Joue pas, joue pas comme ça
Je viens de me rendre compte d'un truc pas très folichon.
Contrairement à ce que j’ai toujours cru, pensé ou braillé sur les toits, non, désolée,
je ne suis pas bonne perdante. Ni joueuse agréable. Carrément pas, même.
Le week-end dernier, emportés par un élan de bonne humeur
potache et enivrés de bulles variées, nous nous sommes lancés, mes copains et
moi, dans un jeu de société endiablé à base de devinettes et de mimes où chaque
équipe s’affronte en temps minuté.
L’idée, à la base, était de passer un bon moment, de
déconner, de rigoler, de comparer les talents de mime de chacun (c’est
officiel, je n’ai aucun gène du Mime Marceau) et éventuellement, si
l’enthousiasme collectif (et le taux d’alcoolémie) le permettait, de compter
les points afin de déterminer une équipe gagnante juste pour l’honneur.
Sauf que moi, à partir du moment où il y a des règles du jeu
établies (et bizarrement, c’est souvent le cas, ne me demandez pas pourquoi),
je rentre dans une sorte d’état second, fébrile et nerveux. Parfois, même, je me
fais peur : mon ton d’institutrice péremptoire et autoritaire prend le dessus,
et je me mets à beugler comme une truie sur quiconque ne respecterait pas le
déroulé, prête à sortir les crocs (et les griffes) au besoin.
Oui, je sais. Mais en même temps, attendez. S'il y a une
« règle du jeu », c’est bien fait pour être respecté, non ? (Que
les amateurs de poker - et je ne vise personne - ne me disent pas le contraire, y’a qu’à voir comment ça
gueule dès qu’on tente une entourloupe pas très catholique autour du tapis
vert).
Non parce que si on commence à faire n’importe quoi quand on
se divertie, c’est la porte ouvertes à toutes les fenêtres, et bientôt, on
grillera aussi tous les feux rouges en gloussant comme des gorets, et ce sera
le chaos partout. Vous ne viendrez pas pleurnicher que je ne vous ai pas
prévenus, hein.
Cela étant, je reconnais malgré tout que parfois, les jeux
sont plus drôles quand on ne suit pas les règles à la lettre. Faire une partie
de « petit bac » en modernisant toutes les catégories, ça a plus de
gueule. Le dernier en date, réalisé dans le train, comptait par exemple comme
colonnes ‘truc qui pue’, ‘à ne pas dire en voyant un bébé moche’, ‘expression
tirée du film La Cité de la Peur’, ou
‘injure en verlan’. Bien plus rock que les ‘prénom’, ‘animal’ ou ‘ville’ si
classiques.
Après tout, si le succès dans la vie (et par conséquent dans
la déconnade) s’obtenait par le respect idiot des règles, d’une, ça se saurait
déjà, et de deux, les Allemands domineraient le monde. Or, jusqu’à aujourd'hui, j’ai rarement vu moins fun et olé-olé qu’un Allemand. Donc bon.
Alors ? Ca tente quelqu’un, une petite partie de Jeu de
l’Oie ? Mais je vous préviens, vous me laissez gagner hein ? Non
parce que sinon…