Gin Fizz

Bulles de vie...

Je m'voyais déjà en haut de l'affiche

11 décembre 2013

Cours_de_the_a_tre

Il faut quand même que je vous raconte. A la rentrée dernière, prise d'une subite pulsion, je suis allée m'inscrire à un cours de théâtre. Voilà des années lumière que je repoussais le truc, malgré une envie indéniable d'aller brûler les planches, et toutes mes excuses étaient très valables : pas le temps / pas trouvé de cours près de chez moi / j'y arriverai jamais / je suis trop coincée / non non, je ne veux pas jouer à poil comme c'est, semble-t-il, à la mode en théâtre contemporain. (Ne rayer aucune mention inutile).

Et puis finalement, en septembre dernier, boostée par je ne sais quelle force nouvelle, j'ai poussé la porte du petit studio qui accueillait un cours "grands débutants". La salle ne paye pas de mine, et là, sous les néons blafards, regroupés dans un coin, une dizaine de petites têtes se sourient timidement les uns aux autres. Présentations d'usage et motivations de chacun à s'inscrire à un cours de théâtre. Le discours est sensiblement le même pour tous : se faire plaisir, prendre confiance, gagner en aisance devant un public, placer sa voix, s'a-mu-ser. OK, ca va, on est sur la même longueur d'ondes. (J'veux dire, personne pour briguer le prochain César, donc).

Les choses sérieuses commencent. Echauffement du corps (on joue à chat. Littéralement) et de l'esprit (répétition des prénoms de chacun avec une rime associée différente à chaque fois. Autant dire que dans ce cas, on préfère s'appeler Katia que Raoul, ça laisse plus de marge de manoeuvre). Puis batterie de petits exercices pour faire connaissance et se donner confiance. A la fin du premier cours, mimer une chaussette sale, un plat de pâtes carbonara ou un cintre n'a plus de secret pour moi. Démo sur demande. (Très cher).

Petit à petit, séance après séance, les exercices deviennent plus complets, plus complexes. "Vous allez me mimer votre côté diabolique et démoniaque, à la limite de la folie, puis avec ou sans transition, votre côté angélique et pur". Gné ? Genre là tout de suite, faut que je mette à hurler comme une harpie et à agiter bras et cheveux dans le désordre complet en grognant comme un chien enragé ? Mais... c'est à dire... enfin... est-ce qu'on peut s'enfiler un petit Martini cul sec (ou trois) avant de se lancer ?

Se faire violence, accepter de jouer le jeu, se lancer sans (trop) réfléchir et laisser parler son moi intérieur. Ou plutôt, savoir faire taire son moi public, celui qui fait qu'on sait se tenir en société, garder les apparences et donner le change. Redevenir, le temps d'un exercice, un enfant sans complexe, sans jugement, sans inhibition. Facile à dire, hein ?

Dernièrement, quelqu'un a eu la bonne idée complètement masochiste de nous filmer durant nos répétitions, "pour mieux se rendre compte des points d'amélioration à bosser". Ah oui, je confirme, on s'en rend nettement mieux compte, après visionnage du bidule. Quel supplice de se regarder jouer soi-même ! Quelle horreur d'entendre sa propre voix pas du tout placée comme on l'imaginait. J'en ressors personnellement avec une envie de chialer un grand coup devant ma prestation. Un vague souvenir des séances d'humiliation offertes par la coach Raphaëlle Ricci aux élèves de la Star Ac' en débrifant les fameux Primes. (Oui, je regardais la Star Ac'. Ca pose un problème à quelqu'un ?)

Mais à ce qu'il parait, c'est en forgeant qu'on devient forgeron. Ou un truc dans ce goût-là. Je ne peux QUE progresser, et surtout, je m'amuse, et c'est bien là l'essentiel.

Vous voulez savoir le plus drôle ?
Il est prévu qu'on présente un spectacle à la fin de l'année.
Oui. Un S.p.e.c.t.a.c.l.e. Ecrit, imaginé et mis en scène par nous, les élèves.
LOL de feu.
J'arrive déjà pas à jouer mon bout de scène de façon convaincante alors pour le spectacle complet avec rideau rouge, costumes et tout le barnum, vous êtes bien mignons, mais on s'en reparlera plus tard, hein.

A vrai dire, non, on ne s'en reparlera pas. J'ai d'ailleurs soigneusement prévu de ne PAS y inviter ma famille et mes amis... Faut pas trop déconner, j'ai une réputation à tenir, moi, les gars.