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Gin Fizz
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9 mai 2007

Zozos dans le métro

m_tro_1Les parisiens sont des êtres courtois, polis, aimables et respectueux des autres. Il suffit de prendre le métro une ou deux fois pour s’en convaincre. Petit catalogue de notre savoir-vivre légendaire. De Bastille à Montparnasse, de Porte de Clichy à Château de Vincennes, à 8h ou à 21h, on trouve, en vrac et dans le désordre :

Celui qui nous écrase copieusement les mocassins et qui ne semble même pas s’apercevoir qu’on vient de se prendre ses 86 kilos de graisse sur les pieds. (nan, mais c’est pas grave, d’t’façon, j’me servais pas de mon pied gauche, alors…)


Celui qui est le premier à monter, le dernier à descendre, mais qui entre temps, reste posté juste devant l’entrée du wagon sans bouger, sans doute par plaisir de se faire bousculer à chaque station. Limite y’aurait un mot de passe pour pouvoir grimper ou sortir du wagon, ça le ferait poiler de le demander à chaque voyageur.

Celui qui est, à l’inverse, coincé à l’opposé des portes et qui se met soudain à gesticuler deux bonnes minutes avant l’arrêt en station, même à République ou Châtelet-les-Halles, où il y a de fortes chances qu’une bonne moitié du wagon descende, comme lui. (… et celui qui demande d’un air angoissé si « vous descendez ? » trois ans avant que le train ne s’arrête. « Ben non, jamais entre deux stations »)

Celui qui a oublié qu’il portait un sac-à-dos, et qui met des coups de boule involontaires à tout le monde dès qu’il remue ne serait-ce qu’un orteil.

Ceux qui chantent couinent en même temps que les écouteurs de leur Ipod. Merci pour l’ambiance, mais si on pouvait éviter M. Pokora à 8h du mat’, ça m’arrangerait, quand même.

Celui qui n’a manifestement pas réglé son sonotone sur la bonne fréquence, et qui parle tellement fort que même l’autre bout du wagon profite de sa conversation passionnante (parce que c’est souvent passionnant, dans ces cas-là). Manque de pot, il est juste à côté de nous, et c’est nos tympans qui s’en prennent plein la gueule.

Ceux qui sont à vue d’oeil très très amoureux l’un de l’autre, se tripotent sans cesse et s’embrassent goulûment (à grands renforts de smaaaackss et de slurp slurp baveux), sans la moindre pudeur pour le voisin gêné placé à trente centimètres des offensives, et qui relit d’ailleurs pour la douzième fois le petit poème navrant proposé par la RATP juste pour se donner l’impression d’être vraiment très occupé.

Celui qui reste le cul scotché à son strapontin en pleine heure de pointe, et qui a en plus l’audace de soupirer très fort quand le bout de notre veste vient lui chatouiller les narines, pour cause d’affluence record.

Celle qui campe devant le tourniquet en cherchant désespérément au fond du bordel de son sac à main sa carte orange, ou plus récemment, qui passe et repasse son sac dans tous les sens au dessus du bouton électronique "navigo" en guettant comme une furie le biiiip d’ouverture de la porte.

Celui qui a la main tellement moite qu’elle glisse toute seule le long de la rampe. Yeaaaaaaarkkkkk !

Celle qui déboule dans le wagon aux heures de pointe avec une poussette plus grosse qu’une Smart, et qui veut généralement me déloger du petit coin où j’ai réussi à me caller pour y caser son engin et « moins déranger ». Je me marre là, ou pas ? Oui, je sais… parfois, on ne peut pas faire autrement. (Si, on peut au moins plier sa poussette géante le temps du trajet, prendre son mouflet dans ses bras, et éventuellement faire les yeux doux pour demander un bout de strapontin, mais bref). Perso, en attendant d’expérimenter l’autre côté de la barrière (et me trimballer mes mioches à moi en suant aux heures de pointe), j’assume mon seuil de tolérance à la poussette plus bas que la moyenne.

Ceux qui n’ont jamais compris que les escalators ne sont pas une visite guidée des sous-sols parisiens, et qu’on n’est pas obligé de s’y étaler comme si on allait prendre le thé le temps de la montée : c’est pourtant pas compliqué de piger que les parisiens sont des stressés de la vie, et que la file de gauche est toujours réservée à ceux qui veulent grimper les marches même si ça avance tout seul.

Ceux qui lambinent le nez au vent, manifestement ravis de ce panorama exquis qu’offre le métro parisien. A mon avis, ces gens-là se sentent très bien dans les couloirs du métro, et n’ont absolument pas envie de rentrer fissa chez eux, même le vendredi soir, après une longue semaine de boulot chiantissime. Allez, on met le turbo les gars, parce que j’ai aucune envie de passer la soirée coincée entre un plan de métro taggué et une pub pour des vacances aux Antilles que je n’aurai pas avant un bail.

Enfin bref, je peux continuer longtemps à vous faire le catalogue de la faune métropolitaine, j’en ai encore des tonnes en rayon. Mais ce serait vous gâcher le plaisir, non ? Je suis sûre que vous en avez plein, vous aussi, des trucs à raconter à ce sujet… ;)

Et pour rester dans le thème, je vous invite à aller faire un tour chez la Gazette. C’est sûr, il râle moins que moi (ahem…), et vous verrez après coup le métro sous un œil nettement plus marketing !

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Commentaires
K
Emily > et toi, aurais-tu oublié dans le métro ton humour et ton second degré, par hasard ?<br /> Une rubrique de blog qui s'appelle 'chroniques d'une raleuse', c'est sûr, c'est fait pour râler... D'autant que si tu avais lu les commentaires, tu y aurais lu que je ne me juge pas meilleure que les autres, ou au dessus. Je suis parfaitement capable d'auto-dérision, ne t'en déplaise...<br /> <br /> Si tu n'es pas capable de déceler dans les lignes ci dessus la pointe d'ironie et de dérision qu'elle suppose, effectivement, mieux veut que tu ailles lire ailleurs...<br /> Si au contraire tu as l'esprit légèrement plus ouvert que ça, fais un tour dans les autres rubriques de ce blog, tu constateras que le ton général reste toujours ludique, léger et amusant.<br /> Les commentaires acides du genre de celui que tu viens de laisser, je ne m'en soucie même pas.<br /> Libre à toi d'aller relire Sartre si tu penses te sentir plus intelligente ainsi...
E
toi et tous les râleurs misanthropes qui ont la haine du monde et la haine des autres... L'enfer c'est les autres bien sûr, toujours... J'aimerai bien voir la tronche que tu dois tirer dans les transports, en société...
N
... de merde :)<br /> <br /> Et la surpopulation peut être bien pire.
M
KATIA> qui moi? euh oui!!! un peu comme toi,non, rien que le titre de tes posts, on sent la moustache qui frise.
K
Mickahuète > toujours là pour trouver un bon titre, toi, hein ? ;)<br /> <br /> Marie > oh, ça a l'air sympa comme tout, ce court métrage, je file me renseigner, merci du conseil !!!<br /> <br /> proff > ah le journal, putain... j'ai jamais pigé pourquoi on faisait des journaux aussi grands ? A part pour faire chier les voisins et permettre aux détectives de se planquer, je vois pas bien...<br /> <br /> Julie > hein, t'es d'accord, ces poèmes, c'est chelou, quand même !<br /> fais gaffe, je suis souvent du côté de montparnasse, je guetterai les filles avec des grosses valises, maintenant ;)<br /> <br /> matt > ah non, les vieux pressés de descendre n'ont souvent pas beaucoup d'humour, qu'est-ce que tu veux... retente-là avec quelqu'un de plus jeune, ça détendra peut-être l'atmoshère ?<br /> <br /> marinounette > hé hé, moi aussi, j'ai un vieux réflexe de fille trop polie, je m'excuse quand ON me bouscule. le comble, non?<br /> <br /> lili > bah oui, comme les voitures, voilà. Mais vu le nombre de chauffards à paris, c'est pas étonnant que les gens dans le métro n'aient pas encore appliqué la règle tacite...<br /> <br /> zenRB > aaaah je les déteste, ceux là. Avec moi, pas de complexe, si le signal de fermeture sonne et qu'on est dans le passage, je bouscule. z'avaient qu'à se bouger les miches, ho ! :)
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