Gin Fizz

Bulles de vie...

I'm a poor lonesome cowgirl (#3 : Grand Canyon, Monument Valley)

05 septembre 2011

Monument Valley

Nous quittons L.A. au petit matin car nous avons près de huit heures de route pour parvenir à notre destination suivante, l'incontournable Grand Canyon, en Arizona. Nous traversons pour cela le grand désert du Mojave, ses paysages arides clairsemés de cactus et ses dunes de sable. Nous arrivons de nuit à Tusayan, petite ville à quelques miles au sud du Parc National du Grand Canyon. Le lendemain matin, réveil de bonne heure mais sans difficulté, car nous avons rendez-vous pour l'un des temps fort de notre voyage : le survol du Grand Canyon en hélicoptère ! N'ayant pas encore eu le temps de l'apercevoir depuis la terre ferme, c'est donc bien dans les airs que nous ferons connaissance pour la première fois avec ce géant mythique.
Grâce à mon poids moyen, j'hérite fièrement de la meilleure place à bord de l'appareil, et trône aux côtés du pilote, avec la vue dégagée de tous côtés. Les pales se mettent à tourner, le sol s'éloigne... enfin, nous volons vers le clou du spectacle.

Comment vous dire ? Comment décrire avec de simples mots ce que l'on ressent à cet instant ? J'ose à peine l'écrire ici, mais j'avoue avoir eu les larmes aux yeux devant le spectacle qui s'étendait là : des forêts de pins à perte de vue, et soudain, sous nos pieds, la faille. Abrupte. Puissante. A pic. La faille géante qui plonge en rochers escarpés vers les entrailles du sol, trainant en son coeur le fleuve Colorado, artiste de ce paysage depuis des millénaires. On se sent si petit et si fragile face à l'immensité de ce mastondonte. L'hélico survole les roches teintées d'ocre, couleurs écrasées par le soleil déjà puissant à cette heure matinale. Je suis seule à l'avant de l'appareil, mon casque sur les oreilles, et la bande sonore diffusée dans les écouteurs (Pink Floyd, Hey You) ajoute encore quelques grammes de magie à l'instant présent.
Les photos prises depuis l'hélico ne retranscriront en aucun cas la beauté du paysage, du fait de la luminosité trop importante. Surtout, il sera impossible de vous rendre compte sur les clichés de la taille réelle du Canyon, essayez juste de visualiser toutes les petites tâches vertes comme des pins d'environ 4,5 m de hauteur.

Grand Canyon USA     Grand Canyon USA

Grand Canyon USA

Grand Canyon USA     Grand Canyon USA

Grand Canyon USA


Revenus sur la terre ferme, et après un debrief collectif fait de superlatifs, nous reprenons la voiture pour nous diriger vers le Canyon, mais pour le visiter cette fois par la marche. Les rives sont en effet aménagées en longue randonnée sur des chemins de sable qui longent les précipices, parfois vraiment abrutes. Apparemment, quelques touristes trop hardis tombent chaque année au fond du canyon, autant vous dire que je regarde à deux fois où je pose les pieds. Il est également possible d'effectuer des randonnées qui descendent vers le bas du Canyon, au plus près du fleuve Colorado, mais en plein cagnard aoûtien, il faudrait avoir une condition physique et un équipement de malade pour s'y risquer. La température frôle déjà les 36° sur les rives, elle atteint 49° à l'ombre dans les profondeurs du Canyon. Sauf que, manque de bol, il n'y a pas d'ombre. Et puis la perspective de croiser l'un des habitants du coin, à savoir le coyote ou le crotale, me fait très moyennement rire.

Etrangement, alors que nos impressions depuis les airs nous coupaient déjà le souffle, le Grand Canyon depuis la rive nous a semblé encore plus majestueux, immense, puissant, enveloppant. A échelle humaine, sans l'effet d'optique trompeur de la hauteur, on réalise encore mieux la taille époustouflante de cette faille creusée par les tremblements de terre et les séïsmes successifs dans le haut plateau du Colorado. Nous arpenterons la rive gauche (la plus belle) tout l'après-midi, jusqu'aux dernières minutes du soleil couchant sur le point de vue le plus réputé du Grand Canyon, Hopi Point.

Les photos ci-dessous, bien qu'une fois de plus largement en dessous de la réalité, montrent bien le plateau du Colorado sur l'horizon, et la faille qui s'y est creusée, très nette. Aussi, cherchez les quelques touristes, qui vous donneront une meilleure idée du paysage grandiose à l'échelle humaine.

Grand Canyon USA

Grand Canyon USA     Grand Canyon USA

Grand Canyon USA


Le Grand Canyon était incontestablement un temps fort de notre périple, mais ce qui nous attend à présent est tout aussi réputé et évocateur : Monument Valley, terre de désert parsemée de buttes et de mesas si chères au coeur des cowboys du farwest. Le gouvernemant américain a laissé aux indiens l'exploitation de quelques sites protégés, et Monument Valley en fait partie. Nous pénétrons donc en terres Navajos.

Depuis la route, déjà, on aperçoit au loin les trois fameuses buttes caractéristiques de ce paysage, exploitées maintes et maintes fois dans les westerns américains. La réserve s'étend sur quelques miles que nous parcourons en voiture, sillonnant à travers les monolithes rebaptisés "chameau", "éléphant" ou "géant assoupi" en fonction des formes que le temps et l'érosion ont fini par leur donner. Enfin, nous achevons notre visite par une balade à cheval, guidés par une petite indienne, au milieu de la poussière ocre qui se soulève par bourrasques en cette fin de journée au ciel mitigé. Il ne manquait plus que l'harmonica lancinant d'Ennio Morricone pour parfaire le tableau...

Monument Valley

Monument Valley

Monument Valley

Monument Valley

Monument Valley

Monument Valley     Monument Valley

Pour rester dans l'atmosphère Lucky Luke, je déroge à l'ordre réel de notre périple pour ajouter quelques photos d'Old Paria, visitée quelques jours plus tard dans le sud de l'Utah. Une colline aux couleurs incroyables formées par les strates géologiques, qui a servi de décor naturel à de nombreux westerns (Josey Wales hors la loi, ça vous parle ?). A l'origine, on pouvait aussi y visiter les restes des décors, mais ceux-ci ont été détruits par un incendie.

Old Paria

Old Paria     Old Paria