If I was a Ritz girl
Lundi dernier, j’ai assisté à mon premier défilé de mode. Et même que pour ma première fois, j’ai visé grand, parce que ça ne s’est pas fait n’importe où. Et même que quand j’ai lu le carton d’invitation, j’ai manqué de m’évanouir à la vue de la mention « Hôtel Ritz, Place Vendôme, Paris ».
Haaaaaaaaaannnn. Moi, déjà, on me dit « le Ritz », j’ai le cœur qui palpite et les yeux qui étincellent. Les images défilent : la colonne Vendôme, les joailliers mythiques, Diana et Dodi, la piscine de rêve, les grooms déguisés en Spirou…
Rien que pour ça, je décide de répondre ok à l’invit. Pour ça, et aussi un peu parce qu’on va nous offrir un super sèche-cheveux lisseur Calor à la fin du cocktail. Oui, bon, j’avoue. Je suis une vendue. M’en fous, j’aurai des cheveux bien lisses, moi.
En ce qui concerne le défilé, en revanche, rangez vos confettis, c’est pas encore la fête. Chanel, Dior, Céline et leurs petits copains, ce sera (peut-être) pour une prochaine fois. Là, il s’agit d’aller voir défiler les finalistes du concours Elite Model Look, organisé comme son nom l’indique (parce que parfois, les choses sont bien faites) par l’agence de mannequins Elite.
Arrivée devant l’hôtel, je crâne avec mon carton à la main. En même temps, toutes les personnes présentes l’ont reçu, ce carton, donc au final, j’ai plus l’air débile qu’autre chose. Après la remise du badge à mon nom (genre je suis une grande personnalité des médias), je descends les escaliers et pénètre dans la salle de réception. Au milieu trône un podium en longueur illuminé de spots, avec des banquettes blanches tout du long. Wouaaaah, c’est comme à la télé, dis.
Une hôtesse souriante s’approche pour nous placer dans la salle.
Elle : Bonjour, vous êtes journaliste ?
Moi : non, blogueuse.
Elle : …… heu, suivez-moi.
A mon avis, elle ne devait pas savoir ce que c’était qu’une « blogueuse » et dans le doute, m’a collée au second rang, en bout de podium. Hin hin, j’ai envie de dire. (Bon, après coup, il s’avère que la salle est à moitié vide, et que tout le monde ou presque se retrouve au premier rang. Damned !)
Le défilé commence, avec les 50 minutes de retard réglementaires. Douze minettes d’à peine 15 ans, tétanisées à l’idée de faire un show en public pour la première fois, s’élancent alors sous les projecteurs. Les pas sont incertains, la démarche mal assurée, les déhanchés parfois comiques. On leur a conseillé d’avoir un regard de killeuse, ce qu’elles appliquent à la lettre, même si elles donnent franchement plus l’impression d’avoir envie de retrouver les jupes de leur mère que de tuer quiconque. Elles débutent, soyons indulgents. Et pour rien au monde, je ne voudrais être à leur place.
Ce qui choque le plus, finalement, c’est leur maigreur extrême. Des jambes en allumettes, des fesses inexistantes, des omoplates saillantes. Un coup de vent, et elles s’envolent, à mon avis. Alors ok, on n’est pas là pour refaire le débat sur l’anorexie et tout le bordel qui va avec, mais quand même… merde, quoi.
Au milieu des douze brindilles, le clou du spectacle : Frédéric Lopez en présentateur du show. Attention les oreilles, monsieur a dû bouffer du clown par paquet de dix à la cantine, et met d’ailleurs toute la salle super mal à l’aise avec son interview du directeur de l’agence Elite : « qu’est-ce que ça fait de travailler au milieu de toutes ces jolies filles ? » (tu veux un dessin ?), « vous avez quand même un métier qui ferait rêver beaucoup d’hommes ». Le directeur rougit et bredouille un piteux « heureusement que ma femme n’est pas dans la salle ». Ambiance, ambiance…
Une fois que toutes les petites poulettes ont défilé, re-défilé, re-re-défilé, on peut enfin passer aux choses sérieuses : le cocktail. Ah bah attendez, c’est pas parce que les finalistes Elite machin truc ne bouffent rien qu’on doit se priver aussi.
Entre bulles de champagne et petits macarons à la fraise, je papote gentiment avec mes copines blogueuses conviées au défilé. On tombe toutes d’accord pour dire que même la plus mince d’entre nous a l’air d’un éléphant monstrueux à côté de ces mannequins en herbe, qui pèsent sans doute moins de cinquante kilos à elles douze. Mais très franchement, si être un « éléphant monstrueux » revient à s’empiffrer de petits fours sans culpabilité, je signe tout de suite.
Bilan de l’opération : le Ritz ? Moui, ok, c’est pas mal. Je refilerai l’adresse.
(Et c’est pas la peine de venir crâner avec vos Harrap’s sous le bras, en arguant qu’on dit pas "was" mais "were" pour le titre, hein. Si vous avez des réclamations, adressez-vous directement à Gwen Stefani. Moi j’ai fait que pomper sur elle).