Madame est servie
Récapitulons les faits. (Juste comme ça, pour rire).
1– Il y a tellement de poussière chez moi que les moutons sous le lit constituent un troupeau au complet.
2 – J’ai bien un lave-vaisselle, mais j’arrive quand même à entasser six assiettes sales dans l’évier, et pourtant je trouve ça crade.
3 – Y’a des traces de mascara noir plein mon miroir de salle de bain.
4 – Les poils de chat retapissent mon canapé, ma housse de couette, mes pulls noirs et mes écharpes.
5 – Il fait toujours sombre chez moi. Ah tiens, non. C’est juste que j’ai pas fait les vitres depuis… heu… depuis.
6 – La pile de fringues à repasser est plus haute que moi. Et le fer, encore emballé dans sa boîte d’origine, en fait.
7 – Ah ouais, le parquet, ça se cire ? Sans déconner ? Délire !
Rajoutez à ça que je sais à peine à quoi ressemble un aspirateur (le truc avec une trompe, là ?) et que depuis que le chat a pissé sur les poils du balai, je n’ai pas jugé bon d’en acheter un nouveau (c’était il y a cinq ans).
Bon. Là, y’a comme qui dirait un souci. D’ordre hygiénique, le souci, en gros.
Vous vous doutez bien que je noircis quelque peu le trait, mais comme je n’ai pas été élevée chez les porcs non plus, il me semble tout de même qu’un minimum de propreté dans mon petit nid ne me ferait pas de mal.
Du coup, hop, illumination merveilleuse : hé, mais... au diable les varices, je vais prendre une femme de ménage ! (Hé ouais, je sais. Parfois, je me surprends moi-même devant tant d’ingéniosité).
Enfin, ça, c’est ce que je croyais. Au départ. Je pensais naïvement que, une fois la perle rare trouvée, je pourrais me la couler douce et continuer à ignorer superbement éponges et fer à repasser, et que je retrouverais tous les quinze jours, comme par magie, mon appartement briqué comme un sou neuf et lustré du sol au plafond.
Sauf que non. Du tout. La blague du siècle, à vrai dire, c’est que je culpabilise tellement de faire venir quelqu’un d’étranger dans un chez-moi mal rangé que je passe toute ma soirée de la veille à mettre de l’ordre partout : je fous toute la vaisselle sale dans la machine, je range la table du salon, je fais du tri dans les très trop nombreux produits de la salle de bain, je ramasse les feuilles mortes des plantes tombées par terre, je nettoie autour de la litière du chat, je vide les poubelles (ouais, j’aime pas qu’on trouve mes cotons-tige sales, j’ai le droit, non ?)…
Bref, autant vous dire que tout ce cirque mené tambour battant me fatigue quinze fois plus que de passer l’aspiro une fois de temps en temps, histoire de. J’me demande si je me suis pas carottée toute seule dans cette histoire, moi… ?