Gin Fizz

Bulles de vie...

Qu'est-ce que tu lis, doudou, dis donc ? #4

09 juillet 2014

lectures 4

Oui, oui, 3 billets en 3 semaines, vous ne rêvez pas, je tiens la forme olympique ! (enfin, comparé à mon rythme habituel...). Forcément, les vacances (les vraies) arrivent, et avec elles le ralentissement obligé des parutions et petites nouvelles partagées ici. Mais pas de panique, je vous laisse avec deux chouettes pistes de lecture pour vos séances transat ou hamac.

* La Singulière tristesse du gâteau au citron, d'Aimée Bender.

* Le pitch : Rose a 9 ans. Le jour de son anniversaire, en mordant dans son gâteau, elle réalise qu'elle possède le don de ressentir les émotions et l'humeur de la personne qui a cuisiné ce qu'elle mange, ainsi que la provenance très détaillée de chaque ingrédient utilisé. Un don, vraiment ? Ou un fardeau ? Difficile de continuer à savourer chaque bouchée et à apprécier le monde tel qu'on le connaissait, quand chaque repas se transforme en véritable livre ouvert sur les pensées les plus intimes de ses proches.

* Mon avis : Surprenant, plein de douceur et de tendresse, voilà un livre qu'on referme avec une pointe de tristesse. Tristesse de quitter ces personnages, et particulièrement cette petite Rose, auxquels on s'attache, et tristesse de n'avoir que son imagination pour conclure et comprendre le livre, l'auteur laissant à ses lecteurs leur libre interprétation. Voilà en tout cas une très jolie fable, à la fois cruelle et poétique, sur le passage à l'âge adulte. Grandir dans une famille aimante, mais où les non-dits et les secrets prennent beaucoup trop de place. Grandir et s'affranchir du regard des adultes en en devenant une. Quelques pages tristes de nostalgie, et beaucoup d'émotion, jusqu'aux dernières lignes.

Avis aux amateurs de rationnel et aux cartésiens, passez votre chemin. Il faut, pour apprécier ce roman, une grande dose d'imagination et de fantaisie, et une belle ouverture d'esprit. J'ai acheté ce livre un peu par hasard, par coup de coeur sur le titre et la couverture acidulée qui m'a semblée pétillante (à quoi ça tient, une vente de best-seller, hein...), et je n'ai pas regretté d'avoir découvert un style de lecture auquel je ne suis pas habituée. J'aimerais d'ailleurs connaître votre avis, si toutefois vous l'avez lu.

* Le Passager, de Jean-Christophe Grangé.

* Le pitch : A la faveur d'un événement un peu brutal, Matthias découvre qu'il souffre de "fuites psychiques", qui lui font perdre en un claquement de doigt tout souvenir sur son identité et ses origines. Dans le viseur de la police suite à un crime auquel il pourrait être lié (en tout cas, tout porte à le croire) mais dont il n'a aucun souvenir, il n'a pas d'autre choix, pour s'innocenter, que de fuir sur les traces de son passé, et de remonter le fil de ses identités précédentes, jusqu'à comprendre réellement qui il est.

* Mon avis : Honnêtement, présenté comme ça, le pitch fait moyennement envie, je vous l'accorde. Difficile de résumer ce gros pavé en quelques phrases vendeuses. Mais voilà en tout cas un bon polar bien ficelé (Grangé connait bien les méthodes du thriller, et sait remarquablement y faire) qu'on dévore sans avoir envie de s'arrêter. De Bordeaux à Marseille, Nice ou Paris, on suit le héros dans sa quête d'identité, on cherche avec lui à comprendre les crimes et autres joyeusetés qui parcèment son parcours, on révise les grands classiques de la mythologie grecque, dont s'inspire le Tueur pour commettre ses infamies, on apprend quelques termes de psychanalyse (qu'on oubliera aussi sec, mais on se sent savant l'espace d'un instant), et on boulotte les pages aussi vite qu'un pot de Nutella un soir de pluie.

Dommage, comme souvent, la fin est un peu bâclée (trop grosse pour être honnête, on en attendait plus et mieux après toute cette longue quête), mais je vous confirme que ce bouquin fait remarquement le job si vous cherchez un polar qui prend bien la tête (au sens positif) et que vous n'aurez pas envie de quitter. Ce n'est pas inoubliable (d'ailleurs, moi qui l'ai lu il y a quelques semaines, j'ai déjà zappé pas mal de choses), mais ce qu'on lui demande, c'est de nous faire passer quelques jours agréables en compagnie de personnages intriguants. Et là, bingo !

Posté par Katia_ à 09:52 - Melting-Po(s)t - Commentaires [18]
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Qu'est-ce que tu lis, doudou, dis donc ? #3

10 mars 2014

  Rien_ne_s_oppose_a__la_nuitLe_diner

Ouh la la, déjà un mois que je n'étais pas repassée par ici. C'est que le temps file ! Nous voilà malgré tout reparti pour un petit tour des lectures du moment. Cette semaine, on explore les familles tourmentées qui affichent une apparence heureuse mais camouflent bien des secrets et des mensonges. (N'est-ce pas, finalement, le lot de toutes les familles ?)

* Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan.

* Le pitch : Après la mort de sa mère par suicide, l'auteure s'est lancée dans l'écriture de la biographie de celle-ci, afin de mieux comprendre la personnalité ambivalente qui la caractérisait. Au gré des interviews et récits récoltés auprès de ses proches, elle plonge alors dans les secrets de famille inavouables, les douleurs refoulées et les doux souvenirs des jours heureux, qui ont façonné l'histoire de cette femme bipolaire, si belle et si fragile...

* Mon avis : C'est sûr, dit comme ça, le résumé ne fait pas forcément envie. Du moins, on est plutôt certain de ne pas se poiler de rire à chaque page. C'est pourtant un roman bouleversant, dont j'ai tourné la dernière page avec une pointe de tristesse et des presque larmes au coin des yeux. Entreprise cathartique au départ, l'auteure enquête pour mieux comprendre pourquoi Lucile n'est pas la maman aimante et dévouée qu'elle aurait aimé avoir. La reconstitution de l'histoire de sa mère, dévoilant certains pans cachés de sa vie, permettront à l'écrivain* de prendre la mesure des troubles psychotiques graves dont souffrait celle-ci, et la façon dont ils ont impacté toute sa vie, et par ricochet celle de sa propre descendance. C'est au final un très bel hommage que rend Delphine de Vigan, jusque dans la photo de couverture particulièrement touchante. J'ai beaucoup aimé, vous l'aurez compris.

On pourrait objecter que ce récit est trop personnel, trop intime, voire impudique (certains secrets de famille sont particulièrement dérangeants), et n'intéressera que les membres de la famille de l'auteure. C'est vrai que ces 400 pages sont un sacré déballage de linge plus ou moins sale et de secrets jetés en plein jour, mais en lisant entre les lignes, on y retrouve toujours une partie de sa propre histoire, une meilleure compréhension de la façon dont chaque famille recèle son lot de blessures et de douleurs, qui nous affectent les uns les autres, même insidieusement.

(* oui, autant j'aime bien écrire auteurE, autant écrivain, je le préfère au masculin.)

* Le dîner, de Herman Koch.

* Le pitch : Un restaurant, deux couples, les deux hommes sont frères. Sous les sujets les plus anodins et les conversations d'usage, ils sont en fait rassemblés là pour aborder le sujet qui les préoccupe tous depuis des semaines : leurs fils respectifs, cousins donc, âgés d'une quinzaine d'année chacun, sont coupables d'un acte terriblement violent et répréhensible, qui aura fatalement des conséquences sur leur vie à tous. Ou pas. Car chacun a sa façon personnelle de concevoir l'affaire...

* Mon avis : Très original ! Un roman dont l'intrigue est rythmée par la succession des plats apportés à table. A l'apéro, on pose les bases : personnages, décor, cadre... A l'entrée, l'intrigue se met peu à peu en place, on cerne les personnalités des quatre protagonistes. Puis le plat, le dessert et le café apportent leur lot de rebondissements. Au bout du compte, ce n'est pas seulement l'addition qui sera salée, mais la morale qui sera bien égratignée au passage. On tourne les pages, avides de savoir pourquoi "c'est" arrivé, comment, et surtout quelle en sera l'issue. Petit bémol : quelques longueurs, parfois de longues pages de descriptions qui peuvent facilement être zappées sans nuire à la cohérence globale, et surtout une fin qui laisse perplexe et presque insatisfait. Et vous, jusqu'où iriez-vous pour protéger quelqu'un qui vous est cher et qui a commis l'irréparable ?

 

Qu'est-ce que tu lis, doudou, dis donc ? #2

07 novembre 2013

Les_gens_heureuxHeather_Mallender

Pfiouuuu... Novembre est déjà là, et je vous parle seulement maintenant de la suite de mes lectures estivales. Shame on me, tout ça n'est pas très régulier, blogueuse Katia !
Au menu du jour, deux nouveaux romans. Mais à l'inverse de mon premier opus 'Qu'est-que tu lis, doudou, dis donc ?' où je vous avouais avoir vraiment bien aimé mes lectures et vous les conseillais, je suis cette fois-ci plus mitigée... mais...

* Les gens heureux lisent et boivent du café, de Agnès Martin-Lugand.

* Le pitch : Diane perd brusquement son mari et sa petite fille dans un accident de voiture. Effondrée, figée, secouée, elle va devoir apprendre à vivre sans, difficilement, douloureusement. C'est peut-être à travers un voyage initiatique en Irlande qu'elle y parviendra.

* Mon avis : Aouch ! Forcément, à la lecture de la quatrième de couv', je me sens tout de suite dans le bain, moi qui stresse dès que Chéribibi et Babygirl partent en balade à deux plus longtemps que prévu. Pas de ronds de jambes ni de mise en bouche : on entre tout de suite dans le vif du sujet, puisque l'accident est expliqué au lecteur dès les premières pages. Pas de pathos, pas de gore, juste des faits. On partage ensuite la douleur de Diane, les pages suivantes sont difficiles à lire pour qui s'imagine un tant soi peu à la place de l'héroïne. (Perso, j'avais envie de pouvoir lire seule, tranquille, et de laisser éventuellement venir les quelques larmichettes qui embrumaient mes yeux) (mais je suis du genre facile à faire chialer, faut dire).

C'est après ces quelques pages assez fortes que tout se barre en cacahuète. Le voyage en Irlande et tout ce qui s'y raconte m'a fait penser à une mauvaise comédie sentimentale américaine jouée par, au pif, Cameron Diaz et Ryan Reynolds. Tous les clichés s'enchaînent page après page : la rencontre avec un beau brun ténébreux muré dans son monde, les engueulades, les "pour qui tu te prends ?" et les "Je le déteste !", les gestes tendres qui déroutent, les réconcilations, les semeuses de merde, la famille du héros qui s'attendrie pour la pauvre fille venue d'ailleurs, et même le gros chien qui court sur la plage. Et les personnages semblent par moment touchés par le fameux syndrôme du "j'ai 15 ans à nouveau et je me comporte en ado". Décevant, sur ce point.
Malgré tout, on se prend à tourner les pages, qui défilent vite. Parce que c'est facile à lire (c'est pas du Shakespeare quoi), parce qu'on espère que l'auteur veut en venir quelque part (mais en fait, non, pas trop), et parce que notre âme de midinette voudrait quand même savoir comment se termine l'histoire. (Happy end or not ?). Bref, on lit, on pleure, on rit, et on oublie aussi sec.

* Heather Mallender a disparu, de Robert Goddard.

* Le pitch : Heather Mallender, en voyage sur l'île de Rhodes, disparait mystérieusement lors d'une promenade en montagne. L'ami qui l'accompagnait, Harry, n'a rien vu et devient suspect n°1 d'office. Son seul espoir : résoudre lui-même l'enquête, avec pour unique matériel les vingt-quatre photos de la pellicule utilisée par la jeune femme avant sa disparition, qui retracent ses derniers moments, visites et rencontres.

* Mon avis : Ce livre est présenté comme un polar. J'avoue m'être sérieusement posé la question jusqu'aux pages 200 et quelques, tellement le commencement est lent et laborieux. En cause également, le fait que ce roman a été initialement publié dans les années 90 mais qu'il n'a connu son réel succès que très récemment, ce qui imprime un sentiment diffus de old school (limite has been) qui peut déplaire quand on pense avoir affaire à un livre écrit dernièrement. Harry, le héros, est un vieil anglais un peu hors du système, et j'avoue avoir eu du mal à le prendre en sympathie, et à m'attacher à son personnage.

J'ai pourtant persévéré dans ma lecture par je ne sais quel mystère ou force obscure (j'ai rarement du mal à abandonner les livres qui me gonflent), ce qui me fait penser qu'il y a dans cette oeuvre un petit je-ne-sais-quoi d'addictif, qui pousse à tourner les pages pour savoir. Au fur et à mesure que l'enquête de Harry avance, les pièces se mettent en place, et le dernier tiers du roman rend enfin justice à son étiquette de "polar" : j'ai englouti les 150 dernières page en un clin d'oeil, avide de comprendre enfin ce que l'auteur met tant de temps à amener.
Impossible pour moi de vous dire "foncez ! " ou "n'achetez pas !", car vous l'aurez compris, je suis super partagée. Et je serais curieuse de connaître votre opinion si d'aventure vous l'avez lu aussi.

Voilà pour cette petite sélection mi-figue, mi-raisin. Bonne lecture (ou pas) !