Gin Fizz

Bulles de vie...

Etoile de mère

21 mars 2016

faire-part2

On dit souvent que les cent premiers jours de la vie d'un bébé sont essentiels pour tout construire sur de bonnes bases. Les dés sont donc jetés, car si mes calculs sont bons (j'ai vérifié, ils sont bons), voilà cent-vingt jours que ma seconde croquette a rejoint notre home sweet home. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas été de tout repos.

On a beau être préparé, avoir assimilé avec anxieté les mises en garde des potes, activé toutes les options "on va y arriver" et mentalement se répéter "c'est juste un moment difficile à gérer", force est de constater que quand le tsunami du deuxième enfant débarque, il n'y va pas avec le dos de la cuillère.

Déjà, cette seconde grossesse m'avait laissé un arrière-goût un peu salé, entre le manque de repos, le bidou vraiment imposant et le corps, plus âgé de trois ans, qui n'encaisse plus aussi bien les transformations majeures. Rien à voir avec la plénitude et la presque-sérénité de ma première maternité, où je répétais à peine une semaine après l'accouchement que mon gros ventre et mes sensations de femme enceinte me manquaient déjà. Ah, cette fois-ci, niet de chez niet. Libéréeeeee, délivréeeee, la fille !

Et puis on a plongé le nez dans cette nouvelle vie à quatre, balayant d'un coup d'un seul nos habitudes, nos aptitudes et nos certitudes.

Alors que notre rythme se pliait facilement au bon vouloir de Croquette-Première-du-nom (elle a faim ? On mange ! Elle fait la sieste ? Nous aussi ! Elle est déjà réveillée ? Bon bah nous... pareil !), il a fallu à sa petite soeur plus d'adaptabilité pour se couler dans le moule familial du mieux possible, faire doucement sa place, sans jamais connaître ce statut d'enfant-roi propre aux aînés des fratries tant qu'ils sont l'enfant unique. Oui ma cocotte, tu es la seconde, et il y a déjà toute une organisation familiale en place, il faudra bien faire avec.

Quant à la grande soeur, grosse désillusion ! On lui promettait une nouvelle copine avec qui jouer à la poupée et aux legos, et voilà que débarque dans SA chambre un petit machin grand comme un haricot, qui ne sait même pas tenir un jouet dans ses mains, qui suscite des chuuuuuut et des moins fooooort affolés dès qu'elle daigne pioncer un peu, et avec qui il faut désormais partager ses parents, leur temps et leurs bras. Pour le cadeau, on repassera.

Et ne parlons pas des sacro-saints principes "parents-presque-parfaits" qui volent en éclats pour canaliser l'une ou l'autre, gagner du temps et (s')éviter moult crises de nerfs.
Avant : "non, chérie, pas trop de télé, je préfère qu'on fasse un puzzle ensemble". Maintenant : "Raiponce pour la douzième fois de la semaine ? Mais bancoooooo, fonce, ma puce !".
Avant : "un peu de légumes et de fruits à chaque repas, c'est essentiel". Maintenant : "non, mais les coquillettes-jambon, c'est très bien. Féculents + protéïnes, c'est é-qui-li-bré".
Avant : "nous, tu vois, on évite la tétine au max, pour ne pas créer de dépendance". Maintenant : "mais file lui sa tétine, putain, qu'elle arrête de brailler comme ça !"
Bref, je ne vous fais pas de dessin...

Ou plutôt, si, venez, on s'assoit tous ensemble et on parle des crises de nerfs de l'aînée qui régresse à souhait, demande qu'on lui serve son repas bouchée par bouchée, et réclame un câlin en hurlant à la mort toujours au moment des biberons ou des changements de couches. Ou qui, au contraire, cherche à marquer son émancipation en voulant tout faire "toute seule", avec patience et application, ce qui a le don de m'attendrir me mettre les nerfs au court-bouillon.
Ou parlons de Croquette-Minus qui décide subitement qu'elle a faim au moment exact où le dîner est prêt, et ce, qu'il soit 18h53 ou 23h40 (oui, on a essayé TOUTE l'amplitude horaire de la soirée). A croire qu'elle a des radars à bouffe à la place des sinus, celle-là !

Oui, ces cent-vingt jours n'ont vraiment pas été un long fleuve tranquille. J'ai fait le deuil des nuits complètes (un peu plus qu'avant, je veux dire) et du teint de rose. J'ai renoncé à une maison en ordre, puisque les feutres sans capuchon, les peluches éducatives et les chaussures de Barbie sont venus prendre la place des jolis vases et des bougies parfumées. Mon arbre-à-linge-qui-sèche frôle l'overdose et n'a même plus le temps d'être rangé. J'ai des crampes aux mains à force de laver, plier, ranger, re-laver, rincer, nettoyer, désinfecter tétines, biberons, couches, baby-fringues et linge de lit. J'ai le dos ruiné pour cause de gigot de six kilos porté en porte-bébé, et je deviens schizophrène à entendre en stéréo les pleurs de l'une d'un côté et les "maman, regarde" répétés de l'autre, qui voudrait tellement que mon monde ne tourne encore qu'autour d'elle.

Et pourtant, au milieu de ce tableau de chaos domestique, on voit émerger de ci de là quelques moments-pépites qui laissent entrevoir de futures éclaircies. Une toute petite croquette de quatre mois qui pousse à merveille, use de sourires comme d'une arme de séduction massive, et manifeste déjà un vif intérêt pour sa grande soeur en ne la quittant jamais des yeux. Une grande de trois ans qui ne sait pas toujours si elle préfère jouer à l'indépendante ou redevenir bébé, mais qui n'oublie jamais de faire un bisou de bonne nuit à sa petite soeur, et qui nous murmure des mots doux à l'oreille juste avant de sombrer dans le sommeil.

Quatre mois-tsunami qui ne laissent pas de répit, mais deux petites souris épanouies à qui on offrirait le monde. L'hiver aura été sport, mais avec un tel résultat, je trouve que je l'ai méritée, mon étoile. Non ?


En photo : l'atelier faire-part, ou la fausse-bonne-idée, qui va me permettre de retrouver des étoiles dorées
planquées dans tous les recoins de l'appart pendant au moins cinq mois.

Posté par Katia_ à 20:58 - Mum-to-be / To be Mum - Commentaires [13]




Aimer la vie et l'aimer même si...

24 novembre 2015

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C'est un mélange étrange et violent de sentiments contradictoires qui m'habite aujourd'hui... Au milieu de l'horreur et de la barbarie de ces derniers jours, une petite douceur haute comme trois pommes est venue rejoindre notre nid familial, au matin du 14 novembre. Quelques kilos d'amour et de bonheur propulsés dans un monde de fous qui ne tourne pas toujours rond.

La veille encore, je découvrais aux infos, atterrée et impuissante, l'ampleur sans précédent de la violence inouïe qui frappait Paris, et prenait en tremblant des nouvelles de mes proches qui se trouvaient dans les quartiers visés par les attentats. Echanges de quelques mots, j'enregistre avec soulagement que tout le monde est bien sain et sauf, mais les infos restent embrumées dans un coin de mon cerveau. Impossible, à cette heure, de réaliser l'impensable. Je veille jusqu'à tard dans la nuit, avant de tomber de sommeil, épuisée par l'angoisse, le stress et le bébé qui commence à faire des bonds dans le ventre.

Soudain, au petit matin, le signal est lancé, il faut se presser à la maternité. Dans le silence de la maison encore endormie, mon premier réflexe est de rallumer l'ordinateur pour savoir s'il est désormais prudent de s'aventurer hors de chez soi. Allongée dans la voiture, entre deux contractions, nous traversons un Paris désert et endeuillé, mais je ne sais pas encore à quel point.

La maternité est presque vide, les sage-femmes de garde ont un oeil rivé sur la chaîne info en continu en même temps qu'elles remplissent leur job. Ma petite chouquette number two semble très pressée d'arriver, et en quelques heures, c'est un beau bébé joufflu et criant à pleins poumons que l'on me dépose sur le ventre.
Moment magique pour beaucoup de parents qui découvrent enfin les traits de leur progéniture, mais moment un peu anesthésié pour Chéribibi et moi. Trop d'émotions contradictoires d'un coup, trop de Grand-Huit dans nos têtes, trop de mélanges bonheur/horreur en si peu de temps pour savourer pleinement cet instant. Moi qui pleure habituellement pour un petit rien, je viens de vivre l'un des événements les plus forts et puissants de ma vie, et je n'arrive pas à verser la moindre larme. Je la regarde, je la trouve belle, je l'aime déjà, je le sais... mais rien ne s'exprime ouvertement, tout est bloqué à l'intérieur, comme insensibilisé.

Malgré les neuf mois de préparation, le choix final du prénom n'a pas encore été arrêté. Les discussions s'enflamment, chacun défendant ses goûts et ses envies. Au bout de quelques pourparlers ne restent en lice que deux prénoms, que j'aime autant l'un et l'autre. Le premier est plutôt rétro et évoque la douceur et la tendresse, le second est plus moderne, plus affirmé. J'alterne chacun dans ma tête, essaye de me projeter, hésite, encore et encore... jusqu'à ce que je prenne à nouveau ma fille dans mes bras. Elle est maintenant habillée, lavée, elle sent bon le bébé tiède, et son petit corps pelotonné contre mon cou dans son pyjama rose poudré lève toutes mes hésitations : ce sera le prénom doux, indiscutablement. Ce petit être encore blotti en boule incarne pour moi ce besoin de tendresse et de délicatesse nécessaire à mon monde d'aujourd'hui, elle est mon bébé-pansement-baume au coeur, mon chamallow sucré dans l'amertume de ce que nous devons tous digérer désormais.

Un peu plus tard dans la journée, j'apprendrai que si mes proches sont tous sains et saufs, il s'en est fallu de très très peu. Présents sur l'un des lieux de fusillade, mes frères échappent miraculeusement au carnage. Malheureusement, nombre de leurs amis présents ce soir-là pour fêter un anniversaire n'auront pas cette chance. Des amis de longue date, que je connaissais pour les avoir vu grandir avec mes frangins depuis le collège, des amis chers à leur coeur. J'apprends les nouvelles et enfin, les larmes coulent. Je pleure à torrents dans ma chambre d'hôpital, parce que je suis infiniment triste, parce que j'ai eu peur pour ma famille, parce que je réalise encore difficilement la chance inouïe qu'ils ont eu, tous les deux...

A côté de moi, dans son berceau, ma toute petite fille dort paisiblement, les poings serrés et les bras en l'air. Plus tard, je lui raconterai peut-être qu'elle est née en plein chaos, que nos émotions étaient toutes chamboulées, et que si nous n'avons peut-être pas su exprimer ouvertement notre bonheur de la voir arriver, elle nous a fait un bien immense de choisir ce jour-là. Que son prénom résulte en grande partie de sa date de naissance, et que née quelques jours plus tôt, elle se serait peut-être appelée différemment. Et que si mon amour pour elle est déjà tout acquis, je la bichonne encore plus volontiers que je ne l'aurais cru possible, petit bonbon rose dans un monde bien gris.

Posté par Katia_ à 21:14 - Mum-to-be / To be Mum - Commentaires [47]



Qu'est-ce que tu lis, doudou, dis donc ? #7

07 octobre 2015

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Ok, les vacances sont finies (et même déjà loin...), mais l'automne est arrivé, et c'est le moment parfait pour plonger sous la couette douillette avec de bons bouquins, non ? Envie de quelques idées lectures ? Au menu du jour : deux bons polars, une analyse de couple, et un thriller-somnifère (le comble !) à zapper vite fait !

* N'oublier jamais, de Michel Bussi
* Le pitch : Parti courir sur la falaise, Jamal est témoin malgré lui d'une scène peu ordinaire : une jeune fille à la robe déchirée est au bord du précipice et semble vouloir se jeter dans le vide. Il lui parle, tente de l'aider, de la retenir, mais elle saute quand même. Il est innocent, bien sûr, mais de loin, les témoins qui ont vu la scène ne sont pas forcément de cet avis. Jamal tente de comprendre pour prouver son innocence, mais plus il enquête, plus les incohérences remontent à la surface.
* Mon avis : C'est le quatrième roman de cet auteur que je lis. Pas de la grande littérature, mais un style efficace qui donne envie de tourner les pages, et à mon sens, celui-ci est de loin le meilleur. Un vrai bon suspens présent tout du long, l'impression que l'intrigue va se dénouer au milieu du livre alors qu'il reste encore 200 pages à lire, et donc autant de mystères à comprendre. Un bon moment de lecture qui prend la tête au bon sens du terme, comme le propose un vrai polar qui "fait le job".

* Glacé, de Bernard Minier
* Le pitch : Vallée des Pyrénées, mois de décembre. Au sommet d'un téléphérique, des ouvriers retrouvent le cadavre sans tête d'un cheval, dans une mise en scène macabre et forcément orchestée pour faire passer un message. Qui est visé ? Pourquoi avoir décapité la bête ? Le commandant Servaz est chargé d'enquêter. Mais bientôt, d'autres meurtres, humains cette fois, viennent bousculer ses recherches. Y'a-t-il un lien entre tous ces cadavres ? Et comment peut y être lié l'institut de la région qui renferme les plus dangereux criminels d'Europe, alors qu'aucun pensionnaire ne peut en être sorti ? Petit à petit, tout s'imbrique, et se complique...
* Mon avis : Ca pourrait sembler sanglant et gore, décrit comme ça, mais on ne s'attache pas spécialement aux descriptions des scènes de crime. C'est plutôt la psychologie des personnages, la retranscription de l'ambiance froide et confinée des villes de montagne en hiver, ou l'entrecroisement des divers protagonistes et leur façon de nous faire mener l'enquête avec eux, qui est ici intéressante. On ne s'ennuie pas une seconde, malgré quelques détails parfois tirés par les cheveux, et je serai curieuse de lire d'autres romans de cet auteur fortement inspiré des "grands" du thriller français (Grangé en tête). Pour un premier roman, c'est une réussite, largement saluée par la critique, d'ailleurs...

* Moment d'un couple, de Nelly Alard
* Le pitch : Juliette et Olivier forment un couple moderne parisien, deux enfants, un appartement vers les Buttes-Chaumont, des amis, des projets, des métiers ni trop prestigieux ni trop classiques. Un jour, sans crier gare, Olivier avoue à sa femme qu'il a une liaison depuis plusieurs semaines. Comment survivre à la trahison ? Faut-il pardonner ? Comprendre ? Se séparer sans ménagement ? Un roman qui décortique l'adultère d'un point de vue masculin et féminin, et fait réfléchir à la question "et si moi ça m'arrivait, je ferais quoi ?"
* Mon avis : J'ai beaucoup aimé ce roman qui a l'honnêteté de poser les situations et les mots (les maux) sans fioriture, droits au but. On alterne le point de vue d'Olivier et de Juliette, se mettant selon le cas à trouver l'autre personnage détestable et égocentrique, ou au contraire attendrissant de faiblesse et de fêlures. Les situations évoquées par les personnages font sensiblement écho avec des situations vécues dans tout couple (je ne parle pas là forcément d'une tromperie, mais des évolutions des sentiments et des rapports entre le début passionné et la routine plus planplan mais parfois rassurante d'un couple de longue date).
Petit détail croustillant : j'ai appris après lecture que ce roman était en fait le pendant d'un livre publié en 2006 par Aurélie Filippetti (oui, l'ex ministre), "Un Homme dans la Poche", qui racontait sa liaison avec un homme marié. Ici, sans être nommée autrement que par un pseudo (Victoire), elle endosse le rôle de la maitresse un peu trop accro et envahissante. Drôle de lire le livre avec cette information en tête...

Et au rayon "je passe mon tour", on oublie direct :
* L'oubli, de Emma Healey
* Le pitch : Maud a 80 ans et perd un peu la tête. Tous ses souvenirs se bousculent, mais elle est bien certaine d'une chose : son amie Elizabeth a disparu. Ou bien confond-elle avec sa soeur Sukey, disparue elle aussi soixante ans plus tôt ? Malgré la maladie qui brouille sa mémoire, Maud mène l'enquête, interroge le passé, le présent, avant que tout ne s'efface, encore...
* Mon avis : Mon dieu ce que c'était long et répétitif ! Mon dieu ce qu'il y a de détails en trop et de longueurs dans les pages ! Vous l'aurez compris, je n'ai pas accroché du tout, malgré un vif intérêt pour ce roman que j'ai longtemps attendu en version poche (histoire de place, et de sous). De thriller, ce livre n'a que le nom, car même l'enquête et la résolution des énigmes (les disparitions de Sukey et d'Elizabeth) sont décevantes. Bref, j'aime habituellement bien les choix de cette collection (notamment Les Apparences, ou Avant d'aller dormir) mais cette fois-ci, je vous incite plutôt à passer votre chemin. Next !




Jamais 3 sans 4

06 septembre 2015

chaussures bis

La belle échappée... Voilà plusieurs semaines (trop ?) que j'ai laissé (à nouveau) ce blog en friche, au profit de la "vraie vie". Oui, mais j'ai une bonne excuse, votre Honneur. Une excuse qui commence à s'arrondir vraiment beaucoup, pour tout dire...

Car ça y est, nous y sommes. Juste à ce moment précis où le petit équilibre de la vie de famille à trois qu'on a mis du temps à établir respire ses derniers instants, avant de laisser place à un nouveau chamboulement titanesque. En novembre prochain déboulera dans notre cocon une nouvelle petite chouquette prête à être croquée d'amour. Babygirl bientôt promue "grande soeur," et Chéribibi fier patriarche de son harem familial.

Certains nous disent "il était temps !", d'autres "si tôt ? vous n'avez pas peur !"... et la grande majorité des déjà-parents-au-carré s'accordent sur un regard mi-moqueur mi-amusé, avec cet air de dire "bon, bah... bon courage pour ces trois prochaines années, les gars".

Je sais déjà qu'il nous en attend des vertes et des pas mûres, que les mots sommeil, sorties resto, ou temps pour soi vont rejoindre le panthéon des concepts désormais oubliés tels que grasse matinée, appartement rangé, week-end improvisé et lecture peinarde sur la plage, et que la vie de couple elle-même va être soumise à rude épreuve dans le tsunami de la double-parentalité.

Mais je suis déjà prête à attaquer cette nouvelle page : les blouses liberty et les gigoteuses minipouce attendent sagement le début de leur seconde vie, la "chambre des filles" va subir quelques aménagements, et Croquette est subtilement briefée sur le futur rôle qui lui incombe (les mots "partage de jouets" semblent encore un peu flou, mais on y travaille).

Cette deuxième parenthèse de neuf mois dans ma vie de femme me fascine autant qu'elle me fatigue : on dit que le corps se souvient, et qu'il retrouve vite ses marques lorsqu'un second bébé pointe son nez. C'est vrai. Ventre plus gros, plus lourd, plus vite. Dos en compote, jambes en coton. Teint de papier mâché pour cause de nuits saccadées. Ah, laissez-moi vous dire que le mythe de la femme enceinte belle, radieuse et épanouie, c'est la porte à côté, pas chez moi.

Encore quelques semaines à tenir. Deux petits mois et demi, avant de replonger dans les nuits blanches et les couches marron, les biberons 3 vitesses et les vomitos sur l'épaule... les chaussettes taille 2, les gouzi-gouzi yeux dans les yeux, les petits doigts qui agrippent fermement les plus gros.
Oui, encore quelques semaines, et bientôt, cette impression de former, enfin, la parfaite petite famille à quatre que j'ai toujours voulue et imaginée...




Blog-Notes #7

15 juin 2015

chemise Pimkie

Ah ah, la vieille rubrique de blog extirpée des bas fonds, dont le numéro précédent date de... décembre 2012 ! C'est tout moi, ça... des nouvelles idées de rubriques en pagaille, et jamais rien qui tient la route très longtemps.
Et puis, j'avoue, je reviens un peu sur la pointe des pieds avec un billet fourre-tout et décousu, mais au moins, je reviens (et je parie que beaucoup ne pensaient plus me voir passer une tête par là, j'me trompe ?)

* L'INSTANT MODE *
Loin de moi l'idée de jouer subitement les blogueuses mode, vu mon amour immodérée pour les séances photos. Mais je dois dire que je ne suis pas peu fière de ma petite trouvaille fleurie qui fait son petit effet. Très Sézane-like de l'attitude (pour les non-connaisseuses, Sézane, c'est là), et vague copie, il me semble, d'une ancienne collection The Kooples, mais avec à peu près trois zéros en moins sur l'étiquette de prix.
Mesdames, mesdemoiselles, applaudissez bien fort la petite blouse Pimkie à 26 euros ! (et encore, payée plein pot... or je vous rappelle que les soldes déboulent dans 10 jours). Ouais... Pimkie... l'enseigne où je n'avais pas remis les petons depuis environ 22 ans, et qui recelle parfois de jolies surprises, pour peu qu'on se donne la peine de fouiller un peu.
Chemise fleurie, 25,99 €.

* L'INSTANT GOURMAND *

Les chouettes

Enfin eu l'occasion de tester l'un des restos parisiens dont on parle beaucoup en ce moment : les Chouettes, dans le Haut-Marais parisien. Verdict  ? Chouette, mais sans plus. Je m'explique : le cadre est vraiment vraiment très beau. Une décoration esprit art déco, de l'espace à table ET entre les tables (coucou la grande table centrale en bois pour seulement 6 personnes), de la hauteur sous plafond, une belle lumière de jour grâce à la verrière, et une jolie mise en valeur le soir venu grâce à la composition de sources d'éclairages douces et variées. Non, vraiment, pour le décor, rien à dire.
Côté assiette, la carte est courte, plutôt synonyme de qualité et de fraîcheur habituellement, mais je dirais presque trop courte. Pour peu qu'on n'aime pas forcément tout, et/ou qu'on ait des intolérances ou des interdits, le choix se restreint vite, entre les 4 entrées, 4 plats et 3 desserts.
Mes choix (cabillaud infusé au gingembre // fraises et rhubarbe aux miettes de crumble et glace pistache) étaient certes très bons, mais assez peu copieux, et la corbeille de pain a fini de combler les creux de mon estomac.
L'addition, elle, en revanche, est bien là, présente et au garde à vous ! 40 € par personne pour un plat, un dessert et un soft (tablée de filles très raisonnables ce soir-là...), j'ai vu nettement mieux en rapport qualité/prix.
Autre gros bémol à mon goût, le service un peu inégal, avec un personnel parfois brusque et pressant, même si le maître d'hôtel sait plutôt raccommoder les choses. Bref, contente d'avoir testé, mais ne figurera pas sur mes incontournables du moment.
Les Chouettes, 32 rue de Picardie, 75003 Paris.

* L'INSTANT CULTURE *

open space

"Open Space". Vous en avez peut-être entendu parler, c'est l'un des cartons de l'année au théâtre, qui revient pour quelques représentations exceptionnelles jusqu'à fin juin. Le pitch ? Zéro parole. Ah ouais, pour du théâtre, ça pourrait affoler, je le reconnais. Mais non, tout se joue en mimes, en suggestions, et en gromeuleu (cette espèce de langage marmonné qui ne veut rien dire, mais fait comprendre tellement de choses pourtant). La mise en scène impeccable de Mathilda May rythme les 90 minutes de spectacle durant lesquelles 7 acteurs tout très talentueux campent leur caricature de personnage à la perfection : le beau gosse roi du poulailler, le senior que tout le monde ignore, la working girl aguicheuse tout en talons, le boss oreillette visée sur le crâne...
Une ribambelle de jolis effets scénaristiques, des danses rythmées, du slow motion, de l'avance rapide, des effets presque spéciaux... tout y passe de façon inventive et surprenante, pour nous conter une journée plus ou moins ordinaire de la vie d'un open space classique, avec ses bruits de téléphone, de photocopieuse et de machine à café.
J'ai eu un moment de doute après le premier quart d'heure, persuadée que le procédé ne m'amuserait pas plus longtemps, mais finalement, on se laisse très vite et facilement prendre au jeu, et plonger dans cette histoire sans mots, mais tellement riche de tout le reste. Courez-y vite, il ne reste pas beaucoup de dates !
Open Space, jusqu'au 28 juin, au Théâtre de Paris.

* L'INSTANT "VIS MA VIE DE PARENT" *
Tout le monde ne pourra sans doute pas comprendre le Lol de feu que ces 2 comptes Instagram représentent, mais ceux qui savent... savent.
Averageparentproblems regroupe des situations bien connues des parents, illustrées par les photos de divers auteurs piochées sur le réseau Instagram.
Morceaux choisis :

AverageParents

Insta2yearold choisit lui la vision de la vie par une enfant de 2 ans, avec ses réflexions imaginées. A lire avec les légendes, que je retranscris ici pour un petit best-of :

Insta2yearold
1- Soit j'hallucine, soit mes parents viennent de m'acheter un lit dont je peux descendre toute seule. Ils vont le regretter...
2- Ayéééé, j'ai fini ma pomme, maman !
3- J'ai demandé un Mickey, et j'ai eu ça. Je pense que papa doit tous nous emmener à Dysneyland pour réviser ses références.
4- Le moment que je préfère avec la pâte à modeler, c'est quand je demande à maman de séparer toutes les couleurs quand j'ai fini de jouer...

Allez, c'est tout pour le moment. Je ne promets pas de "revenir très vite" (you know what I mean...) mais je vais essayer de faire un petit effort...
Bonne semaine à tous !