via della Croce, 81.

* Testé et desapprouvé, fuyez, fuyez :
San Silvestro, sur la place du même nom. Malgré une super adresse (jolie place calme et ensoleillée) et une grande terrasse accueillante, une cuisine fade et sans saveur, un service rochon, et des cheveux dans l'assiette. Passez votre tour !

Rome piazza spagna

Rome fleurs

Rome dolce vita

Rome vue villa Borghese

Vue sur Rome depuis la Villa Borghèse.

Capri, six heures d'arrêt

04 mai 2011

capriCapri. Hervé Villard s'égosillait à plein poumons en braillant que c'était la ville de son premier amour. Ben je veux bien te croire, mon cochon, c'est mignon comme tout, ce petit patelin. On y tomberait amoureux d'une branche d'olivier, pour un peu.
Le seul souci, c'est de pouvoir y débarquer, sur l'île. Noyés dans la masse ininterrompue de touristes en goguette embarqués sur les ferries-navettes, nous voilà donc à Capri pour une journée.

Ah, Capri... son funiculaire, ses villas luxueuses à piscine, ses citronniers et son limoncello glacé, ses petits sentiers sinueux, ses criques aux eaux claires planquées derrière les falaises... Tout ici respire le calme, la sérénité, la dolce vita. Un peu trop le luxe, aussi, c'est vrai...
Peu de choses à y faire, si ce n'est s'y perdre au gré de la balade, s'assoir en terrasse déguster une glace, respirer l'air marin teinté d'odeurs de pins, et contempler le quotidien des petits pêcheurs et de la jeunesse dorée italienne venue se ressourcer pour le week-end.

Embarquement immédiat pour Capri. Capri, six heures d'arrêt.

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rue

bal

hauteurs

ruelle

panneau

Rochers

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Sorry, mais la visite de Pompéi sous le ciel gris et la pluie donne des photos plus que médiocres, qui ne rendent pas du tout hommage à la beauté du site. Je passe donc mon tour pour cette fois.

Tranche napolitaine

02 mai 2011

ForzaJ'ai beau aimer le chocolat plus que de raison, il y a parfois des moments où je sais choisir mes priorités. Cette année, au lieu de guetter bêtement les cloches vissés au balcon, Chéribibi et moi sommes donc partis en goguette à Naples, pour le week-end de Paques. L'envie de pizzas marguarita et de luiguine al vongole fût plus forte que celle des oeufs fourrés pralinés, il faut croire.

Naples, donc. Ville construite à flanc de collines au pied du Vésuve. J'aime autant vous dire que les sandalettes d'été sont restées sagement planquées sous le lit de l'hotel, et que les baskets (et les cuissots) ont moultement travaillé en arpentant les rues de la ville : escaliers à chaque coin de rue, ruelles en pente ardue, le napolitain brûle les calories rien qu'en descendant acheter le pain.
En revanche, le napolitain ne se foule pas trop pour se débarrasser de ses ordures. Allez, hop, j'te jette ça en vrac sur le trottoir, et après moi le déluge. Il en résulte un chouette paysage de monceaux de détritus un peu partout dans les rues, copieusement ignorés par le service de propreté de la ville, exploité sous le manteau par la Camorra (mafia locale).

Pour toi, public, quelques tranches napolitaines, capturées au hasard des rues et de la balade... (et quelques adresses sympas en fin de billet). (Et demain, on ira se balader à Capri, toi et moi).

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Carnet d'adresses :
* Hotel Piazza Bellini, en plein coeur historique, à deux pas de la Piazza Bellini, très animée en soirée. Hotel design à taill humaine, large terrasse surplombant la ville à partir du cinquième étage. Seul bémol, le petit déj, un peu simpliste.
Via S.M. di Costantinoli, 101

* Da Michele : LA pizzeria du centre de Naples (y'a qu'à voir la queue sur la photo ci-dessus)
Via Cesare Sersale, 1

* Pizzeria Gino Sorbillo : L'AUTRE pizzeria, quand l'attente à la première est trop longue...
Via dei Tribunali, 32

* La Tavernia del Buongustaio : Petite auberge sans prétention, le chef présente la carte du jour en fonction du marché et de la pêche. Bonne humeur, et très bon. Et toujours blindé !
Via Basilio Puoti, 8

Laisse les gondoles à Venise

18 janvier 2010

gondolesIl faut bien le dire : partir en week-end découverte au beau milieu de décembre dans une ville mythique comme Venise, c'était une drôle d'idée. Et pourtant, à la faveur d'une impulsion un peu remaniée, nous voilà une dizaine à embarquer sur l'Easy Jet pour le pays des gondoles, afin d'y célébrer en doudoune et polaire les trente ans d'une amie.

Étrangement, moi qui ai voyagé dans moult contrées exotiques et lointaines, je n'avais jusqu'alors jamais mis un pied en Italie, et partais avec la légère appréhension de me les cailler sévèrement dans mes bottes. Mais un pays qui sent bon les effluves de pizza et pasta à tous les coins de rue ne peut pas être foncièrement mauvais, me disais-je.

Armés de nos plus chauds cache-cols* et chandails* laineux, nous voilà ainsi partis arpenter les rues et ruelles de la ville aux mille ponts. Alors certes, Venise en plein décembre, ça ne ressemble en rien aux images qu'on peut avoir de la ville romantico-cucu des dépliants touristiques. Rangez les gondoliers chantonnants, les touristes encombrants et les quais grouillants. Il faut bien dire ce qui est : y'a pas grand monde pour nous casser les pieds dans les rues en cette saison.

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A chaque médaille son revers : certes, la ville nous appartient, mais elle a aussi profité de la basse saison pour se refaire une petite beauté. C'est sûr, la Basilique Saint Marc sous les échafaudages, ça perd tout de suite de son cachet initial. Déjà que je n'étais pas fan de son look de gros cupcake doré...

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Mais le pire reste à venir. Dans mon imaginaire, le fameux Pont des Soupirs, dont j'avais tant entendu parler, était selon moi un lien emprunt de romantisme et de fièvre amoureuse où l'on s'embrasserait fougueusement avec Chéribibi, emportés par un tourbillon de passion. Force est de constater que j'étais assez mal renseignée, puisqu'il apparaît que ce fameux pont reliait le Palais des Doges à la Nouvelle Prison, et qu'il est totalement fermé afin que l'on ne puisse voir ni entendre les condamnés qui se rendaient en tôle. Pour le romantisme, revenez en semaine 2, merci et au revoir. Quant au spectacle visuel, j'ai là aussi un peu la sensation de m'être fait arnaquer.

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Déconfits devant la tournure des événements, nous décidons de nous culturer un peu, et de visiter les deux bâtiments de la collection Pinault, supposée rassembler tout le gratin de l'art contemporain. Si j'avais encore des doutes à ce sujet, je suis désormais totalement convaincue : les artistes modernes sont tout de même bien barrés du ciboulot. Entre les sculptures de cul de cheval encastré dans le mur, les lapins géants qui câlinent des ours, et les reconstitutions de l'oeuvre nazie propre à faire rendre à quiconque ses gnocchis du déjeuner, mon coeur balance (comme mon estomac). Heureusement que le Palazzo Grassi en lui-même a vraiment de la gueule.

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Bien heureusement, mon imaginaire n'avait pas menti sur un point : la gastronomie. Pizza, pâtes et risotto comblent à merveille mes envies de féculents, et je me découvre une nouvelle passion pour les linguine al vongole (palourdes). L'italie est fourbe : c'est un pays où l'on prend cinq kilos rien qu'en lisant la carte du restaurant. Au moins, températures mister freeze obligent, j'ai évité le désastre complet en faisant l'impasse sur les gellati du coin.

De ce premier contact avec l'Italie me reste des souvenirs mitigés. Partagée entre la beauté de la ville et la déception ressentie devant les principales attractions touristiques. Je partirai volontiers à l'assaut de Rome, Naples ou Florence, à la découverte des campagnes de Toscane et des volcans de Sicile. Mais je laisse à Venise ses gondoles, ses canaux et ses vaporetto, sans être certaine de les revoir un jour. Ce qui ne m'étonne pas, finalement : je n'ai pas le pied marin.

* Spéciale dédicace à ma grand-mère.