Gin Fizz

Bulles de vie...

Jamais 3 sans 4

06 septembre 2015

chaussures bis

La belle échappée... Voilà plusieurs semaines (trop ?) que j'ai laissé (à nouveau) ce blog en friche, au profit de la "vraie vie". Oui, mais j'ai une bonne excuse, votre Honneur. Une excuse qui commence à s'arrondir vraiment beaucoup, pour tout dire...

Car ça y est, nous y sommes. Juste à ce moment précis où le petit équilibre de la vie de famille à trois qu'on a mis du temps à établir respire ses derniers instants, avant de laisser place à un nouveau chamboulement titanesque. En novembre prochain déboulera dans notre cocon une nouvelle petite chouquette prête à être croquée d'amour. Babygirl bientôt promue "grande soeur," et Chéribibi fier patriarche de son harem familial.

Certains nous disent "il était temps !", d'autres "si tôt ? vous n'avez pas peur !"... et la grande majorité des déjà-parents-au-carré s'accordent sur un regard mi-moqueur mi-amusé, avec cet air de dire "bon, bah... bon courage pour ces trois prochaines années, les gars".

Je sais déjà qu'il nous en attend des vertes et des pas mûres, que les mots sommeil, sorties resto, ou temps pour soi vont rejoindre le panthéon des concepts désormais oubliés tels que grasse matinée, appartement rangé, week-end improvisé et lecture peinarde sur la plage, et que la vie de couple elle-même va être soumise à rude épreuve dans le tsunami de la double-parentalité.

Mais je suis déjà prête à attaquer cette nouvelle page : les blouses liberty et les gigoteuses minipouce attendent sagement le début de leur seconde vie, la "chambre des filles" va subir quelques aménagements, et Croquette est subtilement briefée sur le futur rôle qui lui incombe (les mots "partage de jouets" semblent encore un peu flou, mais on y travaille).

Cette deuxième parenthèse de neuf mois dans ma vie de femme me fascine autant qu'elle me fatigue : on dit que le corps se souvient, et qu'il retrouve vite ses marques lorsqu'un second bébé pointe son nez. C'est vrai. Ventre plus gros, plus lourd, plus vite. Dos en compote, jambes en coton. Teint de papier mâché pour cause de nuits saccadées. Ah, laissez-moi vous dire que le mythe de la femme enceinte belle, radieuse et épanouie, c'est la porte à côté, pas chez moi.

Encore quelques semaines à tenir. Deux petits mois et demi, avant de replonger dans les nuits blanches et les couches marron, les biberons 3 vitesses et les vomitos sur l'épaule... les chaussettes taille 2, les gouzi-gouzi yeux dans les yeux, les petits doigts qui agrippent fermement les plus gros.
Oui, encore quelques semaines, et bientôt, cette impression de former, enfin, la parfaite petite famille à quatre que j'ai toujours voulue et imaginée...


8/1/13 - 3h18

21 janvier 2013

Baby_2

8 Janvier 2013. Premier jour du reste de ma vie. De ma vie de maman. De ma vie de parent. BabyGirl a pointé son nez avec trois semaines d'avance, sans crier gare, sans avertir ni klaxonner. Comme une petite magicienne, "hop me voici me voilà, tadammmm". Pour d'obscures raisons (ou peut-être l'envie de faire durer le suspense), j'étais persuadée que mini-me saurait se faire attendre, mais elle en a décidé autrement. 

Et me voici - nous voici -, donc, plongés dans le grand bain de la nouveauté, à tenter de trouver un rythme qui ne dépend plus du tout de nous, à compter les heures de sommeil (et mieux vaut parfois ne PAS compter), à jongler avec l'apprentissage de toutes ces choses étranges nommées porte-bébé, tire-lait, transat évolutif, et à découvrir les joies des couches paquet-surprise, des soins du cordon ombilical, et des petites chaussettes taille 2 qui se barrent des pieds de bébé en trois minutes top chrono, QUOI QUE TU FASSES.

"C'est que du bonheur, tu verras !", m'a-t-on si souvent répété avant. Honnêtement, je ne serais pas aussi radicale. Les doutes face à cette toute nouvelle vie qui se dessine. Les angoisses devant les pleurs répétitifs et incompris. Les interrogations en pagaille : "est-ce que je fais bien ?", "et si je lui fais mal ?", "comment elle disait, déjà, la sage femme de la maternité... ?"

Et le spleen du Baby blues qui rôde. Les levers nocturnes pour bien vérifier que bébé respire, même doucement. Le questionnement du bien-fondé de l'allaitement, créateur de lien très fort avec son enfant, mais culpabilisateur et responsabilisant en même temps. Oui, ce vieux mythe de la mère nourricière supposée résoudre tous les pleurs ("elle a pas faim, là, tu crois ?) alors que tout n'est pas si simple (elle a pas faim tout le temps, c'est pas Shrek, faut pas déconner, non plus).

Mais on apprend et on avance, chaque jour un peu plus. On prend le temps de s'apprivoiser, de se découvrir. Et sa petite main qui agrippe fermement la mienne, son visage qui se niche dans mon cou lorsqu'elle s'endort dans mes bras, balayent en un instant les peurs et les angoisses, et valent bien tout l'or du monde...