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Gin Fizz
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23 février 2009

Service (mal) compris

pourboireJ’ai beau être une fille bien sous tous rapports (y’en a un seul qui moufte à ce sujet, ça va très mal se passer), il y a vraiment un domaine où je me trouve godiche au possible : toutes ces histoires de pourboires me fatiguent au plus haut point. J’en laisse un ? J’en laisse pas ? Et si oui, combien ? Et comment le faire de façon ni ostentatoire (genre "tenez, pour vous, petit personnel") ni trop discrète (genre raflé en douce par les voisins d’à côté pour payer leur propre conso). Non, franchement, ce truc-là, c’est une affaire à me rendre chèvre.

Oui, je sais. Vous allez me dire "c’est simple : tu donnes quand t’es contente, et tu donnes pas quand t’es pas contente". Ah super, merci. C’est vrai que je pourrais arrêter ce billet ici, du coup. Et aller regarder une série ou deux sur mon ordi au lieu de m’enquiquiner la vie à écrire des trucs sur ce blog. C’est vrai. Mais c’est mal me connaître.

Perso, en matière de pourboire, j’ai une échelle de valeur assez relative, totalement basée sur le feeling-power. Par exemple, je donne uniquement au chauffeur de taxi qui ne m’a pas pris la tête tout le trajet à me faire son 36 15 my life ou à me demander sur un ton niais si « alors on est sortie, ce soir ? » (non non, la robe de soirée et le maquillage de pouffiasse, c’est juste pour aller louer un dvd). Parce que moi, j’aime bien être peinarde dans un taxi, regarder la rue défiler en repensant à ma soirée, ou envoyer un sms de débrief à Meilleure Amie.
En revanche, si faut faire la moitié du boulot à la place du mec, lui indiquer le trajet par le menu (alors que même le GPS le lui dit, de ‘tourner à droite’) ou lui conter fleurette pour lui faire passer le temps, merci bien, mais moi, je prends le bus, c’est moins cher. A ce rythme-là, faudra bientôt passer soi-même en cuisine au resto pour se faire cuire son propre steak bleu ou à point.

Dans les salons de coiffure, en revanche, c’est une autre paire de manches. Et mon ‘feeling-power’, je m’assois dessus, direct. Parce que là, bêtement, je me sens obligée de donner un petit quelque chose à la pauvre fille qui vient de batailler deux heures quarante avec mes cheveux pour leur donner un doux reflet blond californien (même si j’ai juste envie de pleurer en voyant le résultat merdique), ou bien à celle qui s’est acharnée des plombes le séchoir à la main (et la goutte au front) pour me faire le brushing de Jenifer Aniston (elle a eu chaud – très chaud – je peux le sentir d’ici. Et il n’est que 12h45, dommage pour les clients suivants). Je suis d’un con, des fois, je le sais bien. Je sais aussi que je ne remettrai jamais les pieds dans ce salon de coiffure, mais ça…

Je suis d’un con, certes. Mais j’ai observé un peu les gens qui m’entourent, et en matière de pourboires, on ne peut pas dire que je puisse compter sur eux pour me servir d’exemple à suivre. Si vous voulez mon avis, eux aussi sont complètement paumés sur le sujet.
Dans le genre cigale, j’ai une amie qui peut laisser 2 euros de pourboire juste pour un café commandé, qui a coûté lui 1,30 euros. Elle fait ensuite des yeux tout éberlués quand son banquier lui apprend qu’elle est dans le rouge dès le 12 du mois. Rafraîchissant, comme attitude.

D’autres, en revanche, ne laissent jamais le moindre centime, contents ou pas contents, parce que « c’est déjà suffisamment cher comme ça », « il/elle a déjà un salaire, non ? », « est-ce que moi je demande un pourliche quand je fais les photocopies ? Bon. ». Ah ouais, d’accord. Mais dans ce cas, faudra pas venir s’étonner ensuite si les serveurs mettent des plombes à servir un Orangina et si les coiffeurs qui loupent les balayages blonds californiens s’en tamponnent comme de leur première dent de lait. Puisque de toute façon, au final, ce sera kif-kif pour leur poche. (Ah, oui, évidemment, on pourrait parler du seul sens du travail bien fait par fierté, mais là, tout de suite, j’ai pas trop envie, en fait).

Je sais, j’ai des problèmes vraiment existentiels. Et encore, je ne voudrais pas me faire plaindre, mais je vous laisse imaginer ce qui arrive quand je cumule dans la même journée visite chez le coiffeur, virée au bar, resto entre potes ET rentrage en taxi. Ca s’agite tellement dans mes petits neurones que ça frôle la rupture d’anévrisme direct. Dur, quoi.
Allo Docteur Derek ? J'ai vraiment très mal à la tête, vous pouvez m'auscultez ? (Et puis après, on ira boire un verre.)

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1 décembre 2008

Like a virgin

spa_2A priori – et jusqu’à preuve du contraire – je suis une vraie fille. Avec tout ce que ça implique en terme de salle de bain dégoulinante de produits de beauté, et d’étagères à make-up dignes du plus grand Séphora de France. Oui, mais… Jusqu’à la semaine dernière, je n’avais encore jamais mis les pieds dans un vrai institut de beauté. Mes connaissances en la matière se limitaient au passage express chez « Epil Minut’ » ou à une virée au Hammam entre nanas.
Et puis un jour, j’ai eu trente ans. Et des copines bien informées ont eu la bonne idée de m’offrir un soin dans un institut renommé. J’allais enfin perdre ma virginité dans ce domaine…

Ding dong. « Bonsoir, j’ai rendez-vous pour un soin ». Les deux hôtesses de l’accueil, impeccablement brushées et manucurées (what else ?), m’accueillent avec un sourire large comme une banane, me donnent du « bonsoir », du « bienvenue », du « mademoiselle » (bon point) et du « puis-je vous offrir une boisson pour patienter ? » dans tous les sens, le tout dans un quasi-murmure pour ne pas nuire à la quiétude des lieux. J’en trouverais presque ça flippant, si je n’étais pas déjà à moitié shootée par les odeurs d’huiles essentielles qui flottent dans l’air. Bosser dans un spa, c’est mieux que la fumette, on dirait.

Installée sur mon canapé moelleux, je reluque à loisir la beauté des lieux, quand une minette m’apporte en trottinant mon thé fumant et me propose un peu de lecture. Elle est mignonne, celle-là, mais vu que l’éclairage est uniquement fait à base de bougies, je ne compte pas m’esquinter les rétines pour lire un Elle que je reçois de toute façon directement dans ma boîte aux lettres. Je décline poliment, et attrape ma tasse de thé pour regarder l’étiquette. Hé hé, tiens, je l’aurais parié, que ce ne serait pas un vulgaire Lipton Yellow, leur truc.

Ca y est, les odeurs magiques ont fait effet : je suis la Reine de Saba, vautrée sur son sofa, attendant paisiblement d’être bichonnée de la tête aux pieds. Ordre et beauté, luxe, calme et volupté. En gros, je commence à m’y croire sévèrement.

Je n’ai pas fait illusion très longtemps, à vrai dire.

L’esthéticienne chargée de réaliser mon soin vient me sortir de mes pensées, et m’embarque avec elle dans la cabine. Au passage, elle me demande si j’ai besoin de passer aux toilettes avant, « parce que nous allons passer une heure et demie ensemble ». Oh, mais je vois que j’ai affaire à une connaisseuse.

C’est une fois dans la cabine que les choses sont devenues tendues. La fille m’explique brièvement comment va se dérouler le soin, et me demande de me déshabiller entièrement en me tendant un string en papier jetable.
Heu. Oui. Donc « entièrement », c’est ça ? Non parce que j’avais pas vu le truc comme ça, en fait. En même temps, pour ne pas saloper mes sous-vêtements avec l’huile de massage et pouvoir être massée de partout, c’est quand même mieux, n’est-ce pas bien sûr.
Je m’exécute donc et me déshabille, avant d’enfiler ce… cette chose, là. Je refuse catégoriquement d’appeler ça un « slip », vu la tronche que ça a sur moi. Parce que bon, je voudrais pas avoir l’air de la ramener ou de faire ma prétentieuse, mais il faut quand même savoir que ces gentils trucs jetables n’existent qu’en une seule taille. Elastique, certes. Mais tout de même. Et qu’on aurait pu en mettre au moins deux comme moi là-dedans. Résultat, j’ai deux ficelles qui se baladent sur mes hanches, et un vague bout de tissu flottant autour de ma mimiquette. Ridicule. Je me sens aussi couillonne qu’une poule portant un tutu de danse. Dans la famille « godiche », je demande la fille. Oh, bonne pioche !

Histoire de ne pas avoir à trop gambader le cul à l’air, je m’étale rapidement de tout mon long sur la table de massage, et j’attends que madame la technicienne de surface corporelle revienne commencer son boulot. A partir de là, je laisse mes neurones déconnect… pfff, tu parles oui ?!! Dans ma tête, c’est le festival du 14 juillet des interrogations débiles et saugrenues : un vrai feu d’artifice.

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Mais… elle met pas trop d’huile, là ?
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Ca sent chelou, ce truc, non ?
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Ah tiens, elle commence par là, j’aurais pas fait comme ça, moi.
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Haaaaan, j’espère que je suis bien épilée…
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Hé, mais elle m’en colle plein les cheveux, cette garce !
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Oh merde, j’ai pas payé ma mutuelle ce mois-ci.
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Tiens, ça, j’en parlerai sur le blog.
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Non, pas les pieds, je suis chatouilleuse, NON. Ah pardon, vous les avez reçus dans le nez, c’est ça ? Oups.
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Ils pourraient mettre un peu de musique, quand même.
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Ah oui, là, c’est pas mal, aaaaah oui, c’est bien, ça…
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Mmmmm…
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Zzzz zzzzz zzzzz

Oui. Y’a un moment où j’ai quand même fini par décrocher et me laisser complètement aller. Je me souviens juste du petit « et voilà » murmuré au dessus de moi, juste au moment où Georges Clooney me disait qu’une peau si douce méritait vraiment d’être… « et voilà ».
Gnéééé ? (Attends, Georges ! Quoi ? D’être quoi, bordel ? Je veux savoir, laissez-moi finir ce rêve !).

Je redescends de mon nuage (et de la table de massage), les jambes un peu en coton et la tête embrumée (je persiste à penser que la Douane devrait perquisitionner ici, y’a un truc de pas très catholique dans les produits utilisés, c’est obligé).

J’ai le corps gras comme une frite du Quick, mais l’esthéticienne me précise que pour conserver les bienfaits plus longtemps, il est mieux de ne pas prendre de douche en rentrant. Mouiis, très bien, ma cocotte. Mais j’imagine que vous ne prenez pas en charge les tickets de pressing des fringues et des draps imbibés d’huile ? C’est bien ce qu’il me semblait, aussi.

A l’accueil, je remplis béatement une fiche de satisfaction, devant les mêmes hôtesses que tout à l’heure qui, malgré l’heure tardive, ont toujours l’air d’avoir avalé un cintre avec leur sourire figé. En même temps, à voir ma tronche de ravie de la crèche, je ne devrais peut-être pas leur jeter la pierre.
Dans un dernier murmure (j’apprends vite) de « merci la compagnie », je m’emmitoufle dans mon écharpe et regagne le froid et l’agitation de la rue. Fin de la parenthèse enchantée. (Et moi, dans l'histoire, je me suis juste découvert une nouvelle drogue).

17 novembre 2008

Tri (un peu trop) sélectif

tri_1Tous les ans, c’est pareil. Ca me prend un jour, comme ça, sans prévenir, un peu comme une envie de faire pipi. Un matin, je contemple tout le bordel accumulé dans mon appartement durant les derniers mois, et le verdict tombe comme un couperet : faut vraiment que je fasse du tri. Le problème, c’est que j’ai une conception un peu particulière du tri, moi.

Généralement, quand on se lance dans cette aventure, on ne tergiverse pas trois plombes sur les trucs à trier. Soit on jette/donne/vend, soit on garde. Par exemple, les factures EDF et la télécommande de la télé, on garde (parait que ça peut servir). Le bouchon en liège sculpté offert par petit cousin à notre dernier grand repas familial, on jette (enfin c’est mon point de vue). Jusque là, facile.

Là où je finis toujours par me faire sacrément avoir, c’est quand vient le moment de trier des trucs improbables qui ne me sont pas vraiment nécessaires (je pense qu’on peut décemment avancer sans prendre trop de risques qu’une mini peluche rapportée de Nouvelle-Zélande n’est pas nécessaire), mais que je ne peux pas me résoudre à jeter pour autant (elle m’a été offerte par un ex, je pratique du vaudou dessus).
Autant dire qu’à partir de là, je suis grave dans la merde, parce que je sais que je vais y passer le reste de ma journée, voire de mon week-end. (Note pour moi-même : la prochaine fois qu’une envie de « faire le tri » me prend, je pose d’abord trois jours de rtt).

Pensant être super maligne (c’est là que je me marre), j’instaure donc brillamment la troisième catégorie. Désormais, je jongle entre « à jeter », « à garder », et… « à voir ». Parce que, quand même, c’est pas évident de décider du sort d’une vieille tasse ébréchée et d’un vieux pull quasi troué aussi rapidement. Il y a bien là matière à intense réflexion. Enfin, je trouve.
Inutile de vous dire qu’à la fin de la journée, la pile de trucs « à voir » s’élève jusqu’au plafond, et que rien n’est vu du tout, puisqu’il faut tout reprendre à zéro. Sans commentaire.

Je reprends, donc. La boîte de cd vide mise de côté en me disant que je vais bien finir par retrouver le disque à ranger dedans, finalement, je jette. De toute façon, j’aime pas Zazie. Le vase hideux offert par Sylvie et Paul à mon dernier anniversaire, idéalement, je le collerais bien à la cave (pour pouvoir l’en ressortir et l’exhiber sur ma cheminée en cas de visite des amoureux), mais en fait… oh… oups… comme je suis maladroite… l’est tout cassé, maintenant. Et nous sommes d’accord, un vase qui fuit, ça ne sert à rien. Hop, poubelle.

Niveau fringues, c’est plus problématique. Mon pull doudou en cachemire tout mité, ça fait déjà huit ans qu’il est là, fidèle au poste. Inmettable sauf pour traîner, déformé, délavé sur les manches. Oui, ben le tye-and-dye est à la mode, non ? Dans ce cas, il peut rester encore un peu. En revanche, la jupe noire jamais portée à cause de sa coupe « originale » (mmmoui, on peut dire ça comme ça), ça m’embête de ne pas lui donner sa chance, quand même. J’essaye la chose (ce qui implique d’aller fouiller au fond du placard pour en sortir également collants et escarpins. Bilan : vingt minutes perdues), et je trouve qu’elle est un chouïa trop longue, en fait. Ah… ben voilà. Problème résolu : création d’une quatrième catégorie « à faire retoucher ». Je pense que dans un an, la jupe et les autres trucs fourrés avec n’auront pas bougé de dessous le lit, mais en attendant, pfffiouuuu, j’avance super vite dans mon tri.

Jusqu’à ce que je tombe sur la boîte de vieilles photos et vieilles lettres d’amour. A ce moment précis, compte tenu du foutoir taille XXL qui règne dans tout l’appart, un être normalement constitué se dirait que c’est globalement le genre de truc qu’on garde, mais qu’on ira verser sa petite larmichette de nostalgie en se replongeant dedans une autre fois (genre une fois où on n’aura pas l’équivalent de trois bennes à ordures en vrac dans le salon). Moi, non. Moi, je me mets sur « pause », je pousse du pied les quarante-huit fringues étalées sur le lit, et je m’installe confortablement pour revoir les trombines des copains du collège ou relire les déclarations enflammées de Thibault, 3èmeB.
Quand j’ai enfin fini de remuer le passé, il est 22h bien tassées, et j’ai zéro envie de me remettre à mon tri qui tue. En même temps, je n’ai pas trop le choix si je veux retrouver parmi les diverses piles le chemin de la cuisine pour aller manger un morceau.

Heureusement, parmi toutes les choses à jeter ou non, il y a pas mal de trucs sur lesquelles je ne transige même pas. Les légumes légèrement ramollis dans le bas du frigo, c’est poubelle d’office par exemple. Pas d’états d’âme. Et ça n’a rien à voir avec le fait que je les achète juste pour me donner bonne conscience, en sachant pertinemment que je ne prendrai jamais le temps de les éplucher. Pareil pour le pain légèrement rassis, qui file direct à destination de « à jeter » sans passer par la case départ ni toucher les 20 000 francs. Mon grand-père m’aurait dit « on voit que t’as pas fait la guerre, toi » (toujours à se vanter, celui-là), mais si on trouve à critiquer même quand j’essaye de gagner du temps dans ma corvée de tri, je vous le dis tout net, je jette l’éponge, aussi. Vous vous débrouillerez sans pour ramasser les miettes. Et toc.

18 août 2008

Au bonheur des dames

bonheur_11Paraîtrait que je râle beaucoup. Et souvent. Mouais, pas faux. Mais en même temps, je sais aussi me réjouir de plaisirs simples, et parfois très idiots. Comme par exemple :

- Faire éclater les bulles du papier-bulle. D’abord une par une, plop plop… Puis en tordant d’un grand coup sec le papier : concert de pétard en ré mineur. J’adore ! (des plaisirs simples, je vous dis…)
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Recevoir une carte postale. Qui envoie encore des cartes postales, aujourd’hui, hein ? Hé ben, pas grand monde…
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Démouler un Flamby et ne m’autoriser à n’y poser la cuillère que lorsque le caramel a entièrement recouvert le flan. Généralement, y’a toujours un côté où ça ne veut pas couler comme il faut. Délicieux supplice de l’attente…
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Ricaner devant le ‘Point Route’ de Bison Futé qui annonce des journées rouges et des embouteillages dans tous les sens, quand je suis assise bien peinarde sur mon canapé, à boulotter du chocolat Côte d’Or.
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Observer à la dérobée le chat se choisir une position pour roupiller. Ca tournicote dans tous les sens pendant des heures, c’en est à la fois émouvant et ridicule. Ou bien admirer son sens du rangement quand il s’assied bien droit, toutes pattes camouflées sous lui et que sa queue vient enrouler tout ça. Surface totale au sol : même pas 10 cm². Trop fort, mon chat ! Il devrait bosser chez Ikéa.
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Gagner 2 euros au Banco. Ou au Millionnaire. A ce stade, je fais pas la difficile, notez.
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Manger les Dragibus en les triant par couleurs. Et garder les rouges et les roses pour la fin, parce que ce sont les meilleurs.
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Arriver sur le quai en même temps que le métro. Je m’abrutirai devant les affiches publicitaires une autre fois.
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Trouver une place assise dans le wagon le matin à l’heure de pointe, me faire la réflexion que c’est rare, mais bien agréable. Encore mieux : trouver une place assise, et faire tout le trajet sans croiser un accordéoniste qui ne vienne me casser les oreilles avec une reprise fracassante de ‘La Foule’ d’Edith Piaf (qui ne doit toujours pas s’en remettre, là où elle est, la pauvre).
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Entendre quelqu’un me dire que ma robe me va bien. Ou que j’ai bonne mine. Ou que ma robe me donne bonne mine (mais c'est plus rare, évidemment…)
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Ecouter l’orage tomber et le tonnerre gronder, bien au chaud sous ma couette, quand je sais que je n’aurai pas à mettre le bout d’un orteil dehors avant le lendemain matin.
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Effeuiller une marguerite : il m’aime, un peu, beaucoup, passionnément… Tricher pour tomber sur "à la folie". Sourire niaisement.
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Sortir de la boulangerie avec une baguette encore toute chaude. Me remplir les narines de cette bonne odeur de pain frais. Entamer le pain par petits bouts. M’apercevoir en bas de chez moi que j’ai descendu la moitié de la baguette, faire demi-tour, et retourner en acheter une nouvelle.
-
Trouver un colis surprise dans ma boîte aux lettres. Vérifier que je n’entends pas tic-tac à travers l’enveloppe avant de le remonter chez moi.
-
Lire les commentaires que vous laissez sur tous ces billets passionnants que je vous bricole (mode *slurp slurp aux lecteurs*) (nan, sans déc’, ça, j’adore, c’est vrai !).

Allez, à vous ! Jouez pas les égoïstes, racontez-nous un peu vos petits plaisirs, même les plus stupides. Promis, personne ne se moquera. Ou alors, juste un tout petit peu... ;)

(Article posté le 21 janvier 2007).

8 novembre 2007

Avec les compliments de la maison

ballon_2Dans une de ses chansons, Marc-les-yeux-revolver s’acharne à complimenter une greluche en lui répétant en boucle "qu’est-ce que t’es belle" alors que la greluche en question s’obstine, elle, à lui répondre d’un ton boudeur "j’me sens pas belle".
Bon. A part illustrer une fois de plus l’idée que les hommes et les femmes ont décidemment encore du taff pour se comprendre, que peut-on en déduire ?
Ben déjà, que les hommes nous préfèrent souvent quand on présente un léger petit déficit niveau confiance en soi. Apparemment, le mythe de la wonderwoman canon de la tête aux pieds, ultra bien sapée, à la carrière brillante, bonne cuisinière, mère de famille bienveillante et attentionnée le jour et amante allumeuse la nuit, c’est finito. Et tant mieux, j’ai envie de dire, parce qu’elle commençait à nous faire un peu chier, celle-là. Non mais c’est vrai franchement. A part filer des complexes aux nanas, et foutre la pétoche aux mecs, elle servait à que dalle, sinon à faire beau dans les pubs Ricoré des années 90.

Aujourd’hui, les choses ont changé. La fille parfaite et sans ratures est retournée sourire de toutes ces dents trop blanches dans les pages des magazines. Les hommes lui préfèrent les Cendrillons des temps modernes, avec leurs fêlures, leurs incertitudes, leurs questionnements métaphysiques et leurs complexes souvent infondés.

Ce qui fait qu’on assiste parfois à des conversations légèrement saugrenues, du genre :
-         Tu trouves que j’ai un gros cul ?
-         Mais moi, je le préfère comme ça, ton gros cul, tu sais…
-         ... ... ... T'es vraiment un sale con, toi !
Aaaaah, l’amoûûûûûuûr… Faites un compliment à une fille, recevez une baffe. (En même temps, faut voir le compliment...)

Du coup, je me pose la question : est-ce que ce sont vos compliments qui sont souvent foireux et à côté de la plaque, ou est-ce que c’est nous qui ne savons pas recevoir vos éloges ? Parce que s’il faut lire entre les lignes, sérieux, filez-moi le décodeur tout de suite, hein.

Surtout que moi, si vous voulez tout savoir, j’ai un vrai problème avec les compliments, en règle générale. Déjà, j’ai un mal de chien à en faire. Ca ne m’empêche pas de penser parfois beaucoup de bien de la personne en face de moi (encore heureux) mais le dire avec des mots, pffffiouuu, c’est super compliqué pour moi.
Je ne sais pas non plus les recevoir, ces foutus compliments. Quand on m’en fait un trop direct, je trouve ça louche et j’y crois moyen. Quand c’est un peu plus subtil, je traque la faille. Genre "ok, elle me dit que j’ai super bonne mine… à partir de quel moment elle me demande de venir l’aider à emménager dans son nouvel appart au sixième étage sans ascenseur dimanche matin à huit heures ?". Et quand c’est trop subtil, je ne les vois pas.
A l’inverse, quand on me fait zéro compliment, je chiale que personne ne m’aime, que la vie c’est trop nul et que franchement, si c’était pour en arriver là, c’était même pas la peine de (bruits de sanglots étouffés rendant la fin de la phrase incompréhensible).

Oui. Je sais. N'en dites pas plus. Je suis chiante et compliquée. Mais ça fait partie de ma panoplie de fille non-parfaite.

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19 septembre 2007

Classe mannequin

mannequin_2Je crois vous avoir déjà dit que les photos et moi, on n’était pas très copines. Bon. J’ai pas changé d’avis sur le sujet, je vous rassure tout de suite. Plus crispée que moi devant un objectif, y’a pas. Ou alors, si, mais c’est Catherine Deneuve après une douzième injection de botox.
Pourtant, quand on m’a demandé si je voulais participer à une opération lancée par Pantène, dans laquelle j’allais avoir la chance de me faire coiffer, maquiller et photographier par des pros dans un vrai studio photo, allez savoir pourquoi, j’ai sauté sur l’occasion.

Pantène, si vous ne voyez pas ce que c’est, c’est parfaitement normal. Cette marque de shampoing totalement has been n’avait pas communiqué depuis des années, mais a décidé dernièrement de se remuer le popotin (et il était temps) et de relancer toute sa gamme de produits et ses publicités, basées sur « la révélation de la femme, de sa beauté et surtout de sa vraie personnalité ». Ouais, rien que ça.

Au pré-rendez-vous, on m’a demandé de venir au shooting habillée en noir et de ne pas me maquiller d’avance. Ah ? Bon, le noir, c’est ok, ma penderie en est blindée. Pour ce qui est du « no make-up », j’arrive donc le jour J avec le teint froissé, les traces de draps encore imprimées sur la joue, et deux sournois petits boutons qui ont eu l’indécence de pointer leur nez la veille, suite à l’excitation de toute cette opération. Au top-niveau, quoi. Normal.

Après un shampouinage délicieusement relaxant, Seb le maquilleur attaque les travaux de gros œuvre, tandis que Céline la manucure cherche à tout prix à mettre en valeur ce qu’il reste de mes ongles non mordillés par toute la nervosité et le stress de ma vie de jeune femme citadine battante et dynamique (là c’est too much ou bien ?). 

On décide de mettre l’accent sur les yeux avec « un regard smoky » et de faire un « brushing flouté ». Mais faites donc, mon cher, faites donc. Perso, je sais tout juste mettre du mascara sans déborder, alors ton œil smoky, là, tu vois, ça me parait un peu le bout du monde.

Peu à peu, dans le miroir, la transformation opère. Adieu les petites ombres et les imperfections du visage, tchao les marques de fatigue. Les pinceaux virevoltent autour de moi, encore un peu de poudre par ici, un coup de babyliss par là, et au bout de soixante quinze minutes, tadaaaaaaaaaammmm, je suis prête à faire le grand show devant les projecteurs.

Prête ? Heu… attends, pas sûr.

Parce que c’est bien facile de faire la conne devant l’objectif avec ses amis aux anniversaires ou aux soirées un peu arrosées. Mais là, il est midi (donc on oublie direct la triple vodka qui pourrait donner le petit coup de pouce), je suis seule devant un grand mur blanc, les projecteurs sont braqués sur moi, et l’équipe photo attend que je veuille bien me détendre suffisamment du string pour commencer à bosser un peu, parce que merde quoi, on n’est pas venu là pour peigner la girafe.

Bon. Ben. Ahem. Je me lançe, hein. Allez…

making_of_pantenePendant que je me dandine comme une pintade malheureuse (Oui oui, c’est bien moi, sur la photo, là. On ne me voit pas ? C’est fait exprès…), un flot de questions métaphysiques jaillit dans ma tête. Est-ce que je dois sourire ou tirer la gueule, comme les vrais mannequins ? Ah, là, j’avais pas les yeux fermés ? Et dans cette position, j’ai l’air con, ou j’ai l’air con ? Et mes mains ? Je les colle où, mes mains, maintenant, hein ? Dans les poches, ça fait gourde. Sur les hanches, ça fait campagnarde. Dans les cheveux, ça fait fausse Cindy Crawford pour Elsève, bonjour la concurrence déloyale. Et si je triturais nerveusement mon collier, tiens ? Aïe, merde, j’ai failli me le prendre dans l’œil en jouant avec. Bon, pour la peine, je remets pour la cent-huitième fois une mèche imaginaire derrière l’oreille gauche.

Pfff, c’est pathétique, je suis pathétique. Sainte Kate, venez-moi en aide, viiiiiiiiite.

Le photographe me souffle quelques idées de pause, que je tente de réaliser plus ou moins brillamment. Et à ce propos, j’espère qu’il a bien viré de sa pellicule la série de photos où je manque de me casser la gueule depuis les sommets de ma chaise haute, légèrement déstabilisée que j’étais par le vent froid du ventilo réglé sur puissance maximale, et supposé apporter « un souffle d’air frais dans les cheveux ». (Ca, pour être frais, c’était frais, vu que je me les suis caillées copieusement, devant ce machin).

Finalement, il décide qu’il a ce qu’il faut dans la boîte, et qu’on peut arrêter le carnage. Bon, évidemment, il est smart le mec, il l’a pas dit comme ça. Mais pour moi, c’est un peu kif-kif.

Je suis tellement soulagée d’en avoir fini avec ce supplice que je me rue avec grande classe sur les macarons et les mini-sandwichs prévus par l’équipe pour les petites faims. "Ranafout’" du rouge à lèvres à ne pas abîmer, maintenant.

Après m’être remise de mes émotions (et avoir englouti un tiers des petits fours), je songe mollement à reprendre mes clics et mes clacs pour retourner au boulot. Dans le métro, j’ai la sensation d’être reluquée par tout le monde. « Hé ouais, les gars, mattez-moi ces yeux revolver et cette chevelure de déesse ». Bon, en fait, ils ont juste l’impression que je me suis maquillée à la truelle, rapport à l’épaisse couche de fond de teint que j’ai sur la tronche, et qui se justifie vraiment sous les flashs et les projecteurs, mais qui fait nettement plus pitié sous les néons blafards du métro. Pour tout vous dire, la séance démaquillage du soir prendra trois fois plus de temps que d’habitude…

Le résultat final ? Vous voulez voir ? Vraiment ?
Ben, je ne l’ai pas encore… mais un jour… peut-être… si vous êtes sages… !

PS : Malgré mon manque notoire d’aisance et de naturel devant les objectifs, je tiens quand même à remercier toute l’équipe d’Heaven et ses partenaires pour le moment très sympa que j’ai passé en leur compagnie.

3 août 2007

On connaît la chanson

disque_1Et paf ! J’me suis encore fait refiler un questionnaire blogobullesque. Cette fois-ci, c’est elle, la coupable. Et le but du jeu, c’est de répondre aux questions par une chanson, dont le titre, les paroles ou la musique pourraient exprimer mes pensées mieux que des mots. Ou différemment.
(Ouais, bon, ok, j’ai un peu trichouillé. A la base, fallait laisser faire le hasard du lecteur mp3 qui choisissait les réponses pour nous. Mais franchement, je voyais pas trop l’intérêt…)

Tu vas encore me dire que ça ressemble à un post de feignasse qui n’a pas envie de trop se fouler. Mouais, c’est pas faux. En même temps, j’aurais aussi pu me REbarrer en vacances sans rien te coller à lire ici, et ça aurait encore chouiné. Alors faudrait voir à pas trop déconner, tu saisis ?

Je tiens à dire que les musiques choisies ne reflètent pas toute la panoplie complète de mes préférences musicales. En vrai de vrai, j’ai des goûts de chiotte bien pires que ça.

1 Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
Nan, cherche pas de signification dans le titre. Rien à voir. Mais celle-là, c’est juste moi, aujourd’hui.

2 Comment vos amis vous voient-ils ?
Ah ! Enfin l’occasion de me la péter un peu. Alors, voyons voir... j’hésite entre
ou
(oué oué, Tom Jones, carrément. Peur de rien, moi. Et encore. J’aurais pu te mettre "Sex bomb", tant qu’on y était. Mais après, on va dire que j’me la raconte grave, c’est bon, merci.)

3 L’histoire de votre vie ?
Ouais. Pas si facile, d’être une "femme libérée", comme on dit. Y’aurait comme qui dirait encore du taf. (Et te marre pas, parce qu’au début, je voulais te mettre Britney et son "Stronger than yesterday". Là t’aurais clairement pu te foutre de moi.)

4 C’était comment, le lycée ?
Assumer les nénés qui poussent d'un coup et les remarques désobligeantes des petits mectons boutonneux qui tueraient leur mère pour trois poils au menton… toute une époque.

5 Qu’est-ce qui vous fait avancer dans la vie ?
Un mec pas con a dit un jour « I have a dream ». Du coup, je me suis dit que moi aussi. Y'a pas de raisons.

6 Et dans les moments de doute ?
Je l’écoute, elle. Ca me calme direct. Je relativise un chouïa plus, après…

7 Celle qui pourrait décrire votre personnalité ?
Légère petite tendance à ne jamais me satisfaire pleinement de ce que j’ai. Un défaut comme une qualité, quelque part.

8 L’amour, ça vous inspire quoi ?
Ca dépend, quand même. Parfois, c’est ça

En ce moment, c’est plutôt ça


9 Quelle musique pour votre mariage ?
Mmm, bof, chais pas trop. P’têt ça, mais juste pour rire


10 Et quelle musique pour votre enterrement ?
Ca devrait faire l'affaire. En même temps, j'ai un peu envie de te dire que je m'en fous, vu que je serai pas là pour l'entendre.

11 Des projets pour ce soir ?
Ouais, bah là, si tu t’arrêtes au titre, t’es mal, forcément. En gros, si c’est trop compliqué pour toi d’écouter, ça parle de greluches qui vont faire la fête et draguer. Je te fais pas de dessin, c’est bon ?

27 novembre 2006

Dernière séance

cin__2Avant, quand on voulait aller voir un film au cinéma, c’était tout con. Suffisait de se pointer à l’heure de la séance choisie, d’acheter son billet, et d’aller se vautrer confortablement dans les fauteuils couleur caca d’oie des salles obscures en attendant le début du film. Pour patienter, on pouvait même héler une ouvreuse qui se ruinait le dos en trimballant son panier en bandoulière rempli de Chocoletti lait-noisettes, popcorn Baff, cônes Gervais et autres cochonneries calorifiques « en vente dans cette salle ».
En gros, avant, c’était peinard.

Aujourd’hui en revanche, quand on veut se faire une toile, c’est tout juste s’il ne faut pas s’y prendre six jours à l’avance, histoire d’avoir le temps de monter sur pied le plan d’attaque pour pouvoir aller voir le film qu’on veut à la séance qu’on veut. Sous peine de se retrouver en rade devant les écrans plasma des multiplex dix-huit salles, qui affichent « complet » pour le film voulu. Perso, ça m’a fait le coup deux fois de suite la semaine dernière.

Maintenant, j’ai pigé. Quand j’ai prévu d’aller au ciné, je réquisitionne les troupes une semaine avant le jour J. Ensuite, je répartis les rôles : toi, tu répertories les salles qui proposent le film et tu me fais une liste Excel par arrondissement. Toi, tu évalues combien de personnes ont une carte UGC, combien une carte Gaumont, combien s’en contrefoutent (cette histoire de carte, entre nous, c’est une bonne rigolade pour espérer aller tous ensemble voir le même film). Toi, tu checkes les heures des séances, VO, VF, dolby stéréo et tout le tintouin. Moi, je centralise les infos, et je tranche. Evidemment, personne n’est jamais d’accord avec ma décision. Au final, ça me colle une migraine du feu de dieu, et j’arrive au ciné avec l’envie de trucider le mec de la pub Mediavision, dont je ne peux plus saquer ni la tronche, ni la musique.

Non, mais sinon, c’est sympa, le cinéma. Ca manque juste un chouia de spontanéité, mais c’est sympa.

Et puis c’est sans compter la faune étrange qui peuple parfois les salles obscures :

Il y a ceux qui chuchotent entre eux pour se raconter à nouveau l’histoire, au cas où ils auraient loupé un détail capital. Ceux qui ponctuent toute scène d’amour de smaaacks sonores et dégoulinants de mièvrerie, ou au contraire, ceux qui soupirent de frustration quand à l’écran, Brad roule une méga pelle à Angelina. Ceux qui nous interpellent vingt minutes après le générique de début pour nous demander d’un air horrifié si « ça va être en V.O. pendant tout le film ? ».

Il y a ceux qui ont le rire un peu facile ou un peu trop prononcé. Ceux qui ont choppé une quinte de toux taille XXL et qu’on préfère ne pas avoir à côté de soi, sous peine de ne plus rien capter aux dialogues du film. Ceux qui ont oublié d’éteindre leur portable, ou ceux qui décrochent carrément en pleine séance (« Allo ? Oui, j’peux pas t’parler là, j’suis au cinéma… »).

Il y a ceux qui mâchonnent leur popcorn avec autant de classe et de discrétion qu’un bovidé dans son pré. Ceux qui préfèrent attendre une scène cruciale du film pour gonfler tout le monde avec le bruit d’ouverture d’emballage de leur Magnum trois-chocolats. Ceux qui remuent à la paille les glaçons au fond de leur Fanta grand modèle jusqu’à ce qu’ils aient bien fondu. Ceux qui farfouillent dans leur sac ou leurs poches pendant des heures, en remuant copieusement au passage trousseau de clés, porte-monnaie tintinnabulant et paquet de kleenex bien bruyants.

Il y a ceux qui nous demandent de nous déplacer « juste d’un siège », sauf que maintenant, on est assis derrière le brushing de Sonia Rykiel et on voit que dalle. Ceux qui mesurent 2m12 et qui choisissent de s’asseoir pile poil devant nous, alors que toute la rangée est libre. Ceux qui restent debout plantés au milieu de la rangée pendant les bandes annonces, le temps pour eux 1- d’enlever soigneusement le manteau, 2- le plier, 3- le déposer proprement sur le siège d’à côté, 4- épousseter le siège qu’ils ont choisi, 5- finir par enfin poser leur cul délicat. Ceux qui arrivent une fois que le film est commencé, et qui mettent des heures à trouver une place (« oui, mais il fait tout noir, je vois rien ») (je m’en fous, je veux pas le savoir, tu te magnes). Ceux qui s’étirent comme un chat au beau milieu du film, les bras en l’air au dessus de la tête, pensant sans doute que tous ceux de derrière pioncent depuis belle lurette et que ça ne les gênera pas.

Y’a des fois, franchement, j’me dis qu’un bon DVD chez soi…

31 janvier 2011

Email Diamant (ou j'ai testé pour vous le blanchiment des dents)

dentsRetrouver un sourire ultra bright... Voilà bien une vieille lubie qui me trottait dans la tête depuis des lustres, régulièrement stoppée dans le passage à l'acte par le prix exorbitant pratiqué par mon dentiste ("mmm, non, j'vais plutôt m'offrir quinze jours de vacances, à choisir...") et les techniques un peu olé-olé des cabinets esthétiques qui ont poussé comme des champignons dans les rues de France dernièrement. Et puis une nouvelle offre apparue récemment, sans l'aide de substances (trop ?) chimiques et à un prix d'appel intéressant, m'a fait sauter le pas. C'est donc toute guillerette et détendue que je me suis rendue au centre de blanchiment, la semaine dernière, prête à retrouver mon sourire de star hollywoodienne.

La porte à peine poussée, je suis accueillie par le sourire éclatant et la politesse enjouée de notre hôte, que j'appellerai James pour les besoins narratifs. James est beau gosse, certes, mais surtout digne représentant de son business, avec ses jolies dents blanches bien alignées. A priori, je suis donc au bon endroit pour causer quenottes éclatantes.

James m'installe dans l'un des trois box du cabinet, et me précise le déroulé de la séance. C'est là que je commence à me dire qu'on n'est pas vraiment parti pour une grosse marrade. Moi qui pensais venir me détendre à ma pause déj', je vois bien que je n'ai pas misé sur le bon cheval. (Note personnelle : la prochaine fois, me contenter d'une séance shopping).

On commence par se frotter les dents avec un gel posé sur une mini éponge, afin de déposer toute trace de nourriture et/ou de résidu qui risquerait d'altérer le bon résultat. Je me sens un peu couillonne de me quasi-brosser les dents devant James comme si on se connaissait depuis un bail, d'autant que lui ne se lasse pas de sourire (il a du en voir d'autres, je sais bien), et continue à m'expliquer le processus. Il me dégaine alors une affreuse gouttière en plastoque qu'il remplie d'un gel visqueux, que je vais devoir mordre à belles dents pour bien répartir le produit.

Bon. Quand faut y aller, faut y aller. Et je ne suis pas venue pour enfiler des perles, à ce que je sache. Dont acte. Je mords. Et je me retiens de vomir, aussi, devant la sensation assez étrange de gélatine qui se répand partout dans la bouche. (Je refuse catégoriquement de mirer mon joli look dans le miroir posé en face de moi, sous peine d'avoir envie de me mettre à pleurer, en plus).
James, toujours toutes dents dehors, s'assure que la gouttière est bien placée, et continue à m'expliquer : en me plaçant devant la lumière qui fait agir le produit, je vais devoir sourire le plus possible, "comme si je voulais faire bronzer mes dents". Ah ? Ah oui donc là, je ne vais pas pouvoir dormir peinarde, en fait, c'est ça ? C'est ça.

Impossible pour moi d'articuler le moindre mot. Je marmonne donc un vague "mmmfffpppp" qui pourrait vouloir dire aussi bien "ok j'ai tout compris, ça roule" que "putain mais sortez-moi de là, au secours", et James s'en va, me laissant en tête à tête avec ma gouttière, mon gel visqueux, mon sourire forcé et un superbe film de Yann Arthus-Bertrand pour me distraire (ha ha, c'te blague aussi !)

Pendant près de vingt minutes, je me force donc à sourire de toutes mes dents devant la loupiote bleutée, afin d'optimiser le traitement. Inutile de préciser qu'au bout d'à peine huit, j'ai déjà mal aux maxilaires, et que la jeune femme souriante doit plus ressembler à un poney crispé exhibant ses ratiches.

Diiiiing, le premier round est terminé. James accourt, un grand gobelet à la main, et me demande de retirer la gouttière. Je comprends assez rapidement le pourquoi du comment de la présence du gobelet, à l'énorme filet de bave qui coule en même temps que la gouttière que je retire. Glamour, vous avez dit glamour ? Ah non c'est la porte à côté !
Oui, plus la peine de faire des cachotteries sur le sujet : se faire blanchir les dents est TOUT sauf un acte sensuel et délicat, sachez-le. (James, arrête de me regarder crachouiller ma bave, pitié, j'ai déjà bien assez honte comme ça...).

Une fois l'épisode bave/rinçage de bouche/essuyage terminé, nous voilà repartis pour une nouvelle séance de vingt minutes. Lumière bleue, sourire forcé, film hilarant, tutti quanti...
James passe régulièrement la tête pour demander si tout va bien, et je lui réponds régulièrement un "hunnaaahunnn" courtois.

Au bout de la 3ème et dernière session, je n'en peux littéralement plus de toute cette opération. J'ai l'intérieur de la bouche tout fripé, l'impression d'avoir roulé une mega pelle à un Kiss Kool (rapport au goût mentholé du produit), l'envie d'envoyer bouler James quand il me redemande de sourire à pleines dents, et je connais tout des inondations au Bangladesh, pays cher à Arthus-Bertrand.

Quand sonne enfin l'heure de la délivrance, je suis à deux doigts de
l'infarctus de la mâchoire, et supplie James du regard pour qu'il me débarrasse enfin de tout l'attirail anti-glam'. Re-bavouille, re-crachouille, re-rincage de dents.
Et enfin, tadaaaaammmm, résultats en direct live dans le miroir du cabinet. Wouhaaa, ça flashe ! Mes dents sont effectivement plus blanches, et surtout, leur teinte est bien uniformisée, ce qui donne un bel effet fraicheur et netteté à mon sourire. James me prévient que la teinte va redescendre d'une tonalité d'ici douze heures, mais que je vais garder le bel effet uniformité pendant quatre à cinq mois, en fonction de mon mode de vie (cigarettes, café, thé...).

Hé bien, merci pour tout, au revoir, à la prochaine, bonjour chez vous (vite, partir d'ici, avant qu'on ne me fasse le moindre chantage avec les images volées de ces situations embarrassantes et baveuses que je viens de vivre).

Verdict à dix jours de l'opération : La teinte wouhhaaaaouuu obtenue à la sortie du cabinet est effectivement retombée, peut-être un poil plus que ce que j'espérais, d'ailleurs. Je conserve néanmoins une bonne régularité de teinte sur l'ensemble des dents. Gros bémol cependant en ce qui me concerne : deux endroits des gencives complètement irrités depuis le traitement, que je soigne à grands renforts de gel-pansement et bain de bouche. Je précise que j'ai les gencives ultra sensibles, et que l'amie qui a réalisé le blanchiment en même temps que moi n'a pas rencontré ce problème.
Bilan de l'opération et note personnelle : 6/10.   


25 mai 2008

La Croisette s'amuse

projecteur_1Mais moi, pas trop, franchement. Parce que qu’est-ce qu’on se fait chier, avec le Festival de Cannes, cette année. Déjà, tout le monde ou presque y tire la tronche, rapport que le soleil a décidé cette fois de jouer à cache-cache. Point de soleil sur la Croisette en 2008. Pour faire sa star derrière les lunettes noires, faudra attendre Roland-Garros et ses gradins vertement sponsorisés Bnp Paribas. C’est sûr, pour les photos people, ça en jette moins que le fameux tapis rouge.

Heureusement que certaines personnes sont là pour nous divertir les mirettes malgré tout. A mon avis, le dieu du mauvais goût peut dormir peinard, il est dignement représenté sur Terre. Mais pour la Palme d’or, j’hésite encore.

amira_casar_en_chanelAmira Casar nous la joue comme Beckham, en affichant un peu plus à chaque apparition publique ses goûts de chiottes en matière de fringues, à la manière de sa copine Victoria. Cette fois-ci, elle hésite entre le look soubrette et le grand échiquier lamé. Oui, comme les Doubitchous, « on ne sait que choisir ». Manque de bol pour nos rétines, elle nous colle les deux ensemble. Allez ma fille, retourne donc jouer aux dames à l’école du style.

gillian_andersonGillian Anderson, que je croyais personnellement disparue en même temps que les dossiers secrets de X-Files, nous fait pourtant son joli come-back délicieusement drapée d’une nappe cirée blanche piquée à la cantine, délicatement ajustée en bustier et vaguement friponnée à la taille pour faire genre. Moi, je me demande bien pourquoi on s’emmerde à faire appel aux grands couturiers pour la montée des marches, quand manifestement ça ne gêne personne qu’on s’habille comme dans « Barbie joue à Casper ».

Quant à Sharon Stone, on l’a vue et revue sous toutes les coutures, sans doute histoire de nous monter à quel point son lifting est un exemple de réussite. C’est vrai, il l’est. Sharon est une très belle femme pour ses ‘tuit ans. La belle affaire.
Sharon, ma grande, faut qu’on cause, toi et moi. Est-ce que tu penses sincèrement que le fait de faire des oreilles de lapin aux gens qui se font prendre en photos avec toi est raisonnable, pour une femme de ton âge* ? Est-ce que tu crois que brailler des « fucking » et des « ass » dans tous les sens à la vente aux enchères que tu animais avec Madonna te fera paraître plus rock ? Est-ce que, vraiment, rire à gorge déployée comme une gamine de huit ans sur les plateaux télé, tous roploplos à l’air, quand on te parle de ces faits, ne dessert pas ton image de femme du monde top classe.
Moi, si. Je trouve. Ok, personne ne m’a demandé mon avis. Mais quand même.

Cette année, comme le furet, le Festival de Cannes est passé par ici et repassera par-là, notamment avec la cérémonie de clôture ce soir. Mais ce sera sans moi. Tapis rouge + impers, je passe.


* Vu dans un reportage télé. Le journaliste ne précise pas combien de verres avaient alors été ingurgités. « Beaucoup » est une réponse qui me semble très envisageable.

28 avril 2009

Heart of glass

glace_3Comme j’aime bien être à la méga pointe de la branchouillerie parisienne (rires en fond sonore), j’ai décidé la semaine dernière d’aller tester le dernier concept-bar du groupe Murano, ouvert il y tout juste… pfffouuu… trois ans. Oui, pour l’effet de nouveauté, on repassera, je sais. Mais j’avais en ma possession une (vieille) invitation à aller découvrir le fameux Ice Kube bar, et je trouve que ça aurait été dommage de mourir idiote sans même avoir été coller mon museau là-dedans.

« Mais koitesse que le Ice Kube bar ? », que vous braillez tous en chœur en tapant du pied, assoiffés de découvertes trendy, et ébahis devant la branchitude extrême de ma vie parisienne. Calmos, les jeunes, calmos. Je vous explique : basiquement, c’est un bar entièrement fait de glace, dans lequel on vient se les peler pour boire un petit coup qui réchauffe (généralement de la vodka, puisque ce sont souvent ces marques qui sponsorisent le bidule). Le concept n’est pas tout neuf ; celui de Paris a ouvert il y a déjà moult, et a fait des émules dans pas mal de villes « festives » comme St Trop’ ou Barcelone.

Sitôt la réservation faite, ni une, ni deux, j’enfile une jolie robe et des talons (oui, parce que malgré ce que je racontais dans ce billet, j’essaye quand même de faire des efforts en ‘fillitude’) histoire de faire honneur à la découverte du jour, j’embarque Chéribibi sous le bras, et nous voilà partis pour une expérience givrée.

Avant de pénétrer dans l’igloo, on se fait briefer un chouïa sur ce qui va suivre :
* - 12°. C’est la température du lieu (autant dire que le coup de la petite robe mimi était rudement bien trouvé, pour l’occasion. Je me félicite haut et fort).
* Trente minutes. C’est le temps qui nous est imparti dans le bar glacé (apparemment, au-delà de ce timing, les gens pleurent et tambourinent sur la porte pour qu’on les laisse ressortir vivants. Tout de suite, ça donne envie, je trouve).
* Quatre cocktails. C’est le nombre de verres qu’on pourra déguster dans l’enceinte glacée (et vu qu’on a choisi l’heure de l’apéro et qu’on n’a rien dans l’estomac, je sens qu’il y en a une qui va rouler sous la table fissa. Je ne vise personne).

On nous refile ensuite des doudounes et des gants polaires, histoire de ne pas mourir de froid dès les cinq premières minutes. Ah ouais, d’accord… ça valait doublement la peine de sortir la robe, si c’est pour au final ressembler au casting de « Babar part au ski ». Chéribibi est mort de rire avant l’heure (je me demande ce que ça va donner, lui, après les 4 vodkas, s’il est déjà à moitié shooté ?).

Après un passage en sas d’adaptation (genre à 5°), nous voilà dans le bar glacé. C’est joli. Petit, mais joli. Coloré aussi. Des sièges en glaces sont installés au fond de la pièce (t’as raison, je vais poser mon popotin dessus, pour rester collée à cause du verglas !), un igloo trône dans un coin, des guirlandes de gros glaçons pendouillent ça et là. Sur le bar, les verres en glace sont alignés, et le premier cocktail est servi.

(Note : les photos sont intégralement repompées sur www.linternaute.com. Ah ah, bien sûr que si, j’avais un appareil photo. Dans mon sac. Mais vous ne croyez quand même pas que j’allais me geler les doigts pour le sortir, si ?)

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Ok.
Bon.
« Et ensuite ? », me direz-vous.
Ben, ensuite, soyons clairs : on se fait légèrement chier.

Une fois qu’on a testé que oui, la température est moins froide dans l’igloo (sont pas cons, hein, ces esquimaux, quand même), et que non, on ne va pas piquer un petit sprint ou sauter sur place pour se réchauffer, rapport aux talons (encore une bonne idée, ça !) qui patinent copieusement sur le sol glacé, ben… on se dit juste qu’on a froid. Très, même.

Je reste donc rivée au bar, grelottant dans ma doudoune glamour, à m’enfiler cul sec siroter voluptueusement les boissons proposées.


Dois-je rappeler que j’étais à jeun ?
Dois-je faire un dessin de la situation qui se profile sous vos yeux de lecteurs esbaudis ?
Inutile, je pense…

Les trente minutes passées, nous regagnons le monde civilisé avec l’impression d’avoir des mister freeze à la place des doigts. Ma démarche sur talons hauts se fait de plus en plus chaloupée malgré moi : on pourrait presque dire que je danse le tango toute seule. Je me cramponne fort à Chéribibi pour ne pas me casser la gueule, d’autant que certains fourbes ont eu la sombre idée de placer leur bar d’alcoolique en haut d’un long escalier (si ça, c’est pas un traquenard ?) qu’il faut maintenant redescendre en gardant l’air décent et un tantinet glamour. Ahem.

Vite, vite, trouver un endroit où dîner ! Ohhhh, ben tiens, sont pas cons, au Kube. Il y a un restaurant juste là, en bas, prêt à nous cueillir ronds comme des queues de pelle. Et pas un autre resto à moins de cent mètres du lieu paumé où ils sont allés se planquer. (Surtout quand cent mètres en talons représentent l’équivalent du Paris-Dakar pour moi). Gagné ! On s’écroule sur les canapés, prêts à dévorer n’importe quoi pour éponger un peu cet apéritif alcoolisé, et faire revenir la température à quelque chose de plus doux.

Mon verdict : bien, mais pas top. A faire entre copains (nombreux, pour chauffer l’ambiance), et plutôt le week-end, pour y trouver du monde. Pas donné non plus : 38 euros la demi-heure de congélation intense, avec dégustation de quatre cocktails incluse.

(Et bilan personnel : une angine bien frappée. Qu'on ne vienne pas me dire que je ne me sacrifie pas pour mes lecteurs, après, hein ?)

Ice Kube Bar
1-5, Passage Ruelle – 75018 Paris

8 avril 2009

Vol au dessus d'un nid de cocottes

poulesPetite recette pré-Pâques : rassemblez une dizaine de greluches dans un bar sympa et accueillant un samedi après-midi. Mélangez sous leurs yeux ébahis tout le matos nécessaire pour customiser des t-shirts : ciseaux, strass et paillettes, papier argenté, peinture et feutres, clous et fer à souder. Saupoudrez d’une touche de conseils personnalisés, distillés par une pro du recyclage de la mode. Ajoutez une pincée de petites douceurs sucrées et caloriques. Remuez. Laissez prendre. Observez. Vous obtiendrez en peu de temps un poulailler volubile et caquetant de cocottes en pleine ébullition créative.

ensemble

Bizarrement, je me suis retrouvée invitée à ce genre de truc. Moi. Non mais… moi, quoi. Sans déconner. Je croyais avoir été claire, pourtant. Dois-je rappeler que les travaux manuels et moi, on n’a jamais été en très bons termes, depuis la fois où Sidonie s’était foutu de la tronche de mon scoubidou, en CE2.

Ben pourtant, ce petit atelier m’a bien emballée. Faut dire aussi que je n’avais pas choisi de me lancer dans l’opération commando, non plus. On m’a dit « tu peux coller des petits strass, par exemple », j’ai dit « ouiiiiiiiiiiiiiii » comme une hystérique, et j’ai fait ça pendant deux heures, fer à souder en main, air bien appliqué et langue tirée de l’élève studieuse. T’as qu’à voir :

moi


Ah, ça, ça partait nickel. J’vous avais collé de la paillette à tire-larigot, que même Beyoncé elle en avait pas autant sur sa robe des Oscars. Fière comme un pou, j’étais. Un pou bling-bling, quoi.
Et puis j’ai regardé ce que faisait les autres. Celles qui avaient un peu plus d’imagination, disons. Ou de talent ? Ouais, ben ça crânait un peu, dans les rangs, quand même.

dessin

dessin_bis

Du coup, j’ai voulu copier. Ben tiens. C’est à ce moment-là que c’est parti en cacahuète sévèrement. « Le mieux est l’ennemi du bien », qu’elle disait, ma grand-mère (une femme rudement bien inspirée, je m’en rends compte aujourd’hui). C’était pas con. J’aurais effectivement du m’arrêter au « bien », quand j’avais collé mes petits strass dans tous les sens, limite que ça aveuglait tout le monde tellement ça brillait de partout.

Meuh naaaaaaan. Evidemment. Ca aurait été trop simple.

Il a fallu que je m’attaque ensuite aux feutres-peinture. « Oh la belle prise », j’ai envie de vous dire. Comment chier son œuvre en deux secondes top chrono. Non seulement c’était moche, mais en plus ça m’a fait des pâtés longs à sécher, que j’ai bien entendu tripatouillés par inadvertance (et je n’accuserai pas ma voisine qui me causait cupcakes juste pour me déconcentrer, c’est pas mon genre).
Résultat, des tas de cacas baveux partout, qui décrédibilisent totalement le semblant de créativité que j’avais tenté de mettre en œuvre. Les boules, quand même.

Oui, oui, c’est bon. Ca vient. Je vous entends d’ici, à brailler que vous voulez voir ce que ça donne, ces saletés de pâtés de peinture. Ah ça, quand il s’agit de rigoler et de se moquer, y’a du people sur les rangs, hein. Allez, va. La vérité, ça me fait plaisir.

t_shirt_custo

(Tu cliques, c'est magique)

Le plus drôle, dans l’histoire, c’est que je l’aime bien, mon t-shirt bling-bling-cradoc. (Et le moins drôle, c’est qu’il est trop petit. Je ne peux pas le porter sans exploser mes (petits) nénés dedans. Mort de lol, non ?)

Atelier sponsorisé par La Fraise. Pour retrouver les t-shirts originaux, ça se passe ici : www.lafraise.com
Et même qu’avec le code GINFIZZ15, c’est 15 % de réduc’ sur la commande. Hop !

Crédit photos : Alex

12 janvier 2009

Heaven can wait

salle_d_attenteExiste-il au monde quelque chose de plus glauque qu’une salle d’attente de cabinet médical ? (Bon, oui, sans doute, il existe. Mais soyez mignons, et ne me ruinez pas mon début de billet, tout de suite, comme ça. Sinon, on ne va pas être copains longtemps, ok ?)
(Je reprends, donc).
Existe-il au monde quelque chose de plus glauque qu’une salle d’attente de cabinet médical ? Existe-il au monde un seul endroit où on pourrait avoir moins envie de poireauter que là, justement ? Non parce que rappelons quand même une chose essentielle : à moins d’être venu ici juste pour arroser les pauvres plantes faisant office de déco (qui en ont bien besoin la plupart du temps, à voir la tronche navrée qu’elles tirent), si on se pointe dans cette salle d’attente, c’est parce qu’on a un souci. Médical. (Généralement). Et que du coup, on aimerait bien un peu de compassion et un minimum de confort pendant qu’on reste là à envisager la meilleure façon de décrire au docteur nos symptômes de (au choix) gorge qui scratche, oreilles qui bourdonnent ou bidou qui glougloute.
Certains, même, appréhendent avec suspense et stress le futur verdict du Grand Manitou, parce que c’est bien connu, « ça commence en rhume des foins, et ça finit en pneumonie, vous ne me cachez rien, docteur, vous êtes sûr ? ».

Partant de ce principe, un petit brin d’effort dans la décoration et le niveau de confort de ces salles d’attente ne serait pas grand luxe, non ? Au lieu de quoi, on se retrouve la plupart du temps avec des tableaux mochingues au mur (je soupçonne les médecins de refourguer dans leur salle d’attente toutes les merdes reçues à Noël et qu’ils refusent de coller chez eux, même aux toilettes), ou l’encadré mis bien en évidence des diplômes de Monsieur Grand Manitou himself (des fois qu’on aurait des doutes sur ses compétences, d’un coup).
Sur la table basse (Ikea), des piles de magazines dont le plus récent doit remonter au mois de mars 2004 (on sera content de savoir que c’était la mode du corsaire, à l’époque), où tous les mots croisés et sudoku sont faits (mais mal) et où l’unique page de recettes annoncée en couverture a déjà été arrachée. Bon. En même temps, qui a vraiment envie de lire L’Usine Nouvelle en attendant d’aller dire « 33 » avec un bâton de bois au fond de la gorge, hein ?

Non, le mieux, niveau lecture, c’est de se reporter sur les immanquables petits fascicules gracieusement mis à disposition par toutes les marques et labos partenaires du cabinet médical. Du genre, chez le dentiste, « Mordez la vie à pleines dents », par Sanogyl. Chez l’ophtalmo, « Voyez grand avec les lentilles de contact Johnson ». Chez le pédiatre, « C’est petit à petit qu’on devient moins petit (tarifs exceptionnels d’abonnement au magasin Parents inclus dans ce dépliant) ». Chez le gynéco, … bon, bref. Non, vraiment, on se plaint, on se plaint, mais ils font quand même beaucoup pour nous distraire de nos problèmes, les médecins, hein.

Par contre, au niveau des sièges, c’est pas encore ça, je dirais. Là encore, les cadeaux foireux trouvent une seconde vie, et la salle d’attente intégralement meublée de chaises et bancs de jardins en bois bien dur (mais résistant à la pluie, hé) donnent à la visite chez le docteur une petite touche bucolique. Parfois, c’est dans une brocante qu’on a l’impression d’entrer, tant les chaises, fauteuils, table basse et déco font hétéroclite et bric-à-brac. Et puis de temps en temps, attention les yeux, on atteint le summum du raffinement en recyclant en salle d’attente le matériel médical obsolète. Ainsi, chez mon dentiste, par exemple, on trouve parmi les sièges un ancien fauteuil de cabinet, incliné à 150° (à vue d’œil, hein. J’ai pas raboulé mon rapporteur pour vérifier, non plus), prêt à accueillir les fesses des futurs patients. Ah ça, je ne vous le fait pas dire, mon dentiste a un sacré sens de l’humour.

Tiens, ça me fait penser : il était loin d’être con, celui qui a inventé le terme de « patient » pour les clients des médecins. Parce que, effectivement, y’a intérêt à l’être, patient, quand on a un rendez-vous médical. Vous avez rendez-vous à 19h ? Ben j’aime autant vous dire qu’à de rares exceptions près, vous ne serez pas dans le cabinet même avant… mmm… disons 19h45. Ah vous vouliez passer au Franprix avant que ça ferme ? Pas son problème, au mec. Et puis attendez, ho, hé, hein : c’est vous qui êtes malade et qui demandez des soins, vous n'allez pas non plus chouiner pour ça ?
A l’inverse, j’aime autant vous prévenir : si c’est vous qui êtes en retard, et même de 5 minutes, ça va dérouiller sévère devant les ordonnances. C’est qu’il n’a pas que ça à faire, le monsieur, vous comprenez ? (Il dit ça, mais c’est juste qu’il les connaît déjà par cœur, ses petits fascicules sponsorisés, et qu’il a plus rien à lire en attendant que vous arriviez, c’est tout).

Ah ! Ca y'est, c'est votre tour ! Bon courage... après, faudra encore aller faire la queue à la pharmacie pour acheter les médocs prescrits. Mais en piétinant debout, cette fois...

20 mai 2010

Compliment-taire, mon cher Watson ?

penderieDepuis quelques jours, j'ai entamé un grand tri de ma penderie overblindée. Du coup, je viens régulièrement défiler devant Chéribibi avec un truc porté, que j'hésite encore à garder ou non.

Dernier exemple, une paire de bottes extirpées du fin fond des entrailles du placard (autant dire que je ne les porte pas beaucoup), que je chausse avant d'aller parader devant monsieur, affalé devant la télé :

- "Je les balance, non ? Elles font carrément trop pouffiasse de la mort ?

- ... ... ... moi, j'aime bien quand t'es lookée pouffiasse de la mort".

o_O   
Gné... ?!!???!!!!

(Faudra m'expliquer... Je ne suis pas toujours bien certaine de comprendre les hommes, en fait...)

28 mai 2008

Ma vie n'est pas une comédie romantique

Ma_vie_n_est_pas_une_com_die_romantiqueDans les comédies romantiques, l’héroïne a toujours un tas de copines qui raboulent dans l’heure en cas de gros coup dur, et un énorme pot de glace qui l’attend sagement au congélo, qu’elle attaque direct à la cuillère.
Dans la vraie vie, les coups durs tombent toujours aux alentours de minuit. Du coup, les copines, elles n’ont pas que ça à foutre de leur nuit, de radiner fissa pour jouer les consolantes au lieu de pioncer tranquilles dans les bras de leur mec (parce que, elles, elles ont un mec), et dans le congélo, y’a que des épinards en branche et du poisson vapeur, rapport au régime qu’on tente désespérément de commencer depuis des semaines.

Dans les comédies romantiques, l’héroïne finit toujours par tomber amoureuse du gars qu’elle ne pouvait pas saquer au début. Même qu’elle le trouvait franchement très con, débile, prétentieux, et ok, pas mal du tout physiquement, mais ça lui aurait arraché la gueule de l’avouer (alors que tous les spectateurs avaient pigé depuis le début, mais bref).
Dans la vraie vie, quand on croise un connard, y’a de bonnes chances que le type s’avère être effectivement un connard « pour de vrai ». Avec ses réflexions machistes à deux balles et son air de loser parce qu’il est loser, et pas parce qu’il masque juste un semblant de manque de confiance en lui.

Dans les comédies romantiques, l’héroïne croisera toujours un personnage un peu énigmatique ou farfelu qui se chargera de lui expliquer la life bien comme il faut, des fois qu’elle serait un peu trop neuneu pour tout piger toute seule. Elle aura donc dans son entourage une grand-mère rock’n roll (La Boum), un voisin spirituel (Amélie Poulain), une voyante bidon (Ghost) ou un maître d’hôtel guindé au grand cœur (Pretty Woman), qui l’aideront à trouver le chemin vers le happy-end.
Dans la vraie vie, makache, ma grande. Tu te démerdes all by yourself pour trouver ta voie et répondre à tes questions existencialo-existencielles, du genre « est-ce tu viens pour les vacances ? », « où sont les femmes ? » ou  « c’est quand le bonheur ? ». Dur, quand même.

Dans les comédies romantiques, les saisons s’appliquent à bien marquer leur territoire. On reconnaît qu’on est en été parce que l’héroïne porte une jolie petite robe légère et des chaussures à brides, qu’elle cueille une fleur et la plante en riant dans ses cheveux mal coiffés. On sait que c’est l’automne parce qu’elle traverse mélancoliquement le parc du coin paré de ses plus belles couleurs flamboyantes, et regarde, les larmes aux yeux, les feuilles mortes qui se ramassent à la pelle. On se dit que banco, c’est l’hiver, parce qu’immanquablement, on aura droit à une partie de patinage sur le lac gelé du village de son enfance, ou à défaut, à la patinoire du Rockfeller Center si l’action a lieu à New-York.
Dans la vraie vie, les saisons, elles en ont rien à battre de vos états d’âmes, croyez-moi. Déjà, trois fois sur quatre, on ne sait jamais comment s’habiller le matin pour être sûr d’avoir ni trop chaud, ni trop froid. On reconnaîtra l’été à notre teint luisant et aux auréoles sous nos bras, et l’hiver aux crevasses sur nos lèvres et à la maxi-doudoune qui nous transforme en Babar trop sexy.

Alors ok, ma vie n’est pas une comédie romantique, mais parfois, ce serait quand même vachement plus reposant, je trouve…

6 février 2008

En ce temps-là j'avais vingt ans

bougies_1Quand j’étais au collège, pour parfaire notre éducation de parfait sale gosse impeccable, on nous obligeait à assister à des cours de musique. Eux, ils appelaient ça "éveil musical", ce qui entre nous est déjà une bonne rigolade quand on voit à quel point les différences entre une double croche et une ronde ont toujours fait roupiller les élèves au lieu de les « éveiller », mais bref.

Pendant ces cours, en plus de massacrer littéralement L’Eau Vive à la flûte à bec (ce pauvre Guy Béart doit s’en retourner dans sa tombe) (ah, on me fait signe que Guy Béart n’est pas mort. La boulette.), l’autre grand classique était de nous faire chanter en chorale cette somptueuse chanson si émouvante de Pierre Bachelet qui s’obstine à nous faire croire, le fourbe, qu’il va se passer des tas de trucs qui déchirent "quand on aura vingt ans en l’an 2001".

Bon. Moi je dis mytho-pipo.

Déjà, le coup des vingt ans en l’an 2001, ça m’a toujours perturbée, parce que c’est clairement bidon pour une grande majorité de la population. Dont moi. Et moi, en classe de cinquième, j’avais beau compter et recompter sur mes doigts, en étant née en 1978, y’avait pas à tortiller, ça voulait pas tomber juste, bordel. Alors que pour cette petite pétasse de Valentine qui avait deux ans d’avance et qui était née en fin d’année (oui, bon, je ne vous fais pas le détail technique, ça va saouler tout le monde), ça correspondait pile poil : vingt ans en 2001. Re-bordel. C’est quoi ce souk ?

Tout ça pour en venir, de façon totalement décousue, au sujet du jour : aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Et le pire, c’est que j’ai trente ans. Trente. Rien que ça.

Et le pire du pire, c’est que je n’ai quasi rien fait de la liste de tout ce que je voulais ou devais avoir fait avant d’y arriver, à ce fameux anniversaire.

Putain, trente ans. Je suis foutue les gars.

7 octobre 2009

Argent trop cher

argentAllo la banque ? Heu, j'ai comme un gros problème de sous, là ! Il semblerait bien que je sois fauchée comme les blés ! Des preuves ? Bah tenez :

- Un mouchoir en papier me fait trois jours
- Je me lave les mains au produit vaisselle
- Je chourre du PQ en loucedé au bureau
- Je n'appelle plus mes amis, j'attends qu'ils m'appellent
- Je n'ai jamais mangé autant de pâtes de ma vie
- Je fais pipi dans le noir, question d'économie
- Et je tire la chasse un coup sur deux, même...
- Je recycle mes post-it
- J'ai proposé à ma gardienne d'immeuble de faire le ménage chez elle
- Je me suis coupé les cheveux très courts : économie de shampoing, et zap du démélant !
- Je garde les sachets de Mayo et de Ketchup du Macdo pour chez moi
- Je dîne aux chandelles tous les soirs
- Je récupère les mégots des autres (au bout de 12, ça me fait une clope complète)
- Je pique dans la tirelire des gosses
- Et je revends leurs dessins sur Ebay, en faisant passer ça pour du Picasso
- Je lis les journaux uniquement par dessus l'épaule de mes voisins de métro
- J'utilise tous les bons de réductions offerts dans les magazines (ça me prend trois plombes de faire les courses)
- J'arrose mes plantes à l'eau de pluie
- Je me douche toute habillée, ça fait machine à laver naturelle
- Je réutilise les boîtes plastiques du traiteur chinois
- Je me lave les dents au sable récupéré cet été à Paris-Plage
- Je n'achète plus de litière, le chat pisse sur les vieux Elle et L'Equipe
-
Je me parfume aux échantillons
- Je drague mon banquier, un cinquantenaire chauve et bedonnant

3 février 2009

La salsa des démons

salsa_1Je suis une fille à l’humeur et aux envies changeantes. Et pourtant, depuis près de deux ans, je m’accroche comme un bulot à son rocher à mes cours de salsa, et me pousse aux fesses toutes les semaines pour aller enchaîner les passes (ne vous énervez pas comme ça, c’est le nom donné aux figures) sur la musique caliente. Hop, un sombrero doble. Zou, une enchufla. Olé, un ochente-y-quatro complicado.

Sauf que, caliente caliente… En fait, ça dépend, quand même. Parce que parfois, on rencontre des spécimens étranges, à ces cours-là. En vrac :

-
Celui qu’on a du inscrire au cours de force, tellement ça a l’air de lui faire plaisir d’être là, rien qu’à voir sa tronche impassible de garde républicain de la Queen Mother.
-
Celui à qui on a répété depuis le début « c’est l’homme qui mène la danse » et pour qui c’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. C’est plus de la salsa, à ce stade, c’est l’armée. Sir, yes sir !
-
Celui qui se la joue lover à deux balles en roulant des hanches, alors que bon… franchement… désolée, mais… sérieusement… non, quoi. Non. J’insiste.
-
Celui qui sue à grosses gouttes, s’éponge le front avec les paluches… avant de délicatement les poser sur notre chemisier en soie sauvage pour réaliser la prochaine figure.
-
Celui qui suit apparemment des cours pour préparer la prochaine saison de « Incroyable Talent » sur M6, et qu’est pas là pour déconner, bordel.
-
Celui qui mesure 1m12 les bras levés sur un tabouret (qui m’arrive donc au niveau de la poitrine, hein), et qui profite régulièrement d’une belle vue sur l’étiquette de taille de mon soutif parce qu’il s’obstine à rester collé dans mes pattes et à ne pas respecter mon espace vital.
-
Celui qui pue tellement de la gueule qu’on pourrait parier qu’il a bouffé du Shéba à midi. (Je serais lui, je collerais un procès à sa cantine de bureau. Scandaleux, cette affaire).
-
Celui qui porte un pull en cachemire tellement doux que ça donne envie d’aller fourrer son nez dessus en ronronnant comme un chat. (On est d’accord, ça ne se fait pas) (Du moins, attendons de nous connaître un peu).
-
Celui qui foire systématiquement la passe, mais garde le sourire et fait qu’au moins, avec lui, on n’a pas l’impression d’être à un casting pour High School Musical où tout le monde serait tendu du string.
-
Celui qui nous fait systématiquement foirer la passe, parce qu’il est trop beau trop craquant et qu’on en oublie de compter les temps, mais qui garde un air impénétrable sur la tronche en toute circonstance (le con).
-
Celui qui joue au prof en exécutant les pas avant même que la démonstration n’aie eu lieu en live, genre « laisse-toi faire cocotte, j’vais t’apprendre, moi ». (Et tu veux que je te paye un cours particulier, aussi, tant qu’on y est ?)
-
Celui qui agrippe sa partenaire comme un colis prêt à être expédié en fret postal : aucune douceur, aucune humanité. Juste des danseuses à la chaîne. Hop, suivante !
-
Celui qui tient absolument à ce qu’on le regarde dans les yeux, alors qu’il est aussi appétissant qu’un apéricube au roquefort périmé.
-
Celui qui joue sur le côté sensuel de la salsa pour glisser innocemment au passage une petite main sur les fesses ou une autre qui effleure la poitrine, genre « j’l’ai vraiment pas fait exprès, mademoiselle, c’est la danse qui veut ça ». (Et ma main dans ta gueule, c’est la danse aussi, peut-être ?)

Et puis tous ceux qui sont là juste pour passer un bon moment, apprendre à maîtriser trois ou quatre pas de base et échanger quelques sourires de bonne humeur. Mes préférés. Mais ils sont bien planqués, les fourbes.



Et dire que quelque part, peut-être, un type de mon cours de salsa est en train de dresser sur son blog la liste des portraits-type de danseuses qu’il rencontre régulièrement, et que pour décrire les filles comme moi, il choisit les mots « grandes gigues un peu coincées du popotin qui refusent de se laisser guider mais qui y mettent quand même toute leur bonne volonté ».

Oui. Bon. Disons simplement que, certes, j’ai le rythme dans le sang, mais que j’ai aussi quelques problèmes de circulation.

13 octobre 2008

On s'était dit rendez-vous dans dix ans

agenda_1Patrick avait quand même des idées marrantes, à l’époque. Filer rencard à tous ses potes de lycée dix berges plus tard, histoire de voir un peu ce que les uns les autres seraient devenus au bout de tout ce temps, c’était bien digne d’une série d’AB Production comme concept, non ?

N’empêche, ce con, il a fait des émules. A la fin des années 80, on était tous là à brailler en chœur avec nos bandanas et nos Doc Martens « ouais, attends, c’est trop naze son idée, pour qui qui s’prend c’blaireau, j’veux dire, quoi ! », mais force est de constater que les ‘Revival Meeting’ fleurissent de plus en plus. Y’ a donc un sacré paquet de gens qui auraient mieux fait de se la boucler en 1989, en fait.

Remarquez, moi, j’ai fait encore plus fort. Avec mes copains de classe de seconde, on était tellement soudé à la vie à la mort qu’on s’était donné rendez-vous non pas dix ans après, mais en septembre de l’année suivante (ouais, donc juste après les grandes vacances, quoi. Notez l’exploit.), rapport qu’on était nombreux à être dispatchés dans plusieurs établissements pour une sombre affaire d’options d’enseignement ou je ne sais quoi. Bon. Ben le jour J, il pleuvait comme vache qui pisse, et on s’est retrouvé très exactement cinq à se cailler les miches autour de la fontaine du Jardin du Luxembourg. Bravo les veaux. Je vous laisse imaginer le quota de réussite au bout de dix ans, ok ? Alors Patrick, t’es bien mignon, mais tes idées à la con, hein…

Forcément, aujourd’hui, avec tout le barnum mis en place par Facebook, Copains d'Avant et compagnie, c’est le lotobingo quasi à tous les coups. Syndrome « crise de la trentaine » version 2.0. Qui n’a jamais tapoté les noms de ses petits copinous de chat perché de l’école primaire ? Qui n’a pas cherché des informations sur ses ex et découvert avec un certain effroi le statut « marié » et les albums photos remplis de bambins dignes d’une pub Ricoré ? Qui n’a pas trouvé que Vincent avait pris un sacré coup de vieux ou que Marianne avait embelli ? Qui ne s’est pas dit que « pfff, celui-là, j’aurais bien aimé qu’il ne me retrouve pas… » ?

De fil en aiguille, on remonte les traces de notre passé, pour le meilleur et pour le pire. Parfois, l’envie nous prend de recontacter nos anciens potos et d’échanger quelques nouvelles. « Qu’est-ce que tu deviens ? ». Question rituelle à laquelle il n’est pourtant pas si simple de répondre en quelques phrases. Comme le dit Patrick, « on peut pas mettre dix ans sur table comme on étale ses lettres au Scrabble ». On fait le tour de sa vie rapidement, dans les grandes lignes, comme on sortirait son CV devant un employeur potentiel. Profession, situation familiale, loisirs.
Et puis, inévitablement, on reparle du passé. De ces moments communs, de nos souvenirs heureux, de la fois où…, et de celle où tu m’avais dit que… . On évoque dans de grands éclats de rire tout ce qui a fait qu’on a ressenti ce besoin, cette envie de se revoir aujourd’hui.

Et puis après ?


Après, le plus souvent, le soufflé retombe et il ne se passe pas grand-chose. Rares sont les fois où les retrouvailles au bout de plusieurs années donnent vraiment lieu à un nouveau roman d’amitié, qui s’élance comme un oiseau (ahem… oui, je suis très ‘femme des années 80’, aujourd’hui). Le présent reprend ses droits, et on range à nouveau dans un tiroir ces jolis souvenirs, auxquels vient s’ajouter le dernier, plus vivace, de ce moment récent partagé ensemble.

En tout cas, tout ça me laisse perplexe. Peut-être que je n’ai pas revu les bonnes personnes. Peut-être que je n’ai pas laissé sa chance au produit. Ou peut-être que je n’ai pas véritablement envie de remuer le passé. Parce que, justement, c’est le passé.

Hé ho, les gars. C’est déjà le bordel le plus complet dans mon présent, et le flou intégral sur mon futur. On va pas non plus réviser toutes les pages du Bécherelle pour se faire une vie plus que parfaite ?!!

 

 

 

10 septembre 2008

Sur l'écran noir de mes nuits blanches

ordi_2Beaucoup de choses me rendent hystérique (le contraire vous aurait étonnés, je parie), mais les ordinateurs qui buggent* font définitivement partie du top de la liste. Devant une machine qui plante, je me transforme en Hulk féminin, le teint verdâtre en moins : je perds patience, je hurle, je tape, je cogne sur le clavier. Ultra glam’, je sais. M’enfin en même temps, se laisser emmerder par un assemblage de puces et de circuits électroniques, moi, ça me gonfle.

Avant, quand je bossais dans les World-Companies qui le valent bien et assimilés, quand un tel problème se présentait, c’était fastoche : suffisait d’appeler le service ‘maintenance’. Je rangeais alors temporairement au placard mon agressivité 2.0. et prenait ma plus belle voix d’hôtesse de l’air pour dire « John, il semblerait bien que j’aie un petit souci avec mon matériel informatique, là ».

J
ohn, forcément, n’avait pas spécialement l’envie de se bouger le cul depuis son huitième étage, d’autant qu’il avait déjà six ou sept autres appels en attente de greluches battant des cils au téléphone, rapport à ce que tous les ordinateurs d’une même entreprise foirent toujours en même temps, parce que c’est vachement plus drôle comme ça.
J’avais donc droit neuf fois sur dix (la dixième étant que la ligne de John ne répondait pas) à :
- « Essaye de rebooter »
(Ah ben oui, je suis d’un con des fois, j’y aurais pas pensé toute seule, dis donc…)
- « Heu, ouais, t’es mignon, John, mais j’ai déjà fait le coup du rebootage magique. Trois fois, même. Et ça change queud’ », que je lui disais, toujours avec ma voix d’hôtesse de « 3615 gé cho ».
Soupirs au bout de la ligne.
- « Bon, ben j’arrive… »
(« j’arrive » signifiant, en langage de technicien informatique, qu’on pouvait espérer sa présence dans les trois grosses bonnes heures suivants l’appel).

En gros, j’ai mis relativement peu de temps à piger que le John et ses copains du bureau 815, valait mieux les bichonner sévère. Genre lui tenir la porte de l’ascenseur, lui faire des grands sourires niais dans la queue de la cantine, voire même lui réserver quelques gâteries. Hé ho… ne vous faites pas trop de films, là. Je parle de trucs comme lui laisser le dernier Kinder Bueno du distributeur, par exemple (et ne pas faire comme ces chacals de la pub qui préfèrent tout se bouffer en loucedé et en solo) (ah bravo, et c’est ça le message qu’on fait passer aux gosses de nos jours ? Et elles sont où, hein, les valeurs de partage, de collectif et de convivialité ?) (d’autant qu’en plus, c’est complètement con si vous voulez mon avis, parce qu’un Kinder Bueno en entier, c’est maousse costaud niveau sucré, ça filerait presque la nausée, m’enfin là j’ai comme l’impression que je m’égare) (et je mets autant de parenthèses que je veux, c’est MON blog) (ho).

Aujourd’hui, c’est différent. Aujourd’hui, je travaille dans une petite structure, qui n’a pas de service technique. Aujourd’hui, en gros et pour le dire vite, je suis assez souvent dans la merde, en fait. Mais comme je suis une fille généreuse de nature, j’ai décidé d’en faire profiter les collègues. Et généralement, quand mon ordi déconne, je hurle dans les couloirs :
- « Saaaaaaam, viens voir steuplééééééé… y’a mon débile d’ordi qui a buggé »
Apparemment, Sam n’apprécie pas ma générosité à sa juste valeur. (Je sais pas trop ce qu’il lui faut).
- « ‘tain, qu’est-ce que tu lui as encore fait ? »

???!!!?!!!

Vous avez remarqué ça, vous aussi ? Que c’est toujours ce qu’ON a fait, et jamais ce que cette merdouille de bécane aurait pu faire, qui est pointé du doigt ? Genre c’est parce que je suis blonde, c’est ça ?
Alors là, désolée, mais c’est quand même pas moi qui confond les zéros et la lettre O, hein ! Si on ne peut même pas compter sur un minimum syndical de la part des ordinateurs, j’aime autant vous dire que l’avenir de l’humanité est mal barré. Alors qu’on ne se gourre pas de coupable, ok ? Parce que bon, je vous préviens, je suis une fille du web 2.0., moi, monsieur. J’ai même un blog. Alors on ne me la fait pas ! Non mais ho. 


* Tsss, comment ça s’écrit, encore, c’te merde de mot ?

7 septembre 2008

Million dollar babies

JeuBBOkEn ces temps de rentrée scolaire, on aura beau faire la sourde oreille, force est de constater que ça cause mioches, inscription à la cantine et liste des fournitures à tous les étages.
Pour rester dans la thématique du moment (et aussi parce qu’elles savent qu’on se fait grave chier le dimanche sur la blogosphère), les ménagères vous ont concocté un petit concours de derrière les fagots.

But du truc : reconnaître les blogueuses d’aujourd’hui.derrière 18 photos de gamines* d’hier.
Exprimer vos talents de physionomiste et vos dons de Sherlock Holmes (ou allez y carrément à l’instinct, parfois ça marche bien mieux !) pour retrouver sous les traits de ces baby-babydolls les rédactrices que vous lisez régulièrement. Vous avez même le droit de vous foutre d’elles, c’est prévu dans le contrat de confiance.

Evidemment, si je vous parle du bidule, c’est qu’on m’a menacée de torture que je fais partie de l’opération commando. A mon avis, c’est franchement pas trop difficile de me retrouver sur cette mosaïque, même pour les personnes qui ne m’ont jamais vue et qui ne savent donc pas ce qu’ils ratent. Attention, ceci est un méga indice / Be careful, zi iz a big big clou**.

mosaique
(Oui, c'est tout petit... T'as qu'à cliquer dessus, c'est magique).

« Et qu’est-ce qu’on gagne, madame ? ». Ben écoutez… à peu près que dalle, j’ai l’impression. (Ah ben voilà, on fait un concours pour divertir tout le monde et changer un peu des discours trop marketés sur les blogs, et vous, tout de suite, c’est « quid du cadal ? ». Ah non mais bravo, quoi. Bonjour la mentalité. Vive la France, hein. Vingt sur vingt.)

Jouez donc juste pour la gloire, allez. Ou à la rigueur, parce que vous avez bien mieux à faire de votre dimanche que de mater Vidéo Gag présenté par un type chevelu. (Sérieusement, les gars… à votre âge… Vidéo Gag, quoi, merde…).

… Ouais, je sais. Si, si, je sais. Vous ne connaissez pas tout le monde dans la liste.
Moi non plus, je vous ferais dire. Mais moi, j’ai les solutions, hin hin.

Alors ?
Qui commence ?

(Participent : Azzed - bénédicte - Caju - Calpurnia - Dom et Manou - Gallïane et Elienaï - JulietteKatia Gin FizzLadyblogue - Manu - MH - Sardine - Shalima - Sonia - Spike - Violette)

* Oulala, piège : un garçon s’est glissé dans ce harem de greluches. Unbeulibeubeul** !
** Oui, le dimanche, on parle anglais en phonétique uniquement.

 

27 août 2008

A vos marques

bronzageContrairement à ce que beaucoup de gens pensent, ce n’est pas parce qu’on est en vacances qu’on met son cerveau au repos complet. Moi, par exemple, ce serait même l’inverse, voyez ? Des interrogations vitales comme « glace sur la plage ou milkshake au bar ? », « indice 20 ou 15 ? », « sur le ventre ou sur le dos ? », « mer ou piscine ? »… ont le don de pouvoir tenir mes neurones éveillés pendant au moins… pffouuu… six bonnes minutes. Facile. Alors qu’on ne vienne pas me dire après que j’en glande pas une en vacances, hein.

Cette année, il y a une question toute particulière qui a retenu mon attention et celle de mes petits copinous de plage. Personne n’ayant réussi à donner une réponse objective valablement argumentée, je me tourne vers vous pour élargir l’échantillon représentatif de la population sondée. C’est dire la confiance que je vous témoigne, quand même.

Donc.
J’aimerais savoir.
Selon vous.
Les marques de bronzage laissées par le maillot de bain, c’est sexy ou pas ?

Bon, ok, pas besoin d’avoir fait Sciences Po pour répondre à ça, je pense. (Et ça tombe bien, d’un sens).

Mais quand même. Moi je dis qu’il y a débat.

D’un côté du ring, les farouches opposants. Avec des arguments qui font mouche, comme : « c’est moche, c’est beurk, ça fait crade ». « Ca souligne le côté flasque de mes fesses quand elles sont pas bronzées ». « On ne voit que mon cul blanc si je prends un bain de minuit avec les potes ». « Tu trouves ça sexy, de ressembler à un zèbre quand t’es à poil, toi ? ».

En face, ceux qui sont plutôt pour. « Les marques de maillot, c’est joli et sexy ». « Ca permet de bien voir l’intensité du bronzage ». « La peau blanche, c’est ce qui est réservé à l’intimité ». « A la fin de l’été, j’ai un triangle V.I.P sur les seins, et j’aime bien ! ».

(Et au fond de la salle, ceux qui s’en foutent comme de leur première socquette, vu que le bronzage c’est mal et ça donne le cancer. Bon. Ben… ceux-là n’ont qu’à aller faire des pâtés de sable sur la plage pendant qu’on termine la discussion, ok ? Avec indice 50, évidemment.)

Alors, en définitive ?
Perso, j’aurais plutôt tendance à pencher du côté des « pour ».
Sauf que.
Vous avez déjà essayé de porter une jolie robe bustier avec les marques de bronzage du maillot de bain qui vous lézardent le décolleté de rayures blanches, vous ? Moi oui. Et très franchement, ça nuit un peu à l’harmonie générale du truc, je ne vous le cache pas.

Sans déconner, je trouve qu'on n’a pas des vies faciles, hein ? Surtout en vacances.

8 février 2007

Hot stuff

sexyAujourd’hui, petite note carré rose. Meuhhh non, pas la peine de prendre cet air gêné, ho ! Je veux juste vous parler d’un nouveau magazine qui sort ce matin en kiosque, intitulé S’Toys (tout un programme, non ?) et qui se revendique comme « le féminin chic et coquin ».

« Allons donc, qu’est-ce que c’est que cette affaire-là ? » me direz-vous ? Hé ben c’est simple. S’Toys, c’est la version papier glacé de « Sex & the City ». Et si j’en crois la courte présentation qui accompagne le journal, j’ai entre les mains du « girly, ultra-branché et fashion ». Rien que ça. Ca vaut bien une petite plongée dans les pages de cet ovni détonnant de la presse féminine.

couvPremière impression face à la couverture : heu… comment dire ? « Le féminin chic et coquin », qu’ils disent, en baseline. Ben je suis désolée, mais non. Cette première page n’a rien de chic, ce serait même plutôt l’inverse. Le fond noir trop classique qui marque les traces de doigts, la typo craignos, les mélanges entre l’italique et le gras… j’ai beau ne pas être graphiste, ça m’irrite légèrement le ‘noeille’, quand même. Déjà, pas bon, le truc.

Je feuillette les premières pages, à la recherche d’une trame intéressante. J’y trouve, en vrac, le top 10 des fantasmes des femmes (mais le top 10 de quelles femmes ? parce que bon, moi, perso… m’enfin je m’égare…), toutes les dernières sorties de jouets coquins du moment (et y’en a un paquet), et quelques petites infos plaisantes, comme le retour prochain de « Sex & The City » sur grand écran.

Suivent quelques articles vaguement people, où l’on peut apprendre par exemple que l’humoriste Titoff (mais qui s’intéresse à Titoff, d’ailleurs ?) possède un martinet en soie (« arrête, sans déc’ ? Mais pourquoi tu l’as pas dit plus tôt ? »), ou que Eva Longoria, la désespérément sexy housewife, pense que « le sex toy est le plus beau présent qu’on puisse faire à une femme » (Gné ? alors là, non, désolée mais je préfèrerai toujours la rivière de diamants au sex toy. Et de loin).

Quelques pages plus loin, tiens tiens, « mon premier cours de pole dance ». Souvenirs, souvenirs… Ca me fait plaisir, la fille qui a testé le déhanché glamour autour de son poteau argenté a l’air de s’en être tiré aussi bien que moi, bleus et éraflures comprises. Je ne suis donc pas la seule greluche à ressembler à une poule en bikini déambulant sous les projeteurs du podium. Bien, l’honneur est sauf. (Katia, one point).

Page 37, petit article amusant sur les nouvelles prouesses « seskouelles » dans les parkings. Paris, capitale de la passe souterraine. Mazette, il s’en passe des belles sous nos pieds, apparemment !

Enfin, interview d’un créateur de sex toys (hé oui, il en faut), qui parle en toute franchise de son métier et du regard des gens sur celui-ci. C’est vrai que ça doit pas être fastoche à expliquer facilement, c’t’histoire-là. Je l’imagine mal inscrire « concepteur de faux zguègues » sur ses cartes de visite. Quand à ses enfants (s’il en a), n’en parlons même pas. « Et il fait quoi, ton papa ? », « il fabrique des zizis en plastique ». C’est sûr, la maîtresse aura des trucs à raconter à son prochain dîner…

Bref, S’Toys, c’est marrant à feuilleter une fois, mais je ne suis pas certaine que l’abonnement soit de rigueur, si vous voyez ce que je veux dire. Pas sûre qu’il y ait matière à faire un magazine innovant tous les deux mois, à moins d’être particulièrement branchée joujoux à froufrous et compagnie. Non, vraiment, S’Toys, c’est pas mon truc (en plume).

La méchante a également testé S’Toys pour vous.

S’Toys – « le féminin chic et coquin »
Bimestriel. N°1 en vente à partir du 8 Février 2007. 2,95 euros.

 

 

15 mai 2008

The roof, the roof, the roof is on fire

feu_3S’il existait le concours de « qui est la plus grosse dinde du quartier », je serais (hors période de Thanksgiving, évidemment) en super bonne position pour grimper sur la première marche du podium. Et haut la main, qui plus est.

Commençons déjà par vous planter le décor. L’appart dans lequel je viens d’emménager a récemment eu la bonne idée de me coller en même temps une fuite d’eau ET un problème de chaudière. J’adore. En dehors du fait que vous pouvez donc ajouter « Miss Pas-d’bol 2008 » à ma liste de titres de gloire, j’ai du appeler et faire intervenir tout un tas d’artisans muy sympatico mais pas muy rapido. Alors si en plus les jours fériés et les ponts s’en mêlent, je ne vous raconte pas le boxon qui a régné dans ma cuisine ces quelques derniers jours.

Là, vous vous demandez – pertinemment d’ailleurs – le rapport avec la dinde du début, si ce n’est qu’apparemment, l’histoire se déroule dans une cuisine. Patience, mes poulets, j’y arrive.

Mes amis les artisans n’ayant vraisemblablement pas que ça à foutre de me finir leurs travaux passées dix-sept heures sonnantes (l’heure, c’est l’heure, surtout pour les braves), je me retrouve la veille du 8 mai avec un trou béant dans le plafond de ma cuisine, le conduit de ma chaudière remis à la va-vite « en attendant la soudure » et la tuyauterie pétée apparente sur toute la longueur du mur.

Bon, admettons. En soi, rien de très grave, on a vu pire ailleurs. Genre au Darfour, à Beyrouth, au Tibet et compagnie, ils sont peut-être plus en mesure de chouiner que moi. (Oui, mais quand même, moi j’ai pas de Home Cinéma, dirait Bénabar. Mais là, on s’éloigne carrément du sujet, j’en ai déjà perdu trois quatre en route, reconcentrons-nous s’il vous plait, let’s focus).

Le soir venu, laissant là ma cuisine et ses tuyaux en plan, je sors me faire un petit resto entre amis. A mon retour, sur le coup de minuit et des poussières, en filant ses croquettes au chat qui miaule à fendre l’âme, je remarque qu’une étrange lumière rougeâtre inquiétante provient du fameux trou béant dans le plafond. Exactement là où les ouvriers ont laissé leur truc en rade. Exactement là où le conduit de la chaudière a été bricolé à la va-vite.

Légèrement inquiète, je grimpe sur l’évier pour aller voir ça de plus près. Seulement je suis trop petite pour pouvoir apercevoir quoi que ce soit, si ce n’est que oui, il y a bien une couleur étrange dans ce sous-plafond, et il y fait très chaud. En même temps, je suis juste à côté de la chaudière, donc évidemment bien sûr…

Il faut quand même que vous sachiez une chose : moi, les chaudières à gaz, ça me terrorise à fond la caisse. Je n’ai jamais vécu que dans des apparts qui fonctionnaient à l’électricité, et le fait de devoir gérer cette machine infernale depuis mon emménagement me fait un peu flipper.

Donc là, l’ambiance n’est pas trop à la fête du slibard, comme vous pouvez l’imaginez. Je jette un œil à ma montre : minuit passé, un peu trop tard pour sonner chez les voisins et leur demander de venir jeter un coup d’œil « pour être sûr ». Pas envie de me la jouer « j’ai 8 ans, allo papa, au secours, s’te plait, viens voir, viiiiite » (quoique…) (non). Je réfléchis en tournicotant dans l’appart, le plus loin possible de la cuisine, dès fois qu’elle explose.
Y’a bien une caserne de pompiers au bout de la rue… Après tout… Mieux vaut être sûre… De toute façon, je ne pourrai pas dormir…

« Allo ? Bonsoir Monsieur le Pompier, alors voilà… ». J’explique le topo, en insistant bien sur l’idée que j’ai surtout besoin d’une vérification de la part d’un mec qui s’y connaît. Et qu’il n’y a pas non plus méga urgence, histoire qu’il ne m’envoie pas la caserne complète dans le beau camion rouge toutes sirènes dehors pour me foutre bien la teu-hon.

Bon. J’avais bien fait de préciser, quand même. Dix minutes plus tard, je vois débarquer un… deux… trois… quatre mecs en uniforme intégral, depuis le casque rutilant jusqu’aux gros godillots bruyants. Le bal du 14 juillet aurait pu avoir lieu direct, on était au complet.
« Heu, oui… c’était juste pour une vérification mineure », que j’ose d’une petite voix. « C’est la procédure, madame », qu’on me répond. (Et au passage, arrêtez avec ce « madame », bordel. J’ai à peine trente piges !).

Je montre les lieux du crime au chef des pompiers, qui s’approche, renifle, tâte, ausculte, hoche la tête, triture l’interrupteur et sa lampe de poche. Au terme d’une loooongue étude d’au moins deux minutes, il me sort d’un air navré : « Madame (aparté : merdeuhhh), la chaleur qui se dégage de là, c’est normal, c’est la chaudière, et la lumière rouge qui vous inquiète, c’est du aux reflets des spots de votre plafond sur le conduit de la chaudière qui est exceptionnellement mis à nu à cause des travaux de plomberie. Vous voyez, quand j’éteins la lumière, le reflet rouge disparaît. Y’a pas de fuite de gaz ou de départ d’incendie dans votre appartement ».

… Gros gros moment de solitude. Vous pouvez me croire. J’insiste.

Je me cache les yeux sous mes ongles fraîchement peinturlurés en Gemey-Maybeline Deep Red n° 06 tellement j’ai honte de ce qui vient d’arriver. L’un des pompiers me jette un regard de pitié, je peux presque lire sur son visage « ma pauvre fille, retourne donc te mettre du vernis et compter tes robes Maje, et laisse-nous faire notre vrai boulot ».

Je bredouille quelques excuses, raccompagne l’armée du feu à la porte, et part me cacher sous ma couette. Si y’avait bien un seul truc de cramoisi dans cette piaule, à défaut de plafond, c’était mes joues, rouges de honte.

Ouais, allez-y, vous pouvez rire. Même pas mal.

10 avril 2008

Colle en tas

colle_1J’ai parfois des idées lumineuses dont je me passerais volontiers. La dernière en date, figurez-vous que c’était de décorer mon nouvel appart avec un sticker.

Hé, attendez, partez pas comme ça en hurlant au mauvais goût. Je vous parle pas des lettres géantes ou des culs de zèbres que la p’tite blonde rigolote nous colle à tire-larigot dans son émission de déco sur M6. Non, moi, j’avais consciencieusement choisi une belle branche de chais-pas-trop-c’que-c’est-comme-arbre, très dépouillée et agrémentée de petits oiseaux pas trop cuculs, pour donner un air zen à ma chambre.
(Bon, ok, et aussi un peu pour faire chier le chat, à lui faire croire que des tas de bestioles volantes ont envahi son royaume et qu’il peut même pas les chasser ou les bouffer).

L’autre jour, donc, je me décide enfin à passer à l’atelier « stickage », persuadée que l’affaire allait être torchée en quinze minutes, et que j’allais très rapidement pouvoir reprendre ma lecture du Elle en zieutant du coin de l’œil ma nouvelle déco d’un air satisfait.

C’est là que je me marre.

Déjà, faut savoir que les travaux manuels et moi, en règle générale, ça fait plutôt douze que un. Et encore, je suis gentille. Collez moi une pelote de laine, une machine à coudre ou des aiguilles à tricoter dans les mains, et vous êtes à peu près sûrs de passer un très bon moment, question poilade.

Ensuite, retenez bien que ces foutus stickers, là, ils ont l’air gentils et innocents comme ça. Hé ben, non. Que de la gueule. Ouais. Sans entraînement à la G.I. Jane, laissez tomber tout de suite les grands travaux de déco, les gars.

Pourtant, ça partait bien. Après avoir tout bien découpé les différents morceaux comme c’était indiqué, j’avais commencé par coller le tronc, ce qui me semblait somme toute assez logique, pour un arbre. C’était droit, étroit, et facile à maroufler (chasser les bulles d’air, mes petits, en langage de pro). Bref, c’était plutôt fastoche.

C’est juste après que ça s’est barré en Chupa Chups complet.

Les branches. Ces pétasses de branches. Je les retiens, celles-là, avec toutes leurs petites découpes et leurs bouts de feuilles tout fin. J’ai du, sans déconner, m’y reprendre à seize ou dix-sept fois pour finir par venir à bout de cette foutue déco. « Branche zen », j’avais dit ?  Ben je l’étais plus tellement, zen, au bout du compte, je peux vous l’assurer. Et je dois avouer que ma plus fervente admiration va désormais à Madame Valérie Damidot-de-la-Marouflette.

Sticker_2Au final, j’arrive quand même à un truc qui ressemble à peu près à l’original, ouf. Tadaaaaaaaam, admirez le chef d’œuvre. (On ne fera s’il vous plait aucun commentaire sur la prise électrique judicieusement bien placée et fort seyante. M’en fous, de toute façon, en temps normal, y’a un petit tabouret plein de fringues placé juste devant le sticker, ce qui fait qu’on ne la voit plus, la prise. Oui, ok, du coup, on voit plus non plus le joli petit piou-piou qui regarde en l’air, bon…).

Le top, c’est qu’à la fin d’une telle épreuve, l’appart ressemble à une classe d’EMT* après trois heures de cours, et qu’il faut donc en plus se taper le ménage. Et supporter les regards méprisants du chat (« pffff, elle f’rait mieux de me filer mes croquettes au lieu de me coller des saloperies sur les murs, celle-là »).

chat

Là où je me trouve très drôle, quand même, c’est que dans un élan d’aveuglement de courage, j’ai déjà commandé un sticker encore plus grand pour décorer le salon. J’envisage donc sérieusement de poser quelques jours de RTT, histoire de pouvoir m’échauffer, et surtout d’avoir le temps de bien me remettre de l’effort. Ou alors, autre option, je me fais faire un arrêt maladie. « Si, si, patron. Accident domestique. Tendinite au bras droit et luxation de l’épaule gauche. Un truc de fou. »…

* Education manuelle et technique

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