Gin Fizz

Bulles de vie...

Last Christmas, I gave you (all) my heart

06 janvier 2017

lapin couronne

Il parait qu'on a jusqu'au 31 janvier pour s'échanger les voeux d'une nouvelle année pleine de bonheur, de rires, de projets, de santé et-de-tout-ce-qui-vous-ferait-plaisir-on-n'est-pas-radins. Oui, alors si vous le permettez, on va plutôt y aller fissa, et se dire toutes ces jolies choses dès maintenant, parce que perso, moi, je ne suis pas mécontente de fermer la porte sur 2016, qui fut une année assez mitigée en ce qui me concerne.

Il faut dire aussi que, pour bien faire les choses, on l'a terminée sur un feu d'artifice de microbes en tous genres, qu'on s'est refilés à qui mieux mieux, genre "paf, c'est toi le chat !", "oh non, j'avais déjà une otite la semaine dernière, refile à papa plutôt !". En point d'orgue, pile entre les deux réveillons, une petite scarlatine sortie de derrière les fagots pour Babygirl-Première-du-nom, histoire de bien achever nos dernières réserves d'énergie.

Tiens, les réveillons... Parlons-en deux secondes, vous voulez bien ? Je ne sais plus qui a dit que "Noël est la fête des enfants", mais cette personne reverrait certainement son jugement s'il avait passé les mêmes trois soirées de fête que moi. Non, définitivement, avec des mouflets de un et quatre ans, Noël n'est ni la fête des enfants, ni celle des parents.
Passée l'excitation pré-distribution des cadeaux et les quarante secondes où sont déchiquetés compulsivement les emballages soignés qu'on s'est pris le chou à faire avec amour entre 22h et 00h, voilà que le soufflé retombe d'un coup. "Y'a plus de cadeaux pour moi ?", qu'on a entendu dire, après avoir vu la croquette-en-chef déballer au moins douze paquets bigarrés, en regardant à peine leur contenu. #morveusepourriegatée

Vient ensuite le moment d'ouvrir chaque nouveauté, en essayant désespérement de tempérer les ardeurs de l'aînée : "non, chérie, on ne va pas construire le château de princesse Lego maintenant. Pourquoi ? Bah déjà parce que j'ai pas du tout envie de faire des Lego là tout de suite, ensuite parce que j'ai les mains prises avec ma coupe et mon toast, et enfin parce que si c'est pour passer trois heures à récupérer chaque pièce paumée dans tout ce fatras d'emballages, j'aime autant te dire que ce sera sans moi". (non mais).

Après s'être pété trois ongles à ouvrir les boîtes de jouets plus sécurisées qu'Alcatraz offerts à la Minus (c'était obligé, tous ces fils de fer entortillés à huit endroits différents ?), force est de constater qu'elle n'a strictement rien à carrer de sa coccinelle parlante à formes encastrables, et qu'elle n'a d'yeux que pour les jouets des autres, et si possible les trucs qu'elle peut mettre dans sa bouche et avaler en moins de deux. De là à finir aux urgences pour un escarpin Barbie en plastoc coincé dans le gosier, il n'y a qu'un pas.

La tête déjà bien en vrac entre les cris de joie, d'hystérie et de frustration ajoutés aux jouets sonores qu'on teste tous en même temps (mais elle va la boucler, la coccinelle ?), l'heure est venue de passer à table. Evidemment, les kids ont boulotté tellement de pistaches et de mini-saucisses à l'apéro qu'il est inenvisageable de leur faire avaler quoi que ce soit de plus jusqu'au dessert. Après tout, ok, c'est jour de fête pour tous. Mais dans ce cas, laissez-moi au moins festoyer tranquille, moi ! Au lieu de toujours venir m'interrompre pour un mode d'emploi à lire, une revendication à faire ("Machine elle m'a tapéeeeee" = je m'en fous), une envie pressante PILE au moment où le soufflé est servi, ou toute autre obligation parentale que je délèguerais bien à n'importe qui d'autre, là tout de suite maintenant.

A ce stade, tout le monde est crevé, les enfants sont intenables, même l'astuce "Un petit film sur la tablette ?" ne marche plus trop bien sur les grands, les petits (la Minus en tête) réclamment les bras en permanence, non sans gesticuler de plus belle pour en descendre lorsqu'on a enfin accepté de ne pas pouvoir finir son assiette pour calmer les mugissements de sa progéniture, et on se demande si c'était une si bonne idée de reprendre deux fois de la buche glacée. #bouboulina

Cap sur la maison, chargés comme des baudets, et retour en voiture sur fond de pleurs de fatigue en continu, tympans à vif, nerfs en tire-bouchons, foie en grève, make-up de panda et robe tâchée aux deux épaules de traces de bave, morve, chocolat ou que sais-je encore (mieux vaut ne pas savoir). Ah, il était beau, ce réveillon, dis donc !

"Ca ira mieux demain" ? Ah mais détrompez-vous, les gars ! Les jours qui suivent Noël sont peut-être encore pires que le réveillon lui-même. Le salon est maculé des nouvelles boîtes de jeux éventrées, y'en a dans tous les recoins, on se croirait dans une annexe de La Grande Récré un lendemain de soldes. On a englouti le PIB de la Littuanie en piles de toutes les tailles possibles pour faire fonctionner les trucs électroniques, plus moyen de faire un pas sans écraser un Lego, un Duplo ou un jeton de Colorino, on s'est tapé cinq fois "La Fée Clochette" en DVD pour canaliser la grande sur le canapé, pendant qu'on surveillait la petite qui fourre tout ce qu'elle trouve à la poubelle, pour nous imiter (ah bah tiens, il est là, le nouveau livre de comptines...).

Bref, ces réveillons n'étaient de tout repos pour personne, et comme chaque année, je ne suis pas fâchée d'être tranquille sur le sujet pour quelques mois. Et je m'accroche à cet espoir que, sans doute, d'ici deux ou trois ans, on pourra à nouveau faire de ces moments de retrouvailles familiales quelque chose de plus serein et de moins bruyant. Ou, à défaut, de pouvoir noyer tout ce stress dans le champagne sans penser au lever de six-du-mat' le lendemain.

D'ici là, il me reste tout de même à vous souhaiter à tous une année 2017 légère et pétillante comme les bulles de champagne. Qu'elle vous/nous soit plus douce que les deux derniers crus passés, ou en tout cas que l'on parvienne à s'y frayer notre chemin sinueux dans un quotidien souvent chaotique et destabilisant. A une échelle plus personnelle, que 2017 vous comble de petits bonheurs. Il faut juste savoir trouver chacun les nôtres...

Pour ma part, 2017 marquera, je l'espère, mon retour à une vie professionnelle épanouissante et accomplie, après quelques années délicates sur le sujet. Reprendre les voyages, continuer le théâtre, retrouver une dynamique sportive, et venir de temps en temps vous raconter tout ça ici m'occuperont le reste du temps :)


Allez, Lapinou Year* à tous !


*C'est la dernière année que je m'autorise cette expression ringarde, en rapport avec la photo d'illustration. Mais pardon, quand même...

 


Ca sent le sapin

23 décembre 2014

girafe

Pas très présente par ici, la coquine, hein ? Oh, c'est pas la peine de faire genre, je sais bien que c'est ce que vous pensez tout bas. Et que certains disent même "je croyais qu'elle cherchait un boulot, elle devrait avoir plein de temps pour écrire sur son blog, en attendant, non ?". Et d'autres ajoutent "ou alors, elle a trouvé un nouveau job et n'a le temps pour rien d'autre que ça et sa famille..." Oh la la, mais quel suspens de fou, en fait, par ici !

Allez, j'avoue. Ma vie professionnelle n'est pas encore parfaitement remise sur ses rails, mais j'ai commencé il y a quelques semaines une nouvelle mission qui me prend pas mal de temps et d'énergie, d'où mon absence encore plus appuyée sur ce blog. La tête dans le guidon, et besoin d'une faille spacio-temporelle pour dégager quelques instants qui me permettraient de bloguer sereinement. (Ou déjà, de prendre un bon gros bain à bulles, ce serait pas mal).

Mais je ne pouvais décemment pas terminer l'année sans repointer mon museau par là, j'ai des principes, hé ho.

Il fallait par exemple que je vous raconte à quel point j'ai eu l'idée du siècle quand j'ai accepté de "faire un sapin" cette année. Babygirl approche des 2 ans et commence à être réceptive à ce fameux esprit de Noël et à l'excitation qui flotte dans l'air en décembre. Banco, me suis-je dit naïvement, achetons un sapin qu'on décorera toutes les deux ensemble, dans un grand moment de complicité mère-fille.

Ah ah. La blague. Hormis les grands yeux éberlués à la perpective d'avoir un arbre dans le salon, planté à la place de sa caisse à jouets, et passée l'heure et demie de décorage intempestif (et je veux dire par là "je pose les décos, elle les enlève, je les repose un peu plus haut"), mademoiselle n'en a soudainement plus rien eu à carrer du sapin, si ce n'est pour chourraver tous les sucres d'orge, aller se fourrer dans le coin juste derrière ("cache-cache, Maman !") et faire tomber toutes les épines en vrac, bousillant au passage deux ou trois boules ou figurines chèrement aquises. Mini-croquette : 1 / Esprit de Noël : 0.

En revanche, les chats ont pris la chose très à coeur. A haut-le-coeur, même, je dirais, vu le nombre de vomitos retrouvés ça et là dans tout l'appart lors de la première semaine de présence du dit-connifère. Faute de quoi, après avoir vidé leurs intestins un peu partout (si possible au milieu du tapis, pas sur le carrelage facile à netttoyer), ils ont fini par piger que ce truc végétal n'était pas leur meilleur ami, et se sont finalement mis à le bouder aussi.
Alors bon, mon beau sapin, roi des forêts peut-être, mais en attendant janvier, c'est bibi qui ramasse les épines.

J'ai quand même d'autres petites bricoles à partager avec vous. Des réflexions sur le rythme de working girl qui jongle entre métro, boulot, bambino et dodo. Des grandes introspections sur le temps qui passe et la mini-croquette qui grandit. Des impressions sur ma première année de théâtre écoulée, nos premières représentations en public, le stress, le trac et l'excitation de jouer plusieurs soirs de suite, comme les "grands". Des lectures à vous raconter, à vous détailler, à vous recommander (et croyez-moi bien qu'avec deux heures de métro par jour, j'ai le temps d'ingurgiter pas mal de trucs, ces temps-ci !). Tout ça, et beaucoup plus sans doute, si je me pose deux secondes pour y réfléchir...

Mais ça sera pour l'année prochaine, faute de mieux. Pour le moment, je referme doucement la porte sur cette année écoulée, en demi-teinte pour moi à bien des égards, mais qui a au moins le mérite de s'achever sur les rires et les premiers émerveillements de ma fille à la vue de cadeaux enrubannés, sapins clignotants, bonnets rouges et petits sablés en forme de lutins. Tiens, serait-ce donc ça qu'on appelle la magie de Noël ? Peut-être bien, oui...


Très belle fin d'année à tous, et cap sur 2015 !