Gin Fizz

Bulles de vie...

Fêtes à claques ?

22 décembre 2008

noel_1- C’est de la dinde ou du chapon, ça ?
- Quand est-ce qu’on ouvre les cadeaux ?
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Il perd quand même vachement ses aiguilles, ton sapin.
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Qui c’est qui veut ouvrir les huîtres ?
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Ah non, on met pas la messe de TF1, et puis quoi encore ?
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Oh, vous êtes sous le houx. Bisou !
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Chauds, les marrons, chauds !
- C'est l'heure des cadeaux, là, non ?
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Merde, j’ai encore pris le chocolat à la liqueur…

- Quoi ? Il reste plus de champagne ?
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Qui s’est qui a collé Tino Rossi en fond sonore ?
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Attention, il va bientôt être minuit !
-
10… 9… 8… 7…
-
Bon… et les cadeaux ?

Noël. Qu’on aime ou qu’on déteste, inutile d’avoir les boules : on est en plein dedans, quoi qu’il arrive. Alors autant faire avec, et en profiter un peu. Et c’est bien ce que je compte faire. A défaut de vraies vacances, je prends donc quelques jours de "vacances bloguesques", et coupe les ponts virtuellement jusqu’à l’année prochaine.
D’ailleurs, entre nous, et sans entrer dans les détails, 2008 a été pour moi une année merdique de A à Z, sur tous les plans, et je ne suis pas fâchée de la voir enfin finir sa course. Si elle pouvait se speeder un peu plus, d’ailleurs, ça m’arrangerait pas mal.
Je vous retrouve donc en 2009 (« l’année du neuf ! »), gavée de dinde-choco-marrons, des confettis pleins les cheveux, et regonflée à blog ! Que la force soit avec vous. (Oui, c’est pour changer un peu de « Joyeux Noël et Bonne Année », mais considérez que ça veut dire pareil…).

carte_de_voeux_de_noel

Posté par Katia_ à 10:03 - Melting-Po(s)t - Commentaires [27]

I can see clearly now

15 décembre 2008

bu_e_1Previously on GinFizz, on racontait qu’on avait des nouveaux yeux et que c’était un peu la révolution intégrale dans ma petite vie de taupe des bois. Seulement, y’en a, ils voulaient des détails. Un peu gores, si possibles. Et moi, vous savez, quand je peux rendre service… (C’est bon, personne ne passe à table ?)

J’arrive donc à la clinique vendredi matin, la boule au ventre et mes maudites lunettes sur le nez. Il est 9h00, je suis la première patiente, tout est calme, et les poissons dans l’aquarium de l’entrée sont encore – eux – en train de pioncer (ces cons).

Après les formalités d’usage et la paperasserie habituelle, je patiente calmement (merci Lexomil) en refusant obstinément de regarder le film diffusé en boucle sur l’écran plasma, qui détaille point par point et avec moult visuels l’opération que je m’apprête pourtant à subir. Bon, sérieusement, c’est bien parce que j’ai déjà donné mon chèque de règlement et tout, parce que sinon, je me barrerais bien en cour…ah, trop tard, l’assistant du chirurgien vient me chercher par la peau des fesses et m’emmène au vestiaire pour me filer une charmante blouse jaune canari et une charlotte assortie. Je suis en train de m’extasier sur combien j’ai l’air mignonne déguisée en poussin miro (ce qui n’est pas donné à tout le monde), mais le type me confisque mes lunettes et m’asperge les yeux de gouttes désinfectantes. « Attention, ça pique un peu ». Ah ben sans déc’, hé ? Merci de prévenir, mec.

Même pas le temps de pleurnicher, me voilà dans la première salle d’opération. J’ai beau y voir que dalle pour le moment, j’ai quand même l’impression perturbante que le cockpit d’un Boeing 747, à côté du truc que j’ai devant moi, c’est de la nioniotte niveau CM1. Ca clignote de partout, ça bipbip régulièrement, et ça semble compter plus de boutons qu’une classe entière de collégiens abonnés au Biactol. Au-se-cours.

Je m’allonge en silence, stoïque, mais j’ai les miquettes à fond les ballons. Le chirurgien papote avec mon copain aux gouttes piquantes de tout à l’heure, en trifouillant deux trois trucs sur l’engin magique. Il m’explique ensuite calmement comment les choses vont se dérouler, choses que je ne vais pas répéter ici mot pour mot, à moins que vous n’ayez vraiment envie d’entendre parler d’ "écarte paupières", de "découpe de volet cornéen", d’ "anneau de succion", de « surtout ne bougez pas" (ça, il l’a répété quatre fois), de "vous allez voir tout en gris clair" (je vous le confirme) (et c’était pas très joli), et de « non non, ah merdeuh, j’ai loupé un truc, là » (mais naaan, j’déconne, ne partez pas).

Dix minutes plus tard, je me dirige vers la seconde salle d’opération, celle du laser correcteur. Belotte et rebelotte : je m’allonge, je me calle, je subis le second flot de gouttes anesthésiantes. De toute façon, m’en fous, je vois plus rien, je me guide à la voix. Le médecin m’informe alors qu’on va me sangler fortement la tête "pour éviter tout type de micro tremblement intempestif du visage". C’est ça, mon gars, prends-moi pour une niaise, tant qu’on y est. S’il croit que je ne sais pas que c’est juste pour qu’on ne se tire pas vite fait de là, rapport à ce qu’on va bientôt se faire charcuter les yeux aux infrarouges, tsss…

Le plus drôle reste pourtant à venir.
Enfin… « drôle ». J’me comprends.

Pour réaliser la correction, il faut suivre du regard un point de laser rouge vif, et ne surtout pas le quitter des yeux. Déjà, bonjour la pression. Quand on ajoute à ça le fait que celui-ci émet, en travaillant, des bruits de mitraillettes et des odeurs de cochon grillé, on a clairement du mal à rester calme sur son fauteuil. (Ah, d’où les sangles, peut-être ?). J’hésite encore sur ce qui me plait le plus : m’imaginer sur un champ de tir en Irak ou dans un kebab à Barbès, mais hop, déjà, c’est terminé. Putain, si on n’a même plus le temps de s’amuser, maintenant ?

Dernières gouttes (décidemment), premières recommandations : « A partir de maintenant, vous ne vous touchez plus les yeux pendant quinze jours minimum ». Une ordonnance, un numéro de tél en cas d’urgence. Et zou, dehors. Il est 10h15. Et je vois. Flou, mais sans lunettes. Olé.

La suite ? Très simple. Aucune douleur, tout au plus une sensation de picotement dans l’œil pendant toute la journée. On me préconise beaucoup de sommeil durant les trois jours à venir, toujours en portant des coques en plastique transparent, pour éviter tout frottement involontaire sur l’œil. Ca me donne un petit look sympa et vraiment très féminin, mélange entre Albator et la clique de Pirates des Caraïbes. Manque de pot, Mardi Gras, c’est pas pour tout de suite, mais sinon, entre ça et le coup du poussin du matin, j’aurais été au top, niveau déguisement.

Aujourd’hui, je n’ai toujours pas droit au maquillage et j’ai encore les yeux rouges d’un lapin myxomatosé, mais sinon, les choses rentrent peu à peu dans l’ordre. A la nuance près que, passé le premier choc de voir clair sans lunettes, l’œil et le cerveau doivent faire une sacrée gymnastique pour s’habituer à ce nouvel état, et que ma vue fluctue encore beaucoup, principalement sur ordinateur. J’y vais donc mollo sur tout ça pour le moment, et laisse faire le temps.

Mes horribles lunettes de vue sont restées dans leur étui depuis ce vendredi matin. Comme elles s’ennuient sévèrement, je songe grandement à leur procurer prochainement des copines en investissant enfin dans une vraie belle paire de lunettes… de soleil. Hé bah quoi ? C’est un ordre du médecin, j’vous signale. Et moi, je prends ma santé très au sérieux, sur ce coup-là.

Taupe model

09 décembre 2008

taupe_2Toutes ces filles qui s’amusent à porter des lunettes uniquement par coquetterie ou comme simple accessoire de mode m’ont toujours fait halluciner. J’ai un mal fou à comprendre qu’on puisse se coller des binocles sur le visage par envie et pas par besoin. En même temps, si je vous avouais que je suis miro depuis mon plus jeune âge, et que je complexe à mooooort sur mes lunettes de vue depuis près de quinze ans, peut-être que vous comprendriez mieux mon point de vue.

C’est pas compliqué, je suis myope comme pas permis. A côté de moi, on peut dire qu’une taupe a les yeux bioniques de Super Jamie, tellement j’y vois que dalle sans lentilles ou lunettes. A l’époque des soirées pyjamas, c’était d’ailleurs le jeu favori de mes copines, de me demander combien de doigts elles me montraient de loin, et de m’entendre invariablement répondre à côté de la plaque. Ca les faisait toujours beaucoup rire. Moi, moins, bizarrement.

Les lentilles de contact m’ont sauvé la vie pendant une quinzaine d’années, masquant aux yeux de tous mon plus gros complexe. Non sans mal, quand même. Evidemment, il fallait me trimballer mon petit flacon de sérum physiologique en permanence sur moi. Evidemment, je ne pouvais pas ouvrir les yeux sous l’eau quand on chahutait à la plage. Evidemment, la plus petite poussière dans l’œil était intenable, et je redoutais l’allergie ou la conjonctivite qui m’aurait obligée d’un coup à devoir reporter mes affreuses lunettes de myope qui me défiguraient tant. Evidemment, à la moindre rencontre amoureuse, il fallait jongler du lever au coucher avec la salle de bain pour qu’ « il » ne me voie surtout pas affublée de cette horrible chose répugnante. (Ah ça oui, quand j’ai un complexe, j’y vais pas de main morte avec).

J’ai joué le jeu comme ça pendant quinze ans. Et puis un matin, mes yeux ont dit stop. Conjonctivites et irritations à répétition, sécheresse oculaire à s’en frapper la tête contre les murs de douleur, et impossibilité de reporter des lentilles. J’étais condamnée. Aux lunettes, je veux dire.

Retour de boomerang. Hop : les complexes sagement enfouis là, en bas, bien au fond de moi, ont refait surface d’un coup. Et avec plus de violence que je ne l’aurais cru. On pourrait croire qu’à trente ans, les crises de l’adolescence sont loin, que la confiance acquise est plus solide et plus forte qu’autrefois, et que le fait - plutôt basique - d’être myope et de devoir porter des lunettes pour y voir clair ne viendra pas tout chambouler pour autant. Mais en fait, si. Pour moi, en tout cas, ça a été le cas.

Un vrai bon gros bordel dans ma tête, mélange de crises de doute et de tentatives d’acceptation. Jusqu’au jour où mon ophalmo m’a donné le feu vert, et que … j’ai sauté le pas pour l’opération chirurgicale. Yihhhaaaaaa. C’était vendredi dernier. C’était un grand moment de rock’n roll, et je vous raconte tout ça très rapidos dans un billet moins orienté « confessions intimes sur divan de psy ». (Parce que oui, c’est rare ici, mais parfois, ça fait du bien d’écrire sans faire le clown).

PS : Ce billet n’a absolument pas pour but de débattre si oui ou non, les lunettes c’est moche. Qu’on soit bien ok : je trouve très souvent ça ravissant sur d’autres personnes, mais je ne me suis personnellement jamais acceptée avec, pour des raisons qui vont sans doute très au-delà de ce que j’ai bien voulu écrire ici. Merci de ne pas m’envoyer la ligue des défenseurs des droits des myopes de France.

PPS : Article pas du tout sponsorisé par Optic 2000. Qu’on soit d’accord là-dessus, aussi. :)

Posté par Katia_ à 09:42 - C'est grave docteur ? - Commentaires [50]

Caprices, c'est fini ?

03 décembre 2008

caprices_1On a coutume de dire que les filles sont capricieuses, et je ne vois pas trop pourquoi je devrais faire exception à la règle. Encore que. Bizarrement, je suis du genre à être capricieuse avec moi-même plus qu’avec n’importe qui d’autre. (Je sais, cette phrase est difficilement crédible, mais laissez-moi tenter de me justifier, quand même).

De temps en temps, je me tape des petites crises perso sur le mode « j’ai ABSOLUMENT besoin de ce truc là-maintenant-tout-de-suite c’est une question de vie ou de mort ». Que le truc en question soit aussi « vital » à ma survie qu’un n-ième sac à main ou qu’une ceinture aperçue dans le dernier magazine branchouille ne change strictement rien à l’affaire. Je me sais pathétique et over-consommatrice, mais je n’en démords pas : il me faut ce machin coûte que coûte.

Deux fois sur trois, étrangement, l’envie pressante passe aussi vite qu’elle m’est venue. Un shoot de chocolat (ou plus brutalement, un coup d’œil à mon relevé bancaire) suffisent à calmer mes pulsions et ma fièvre acheteuse. Après tout, en réfléchissant bien, des bottes couleur camel, j’en ai déjà trois paires, ça va peut-être aller comme ça ? (Et la penderie – cette sombre garce – n’est pas extensible).

Oooooooh, mais n’allez pas applaudir trop vite, non plus. Hé, ho. Sinon, je ne vous pondrais pas un billet sur le sujet, j’vous signale.

Parce que oui, figurez-vous que dans le fameux troisième cas sur trois, ça vire au carnaval complet. Persuadée que le salut de mon âme (moi ? en faire trop ? jamais !) ne passera que par l’acquisition du bidule qui m’obsède les neurones, je deviens alors une vraie furie capable de arpenter toutes les rues de Paris pour assouvir ma quête, visiter cinq ou six boutiques de la même chaîne dans la même journée ou passer des plombes pendue au téléphone à répéter douze fois de suite « oui, bonjour, je cherche une jupe qui s’appelle Nadja, en taille 38, en coloris gris fumé, est-ce que vous l’avez en stock s’il vous plait ? Merciiii, au revoir ».
Sérieusement, tout ce cirque, venant de la part d’une fille qui grimace à la simple évocation du mot « sport »  (aaaeeerrkkkk) ou qui fait la tronche rien qu’à l’idée de rappeler ses propres clients pour le boulot, ça pourrait en boucher un coin à plus d'un. M’enfin après tout, on ne pourra pas venir me dire ensuite que je ne suis pas - dans certains domaines spécifiques - une fille tenace et appliquée à la tâche. Oui, parfaitement.

Evidemment, inutile de vous dire qu’une fois mon gros caprice de gamine pourrie gâtée assouvi, un nouveau « besoin » viendra prendre sa place, et que le cercle vicieux et infernal reprendra de plus belle.
Franchement, je sais pas bien pourquoi j’ai perdu mon temps, là : pas la peine de gribouiller une thèse philosophique en trois parties détaillées, la réponse à la question du titre est "non". Point barre. Et j’irai même jusqu’à dire que mon pote Descartes s’est planté de peu. A mon avis, ce qu’il voulait dire, c’est « je compense, donc je suis ». C’était pourtant facile, mec.

Posté par Katia_ à 13:28 - C'est grave docteur ? - Commentaires [28]

Like a virgin

01 décembre 2008

spa_2A priori – et jusqu’à preuve du contraire – je suis une vraie fille. Avec tout ce que ça implique en terme de salle de bain dégoulinante de produits de beauté, et d’étagères à make-up dignes du plus grand Séphora de France. Oui, mais… Jusqu’à la semaine dernière, je n’avais encore jamais mis les pieds dans un vrai institut de beauté. Mes connaissances en la matière se limitaient au passage express chez « Epil Minut’ » ou à une virée au Hammam entre nanas.
Et puis un jour, j’ai eu trente ans. Et des copines bien informées ont eu la bonne idée de m’offrir un soin dans un institut renommé. J’allais enfin perdre ma virginité dans ce domaine…

Ding dong. « Bonsoir, j’ai rendez-vous pour un soin ». Les deux hôtesses de l’accueil, impeccablement brushées et manucurées (what else ?), m’accueillent avec un sourire large comme une banane, me donnent du « bonsoir », du « bienvenue », du « mademoiselle » (bon point) et du « puis-je vous offrir une boisson pour patienter ? » dans tous les sens, le tout dans un quasi-murmure pour ne pas nuire à la quiétude des lieux. J’en trouverais presque ça flippant, si je n’étais pas déjà à moitié shootée par les odeurs d’huiles essentielles qui flottent dans l’air. Bosser dans un spa, c’est mieux que la fumette, on dirait.

Installée sur mon canapé moelleux, je reluque à loisir la beauté des lieux, quand une minette m’apporte en trottinant mon thé fumant et me propose un peu de lecture. Elle est mignonne, celle-là, mais vu que l’éclairage est uniquement fait à base de bougies, je ne compte pas m’esquinter les rétines pour lire un Elle que je reçois de toute façon directement dans ma boîte aux lettres. Je décline poliment, et attrape ma tasse de thé pour regarder l’étiquette. Hé hé, tiens, je l’aurais parié, que ce ne serait pas un vulgaire Lipton Yellow, leur truc.

Ca y est, les odeurs magiques ont fait effet : je suis la Reine de Saba, vautrée sur son sofa, attendant paisiblement d’être bichonnée de la tête aux pieds. Ordre et beauté, luxe, calme et volupté. En gros, je commence à m’y croire sévèrement.

Je n’ai pas fait illusion très longtemps, à vrai dire.

L’esthéticienne chargée de réaliser mon soin vient me sortir de mes pensées, et m’embarque avec elle dans la cabine. Au passage, elle me demande si j’ai besoin de passer aux toilettes avant, « parce que nous allons passer une heure et demie ensemble ». Oh, mais je vois que j’ai affaire à une connaisseuse.

C’est une fois dans la cabine que les choses sont devenues tendues. La fille m’explique brièvement comment va se dérouler le soin, et me demande de me déshabiller entièrement en me tendant un string en papier jetable.
Heu. Oui. Donc « entièrement », c’est ça ? Non parce que j’avais pas vu le truc comme ça, en fait. En même temps, pour ne pas saloper mes sous-vêtements avec l’huile de massage et pouvoir être massée de partout, c’est quand même mieux, n’est-ce pas bien sûr.
Je m’exécute donc et me déshabille, avant d’enfiler ce… cette chose, là. Je refuse catégoriquement d’appeler ça un « slip », vu la tronche que ça a sur moi. Parce que bon, je voudrais pas avoir l’air de la ramener ou de faire ma prétentieuse, mais il faut quand même savoir que ces gentils trucs jetables n’existent qu’en une seule taille. Elastique, certes. Mais tout de même. Et qu’on aurait pu en mettre au moins deux comme moi là-dedans. Résultat, j’ai deux ficelles qui se baladent sur mes hanches, et un vague bout de tissu flottant autour de ma mimiquette. Ridicule. Je me sens aussi couillonne qu’une poule portant un tutu de danse. Dans la famille « godiche », je demande la fille. Oh, bonne pioche !

Histoire de ne pas avoir à trop gambader le cul à l’air, je m’étale rapidement de tout mon long sur la table de massage, et j’attends que madame la technicienne de surface corporelle revienne commencer son boulot. A partir de là, je laisse mes neurones déconnect… pfff, tu parles oui ?!! Dans ma tête, c’est le festival du 14 juillet des interrogations débiles et saugrenues : un vrai feu d’artifice.

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Mais… elle met pas trop d’huile, là ?
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Ca sent chelou, ce truc, non ?
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Ah tiens, elle commence par là, j’aurais pas fait comme ça, moi.
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Haaaaan, j’espère que je suis bien épilée…
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Hé, mais elle m’en colle plein les cheveux, cette garce !
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Oh merde, j’ai pas payé ma mutuelle ce mois-ci.
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Tiens, ça, j’en parlerai sur le blog.
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Non, pas les pieds, je suis chatouilleuse, NON. Ah pardon, vous les avez reçus dans le nez, c’est ça ? Oups.
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Ils pourraient mettre un peu de musique, quand même.
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Ah oui, là, c’est pas mal, aaaaah oui, c’est bien, ça…
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Mmmmm…
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Zzzz zzzzz zzzzz

Oui. Y’a un moment où j’ai quand même fini par décrocher et me laisser complètement aller. Je me souviens juste du petit « et voilà » murmuré au dessus de moi, juste au moment où Georges Clooney me disait qu’une peau si douce méritait vraiment d’être… « et voilà ».
Gnéééé ? (Attends, Georges ! Quoi ? D’être quoi, bordel ? Je veux savoir, laissez-moi finir ce rêve !).

Je redescends de mon nuage (et de la table de massage), les jambes un peu en coton et la tête embrumée (je persiste à penser que la Douane devrait perquisitionner ici, y’a un truc de pas très catholique dans les produits utilisés, c’est obligé).

J’ai le corps gras comme une frite du Quick, mais l’esthéticienne me précise que pour conserver les bienfaits plus longtemps, il est mieux de ne pas prendre de douche en rentrant. Mouiis, très bien, ma cocotte. Mais j’imagine que vous ne prenez pas en charge les tickets de pressing des fringues et des draps imbibés d’huile ? C’est bien ce qu’il me semblait, aussi.

A l’accueil, je remplis béatement une fiche de satisfaction, devant les mêmes hôtesses que tout à l’heure qui, malgré l’heure tardive, ont toujours l’air d’avoir avalé un cintre avec leur sourire figé. En même temps, à voir ma tronche de ravie de la crèche, je ne devrais peut-être pas leur jeter la pierre.
Dans un dernier murmure (j’apprends vite) de « merci la compagnie », je m’emmitoufle dans mon écharpe et regagne le froid et l’agitation de la rue. Fin de la parenthèse enchantée. (Et moi, dans l'histoire, je me suis juste découvert une nouvelle drogue).