Canalblog Tous les blogs Top blogs Humour
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Gin Fizz
Publicité
16 novembre 2009

Le beurre et l'argent du beurre

beurreIls me fascinent et m’agacent à la fois, ces gens qui ne manquent pas d’air au point de prendre pour acquis tous les avantages d’une situation donnée sans trop se poser de question.

Ceux qui, par exemple, arrivent à la séance de ciné au tout dernier moment, mais réclament à être placés de façon VIP ou presque, quitte à faire décaler pour ça toute une rangée de gens qui se sont, eux, pointés en avance pour avoir précisément le loisir de sélectionner leur meilleur siège.
Ou ceux qui choisissent délibérément une place en terrasse, mais demandent à ce qu’on baisse le store parce que le soleil les gêne, sans se soucier de leurs voisins de chaises qui, justement, étaient placés là pour profiter des rayons.
Ou encore, ceux qui acceptent généreusement de sous-louer leur appart à un ami, à condition que celui-ci s’occupe du chat et arrose les plantes vertes, mais en réclamant un loyer au prix fort, « parce que tu comprends, si c’était pas toi, je l’aurais facilement loué à ce prix-là ».

« Vouloir le beurre ET l’argent du beurre », ça s’appelle. Et j’ajouterais même que pour les plus culottés, y’aurait aussi, en supplément, le cul sourire de la crémière sur leur liste de souhaits.

Alors, sérieusement, je veux bien être gentille (ou poire) deux minutes, mais il y a des limites à tout. En gros, faudrait pas trop pousser mémé dans les orties. Surtout quand elle est en short.

Evidemment, moi aussi, ca m’arrangerait bien, parfois, d’avoir le beurre ET l’argent du beurre. Genre avoir de la neige pour Noël ET un plein soleil d’été en même temps. Ou un boulot très bien payé ET des semaines de 25h max. Ou des idées d’articles de blog à la pelle ET du temps pour les rédiger correctement. Ou un appart de 145 mètres carrés, ET ultra lumineux, ET ultra bien placé, ET avec vue sur tout Paname, ET qui coûte peanuts (oui, bon, là, c’est le beurre, l’argent du beurre, et la crèmerie toute entière).

J’aimerais bien, également, pouvoir manger toutes les cochonneries sucrées qui existent ET garder la ligne haricot vert. Faire des grasses mat’ jusqu’à midi ET avoir encore la journée entière à venir au moment où je me lève. Avoir un chat câlin et ronronnant ET ne pas me coltiner la corvée de litière et de croquettes qui puent tous les matins. Faire du sport depuis mon canapé ET avoir un corps tout ferme et musclé. Quitter Paris au mois d’août ET pouvoir profiter de ma ville quand elle est vidée de ses hordes de parisiens.

Sauf que, apparemment, c’est pas trop possible.
Je sais, c’est pénible, mais il semblerait qu’on n’ait pas vraiment notre mot à dire sur la question.

Encore que. Parfois, je n’ai pourtant pas l’impression de trop en demander, mais on me fait vite comprendre qu’il faudrait voir à pas trop déconner. Par exemple, supplier ma gynéco pour qu’elle me dégotte enfin LA pilule qui supprime mes migraines sans me coller des boutons Biactol plein la tronche, apparemment, c’est vraiment trop exagéré de ma part. « De deux maux, il faut choisir le moindre », qu’elle m’a sorti, cette conne, quand j’ai abordé la question. Ah non mais d’accord, quoi. C’était bien la peine de faire 9 ans d’études pour en arriver là.

Ou alors, j'aimerais partir en vacances cet hiver, mais sans que ça ne me coûte un bras et demi. Pour ça, la dame de l'agence me dit que je n'ai "qu'à éviter les périodes de vacances scolaires", et que donc, vu le calendrier, les zones A, B, C et X, et tout le merdier, en gros, il me reste une petite chance entre le 8 et le 17 mars. Manque de pot, là où je voudrais partir, c'est la saison des pluies, à cette période. "Ah mais oui, mais on ne peut pas tout avoir, mademoiselle", a conclu brillamment la préposée aux billets d'avion (et aux lieux communs, apparemment). Ah, bon, d'accord, désolée d'avoir insisté.

Dans un genre un peu différent, dire au buraliste « une grille Euromillions gagnante, s’il vous plait », globalement, ça permet juste de récolter un sourire narquois et un haussement d’épaules. (et certainement pas une grille gagnante, comme précisé). Alors que bon, je ne demandais quand même pas la lune, là. Si ?

Publicité
12 mai 2009

Train-train d'enfer

train_3"Le p’tit train s’en va dans la campagne", qu’elle nous chantait, l’autre Mitsouko. Ah ? Oui, d’accord. C’était pas d’une grande philosophie, certes. Mais ça avait au moins le mérite d’être un peu plus mystérieux et poétique que les voix robots d’aujourd’hui, annonçant que "le TGV 6827 de 17h09 en provenance de Marseille-Saint Charles entrera en gare voie 17". Parce que là, bonjour le romantisme et l’inattendu, quoi.

Le train, moi, à la base, j’aime bien. Arriver un poil en avance pour passer au Relais H acheter des bons magazines de merde et un paquet de m&m’s pour le voyage ; poireauter devant le grand panneau d’affichage en attendant de connaître le quai d’embarquement ; galoper sur toute la longueur de la gare parce que, évidemment, je suis en voiture 18 et le train commence à la voiture 1 ; pester mentalement contre la Sncf pour ces foutus rangements de valises ; finir par m’échouer comme une baleine sur mon siège, enfin, et me créer mon petit espace à moi le temps du voyage. Tout ça, j’aime.

Ce que j’aime moins, en fait, c’est les autres voyageurs (ça vous aurait étonné que je dise l’inverse, je parie). Oui, je sais, on est tous le relou de quelqu’un d’autre. N’empêche que parfois, c’est à se demander si les gens ne le font pas exprès.

Déjà, le jour où certains comprendront que non, franchement, on s’en fout de les entendre raconter par le menu dans leur Iphone que "j'ai négocié à 68 KE en fixe + variable + stock options, sinon c'est même pas la peine d'en parler", que "j’ai vendu le projet à Chabat, il a surkiffé mon idée, on se voit next week à Ibiza, tu vois ?" ou que "trop une chaudasse, la meuf, non mais tu l’aurais vue, en plus, des nibards, je te raconte pas * ", l’humanité aura fait un grand pas. Mais j’ai comme l’impression que les poules auront des dents avant, en fait.

Vécu aussi, le type qui se mate l’intégrale de son film avec son voisin sans casque audio. Et bien sûr, le film, c’était pas la ‘La leçon de piano’, hein. Mais personne ne moufte, parce que le mec est barraque comme Joe Starr, et que manifestement, on ne veut pas finir avec la même dentition que lui, si le bonhomme en venait à s’énerver.

Dans un autre genre, la mère de famille « exemplaire » (ahem) qui tient à montrer à tout le wagon à quel point elle est douée pour faire apprendre à sa fille les tables de multiplication : « Et 3 fois 8 ? Tu sais pas combien ça fait, 3 fois 8 ? Mélissa ? Combien ça fait, 3 fois 8 ? Réponds, Mélissa ! 3 fois 8 ? ». Résultat : une gamine terrorisée et en pleurs, une mère hystérique, et une envie irrépressible de lui envoyer à la tronche une Texas Intrument flambant neuve, pour la peine.

Je passe sur les ados (ou moins ados) qui se démènent sur Nintendo à grands renforts de tzouinnnng, baaaam et wiiiizzz bien sonores (et ton casque, petit, ça sert à décorer ton sac ?), les papys-mamys qui n’ont pas bien réglé le sonotone (« commennnnnnnt ? qu’est-ce que tu diiiiiiiiiiiiis ? »), ou les agités du bocal qui ne peuvent pas tenir en place plus de cinq minutes.

Intolérante, moi ? Oui, certainement. D’une nature super calme, j’apprécierais vachement que les autres en fassent autant. C’est quand même pas pour rien que ça s’appelle les transports publics, non ? On n’est pas chez mémé, ici ?

Dans ce cas, rien de plus efficace que d’aller prendre un peu l’air (façon de parler) hors du wagon. Encore que. Suffit d’être postée debout près d’une fenêtre pour qu’on vous prenne pour une hôtesse d’accueil. « Vous savez où sont les toilettes ? », qu’on m’a demandé, l’autre fois. Heu, attendez, je crois que c’est deuxième à droite puis première à gauche. Tssss, c'te blague ! Chercher les toilettes dans un train… comme si en marchant un peu (tout droit, donc), on n’allait pas forcément tomber dessus !

Tiens, parlons-en, des toilettes, justement. Je ne sais pas comment les gens se démerdent pour foutre un tel souk là-dedans en si peu de temps, mais passée la première demi-heure de trajet, considérez que votre envie de pipiroomer est égale à une mission commando. J’aime autant vous dire, par exemple, que si vous y allez en tongues, c’est une très très mauvaise idée. Et je ne mentionnerai même pas cet odieux PQ farce et attrape, qui n’a de papier que le nom.

Pour finir (parce qu’il faut bien finir un jour), je voudrais qu’on m’explique un truc. Non parce que vraiment, je ne comprends pas : pourquoi la plupart des gens se lève et commence à attraper ses valises au moins dix bonnes minutes avant l’arrivée du train en gare ? Hein ? Pourquoi ? A quoi ça sert, bordel ? (A part emmerder celles et ceux qui voudraient lire ou dormir peinards jusqu’à la toute fin du voyage, j’entends).
Encore, quand il s’agit d’un arrêt provisoire, que le train marque seulement trois minutes de stop, je pourrais comprendre qu’on s’agite un peu les grelots pour être sûr de ne pas louper son coup.

Mais au terminus ? A quoi ça sert de poireauter gaiement dans les allées du tgv en titubant à chaque tournant, la valise posée sur l’accoudoir d’un siège qui n’est pas le sien, l’imper replié sur un bras, la cage du chat en équilibre sur l’autre, quand on sait que le train ne s’arrêtera vraiment que dix minutes plus tard. Et qu’on aura alors tout le temps de descendre !
Franchement, vous imaginez un peu le même merdier dans les avions ? Non. Bon, alors ? Y'en a quelques uns qui mériteraient de se faire botter le train, justement, hein...


* Hop ! Par ici la requête Google de taré en surchauffe du slip. Merci bien.

15 avril 2009

Licence to kill

volant_1Ce n’était peut-être pas un hasard complet, si j’y allais à reculons, à ce truc. Appelez ça comme vous voulez : le flair, l’instinct, le sixième sens féminin. Ou tout simplement la confiance plus que médiocre en mes capacités de future conductrice. Toujours est-il qu’avant même de signer le contrat de l’auto-école, j’avais déjà le feeling que je m’embarquais dans un projet prise de tête force huit.

Hé ben, bingo. Et plutôt deux fois qu’une.

Pourtant, au commencement, c’était pas si mal barré que ça. Toutes ces sombres histoires de code, de grilles à remplir, de A, B, C à cocher et de « selon vous, qui a la priorité dans l’image suivante ? », c’était un peu une formalité, pour moi. Il faut bien dire que, bonne élève jusqu’au bout des ongles, je me farcissais mes leçons à la chaîne, quasiment tous les jours, appliquée, studieuse et obstinée.
Bon, y’avait bien toutes ces questions théoriques à la con, où – allez savoir pourquoi – on vous demande de connaître la densité d’un pneu de bagnole (comme si j’avais Bac +3 en mécanique, quoi) ou de tout piger au fonctionnement de ce putain de disque de stationnement, ce qui entre nous, est déjà une bonne rigolade quand on sait que se garer à Paris est moins facile que d’intégrer Polytechnique.
Mais malgré ces pièges à trois escudos, je m’en étais tirée haut la main, hop hop hop, code réussi, merci bien m’sieurs dames, sous vos applaudissements, finie la rigolade, par ici la sortie.

Restait donc l’épreuve du feu.
Moi collée derrière un volant, voiture en marche.
ET face à des gens dans les rues.
Au-se-cours.

Le test d’évaluation démarre plutôt mal. Antonin, mon moniteur, conclue ma petite démonstration talentueuse (parce que si, caller sept fois en dix minutes est un talent à part entière) (enfin je trouve) par un « ah ouais, quand même… », me colle d’office dix heures de cours en supplément des vingt minimum requises pour passer l’examen, et figure systématiquement aux abonnés absents lorsque je tente de prendre un cours avec lui ensuite. Ah ouais d’accord, je vois le genre.

Heureusement, j’arrive péniblement à prendre mes trente heures grâce à Simone, qui me rappelle à chaque fois de ne pas conduire tant sur la droite, parce que sa collection de rétroviseurs arrachés est complète, et qui m’interdit les talons pour conduire parce que « c’est pas encore ça, ma biche », Etienne qui saute sur le volant pour contre-braquer dès que je m’écarte de trois centimètres de la route décidée, et lui vaut le surnom mérité de Etienne-oh-tiens-le-bien (le volant, hein), et Florentin qui se poile en quatre dès qu’il apprend que c’est avec moi qu’il a cours, et je sais pas trop comment je dois le prendre, à vrai dire.

(Nous ouvrons ici une parenthèse pour signaler qu’aucun être humain, animal ou végétal n’a été blessé ou maltraité durant ces trente heures de cours. En revanche, nous admettons que quelques carrosseries, pneus et trottoirs ont légèrement souffert durant l’exercice.)

Quelques semaines plus tard, fin prête (ha ha ha, trop pas, en fait), je me présente à mon examen de conduite. J’ai tout bien révisé, j’ai pris mes deux dernières heures de cours la veille, je connais le lieu par cœur, depuis les sens interdits jusqu’aux dos d’âne. Pourtant, au fond de moi, quelque chose fait pschiiiiittttt. J’ai les miquettes comme pas deux, et ça doit se sentir un max.

Rétros, ceinture, démarrage… Tout se passe bien, mais je ne vis que dans la hantise que InspectorLaTerreur ne me demande de faire un créneau. Première à gauche, ok. « Vous prendrez la seconde à droite ». Ha ha, je l’ai bien eu, je le sais que c’est un sens interdit, il est bluffé. (Bon, ok, il hoche juste la tête mollement). On continue notre route, je checke outrageusement dans mes rétros pour bien montrer que j’ai trop bien choppé le réflexe. Bref, tout roule (si je puis dire...)

Quand soudain, l’effroi. Merde. Ce con m’emmène sur l’autoroute. L’autoroute ! C’est presque pire que le créneau. C’est là que je perds tout sens de la raison.

- « Melle A., Pouvez-vous me dire à combien est limitée la vitesse sur cette partie de l’autoroute ?
- A 90.
- Et vous rouliez à combien ?
- … A 115 environ ».
Autant dire que le petit papier rose, je pouvais lui dire adios. Putain, il pouvait pas me filer un créneau à faire, plutôt, ce con ?

Renfrognée, assise à l’arrière de la voiture pendant que d’autres subissent le moment de torture, j’attends le verdict. L’inspecteur finit par se tourner vers moi, et me lance : « Melle A., vous aviez un train à prendre ou quoi ? ». Je m’attends à me faire assassiner sur place, quand le type balance un saugrenu « … mais malgré votre léger ( ?!!) écart de vitesse, on sent que vous avez une conduite sûre et que vous maîtrisez votre véhicule… »

Gné ?
Pardon ?
Qu’ouie-je ?

J’ai donc eu mon permis. Du premier coup, là où beaucoup d’autres auraient sans doute eu à le repasser, je n’en doute pas.

Et tout ça pour quoi ? Pour que j’ose à peine toucher un volant aujourd’hui, et que même les rares fois où je me lance en plein Paris (la dernière datant d’au moins six ans), je demande aux copains qui m’accompagnent de bien vouloir faire les créneaux à ma place, parce que moi, j’y arrive paaaaaaaas. C’était bien la peine, tiens.

15 octobre 2008

Madame est servie

_ponge_5Récapitulons les faits. (Juste comme ça, pour rire).
1– Il y a tellement de poussière chez moi que les moutons sous le lit constituent un troupeau au complet.
2 – J’ai bien un lave-vaisselle, mais j’arrive quand même à entasser six assiettes sales dans l’évier, et pourtant je trouve ça crade.
3 – Y’a des traces de mascara noir plein mon miroir de salle de bain.
4 –  Les poils de chat retapissent mon canapé, ma housse de couette, mes pulls noirs et mes écharpes.
5 – Il fait toujours sombre chez moi. Ah tiens, non. C’est juste que j’ai pas fait les vitres depuis… heu… depuis.
6 – La pile de fringues à repasser est plus haute que moi. Et le fer, encore emballé dans sa boîte d’origine, en fait.
7 – Ah ouais, le parquet, ça se cire ? Sans déconner ? Délire !

Rajoutez à ça que je sais à peine à quoi ressemble un aspirateur (le truc avec une trompe, là ?) et que depuis que le chat a pissé sur les poils du balai, je n’ai pas jugé bon d’en acheter un nouveau (c’était il y a cinq ans).

Bon. Là, y’a comme qui dirait un souci. D’ordre hygiénique, le souci, en gros.

Vous vous doutez bien que je noircis quelque peu le trait, mais comme je n’ai pas été élevée chez les porcs non plus, il me semble tout de même qu’un minimum de propreté dans mon petit nid ne me ferait pas de mal.

Du coup, hop, illumination merveilleuse : hé, mais... au diable les varices, je vais prendre une femme de ménage ! (Hé ouais, je sais. Parfois, je me surprends moi-même devant tant d’ingéniosité).

Enfin, ça, c’est ce que je croyais. Au départ. Je pensais naïvement que, une fois la perle rare trouvée, je pourrais me la couler douce et continuer à ignorer superbement éponges et fer à repasser, et que je retrouverais tous les quinze jours, comme par magie, mon appartement briqué comme un sou neuf et lustré du sol au plafond.

Sauf que non. Du tout. La blague du siècle, à vrai dire, c’est que je culpabilise tellement de faire venir quelqu’un d’étranger dans un chez-moi mal rangé que je passe toute ma soirée de la veille à mettre de l’ordre partout : je fous toute la vaisselle sale dans la machine, je range la table du salon, je fais du tri dans les très trop nombreux produits de la salle de bain, je ramasse les feuilles mortes des plantes tombées par terre, je nettoie autour de la litière du chat, je vide les poubelles (ouais, j’aime pas qu’on trouve mes cotons-tige sales, j’ai le droit, non ?)…

Bref, autant vous dire que tout ce cirque mené tambour battant me fatigue quinze fois plus que de passer l’aspiro une fois de temps en temps, histoire de. J’me demande si je me suis pas carottée toute seule dans cette histoire, moi… ?

29 septembre 2008

Héros malgré eux

h_ros_1Si j’étais du genre à avoir les chevilles qui enflent facilement, j’aurais de quoi me la péter grave, vous savez ? Heureusement pour vous, ce n’est pas le cas (sauf en période de canicule – saloperie de rétention d’eau), et je vais même vous raconter le pourquoi du comment. Qu’on ne vienne pas me dire après que je n’ai pas su rester simple et accessible, hein.

Invitée avec une douzaine d’autres blogueurs pour le compte de Levi’s, nous participons il y a quelques temps à une grande journée de tournage et de shooting photo pour le prochain site promotionnel du mythique jean 501, autour du concept « live unbuttoned » (vivez déboutonnés).
Oui, alors, non. Je précise tout de suite un truc : on n’a pas passé la journée avec le pantalon sur les chevilles et le cul à l’air, hein. Surtout qu’on ne se connaissait pas tous très bien, ça aurait fait désordre. Leur truc, là, ça voudrait plutôt dire, en gros, « soyez-vous-mêmes, vivez à la cool, no complexes ».

Du coup, on nous a expliqué très joliment que notre liberté de ton et notre franc parlé correspondaient bien aux valeurs véhiculées par Levi’s (ah ?), qu’on représentait chacun à notre façon des « Local Heroes » (oh ?!!) fédérant leur communauté de lecteurs (oh tiens, on parle de vous), et que notre portrait filmé et shooté allait être proposé sur le site (haaaannn), au même titre que celui de nombreux artistes de toute l’Europe (musiciens, graphistes, skaters, designers…).

Bon. Ben déjà, à ce stade, on aurait pu commencer à prendre le melon. Grave. C’est vrai, « Local Heroes », ça la pose là, comme concept. On aurait pu, donc. Mais on n’a pas. Parce qu’après la pommade et les lancers de fleurs, il a fallu passer aux choses sérieuses. Et j’aime autant vous dire que quand il s’agit de faire le guignol devant une caméra ou un objectif, moi, je la ramène beaucoup moins, tout de suite.

Etape 1 : La photo portrait.
Fond neutre, aucun accessoire, projecteur en pleine gueule et objectif à un mètre de moi. Et là, Cyril le photographe, qui me balance « vas-y, fais comme tu le sens ».
??!!?
Ben ça va être très vite vu, mec, vu que je le sens zéro, en gros. Pourtant, c’est pas la première fois que je me retrouve sous les feux de la rampe, mais force est de constater que je n’ai pas progressé d’un iota depuis. Je bouge péniblement, un coup à droite, un coup à gauche. Cyril m’encourage du mieux qu’il le peut. Je le soupçonne d’avoir pris du Tranxène, pour rester calme et patient comme ça face à tant de stress et d’incompétence de ma part. En même temps, si j’étais Claudia Schiffer, je ne serais pas là à vous raconter des conneries sur un blog, donc quelque part, l’ordre du monde est respecté. Quinze minutes plus tard, les clichés sont dans la boite, et le portrait prévu pour le site est choisi. Non, non, non. Ne me demandez pas pourquoi j'ai pris cette pose, je n'en sais RIEN.

shooting_Levi_s_portrait

Etape 2 : La photo en situation.
C’est samedi, il faut beau, nous ne sommes pas loin d’un grand boulevard. Pourquoi ne pas profiter de cet environnement pour réaliser un truc dans l’esprit urbain ? (Bon, ça, c’est pas moi qui réfléchis, c’est Cyril, hein. Moi je me suis contentée d’acquiescer niaisement en me demandant si mon maquillage n’avait pas foutu le camp. Chacun son truc, je dirais). Direction le Boulevard de Sébastopol et son trafic de voitures ininterrompu. L’œil avisé de l’expert repère immédiatement le cadrage qui s’impose. « Ok, on va se mettre au milieu du boulevard, tu marches vers moi, un peu dans l’esprit Sophie Marceau pour la pub Champs Elysées, tu vois ? ». Heu, oui. Sophie Marceau, je vois très bien. Pour le reste, je vois surtout que je suis sur un terre-plein central de cinquante centimètres de large, entre un couloir de bus et trois voies de bagnoles, que le pied de l’objectif empiète très largement sur la chaussée, et qu’à ce rythme-là, dans trois minutes, tout ça va se finir en faits divers. Mais sinon…
Les passants s’arrêtent pour regarder de plus près qui est cette mystérieuse fille qui prend des airs de top-model, les voitures ralentissent et klaxonnent parfois, Cyril crie ses directives pour couvrir le bruit du trafic. Impression étrange d’avoir été projetée en pleine séance de photos mode pour Vogue. Finalement, la photo sera prise durant les quelques secondes où le flot de voitures s’est interrompu. On voit plus trop le lien avec Sophie Marceau, mais c'est évidemment parce que le boulevard de Sébastopol n'a rien à voir avec les Champs Elysées. N'est-ce pas bien sûr. (Ahem...)

Shooting_Levi_s_Situation

Etape 3 : Le tournage du mini film.
Je sanglote, je blémis à présent qu’a sonné l’heure. Sans déconner. Pourquoi vous croyez que j’ai choisi de faire un blog ECRIT moi ? Ben parce que à l’oral, je me sens aussi à l’aise qu’une mouette en bigoudis, si vous voulez savoir. La touche « supprimer » est mon amie, et jusqu’à preuve du contraire, elle n’existe pas encore in real life. Ou alors, on me cache des choses.
Les jambes qui tremblent (à peu près) hors champ, je fais face à la rafale de questions dont on ne verra au final qu’un court montage (ah bah c’était bien la peine de se donner tout ce mal pour tenter d’être drôle et spirituelle, hein ?). Les trois projecteurs braqués sur moi m’aveuglent totalement, et il fait au moins cinquante sept degrés sur le plateau, je le sens aux petites gouttes qui commencent à perler dans mon dos. A moins quece ne soit le résultat de tout ce stress ? Autant dire que ce genre de challenge, c’est un peu comme la visite annuelle chez son dentiste, on est content de l’avoir fait après coup, mais sur le moment, on en bave des ronds de chapeaux, quand même.

Au final, je gigote autant que si j'avais envie de pisser (et pourtant non, je vous rassure), je me suis découvert des gènes italiens vu le nombres de gestes que je fais avec les mains, et je crois pouvoir dire à Laurence Ferrari et à son ombre à paupières mauve qu'elles peuvent rester peinardes : la relève, venant de moi, c'est pas pour tout de suite tout de suite. (Bon, honnêtement, ça aurait pu être pire, aussi...)

Print_screen_Levis

A voir sur www.501.com (c'est un peu long à charger...)

(Hé ouais. Après des mois sans aucune photo sur ce blog, je vous en fais bouffer des kilos d'un coup. C'est moi, ça. Tout dans la mesure...).

Merci aux équipes de Buzz Paradise et Duke, à Cyril Masson pour sa patience d’ange, et au soleil pour avoir été de la partie.
Les blogueurs présents : Romain, Vinz, Cyprien, Mry, Katia, Greg Pouy, Plastie, Sam, Juliette, Gaëtan, Anne-Laure, aZZed, Greg.

 

 

 

Publicité
4 septembre 2008

La vie des autres

jumelles_1Dites-moi, en toute honnêteté… est-ce que le fait que je vous avoue adorer passer du temps à regarder par mes fenêtres pour voir ce qui se passe dans la rue et du côté de chez mes voisins ferait officiellement de moi une grosse fouine curieuse ?

Oui ?
Ah.
Bon, ok.
Je plaide coupable, votre honneur.

Avant, j’habitais côté cour. Et au-delà des toits qui s’étalaient sous mes fenêtres, c’était un cimetière. Ah ça, effectivement, pour être calme, c’était calme*. Mais franchement, on se faisait quand même limite chier, niveau animation de quartier.

Aujourd’hui, j’ai retrouvé la vue sur rue. Et son cortège de bagnoles, de klaxons et de pouet-pouet, ouais, bon, d’accord. Mais il n’empêche. Je suis plutôt contente de mon sort.
J’adore passer du temps plantée devant mes fenêtres, à regarder les appartements des voisins d’en face, et imaginer leur vie et leurs péripéties. Hé, attendez, je vous arrête tout de suite. Je ne me colle pas derrière les rideaux avec une paire de jumelles, hein ! Je suis fouine, mais pas psychopathe, non plus.
Non, je fais ça en toute transparence, devant mon petit balconnet, les coudes confortablement posés sur la balustrade. (Heu… balconnet, on est d’accord, c’est pour « petit –tout petit– balcon », hein. N’allez pas confondre avec d’autres trucs du rayon lingerie, au hasard. Vous serez mignons).

Je matte, donc. Mais ce n’est qu’un juste retour des choses, vu que pendant les quatre premiers mois de mon emménagement, je n’avais pas encore installé de rideaux à mes fenêtres, et que mes voisins pouvaient eux aussi profiter abondamment de ma vie ô combien passionnante chez moi.
Remarquez, je dis ça sur le ton de l’ironie, mais vu que la porte de la salle de bain (et donc la douche) donne pile en face des fenêtres, y’en a sûrement parmi eux qui ont du passer un bon moment de poilade au moment de mes ablutions quotidiennes. Brrrrr, chut, je ne veux même pas y penser. (Et non, n’insistez pas, je ne vous donnerai pas mon adresse, c’est niet de chez ‘même pas en rêve’).

En tout cas, je sais que le type du cinquième n’a pas le droit de fumer chez lui puisqu’il se les gèle sur son balcon dès qu’il veut s’en griller une, que la bonne femme du troisième droite secoue sa nappe tous les soirs sans regarder s’il y a des gens en dessous, et que, un peu plus loin sur la gauche, ils ont le même cerisier lumineux de chez Habitat que moi. Forcément, ça crée des liens.

Dans la rue aussi, c’est un spectacle nettement plus divertissant que TF1 en access prime time (parce que ‘la roue de la fortune’, j’voudrais pas dire, mais bon, bref). Je regarde les vélos qui grillent allègrement le feu rouge d’en bas, pour aller se vautrer dix mètres plus loin sur les piétons qui pensaient traverser en toute sécurité. J’observe le ballet des gens qui entrent et sortent du vidéo club ou de la pharmacie. Je pourrais presque aller dénoncer ceux qui ramassent les crottes de leur chien-chien, et ceux qui laissent le soin aux petits hommes verts « Propreté de Paris » de faire leur sale boulot.

Quand il pleut des trombes d’eau – ou encore mieux, qu’un gros orage éclate –, je compte les points entre ceux qui courent en s’abritant sous les corniches, et ceux qui continuent leur marche pépère, se foutant manifestement d’être trempés jusqu’à l’os. Le spectacle des éclairs est toujours aussi fascinant, même à trente ans passés (oui, bon, ça va).

Mais le maxi best of dans le genre spectacle, ça reste quand même ces énormes bruits de freinages intempestifs, après lesquels on guette forcément le son du crash et de la tôle ondulée. Quoi ? Un accident ? Vite ! Tous les passants se figent, tous les voisins se ruent au balcon. Le temps, l’espace de quelques secondes, s’est suspendu.
Finalement, ce n’était qu’un refus de priorité, pas de quoi fouetter un chat, et la vie reprend son cours, chacun se remettant en marche, presque déçu de ne pas avoir assisté à la scène sanglante du jour et de ne rien avoir de croustillant à raconter au dîner ce soir.
Allez, avouez, vous le faites, vous aussi ? On est gores, hein, parfois ?!!

Une prochaine fois, si vous êtes sages, je vous raconterai à quel point j’ai la main verte (ahem) et comment j’ai décoré mon petit rebord de balcon (« balconnet », donc, pour les trois qui suivent).
Ah bah oui, attendez. Je matte chez les gens, mais pour ceux qui mattent chez moi, faut que l’encadrement soit joli. Plaisir des yeux avant tout ! J’ai ma fierté, moi, bordel.

* Heu… « calme » ? A la réflexion, pas tant que ça

25 juin 2008

J.F. recherche bons plans soldes été 2008

soldes_1« Oh le joli top… Il est à moi ! »
« Non, il est pour moi, c’est moi qui l’ai vu la première ! »
« Lâche ça tout de suite, sale morue ! »
« Pfff, comme si tu rentrais dans une taille Small, en plus ! »
« Dégage, pétasse, ou je te griffe les bras ! »
« Tu peux crever… le top est à moi ! »

Comme ça pendant des heures…

Franchement, la foire d’empoigne entre harpies échevelées à la recherche du Graal fashionistique en boutique de prêt-à-porter à l’aurore du premier jour des soldes, très peu pour moi, merci bien.

Sans parler de la queue aux cabines d’essayage, des odeurs de poney dues à l’agitation fébrile, des montagnes de fringues piétinées par terre, des vendeuses aimables comme des tueurs à gage et épuisées dès 10h30, du temps d’attente aux caisses, et des erreurs d’achat inévitables liées au syndrome « j’ai pas fait tout ça pour rien, je repartirai pas les mains vides ».

Alors que, sans déconner, on n’est pas bien dans son petit salon, devant son ordinateur, à faire les soldes sur internet, sans bruit, sans cohue, sans Jeanine et Simone qui gueulent derrière nous ? Hein ?

Si.
On est d’accord.

Il y a quelques temps, je vous parlais d’un nouveau site de vente on-line rassemblant la crème des marques « in » du moment et proposant leur dernière collection. Place des tendances.com, que ça s’appelait, même. Remember ?
Bon, ben si vous voulez tester le truc, c’est le bon moment, puisqu’à l’occasion des soldes été 2008, Place des tendances propose toutes les collections bradées jusqu’à – 60 %. Pas dégueu, quand même ?

Et que je ne vous entende pas grogner que les ventes à distance, c’est bien, mais que c’est trop long quand on veut profiter de ses achats tout de suite. Parce que pour avoir déjà testé personnellement deux fois le site, je peux vous dire que les commandes passées le matin ont été livrées par coursier le jour même, directement au bureau. Mazette, ça c’est du speedy gonzales, en matière de livraison.
Bon, évidemment, ce truc est valable essentiellement pour les parisiennes, mais j’imagine que du coup, les délais de livraison plus classiques ne sont pas trop abusés (contrairement à certains sites que je ne mentionnerai pas mais que les habituées reconnaîtront sans mal…).

Petite sélection des choses pour lesquelles je pourrais bien craquer :
(A partir de maintenant, la lecture de ce billet est strictement interdite à mon banquier)

Une jolie robe évanescente, parfaite pour l’été, chez Circus & Co.



Le choix semble surprenant à première vue, mais j’aime aussi beaucoup cette robe un peu bab’ de chez Sandro que j’imagine très bien portée avec un petit t-shirt blanc ou super flashy dessous.

Le débardeur blousant à la taille, gros succès de l’année chez Petit Bateau et en rupture de stock un peu partout. Déjà adopté en noir et blanc, pour ma part…



Alors ? Qui c'est qui va être la plus belle pour aller danser tout l'été (sans pour autant se retrouver dépourvue quand la bise sera venue) ?

Article sponsorisé

16 octobre 2006

Ma meilleure ennemie

rides_7Et ben voilà. Cette fois, ça y est. On y est. Fallait bien que ça arrive un jour de toute façon. Je m’y étais préparée, mais quand même, le choc est un peu rude. On a beau dire que « c’est la vie » et qu’on en passera forcément par là, moi, ça me fout légèrement les boules.

Les présentations sont faites. Elle est là, elle me fait face. Elle a presque l’air de se foutre de moi, limite. Elle pourrait se permettre de dire tout haut ce qu’elle pense tout bas, je pense même qu’elle éclaterait de rire bien fort, pour montrer à quel point ça la fait marrer de voir la tronche que je tire en la voyant.
Et moi, je reste plantée comme une nouille, silencieuse, à la regarder. Sans trop savoir comment m’y prendre avec elle. Parce que de toute façon, tout ce que je pourrais dire ou faire n’y changerait rien Et c’est bien ça le pire.

Merde, elle m’a eu, la garce ! Elle m’a eu par surprise. J’ai rien vu venir. Je pensais avoir encore un peu de temps devant moi, un peu de tranquillité. Mais non. Que dalle.
Maintenant je n’ai plus le choix. Impossible de faire marche arrière. Bien obligée de l’accepter, et de lui faire une petite place. Puisque je vais devoir vivre avec elle tous les jours à partir d’aujourd’hui.

Ma première ride. Juste là, au coin des yeux.
Fait chier, je deviens vieille.



Bon, plan d’action. C’est quoi, les meilleurs anti-rides du marché ?

6 février 2007

Hibernatus

hibernatus_3Certaines personnes vous diront que le bruit qu’ils ont le plus de mal à supporter, ce sont les klaxons enragés des automobilistes parisiens vers 18h. Ou les ping paf boum wiiiiz des jeux vidéos des gosses (ou des ‘moins gosses’, parfois). Ou les tentatives vocales du voisin en train de massacrer "Ne me quitte pas". Ou la voix de crécelle de leur femme (si, certaines personnes le diront, j’en suis sûre).
Moi, en ce moment, c’est le biiiiiiiiip biiiiippp strident de mon radio-réveil qui me fout les boules au plus haut point. Une horreur intégrale, ce truc.

Parce qu’en plus d’interrompre mes séances de body-body avec le sosie en maxi best of de David Beckham qui me masse tendrement le corps tout en me susurrant à l’oreille des mots doux à faire pâlir d’envie les paroliers de Hélène Ségara (quoi, pas crédible ? Oui bah c’est pour ça que ça s’appelle un "rêve", je vous signale), la sonnerie tant redoutée annonce surtout que cette fois, ca y est, plus d’ambiguïté possible, c’est l’heure.
L’heure de s’extirper de la chaleur de sa couette, des bras de son amoureux ou de son pot-de-glue-de-chat, et d’aller affronter le reste du monde. Le froid glacial du carrelage sous les pieds nus. L’hiver qui se traîne en longueur, juste pour signifier qu’il va s’incruster encore un peu. La nuit qui commence à 17h13 et s’arrête à 8h46. Le temps qui joue au yo-yo avec le thermomètre, histoire qu’on piétine devant l’armoire sans savoir comment s’habiller pour aller bosser. Le métro aux néons blafards et aux mines réjouies.

Halte là, moi je dis ! (Je sais, je prends un gros risque). Puisqu’on prétend que la nature est bien faite, faudrait aussi se demander humblement pourquoi elle s’est cassé la nénette à mettre sur pied des concepts qu’on s’obstine à ne pas respecter. L’hibernation, ça vous parle ? Moi, oui. Beaucoup. Je suis du genre à penser que ce machin-là, ça ne devrait pas être réservé qu’aux ours et chauve-souris.
(NDLR : Manque de temps oblige, je n’ai pas pu consulter mon guide « trente millions d’amis » afin de certifier que les chauve-souris hibernent bel et bien. Ceci est donc pure spéculation de ma part. Essayez de ne pas vous arrêter à ce genre de détails, merci).
Parce que bon, faut pas déconner quand même. Pourquoi on vivrait sur le même rythme en été comme en hiver. C’est complètement crétin. Même le soleil l’a pigé, ça, que c’était pas la peine de trop se fouler, de décembre à mars. On pourrait pas l’imiter, un coup, juste pour voir ?

Perso, moi, je voudrais surtout pouvoir dormir plus longtemps sans me dire « merde, merde, j’ai boulot aujourd’hui, j’peux pas… ». C’est usant, vraiment. J’en viens même à jalouser cette pétasse de Belle au Bois Dormant, qui a réussi à pioncer cent ans peinarde sans qu’on vienne lui casser les noix à lui demander des arrêts maladie ou un mot signé de ses parents pour justifier son absence au boulot. Oui, je sais, ça frise le n’importe quoi.

En même temps, j’essaye de relativiser son cas, pour m’éviter de sombrer dans l’envie et la rancune pathologiques. Rien qu’à imaginer le souk qu’a dû être la vie de cette gourde quand elle a daigné relever les paupières, je me marre, tiens. Déjà, j’envisage même pas le répondeur téléphonique saturé de messages agacés, du genre « merde, Aurore, tu fais chier, ça fait trois jours qu’on t’attend pour dîner, ça commence à refroidir… ». Vlan. Comment perdre tous ses potes en passant pour la nana qui ne rappelle jamais personne et qui pose des lapins.
Sans parler de la pile de factures entassées dans la boîte aux lettres, de l’abonnement Free résilié automatiquement depuis belle lurette (terminé, le petit tour sur les blogs le matin avant de se mettre à bosser), ou de la litière du chat devenue une porcherie sans nom (oui, elle avait un chat, la Belle au bois Dormant, vous ne saviez pas ?).
Et puis ok, elle a eu la chance de se faire réveiller par le baiser d’un prince, soit. Mais de là à être obligée d’aller courir devant monsieur le maire et lui pondre une tripotée de lardons dans la foulée (ben si… "ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants". "Beaucoup", c’est au moins quatre ou cinq, non ?).
Sans compter qu’on n’en parle pas dans les bouquins, mais si ça se trouve, son prince, il était moche comme un rat d’égout. Ou il avait une haleine de chacal des bois. Allez savoir ! Pfiouuuuu, pas simple, la life, hein, Aurore ?

Je me rassure comme je peux, parce que je suis sûre d’une chose, c’est que roupiller pendant cent ans, c’est pas à la portée de tout le monde. J’en demande pas tant, remarquez. Mais je me dis que si on pouvait m’oublier pendant une petite semaine, histoire de pouvoir remettre les compteurs de sommeil à zéro et effacer les valises malles XXL que j’ai sous les yeux, ça m’arrangerait.

J’crois que j’ai besoin de vacances, moi. Ca se sent un poil, non ? :)

5 mars 2008

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme célibataire - Part. 2

24Previously on 24

Après avoir planté là ‘Tony’ et sa grâce incarnée, je retourne dans la foule, de plus en plus dense, et tombe nez à nez avec un gars inscrit au même cours de salsa que moi. Mais c’est pas vrai ça, on ne peut donc jamais avoir un peu d’intimité, bordel ?
Echanges de regards. « C’est pas toi qui… ? ». « Si si, c’est moi ». « Oui, ta tête me disait bien quelque chose ». Après avoir fait le tour des vérifications d’usage (heure du cours de danse, nom du prof, lieu de la salle de danse) histoire de se dire des trucs complètement inutiles qui meublent la conversation, on sort la fameuse carte du bracelet, qui nous sauve la mise une fois de plus. Monsieur est « Guillaume Canet » pour la soirée. Quand je lui montre mon « Jane Birkin », il s’illumine d’un coup : « Oh, je sais qui est Serge, c’est un des potes qui est venu avec moi, il est vers l’entrée là-bas, si tu veux, je… » BAM ! D’un coup, une petite minette lui tombe dessus et lui claque quatre bises bien sonores sur les joues, en hurlant « c’est moi Marion Cotillard !!! ». La pauvre n’aurait pas eu l’air plus heureuse si elle avait gagné le million à la roue du Millionnaire de Marie-Ange Nardi. Ou l’Oscar de la meilleure actrice. Ne voulant pas jouer les briseuses de couple potentiel, je m’éclipse doucement. Ma grande rencontre avec Serge attendra…

Le salon est maintenant plein à craquer. Bonne nouvelle : il y a donc bien des célibataires à Paris, merci pour l’info. Mauvaise nouvelle : aucun de ceux présents ne me plait. Et ils sont tous petits. Moi qui aime les grands, je peux voir les calvities naissantes de chacun rien qu’en me mettant sur la pointe des pieds.
Y’en aurait bien un, là, juste à côté de la cheminée, qui a l’air craquant avec son look à la Corto Maltèse. Mais il a l’air aussi terriblement sûr de lui et de son petit effet Impulse sur les nanas. Ca en donne plus envie de l’ignorer un coup que d’aller jouer les groupies en lui piaffant sous le nez « t’es qui, toi, ce soir ? Tu veux pas être mon Serge, dis ? ». Dans soirée « desperate célib’ », y’a ‘desperate’ mais ça reste avant tout une image, soyons clair.

‘Cécilia’ nous montre discrètement son coup de cœur de la soirée et nous demande notre avis. Bon, je ne cherche à décourager personne, mais en toute objectivité, cinq minutes d’observation suffisent à piger que le type en question est nettement plus orienté Bernard que Bianca, si vous voyez ce que je veux dire. ‘Cécilia’ a toujours eu du flair pour choisir ses mecs.

‘Guillaume Canet’ vient soudain me taper sur l’épaule. « Tu veux que je te présente Serge ? ». Apparemment, il s’est débarrassé vite fait bien fait de sa Marion hystérique, lui. On se fraye un passage dans la foule pour aller retrouver ses potes dans l’entrée. Et soudain, le voilà. Je l’aperçois, il est là, devant moi. Serge. ‘Mon’ Serge…
Alors rangez les violons, stoppez tout de suite cette petite musique niaise de chabadabada en fond sonore : ‘Serge’ a plutôt une bonne tronche, mais n’est pas du tout mon genre. On papote quelques minutes de la pluie, du beau temps, du « c’est fou le monde qu’il y a, hein ? » et de « tu bois quoi, toi ? ah oui, moi j’aime pas trop le rhum… ». J’en arrive finalement à cette phrase bien débile : « bon, je suis fière de nous, on a reconstitué notre couple, on a rempli notre contrat ». Et là, qu’est-ce qu’il me sort, ce con ? « Oui, enfin moi, il me reste à trouver Bambou, maintenant… ».
Ah d’accord. Ah tu le prends comme ça ? Est-ce que ce ne serait pas une technique sympa pour me dire "ma cocotte, t’es mignonne, mais t’arrêtes de me coller, j’ai encore du pain sur la planche ce soir, moi !". Je baragouine un truc incompréhensible sur Jacques Doillon, successeur de Serge auprès de Jane Birkin, range mon orgueil dans la poche de mon jean, et repars en quête de Cupidon, qui commence sérieusement à me casser les noix ce soir.

Le love post-it wall a meilleure allure depuis tout à l’heure, puisqu’il y a maintenant une bonne vingtaine de messages collés dessus. Je me rapproche pour lire un peu la prose de mes copains célibataires. Ouh, mazette… y’a du lourd ! Non, je ne dénoncerai personne. J’ai juré.

En parlant de lourd, je recroise ‘Tony Parker’ et sa chemise toute tâchée de rhum-coca. Mes ‘nichons’ et moi lui adressons un sourire parfaitement hypocrite, mais monsieur a manifestement perdu tout sens de l’humour, et me lance (de ce que j’ai pu en comprendre) un truc du genre «  d’t’façon, t’as des trop p’tits seins pour moi, et t’as l’air très chiante ». Ouh, hé ben. Tout en classe et en finesse, le Tony, hein. Il devait se contenir un tant soi peu au départ, mais chassez-le au galop, il redevient naturel.

3h du matin. Je commence à être gonflée. Trop de monde, trop de bruit, je ne vois plus les quelques personnes que je connais vaguement, j’ai déjà retrouvé Serge et je ne crois pas qu’il y ait un ‘Jacques Doillon’ dans la salle, je ne remarque personne à mon goût, et on trouve mes seins trop petits. Ca fait lourd, d’un coup.

J’attrape mon manteau et mon sac, me glisse subrepticement jusqu’à la porte d’entrée, adresse un petit signe de main à l’une des hôtesses pour la remercier, et ressort de l’appartement bruyant et enfumé.
Dehors, dans la rue, m’attend l’ultime mission de la soirée : trouver un taxi pour rentrer chez moi. Je guette les voitures en détachant d’une main le bracelet ‘Jane Birkin’ encore noué à mon poignet gauche et en le fourrant au fond de mon sac. Ce n’était pas LA soirée, mais c’était une bonne soirée malgré tout. Dommage que Cupidon ait manifestement préféré partir en vacances au ski, au lieu de rester faire son job correctement ici, pour moi, ce soir.

3 mars 2008

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme célibataire - Part. 1

24hL’un des avantages à être célibataire, c’est que les soirées où l’on vous entraîne réservent encore leur lot de surprises. Donc quand ma copine Caro m’a proposé de m’emmener avec elle à une soirée spéciale « cœurs à prendre », je me suis dit que ça allait valoir son pesant de Curly et j’ai sauté sur l’occasion.

Il y a bien un petit côté pathétique là-dedans, je le reconnais. Rassembler des dizaines de célibataires entre eux à la même soirée, en interdisant tout bonnement l’accès aux gens en couple (véridique), ça revendique un peu la fameuse caution « libre immédiatement, disponible sur place ou à emporter, rendez-vous ultérieur envisageable ». En gros, "faites votre marché, les gars".

En même temps, prenons-le avec le sourire, et pour les occasions de nouvelles rencontres que cela apporte. Parce que je n’apprends rien à personne en disant qu’à trente ans et des bananes, on a quand même du mal à croiser de nouvelles têtes. Les amis restent des amis, les amis des amis ont déjà été présentés, les copines sont casées et ne sortent plus beaucoup, les ex sont possessifs et n’encouragent pas à la nouvelle rencontre, les collègues de bureau ne font pas le turn-over tous les trois ou quatre mois…

Cette soirée « desperate celib’ » tombait donc plutôt à pic.

23h. L’appartement immense est déjà plein à craquer d’âmes seules en quête d’âme soeur. A notre arrivée, on nous remet un bracelet rose ou bleu avec le nom d’une moitié de couple célèbre. But du jeu : retrouver dans la masse de gens « son » ou « sa » partenaire théorique pour la soirée. Ce jeu qui a l’air un peu crétin comme ça sur le papier permet quand même de fournir un prétexte tout trouvé pour qui voudrait aborder la jolie blonde près du buffet ou le grand brun qui fume à la fenêtre.

Le temps de la soirée, je serai donc Jane Birkin. A charge pour moi de retrouver mon Serge Gainsbourg parmi les soixante-dix mecs présents ce soir. Bon, Serge, évidemment, c’est loin d’être mon idéal physique, hein, entendons-nous bien. Mais à ce jeu-là, on joue sans trop se poser de question, on ne fait pas comme mes deux copines arrivées en même temps que moi : la première, affublée de « Bridget Jones » a limite eu les larmes aux yeux direct (« putain, ça se voit tant que ça ? »), la seconde a hérité de « Cécilia », et a du perdre quinze minutes de son temps à chercher à comprendre si elle devait retrouver son Nicolas (heu, ben, comment te dire…) ou son Richard Attias.

La fête est lancée, la musique couvre à peine les pia-pias à droite à gauche. Sur le mur qui longe la cuisine, les hôtesses ont installé le « love post-it wall » : chaque invité peut laisser sa déclaration d’amour ou d’humour à un(e) autre invité(e) sur un post-it coloré que tout le monde peut lire et s’empressera de transmettre à l’intéressé(e) si besoin. Pour le moment, seuls deux messages d’amour se battent en duel. Et à y regarder de plus près, l’un des deux est un dessin limite porno. Cupidon a encore du taff pour la soirée, on dirait.

Direction la cuisine pour me servir un verre. J’en profite pour commencer à faire un peu connaissance. ‘Tony Parker’ s’approche de moi, l’haleine déjà bien chargée, et entame la discussion sur le sujet du bracelet.
- C’est con ce truc. Tu parles pas avec un accent anglais, tu peux pas être Jane Birkin !
(Finaud, le mec, quand même, on notera)
- Ben oui, mais c’est pareil pour toi : tu fais des paniers à trois points ou tu te contentes de mater le sport du haut de ton canapé ?
(Allons-y gaiement. Celui-là, je ne l’épouserai pas, de toute façon)
- Ouais. Hé hé hé. Remarque, t’as de la chance, t’as quand même des plus gros nichons que Jane Birkin, hein, ah ah ah ah !
(Ok, donc lui, c’est réglé, il est con).

Je garde malgré tout mon calme et mon sourire de façade. On ne va pas se fâcher avec les gens à peine vingt minutes après être arrivés, quand même ? Non. Je continue donc à l’écouter poliment, du moins à faire semblant tout en cherchant une technique pour m’extirper de là plus vite que mon ombre. Mais rien ne vient. Ce n’est que quand ‘Tony’ se remet à loucher sur mes seins et à y joindre le geste pour faire semblant de « mesurer ma taille de soutif avec ses mains » que je me dégage d’un geste brusque, envoyant au passage valdinguer son rhum-coca sur sa belle chemise rayée, et que je me tire de là en lui disant qu’on va pas non plus causer nibards toute la soirée, merci et bonsoir.

Tou bi continioude

7 janvier 2008

En passant

traces_1Si ça peut vous rassurer, non, je n’ai pas complètement disparu de la circulation. Mais je prends un peu mon temps, c’est vrai…

C’est surtout que je suis toujours privée de connexion internet dans mon nouveau home sweet home."Encore quinze jours à trois semaines", qui z’ont dit, les gars de chez Free. Le temps pour eux de se faire un ou eux petits baby foots et de finir Super Mario Kart, à mon avis. Sont pas pressés, quoi.

C’est quand même dommage, parce que j’avais des tas de trucs à vous raconter, depuis le temps.

Par exemple, j’aurais pu me vanter que les meubles Ikéa, désormais, je masterise à fond la caisse. Limite si je ne parle pas couramment suédois, même. Mais j’ai quand même du mal à piger comment une simple chaise peut prendre plus de temps à monter que deux immenses étagères. J’ai failli péter une durite trois ou quatre fois. S’il faut avoir fait Polytechnique pour pouvoir dîner à table, non mais où va le monde ?

Ou bien vous dire que c’est fou tout ce qu’on peut entasser dans un petit deux-pièces en sept ans. Mais ça, on ne le réalise vraiment que le jour où il nous prend l’envie saugrenue de déménager. Perso, j’ai réalisé que je n’avais pas moins de quatre bouillottes. Je suis frileuse, oui, ok. Mais quatre ?!!! Faudra qu’on m’explique…

Ou encore vous apprendre que ma nouvelle voisine du dessus est apparemment une femme raffinée et élégante qui braille en permanence des trucs hypers classes du genre "mon cul ouais !" ou "l’enfoiré de sa mère" sur un ton très étudié de poissonnière du dimanche. J’adore. Très Chanel.

Mais pour tout ça, vous devrez patienter encore un peu. Non, non, inutile de chouiner et de taper du pied comme des gamins, je ne supporte pas les gens capricieux.

En attendant, je retourne déballer mes cartons. Là, y’a urgence. Ca fait quinze jours que je cherche mon sèche-cheveux, je vous raconte même pas la tronche que je me trimballe.

Ah, au fait… quand même… bonne année ! Que 2008 vous apporte pleins de bulles !!!

20 novembre 2007

Talent aiguille

talons_1Moi, une fille ? Une vraie de vraie ? Heu, ben là, j’ai un gros doute, quand même. Loin de moi l’idée de vous faire la grande scène 4 de l’acte II de « ma vie, mon œuvre, mes complexes », mais bon, puisqu’on se connaît depuis un bon moment maintenant, je peux bien me laisser aller à une petite confidence. Donc voilà : en fait, les talons aiguilles, c’est pas mes potes. Du tout. Et ça m’embête beaucoup.

Quelqu’un de très bien dont j’ai oublié le nom a dit un jour "les talons hauts vous mettent le cul sur un piédestal, exactement là où il doit être". J’ai trouvé ça pas con, comme idée. Du coup, j’ai essayé à plusieurs reprises de m’y coller. Vous pensez bien, j’allais pas laisser filer une occasion en or comme celle-là.

Mais en fait, non. Avec moi, ça veut pas. Y’a un truc qui coince, on dirait.

C’est très simple, quand je porte des talons hauts, j’ai l’impression d’être aussi sexy qu’une poule sur des échasses. Voyez le truc ? C’est quand même dommage, pour un attribut qui est supposé représenter la quintessence de la féminité, non ? Si. C’est sûr, ça casse un peu le glamour.

Faut dire aussi que, en bonne parisienne bien stressée de la vie,  j’ai cette fâcheuse manie de toujours marcher à trois mille à l’heure. Ce qui n’est pas du plus compatible avec le pas chaloupé et langoureux de la Betty Boop en talons aiguilles vertigineux, évidemment. La poule sur échasses qui court le marathon, c’est pas pour dire, mais ça fait surtout danseuse de tecktonik en descente d’acide. Bof.

M’enfin, vous reconnaîtrez avec moi (j’insiste) que les talons, c’est quand même pas ce qui se fait de plus pratique pour dévaler quatre à quatre les marches du métro, courir après le bus, escalader les caniveaux pleins de flotte, enjamber les crottes de chien, arpenter les ruelles pavées parisiennes, éviter les bouches d’aération et les grilles autour des arbres.

Et pourtant… Je les vois bien, elles. Toutes ces filles qui galopent sur le bitume avec dix centimètres de talons sous les chevilles. Elles font ça fastoche, l’air de rien, finger in the nose. Limite elles n’auraient pas l’air plus détendu si elles étaient en charentaises devant la télé chez elles.

Ah, injustice flagrante.

Alors quoi ? Dois-je faire une croix sur les talons hauts, docteur ? Mon cas est-il irrémédiable ? Suis-je condamnée aux ballerines et aux tongs à vie ?

Une âme charitable m’a expliqué que marcher sur des talons hauts, c’est comme faire du vélo : une fois qu’on sait faire, ça ne s’oublie plus. Admettons. Dans ce cas, j’en suis personnellement encore au stade où on colle des petites roues à l’arrière pour stabiliser l’ensemble. En gros, niveau talons, j’ai cinq ans. Super...

Oui, mais… Et mes jambes affinées et élancées ? Et mes huit centimètres en plus ? Et ma cambrure de rein divine ? Y’a pas de raison. Moi aussi, je veux tout ça. Donc c’est décidé, demain, je m’y (re)colle.

La route sera longue.
Et pleine d’entorses, j’en ai peur.

1 octobre 2007

Comme une image

vernissage_1Ca y est, je l’ai ! Après dix jours de suspense insoutenable, de stress, d’angoisse et de nuits blanches (ou presque), j’ai enfin récupéré la photo définitive du shooting Pantène.

Bon. Heu… Comment vous dire ?

Partant du principe que j’ai beaucoup de difficulté à me supporter en photo, déjà, c’était mal barré d’avance. Ben, bingo, ça n’a pas loupé : je ne m’aime pas sur la photo finale. Point.

L’habillage réalisé par le graphiste est canon, le coup du ventilo dans les cheveux tente bien de donner l’idée de « c’est trop moi la plus belle du monde » (ahem…), mais il reste un couac. Et de taille, le couac. Cette image, ce n’est pas moi.
Même pas une question de s’y trouver belle ou moche, à vrai dire. C’est juste que je ne m’y reconnais pas.
Moi qui suis habituellement plutôt souriante, je m’y trouve un air pincé de pétasse blasée. J'ai le visage rond comme un poisson-lune. Et le maquillage des yeux, qui était sublime en vrai me donne en photo un air fatigué et légèrement zombifiant.

Quoi ? Comment ça, « pas objective » ? Oui, sans doute… Toujours cette difficulté d’accepter son image, de bien vouloir se voir telle que l’on est, et surtout telle que les autres nous voient. Toujours ce décalage entre l’appréciation généralement très critique que l’on fait de soi, et le regard souvent bien plus indulgent que les gens nous portent.

Enfin, « indulgent », ça dépend de qui, hein. J’ai quand même eu droit en commentaire à un « on dirait que t’as douze ans, et que tu te balances sur ta chaise parce que t’as trop envie d'aller pisser ». Bam, ramasse tes dents et va chialer aux toilettes, ma fille. Y’a pas à dire, j’adore mes amis et leur franchise.

Rhhhooo, arrêtez de brailler comme ça ! Oui, je vais vous la montrer, la photo. Deux secondes. Un peu de patience et de tenue, enfin quoi…

(Pffffou, pffffou, je respire un grand coup, je me prépare psychologiquement... C'est pas tous les jours que je vous colle une photo de moi sur mon blog, les gars, hein. Notez l'effort, quand même).

Bon ok, assez lambiné. Tadadaaaaam... ... Voilà. Au final, ça donne ça :


KATIAr_duite

 

 

 

Oui, on est bien d'accord : Kate Moss et Laetitia Casta peuvent pioncer peinardes. Je ne suis pas prête de leur piquer la place, avec mon aisance et  ma désinvolture zéro face aux objectifs.

moi_1(Et puis là, en plus petit, c'est l'une des photos -non retravaillées - que je trouvais plus adaptée pour représenter ma personnalité. Mais dommage, ce n'est pas celle qui a été retenue...)

Reste maintenant à savoir ce que je vais faire de ce super poster grandeur nature. J’ai bien pensé un moment à l’accrocher dans mon salon, juste au dessus du canapé. Mais j’imagine déjà la tronche des invités. Du coup, je sais pas trop. A moins que… peut-être… « Allo Maman ? Tu devineras jamais ce que je t’ai trouvé comme cadeau de Noël ! ».

(Et encore un grand merci aux équipes Heaven /Pantène... Je râle, je râle, mais c'était top. Vraiment).

 

 

 

24 septembre 2007

Petit manuel à l'usage des garçons qui ne comprennent pas bien les filles - Chapitre 8

Les filles et les magazines de filles

mag_2Hého, jeune homme, on se réveille. C’est la rentrée, on n’est plus à la plage à faire des sudoku, alors on se remet les neurones en marche, et on reprend les bonnes habitudes.
Aujourd’hui, sujet « culture générale » : les magazines de nanas. Tu penses tout avoir dit sur le thème en affirmant que « ces ramassis de conneries » sont juste une pompe à fric, rapport à toutes les envies et les obsessions qu’ils provoquent chez les greluches. Ouais, c’est pas entièrement faux. Mais c’est aussi et surtout une vraie mine d’or pour mieux comprendre les minettes. Donc tu discutes pas, tu te penches sur la chose, et plus vite que ça.

Commençons par mesurer ton niveau de compréhension en la matière. En premier lieu, il y a le Elle que tu connais sans doute, vu qu’ils nous pondent un numéro toutes les semaines, et que t’arrives déjà pas bien à comprendre comment on trouve le temps d’ingurgiter tout ça (entre nous, je te livre un scoop : c’est blindé de pub et y’a pas grand-chose à y lire, en vrai). C’est déjà bien de connaître un titre, bravo.

Mais fais gaffe, jeune homme, fais gaffe ! Il y a bien d’autres pièges dans l’univers impitoyable de la presse. Alors prends des notes et retiens, une bonne fois pour toutes : non, Cosmo n’est pas seulement le nom d’un cocktail girly. Et non également, Marie-Claire et Isa ne sont pas de vagues camarades de fac. La vérité, tu vas faire franchement pitié si tu sors à ta copine d’un air détaché « elle a l’air sympa, cette Marie-Claire, quand est-ce que je la rencontre ? ».

Bon, entre nous, je dis « magazines de filles », mais ne va quand même pas croire que je ne t’ai pas vu piquer en douce les journaux de ta belle pour tenter de percer un peu plus le Grand Mystère Féminin. Arrête de nier comme ça et de me prendre pour une nouille, hein. Evidemment, que je sais que la moindre évocation d’un article « sexo » en couverture te fait frétiller de bonheur, parce que tu vas pouvoir y dégoter de nouvelles idées pour flamboyer sous la couette. Et tu te plantes lourdement si tu penses que je n’ai pas remarqué ton air faussement détaché devant « Est-il un bon coup ? La preuve par neuf », alors que tu baves d’envie d’aller lire tout ça en loucedé aux toilettes.
Bizarrement, je sais aussi que, en revanche, tous les suppléments mode, beauté et minceur, tu t’en tamponnes allègrement le coquillard. Tssss, trop prévisible, jeune homme. Tu es trop prévisible.

En même temps, tu seras bien mignon de bien vouloir nous laisser lire peinardes nos magazines avant de te ruer dessus juste parce qu’il y a je-ne-sais-quelle blondasse dénudée en couverture. Parce que nous, tes Moto-Plus, tes Revue de la Finance et tes L’Equipe Magazine, on n’y touche pas. C’est respect, tu vois. C’est ton jardin privé. (Sauf si on trouve dedans de nouvelles photos des Dieux du Stade, auquel cas, t’es pas radin, et tu partages, merci).

Tu sais quoi ? Je vais être sympa, et je vais t’apprendre un truc : à part les bimbos et les articles sexo, y’a plein d’autres choses intéressantes pour toi dans les magazines de filles. Déjà, tu peux y trouver des idées cadeaux pour ta copine. Parce que note bien que les pages cornées sur lesquelles on trouve des bottes ou des bijoux entourés quinze fois au feutre rouge, c’est pas un appel de phares, mais presque, quand même. Surtout si le journal traîne insidieusement de façon répétée sur la table du salon. Donc t’es gentil et t’en prends de la graine, ça évitera à la meilleure copine de subir tes appels désespérés la veille de l'anniversaire de ta chérie (« mais chais pas quoi lui offrir, help ! »).

Ensuite, ça peut t’aider à parfaire un peu ta culture girly. Besoin d’un décodeur pour piger quelque chose aux conversations entre filles ? Lis les journaux de nanas, et tu seras un peu moins à la rue quand elle mentionnera Maje et MJ, paletot et leggings, Wentworth Miller et Jared Leto. Tu ne tireras plus la tronche quand elle parlera de « spa », en pensant naïvement que sa nouvelle lubie, c’est d’adopter une bestiole à poils. Et tu comprendras enfin que les spartiates, c’était juste la mode cet été, et pas une vague envie de promouvoir le prochain Astérix avant l’heure.

Non, ne me remercie pas de t’avoir une fois de plus sauvé la face. C’est cadeau.

Exercices pratiques
Difficulté * : Jette un petit coup d’œil aux tests de magazines auxquels elle a répondu. Ca peut toujours t’en apprendre de bonnes sur elle, ses envies et sa personnalité. Tu sauras désormais, par exemple, qu’elle se juge trop autoritaire dans son couple (ah ouais ?), que le "coquillage balinais" est sa nouvelle position sexuelle préférée (ah tiens…), ou qu’elle fantasme à mort sur Patrick Poivre d’Arvor (ah non !).
Bon, évidemment, si elle s’est empressée de répondre au « Envie de le larguer ? Faites le point sur votre couple », là, t’es mal. Mais au moins, tu ne seras pas pris de court quand elle viendra t’annoncer la nouvelle. C’est toujours ça de gagné, non ? Si.

Difficulté *** : Stop. Ca suffit. Rentre-moi tout de suite cette langue baveuse dans ta bouche, tu dégueulasses toutes les pages, là. Je te le dis d’office, même si ça fait mal à entendre : non, les reportages "lingerie" et "maillot de bain" ne sont pas là uniquement pour que tu te rinces l’œil. Ni pour que tu brailles sur un ton appréciateur qu’ "elle est trop bonne, cette meuf, putain". Allez hop, confisqué, le journal. Sans déconner, quoi…

 

 

9 juillet 2007

Fille perdue, cheveux fous

cheveux_1Hé dis donc. Plus d’un an que je vous raconte ma life, et je m’aperçois que je ne vous ai encore jamais parlé de mes cheveux. Je sais, c’est complètement dingue. On va réparer ça tout de suite d’ailleurs, parce que je ne supporte pas l’idée de vous laisser un jour de plus dans l’ignorance la plus complète à propos d’un sujet aussi primordial.

En même temps, rassurez-vous, ça va être assez vite fait : mes cheveux, c’est la cata. Voilà. Je crois qu’on peut difficilement faire plus clair.

Je pars évidemment du principe qu’on n’est jamais content de ce qu’on a, bien sûr. Je ne vois pas pourquoi je dérogerais à la règle, ça se saurait si j’étais une fille conciliante. Mais là, quand même, je trouve que cette pétasse de Dame Nature s’est particulièrement foutue de ma gueule.

Je voudrais qu’on m’explique pourquoi il existe dans ce monde des filles qui peuvent se laver les cheveux, les laisser sécher à l’air libre, et ressembler à un truc pas trop mal en finalement assez peu d’efforts, et pourquoi, moi, quand je le fais, je me retrouve avec sur la tête un truc qui ressemble au mieux à une ruche, au pire à la perruque de Louis XVI un lendemain de bal trop arrosé.

Je voudrais aussi qu’on m’explique, du coup, pourquoi ces petits cons de cheveux refusent de se laisser boucler en douceur – puisqu’apparemment, ils aiment bien ça – quand j’ai la patience de les "sèche-cheveuter" moi-même au diffuseur. Mais non. Là encore, rien à faire. Je n’arrive qu’à obtenir l’aspect de longs spaghettis vaguement ondulés. A défaut de ruche, je me tape les oreilles d’épagneul breton. Très bof.

Du coup, grands moyens, j’ai investi dans le sèche-cheveux lissant. Et ça, j’vous raconte pas, c’est franchement top. Ca prend trois quarts d’heure, c’est chiant comme la pluie à faire, mais ça fait un beau brushing, qui dure bien… pfffffiouuuu… dix bonnes minutes. Ouaiiiis, fête du slip ! Tout juste le temps d’admirer le boulot.  Après, zou, les pointes rebiquent et les boucles raboulent. Et on est super content de s’être niqué le bras à tenir son sèche-cheveux de quinze tonnes pendant tout ce temps, pour un truc qui ne ressemble une fois de plus à rien. Ou en tout cas, sûrement pas à ce pour quoi on s’est donné ce mal de chien.

L’autre problème, c’est que pendant les vacances, ça devient complètement crétin de se servir d’un sèche-cheveux. Déjà qu’on passe le tiers de sa journée à se tartiner de crème solaire, on ne va peut-être pas perdre encore plus de temps à se lisser les cheveux tous les soirs en rentrant de la plage, si ?
La solution miracle que tous les magazines féminins nous ont dégotées, c’est … tadaaaaam, attention les yeux… « optez pour le look surfeuse ». En gros, on laisse le sel de mer et le vent donner de la matière aux cheveux, et on fait genre on s’en fout de notre look, limite on reste crade des cheveux pendant deux trois jours, même.

Elles ont de l’humour, les rédactrices des magazines féminins, je trouve.

Parce que moi, j’ai testé, l’été dernier, leur bidule de surfeuse-truc, là. C’est vrai que c’est pas moche. De loin. Et sur les photos des magazines. Et puis le jour où on décide de passer au shampoing (parce que bon, faut bien, quand même), on maudit ces nanas sur les huit prochaines générations. Ce truc, ça vous colle un de ces paquets de nœuds à la con sur la tête, j’en chiale encore quand je repense à la douloureuse étape du démêlage. Même mes histoires de poux en colo, c’est de la rigolade, à côté.

Bref, tout ça pour en arriver à la conclusion implacable qu’on est le 9 juillet, que je pars en vacances dans quelques jours, et que comme vous l’aurez noté, j’ai des problèmes existentiels. Parfois, je comprends ce qui est passé par la tête de Britney Spears quand elle s’est rasée le crâne, j’vous jure…
Vous aussi, vous vous prenez la tête avec vos cheveux, comme ça ? (ooooh, quel jeu de mots somptueux,je m’épate toute seule).

9 mai 2007

Zozos dans le métro

m_tro_1Les parisiens sont des êtres courtois, polis, aimables et respectueux des autres. Il suffit de prendre le métro une ou deux fois pour s’en convaincre. Petit catalogue de notre savoir-vivre légendaire. De Bastille à Montparnasse, de Porte de Clichy à Château de Vincennes, à 8h ou à 21h, on trouve, en vrac et dans le désordre :

Celui qui nous écrase copieusement les mocassins et qui ne semble même pas s’apercevoir qu’on vient de se prendre ses 86 kilos de graisse sur les pieds. (nan, mais c’est pas grave, d’t’façon, j’me servais pas de mon pied gauche, alors…)


Celui qui est le premier à monter, le dernier à descendre, mais qui entre temps, reste posté juste devant l’entrée du wagon sans bouger, sans doute par plaisir de se faire bousculer à chaque station. Limite y’aurait un mot de passe pour pouvoir grimper ou sortir du wagon, ça le ferait poiler de le demander à chaque voyageur.

Celui qui est, à l’inverse, coincé à l’opposé des portes et qui se met soudain à gesticuler deux bonnes minutes avant l’arrêt en station, même à République ou Châtelet-les-Halles, où il y a de fortes chances qu’une bonne moitié du wagon descende, comme lui. (… et celui qui demande d’un air angoissé si « vous descendez ? » trois ans avant que le train ne s’arrête. « Ben non, jamais entre deux stations »)

Celui qui a oublié qu’il portait un sac-à-dos, et qui met des coups de boule involontaires à tout le monde dès qu’il remue ne serait-ce qu’un orteil.

Ceux qui chantent couinent en même temps que les écouteurs de leur Ipod. Merci pour l’ambiance, mais si on pouvait éviter M. Pokora à 8h du mat’, ça m’arrangerait, quand même.

Celui qui n’a manifestement pas réglé son sonotone sur la bonne fréquence, et qui parle tellement fort que même l’autre bout du wagon profite de sa conversation passionnante (parce que c’est souvent passionnant, dans ces cas-là). Manque de pot, il est juste à côté de nous, et c’est nos tympans qui s’en prennent plein la gueule.

Ceux qui sont à vue d’oeil très très amoureux l’un de l’autre, se tripotent sans cesse et s’embrassent goulûment (à grands renforts de smaaaackss et de slurp slurp baveux), sans la moindre pudeur pour le voisin gêné placé à trente centimètres des offensives, et qui relit d’ailleurs pour la douzième fois le petit poème navrant proposé par la RATP juste pour se donner l’impression d’être vraiment très occupé.

Celui qui reste le cul scotché à son strapontin en pleine heure de pointe, et qui a en plus l’audace de soupirer très fort quand le bout de notre veste vient lui chatouiller les narines, pour cause d’affluence record.

Celle qui campe devant le tourniquet en cherchant désespérément au fond du bordel de son sac à main sa carte orange, ou plus récemment, qui passe et repasse son sac dans tous les sens au dessus du bouton électronique "navigo" en guettant comme une furie le biiiip d’ouverture de la porte.

Celui qui a la main tellement moite qu’elle glisse toute seule le long de la rampe. Yeaaaaaaarkkkkk !

Celle qui déboule dans le wagon aux heures de pointe avec une poussette plus grosse qu’une Smart, et qui veut généralement me déloger du petit coin où j’ai réussi à me caller pour y caser son engin et « moins déranger ». Je me marre là, ou pas ? Oui, je sais… parfois, on ne peut pas faire autrement. (Si, on peut au moins plier sa poussette géante le temps du trajet, prendre son mouflet dans ses bras, et éventuellement faire les yeux doux pour demander un bout de strapontin, mais bref). Perso, en attendant d’expérimenter l’autre côté de la barrière (et me trimballer mes mioches à moi en suant aux heures de pointe), j’assume mon seuil de tolérance à la poussette plus bas que la moyenne.

Ceux qui n’ont jamais compris que les escalators ne sont pas une visite guidée des sous-sols parisiens, et qu’on n’est pas obligé de s’y étaler comme si on allait prendre le thé le temps de la montée : c’est pourtant pas compliqué de piger que les parisiens sont des stressés de la vie, et que la file de gauche est toujours réservée à ceux qui veulent grimper les marches même si ça avance tout seul.

Ceux qui lambinent le nez au vent, manifestement ravis de ce panorama exquis qu’offre le métro parisien. A mon avis, ces gens-là se sentent très bien dans les couloirs du métro, et n’ont absolument pas envie de rentrer fissa chez eux, même le vendredi soir, après une longue semaine de boulot chiantissime. Allez, on met le turbo les gars, parce que j’ai aucune envie de passer la soirée coincée entre un plan de métro taggué et une pub pour des vacances aux Antilles que je n’aurai pas avant un bail.

Enfin bref, je peux continuer longtemps à vous faire le catalogue de la faune métropolitaine, j’en ai encore des tonnes en rayon. Mais ce serait vous gâcher le plaisir, non ? Je suis sûre que vous en avez plein, vous aussi, des trucs à raconter à ce sujet… ;)

Et pour rester dans le thème, je vous invite à aller faire un tour chez la Gazette. C’est sûr, il râle moins que moi (ahem…), et vous verrez après coup le métro sous un œil nettement plus marketing !

21 mars 2007

Beauty Lab’ (note où il est un tout petit peu question de pub… mais à peine)

labo_2Bien. Nous y voilà. Comme bon nombre de blogueuses, j’ai reçu dernièrement plusieurs produits cosmétos à tester. Consciencieuse et appliquée, j’ai donc réalisé une étude très poussée sur un échantillon absolument pas représentatif de la population, constitué de « moi ».
L’heure du verdict a sonné. (Et ne criez pas au scandale comme ça, parce que je vous entends de là, quand même : c’est pas parce qu’on m’offre les produits que je vais nécessairement en dire du bien. Ben non. Vous, quand on vous fait un cadeau, ça arrive qu’on tombe à côté de la plaque et que ça vous plaise pas du tout ? Ben là, pareil. Donc : objectivité.)

Ah oui, les mecs, vous pouvez passer votre tour sur ce coup-là, c’est pas aujourd’hui qu’on va causer bagnoles, sport et nichons. Et à première vue, c’est pas demain non plus, j’ai envie de dire. Mais bon, on est sur un blog de fille, oui ou oui ?

Pomme pomme girl

pomme_2La toute dernière trouvaille de L’Occitane fleure bon le doux parfum de pomme-amande. Enfin, en théorie, et si en en croit la pub. Parce que j’ai eu beau chercher, renifler, sniffer les produits de la gamme sous toutes les coutures, je n’ai pas retrouvé les odeurs de mon petit pot de colle Cléopâtre qui sentait si fort l’amande, et avec lequel je me shootais en toute légalité (bravo la police) sur les bancs de l’école. Mais pour la pomme, ça oui, on y est. Et bien, même. Belle impression de se promener en permanence dans un verger normand. Ce qui est dépaysant, pour une citadine comme moi. Même plus besoin de partir en week-end à Deauville. (Premier bon point : économies en vue).

Niveau utilisation, rien de révolutionnaire (mais en même temps, c’est pas ce qu’on leur demande) :
L’huile démaquillante démaquille, pour peu qu’on n’y soit pas allé à la truelle sur le fond de teint. Perso, j’ai du pot, je n’utilise quasiment que de la poudre et du blush, mais je ne suis pas certaine que ce truc décrasse à fond la peau en fin de journée autrement. La texture est plutôt chouette, puisque l’huile (dont on n’a pas forcément envie de se tartiner la frimousse au départ) se fond en lait au contact de l’eau. Mieux, déjà, non ? En revanche, ou bien je ne suis pas douée de mes mains, ou bien le flacon-pompe est très mal foutu, mais j’en fiche la moitié par terre à chaque pression sur le truc. Faut qu’on m’explique.
occitaneLa compote exfoliante est un délice. Déjà, le terme « compote », ça me fait fondre. La texture est « crunchy » juste ce qu’il faut pour ma petite peau délicate. Mais j’avoue ne m’en être servie qu’une seule fois pour le moment. Ben oui, je rentre de vacances, je suis encore légèrement dorée, c’est pas pour gommer tout ça vite fait bien fait à grands coups de grains exfoliants. Je veux bien me sacrifier pour la cause, mais y’a des limites, merci bien. On parle de pommes, ici, pas de poire. :)
Le tonique de cidre, en soi, est agréable : frais, léger et tonifiant (ce qui tombe assez bien, pour un ‘tonique’, en fait). Mais perso, c’est un peu le geste de trop qui me gonfle. Alors je veux bien faire un effort sur ce coup-ci, parce qu’il est sympa et qu’il est déjà dans ma salle de bain, mais en règle générale, ben, les toniques, c’est niet.
Enfin, le Concentré Velours, sensé parfaire notre teint de reine après tout ce rituel, joue plutôt bien son rôle. Texture chantilly, fini mat et velouté : tout bon. SAUF que la peau tiraille rapidement si, comme moi, vous l’avez plutôt sèche au départ. A garder pour les beaux jours, donc.

Mon-avis-à-moi-qui-ne-vaut-rien-que-ce-qu’-il-vaut : Une jolie gamme, un packaging rétro à croquer, une odeur douce et fruitée (même si l’amande s’est barrée en cours de route) et une utilisation plutôt agréable. Adopté.


Take CARE of yourself

care_pubAprès la mode, Stella McCartney s’attaque au domaine de la beauté avec une nouvelle ligne de soin totalement bio baptisée « Care ». Bon, le bio dans les cosmétos, c’est pas tout nouveau, faut dire ce qui est. Nombre de marques ont déjà (tenté de) percé(r) sur ce créneau de plus en plus porteur. La Stella en question, elle explique dans un article de Elle qu’elle a créé cette gamme de soins car elle ne voulait pas mettre n’importe quoi sur la peau de son bébé après sa naissance. D’où ces produits aux extraits végétaux biologiques et sans agents pétrochimiques ou silicones.
Stella, ma grande, je te suis parfaitement dans ta démarche, mais alors dans ce cas, pourquoi avoir choisi un parfum tellement prononcé pour tes élixirs et ta crème aux 5 bienfaits ? Parce que bon, perso, j’aime plutôt bien l’impression d’avoir reçu un grand bol d’herbes fraîches sur la tronche, mais question odeur, y’aurait de quoi en faire flipper certains. Même mon chat a eu des hauts le cœur en sniffant le truc. Bon, j’admets, mon chat, c’est pas une référence, mais si lui s’est cassé en courant, j’ose pas imaginer le résultat sur un bébé tout innocent.
Care_kit_d_couverteQuestion texture, ça se discute. La crème est top. Les élixirs nourrissants et éclat-jeunesse, en revanche, poissent un peu. Et puis « nourrir », ok, mais si c’est pour avoir le look du phare d’Alexandrie et luire pendant deux heures même en pleine nuit, je ne suis pas sûre que ça vaille le coup.

Mon-avis-à-moi-qui-ne-vaut-rien-que-ce-qu'il-vaut : Ben désolée Stella, je t'aime bien, mais au bout du compte, tes produits, I don't really CARE... Surtout vu le prix de ouf ! 69 euros le flacon, faut pas déconner, quoi...

29 janvier 2007

Et c'est le temps qui court

temps_1Est-ce que la personne qui s’amuse à accélérer le temps pendant les week-ends peut arrêter deux secondes de jouer, s’il vous plait ? Parce que j’voudrais pas avoir l’air de tout ramener à moi, mais ça devient un peu pénible, là, quand même.

Tous les dimanches soirs, je me refais invariablement le même sketch de la fille over-débordée qui n’a pas fait le quart du cinquième de ce qu’elle voulait faire, et dont la "to-do list" reste aussi longue que le ticket de caisse de courses Auchan d’une famille de six mouflets. Pour commencer la semaine avec l’esprit alerte et vif, je vous laisse imaginer, y’a pas mieux.

Je suis perplexe. Comment est-ce matériellement possible que ces deux derniers jours aient compté chacun vingt-quatre heures. Personnellement, je refuse d’y croire. C’est inenvisageable. Donnez-moi des preuves.

Ou alors, je vis dans une faille spacio-temporelle (FSP) ultra sélective, qui me bouffe la moitié de mon week-end, mais me laisse peinarde le reste de la semaine. Et là, forcément, je ne suis pas d’accord. Parce que moi, personne ne m’a demandé mon avis, mais quitte à avoir une FSP sur le dos, j’aimerais autant qu’elle me squatte les lundis et mardis. Juste histoire de faire passer les débuts de semaine plus vite et de me foutre la paix avec mes grasses mat’ du dimanche.

Ca vous fait ça aussi, cette impression délirante que le temps défile à vitesse supersonique quand on aurait envie de le prolonger doucement ? Et à l’inverse, de jouer les prolongations deux fois plus longtemps quand on préfèrerait finir la journée fissa ? Parce qu’entre nous, et complètement au hasard, le lundi à 10h30, la journée parait toujours bien plus looooooongue que le samedi à la même heure.
Alors ? C’est quoi ce souk ? C’est encore Marty McFly* qui a fait mumuse avec sa Delorean magique ? Ah ces mecs, tu leur mets une belle voiture entre les mains, et ça vire au grand n’importe quoi … !

Hé ben oui, cette note est complètement décousue. Je l’admets volontiers. J’ai pas vraiment eu le temps d’y réfléchir, à vrai dire. Mais si vous voyiez tout ce que j’ai encore à faire cette semaine… … … mazette, j’y cours !

* référence cultissime à « Retour vers le futur ».

8 janvier 2007

Derrière le rideau

cabines_2Je ne vous apprends rien en vous révélant que mercredi, c’est le coup d’envoi des soldes d’hiver. A nous les achats compulsifs, la jungle impitoyable des fashionistas, et le compte en banque dans le rouge.
Au milieu de ce parcours d’embûches qu’est la quête du vêtement adoré, il y a une terrible étape à franchir, capable de décourager les plus motivées : l’épreuve de la cabine d’essayage.

Après avoir rassemblé les « cinq articles maximum en cabine », après avoir fait généralement la queue pendant des plombes, après avoir failli laisser tomber huit fois en se demandant si on a réellement besoin de ce douzième jean (et conclu que oui), on pénètre dans un univers parallèle un peu hors du temps, où tout un petit monde se côtoie de près sans se connaître, se juge du coin de l’œil, partage des bribes de conversations passionnantes (« tu trouves pas que ça me fait un gros cul ? ») et des odeurs révolutionnaires de chaussettes humides et de transpiration rance (attention, minute glamour).

Chacune s’approprie alors « sa » cabine, espace ô combien réduit qui va devenir son petit chez-soi le temps de l’essayage. Vite, vite, se déshabiller pronto pour pouvoir enfiler les petites merveilles dénichées. Hop, le manteau ! Zou, l’écharpe ! Ouste, les trois pulls barrière anti-froid ! Ben oui, mais je les colle où, mes fringues à moi ? Parce que là, je m’interroge : pourquoi s’obstine-t-on à ne mettre dans ces foutues cabines que deux pauvres portemanteaux ? Ou mieux, quatre portemanteaux, mais tout pourris, qui permettent à peine d’accrocher un cintre, ou qui font que tout ce qu’on y entasse se casse immanquablement la gueule par terre en moins de deux. Et tant pis pour mon top blanc que je voulais garder nickel. Y’a un souci, quand même, ou je rêve ?

Dans ce cas de figure, deux écoles de pensées :
1- le tout-roulé-en-boule-jeté-dans-un-coin : simple, rapide, certes efficace, mais pas forcément compatible avec tout type de fringues (le top blanc en question, par exemple) ou de boutique (sol d’aspect plus que douteux, jonché de vieux cheveux et de poussière)
2- le plié-rangé-tout-remis-sur-cintre : plus classe, évidemment, mais prend un temps fou. Le genre de truc qui vous fait ressortir de la cabine quatre heures après tout le monde, avec limite l’air de dire « je vous emmerde » aux autres clientes hystériques dans la file d’attente.
Chacune son truc, bien entendu…

Je passe rapidos sur les éclairages blafards qui nous donnent toute la bonne mine d’un navet mal cuit, les cabines tellement exiguës qu’on en ressort pleine de bleus à force de s’être cognée partout, ou les put… de système de cintre pour soutien gorge, qui personnellement me rendent maboule (vous avez déjà pigé comment ça marchait, ce truc là, vous ?).

Parfois, le rideau est à peine suffisant pour pouvoir se déshabiller sans être vue. Question d’économies de tissu, sans doute. Résultat, on passe plus de temps à vérifier qu’on ne se fait pas mater de l’extérieur qu’à s’admirer dans ses fringues. Ce qui est complètement crétin, car les autres nénettes en présence sont inévitablement plus occupées à checker leur popotin à elle dans le miroir qu’à tenter d’apercevoir le notre par les deux centimètres de rideau qu’il manque.
Seule exception : le pauvre type qui se fait traîner par sa copine depuis trois heures dans toutes les boutiques, en train de poireauter patiemment devant la cabine de sa belle au cas où elle lui demanderait « le même en 40 », et qui pourrait bien laisser fureter ses petits yeux, histoire de passer le temps agréablement.

Le must, à mon sens, c’est quand le miroir est à l’extérieur de la cabine. Non mais franchement, c’est quoi ce délire ? Le mec qui a osé mettre en place ce concept est tout simplement un gros sadique, doublé d’un pervers. Je ne vois que ça. Parce que bon, admettons que j’ai réussi à boutonner mon jean slim taille 36 dans lequel je voulais absolument rentrer. Faut maintenant voir si je ressemble à Kate Moss ou à Kate en moche. Et pour ça, pas de doute, faut que je me traîne jusque devant le grand miroir, tout là-bas, au fond. Ce qui veut dire que si j'ai le look d'un boudin saucissonné dans ce jean, tout le monde va s’en apercevoir.
Je passe une tête derrière le rideau de ma cabine. Personne à droite ? Personne à gauche ? La voie est libre, je fonce. C’est généralement quand je commence à me jeter un coup d’œil dans la glace qu’une nuée de sauterelles acheteuses débarque en frétillant. Or moi, m’admirer sous toutes les coutures devant d’autres personnes, c’est un truc que je n’ai jamais su faire. Ne reste donc plus qu’à me rapatrier les miches plus vite que ça dans ma petite cabine sans miroir, et à me décider sur un coup de poker si oui ou non, ce jean me va.

Bon là, je veux qu’on m’explique, merde. Pourquoi c’est si compliqué ? Y’aurait pas un gars qui se serait dit « on va leur rendre la tâche la plus difficile possible, juste histoire de voir à quel point elles sont accros aux fringues, et au bout de combien de temps elles craquent » ? Bien possible…
Le pire, c’est que même avec les cabines d’essayages les plus nazes du monde, on aura toujours des files d’attente de huit kilomètres le samedi après-midi devant les cabines de chez Zara et Kookaï. Un peu masos ? Non, juste shopping-addicts…

2 janvier 2007

Not to do list

not_to_do_1Nouvelle année : bonnes résolutions et motivation à toute épreuve. Hé ben, pas pour moi, merci bien et au revoir. Parce que je me connais un peu, et y’a environ 0 % de chance pour que j’arrive à m’y tenir. Alors pourquoi s’enquiquiner, hein ? Voilà donc ma liste de non-résolutions, pour changer un peu…

- Ne pas m’inscrire au club de gym, même avec tous les scrupules liés aux kilos de foie gras et chocolat avalés pendant les fêtes. Une fois le sentiment de culpabilité (et le fun de la découverte des machines de tortures bizarroïdes) dissipés, je sais pertinemment que je n’y mettrai plus les pieds passé le 31 janvier. Ça fait chère la résolution.

- Ne même pas, MÊME PAS, oser murmurer le début de la phrase « si, si, si, cette année, je saurai être raisonnable pendant les soldes ». Parce que bon… quand même… c’te blague, quoi !

- Arrêter de me donner bonne conscience en achetant des légumes verts, puisque de toute façon, ils finissent systématiquement moisis au fond du frigo, par manque d’envie de cuisiner ce genre de truc le soir en rentrant du boulot. En même temps, ça m’arrange : j’ai toujours trouvé ça chiant, les haricots verts et les courgettes…

- Continuer à faire la gueule à mes plantes vertes. Elles aiment pas l’hiver ? Bah moi non plus. Mais c’est pas une raison suffisante pour se foutre à poil en perdant toutes leurs feuilles, je trouve. C’est d’un mesquin, cette attitude, franchement ! Puisque c’est comme ça, on se recausera au printemps, quand elles auront fini leurs caprices.

- Comme tous les ans, me dire que je dois impérativement changer de mutuelle, d’opérateur téléphonique et d’adresse sur ma carte d’identité ; me faire mensualiser pour les impôts et l’électricité ; trouver l’adresse d’un nouveau coiffeur qui connaisse le sens de « blond retour de vacances au soleil » ; faire vacciner le chat, et trier mes papiers plus souvent que tous les six mois. Et puis comme tous les ans, me dire que ça fonctionne finalement pas si mal comme ça, alors bon… On verra en 2008, non ?

Et vous, cette année 2007, vous la sentez comment ? Des projets, des envies, des (non) résolutions ?

18 octobre 2006

Le roi du poulailler (petite histoire de volatiles)

poules_5

Il fût une époque où je m’étais auto-persuadée que ma carrière professionnelle se jouerait dans le marketing des produits cosmétiques. Comme je suis du genre plutôt obstiné comme nénette, j’ai obtenu gain de cause pendant un temps, avant de (vite fait) mettre les voiles ailleurs.

Le truc marrant, dans ce type de boîte, c’est que c’est plein à craquer de greluches. Des gentilles, des vilaines, des grandes, des grosses, des moches, des petites, des blondes, des brunes, des vieilles, des connes, des binoclardes, des gravures de mode, des sacs à patates… mais bel et bien des greluches.
Ca, y’a pas à dire, niveau pouffiasseries, on est servi. Et je dis ça en toute amitié, je peux parfois faire preuve moi-même d’un degré de « pouffitude* » qui m’étonne au plus haut point.
(*NDLR : Pouffitude : nom commun féminin. Contraction des mots ‘pouffiasse’ et ‘attitude’. Se dit d’une personne qui aime « faire la fille » jusqu’à un niveau parfois exagéré).

Travailler avec des filles, c’est sympa. On assiste à un défilé de mode permanent (Ex : « Oh, t’as les derniers escarpins Mellow Yellow, ils sont trôôôôô bôôôôô »), y’a toujours quelqu’un pour nous tuyauter sur la date des soldes ou le dernier Spa à la mode, et on n’a plus besoin de chuchoter pour demander « quelqu’un aurait un Tampax ? ». Ca ricane, ça papote, ça ragote. Un vrai poulailler à l’heure de ponte.

Oui, mais…et les hommes dans tout ça ? Parce qu’il y en a toujours quelques uns qui sont venus se perdre (volontairement parfois) dans le tas, à leurs risques et périls. Là, si on schématise, deux types de spécimens se dégagent. Deux portraits radicalement opposés : l'homme invisible, et le playboy à deux escudos.

Le premier a généralement le sex-appeal d’un moule à gaufres. S’il a à la base autant confiance en lui qu’un adolescent acnéique à la veille de sa première boum, le fait d’être entouré de filles qui piaillent en parlant string, gloss et cellulite ne le rendra pas nécessairement plus à l’aise dans ses Converses. Voir même, ça lui foutra légèrement les pétoches, je dirais.
Il longe donc les murs en silence, genre courant d’air, et vous finissez par confondre son costard trois pièces avec le papier peint. (Ex : « – T’as pas vu Jérôme ? – Si, il est là, près de la photocopieuse. – Ah oui, pardon… »).

A l’inverse, si l’homme en question a plutôt la testostérone en ébullition au milieu de toutes ces minettes, il ne manquera pas de vous effectuer régulièrement la parade érotique du mâle en milieu tempéré. Par exemple, il débarque au milieu du bureau dans sa belle chemise Armani bien ajustée, fait son petit numéro de coq, lance des regards coquins et des sourires Colgate en rafales tout en racontant sa dernière réunion clientèle.

Une fois qu’il est bien certain d’avoir capté l’attention de tout son auditoire féminin (et qu’on a définitivement perdu le fil de nos calculs de pourcentages de parts de marché), il considère que sa mission est remplie, et il s’en retourne donc joyeusement vers son bureau, l’ego regonflé à bloc. Non sans avoir ponctué sa sortie d’une petite phrase destinée à bien montrer à son public que quand même, il en a dans le falzard, question virilité (Ex : « Bon allez, j’vais pisser un coup, et je monte voir ‘Boudina’ à la compta pour me faire rembourser mes notes de frais ».). La classe internationale, en quelque sorte.

Ah non, vraiment, on dira ce qu'on voudra : l'ambiance poulailler au boulot, c'est toute une culture à gérer. Prenez-en de la graine, mes petits poussins...
28 septembre 2006

En raison d'un grand manque de motivation, demain est annulé

calendrier

Jeudi matin. H-48 avant le week-end. Encore trop long.
Suis sortie tard hier soir. Donc fatiguée. Une seule envie : aller retrouver ma couette.
Boulot chiant en ce moment. Clients très casse-pieds. Se sont donné le mot pour tous me prendre le chou aujourd’hui. Suis pas trop d’humeur.
Temps grisouille. Va pas s’arranger. Tongs rangées bien au fond du placard. Commencent à prendre la poussière. Flippant.
Faim. Envie de chocolat. Faut pas, faut pas, faut pas ! … Oui, mais faim quand même.
Risque de ne pas pouvoir aller à Blog Party de demain soir comme prévu. Fait chier. Voulais voir / revoir / rencontrer certaines personnes.
Motivation proche du zéro absolu. Et encore. C’est beaucoup dire.

Pour toutes ces raisons, je décide exceptionnellement que demain n’aura pas lieu. Vous pouvez donc dormir peinards. Merci de votre attention.

P.S. : Pour toute réclamation, merci de vous adresser à quelqu’un d’autre.

21 septembre 2006

DIM-moi tout !

bas_5

Hier soir, le Publicis Drugstore célébrait les vingt ans de Dim Up, les célèbres bas auto-fixants de la non moins célèbre marque de lingerie Dim. J’ai eu la chance d’y être invitée par Thomas, en compagnie de la jolie blogueuse Deedee, et d’y passer un charmant moment en petit comité, à papoter et zieuter les potentielles V.I.P. avec mes deux acolytes, puisque les autres miss invitées par Thomas nous ont fait faux bond au dernier moment. Petit cocktail bobo-branchouille avec bulles, macarons, et cadeau promotionnel à la clé…

Bon, les garçons, on rentre la langue tout de suite et on arrête de baver. D’abord parce que ça dégueulasse tout par terre (yeeaaarkkk), et ensuite parce que oui, il y avait bien un défilé, mais que les hôtesses d’accueil n’étaient ni en string ni en porte-jarretelles. Désolée…

J’avoue qu’avec Deedee, on n’a pas franchement bien saisi le concept de la soirée au départ. Apparemment, une vingtaine de grands magazines féminins ont reproduit ce qu’ils conçoivent comme ZE silhouette Dim-up par excellence, réalisant ainsi un défilé de mode assez éclectique, tant au niveau des marques portées (Vanessa Bruno, Claudie Pierlot… ou André) que de l’époque représentée. Le tout présenté par Magloire, s’il vous plait (oui, bon, pas de commentaires désobligeants). Niveau V.I.P., pas grand-chose à se mettre sous la dent, si ce n’est une Chantal Thomas qui passait par là, et sans doute quelques grands noms de la mode que je n’ai pas su reconnaître.

Ce fut quand même l’occasion pour Deedee et moi-même de vérifier une information de taille (et accrochez-vous, ça vaut son pesant de Curly) : même sur une greluche ligne haricot vert, le Dim-up peut vous saucissonner allègrement la cuisse, et vous rendre aussi appétissante qu’un Justin Bridou à l’apéro. Si ça, c’est pas réconfortant, je sais pas ce qu’il vous faut, les filles ! Perso, moi qui ai toujours trouvé que les bas auto-fixants m’allaient aussi bien que des bigoudis à une mouche, je suis contente de voir que je ne suis pas un cas isolé.

DIMAprès quelques coupettes de bulles (faut ce qui faut !), Deedee et moi avons abandonné Thomas à une horde de top models en collants Dim (j’exagère un brin, ok) pour retrouver nos home sweet home respectifs. Avant de partir, remise du fameux gift-bag promotionnel contenant, je vous le donne en mille : des Dim-up ! Fallait bien que ça nous tombe dessus, vu le thème de la soirée. Ce sera donc l’occasion pour moi de réviser mes préjugés à ce sujet. En plus de mes nouveaux cisaille-cuissots, un t-shirt « 20 ans de Dim-up », et une jolie boîte toute rose remplie de carrés de chocolat décorés du logo de la marque (histoire d’être encore plus serrée dans mes bas, quoi !).
Non, n’insistez pas, c’est niet de chez « no way josé » : je ne me prendrai pas en photo dans ces délicates petites choses. Faut pas pousser mémé, etc, etc… ;-)

29 août 2006

Vacances, j'oublie tout (part I)

(Mieux vaut tard que jamais, je sais…)
tongs_4Cette année, faute de copains ayant les mêmes dates de congés de moi, et parce qu’il était hors de question que je glande durant tout l’été à Paname, j’ai décidé de sauter le pas, et de partir pour la première fois en vacances toute seule, comme une grande. Enfin, toute seule… c’est juste une façon de parler, puisque j’ai opté pour une formule UCPA, et que je me suis retrouvée avec pas moins de 80 autres personnes, dans un charmant petit hôtel au sud de la Turquie, à trois heures de route de Bodrum.
Pas très chaude au départ pour l’UCPA, j’en avais une idée assez ringarde et très surfaite d’acharnés de sport ou de sans-amis. Je révise un peu mes positions, c’est finalement assez sympa de retrouver des gens de son âge (bien qu’il y ait toujours des électrons libres dont on se demande comment ils ont pu atterrir ici) dans une ambiance conviviale détendue, et de surtout ne pas avoir à se prendre la tête sur les contraintes matérielles. Parfois, ça fait du bien de se conduire en bon petit mouton de Panurge et de suivre le troupeau, de ne pas réfléchir à ce qu’on mange, où et à quelle heure, à ce qu’on va faire pour occuper ses journées ou ses soirées. Sans aller jusqu’à suivre la règle du « maintenant, on rigole ! », comme s’il suffisait d’appuyer sur un bouton de télécommande, j’ai néanmoins trouvé assez plaisant le fait de se laisser porter le temps d’une grosse semaine, et de revenir en mode « colo de vacances » pour adultes.

A l’inverse de certains habitués qui partent plusieurs fois par an avec l’UCPA (l’ucèp, pour les intimes), j’ai eu le plaisir de découvrir les deux gros mythes qui ont fait la réputation de ce genre de club de vacances :
1- les activités sportives : m’y étant prise un peu au dernier moment pour l’inscription, j’ai opté par défaut pour le stage « VTT / Kayak ». Bon… à la base, j’étais contente, je me disais que ça allait me donner l’occasion de travailler un peu les bras, un peu les jambes, que j’allais rentrer à la fois bronzée ET musclée, donc canon, et que le VTT étant un truc de mec, y’avait des chances que y’ait un paquet de garçons dans mon groupe, donc peut-être dans le lot un potentiel prince charmant de vacances. Ca, c’était à la base.
VTT_1Une fois sur place… heu… comment dire ? Déjà faut-il que je précise une chose : le sport et moi, en temps normal, ça fait douze. Dans ce domaine, je suis croyante, mais pas pratiquante. Et ce n’est pas aujourd’hui que je vais changer d’avis. Qu’on ne me parle plus jamais de VTT, c’est clair ? Parce que les trois heures de rando sous le cagnard de midi, sur les chemins caillouteux et poussiéreux, je ne les souhaite à personne. Même pas eu le temps d’admirer le paysage tellement j’étais concentrée sur mes vitesses à passer et sur les bosses et les pierres à éviter. Quant à ces messieurs les supposés gentlemen, ils sont partis le feu au cul vitesse grand V, trop ravis de pouvoir rouler des mécaniques. Non, les gars, on avait dit « intensité sportive modérée » là, ça va pas du tout, ça !
J’ai fini la journée avec un mal aux fesses, je vous explique même pas… Pour la peine, j’ai boycotté la seconde grande rando VTT au profit d’une excursion en bateau dans les criques des alentours. Alors j’ai peut-être du me lever deux heures plus tôt que tout le monde, mais roupiller sur le pont avant du rafiot en écoutant le bruit des vagues, comme dit la pub, « ça n’a pas de prix »…

kayak_1Je pensais me rattraper sur le kayak. C’est vrai, le kayak, c’est peinard, suffit de pagayer un coup à droite, un coup à gauche, et on avance tranquillou. Hin hin hin… (expression laconique de mon désarroi le plus profond). Ce qu’on ne m’avait pas dit, c’est que le sud de la Turquie est connu pour son Meltem, vent de nord qui souffle tout l’été sur la mer Egée (ouais, même en vacances, on apprend des mots), et qui a choisi tout particulièrement la semaine de MES vacances à moi pour pousser des rafales force 7 et nous obliger à déployer des forces herculéennes rien que pour sortir de la crique où l’hôtel était placé. Ok, j’exagère un chouilla, mais autant dire que pour la petite promenade de santé que j’attendais, j’ai été servie. Rien à voir avec la gentille balade en barque au bois de Vincennes le dimanche !
J’ai fini ma semaine sportive sur les rotules, et je demande solennellement aux maquettistes des catalogues UCPA d’indiquer en gros sur leurs brochures qu’une semaine de congé est nécessaire au retour d’un séjour dans un de leur club. Autrement, c’est pas possible… 

2- le mono UCPA : Aaaaah, le mono UCPA… fidèle à tous les clichés : plutôt beau gosse, sportif dans l'âme, bronzage mono_1optimal, bonne tchatche, à l’aise en toute circonstance. Il sait s’entourer rapidement d’un harem de greluches, qu’il se met à appeler de petits surnoms ridicules pour éviter d’avoir à retenir tous les prénoms. C’est vrai, ce serait dommage, dans une semaine, une cargaison de nouvelles minettes arrive, et tout le boulot serait à recommencer. Pourquoi s’emmerder ?

Les greluches susmentionnées, quant à elles, développent, dès le deuxième jour environ, tout leur attirail de séduction dans le but d’attirer dans leurs filets l’un des monos tant convoités : panoplie de maillot échancrés, sourires Ultra-Brite, invitations à danser la salsa, suggestion de bain de minuit ou demande sur un ton faussement ingénu « et Cassiopée ? elle est où, la constellation de Cassiopée ? ».
A mon sens, tout ça mérite deux baffes, mais apparemment, la recette porte encore ses fruits. Sous nos yeux se joue un vrai feuilleton digne de Santa Barbara, en trois actes, avec crises de larmes, mensonges, trahisons, réconciliations, et tout le bordel ! Fascinant, je vous dis.

piscine_1Reste que malgré mes bleus, mes courbatures et mes regards en coin sur une gente féminine un peu pathétique et risible, j’ai passé de très bonnes vacances, j’ai quand même trouvé du temps pour glandouiller autour de la piscine, j’ai rencontré des tas de gens différents et très sympas, intéressants et cultivés. Des gens qui ne font pas de faute de français quand ils parlent. Ca fait un peu pétasse de dire ça, hein ? Je m’en fous, j’assume. Parce que moi, les « je vais au coiffeur » et autres « c’est le copain à ma sœur », ça a le don de me hérisser le poil puissance 12. C’est comme ça.

J’ai découvert aussi que partir toute seule procure une grande liberté. On peut s’inventer une toute nouvelle vie si on veut. J’aurais pu prétendre m’appeler Consuela, avoir 32 ans et être vendeuse de bonbons au poids sur les marchés du Périgord, personne n’aurait pu démêler le vrai du faux…

Malheureusement, de la Turquie, je n’ai vu que trois criques, un hammam et une station balnéaire de nuit, mais en même temps, soyons honnête, je n’y allais pas pour faire du tourisme culturel cette fois-ci, alors les fastes d’Istanbul et de sa cathédrale Sophia, ce sera pour une prochaine fois, avec joie !
Demain, si vous le voulez, vous aurez droit à mon escapade de trois jours à Copenhague, et à comment j’en viens à la conclusion que non, les danois ne sont pas des gens cordiaux et aimables.

Publicité
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >>