Gin Fizz

Bulles de vie...

Allumer le feu

28 août 2017

Capture d’écran 2017-08-27 à 14

Et voilà... Cet été encore, ça n'a pas loupé. Comme tous les ans, cette bonne vieille mode du barbecue n'a pas dérogé aux règles, et a une fois de plus enraciné les incontournables clichés de genre. Parce que je suis désolée de mettre les pieds dans le plat comme ça, mais franchement, le barbecue, c'est bien un truc qui fait triper les mecs et laisse complètement de marbre les filles, non ?

D'aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours été entourée de mâles férus de barbecue. Grand-père, père, oncles pendant les étés de mon enfance... troupe de potes plus récemment... tous ont toujours eu ce goût du repas grillé en plein air, à rester patiemment campés sur leurs deux pieds devant l'appareil, longue fourche à la main, tels des matadors de la côte de porc.

Honnêtement, moi, le barbecue, je m'en cogne un peu. Disons que je ne suis pas contre une merguez party de temps en temps, mais sincèrement, je peux très facilement me passer de l'odeur de charbon qui embaume le jardin et les fringues et me contenter de deux poêles et une casserole pour cuisiner. (C'est une façon de parler. Soyons clairs, en vacances, je ne cuisine pas). Mais Chéribibi en revanche, et dans la foulée, tous les comparses mâles qui croisent mes vacances, semblent mettre un point d'honneur à se servir du barbecue six jours sur sept pour se nourrir (et le septième jour, c'est uniquement parce qu'on fait des carbo, ce qui est moyennement compatible avec le biniou, vous en conviendrez). C'est même limite l'une des premières questions qu'il pose quand on cherche une maison de location pour nos vacances.

Mais attention, le sujet est sensible. Il y a barbecue et barbecue, messieurs dames. Vous auriez dû voir sa déception en découvrant l'an dernier le super appareil de compet' fourni avec la maison... mais électrique. "Hooooo, non, zut, moi pas joujou avec le feu cette année... ?". Parce que je suis intimement convaincue que cette adoration masculine du barbecue est un infime reste de l'age des cavernes, profondément ancrée dans les gènes des mâles, qui retrouvent devant leur appareil à grillades la même joie que nos ancêtres à faire rôtir la pitance de la famille. Le reste, c'est du détail : qu'est-ce qu'on s'en fout que ce soit une côte de boeuf ou une cuisse de mammouth, à ce stade, hein ?

Bref, les hommes aiment le barbecue, et aiment surtout se réunir à plusieurs pour dompter la bête. Je ne voudrais pas avoir l'air de critiquer, mais vu de loin, ça a toujours l'air vachement compliqué, quand même, de "lancer le barbecue", et ça nécessite sans doute qu'on se rassemble à trois ou quatre potes pour y regarder de plus près. Ah si... faut ramasser le petit bois (traduction : trois branches mortes au bout du jardin), faire prendre le feu (traduction : craquer une allumette), et réussir à obtenir de belles braises (traduction : discuter peinard regroupés autour des flammes avec la binouze fraîche à la main). C'est vrai que ça nécessite bien de s'y mettre deux bonnes heures avant le repas, et à plusieurs.

Et pendant ce temps à Veracruz, c'est toujours souvent les mêmes qui se coltinent l'épluchage des légumes, le vidage de lave-vaisselle, et la bataille "pipi-les-dents-et-au-lit" des mouflets. Bah oui, "laisse pas les gamins jouer près de nous, y'a beaucoup de fumée, quand même...".

Vous allez me dire "hé mais t'as qu'à le faire, toi, le barbecue, si c'est si facile". Oui, mais non. Je répète pour les deux du fond qui n'ont pas suivi : le barbecue, je m'en cogne. Si personne n'est là pour le "lançer", je grille mon poisson au four ou je mange des tomates-mozza, voyez ? Je ne vais pas m'enquiquiner la vie à me coller une contrainte supplémentaire pour me nourrir, quand j'ai d'autres choses mille fois plus intéressantes à faire de mes vacances.

Hélas, le rituel "barbeuc' " tourne souvent à l'obstination chez nous. Je ne citerai aucun nom, mais j'en connais quand même qui sont capables de se coltiner la mission chippolatas abrités sous un parapluie par 8°. Ca frise le délire, non ? Et quand j'ai moi-même déjà osé dire que je préférais faire cuire mon steak à la poêle, question de goût et de texture, j'ai reçu en retour trois ou quatre paires d'yeux éberlués semblant dire "mais, enfin... qu'est-ce qu'elle raconte... on a un bar-be-cue, ho... !"

Voilà, c'est ainsi par ici (coucou Céline D.), on ne déroge pas à la sacro-sainte règle du barbecue en été. Voyons le bon côté des choses, ça fait un peu moins de vaisselle à gérer, et ça fournit un sujet de discussion sans fin pour les artisans du bonheur ("je suis assez content de moi, la cuisson est par-faite", "mmm, ce petit goût fumé...", "demain c'est côtes de veau ou saumon grillé ?", etc.). Que demande le peuple ?

[Note de l'auteur : J'ai bien évidemment attendu la fin des vacances pour écrire ce billet, afin de laisser à Chéribibi et consorts le temps d'oublier ces critiques jusqu'à l'année prochaine. Pas folle la guêpe !].


(Crédit photo : Kelly Sillaste pour Getty Image).





Blog-Notes #8

20 mars 2017

Blog-Notes 8

Allez allez, petite fournée d'infos diverses par ici ! J'avoue que je ne viens pas souvent ces temps-ci, mais quand je passe une tête, il y a matière à lire. Du beau, du bon, du sain et du ludique. Et cinq qui font cent. Emballez, c'est pesé. Et avec ça, ma bonne dame ? #nimportequoi

* L'INSTANT "SUR LES PLANCHES" *

Intra Muros

Si vous vous intéressez un peu au théâtre, vous avez sans aucun doute entendu parler d'Alexis Michalik, l'auteur et metteur en scène en vue et en vogue ces derniers temps. J'avais déjà eu un véritable coup de coeur pour sa première réalisation, Le Porteur d'histoire, et beaucoup aimé la seconde, Le Cercle des Illusionnistes. Mais j'ai récemment pu assiter à deux nouvelles pièces que je ne peux que vous recommander chaudement d'aller voir !
Je ne vais pas m'étendre sur Edmond, actuellement au Théâtre du Palais-Royal, et qui remporte un succès tel que vous n'aurez pas besoin de moi pour vous décider à y aller (si ce n'est que j'ai a-do-ré, moi qui ai lu et vu Cyrano de Bergerac tellement de fois...). Je préfère vous parler de sa toute nouvelle production, Intra Muros, qui se joue au Théâtre 13 durant encore quelques courtes semaines.
Le pitch ? Un metteur en scène vient donner un cours de théâtre dans une prison, secondée d'une de ses anciennes actrices et d'une jeune assistante sociale débutante. Seuls deux détenus ont accepté de participer. S'en suivra un huit clos intense en émotions (on rit, on pleure, on tremble, on rit encore) qui nous apprendra que ces cinq personnages ne sont peut-être pas si étrangers que ça les uns aux autres.
Encore une fois, une mise en scène impeccable de sobriété mais pourtant tellement expressive. Encore une fois, des acteurs fabuleux qui endossent plusieurs rôles sans qu'on ne perde jamais le fil du récit. Encore une fois, le spectateur se balade entre présent et passé, au gré de simples accessoires, de jeux de lumières et de musique. Alexis Michalik excelle dans l'art de nous emmener avec lui au coeur de l'intrigue, on en ressort fatigué de cette impression d'avoir vécu cent ans en cent minutes de spectacle, mais heureux et remplis de la même énergie que ses acteurs, tous magnifiques et émouvants. Vous l'avez compris, j'ai été emballée ! Courez-y vite (comme le furet !).

Intra Muros, au Théâtre 13, jusqu'au 16 avril 2017.

* L'INSTANT "BELLE FOURCHETTE, JOLIE ASSIETTE" *

Compo Le Carreau_

Les environs du Carreau du Temple, dans le 3ème arrondissement parisien, regorgent de petits restaurants, bistros et terrasses en tout genre. Si l'envie vous prend de changer des graines germées de chez Season ou de l'accueil somme toute mitigé du Café Crème, poussez donc votre route jusqu'au petit nouveau du quartier, le bien-nommé Le Carreau. Bistro à l'ancienne redécoré au goût du jour, il propose une carte courte adaptée à la saison et une cuisine goûteuse et raffinée à base de produits frais bien traités. Plats français (crush sur le paleron de boeuf) ou d'inspiration asiatique (miam miam le poulet satay), assiettes et planches à partager (en provenance directe d'Espagne et d'Italie) et en dessert, un Paris-Brest à tomber par terre (et c'est pourtant loin d'être mon dessert favori).
Bon, d'accord, je ne suis pas totalement objective, puisqu'on retrouve aux manettes de ce nouveau repère deux personnes qui me sont très proches, mais je suis réellement bluffée par le charme et la bonne ambiance qui se dégagent de cet endroit. Les quelques guests célèbres du quartier ont aussi flairé le filon, on y croise de temps en temps des têtes connues comme Foresti, Dédé Manoukian ou Poelvoorde. Mais le meilleur indice et la plus grande fierté, c'est que les gens y viennent... et y reviennent. C'est plutôt bon signe, non ?

Bistro Le Carreau, 1 rue Charles François Dupuy, 75003 Paris. Tél : 09 52 33 24 26.


* L'INSTANT "C'EST PAS VRAIMENT NOEL, MAIS BON..." *

Lunii_Avis aux parents, et à tous ceux qui peuvent avoir à faire un cadeau à un neveu, une nièce, un filleul ou quelque enfant-qu'il-faut-gâter-parce-que-c'est-le-moment. Voilà une petite boîte magique qui a rencontré son franc succès à la maison, puisque Croquette Ière en est littéralement fan. Sous cette allure de caisse en plastoc sommaire se cache en fait une "Fabrique à histoires", petit magnétophone qui diffuse une cinquantaine d'histoires pré-enregistrées, selon des choix à tiroirs pour varier les intrigues. Ce sont de vrais comédiens qui s'y sont collés, avec le ton, les intentions de voix et les bruitages qui vont bien, et le résultat est vraiment super quali !
L'usage de cette fabrique à histoire est très simple, même pour un trois-ans, qui pige rapidement comment s'en servir. Ma grande l'a adoptée et trimballe sa boîte verte partout, tout le temps. Ca permet aussi à papa-maman de souffler un coup quand "chérie-là-j'ai-vraiment-pas-le-temps-de-te-lire-une-histoire" (toi-même tu sais).
Cerises sur le pudding : c'est sans onde, sans pile, fabriqué en France, il y a une prise jack pour brancher un casque (coucou les voisins de train), et on peut télécharger de nouveaux packs d'histoires quand la progéniture s'est lassée des 48 histoires de base. Que demande le peuple ? Ah oui, le prix : environ 60 euros. Pas donné-donné mais ça les vaut largement, selon moi.

Lunii, La Fabrique à Histoires, à partir de 3 ans.


* L'INSTANT "SI TU T'AIMES, PRENDS GARDE A TOI *

OfficineaParce qu'on ne cesse de parler des perturbateurs endocriniens qui envahissent sournoisement nos produits de beauté et d'hygiène, le laboratoire Officinea a lancé l'appli gratuite parfaite qui décortique pour nous les étiquettes de nos produits. Clean Beauty permet de scanner/photographier en un clin d'oeil une liste d'ingrédients sur un pack ou un produit, et identifie rapidement les éléments sujets à controverse : susceptibles d'être des perturbateurs endocriniens, agents irritants ou allergènes, nanomatériaux. A utiliser sans hésiter au moment de faire ses achats de gel douche, dentifrice ou shampooing, particulièrement ceux utilisés par nos chères têtes blondes.
Je ne suis pas vraiment exemplaire dans le choix de mes produits de beauté (loin de là...), mais j'avoue que ce sujet me tracasse de plus en plus, et que je n'ai désormais plus l'excuse de "j'arrive pas trop à décoder les listes d'ingrédients latins". C'est un bon début, déjà... !

Clean Beauty, disponible sur IOS et Androïd, gratuit.

Ce sera tout pour aujourd'hui, merci d'être venus, et bien le bonjour chez vous !




Last Christmas, I gave you (all) my heart

06 janvier 2017

lapin couronne

Il parait qu'on a jusqu'au 31 janvier pour s'échanger les voeux d'une nouvelle année pleine de bonheur, de rires, de projets, de santé et-de-tout-ce-qui-vous-ferait-plaisir-on-n'est-pas-radins. Oui, alors si vous le permettez, on va plutôt y aller fissa, et se dire toutes ces jolies choses dès maintenant, parce que perso, moi, je ne suis pas mécontente de fermer la porte sur 2016, qui fut une année assez mitigée en ce qui me concerne.

Il faut dire aussi que, pour bien faire les choses, on l'a terminée sur un feu d'artifice de microbes en tous genres, qu'on s'est refilés à qui mieux mieux, genre "paf, c'est toi le chat !", "oh non, j'avais déjà une otite la semaine dernière, refile à papa plutôt !". En point d'orgue, pile entre les deux réveillons, une petite scarlatine sortie de derrière les fagots pour Babygirl-Première-du-nom, histoire de bien achever nos dernières réserves d'énergie.

Tiens, les réveillons... Parlons-en deux secondes, vous voulez bien ? Je ne sais plus qui a dit que "Noël est la fête des enfants", mais cette personne reverrait certainement son jugement s'il avait passé les mêmes trois soirées de fête que moi. Non, définitivement, avec des mouflets de un et quatre ans, Noël n'est ni la fête des enfants, ni celle des parents.
Passée l'excitation pré-distribution des cadeaux et les quarante secondes où sont déchiquetés compulsivement les emballages soignés qu'on s'est pris le chou à faire avec amour entre 22h et 00h, voilà que le soufflé retombe d'un coup. "Y'a plus de cadeaux pour moi ?", qu'on a entendu dire, après avoir vu la croquette-en-chef déballer au moins douze paquets bigarrés, en regardant à peine leur contenu. #morveusepourriegatée

Vient ensuite le moment d'ouvrir chaque nouveauté, en essayant désespérement de tempérer les ardeurs de l'aînée : "non, chérie, on ne va pas construire le château de princesse Lego maintenant. Pourquoi ? Bah déjà parce que j'ai pas du tout envie de faire des Lego là tout de suite, ensuite parce que j'ai les mains prises avec ma coupe et mon toast, et enfin parce que si c'est pour passer trois heures à récupérer chaque pièce paumée dans tout ce fatras d'emballages, j'aime autant te dire que ce sera sans moi". (non mais).

Après s'être pété trois ongles à ouvrir les boîtes de jouets plus sécurisées qu'Alcatraz offerts à la Minus (c'était obligé, tous ces fils de fer entortillés à huit endroits différents ?), force est de constater qu'elle n'a strictement rien à carrer de sa coccinelle parlante à formes encastrables, et qu'elle n'a d'yeux que pour les jouets des autres, et si possible les trucs qu'elle peut mettre dans sa bouche et avaler en moins de deux. De là à finir aux urgences pour un escarpin Barbie en plastoc coincé dans le gosier, il n'y a qu'un pas.

La tête déjà bien en vrac entre les cris de joie, d'hystérie et de frustration ajoutés aux jouets sonores qu'on teste tous en même temps (mais elle va la boucler, la coccinelle ?), l'heure est venue de passer à table. Evidemment, les kids ont boulotté tellement de pistaches et de mini-saucisses à l'apéro qu'il est inenvisageable de leur faire avaler quoi que ce soit de plus jusqu'au dessert. Après tout, ok, c'est jour de fête pour tous. Mais dans ce cas, laissez-moi au moins festoyer tranquille, moi ! Au lieu de toujours venir m'interrompre pour un mode d'emploi à lire, une revendication à faire ("Machine elle m'a tapéeeeee" = je m'en fous), une envie pressante PILE au moment où le soufflé est servi, ou toute autre obligation parentale que je délèguerais bien à n'importe qui d'autre, là tout de suite maintenant.

A ce stade, tout le monde est crevé, les enfants sont intenables, même l'astuce "Un petit film sur la tablette ?" ne marche plus trop bien sur les grands, les petits (la Minus en tête) réclamment les bras en permanence, non sans gesticuler de plus belle pour en descendre lorsqu'on a enfin accepté de ne pas pouvoir finir son assiette pour calmer les mugissements de sa progéniture, et on se demande si c'était une si bonne idée de reprendre deux fois de la buche glacée. #bouboulina

Cap sur la maison, chargés comme des baudets, et retour en voiture sur fond de pleurs de fatigue en continu, tympans à vif, nerfs en tire-bouchons, foie en grève, make-up de panda et robe tâchée aux deux épaules de traces de bave, morve, chocolat ou que sais-je encore (mieux vaut ne pas savoir). Ah, il était beau, ce réveillon, dis donc !

"Ca ira mieux demain" ? Ah mais détrompez-vous, les gars ! Les jours qui suivent Noël sont peut-être encore pires que le réveillon lui-même. Le salon est maculé des nouvelles boîtes de jeux éventrées, y'en a dans tous les recoins, on se croirait dans une annexe de La Grande Récré un lendemain de soldes. On a englouti le PIB de la Littuanie en piles de toutes les tailles possibles pour faire fonctionner les trucs électroniques, plus moyen de faire un pas sans écraser un Lego, un Duplo ou un jeton de Colorino, on s'est tapé cinq fois "La Fée Clochette" en DVD pour canaliser la grande sur le canapé, pendant qu'on surveillait la petite qui fourre tout ce qu'elle trouve à la poubelle, pour nous imiter (ah bah tiens, il est là, le nouveau livre de comptines...).

Bref, ces réveillons n'étaient de tout repos pour personne, et comme chaque année, je ne suis pas fâchée d'être tranquille sur le sujet pour quelques mois. Et je m'accroche à cet espoir que, sans doute, d'ici deux ou trois ans, on pourra à nouveau faire de ces moments de retrouvailles familiales quelque chose de plus serein et de moins bruyant. Ou, à défaut, de pouvoir noyer tout ce stress dans le champagne sans penser au lever de six-du-mat' le lendemain.

D'ici là, il me reste tout de même à vous souhaiter à tous une année 2017 légère et pétillante comme les bulles de champagne. Qu'elle vous/nous soit plus douce que les deux derniers crus passés, ou en tout cas que l'on parvienne à s'y frayer notre chemin sinueux dans un quotidien souvent chaotique et destabilisant. A une échelle plus personnelle, que 2017 vous comble de petits bonheurs. Il faut juste savoir trouver chacun les nôtres...

Pour ma part, 2017 marquera, je l'espère, mon retour à une vie professionnelle épanouissante et accomplie, après quelques années délicates sur le sujet. Reprendre les voyages, continuer le théâtre, retrouver une dynamique sportive, et venir de temps en temps vous raconter tout ça ici m'occuperont le reste du temps :)


Allez, Lapinou Year* à tous !


*C'est la dernière année que je m'autorise cette expression ringarde, en rapport avec la photo d'illustration. Mais pardon, quand même...

 




Douze mois d'émoi

14 novembre 2016

croquette2

C'était un matin de novembre, il y a juste un an. Au réveil lugubre d'une soirée tragique et éprouvante, tu as décidé de pointer ton petit museau dans ce monde choqué et anesthésié. Un peu pour nous faire oublier toutes ces horreurs, un peu aussi parce que ton heure était arrivée, tu as débarqué, sans tambour ni trompette, comme pour nous dire qu'il devait y avoir un "après" tout ça, et que la vie suivait son cours.

Ces premiers moments avec toi, je les ai traversés tiraillée entre mon émerveillement pour toi, douce poupée réconfortante, et le flot incessant d'informations terrifiantes au sujet de cette insupportable nuit du 13 novembre. Je me revois, seule avec toi dans ma petite chambre à la maternité, le nez dans ton cou mais les yeux rivés sur la télévision, abrutie et ébêtée devant les mêmes images en boucle, encore et toujours, sans pourtant être capable d'éteindre le poste. Et je me souviens très bien avoir pensé ce jour-là que, même avec un jour d'écart, ton anniversaire serait toujours associé à cette date noire. Plus tard, je me suis même surprise à dire aux gens que tu étais née "le lendemain matin du 13 novembre", au lieu de dire tout simplement "le 14". Comme si les événements étaient liés, d'une façon ou d'une autre.

Et finalement, ce n'était pas si faux. Que je l'aie voulu ou non, que j'y aie pris garde ou pas, tu as ressenti et partagé toutes mes angoisses, tout mon stress et toute mon insécurité éprouvés juste avant ta venue et pendant nos premiers jours de rencontre.
Mais ce n'est qu'en te voyant grandir que j'ai compris à quel point il avait été difficile pour toi de venir au monde en percevant toute l'anxieté de ta mère, et la sentir à la fois si attentionnée envers toi, mais parfois si lointaine aussi.
Les psys et les pédiatres à qui j'en ai parlé l'ont tous confirmé : tu as toi aussi éprouvé une très grande insécurité. De mois en mois, tu as nettement manifesté ton besoin accru de ma présence, ton désir d'être portée, sans cesse rassurée, câlinée, tranquillisée. A tel point que j'en ai été parfois étouffée et exaspérée, c'est vrai.

Aujourd'hui, tu restes encore une petite fille qui, à moins de tomber de sommeil, n'arrive pas à s'endormir seule, sans qu'on te tienne la main ou qu'on te caresse la joue. Mais les choses se sont apaisées.

Petit zébulon qui ne tient pas en place, tu as très bien su trouver la tienne au sein de notre home sweet home. Blondinette aux yeux clairs autant que ta soeur est mate de peau aux yeux sombres, mais avec ces mêmes cils de biche démesurés qui me rendent un peu jalouse. Un caractère déjà bien trempé et affirmé, du coffre à nous en faire péter les tympans quand tu hurles que tu as faim, et des sourires distribués à volonté quand tu es bien lunée.
Une petite fûtée qui, à mon grand malheur, a déjà compris comment on enlève les capuchons des feutres, qui raffole des télécommandes en tout genre et qui sait réclamer un nouveau boudoir en me tendant le paquet encore sous cellophane, genre "je voudrais bien un autre de ces trucs pas mauvais, s'il te plait".

Après quelques mois plutôt circonspects, ta grande soeur commence à entrevoir en toi sa future 'best friend ever'. Oui, tu lui piques ses jouets et tu lui planques ses feutres sous le canapé, mais elle s'exerce sur toi pour raconter ses histoires rocambolesques et assouvir son penchant 'maîtresse d'école qui donne des ordres'. Et moi, qui ai eu deux frères (jumeaux) mais pas de soeur, je suis heureuse de pouvoir observer à travers vous deux ce lien unique et ces éclats de rire à deux voix.

Déjà douze mois de toi, de nous, d'une vie à quatre souvent rock'n roll mais mille fois plus jolie aussi... Alors oui, ma croquette, on n'oubliera sans doute jamais de pleurer les 13 novembre à venir, mais on fera en sorte que les 14 soient des lendemains qui chantent plus fort, plus juste, et qu'ils soient aussi radieux et enchantés que tu le mérites.

 

En mémoire de H., J., M., H. Pour eux, pour tous les autres.

Posté par Katia_ à 18:59 - Mum-to-be / To be Mum - Commentaires [14]



La maîtresse en maillot de bain

26 septembre 2016

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Bon, alors, cette rentrée ? Déjà trois semaines que les bancs d'école ont repris du service, il est peut-être temps qu'on aborde le sujet, non ?

Cette année, chez nous, c'était double-peine-adaptation : Babygirl-première-du-nom est entrée à la maternelle, et sa petite soeur a fait sa rentrée en crèche, directement en section "moyens". Et le moins qu'on puisse dire, c'est que j'ai encore du mal à me remettre de tous ces allers-retours et chassés-croisés que j'ai dû faire entre les deux établissements, à toute heure de la journée, pour y aller en douceur et faciliter l'assimilation de la nouveauté à chacune de mes petites têtes blondes bientôt pleines de poux en plus.

Encore que, je ne devrais pas trop me plaindre. Pour l'école, ça a été relativement fastoche. Pas de pleurs, pas de cris, pas de "mamannnnnnnnnnn pars pas" déchirants, comme j'ai pu l'observer chez d'autres énergumènes de la classe de ma fille. Limite un peu TROP facile, voyez ? Non pas que j'aurais aimé la voir se rouler par terre en pleurant pour me retenir près d'elle, mais bon, juste me montrer qu'elle est contente que je sois là avec elle pour cette nouvelle étape. Juste un peu ? Rien qu'un peu ? "C'est bon, tu peux y aller, maman !". Ah ? Bon, ok... #ramassetesdents

Madame est donc plutôt ravie de son nouveau statut d'écolière, a plein de copains-copines dont on a grand peine à connaître les prénoms, "la cantine c'est super bon" (oui, à mon avis, c'est surtout que personne ne l'y force à manger ses haricots verts, vu comme elle a la dalle tous les soirs), et chaque tenue du jour revient immanquablement gris craspouille au niveau des genoux et du popotin, signe que la récré doit être active et délurée.

De mon côté, je suis aussi en phase découverte et apprentissage de tout ce nouveau petit monde scolaire. Je lorgne sur les parents des copinous d'école pour voir qui a l'air sympa et qui j'ai pas envie d'inviter au prochain goûter d'anniversaire, et je distille subtilement des commentaires à Babygirl pour orienter ses amitiés : elle a l'air gentille, la petite fille, tu devrais jouer à la dinette avec elle... oh, regarde, elle a le même t-shirt que toi, oh dis donc, c'est un bon signe, ça... (Bon, en vrai, non, je ne la force à rien dans ses copinages, je me contente juste de croiser les doigts très fort).

J'essaye également de me mettre la maîtresse dans la poche sans en faire des caisses de lourdeur. Même quand elle nous a annoncé tout sourire qu'elle allait être absente lundi 12 septembre (le septième jour scolaire de l'année, donc, hein, n'est-ce pas. SEPTIEME), j'ai conservé mon sang-froid, mon visage d'ange et ma compassion affichés avec ardeur. Je n'ai aucun mérite, ce sont mes cours de théâtre qui ont tout fait. Parce que bon, SEPTIEME, quoi, merde !

En revanche, j'aimerais assez qu'on me présente les personnes qui ont (sans doute durement) planché sur les nouveaux rythmes scolaires. Et qu'on me dise aussi ce qu'elles avaient picolé avant de nous pondre cette abérration taille maxi best of. Sans déconner... pas un seul jour identique à un autre, selon qu'on a cantine, atelier, goûter ou étude. J'ai déjà moi-même un mal de chien à m'y retrouver, donc j'imagine assez bien à quel point ça doit être sympa pour un môme de trois ans.

Enfin, je suis repartie le coeur lourd de la réunion de rentrée, où les mesures anti-attentats nous ont été exposées. Ainsi, un soir prochain, ma fille reviendra hilare de l'école en m'expliquant qu'ils ont joué au méchant loup avec la directrice, qu'ils devaient se cacher et ne plus faire un seul bruit, et que c'était trop drôle. Et je devrai décoder qu'ils ont donc répété, sous forme de jeu, l'un des exercices obligatoires pour être prêts en cas d'intrusion forcée ou de plan de confinement. Ou comment l'innocence des dessins naïfs et colorés affichés dans les couloirs s'est téléscopée froidement avec nos bons vieux principes de réalité et de précaution.

Du côté de la crèche, ça a été une autre paire de manches. Essayez donc de coller au beau milieu de douze gamins braillards une petite fille de dix mois qui n'a quasi jamais quitté sa mère jusqu'ici et qui est en pleine période "peur de l'abandon", et puis revenez me voir pour me dire comment ça s'est passé. Je vous le donne en mille : mal.
Ma croquette m'a fendu le coeur chaque matin de ses pleurs et de ses bras tendus. (Je pense qu'elle a voulu ainsi rééquilibrer les choses avec sa soeur ingrate, pour me rassurer sur mon importance). Et même en y allant progressivement, je l'ai souvent récupérée les yeux bouffis d'avoir trop pleuré et mal dormi loin de moi. Je l'ai payé très cher : nuits agitées, caprices, perte d'appétit... Mais les choses rentrent peu à peu dans l'ordre, et si j'ai toujours le coeur serré de la laisser chouiner derrière moi le matin, je sais qu'elle s'amuse, découvre, observe et apprend beaucoup, avant de se jeter à nouveau sur moi le soir venu, quand je viens la chercher.

Désormais, on tient le bon bout. Notre rythme de croisière est à peu près calé, alors on garde le cap et on avance, contre vents et marées. Le plus drôle, c'est que je vois déjà se profiler, à l'horizon des trois semaines à venir, les premières vacances de l'année scolaire. Oui, quinze jours pour se reposer, et surtout pour bien perdre ces petites habitudes et ces rythmes qu'on commençait tout juste à maîtriser. Allez, vogue la galère rentrée !