Gin Fizz

Bulles de vie...

On s'était dit rendez-vous dans dix ans

13 octobre 2008

agenda_1Patrick avait quand même des idées marrantes, à l’époque. Filer rencard à tous ses potes de lycée dix berges plus tard, histoire de voir un peu ce que les uns les autres seraient devenus au bout de tout ce temps, c’était bien digne d’une série d’AB Production comme concept, non ?

N’empêche, ce con, il a fait des émules. A la fin des années 80, on était tous là à brailler en chœur avec nos bandanas et nos Doc Martens « ouais, attends, c’est trop naze son idée, pour qui qui s’prend c’blaireau, j’veux dire, quoi ! », mais force est de constater que les ‘Revival Meeting’ fleurissent de plus en plus. Y’ a donc un sacré paquet de gens qui auraient mieux fait de se la boucler en 1989, en fait.

Remarquez, moi, j’ai fait encore plus fort. Avec mes copains de classe de seconde, on était tellement soudé à la vie à la mort qu’on s’était donné rendez-vous non pas dix ans après, mais en septembre de l’année suivante (ouais, donc juste après les grandes vacances, quoi. Notez l’exploit.), rapport qu’on était nombreux à être dispatchés dans plusieurs établissements pour une sombre affaire d’options d’enseignement ou je ne sais quoi. Bon. Ben le jour J, il pleuvait comme vache qui pisse, et on s’est retrouvé très exactement cinq à se cailler les miches autour de la fontaine du Jardin du Luxembourg. Bravo les veaux. Je vous laisse imaginer le quota de réussite au bout de dix ans, ok ? Alors Patrick, t’es bien mignon, mais tes idées à la con, hein…

Forcément, aujourd’hui, avec tout le barnum mis en place par Facebook, Copains d'Avant et compagnie, c’est le lotobingo quasi à tous les coups. Syndrome « crise de la trentaine » version 2.0. Qui n’a jamais tapoté les noms de ses petits copinous de chat perché de l’école primaire ? Qui n’a pas cherché des informations sur ses ex et découvert avec un certain effroi le statut « marié » et les albums photos remplis de bambins dignes d’une pub Ricoré ? Qui n’a pas trouvé que Vincent avait pris un sacré coup de vieux ou que Marianne avait embelli ? Qui ne s’est pas dit que « pfff, celui-là, j’aurais bien aimé qu’il ne me retrouve pas… » ?

De fil en aiguille, on remonte les traces de notre passé, pour le meilleur et pour le pire. Parfois, l’envie nous prend de recontacter nos anciens potos et d’échanger quelques nouvelles. « Qu’est-ce que tu deviens ? ». Question rituelle à laquelle il n’est pourtant pas si simple de répondre en quelques phrases. Comme le dit Patrick, « on peut pas mettre dix ans sur table comme on étale ses lettres au Scrabble ». On fait le tour de sa vie rapidement, dans les grandes lignes, comme on sortirait son CV devant un employeur potentiel. Profession, situation familiale, loisirs.
Et puis, inévitablement, on reparle du passé. De ces moments communs, de nos souvenirs heureux, de la fois où…, et de celle où tu m’avais dit que… . On évoque dans de grands éclats de rire tout ce qui a fait qu’on a ressenti ce besoin, cette envie de se revoir aujourd’hui.

Et puis après ?


Après, le plus souvent, le soufflé retombe et il ne se passe pas grand-chose. Rares sont les fois où les retrouvailles au bout de plusieurs années donnent vraiment lieu à un nouveau roman d’amitié, qui s’élance comme un oiseau (ahem… oui, je suis très ‘femme des années 80’, aujourd’hui). Le présent reprend ses droits, et on range à nouveau dans un tiroir ces jolis souvenirs, auxquels vient s’ajouter le dernier, plus vivace, de ce moment récent partagé ensemble.

En tout cas, tout ça me laisse perplexe. Peut-être que je n’ai pas revu les bonnes personnes. Peut-être que je n’ai pas laissé sa chance au produit. Ou peut-être que je n’ai pas véritablement envie de remuer le passé. Parce que, justement, c’est le passé.

Hé ho, les gars. C’est déjà le bordel le plus complet dans mon présent, et le flou intégral sur mon futur. On va pas non plus réviser toutes les pages du Bécherelle pour se faire une vie plus que parfaite ?!!

 

 

 

Posté par Katia_ à 10:13 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [29]

Graisse anatomy

08 octobre 2008

cellulite_3Faudrait quand même qu’on m’explique. La cellulite, ce truc merdique qu’on se coltine à peu près toutes au moins sur le haut du cuissot dès lors que la puberté frappe à la porte, c’était vraiment nécessaire ? J’veux dire… on était obligé d’en passer par là ? Non parce que soyons honnête deux minutes. Ce machin, c’est quand même à peu près aussi inutile que les poils aux pattes ou les crottes aux coins des yeux, non ?
Alors quoi ? Y a-t-il quelqu’un qui a jugé bon de venir nous gonfler (c’est bien le cas de le dire) avec des aspects tôles ondulés sur les fesses, rapport que ça lui semblait plus art déco comme ça ? Si c’est le cas, qu’on me montre le coupable, j’ai deux trois mots à lui dire. Et ça va pas être du Baudelaire, a priori.

Non, mais sérieusement. Ce-llu-lite. Rien que le mot me donne envie de vomir mon petit déj. Celui-là, et tous ses petits copains assimilés : capitons, peau d’orange, bourrelets et rétention d’eau. J’adore. So Chanel. En même temps, soyons sincères. Si on avait appelé ça « granité de peau », on aurait été capable de trouver le rendu joli et sexy, avec notre esprit tordu.

(A ce stade de mon brillant exposé, je ne peux pas m’empêcher de souligner, en passant, que chez les mâles, les petits bourrelets se nomment « poignées d’amour » et « brioche », ce qui sonne autrement plus appétissant. Faudrait voir à se poser des questions, quand même).

Toujours est-il qu’à défaut de résonner poétique, ce vilain truc a au moins l’avantage de mettre toutes les minettes dans le même panier. Ah ben là, si, je regrette. Passés trente ans, vous comme moi, Kate comme Claudia, on aura beau se tartiner la culotte de cheval (tiens, en voilà encore un qui sonne glamour) dans tous les sens, rien n’y fera. Les capitons ne capitulent pas.

Bon.
Ben, partant de ce constat navrant, moi, perso, j’ai tranché.

A partir de dorénavant et jusqu’à désormais (et ce, pour une durée indéterminée), je décrète non sans fierté que ma cellulite fait intégralement partie de ma panoplie de fille, au même titre que mes nénés, mes cheveux longs, et ma semaine de relou-attitude tous les 28 jours.

Sans rire, on a déjà suffisamment à faire avec les rides et les cheveux blancs pour ne pas se laisser emmerder la vie avec des histoires de cellules adipeuses, hein. Allez, pour fêter ça, je vais même reprendre des lasagnes. ET un dessert. Olé.

Posté par Katia_ à 10:00 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [31]

I just can't get it out of my head

23 septembre 2008

parano_1Moi, parano ? Nooooooon. Alors là, vraiment, n’importe quoi. Mais si vous insistez, je veux bien avouer qu’il y a deux trois trucs sur lesquels je bloque et qui me gonflent légèrement. Du genre :

Vous pouvez prendre les paris que si je décide de couper une galette des rois, je tombe à tous les coups en plein sur la fève. Pas vaguement à côté, hein. Pile dessus. Comme ça, j’ai bien ruiné tout le suspense de savoir qui aura l’honneur de porter l’hideuse couronne en papier alu sur la tronche, et tout le monde est content. Super.

J’aimerais savoir aussi comment fait ce putain de fil de téléphone du bureau pour se retrouver systématiquement tirebouchonné sur lui-même, alors que je passe ma journée à le démêler consciencieusement. Etant donné que je ne joue pas à la girouette quand je téléphone à mes clients, et que je raccroche à chaque fois avec le fil bien rangé, ma question ultime est : quand ? Quand est-ce que ce carnage se produit ? J’ai beau être super attentive, y’a un moment où un truc m’échappe. Forcément.

Idem pour les écouteurs de mon ipod, que j’enroule pourtant soigneusement autour de l’appareil, et que je retrouve toujours en vrac et bourrés de nœuds bordéliques. Au final, je passe plus de temps à démêler le machin qu’à écouter mes morceaux préférés, et ce sont mes nerfs qui sont en nœud. Et on dit que la musique adoucit les mœurs, pfff, laissez-moi rire.

Vous avez déjà essayé de ranger un camembert tout neuf dans sa boîte après vous en être coupé un morceau ? C’est pas un peu de la science métaphysique, ce truc ? Parce que clairement, ça ne veut pas y rentrer, dans la petite boîte ronde. Ca déborde, ça dépasse, ça fait pas net, alors que cinq minutes auparavant, y’avait pas un poil de papier qui dépassait. Pareil pour tous ces appareils électroménagers pleins de trucs, de bidules et d’accessoires en tout genre à clipper à droite à gauche. Sur la photo de la boîte, c’est super joli. Mais quand vient le moment de ranger le truc dans sa boîte, faut avoir fait l’Ena ET Polytetchnique confondus pour savoir comment placer les pièces pour que tout puisse rentrer. Ah ça, je comprends qu’on forme les mômes au Tétris de plus en plus tôt, y’a un vrai créneau, là.

Je voudrais qu’on m’explique, aussi, si c’est pas trop demander, pourquoi, quand je cherche une rue sur un plan de Paris format bouquin, c’est toujours celle qui, au choix, se trouvera pile sur la rainure du centre, au milieu des deux pages (donc illisible), ou à cheval sur deux pages différentes, nécessitant un aller-retour incessant entre les deux feuilles pour piger quel est l’itinéraire adéquat. C’est pas censé faciliter la vie, un plan ? Non parce que si vous le prenez sur ce ton, je prends un taxi et puis c’est tout, hein.

Pareil : une boîte de médocs, je l’ouvrirai toujours et systématiquement côté notice, même (surtout) si je n’ai rien à faire de celle-ci et que limite je la connais par cœur. Mais non, il faudra qu’elle soit là, sous mon nez, à m’encombrer avec ses vingt-trois pliures ridicules et à m’empêcher d’attraper pronto ma plaquette de Doliprane. En revanche, vous pouvez être sûrs que le jour où j’ai besoin de vérifier un truc sur la dite-notice, cette conne sera juste ratatinée au fin fond du paquet, impossible à extirper à moins de sortir l’intégralité des médocs de la boîte.

Je vous passe évidemment le téléphone qui sonne exactement au moment où je mords à pleines dents dans mon pain au chocolat, le métro qui arrive toujours en premier pour le quai d'en face (quel que soit le quai qu'on ait choisi), les feux rouges qui semblent s'éterniser pile le jour où on est méga à la bourre, et l'Ascension qui tombe un jour DEJA ferié en 2008 (ce foutage de gueule, quand même !??).

Moi, je dis que quelqu'un nous en veut. Mais faites-moi confiance, je finirai bien par trouver qui c'est. 

Posté par Katia_ à 09:35 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [29]

Sur l'écran noir de mes nuits blanches

10 septembre 2008

ordi_2Beaucoup de choses me rendent hystérique (le contraire vous aurait étonnés, je parie), mais les ordinateurs qui buggent* font définitivement partie du top de la liste. Devant une machine qui plante, je me transforme en Hulk féminin, le teint verdâtre en moins : je perds patience, je hurle, je tape, je cogne sur le clavier. Ultra glam’, je sais. M’enfin en même temps, se laisser emmerder par un assemblage de puces et de circuits électroniques, moi, ça me gonfle.

Avant, quand je bossais dans les World-Companies qui le valent bien et assimilés, quand un tel problème se présentait, c’était fastoche : suffisait d’appeler le service ‘maintenance’. Je rangeais alors temporairement au placard mon agressivité 2.0. et prenait ma plus belle voix d’hôtesse de l’air pour dire « John, il semblerait bien que j’aie un petit souci avec mon matériel informatique, là ».

J
ohn, forcément, n’avait pas spécialement l’envie de se bouger le cul depuis son huitième étage, d’autant qu’il avait déjà six ou sept autres appels en attente de greluches battant des cils au téléphone, rapport à ce que tous les ordinateurs d’une même entreprise foirent toujours en même temps, parce que c’est vachement plus drôle comme ça.
J’avais donc droit neuf fois sur dix (la dixième étant que la ligne de John ne répondait pas) à :
- « Essaye de rebooter »
(Ah ben oui, je suis d’un con des fois, j’y aurais pas pensé toute seule, dis donc…)
- « Heu, ouais, t’es mignon, John, mais j’ai déjà fait le coup du rebootage magique. Trois fois, même. Et ça change queud’ », que je lui disais, toujours avec ma voix d’hôtesse de « 3615 gé cho ».
Soupirs au bout de la ligne.
- « Bon, ben j’arrive… »
(« j’arrive » signifiant, en langage de technicien informatique, qu’on pouvait espérer sa présence dans les trois grosses bonnes heures suivants l’appel).

En gros, j’ai mis relativement peu de temps à piger que le John et ses copains du bureau 815, valait mieux les bichonner sévère. Genre lui tenir la porte de l’ascenseur, lui faire des grands sourires niais dans la queue de la cantine, voire même lui réserver quelques gâteries. Hé ho… ne vous faites pas trop de films, là. Je parle de trucs comme lui laisser le dernier Kinder Bueno du distributeur, par exemple (et ne pas faire comme ces chacals de la pub qui préfèrent tout se bouffer en loucedé et en solo) (ah bravo, et c’est ça le message qu’on fait passer aux gosses de nos jours ? Et elles sont où, hein, les valeurs de partage, de collectif et de convivialité ?) (d’autant qu’en plus, c’est complètement con si vous voulez mon avis, parce qu’un Kinder Bueno en entier, c’est maousse costaud niveau sucré, ça filerait presque la nausée, m’enfin là j’ai comme l’impression que je m’égare) (et je mets autant de parenthèses que je veux, c’est MON blog) (ho).

Aujourd’hui, c’est différent. Aujourd’hui, je travaille dans une petite structure, qui n’a pas de service technique. Aujourd’hui, en gros et pour le dire vite, je suis assez souvent dans la merde, en fait. Mais comme je suis une fille généreuse de nature, j’ai décidé d’en faire profiter les collègues. Et généralement, quand mon ordi déconne, je hurle dans les couloirs :
- « Saaaaaaam, viens voir steuplééééééé… y’a mon débile d’ordi qui a buggé »
Apparemment, Sam n’apprécie pas ma générosité à sa juste valeur. (Je sais pas trop ce qu’il lui faut).
- « ‘tain, qu’est-ce que tu lui as encore fait ? »

???!!!?!!!

Vous avez remarqué ça, vous aussi ? Que c’est toujours ce qu’ON a fait, et jamais ce que cette merdouille de bécane aurait pu faire, qui est pointé du doigt ? Genre c’est parce que je suis blonde, c’est ça ?
Alors là, désolée, mais c’est quand même pas moi qui confond les zéros et la lettre O, hein ! Si on ne peut même pas compter sur un minimum syndical de la part des ordinateurs, j’aime autant vous dire que l’avenir de l’humanité est mal barré. Alors qu’on ne se gourre pas de coupable, ok ? Parce que bon, je vous préviens, je suis une fille du web 2.0., moi, monsieur. J’ai même un blog. Alors on ne me la fait pas ! Non mais ho. 


* Tsss, comment ça s’écrit, encore, c’te merde de mot ?

Posté par Katia_ à 09:42 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [29]

Derrière le rideau

20 août 2008

cabines_2Je ne vous apprends rien en vous révélant que mercredi, c’est le coup d’envoi des soldes d’hiver. A nous les achats compulsifs, la jungle impitoyable des fashionistas, et le compte en banque dans le rouge.
Au milieu de ce parcours d’embûches qu’est la quête du vêtement adoré, il y a une terrible étape à franchir, capable de décourager les plus motivées : l’épreuve de la cabine d’essayage.

Après avoir rassemblé les « cinq articles maximum en cabine », après avoir fait généralement la queue pendant des plombes, après avoir failli laisser tomber huit fois en se demandant si on a réellement besoin de ce douzième jean (et conclu que oui), on pénètre dans un univers parallèle un peu hors du temps, où tout un petit monde se côtoie de près sans se connaître, se juge du coin de l’œil, partage des bribes de conversations passionnantes (« tu trouves pas que ça me fait un gros cul ? ») et des odeurs révolutionnaires de chaussettes humides et de transpiration rance (attention, minute glamour).

Chacune s’approprie alors « sa » cabine, espace ô combien réduit qui va devenir son petit chez-soi le temps de l’essayage. Vite, vite, se déshabiller pronto pour pouvoir enfiler les petites merveilles dénichées. Hop, le manteau ! Zou, l’écharpe ! Ouste, les trois pulls barrière anti-froid ! Ben oui, mais je les colle où, mes fringues à moi ? Parce que là, je m’interroge : pourquoi s’obstine-t-on à ne mettre dans ces foutues cabines que deux pauvres portemanteaux ? Ou mieux, quatre portemanteaux, mais tout pourris, qui permettent à peine d’accrocher un cintre, ou qui font que tout ce qu’on y entasse se casse immanquablement la gueule par terre en moins de deux. Et tant pis pour mon top blanc que je voulais garder nickel. Y’a un souci, quand même, ou je rêve ?

Dans ce cas de figure, deux écoles de pensées :
1- le tout-roulé-en-boule-jeté-dans-un-coin : simple, rapide, certes efficace, mais pas forcément compatible avec tout type de fringues (le top blanc en question, par exemple) ou de boutique (sol d’aspect plus que douteux, jonché de vieux cheveux et de poussière)
2- le plié-rangé-tout-remis-sur-cintre : plus classe, évidemment, mais prend un temps fou. Le genre de truc qui vous fait ressortir de la cabine quatre heures après tout le monde, avec limite l’air de dire « je vous emmerde » aux autres clientes hystériques dans la file d’attente.
Chacune son truc, bien entendu…

Je passe rapidos sur les éclairages blafards qui nous donnent toute la bonne mine d’un navet mal cuit, les cabines tellement exiguës qu’on en ressort pleine de bleus à force de s’être cognée partout, ou les put… de système de cintre pour soutien gorge, qui personnellement me rendent maboule (vous avez déjà pigé comment ça marchait, ce truc là, vous ?).

Parfois, le rideau est à peine suffisant pour pouvoir se déshabiller sans être vue. Question d’économies de tissu, sans doute. Résultat, on passe plus de temps à vérifier qu’on ne se fait pas mater de l’extérieur qu’à s’admirer dans ses fringues. Ce qui est complètement crétin, car les autres nénettes en présence sont inévitablement plus occupées à checker leur popotin à elle dans le miroir qu’à tenter d’apercevoir le notre par les deux centimètres de rideau qu’il manque.
Seule exception : le pauvre type qui se fait traîner par sa copine depuis trois heures dans toutes les boutiques, en train de poireauter patiemment devant la cabine de sa belle au cas où elle lui demanderait « le même en 40 », et qui pourrait bien laisser fureter ses petits yeux, histoire de passer le temps agréablement.

Le must, à mon sens, c’est quand le miroir est à l’extérieur de la cabine. Non mais franchement, c’est quoi ce délire ? Le mec qui a osé mettre en place ce concept est tout simplement un gros sadique, doublé d’un pervers. Je ne vois que ça. Parce que bon, admettons que j’ai réussi à boutonner mon jean slim taille 36 (ouais, oh, bon, ça va) dans lequel je voulais absolument rentrer. Faut maintenant voir si je ressemble à Kate Moss ou à Kate en moche. Et pour ça, pas de doute, faut que je me traîne jusque devant le grand miroir, tout là-bas, au fond. Ce qui veut dire que si j'ai le look d'un boudin saucissonné dans ce jean, tout le monde va s’en apercevoir.
Je passe une tête derrière le rideau de ma cabine. Personne à droite ? Personne à gauche ? La voie est libre, je fonce. C’est généralement quand je commence à me jeter un coup d’œil dans la glace qu’une nuée de sauterelles acheteuses débarque en frétillant. Or moi, m’admirer sous toutes les coutures devant d’autres personnes, c’est un truc que je n’ai jamais su faire. Ne reste donc plus qu’à me rapatrier les miches plus vite que ça dans ma petite cabine sans miroir, et à me décider sur un coup de poker si oui ou non, ce jean me va.

Bon là, je veux qu’on m’explique, merde. Pourquoi c’est si compliqué ? Y’aurait pas un gars qui se serait dit « on va leur rendre la tâche la plus difficile possible, juste histoire de voir à quel point elles sont accros aux fringues, et au bout de combien de temps elles craquent » ? Bien possible…
Le pire, c’est que même avec les cabines d’essayages les plus nazes du monde, on aura toujours des files d’attente de huit kilomètres le samedi après-midi devant les cabines de chez Zara et Kookaï. Un peu masos ? Non, juste shopping-addicts…

(Article posté le 8 janvier 2007).


Bulles de bruit

11 août 2008

bulle_1

Paf. La bulle de chewing-gum vient de lui exploser en pleine tronche. Elle l’a pas volée celle-là ! Ca fait bien quinze minutes qu’elle me mastique son bout de glucose mentholé dans les oreilles et qu’elle tente vainement de faire des petites bulles avec. Franchement, à 8h36 un lundi matin, j’aurais pas pu trouver pire comme spectacle dans mon wagon de métro (enfin si, mais j’aime bien exagérer).
Evidemment, pour une fois que j’ai oublié mon Ipod chez moi, je dois me farcir comme voisine de voyage une réincarnation de vache espagnole, qui rumine consciencieusement depuis une dizaine de stations.
Le spectacle visuel en lui-même serait déjà fascinant : bouche ouverte à chaque mastication, mâchoire qui dérape copieusement vers la gauche, sans doute pour se donner un genre. Vous imaginez la pétasse adolescente revêche qui défie l’autorité maternelle du haut de ses douze ans trois quarts et vous avez l’image de ma petite peste de voyageuse.
Mais la garce a décidé de nous gratifier d’un spectacle « sons et lumières », et nous fait bénéficier de la bande sonore qui va avec le décrochage de mâchoire. De généreux « tchlaaaaaaacccc tchlaaaaacccc » bien sonores viennent donc ponctuer un déjà ô combien délicieux tableau. (oui, je sais, je retranscris assez mal le cri du chewing-gum mastiqué de plein fouet, mais je pense que chacun aura déjà une bonne vision globale du truc. Non ?)

La greluche qui lui sert de copine, et qu’on avait fini par oublier dans un coin du wagon tellement le spectacle nous prenait aux tripes, se met soudain à lui donner des conseils : « naaaan, mais faut que tu pousses avec ta langue, faut pas laisser l’air rentrer, sinon ça pète tout de suite, et la bulle se développe pas ». Mazette, c’est technique, ce truc. La punaise a l’air expérimentée en la matière.
S’en suit un long débat sur les pour et les contre de telle ou telle marque, plus efficace selon l’une pour réaliser de belles bulles. C’est passionnant, vous vous en doutez. Dans un coin de ma tête, je réalise à quelle point j’ai oublié les préoccupations vitales de mes années collège. Enfin au moins, pendant que ça jacasse, ça ne mastique plus. Manque de pot, je n’aurai jamais les détails du test comparatif Hollywood / Malabar / Freedent / Stimorol, j’ai du descendre du wagon avant la conclusion de la réunion de consommatrices…

Tout ça pour dire (parce que je voulais quand même dire un truc intéressant, au départ) que sans vouloir faire ma Nadine de Rothschild, un petit détour par les cases « j’apprends à mâchonner mon chewing-gum autrement qu’en ayant l’air d’une carpe » ou « évitez-moi de faire autant de bruit qu’un troupeau de truies affamées quand je me rafraîchis l’haleine », ce serait pas du luxe pour tout le monde.
Le prochain que j’attrape en train de me ruminer dans les tympans, je lui extirpe son chewing-gum de force et je lui étale dans les cheveux. Y’avait qu’à pas m’énerver, aussi...

(Article posté le 9 Octobre 2006).

Dernière séance

01 août 2008

cin__2Avant, quand on voulait aller voir un film au cinéma, c’était tout con. Suffisait de se pointer à l’heure de la séance choisie, d’acheter son billet, et d’aller se vautrer confortablement dans les fauteuils couleur caca d’oie des salles obscures en attendant le début du film. Pour patienter, on pouvait même héler une ouvreuse qui se ruinait le dos en trimballant son panier en bandoulière rempli de Chocoletti lait-noisettes, popcorn Baff, cônes Gervais et autres cochonneries calorifiques « en vente dans cette salle ».
En gros, avant, c’était peinard.

Aujourd’hui en revanche, quand on veut se faire une toile, c’est tout juste s’il ne faut pas s’y prendre six jours à l’avance, histoire d’avoir le temps de monter sur pied le plan d’attaque pour pouvoir aller voir le film qu’on veut à la séance qu’on veut. Sous peine de se retrouver en rade devant les écrans plasma des multiplex dix-huit salles, qui affichent « complet » pour le film voulu. Perso, ça m’a fait le coup deux fois de suite la semaine dernière.

Maintenant, j’ai pigé. Quand j’ai prévu d’aller au ciné, je réquisitionne les troupes une semaine avant le jour J. Ensuite, je répartis les rôles : toi, tu répertories les salles qui proposent le film et tu me fais une liste Excel par arrondissement. Toi, tu évalues combien de personnes ont une carte UGC, combien une carte Gaumont, combien s’en contrefoutent (cette histoire de carte, entre nous, c’est une bonne rigolade pour espérer aller tous ensemble voir le même film). Toi, tu checkes les heures des séances, VO, VF, dolby stéréo et tout le tintouin. Moi, je centralise les infos, et je tranche. Evidemment, personne n’est jamais d’accord avec ma décision. Au final, ça me colle une migraine du feu de dieu, et j’arrive au ciné avec l’envie de trucider le mec de la pub Mediavision, dont je ne peux plus saquer ni la tronche, ni la musique.

Non, mais sinon, c’est sympa, le cinéma. Ca manque juste un chouia de spontanéité, mais c’est sympa.

Et puis c’est sans compter la faune étrange qui peuple parfois les salles obscures :

Il y a ceux qui chuchotent entre eux pour se raconter à nouveau l’histoire, au cas où ils auraient loupé un détail capital. Ceux qui ponctuent toute scène d’amour de smaaacks sonores et dégoulinants de mièvrerie, ou au contraire, ceux qui soupirent de frustration quand à l’écran, Brad roule une méga pelle à Angelina. Ceux qui nous interpellent vingt minutes après le générique de début pour nous demander d’un air horrifié si « ça va être en V.O. pendant tout le film ? ».

Il y a ceux qui ont le rire un peu facile ou un peu trop prononcé. Ceux qui ont choppé une quinte de toux taille XXL et qu’on préfère ne pas avoir à côté de soi, sous peine de ne plus rien capter aux dialogues du film. Ceux qui ont oublié d’éteindre leur portable, ou ceux qui décrochent carrément en pleine séance (« Allo ? Oui, j’peux pas t’parler là, j’suis au cinéma… »).

Il y a ceux qui mâchonnent leur popcorn avec autant de classe et de discrétion qu’un bovidé dans son pré. Ceux qui préfèrent attendre une scène cruciale du film pour gonfler tout le monde avec le bruit d’ouverture d’emballage de leur Magnum trois-chocolats. Ceux qui remuent à la paille les glaçons au fond de leur Fanta grand modèle jusqu’à ce qu’ils aient bien fondu. Ceux qui farfouillent dans leur sac ou leurs poches pendant des heures, en remuant copieusement au passage trousseau de clés, porte-monnaie tintinnabulant et paquet de kleenex bien bruyants.

Il y a ceux qui nous demandent de nous déplacer « juste d’un siège », sauf que maintenant, on est assis derrière le brushing de Sonia Rykiel et on voit que dalle. Ceux qui mesurent 2m12 et qui choisissent de s’asseoir pile poil devant nous, alors que toute la rangée est libre. Ceux qui restent debout plantés au milieu de la rangée pendant les bandes annonces, le temps pour eux 1- d’enlever soigneusement le manteau, 2- le plier, 3- le déposer proprement sur le siège d’à côté, 4- épousseter le siège qu’ils ont choisi, 5- finir par enfin poser leur cul délicat. Ceux qui arrivent une fois que le film est commencé, et qui mettent des heures à trouver une place (« oui, mais il fait tout noir, je vois rien ») (je m’en fous, je veux pas le savoir, tu te magnes). Ceux qui s’étirent comme un chat au beau milieu du film, les bras en l’air au dessus de la tête, pensant sans doute que tous ceux de derrière pioncent depuis belle lurette et que ça ne les gênera pas.

Y’a des fois, franchement, j’me dis qu’un bon DVD chez soi…

(Article posté le 21 novembre 2006).

Posté par Katia_ à 09:01 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [9]
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Toubib or not toubib

07 juillet 2008

st_thoscope_2Juillet. Les chaises de bureau sont peu à peu désertées, la machine à café fait la gueule toute seule dans son bout de couloir, le téléphone ne sonne qu’une fois par heure et les journées s’écoulent plus vite, l’appel de l’apéro à la terrasse du coin étant le plus fort.

Dans ce climat légèrement feignasse, BigBoss, ayant sans doute peur qu’on ne s’ennuie un chouille, a choisi de nous réserver juste avant l’été sa petite surprise du chef. Un beau cadeau pour patienter tranquillement jusqu’aux vacances. Un pur moment de bonheur pour tous les salariés. Un truc qu’on attend avec impatience, tellement c’est fun et rock’n roll. En deux mots, j’ai nommé avec joie : la… visite médicale. Tadaaaaaam...

Comment te dire, public ? Comment décrire avec des mots simples le moment exquis que j’ai passé ?

La première partie du truc, purement administrative, ressemble à un entretien des renseignements généraux, questionnement en rafale et ton de caporal-chef inclus. Hormis les détails strictement personnels (nom, prénom, date de naissance, groupe sanguin, taille et poids (heu ?), date des derniers examens médicaux…), on se tape toute une série de questions plus ou moins débiles au sujet de nos conditions et de notre environnement de travail. Dans le genre :
- Combien de temps passez-vous devant l’ordinateur chaque jour ? (Ben ça dépend, en comptant ma lecture des blogs ou non ?)
- Quel est votre temps moyen de trajet pour vous rendre au lieu de travail ? (Ah, tout dépend si je fais un détour par la boulangerie pour les croissants, madame. Cette question est imprécise.)
- Les toilettes sont-elles loin de votre bureau ? (Les toilettes, ca va. Mais la machine à café, j’trouve qu’on aurait pu faire un effort, quand même…)
- Avez-vous une cantine sur votre lieu de travail ? (Non, mais avec les souvenirs de cantoche que j’ai, je crois que c’est pas plus mal).
- Votre bureau est-il bien aéré, bien chauffé, climatisé ? (Ah oui, super bien aéré en hiver, donc on se les gèle, et méga bien chauffé aussi en été, un vrai four ! La clim, oui, merci, j’ai plus le droit aux lentilles grâce à elle…)

Je ne vous fais pas le catalogue complet, sinon on est encore là demain, et moi, c’est pas tout ça, mais ce soir, j’ai poney.

Vient ensuite l’entretien médical, avec la dame en blouse blanche et son stéthoscope accroché autour du coup pour faire comme dans les séries, alors que franchement, aucun rapport avec Docteur Ross ou Docteur Shepperd, on est bien d’accord. (Faudra d’ailleurs qu’on m’explique un jour pourquoi – bordel, pourquoi ? – les infirmiers et médecins que je rencontre n’ont jamais la même dégaine que les beaux mecs en blouse dans la télé. Franchement, c’est à vous dégoûter d’être malade, cette affaire !).

Je me retrouve donc en petite tenue (coordonnée, pour l’occasion… des fois que j’aurais croisé un beau médecin encore loupé) à grimper sur la table d’auscultation, et à me faire palper le bidou et les cervicales par Madame Michu, qui me sort « vous êtes tendue en ce moment ? » (Ah ouais, sans déc’ ?!! Je suis en slibard dans un cabinet qui ressemble à une salle d’expérimentation médicale en Roumanie avant la guerre de 14-18, je me les gèle copieusement parce que manifestement, vous pensez que s’il fait 25° dehors, on peut se balader à oilpé sans souci dedans, et je ne sais même pas comment va se terminer cet entretien, mais sinon, noooooon, c’est cool, ça baigne, give me five ma caille).

Là encore, batterie de questions saugrenues, dont la meilleure reste quand même « vous faites tomber un objet sur le sol, que faites-vous pour le ramasser ? ». Gnééé ?!!! Rien que pour la saouler un peu plus, la madame Michu, j’hésite entre « je fous des coups de pieds dedans jusqu’à le faire disparaître sous un placard, hop on n’en parle plus, question suivante » et « je fais les yeux doux à un collègue pour qu’il le ramasse à ma place, et avec le sourire s’il vous plait », mais devant l’air de Cerbère de la dame qui n’a manifestement pas d’humour (ou pas le même que le mien, du moins), je ferme juste ma gueule, et je mime le truc. En gros, public, sache-le : faut plier les genoux et ne surtout pas te pencher dos droit, sinon, bobo. Ouais, même si c’est juste une feuille que t’as laissé tomber. Et même si t’as l’air con de faire du stretching pour une simple feuille. M’engueule pas, c’est la médecine qui a parlé. Douze ans d'études pour nous pondre ça. Hé ben.

Michu me fait ensuite asseoir à son bureau. Chouette, on va causer comme des copines, que je me dis. Tu parles. Elle fout des croix à tout va sur son (mon) dossier, marmonne des chiffres et des trucs incompréhensibles, et finit par me tendre un gobelet en souriant d’un air chelou.
Moi, pas méfiante pour deux sous : « Ah oui, un peu d’eau fraîche, avec plaisir ». « La fontaine d’eau est dans l’entrée, vous pourrez vous servir en partant. Le gobelet, c’est pour vos urines. Les toilettes sont à droite, vous déposerez le gobelet plein sur la petite tablette. Vous pouvez vous rhabiller, merci et au revoir ».
Et elle se casse, l’air de rien, après avoir lâché sa petite bombe.

Ah non, mais vraiment, le sens de l’hospitalité du personnel médical, on dira ce qu’on voudra, mais quand même, hein.

Bon. Ben, y’a plus qu’à. Evidemment, moi qui passe mes journées à faire des voyages vidange aux toilettes, c’est quand il faut faire pipi que je n’ai absolument plus envie, légèrement bloquée par l’environnement hostile.
Douze minutes plus tard, le flacon est rempli au tiers, et je m’en suis foutu plein les mains. Ouais ouais, c’est ça, rigolez ! Comme si c’était facile de viser juste dans un verre qui fait 6 cm de diamètre. Nan mais la prochaine fois, filez-moi carrément un tube d’échantillon de parfum, comme ça y’aura du vrai challenge !

En vitesse, je me rhabille, me lave les mains (deux fois), et dépose donc mon gobelet sur la fameuse tablette, comme l’a demandé Madame Michu.
Et après, quoi ? Je me sauve ? Je laisse là mon flacon jaune, tout seul, abandonné, livré à la sauvagerie du monde extérieur ?
Ouais, carrément.

Ni une, ni deux, me voilà dans l’entrée. La fontaine à eau me tend les bras, mais je n’ai qu’une envie, c’est de me tirer d’ici au plus vite, des fois qu’une autre personne entre dans les toilettes et ne gueule à travers les couloirs « hé, y’a quelqu’un qui a laissé son pipi ici, c’est dégueulasse ! ».

Ce n’est qu’une fois dehors, à l’air libre, que je tilte sur ce que vient de me dire la standardiste. « A l’année prochaine ».
… Ah parce qu’il faut recommencer ce cirque tous les ans ? Putain…

Posté par Katia_ à 09:54 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [24]

Rebelle au bois dormant

16 avril 2008

dormir__1A ce qu’il parait, l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Moi, je veux bien vous croire, je ne suis pas une fille contrariante. Mais encore faudrait-il se mettre d’accord sur ce qu’il convient d’appeler « tôt », quand même.

Parce que, par exemple, le chat qui miaule à fendre l’âme à partir de six heures du matin, en sautant sur tout le lit en long en large et en travers, je parie qu’on risque d’être tous ok là-dessus, c’est tôt. Très. Tous ok, sauf le chat en question, évidemment, qui lui, ne demande qu’à aller bâfrer son shéba. Y’a pas d’heure pour puer de la gueule, apparemment.

Arriver au boulot à 9h tapantes, perso, je trouve ça tôt aussi. Il semblerait pourtant que ce ne soit pas trop l’avis de mon patron, qui m’accueille avec une tronche d’inspecteur des impôts tout constipé quand j’ai le malheur de me pointer avec dix minutes de retard, essoufflée, en bredouillant que je n’ai pas entendu le réveil. Faut croire que lui, il l’a bouffé à la naissance, le réveil, et que c’est dans ses gènes de se tirer du plumard aux aurores. Je ne voudrais pas tirer de conclusions hâtives, mais il doit clairement se faire chier à la maison, le bonhomme, pour avoir envie de s’en casser aussi vite le matin.

En revanche, ouvrir mollement l’œil vers 12h et des poussières les jours de week-end, ça me parait très correct. Je dirais même que ça me semble suffisamment tôt pour que l’avenir m’appartienne toujours, mais après que j’aie pris un bon petit déj’ copieux, par contre, faut pas déconner.
Seulement là encore, tout le monde n’a pas l’air d’accord sur ce point. Ma mère, par exemple, pousse toujours des cris d’orfraie dans le téléphone, à me savoir encore en pyjama à cette heure « avancée » de la journée.

« So what ?», j’ai eu envie de dire au début.

Mais en fait voilà. C’était donc ça. D’un vague problème de définition à la base découle l’incompréhension la plus complète entre les peuples. Tu m’étonnes que ce soit le bordel, après, tiens. Qu’on ne vienne pas me dire qu’on n’était pas au courant la prochaine fois qu’une guerre éclate, hein. Moi, je vous aurai prévenus.

Posté par Katia_ à 10:18 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [39]

Queen of the Stone Age

14 avril 2008

chignon_1« Et avec ça, madame, qu’est-ce que je vous sers ? »

Qué ?  Madame ???!!!?? …

Non mais je rêve, ou il a bien dit « madame », là ?

Retenez-moi. Retenez-moi, s’il vous plait, ou je fais un carnage.

Alors ça, c’est fort. Hier encore, j’avais vingt ans. Oui, bon, ok, ça c’était plutôt avant-hier. Mais en tout cas, y’a pas si longtemps, on pouvait me donner vingt-trois ans à tout casser.
Voire moins, pour certaines personnes un poil bigleuses. Demandez au serveur du vernissage auquel je suis allée vendredi soir, à qui il a fallu que je réclame deux fois un verre de vin, alors qu’il l’avait proposé de lui-même à toutes les autres personnes qui m’accompagnaient. Histoire véridique. Juré, craché, monsieur le juge, j’ai des témoins. Je suppose que je n’avais pas l’air d’avoir l’âge requis pour picoler mondain. Avec un peu de chance et de patience, j’aurais sans doute fini par me voir proposer un verre de Banga orange. Avec une paille, évidemment, comme pour les enfants.

Et voilà qu’aujourd’hui, on me donne du « madame » à tout va.

A quoi ça tient, tout ça ? A que dalle. Des cheveux relevés en chignon, une paire de lunettes ressortie quelques jours pour cause de souci de lentilles, et un look vestimentaire un peu plus "réunion importante avec gros client potentiel" que "girly funky friday wear".

Ce serait donc ça le secret : essayez d’avoir l’air sérieuse et présentable pour le boulot, et bam, prenez dix ans dans les dents ! Hé ben merde alors…

Posté par Katia_ à 13:47 - Chroniques d'une râleuse - Commentaires [35]