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Gin Fizz
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6 juillet 2006

Ebay dis-donc !

culotte_4

Ebay, moi, j’adore. Je suis carrément devenue accro, en un peu moins d’un an. Je pense même avoir contribué pour une bonne part au redressement économique de La Poste, avec tous les colissimos que j’ai pu envoyer ou recevoir. Faut dire que c’est addictif, ce truc.

Déjà, c’est le bon plan pour se débarrasser de ses vieilles nippes, ou se refaire une mini santé financière en revendant toutes les conneries achetées sur un coup de tête et jamais portées.
Ensuite, y’a des affaires à faire. J’y ai personnellement trouvé, en vrac : des ballerines Prairies de Paris so cute, un pull Comptoir des Cotonniers quasi neuf de la collection en cours, deux maillots Eres presque bradés, un sac cabas Vanessa Bruno à paillettes dans un ancien coloris que je kiffe ma race, et des produits de beauté ou de coiffure à prix défiants toute concurrence (j’ai refait ma gamme Kerastase pour moitié prix).
A côté de tout ça, Ebay, c’est aussi un gigantesque fourre-tout de gens de tous horizons, de tous âges. (Un peu comme les blogs, en fait). Le pire y côtoie le meilleur. On y croise des gens cools, sympas et polis… et aussi des pétasses. Dans le genre de celles qui envoient un message pour me dire « ta robe me plait, mais pas son prix. Je te la prends pour 5 euros. Alors ? ». Alors non. Point. Je vends pas une robe Caroll quasi neuve à 5 euros, faut pas pousser mémé, etc…

Mais faut quand même que je vous raconte la meilleure. Il y a quelques temps, je retrouve dans mes placards des culottes Dim non portées, achetées dans un élan de collectionnite de culottes colorées, mais qui ne me plaisent plus. Hop, illico mises en vente sur Ebay.
Une fois la vente conclue, message de l’acheteur pour me demander une remise en main propre. Ca me gonfle un peu, mais comme je suis dans un bon jour, j’accepte. Le mail est signé d’un prénom étranger que je ne connais pas, mais je présume (bêtement sans doute) qu’il s’agit d’une nana (un prénom qui se finit en A, y’a des chances, non ?).
Arrivée au point de rendez-vous, je guette les minettes en présence. Rien. Je me dirige alors vers une bonne femme un peu âgée, qui a autant de chances d’entrer dans mes culottes Dim que moi d’apprendre le péruvien en cours du soir. Passons. Je lui demande si c’est elle que j’attends, elle me renvoie dans mes vingt-deux mètres en m’aboyant que … (là, je n’ai pas compris la phrase, mais disons qu’elle ne devait pas avoir picolé que du Cacolac…).
Un peu ahurie, je m’éloigne d’elle, quand j’aperçois au loin un grand gaillard brun qui me fait des signes de la main. A ce stade, j’hésite entre le « mon acheteuse a eu un empêchement et a envoyé son mec à sa place pour récupérer les culottes » et le « ok, Marcel Béliveau ne m’aura pas, où est la caméra cachée, je ne me laisserai pas ridiculiser devant la France entière ».
Nan, en fait, j’ai pas le temps d’hésiter, le type s’approche d’un air timide, et me dit doucement « vous devez être étonnée de voir un garçon, non ? ». Meuhhh non, penses-tu, j’en ai vu d’autres !
Pas le temps de trouver une brillante réplique, le mec me tend mon billet de 20 euros (pas chères, mes culottes, hein ?), je lui tends son paquet, je m’apprête à lui faire un sourire poli de au-revoir-c’était-bien-sympa-quand-tu-veux-pour-d’autres-affaires-en-or, mais monsieur commence à me raconter sa life.
« Nan, mais en fait, ça doit te sembler étrange, alors j’t’explique. Bla bla bla… Je travaille sur un mémoire à propos de la lingerie, et j’étudie les comportements des gens par rapport à ça, bla bla bla… alors pourquoi tu vends des culottes sur Ebay ?... est-ce que tu trouves pas que… bla bla bla… ».
Ma patience a des limites, je regarde lourdement ma montre en disant que là, c’est pas tout ça, mais faut que je retourne bosser. Le type finit par me lâcher la grappe et on se sépare cordialement.
L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais franchement, vous vous demanderiez pourquoi je vous en fait des tartines ici, non ?
Ben oui. Parce que pas plus tard que le soir même, je reçois le message suivant :
(NDLR : dans un souci d’authenticité, les fautes d’orthographes et de grammaire ont été intégralement retranscrites ici).
Merci pour la vente de vos dessous. J'aime beacuoup !
J'espèreque ce méssage ne vous choque pas dans la
mesure où chaqu'un est libre de faire ce qui lui
plait. Je voudrais juste m'excuser de vous avoir menti
en prétendant que je mène une enquête de marché sur la
lingerie féminine alors qu'il en est rien de tout ça,
car j'ai été gêné.
En brèf, mes désirs ne sont pas ceux d'un "vrai
fétichiste" aimant la lingerie féminine mais plutôt un
fantasme occasionnel du moment . Je serai prêt à
acheter vos culottes d'occase, de préférence déja
portées la veille ou la semaine de la vente (càd non
passées à la machine).
Voilà en quelques mots ce que je souhaite réellement.
J'espère que vous serriez "ouverte" à ce genre de
proposition que j'avoue un peu bizzare.
Bien à vous et à bientôt!
Hum… alors comment te dire ? « Merci, mais non merci » serait assez approprié, je pense. Je n’ai donc pas répondu à cette offre très tentante, car je ne partage pas tout à fait les goûts de Monsieur.
J’aurais peut-être du, pourtant… Ca m’aurait permis de gagner des sous tout en m’épargnant de faire des lessives !

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30 juin 2006

Considérations bloguesques diverses et variées

image_11

Depuis deux mois que je tiens ce blog, je me surprends parfois à avoir des réactions inattendues. Parce que très souvent, au lieu de penser tout court (comme un certain René D. nous l'a appris, et je l’en remercie au passage, d’ailleurs.), je « pense blog ». C’est pas clair ? Je m’explique :

Les idées de sujet de billet
Ce que je vois, ce que j’entends, ce que je lis, ce que je pense, ce que je rêve… tout peut être matière à faire un billet. C’est hallucinant comme le moindre épisode de ma vie me fait penser tout bas « tiens, ca, je vais le raconter demain » ou « ça me donne une idée de chronique ».
Je me suis un peu calmée dernièrement, mais au tout début, j’étais gravement atteinte. Les idées arrivaient par camion remorque, et fourmillaient littéralement dans ma tête. Profitant de mes phases d’insomnies, je me réveillais parfois en pleine nuit, attrapais un papier et un stylo et notais en vrac tout ce que j’avais envie de raconter (et pourtant, les idées qu’on peut avoir vers 3 ou 4 heures du mat’ ne sont pas toujours bonnes à prendre !). J’avais même un petit carnet dans mon sac, au cas où je serais prise d’inspiration subite au beau milieu du bus ou dans la salle d’attente du dentiste.
Force est de constater que le soufflet est un peu retombé. J’aime toujours autant écrire ici, mais l’inspiration se bouscule moins au portillon ! (Et mettons aussi ça sur le compte du boulot multi-prises de tête ces derniers temps, un peu d’indulgence, bordel ! ;-) )

Le nombre de visiteurs du blog
Ca, c’est terrifiant. C’est une vraie drogue, je vous jure. Je clique au moins vingt fois par jour dans ma rubrique « statistiques » pour espérer voir le nombre de ceux-ci grimper en flèche. C’est une attitude un peu névrotique, je le reconnais, mais ça m’occupe beaucoup.
Au fur et à mesure de sa « popularité » grandissante, on voit grimper dans ses statistiques le nombre de visites par jour, et on est hyper déçu le jour où on fait moins bien que la veille. Ce qui est très con, parce que les visiteurs ont peut-être autre chose à foutre de leur journée que de venir quinze fois par jour sur votre blog. Et ça ne remet pas spécialement en cause l’intérêt qu’ils portent à vos textes.
Le pire, c’est le lundi matin. Comme je n’ai pas d’accès à internet le week-end (pour le moment), je me rue sur la rubrique stat’ comme un poney affamé sur une carotte moisie, pour voir à quel point les choses ont évolué en deux jours. Parfois, je suis ravie du résultat. Et parfois, navrée de voir que bon, bah, c’était un dimanche où il a fait beau, les gens n’étaient pas devant leur ordinateurs, sans doute… (on se trouve les excuses qu’on peut, hein ?).
Dites-moi que vous faites pareil, vous aussi ? Au moins au début. Hein, que je ne suis pas complètement frapadingue ?

Le nombre de commentaires laissés par ces visiteurs
Là, c’est comme à la roulette. On sait jamais sur quoi on va tomber ! Je suis souvent étonnée de voir que les sujets que je pensais complètement anodins peuvent parfois déchaîner les foules. Enfin, « déchaîner », entendons-nous bien : à mon stade, une moyenne de 15/20 commentaires est déjà un exploit. Alors quand je frôle les 35 com, ouhlalaaaa, mon cœur se met à palpiter dare-dare ! Vite, un médecin ! Docteur Carter ?

Les requêtes Google et mots-clés qui ont amené des visiteurs par ici
Je sais que c’est l’un des sujets favoris des blogueurs et blogueuses que je lis régulièrement. Il n’y a donc jamais rien d’original à s’extasier sur les demandes souvent déjantées des surfeurs du oueb. Seulement voilà, quand on s’aperçoit qu’un type a fait le lien entre notre blog et des mots comme « quéquette à l’air », ben, heu… on se pose des questions.

Les perspectives qu’ouvre la création d’un blog
C’est le plus beau de l’histoire. On a beau râler qu’un blog, ça sert à rien, que c’est une démarche égocentrique, que c’est rien que du virtuel, que c’est pour les geeks, blablablaaaaaaaa… ma petite expérience en la matière tend à me prouver le contraire.
Via un blog, on rencontre plein de gens, d’abord virtuellement, et puis parfois en vrai. On se fait aborder dans la rue, parce qu’un de nos lecteurs nous a reconnu(e). On se fait des potes, on crée des événements spécifiques autour de la blogosphère. On parle de nous dans la presse, ou même à la télé. On devient trend-setter ou leader d’opinion, et on se fait courtiser par les marques, qui ont fini par piger à quel point c’était pas con de se servir de ce nouveau phénomène. Parfois même, on trouve un nouveau job… Comme quoi, le virtuel et le réel ne sont pas si éloignés que ça...

Et vous donc ? Est-ce que vous aussi, vous avez eu vos phases "je blog donc je suis" ? Allez, faites-moi péter le compteur des commentaires, histoire que je puisse crâner un peu... ;-)

26 juin 2006

Là, je sèche...

page_blanche_12Grand vide. Page blanche. Blackout. Je ne sais absolument pas quoi vous raconter aujourd’hui. C’est moche, hein ? A peine deux petits mois de blog, et déjà en manque d’inspiration. J’ai bien fait de ne pas faire journaliste après mon école de communication, parce que j’aurais eu du souci à me faire pour ma carrière.
Pourtant, doit y’en avoir, des idées de billets d’humeur, vu le nombre de journaux qui sortent chaque semaine ou chaque mois. Loin de moi la prétention de me comparer aux journalistes de Elle ou de Cosmo, hein, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.
Mais là, pffffiiooouuuttttt. Panne sèche. Enfin, non, pas panne totalement sèche non plus. J’ai plein idées, en vrac (très en vrac, même), mais pour l’instant, je ne me sens pas l’inspiration pour me lancer sur l’un ou l’autre de ces sujets mis de côté. Je suis un peu comme un diesel, pour continuer sur la métaphore de la panne d’essence : faut que ça chauffe doucement mais sûrement. Et parfois, ca ne veut pas chauffer.
C’est que c’est du boulot, un blog, hein ? Ca n’en a pas l’air comme ça, mais c’est quasi un second job à mi-temps.
Alors pour passer le temps, voilà quelques infos absolument pas indispensables, mais qu’est-ce que vous voulez, on peut pas faire du Proust tous les jours* !

film21- N’allez surtout pas voir "La Rupture", avec Jen’ et son nouveau mec. C’est absolument nul. Je ne m’attendais pas à du grand art, mais juste à passer un bon moment devant une comédie simplette et rigolote. Bah non. Tout est téléphoné du début à la fin, les mini-gags m’ont à peine fait esquisser un petit sourire de rien du tout, le générique de début fait has-been avant l’heure. Pas bien !
Heureusement que c’est la fête du cinéma et que je vais pouvoir me rattraper ce soir avec un autre film moins niais !

2- En surfant de blog en blog, je suis parvenue à retrouver le lien qui permet de savoir combien vaut mon blog. Attention, résultat (rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr… roulement de tambour…) :


My blog is worth $7,903.56.
How much is your blog worth?

Bon, bah c’est pas si mal, pour un petit blog de deux mois d’existence, non ? Pas encore de quoi m’acheter l’appart de mes rêves, mais avec un peu de patience, ça devrait pouvoir se faire d’ici quelques temps (le "quelques" étant une notion assez vague, il est vrai…).

3- D’après mon hébergeur Canalblog, certains mots-clés qui ont conduit à mon blog sont :
- Francis Lalanne chansons débiles (je vois pas bien le rapport…)
- Strasbourg + stripteaseuse (ah… loupé !)
- fesses Thierry Henri (là ok !)
- jupe relevée cu nu (ah tiens ?) (NDLR : les fôtes sont d’origines, of course !)
- niche du chat (c’est conceptuel…)
- comment une fille embrasse un garçon (là faut s’acheter Jeune et Jolie direct, hein !)

4- Je n’ai toujours pas reçu mon nouveau catalogue La Redoute, alors que mon nom de famille commence avec un A, et que je suis toujours dans les prem’s à le recevoir. A tous les coups, c’est encore un de ces grouuummpppfffff de voisins qui me l’a chouré dans ma boîte aux lettres. Ca va chier dans les pétunias, c’est moi qui vous le dit ! C’est un sujet sensible, le catalogue La Redoute, on déconne pas avec ça !

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, parce que je dois quand même dire que j’ai un peu de boulot, à côté de toutes ces choses intéressantes que je viens de raconter.
Promis, la prochaine fois, ce sera plus inspiré !

(* Et je précise à toutes fins utiles que ceci est du second degré, je ne me prends pas encore pour la relève de Jane Austen, ou dans un autre genre, de Alix Girod de l’Ain, journaliste à Elle).

11 mai 2006

Un jour mon prince viendraaaaaaa

coeur_1

On pourrait résumer ma vie sentimentale de ces derniers mois en trois mots : rien à signaler. Ou même en deux seulement : encéphalogramme plat. Y’a des périodes comme ça… Aucune rencontre intéressante, aucun copain de plus ou moins longue date qui se révèle soudainement hyper attirant. Rien, que dalle, zéro. Parfois, on se dit que ça fait du bien d’être un peu solo, de faire le point, de réfléchir, de faire des choses pour soi, de sortir avec les copines, de profiter. Et puis parfois, non. Parfois, on en a un peu marre d’être seule, justement. Je vais pas vous refaire l’éternel débat "célibat choisi ou subi, valeurs et limites, le profil de la France en 2006", on n’est pas là pour ça. Mais bon, quand même…

Et puis un jour, au moment où on s’y attend le moins, au moment où on a presque mis de côté l’idée de trouver sa deuxième chaussette (oui, cette métaphore est on ne peut plus romantique), on finit par faire une rencontre qui vient enfin nous tournebouler un peu la tête.

Dans mon cas précis, "rencontre" est encore un bien grand mot, nous n’en sommes qu’aux prémisses. Seul l’avenir dira si les discussions animées entre nous et les premiers fous rires partagés marquent "le début d’un bout de chemin ensemble", pour parler cucu-la-praline.

Bref, je ne m’emballe surtout pas comme une gamine avant sa première boum, et je suis certainement loin de vous envoyer un faire-part de mariage. Mais putain, qu’est-ce que ça fait du bien de sentir à nouveau les petits papillons dans le ventre, de se lever en pensant à quelqu’un le matin, de guetter les sms, et de se dire qu’on ne sait pas encore comment les choses évolueront, mais que la porte est grande ouverte devant tous les possibles.

Suite éventuelle au prochain épisode, si vous êtes sages… ;-)

1 mai 2006

Mes colloc’ amerloques

colloc_2

Suite au billet de Nadia à propos des affres de la collocation, je viens ici rajouter mon grain de sel en vous racontant mes déboires avec mes colloc’ américains.

Il y a environ trois ans, donc, je pars m’installer quelques mois à New-York pour y faire un stage. Ayant choisi de travailler dans une administration française, donc entourée de Français, je me dis que si je veux faire un tant soi peu de progrès "in inglich", mieux vaut que je me trouve un appart à partager avec des américains. Jusque là, très bien. La chose s’avère assez facile à réaliser, compte tenu du fait que les loyers new-yorkais coûtent au moins 3 smics, et que les collocations y sont monnaie courante pour pouvoir se permettre un appartement dans les quartiers sympas de Chelsea, East Village ou Brooklyn.
Me voilà donc fraîchement débarquée dans un beau building de l’Upper East Side, sur la 95ème rue, juste à la limite où ce quartier traditionnellement chic et bourgeois commence à se teinter de l’exotisme des communautés ethniques de "Spanish Harlem", au nord de Manhattan. J’habite l’appartement 16 C ("sixtine siii", en V.O.), au seizième étage donc, et je vais le partager avec C. une étudiante en médecine d’environ mon âge (25 ans à l’époque), et M. un avocat un peu plus âgé que moi. Un trois pièces, pour trois personnes, ça me semble bien. C’est bien sûr sans compter les boyfriend et girlfriend respectifs, qui squattent le terrain comme s’ils habitaient là à temps plein. En soi, rien de grave. Plus on est de fou, moins y’a de riz, comme disent les asiatiques. Sauf que en fait, si. L’appart n’est pas prévu pour héberger cinq personnes, et je m’en rends compte assez vite.

Déjà, le partage du frigo. Un vaste programme ! Comme je suis la dernière arrivée, on m’a assigné la partie du milieu, celle qui en somme n’est délimitée par rien, et sur laquelle tout le monde empiète sous prétexte que je suis seule à l’occuper, alors que eux sont deux, puisqu’en couple. Bonne pâte, je ne dis rien. Les considérations de ce genre me passent un peu au dessus de la tête. Mais peu à peu, il devient de plus en plus difficile de retrouver mon skimmed milk* et mes fresh vegetables* au milieu de leurs bouteilles de trois litres de soda, leur dizaine de flacons de sauces toutes plus mystérieusement colorées les unes que les autres, et leur reste de pizza à moitié mâchonnée. Parfois, c’est une partie de mon repas qui disparaît tragiquement, parce que quelqu’un l’a déplacée dans une autre zone du frigo, et que du coup, on considère qu’elle ne m’appartient plus. Fichtre… Se nourrir devient bigrement compliqué !

Autre lieu de pénitence pour moi, la salle de bain. Bouhhh ! Moi qui aime les baignoires reluisantes et les miroirs impeccables, je suis servie ! Partager la même salle d’eau à cinq et parvenir à conserver cet endroit un tantinet propre relève du parcours du combattant. Je pense même que toutes les bactéries de New-York se font des supers boums dans la cuvette de nos W.-C. Mais comme je ne suis pas non plus venue pour faire le ménage, je nettoie un chouia de temps en temps, et sinon, je ferme les yeux et je fais comme si je n’avais rien vu (moi ? non ! rien vu !)

Un soir, je me suis aperçue qu’ils ne mettaient pas de produit à laver dans le lave-vaisselle ! Ils lavent à l’eau chaude, ces ploucs ! Et ensuite, ils me regardent d’un air entendu en me disant "il faut bien rincer la vaisselle avant parce que le lave-vaisselle ne fonctionne plus très bien". Tu m’étonnes, tiens ! Je me suis bien gardée de leur dire quoi que ce soit, d’une part parce que je voulais pas faire ma prétentieuse qui sait tout (déjà que les Frenchies n’étaient pas les mieux vus, en ces temps de Guerre du Golf II et d’opposition Chirac-Bush), et d’autre part parce que je trouvais quand même ça franchement marrant de les voir rincer consciencieusement toute leur vaisselle avant de la faire laver.

Une autre fois, C. a invité une copine à elle. Je les entendais glousser dans sa chambre comme deux gamines. Et le soir, je me suis aperçue que le chien avait du vernis rose fushia sur les griffes. Fallait voir la touche qu’il avait, comme ça, le clébard ! M’enfin il avait l’air ravi, alors (et puis c’est  assorti à son petit manteau de pluie comme ça. Aaahh, la vie est bien faite, j’vous jure !).

Je vous passe évidemment tous les détails sur les réveils en fanfare à 8h le dimanche, parce qu’il y a cours d’aérobic sur une des chaînes du câble, et que c’est Suzanne Sommers en personne qui présente l’émission. Vous ne savez pas qui c’est ? Moi non plus, jusqu’à ce que je vois sa trombine et qu’elle me dise vaguement quelque chose. Elle a joué dans une série familiale sur M6 ("Une famille formidable", ou un truc dans le même goût). Ou bien les soirées squattage de télé dans le salon, avec moult pop-corn et cochonneries sucrées, pour ne pas louper ZE émission du moment, "Mister Personnality", une espèce de Bachelor à l’envers, où une nana doit choisir son futur mari parmi des candidats masqués dont elle ne voit jamais le visage, même lorsqu’ils s’embrassent. Le type que la Bachelorette aura choisi "pour sa personnalité et sa beauté d’âme" enlèvera son masque seulement devant l’autel le jour du mariage. C’est pas beau, ça ? Et attention… touche finale… pompon… cerise sur le gâteau… cadeau Bonux… c’est présenté par … Monica Lewinsky ! Mais jusqu’où iront-ils ?

Enfin bref, vous l’aurez compris, pour ce qui est de l’imitation Friends, on repassera, merci bien ! Surtout à la fin du mois, quand arrivent les factures, et qu’on doit les partager en trois, puisqu’il n’y a que trois noms sur le bail, alors qu’on est bel et bien cinq à utiliser l’eau, l’électricité, le câble et le téléphone.

J’ai vécu avec ces quatre roomates tant bien que mal pendant six mois, j’ai pesté contre eux, observé d’un oeil critique leur mode de vie (ce qui, d’un point de vue sociologique, a été absolument fascinant !), dégluti devant ce qu’ils avalaient pour le dîner, fouiné sournoisement dans leur armoire de toilette (bah quoi ?), je les ai entendu s’engueuler, chanter sous la douche ou faire l’amour… J’ai aussi ri à leurs blagues ou à leur tentative de prononciation du français, j’ai goûté les cocktails étranges mais délicieux qu’ils préparaient pour les soirées, je les ai accompagnés parfois au restaurant ou au cinéma, pour voir…

Et le jour de mon départ, j’ai été surprise mais émue de les voir tous me prendre chaleureusement dans leurs bras et de me dire combien ils avaient été content de partager momentanément la vie d’une petite française.
Cette expérience de la vie en collocation m’a fait réfléchir, et si je sais aujourd’hui que je préfère habiter seule, je sais aussi qu’on apprend beaucoup sur soi-même en vivant avec les autres, quels qu’ils soient. Rien que pour ça, merci à mes colloc’ amerloques !

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28 avril 2006

Ô Maje ô désespoir

ceintre_2Je reviens à l’instant de la vente privée organisée par NGR, qui regroupe jusqu’à dimanche soir les marques Maje, Stella Forest, Hartford et d’autres bidules dont j’ai oublié le nom. Franchement, c’est la première vente privée à laquelle je me rends, et j’ai été surprise dans le bon sens : pas de harpies en furie qui se ruent sur les vêtements, pas de cerbère mal-aimable à l’entrée, et quelques vendeuses presque serviables (oui, presque !).
Maje, j’aime bien. C’est joli, féminin, et aérien. Mais c’est quand même drôlement cher pour ce que c’est, non ? Trois bouts de tissus en voile et 2 boutons en nacre, hop, 120 euros ! Ouille ! D’où mon intérêt pour cette vente privée, bien entendu. Je m’y croyais déjà, j’imaginais faire le plein de jupons multicolores, de top en mousseline brodée, voire carrément – poussons le vice jusque là - me dégoter une jolie petite robette pour faire ma starlette à Paris-Plage cet été.
Ah, quelle naïveté ! Et quelle déception ! Bilan des courses : rien… enfin, rien de potable à mes yeux, disons. Y’avait bien une belle jupe en tricot bleu canard, assez raffinée, mais il ne restait que des tailles L ou XL, qui baillent de partout sur moi. J’veux bien être à la mode et porter du Maje, mais à 130 euros la jupe soldée, j’aime autant ne pas me retrouver cul nu dans la rue, quand même ! Ah oui, je suis peut-être exigeante, mais c’est comme ça.
Alors voilà. Tous mes efforts de fashionista radine n’auront pas payé aujourd’hui. Je suis déçue, déçue, déçue…

PS : Note spéciale à la vendeuse de pulls en pseudo cachemire au fond de l’entrepôt. Oui, tes pulls sont doux, mais quand même pas donnés. Oui, tu as lourdement insisté (avec toute ta panoplie de "ah mais c’est mêêêrveiiiillleux, regardez comme il vous tombe bien sur les épaules, bla bla bla…") pour que j’embarque un pull col V qui ne m’allait pas. Donc oui, je l’ai roulé en boule sur un autre stand avant de me faufiler discrètement vers la sortie. Fallait pas me gonfler comme ça…

11 mai 2006

Test-test-essai micro-un deux-un deux

test_1Premier questionnaire sur ce blog, transmis par DramaQueen (merci madame, parce que je manquais justement d'inspiration aujourd'hui...)

Quel est le mot que vous préférez ? Clarinette. Me demandez pas pourquoi, j’en sais strictement rien, je n’en joue même pas, mais je trouve que les sonorités de ce mot sont jolies et coquines à la fois.
Quel est le mot que vous détestez ? Péter. C’est moche, hein ? (Oh, je vous vois ricaner doucement ! C’est parce que vous trouvez ça moche aussi !)
Quelle est votre drogue légale favorite ? Le sucre, sous toutes ses formes. Je plaide coupable, monsieur le juge ! (Pour preuve)
Quelle est votre drogue illégale favorite ? Soit je n'ai pas de drogue illégale favorite, soit je ne suis pas très illégale comme nana. Je bois très raisonnablement (en temps normal, je veux dire...), je ne fume pas, et j'ai arrêté de sniffer mon pot de colle à l'entrée en 6ème, quand ma maman m'a acheté le stick UHU jaune...
Quel son ou quel bruit aimez-vous ? Y’en a un paquet, mais je dirais : le ronron d’un chat roulé en boule sur mes genoux, le plic-ploc de la pluie quand je suis au chaud dans mon lit, le bruit d’une allumette qu’on craque, le crépitement d'un feu de cheminée, le crissement d'un bonbon qu'on déballe, le pop d'un grain de maïs qui se transforme en popcorn...
Quel son ou quel bruit détestez-vous ? Je déteste le "vous n’avez pas de nouveau message" quand je rallume mon portable après quelques heures. Quoi ? Comment ça, je n’ai pas 52 invitations à dîner ou sortir, des messages de joyeux non-anniversaire, ou juste des fans qui me disent que je leur manque ? C'est pas normal...
Quel est le juron, gros mot ou blasphème que vous préférez ? Fais chier, putain, merde ! J'ai pas mis le tiercé dans l'ordre, mais globalement, ça se joue entre ces trois-là !
Quel homme ou quelle femme choisiriez-vous pour illustrer un nouveau billet de banque ? Peut-être Paris Hilton ? Pour une fois, je serais contente de voir sa tronche, à chaque fois que je touche un billet de banque. Parce que sinon, je peux plus la voir en peinture, cette fille !
Quel métier n'aimeriez-vous pas faire ? Etant donné que je ne supporte pas la proximité physique avec de parfaits inconnus, toute profession en rapport avec le corps serait un supplice pour moi : dermato, kiné, gynéco, podologue, esthéticienne.... Yearrrkk !
Quelle est la plante, l'arbre ou l'animal dans lequel vous aimeriez être réincarné ? Franchement, je sais pas trop... En éponge de mer, peut-être ? ... c'est peinard, une éponge de mer, non ? Personne ne les fait chier les éponges de mer... Allez, banco : réincarnez-moi en Spontex de l'océan !
Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous l'entendre vous dire après votre mort ? "Teuteuteu... tu redescends tout de suite sur Terre, ma petite, t'as encore plein de trucs à faire en bas !!!"

Je transmets ce questionnaire à qui veut, les commentaires vous sont ouverts, lâchez-vous, dîtes-nous tout !!!

23 septembre 2008

I just can't get it out of my head

parano_1Moi, parano ? Nooooooon. Alors là, vraiment, n’importe quoi. Mais si vous insistez, je veux bien avouer qu’il y a deux trois trucs sur lesquels je bloque et qui me gonflent légèrement. Du genre :

Vous pouvez prendre les paris que si je décide de couper une galette des rois, je tombe à tous les coups en plein sur la fève. Pas vaguement à côté, hein. Pile dessus. Comme ça, j’ai bien ruiné tout le suspense de savoir qui aura l’honneur de porter l’hideuse couronne en papier alu sur la tronche, et tout le monde est content. Super.

J’aimerais savoir aussi comment fait ce putain de fil de téléphone du bureau pour se retrouver systématiquement tirebouchonné sur lui-même, alors que je passe ma journée à le démêler consciencieusement. Etant donné que je ne joue pas à la girouette quand je téléphone à mes clients, et que je raccroche à chaque fois avec le fil bien rangé, ma question ultime est : quand ? Quand est-ce que ce carnage se produit ? J’ai beau être super attentive, y’a un moment où un truc m’échappe. Forcément.

Idem pour les écouteurs de mon ipod, que j’enroule pourtant soigneusement autour de l’appareil, et que je retrouve toujours en vrac et bourrés de nœuds bordéliques. Au final, je passe plus de temps à démêler le machin qu’à écouter mes morceaux préférés, et ce sont mes nerfs qui sont en nœud. Et on dit que la musique adoucit les mœurs, pfff, laissez-moi rire.

Vous avez déjà essayé de ranger un camembert tout neuf dans sa boîte après vous en être coupé un morceau ? C’est pas un peu de la science métaphysique, ce truc ? Parce que clairement, ça ne veut pas y rentrer, dans la petite boîte ronde. Ca déborde, ça dépasse, ça fait pas net, alors que cinq minutes auparavant, y’avait pas un poil de papier qui dépassait. Pareil pour tous ces appareils électroménagers pleins de trucs, de bidules et d’accessoires en tout genre à clipper à droite à gauche. Sur la photo de la boîte, c’est super joli. Mais quand vient le moment de ranger le truc dans sa boîte, faut avoir fait l’Ena ET Polytetchnique confondus pour savoir comment placer les pièces pour que tout puisse rentrer. Ah ça, je comprends qu’on forme les mômes au Tétris de plus en plus tôt, y’a un vrai créneau, là.

Je voudrais qu’on m’explique, aussi, si c’est pas trop demander, pourquoi, quand je cherche une rue sur un plan de Paris format bouquin, c’est toujours celle qui, au choix, se trouvera pile sur la rainure du centre, au milieu des deux pages (donc illisible), ou à cheval sur deux pages différentes, nécessitant un aller-retour incessant entre les deux feuilles pour piger quel est l’itinéraire adéquat. C’est pas censé faciliter la vie, un plan ? Non parce que si vous le prenez sur ce ton, je prends un taxi et puis c’est tout, hein.

Pareil : une boîte de médocs, je l’ouvrirai toujours et systématiquement côté notice, même (surtout) si je n’ai rien à faire de celle-ci et que limite je la connais par cœur. Mais non, il faudra qu’elle soit là, sous mon nez, à m’encombrer avec ses vingt-trois pliures ridicules et à m’empêcher d’attraper pronto ma plaquette de Doliprane. En revanche, vous pouvez être sûrs que le jour où j’ai besoin de vérifier un truc sur la dite-notice, cette conne sera juste ratatinée au fin fond du paquet, impossible à extirper à moins de sortir l’intégralité des médocs de la boîte.

Je vous passe évidemment le téléphone qui sonne exactement au moment où je mords à pleines dents dans mon pain au chocolat, le métro qui arrive toujours en premier pour le quai d'en face (quel que soit le quai qu'on ait choisi), les feux rouges qui semblent s'éterniser pile le jour où on est méga à la bourre, et l'Ascension qui tombe un jour DEJA ferié en 2008 (ce foutage de gueule, quand même !??).

Moi, je dis que quelqu'un nous en veut. Mais faites-moi confiance, je finirai bien par trouver qui c'est. 

16 février 2009

Laisse-moi zoum zoum zem, dans ma Benz Benz Benz

limo_2"Ce qui est pénible, dans nos dures vies de blogueuses jet-setteuses over-influentes, c’est qu’au bout d’un moment, on tourne un peu en rond. Les invitations aux quatre coins de Paris, le champagne, les cocktails à base de macarons, c’est bien mignon, mais ça lasse vite. Et le renouveau ? Et l'inattendu ? Et l’effet de surprise, bordel ? A quand un truc qu’on n’a pas déjà fait quinze fois cette année ? Moi, je m’ennuie sévèrement. Si c’est ça, être blogueuse de la hype, je démissionne."

Journal d’une pétasse, Editions Jmelapètegravos, Paris, 2009.


Evidemment, si je pensais un seul mot des quelques lignes écrites plus haut, vous seriez en droit de me cracher dessus. Evidemment. Mais comme nous sommes entre gens civilisés, aimant (à peu près tous) le second degré, vous n’allez pas. (Et aussi parce que j’ai mis ma belle robe en soie qui coûte une blinde en pressing).
A la place, je vais plutôt vous raconter comment je me suis retrouvée la semaine dernière le cul posé dans une limousine bling-bling à destination de la proche banlieue parisienne.

Un jour, je reçois un mail qui me demande (en substance) « ça vous dit d’aller faire du shopping chez les grandes marques chics à prix bradés, avec bons de réduction, et voyage aller-retour arrosé au champagne en limousine grand confort klaxon intégré ? ».
Heu… attends, je réfléchis deux secondes.

Du coup, j’ai regardé mon calendrier de bureau, j’ai vu que ce jour-là était prévu normalement la réunion trimestrielle des fournisseurs section "collecte des données et archivages des dossiers", que Jéjé-bogosse du service juridique était encore en congés, et qu’il y avait des moules-frites à la cantine. Ben ça n’a pas fait un pli. J’ai bigophoné à qui de droit en disant « chef, je prends ma journée », et roulez roulez, petits bolides, j’ai répondu présente à l’appel du peuple. C’est que j’ai le sens du sacrifice, moi, que voulez-vous ?

Rendez-vous devant l’Hôtel du Crillon. Déjà, ça déconne pas. Faut dire en même temps que venir se faire pêcher en limousine au fin fond du 18ème arrondissement, ça aurait été pour le moins décalé et conceptuel, comme truc.
Après les salamaleks traditionnels avec les organisatrices et les journalistes présentes, nous grimpons dans la voiture réservée aux blogueuses. Nous sommes trois, Alexiane, Violette, et moi, et la limo toute entière nous appartient, depuis son ciel kitch en diodes colorées jusqu’à son sol en moquette-moumoutte sombre.

Quoi ? Des photos, vous dîtes ? Ah ben le problème, c’est que j’en ai quatre, et sur deux d’entre elles, y’a une nana qui montre involontairement sa culotte. Et je la connais, elle serait capable de m’en vouloir si je les diffusais ici. Alors y’aura que de la photo bâclée et puis c’est tout. (Et ne vous pâmez pas trop, les verres, c’est même pas du cristal).

limobar_limo

Quarante minutes plus tard, nous voilà arrivées à la Vallée Village, là ousk’on doit faire notre shopping tendance. A l’ouverture des portes, on s’est demandé si le chauffeur ne s’était pas planté de lieu, et ne nous aurait pas larguées à EuroDisney par mégarde, vu que le shopping center et le pays de Mickey sont dans le même coin de Navarre. (Auquel cas, soyons clairs, c’est pas la peine de frimer au volant d’une limo si c’est pour même pas savoir écouter un GPS, franchement).

En fait, après vérification que Pluto ne traînait vraiment pas dans les parages, non, on était bien au bon endroit. La Vallée Village, c’est croquignolet comme Wisteria Lane* en plus petit et sans jardins pelousés. Allées impeccables, coloris pastel, toits en tuiles, pas de graffitis ou de moches panneaux publicitaires. Toutes les baraques abritent chacune une marque branchouille, centre commercial à ciel ouvert, où quand il pleut, t’es un peu dans la merde parce qu’ils ont pas pensé aux stores géants.

Là encore, je vous aurais bien pris une photo, mais j’étais en train de régler mon appareil quand un drôle de monsieur en uniforme m’a fait « lé-lé-la, on ne prend pas de photo s’il vous plait ». Ah ouais d’accord. Moi, je veux bien qu’on m’envoie faire des reportages in situ et tout, mais tant qu’à faire, envoyez-moi dans des endroits qui VEULENT communiquer, parce que là, si vous voulez…

Ni une, ni deux, j’ai rangé mon appareil et fait ce que j’avais de mieux à faire sur place : essayer des fringues. Et pour ça, y’a pas à dire, je m’y connais.

« Mais tout ça pour quoi, finalement ? » que vous vous demandez judicieusement au fond de vos fauteuils, après cette lecture pour le moins passionnante. Tout ça pour promouvoir un nouveau service de package tout compris pour faire son shopping en amoureux ou entre copines, avec transport en limo et chèques cadeau à dépenser dans les boutiques de la Vallée Village.
Bon, si vous voulez mon avis, vu le coût de la bestiole (à partir de 750 boules quand même), la copine risque de préférer nettement la partie shopping et de se dire que son mec s’est fait un petit cadeau perso avec le coup de la bagnole bling-bling. Et puis n’espérez pas faire des cabrioles coquines durant le trajet. Déjà, parce que le trajet est court (mais je ne suis pas là pour juger vos performances), deuzio, parce que ça colle vite le mal de mer d’être dans un grand véhicule comme ça qui tangue un peu, et tertiotrimo, parce que le chauffeur entend tout ce qu’il se passe, même s’il est « tenu au secret professionnel ».

Ouais, ok, tout ça, c’est bien joli, mais y’a quand même une sacrée faute professionnelle, dans le trip "Pretty Woman" qui nous a été offert.
Le Richard Gere, … il est passé où, bordel ?

* La ville des Desperate Housewive

16 avril 2008

Rebelle au bois dormant

dormir__1A ce qu’il parait, l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Moi, je veux bien vous croire, je ne suis pas une fille contrariante. Mais encore faudrait-il se mettre d’accord sur ce qu’il convient d’appeler « tôt », quand même.

Parce que, par exemple, le chat qui miaule à fendre l’âme à partir de six heures du matin, en sautant sur tout le lit en long en large et en travers, je parie qu’on risque d’être tous ok là-dessus, c’est tôt. Très. Tous ok, sauf le chat en question, évidemment, qui lui, ne demande qu’à aller bâfrer son shéba. Y’a pas d’heure pour puer de la gueule, apparemment.

Arriver au boulot à 9h tapantes, perso, je trouve ça tôt aussi. Il semblerait pourtant que ce ne soit pas trop l’avis de mon patron, qui m’accueille avec une tronche d’inspecteur des impôts tout constipé quand j’ai le malheur de me pointer avec dix minutes de retard, essoufflée, en bredouillant que je n’ai pas entendu le réveil. Faut croire que lui, il l’a bouffé à la naissance, le réveil, et que c’est dans ses gènes de se tirer du plumard aux aurores. Je ne voudrais pas tirer de conclusions hâtives, mais il doit clairement se faire chier à la maison, le bonhomme, pour avoir envie de s’en casser aussi vite le matin.

En revanche, ouvrir mollement l’œil vers 12h et des poussières les jours de week-end, ça me parait très correct. Je dirais même que ça me semble suffisamment tôt pour que l’avenir m’appartienne toujours, mais après que j’aie pris un bon petit déj’ copieux, par contre, faut pas déconner.
Seulement là encore, tout le monde n’a pas l’air d’accord sur ce point. Ma mère, par exemple, pousse toujours des cris d’orfraie dans le téléphone, à me savoir encore en pyjama à cette heure « avancée » de la journée.

« So what ?», j’ai eu envie de dire au début.

Mais en fait voilà. C’était donc ça. D’un vague problème de définition à la base découle l’incompréhension la plus complète entre les peuples. Tu m’étonnes que ce soit le bordel, après, tiens. Qu’on ne vienne pas me dire qu’on n’était pas au courant la prochaine fois qu’une guerre éclate, hein. Moi, je vous aurai prévenus.

22 avril 2008

Sans dessus dessous

lingerie_1Dans les catalogues de vente par correspondance, les pages lingerie sont systématiquement situées après les pages de fringues. C’est complètement con. C’est quand même par le soutif et la culotte qu’on va commencer par s’habiller, messieurs, voyons. Réfléchissez deux secondes avant de faire relier vos catalogues, enfin…

Quoi qu’à bien y regarder, il n’est pas rare que le choix des sous-vêtements s’opère de façon très stratégique, après avoir choisi la tenue du jour. Ben oui, forcément. L’ensemble en dentelle noir sous le chemisier blanc, c’est bof. La culotte mémé sous la robe de soirée, no way. Et le shorty qui fait des boudinets juste là, sous les fesses, porté avec le pantalon de chagasse ultra-moulant, on va essayer d’éviter. (Voire même, on évite aussi le pantalon de chagasse, hein, s’il vous plait).

Bon, j’ai l’air d’une grande routarde du sous-vêtement, là, comme ça, à donner mes leçons sur un ton de Super Nanny tyrannique et autoritaire. Mais en fait, si vous saviez la vérité, franchement, vous rigoleriez bien.

La vérité, c’est que ça fait très peu de temps que je prends soin de mes dessous. D’ailleurs, « dessous », ça veut tout dire. C’est dessous, point barre. Qu’est-ce qu’on va aller s’emmerder à ressembler à une gravure de mode avec le string coincé sous un jean, un collant, trois pulls et un manteau, hein ? Tout ça relève un peu de la même théorie que celle du poil aux pattes en hiver : qui va savoir que je fais la grève de l’épilation, puisque personne ne le verra ?

Biiiiiiiiiiiiip. Grosse erreur, mes jolies. Vous, vous le savez. Vous savez pertinemment que sous cette belle robe Sandro et ces jolis collants mauves assortis se cache une horrible culotte Petit Bateau saison automne 2004, très nettement défraîchie, et dont l’élastique grisouille pourrait craquer à tout moment.

« Tout ça, c’est dans la tête », allez-vous dire. Sans doute. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Comment voulez-vous vous sentir féminine jusqu’au bout des ongles, quand la première couche de sexytude est déjà ternie ? Je ne vous refais pas le coup de la maison solidement ancrée sur ses fondations, mais l’idée est un peu là, quand même.

J’en vois déjà au fond qui lèvent les pancartes féministes. « Non à la femme objet », « on n’est pas que des bonbons joliment enrobés », « et le Q.I. merde alors ? ».

Ah mais certes. C’est là que je vous arrête pour vous en apprendre une bien bonne, quand même, au cas où vous ne l’auriez pas lu et relu moult fois dans les magazines féminins : «  c’est avant tout pour soi qu’on fait ça ». Pour soi. Capiché ? Alors soyez un peu égoïste, bordel, pour une fois qu’on vous l’autorise.

Enfin, en même temps, merci d’appuyer là où c’est pas clair, parce qu’effectivement, les jolis soutifs, c’est clairement pour soi qu’on les porte, et pas pour les mecs, vu qu’apparemment, leur grand truc, c’est de les dégrafer d’un claquement de doigt, par-dessus le pull, avant même d’avoir déshabillé la demoiselle. Non mais bonjour la ringardise, quand même.

Certains croient même bon d’ajouter un « t’as vu ça, comme c’est la classe ? ». Non. Non, c’est absolument pas la classe, messieurs, sachez-le. Ca veut juste dire que ça fait environ 3508 soutifs que vous dégrafez comme ça, donc on n’a aucune raison de se sentir flattée et unique. Et puis dans l’histoire vous n’avez même pas pris le temps de nous regarder dans notre joli ensemble de lingerie. Donc la prochaine fois, on se cassera moins la nénette à choisir un beau soutien-gorge. Peut-être que comme ça, au moins, on sera à l’heure au rendez-vous, hein ?

Crédit photo : Princesse Tam-tam.

3 avril 2007

Maboule du macaron

macarons_2Il y a eu les dragibus, les car-en-sac et les malabars bi-goût dans la cour de récré. Il y a eu le Nutella à la petite cuillère pendant les soirées entre filles. Il y a eu le chocolat "cœur de nougat" vautrée sur mon canapé devant les séries télé.

Et puis dernièrement, il m’est arrivé un truc de malade mental. Une aventure tellement ouf que j’ose à peine imaginer vous la raconter.

J’ai découvert les macarons Pierre Hermé.
Ouais, je sais, ça fait mal aux yeux rien que de lire cette phrase. Vous devez vous dire « putain, cette nana a une vie trop fabuleuse, c’est incroyable ».
Et pourtant, si… C’est vrai.

Pierre Hermé est désormais mon nouveau dieu vivant. Rien que ça. Il faut dire que jusqu’alors, je n’avais pratiquement jamais goûté de macarons provenant de grandes maisons de pâtisseries réputées. Oui, je réalise bien que ne jamais avoir avalé de macarons autres que ceux de Picard, pour une gourmande de parisienne pure souche, ça craint un max. On peut vivre sans (et ne pas s’en porter plus mal, d’ailleurs, je pense), mais perso, même pas la peine d’espérer faire ma pétasse branchée après un tel aveu. J’ai honte.

J'ai bien du tester une ou deux cochonneries rondes et sucrées de chez Dalloyau, Ladurée ou Fauchon, durant de vagues cocktails ou mariages, mais toujours dans des saveurs classiques à mourir d’ennui. Genre chocolat, café et framboise. Le truc qui fait trop rêver, hein, je ne vous le fais pas dire…

Alors que Pierre… Ah, Pierre… Si vous saviez… Ouh la la… Pfiouuuu…
Pierre ne se contente de vous fourguer des parfums classiques et déjà vus mille et une fois, Pierre innove, Pierre invente, Pierre fait de la création. Je ne vous refais pas le catalogue parce que 1-je ne le connais pas (encore) par cœur, et 2- je ne suis pas (encore ?) son attachée de presse, mais franchement… "chocolat au lait/fruits de la passion", "vanille/huile d’olive", "litchi/rose/framboise", "pistache et griottine"… c’est pas légèrement plus rock’n roll, ça ?

On sent toute la prise de risque, tout le parti pris du créateur, toute l’audace et l’inventivité, tout le poids du chamboulement des codes d’une gourmandise traditionnelle qui s’enferrait dans le classicisme le moins hardi… (A partir de quel stade j’en fais trop ? là ? ah…)

Bon, bref, tout ça pour vous dire, en gros et pour résumer sommairement, que j’ai trouvé ma nouvelle drogue. Chéri, range tes diamants, ton bouquet de roses et ton week-end romantique à Vienne, je ne veux plus que des macarons Pierre Hermé en cadeau. Oui oui, douze kilos, pourquoi ? Comment ça, ça te semble exagéré ? Pffff, mais quel amateur, ce mec…

NDLR : Je tiens à dire pour ma défense que Pierre ne me connaît pas, ne m’a absolument pas demandé d’écrire cet article… mais que s’il veut me remercier en m’offrant mon poids en macarons, je suis joignable tous les samedis midi, devant sa boutique de la rue Bonaparte, juste là, dans la file d’attente.


Quoi, « c’est tout ? ». Ben oui, c’est tout. Ne vous plaignez pas, pour une fois que je fais un billet à peu près court. En même temps, pondre des tartines à propos de macarons, faudrait quand même que je sois bien barrée…

25 avril 2006

La petite histoire de mes belles ballerines beiges

ballerines_11Ce week-end, à Paris, il a fait beau ! (si si, je vous jure !). L’occasion pour moi de partir en mission spéléologie dans les tréfonds de mes placards, et d’en extirper tous les vêtements et chaussures d’été, qui étaient jusqu’alors soigneusement (hum…) rangées dans l’attente des beaux jours.
A chaque printemps, je retrouve avec joie mes petites jupes en mousseline de soie, mes tops légers et émanchés (très joli néologisme qui signifie donc "sans manche" comme vous l’aurez compris), mes sandalettes à lanières et mes ballerines… Il faut savoir que je suis assez fan des ballerines, et que j’en possède dans plusieurs formes et couleurs (comme toute fan qui se respecte).
Donc ce week-end, plantée au milieu de mon foutoir vestimentaire estival, j’ai fini par remettre la main sur mes ballerines chouchoutes, et je me suis dit que j’allais vous raconter comment elles avaient fini par atterrir dans ma malle aux trésors.
En fait, ce ne sont pas nécessairement mes plus belles chaussures, ni mes plus chères. Mais elles ont acquis le titre de chouchoute parce que j’ai eu un mal de chien à les dénicher (oooh… chien, dénicher… comme je suis drôle !).
J’ai eu le coup de foudre un beau jour de juillet 2004, quand je les ai vues aux pieds de J., ma copine-toujours-si-joliment-habillée-que-c’en-est-râlant. Je les matte en douce, pour ne pas paraître à l’affût du tuyau, et surtout ne pas faire genre "oh moi aussi j’veux les mêmes, tu les as achetées où ?" (j’ai ma fierté, merde !). Soudain, la belle se déchausse pour enfiler une autre tenue (je vous passe tous les détails de cette journée d’enterrement de vie de jeune fille, ou bien on est encore là ce soir !). Ni une ni deux, je m’approche discrétos et vois le logo de la marque sur la semelle interne. Bien, ces adorables bidules viennent donc de chez Bensimon. Ok, l’enquête prend forme, Colombo est sur une piste…
A ce stade de l’histoire, on pourrait penser que le reste de mon investigation était quasi bouclé : un saut à la boutique, "vous les avez en pointure 39 ?", carte bleue qui flambe et hop, l’affaire est dans le sac, et bientôt à mes pieds. Que nenni, mes amis, que nenni ! C’était sans compter que, en plein mois de juillet, les boutiques ont déjà écoulés leurs stocks d’été depuis belle lurette, et qu’elles en sont déjà à nous refourguer les moon-boots et caracos en fourrure d’écureuil. Le verdict est donc sans appel : "non, nous avons tout vendu. Non, nous n’allons pas en recevoir. Non, on ne passe plus de commande sur ces articles". Pour moi, c’est la fin du monde (au moins pour 5 jours)…
La vendeuse a dû noter mon air dépité, et me tend la carte des autres boutiques de la marque en France, en suggérant que peut-être, ailleurs, sait-on jamais…
Regonflée à bloc, je rentre chez moi fissa, empoigne mon téléphone, et me met fiévreusement à composer un par un tous les numéros de la carte. D’abord les autres boutiques de Paris et de sa proche banlieue, puis les grandes villes de Province : Marseille, Nice, Bordeaux. Rien. Je coche sur la carte de visite les boutiques déjà appelées une à une… et finalement, à force de patience et de ténacité, le miracle opère. A Strasbourg, il reste une paire en pointure 39, dans le coloris que je veux. Et cerise sur le pudding, elle est vendue au prix soldé de 50 %, fin de collection oblige. J’aurais eu la vendeuse devant moi, je lui aurais presque roulé une pelle, tellement j’étais contente ! (En même temps, faut quand même que je me calme, ce ne sont que des chaussures).
J’envoie le chèque, et huit jours plus tard, elles sont là, chez moi, flambant neuves. Bon, je vous l’accorde, sur la photo elles ont pris un sacré coup de vieux et certains d’entre vous ne doivent pas comprendre comment on peut déployer tant d’énergie pour une vulgaire paire de godasses. Bah moi, m’en fous, je les aime. En plus, on peut changer le ruban à volonté. Vous pensez bien que j’en ai toute une collec’, même si au final, je mets toujours les deux mêmes couleurs. Aaaah… devant tant de félicité, je ne peux que citer le grand philosophe grec Nikos Alliagas : "c’est que du bonheur !"…

14 février 2008

Eyes wide shut

yeux_314 février, journée de l’amûûûûr, il paraît. Parait aussi que l’amour rend aveugle. Ca m’étonnerait qu’à moitié, remarquez. Parce que c’est bien mignon, tout ça, mais y’a quand même des fois où on ferait mieux d’ouvrir les yeux avant de répondre nunuchement à n’importe quelle guimauverie. Genre ça :


"Dis ? Tu m’aimes ?". (Est-ce que « sans opinion » est une réponse possible, comme dans les sondages ?)

"Quand je vois tes yeux, je suis amoureux". (Oui, donc du coup, ça m’arrangerait assez que tu me regardes dans les yeux -j’ai dit les yeux- et que t’arrêtes de reluquer le cul de la serveuse.)

"Je te manque ? Tu penses à moi ?". (Heu, objectivement, là, je regarde le dernier épisode de ‘Lost’ donc, non, pas trop.)

"Aimer, c’est c’qui y’a d’plus beau". (Oui, certes… mais franchement, une robe Maje pile à ma taille, c’est pas mal aussi.)

"Ah non c’est toi qui raccroche en premier". (Et tu te magnes, steuplé, parce que je viens d’exploser mon forfait à parler bisounours avec toi.)

"Besoin de rien, envie de toi". (T’es sûr, là ? Si on te propose une petite console Wii gratuite plutôt qu’une heure de roulés-boulés sous la couette, tu choisis quoi ?)

"Je te fais plein de bisous d’amour". (C’est gentil. Ca me touche, vraiment. Mais c’est où qu’on enlève l’option « j’ai douze ans d’âge mental » ?).

"On ira où tu voudras quand tu voudras". (Oui, tant que c’est pas pendant le match de foot de samedi, apparemment, vu que t’es toujours en vieux jogg’ affalé sur le canapé alors qu’il est 15h passées.)

"Je trouve que tu es vraiment une femme merveilleuse, à tel point que je me demande encore comment tu as fait pour daigner poser tes yeux sur moi, et pour ça d’ailleurs, je veux te dire merci, alors merci, vraiment, de toute mon âme…". (Chut. Embrasse-moi, idiot. C’est vraiment beaucoup beaucoup mieux que des mots.)

"Moi je t’offrirai des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas". (Mais bien sûr. Et la marmotte…).

"Ah, si tu n’existais pas, ma chérie…". (Ben l’appart serait plein de chaussettes sales qui traînent, y’aurait jamais rien à bouffer dans le frigo, et on partirait en vacances à Quimper chez ta mère tous les ans. Mais à part ça…).

"Je t’aime comme un fou, comme un soldat, comme une star de cinéma". (Alors deviens d’abord star de cinéma, et on en recause ensuite, mon roudoudou. Et puis arrête un peu d’écouter Chérie FM, ça te chauffe les neurones…).

4 décembre 2007

Ma vie en l'air

avion_2Parfois, les gens me fascinent. Vraiment.

Il y a quelques temps, je prends l’avion pour un petit vol de quelques heures. Inévitablement, l’hôtesse s’emploie tant bien que mal à exécuter pour la trois mille douzième fois de sa carrière toutes les démonstrations en cas d’accident, devant l’indifférence générale des passagers plongés dans Le Monde, Biba ou Piscou Magazine. "Les issues de secours bla bla bla, le gilet de sauvetage gnia gnia gnia, la ceinture de sécurité comme-ci comme-ça…". Elle ne manque pas de rappeler aussi qu’il faut éteindre tous les téléphones portables et appareils électriques en phase de décollage, afin de ne pas causer un méga crash aérien en brouillant les ondes. Je reconnais,ce serait con.

Bon. Jusque là, super. Vous allez vous dire "cette fille a vraiment une vie très intéressante".

A l’approche de l’atterrissage, même cirque. « Nous vous remercions de bien vouloir éteindre tous vos téléphones et appareils électriques, et de les maintenir en position off jusqu’à l’arrêt complet de l’appareil ».

Moi, perso, une nana qui me dit ce genre de truc d’une voix affirmée dans son micro, alors qu’on est en train de planer à 8000 bornes du sol et qu’on peut s’écraser à tout moment, j’ai tendance à me dire qu’elle est pas en train de faire un caprice, comme ça, juste pour la frime.

Mais apparemment, ma voisine, située de l'autre côté de l'allée, fait preuve de moins d’états d’âme. C’est vrai, quoi. Pourquoi se faire chier à écouter les conseils des gens qui veulent juste qu’on arrive à bon port en entier ?

Non. Mademoiselle décide de dégainer son portable pile à ce moment-là, de le rallumer, et de commencer à appeler Stéph’ (de mémoire) pour la prévenir que "ouais, c’est bon, là on arrive, on est un peu en avance, donc comme prévu, tu m’attends devant la sortie B, j’espère que t’as un chariot parce que putain, j’ai rapporté trop de trucs chanmé, ça va être l’éclate totale… … heu ouais, attends quitte pas deux secondes…"

Ayant soudain réalisé que je la matte avec des yeux éberlués de morue électrocutée depuis le début de son petit speech, la demoiselle me lance un regard noir et m’aboie dessus : "Non mais ça vous dérange pas d’écouter les conversations privées des gens ?"

????!!!!!???? ...

J’en suis restée comme deux ronds de flan.

28 juin 2007

Chut...

chut_enfant_1# 4 : Heu, non… Ca, vaut mieux pas le dire à sa mère

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Ca commence à bien faire, le gigot d’agneau-flageolets tous les dimanches, non ? (sacrilège !)
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Je sais pas comment je ferais sans toi… pour mes ourlets de pantalon (de l’art de la faire se sentir indispensable)
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C’est où, le bouton off, pour que t’arrêtes de jacasser comme une pie ? (parfois, ça démange, mais non, faut pas…)
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Tu veux pas te mêler de tes oignons et de ton pot-au-feu, juste pour voir ? (nan, elle peut pas… faut le savoir)
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Je comprends mieux pourquoi papa s’est barré avec la secrétaire (ouh, le vilain coup bas)
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T’es au courant, quand même, que passés 35 ans, les cheveux longs, c’est plouc à mort ?
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Mon nouveau mec, c’est un vrai dieu du tango horizontal ! (heu, pas sûr qu’elle ait envie de le savoir, ça)
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Mais merde, maman, lâche-moi ! (ça fait trop de « m » d’un coup)
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Non, je ne ferai pas de bébé tout de suite, alors trouve-toi un autre pigeon pour jouer à la mamie-gâteau (et c’est qui le pigeon qui fera la babysitter, le moment venu, hein ?)
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Ok, j’ai oublié la fête des mères, mais on s’en fout, c’est commercial à mort, ce truc, non ? (ben on verra ça à Noël, "commercial à mort" aussi, hein !)

25 juin 2007

Ainsi parlait Zara

zara_1Alors là, moi je dis, c’est un scandale. J’me suis fait avoir comme une débutante. Me faire dépenser tout cet argent d’un coup, alors que je disais encore la semaine dernière à mes copines que Zara, en ce moment, c’est nullach’ et que j’y trouve rien de beau, ça me fait passer pour quoi, maintenant ? Hein ?
Heureusement, j’ai ma botte secrète, mon arme infaillible, mon dernier-mot-Jean-Pierre : « ouais, mais tu sais, cette semaine j’avais pas trop le moral, j’avais besoin d’acheter un truc, n’importe quoi ». Ca marche à tous les coups. Entre greluches, on se comprend trop bien, y’a pas à dire.

Rhaaa, ça y’est, j’entends déjà les voix viriles soupirer. « Faich’, aujourd’hui, c’est un billet de meuf… ». Ben ouais. Plat du jour : chiffons et fanfreluches. Tout juste pêchés ce vendredi, on peut pas faire plus frais.
Homme, si t’as peur de te faire chier ici, tu peux aller voir ailleurs si on y est. J’ai bien envie de te dire que non, a priori, mais si ça t’amuse de chercher, après tout… (Et puis j’aime autant te prévenir, au passage, que des billets fringues et « craquage compulsif », tu risques de t’en farcir un paquet sur les blogs de nanas dans les jours qui viennent, rapport aux soldes qui démarrent mercredi.)

Bon, Zara, donc.

En règle générale, je ne suis pas une grande groupie de l’ami espagnol des fashionistas. Hé ho, ça va oui. Ne me regardez pas comme si je venais d’insulter votre famille sur trois générations. Moi, les pulls qui gratouillent, les pantalons aussi longs que les traînes des robes de mariées et les tuniques 100 % nylon ou polyester, j’adhère pas plus que ça, désolée. Y’a que les chaussures qui méritent mon attention, en admettant que j’arrive à me pointer dans les douze heures qui suivent la mise en rayon, rapport à ma pointure de pied archi-courante.

Pourtant, vendredi dernier, puisque j’avais une grosse heure à tuer en attendant un rendez-vous médical, j’ai décidé d’être indulgente et de donner à nouveau sa chance au produit. (C’est vrai, ce serait con de passer le temps en allant plutôt visiter une expo, manquerait plus que je me cultive en plus, et puis quoi encore !)

Rapide coup d’œil dans la boutique. « Tiens, c’est pas mal ça… oh, et ça aussi… et puis ça, ça, ça… et ça, là-bas, hop ! ».

zaraEt voilà qu’au final et à ma grande surprise (et je ne vous parle pas de la surprise pour ma carte bleue), je m’en tire avec une bonne pioche :
- u
ne tunique à motifs papier peint seventies qui souligne avantageusement la poitrine (tremble, Scarlett J., la relève arrive, ha ha !)
- une tunique légère à gros pois roses, non cintrée et qui donne des faux airs de femme enceinte (bon plan pour négocier une place assise dans le bus)
- u
n pantalon blanc qui, oh my god, ne met pas en valeur tous les défauts (so "soirée byblos à Saint-Trop’", isn’t ?)
- u
ne touche de jaune parce qu’il paraît que c’est de saison. (J’émets quelques réserves sur la compatibilité de cette couleur avec mon teint de demi-blonde, donc le simple t-shirt semble un moindre risque)
- u
ne robe couleur corail pour aller faire ma pétasse au bal des pompiers du 14 juillet (« Ouh la la, je crois que je me sens mal, au secours monsieur le pompier dans ton bel uniforme, vite, pimpon pimpon pimponnnnn »).
(Ouais, je sais, la photo est super moche. En même temps, si j'étais 'responsable vitrines' chez Zara, ça se saurait...)

En posant tous ces machins colorés devant la caisse, j’ai eu l’impression d’offrir un grand verre de vitamines C à mon armoire. Et un double shoot d’endorphines à mon petit moral en berne. Aaaaaaaaah, ça fait du bien.

Y’a-t-il des questions dans le public ? Oui, la jeune femme en bleu, au fond. Qué ? « Le montant du ticket de caisse final » ? … Heu, non, désolée, je ne comprends pas ce que vous dites, au revoir et merci d’être passée.

Morale de l’histoire : ne surtout pas prendre de rendez-vous médical aux alentours de la Place Vendôme ou de l’Avenue Montaigne. Ca risquerait de saigner à la banque en cas de « remplissage improvisé d’emploi du temps ».)

24 mai 2007

Chut...

chut_7# 2 : Heu, non… Ca, vaut mieux pas le dire à sa meilleure amie

-
Tu devrais freiner sur les Kinder Bueno à l’heure du goûter, toi…
-
Je rêve ou ton nouveau mec est vraiment très con ?
-
Elle est jolie ta jupe… mais elle m’irait vachement mieux à moi.
-
Ok, il t’a plaqué, mais là, tu vois, c’est la Nouvelle Star, alors je te rappelle demain.
-
Ca fait vraiment pute sur toi, le gloss rose.
-
Tu sais, la jolie robe Maje que tu m’as prêtée ? Ben maintenant, y’a un trou de cigarette gros comme ça dessus.
-
Ayé, j’ai choisi mon témoin pour mon mariage. Nan, c’est pas toi…
-
Heu… le collant résille sur tes mollets de footballeuse, c’était pas obligé, je pense.
-
Tu sais que c’est pas mal aussi, quand tu te tais un peu ?
-
J’aime bien faire du shopping avec toi, ça m’enlève tous mes complexes physiques.
-
Tu vas appeler ton fils « Rodney » ? Mouais, je trouve ça plutôt moche, mais ça lui ira bien.
-
Ah… dommage, ta coupe de cheveux. Vraiment… dommage…
-
Tiens au fait, j’ai croisé ton ex hier. Il était avec une nana canonissime, tu la connais ?
-
Elle est superbe ta bague, c’est juste con que tes doigts ressemblent à des Knackis, quoi…
-
Oui, je sais que ton mec est un dieu du tango horizontal. J’ai testé…
-
C’est marrant, tu me fais penser à une cocotte-minute quand tu danses !
-
Ce que j’aime avec toi, c’est qu’au moins, y’a pas de concurrence déloyale, niveau cellulite.
-
On va parler vomi, biberon et couches-culottes toute la soirée ou on peut changer de sujet ?
-
Mais non, tu ressembles pas à Laetitia Casta, la vendeuse s’est foutue de toi. Ou alors, elle parlait de tes dents.
-
J’ai un nouvel amoureux. En fait, c’est le tien…

Edit : Ouais, ok, j'avoue... j'y suis peut-être allée un peu fort, sur ce coup-là... Je peux parfois être trrrrrès langue de pute, hin hin...

Edit BIS : Bon... "on" me signale que je pourrais passer pour une vraie pétasse là, quand même. Ca m'ennuie un peu, malgré tout (si si, un peu...).

Alors je précise un truc, pour ceux à qui il faut mettre les points sur les i : Il est bien évident que non, je ne sors pas ce genre de phrase à mes copines, et que ce billet est caricatural au plus haut degré possible. Ou alors, il faut tout prendre au second quatrième degré.

Ok ok, c'était peut-être violent, au premier abord. Ca doit être le manque de sommeil des derniers jours qui me porte un peu sur les nerfs... ... ...

9 octobre 2006

Bulles de bruit

bulle_1

Paf. La bulle de chewing-gum vient de lui exploser en pleine tronche. Elle l’a pas volée celle-là ! Ca fait bien quinze minutes qu’elle me mastique son bout de glucose mentholé dans les oreilles et qu’elle tente vainement de faire des petites bulles avec. Franchement, à 8h36 un lundi matin, j’aurais pas pu trouver pire comme spectacle dans mon wagon de métro (enfin si, mais j’aime bien exagérer).
Evidemment, pour une fois que j’ai oublié mon Ipod chez moi, je dois me farcir comme voisine de voyage une réincarnation de vache espagnole, qui rumine consciencieusement depuis une dizaine de stations.
Le spectacle visuel en lui-même serait déjà fascinant : bouche ouverte à chaque mastication, mâchoire qui dérape copieusement vers la gauche, sans doute pour se donner un genre. Vous imaginez la pétasse adolescente revêche qui défie l’autorité maternelle du haut de ses douze ans trois quarts et vous avez l’image de ma petite peste de voyageuse.
Mais la garce a décidé de nous gratifier d’un spectacle « sons et lumières », et nous fait bénéficier de la bande sonore qui va avec le décrochage de mâchoire. De généreux « tchlaaaaaaacccc tchlaaaaacccc » bien sonores viennent donc ponctuer un déjà ô combien délicieux tableau. (oui, je sais, je retranscris assez mal le cri du chewing-gum mastiqué de plein fouet, mais je pense que chacun aura déjà une bonne vision globale du truc. Non ?)

La greluche qui lui sert de copine, et qu’on avait fini par oublier dans un coin du wagon tellement le spectacle nous prenait aux tripes, se met soudain à lui donner des conseils : « naaaan, mais faut que tu pousses avec ta langue, faut pas laisser l’air rentrer, sinon ça pète tout de suite, et la bulle se développe pas ». Mazette, c’est technique, ce truc. La punaise a l’air expérimentée en la matière.
S’en suit un long débat sur les pour et les contre de telle ou telle marque, plus efficace selon l’une pour réaliser de belles bulles. C’est passionnant, vous vous en doutez. Dans un coin de ma tête, je réalise à quelle point j’ai oublié les préoccupations vitales de mes années collège. Enfin au moins, pendant que ça jacasse, ça ne mastique plus. Manque de pot, je n’aurai jamais les détails du test comparatif Hollywood / Malabar / Freedent / Stimorol, j’ai du descendre du wagon avant la conclusion de la réunion de consommatrices…

Tout ça pour dire (parce que je voulais quand même dire un truc intéressant, au départ) que sans vouloir faire ma Nadine de Rothschild, un petit détour par les cases « j’apprends à mâchonner mon chewing-gum autrement qu’en ayant l’air d’une carpe » ou « évitez-moi de faire autant de bruit qu’un troupeau de truies affamées quand je me rafraîchis l’haleine », ce serait pas du luxe pour tout le monde.
Le prochain que j’attrape en train de me ruminer dans les tympans, je lui extirpe son chewing-gum de force et je lui étale dans les cheveux. Y’avait qu’à pas m’énerver, aussi… 

18 mai 2006

Tu vas sonner bordel !!!!???

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Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi un garçon dont on attend impatiemment le coup de téléphone n’appelle jamais aussi vite qu’on le voudrait ? C’est vrai, quoi ! Pourquoi faire poireauter les gens, comme ça ? Il a dit qu’il appelait, il  appelle, point. C’est pourtant simple.
Ou alors il précise. "Je t’appelle dans huit heures et quarante-sept minutes". A partir de là, je déclenche le chronomètre, et j’arrête de stresser inutilement.
Dans une de ses chansons, Bénabar parle de "trois jours minimum" entre le premier rendez-vous et le coup de fil de relance. C’est complètement crétin. Si on a passé un bon moment avec la personne, y’a pas de raison de le lui cacher pendant soixante-douze très longues heures. Enfin, moi j’dis ça, je parle pour moi, évidemment. Mais il n’empêche…
Soudain, la sonnerie tant attendue retentit enfin. Cœur qui bat. Mains moites. C’est lui ? C’est pas lui ? L’air de rien, on laisse passer trois sonneries, pour faire genre on n’a pas que ça à faire de se ruer sur un téléphone qui sonne. (Personne n’est dupe, mais tout le monde continue à le faire, alors pourquoi se priver). Ouf, c’est lui. Sinon, de toute façon, je décrochais pas, par peur d’encombrer la ligne.
Après les "bonjour, ça va" de base, un temps de silence. Inévitablement, comme il est un peu embarrassé, il demande sur un ton faussement dégagé "tu faisais quoi, là ?". Moi : "là ? Rien". Génial, quelle répartie, tu t’es pas foulée ma fille ! Mais je peux quand même pas lui dire que ça fait une heure que je suis assise sur le bord du lit, à fixer obstinément ce putain de téléphone, en murmurant des incantations pour l’obliger à se mettre à sonner d’une façon ou d’une autre. Ca ferait mauvais genre. Et légèrement tarée. C’est quand même pas le moment de le faire fuir, maintenant que je l’ai au bout du fil. Ca prend vite peur, ces bestioles-là. Prudence…

27 avril 2006

La bouche en coeur

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Non, cette photo n’a pas été prise au rayon Beauté du Monop’. Oui, tous ces tubes de rouges à lèvres, crayons et gloss appartiennent à la même personne. Moi ! Même pas honte d’abord ! J’assume pleinement mon addiction, d’autant que je sais de source sûre que je ne suis pas la seule… (non, Hélène, je ne citerai aucun nom, tu peux dormir tranquille !).

J’adoooooooore littéralement tous ces bidules servant à se peinturlurer les lèvres de toutes les couleurs. Et j’ai beau en avoir déjà au moins une trentaine (quoi ? oui, bon d’accord… une cinquantaine…), j’exulte toujours à la perspective d’aller fouiner dans les dernières nouveautés.

Bien sûr, dans le tas, j’utilise toujours les quelques mêmes tubes… mais il n’empêche que j’aime l’idée d’avoir le choix. Le choix entre les couleurs (rouge pétant, rose pétale, rose dragée, rose pouffiasse, orangé bonne mine, noisette grillée, aubergine écrasée), les textures (couvrant, transparent, glossy), les effets (mat, satiné, brillant, laqué, vinyle, métallisé), les applicateurs (raisin classique, pinceau, embout mousse, tube)…

Et puis j’trouve ça joli, moi, tous ces trucs colorés. Avec ça dans une pièce, on sait tout de suite qu’on est dans un appart de fille. C’est de la déco utile et à moindres frais, en somme. Non, je n’essaye pas du tout de me trouver des excuses. J’assume, j’ai dit !

Enfin voilà, vous l’aurez compris, si je suis en retard au bureau tous les matins, c’est souvent parce que je passe trois plombes à trouver lequel de mes petits trésors ira le mieux avec ce que je porte.

Mais ce qui est le plus étonnant dans l’histoire, c’est que dès que j’ai mis un peu de rouge à lèvres (ou de rose, ou d’abricoté… je ne suis pas sectaire, vous noterez) je me regarde dans le miroir et j’enlève quasiment tout, sous le prétexte que le rouge aux lèvres, ça ne me va pas si bien que ça, en fait. Comment ça, c’est bizarre, les filles ? Pfff, n’importe quoi !

30 novembre 2006

Les grands derrière, les petits devant

photos_2Les photos, je déteste. Je fuis les appareils comme le brushing de Paris Hilton fuit la pluie. C’est pas compliqué, y’a pas UNE photo sur laquelle je me trouve jolie. A l’extrême limite, dans mes bons jours, et quand je zieute rapidement, je peux éventuellement me trouver regardable sur quelques unes. Mais dans la plupart des cas, le verdict est sans appel : « fais voir de plus près ? Hannnnnnnnn : immonde ! ».
Hé ho ! Ricanez pas bêtement comme ça, parce que la grande majorité des filles font la même chose, je vous signale. Et je rappelle à bon entendeur que Kate, Naomi, Gisèle et Laetitia ne font pas partie de la « grande majorité » en question.

Ce qui me fait poiler, c’est de voir que les gens que je trouve beaux sur certaines photos se trouveront inévitablement atroces sur ces mêmes clichés. Et la réciproque est très vraie : dans les albums photos des copains-copines, c’est toujours les prises de vue où je me trouve vraiment « cheum »  qu’ils ont sélectionnées. Forcément, je râle que « tu pouvais pas trouver pire, peut-être ? ». Généralement, on me répond « non mais je trouve que sur cette photo, c’est vraiment toi », et ça me cloue le bec.

Non, définitivement, y’a un truc qui fait qu’entre l’objectif et moi, ça colle pas.

La palme d’or revient sans conteste aux photomatons, d’où je ressors systématiquement avec l’envie de chialer en hurlant à la mort « mais c’est pas possible ? C’est pas moi CA ? ». Faut dire aussi qu’ils ont mis le paquet, niveau parcours d’obstacle : lumière blafarde qui fait des cernes de vampire, fond de photo au choix blanc cadavérique ou blanc fantomatique, choix restreint de trois essais seulement. En même temps, si c’était permis de faire plus d’essais, je crois que j’y passerais la nuit, tellement y’a toujours un détail qui cloche : nez qui brille, sourire de ‘ravie de la crèche’, yeux mi-clos, cheveux flappis, tête penchée comme le chien-chien à l’arrière des bagnoles, et j’en passe.

Sur ma carte d’identité, j’ai du bol, j’ai réussi à fourguer à la préfecture la seule et unique photo de moi pas trop moche. Ca fait déjà huit ans que je me trimballe fièrement mon bout de carton plastifié, avec l’air de dire « même pas honte, moi, d’abord ! ». Parce qu’il y en a, quand même, leur photo de carte d’identité, j’voudrais pas avoir l’air de cafter ou de glousser, mais bon… voilà quoi.
Et puis un jour, quelqu’un que je pensais être mon ami (mais en fait, non) m’a dit un truc dans le genre « c’est marrant, ça te ressemble pas du tout ». J’ai gardé la tête haute, rangé ma dignité dans la poche de mon jean, et effacé son numéro de mon répertoire. Mais depuis, clairement, je la ramène un peu moins.

Manque de pot, la carte d’identité en question expire dans environ deux ans. Et je commence déjà à avoir des poussées de sueur en songeant qu’il va falloir que j’en repasse par la case « torture au flash aveuglant et tabouret qui couine ».

Quant à mon permis de conduire, autant vous avertir tout de suite, faudra d’abord me passer sur le corps et me torturer à mort : à moins que vous ne portiez un uniforme, que vous ne vous appeliez « Monsieur l’agent de police » et que vous n’employiez des mots comme « contrôle des papiers afférents à la conduite du présent véhicule », c’est pas demain la veille que vous pourrez vous foutre de moi en admirant ce chef d’œuvre. Là, vous pouvez toujours courir. Mon permis, je l’ai planqué au coffre, je ne le sors qu’en cas extrême. Mais pour vous donner une idée, quand même, c’est simple : on dirait un Picasso, le côté artistique en moins. Ca laisse songeur, je sais.

Allez, cheeeeeeeeeeese. Clic clac, merci Kodak. Enfin, « merci », ça dépend pour qui, hein…

PS : Je sais pas ce que j’ai avec mes titres de post en ce moment, mais 9 fois sur 10, c’est un titre de chanson. « Et alors ? », me direz-vous. C’est vrai… Et alors ? …

3 avril 2008

Sur liste d'attente

listeJe n’apprends rien à personne en avouant que je suis une grosse feignasse. Du coup, au lieu de vous pondre un joli petit texte tout propre tout beau, j’ai cédé à la facilité de la fin de semaine, et je suis allée piquer ce questionnaire sur d’autres blogs. Je sais, c’est moche. Mais boudez pas, ça va nous occuper un peu, quand même.

Voilà une centaine d’items. En gras, ce que j’ai déjà fait, vous allez voir, il reste du boulot. (En même temps, je ne dénonce personne parce que je ne sais pas qui a écrit ce questionnaire à la base de la base*, mais y’a des trucs, je tiens personnellement à ne jamais les mettre en gras).

1. Payer votre tournée dans un bar : Ouais, allez, Ginfizz pour tout le monde !
2. Nager avec des dauphins dans l’océan. Non, moi je me contente des méduses. Super, Michel.
3. Escalader une montagne.
4. Conduire une Ferrari.
5. Visiter les Grandes Pyramides : je me suis contentée de les regarder de dehors, à vrai dire. Peur d’être claustro.
6. Porter une tarentule : T’as raison, ouais !
7. Prendre un bain avec quelqu’un à la lumière des bougies
8. Dire « je t’aime » en le pensant vraiment : du moins, à l’époque, je crois que je le pensais…
9. Prendre un arbre dans vos bras.
10. Sauter à l’élastique, dans la cour de récré : Ah oui, évidemment ! Elastique, marelle, chat perché, 1 2 3 soleil et tout le reste !
11. Visiter Paris. En même temps, vu que j’y habite, peut-on vraiment dire que je « visite ».
12. Regarder un orage sur la mer
13. Rester éveillée toute la nuit pour regarder le lever du soleil. Non, mais pour attendre les premiers croissants du boulanger, oui.
14. Voir une Aurore boréale.
15. Aller dans un grand événement sportif :
en spectateur, je vous rassure, dès fois que certains croiraient que…
16. Faire pousser et manger vos propres légumes : J'ai tenté le coup une fois. J’ai du me contenter d’une micro tomate cerise. Comme ca faisait un peu léger pour la semaine, j’ai remballé mes plantations vite fait bien fait.
17. Mentir : C’te blague…
18. Toucher un iceberg 
: les seuls icebergs tolérés chez moi, c’est dans mon verre, sous forme de glaçon.
19. Dormir sous les étoiles : trop peur des sales bêtes.
20. Changer la couche d’un bébé : oui mais non.
21. Faire un voyage en montgolfière. C’est ça, prends-moi pour Jules Verne, aussi.
22. Voir des étoiles filantes : mais j’attends toujours la réalisation des vœux faits ces jours-là. Encore du pipeau, ça, tiens !
23. Être saoule avec du champagne
 : « être saoule » tout court suffisait, comme question.
24. Donner plus que vous ne pouviez à une œuvre caritative : Ben non, et mes fringues Maje, après, je fais comment ?
25. Observer la nuit avec un télescope.
26. Participer à un record du monde.
27. Faire une bataille avec de la nourriture : avec du yaourt, à la cantine du lycée. J’ai honte. Mais j’en rigole encore.
28. Demander votre chemin à un étranger
29. Voir une éclipse totale
30. Escalader une dune
31. Écraser un animal en voiture
32. Danser comme une folle sans se soucier de qui vous regarde : mais j’étais toute seule chez moi, ca compte moyen, du coup ?
33. Adopter un accent pour une journée entière
34. Se sentir vraiment heureux, même un court moment : encore heureux !
35. Avoir deux disques durs sur votre ordinateur
36. Prendre soin de quelqu’un de saoul
37. Danser avec un inconnu
38. Observer les baleines dans l’océan :  j'aimerais bien, ça...
39. Voler un panneau : ça collerait pas trop avec ma nouvelle déco, je crois
40. Entreprendre un long voyage sur la route : "sur la route, tadam tadam tadadadaaaaam, sur la rouuuuuuute"
41. Escalader des rochers
42. Faire une balade de minuit sur la plage
43. Faire du parapente
44. Visiter l’Irlande
45. Avoir le cœur brisé plus longtemps que vous n’aviez été amoureux : pas vraiment le coeur brisé, mais être sacrément à la ramasse, oui
46. Au restaurant, vous asseoir à une table d’inconnus et manger avec eux : non, mais j'ai des potes qui l'ont fait. Et c'était pas intentionnel (et le pire, c'est que non, ils n'étaient pas saouls) (je sais, c'est grave).
47. Chanter dans un karaoké. Faut se lançer, c’est le plus dur. Mais après, y’a moyen de bien bien se marrer.
48. Traîner au lit une journée
49. Jouer au football : et puis quoi, encore ?
50. Faire de la plongée sous-marine
51. S’embrasser sous la pluie : mais seulement si je ne crains plus rien pour mon brushing
52. Jouer sous la pluie : Call me ‘mimi cracra’
53. Être dans un théâtre de plein air : C’était en plein Central Park, les acteurs se déplaçaient en même temps que le public les suivait, et c’était canon.
54. Visiter la grande Muraille de Chine
55. Créer votre entreprise
56. Tomber amoureux sans avoir le cœur brisé
57. Visiter d’anciens monuments
58. Suivre un cours d’arts martiaux : j’ai vaguement tenté le self-defense, il fut un temps.
59. Jouer à la XBox pendant 6h d’affilée : comme si j’avais pas des trucs plus intéressants à faire
60. Être marié
61. Tourner dans un film : mais c’était pour 5 minutes de figuration, et je ne sais même pas si la scène a été conservée au montage final
62. Organiser une fête surprise
63. Être divorcé (putain, ca va vite en besogne ici. On se marie et on divorce en 3 numéros, hop !)
64. Ne pas manger pendant 5 jours : Et la marmotte…
65. Faire des biscuits à partir d’un sachet tout prêt : ca fait illusion et ça laisse pas la cuisine dans un bordel sans nom. Tout bénéf’ (oui, et aussi parce que je suis une grosse feignasse, mais je l’ai déjà dit !)
66. Gagner le premier prix à un concours de déguisement : genre je participe aux concours de déguisement. S’il vous plait, quoi.
67. Conduire une gondole à Venise : « laisse les gondoles à Venise »
68. Etre tatoué : non mais piercée, au nombril
69. Faire du canoë-kayak
70. Être interviewée à la télévision
71. Recevoir des fleurs sans raison particulière : c’est plutôt plaisant, d’ailleurs.
72. Jouer sur une scène : Je connais par cœur l’acte I du Cid, pour tout vous dire. Mais ça s’arrête là.
73. Être à Las Vegas
74. Enregistrer de la musique bah oui, de CD à cassette, ça s’appelle enregistrer de la musique, non ?
75. Manger du requin : je sais que je l’ai fait, mais j’en ai aucun souvenir.
76. S’embrasser dès le premier rendez-vous : mais c’était un très long rendez-vous, aussi…
77. Être en Thaïlande : mais je préfère Bali, ‘scusez-moi, hein.
78. Acheter une maison : un appartement, ça compte kif-kif, non ?
79. Enterrer un de vos parents
80. Faire une croisière : sur le Nil, toujours avec ces fichues Pyramides du n°5
81. Parler plus d’une langue couramment
82. Élever des enfants : mais ça viendra, j’ai la foi
83. Suivre votre chanteur favori en tournée :
faut pas pousser mémé, quand même ho !
84. Faire une randonnée en vélo dans un pays étranger : faut pas pousser mémé… ah je l’ai déjà dit ça.
85. Déménager dans une autre ville pour une nouvelle vie : j’imagine que pour 8 mois ça compte pas ?
86. Manger des fourmis : on m’a proposé des sauterelles grillées aussi, au Mexique. Mais je crois que vous ne savez pas bien à qui vous avez affaire. Je suis pas une aventurière en matière de bouffe, moi. Du tout.
87. Marcher sur le Golden Gate Bridge
88. Chanter à tue-tête dans votre voiture et ne pas avoir arrêté alors que vous saviez qu’on vous regarde.
89. Subir de la chirurgie esthétique
90. Survivre à un accident duquel vous auriez pu ne pas survivre : c’est glauque, ce genre de question…
91. Écrire des articles pour une grande publication : La Tribune.fr, ça compte pas, hein ? si ?
92. Perdre plus de 18 kg : oui, c’était ma valise. Merci Air France. (ha ha, non ?)
93. Soutenir quelqu’un qui perdait connaissance
94. Piloter un avion : gnéééééééééééé ?
95. Toucher une raie vivante
96. Briser le cœur de quelqu’un : je crois que oui…
97. Aider un animal à donner naissance : non, mais j’ai regardé faire le chat de ma mère. Et puis après, je suis allée vomir.
98. Gagner de l’argent à un jeu télévisé. Non, mais 300 euros à un ticket de grattage, c’est pas mal aussi.
99. Vous casser un os
100. Percer une autre partie de votre visage que les oreilles : le bidou, oui.
101. Utiliser un revolver ou autre arme à feu : ben oui, bien sûr, tous les jours. Non mais QUI a écrit ce questionnaire, bordel ?
102. Monter un cheval : putain, plus jamais…
103. Subir une importante opération
104. Avoir un serpent comme animal de compagnie : Non mais… hoooooo !
105. Dormir plus de 30h d’affilée. 30 ? Faut pas déconner, là, quand même.
106. Visiter tous les continents : Merde, me manque l’Océanie.
107. Faire une randonnée en canoë de plus de 2 jours : le type qui a écrit ce questionnaire a un truc avec les canoë-kayaks, j’en suis sûre.
108. Manger du kangourou
109. Manger des sushis : yep, le poisson cru, ça me pose pas de sushis (tchic tchic paaaam)
110. Avoir votre photo dans le journal : journal écrit oui. Claire Chazal m’attend encore, par contre.
111. Changer l’opinion de quelqu’un à propos de quelque chose qui vous tenait vraiment à cœur : quand je suis certaine de mon coup, je ne lâche pas l’affaire.
112. Reprendre vos études : ah non hein ! bac + 5, c’est déjà bien comme ça.
113. Faire du parachute : sûrement pas !
114. Porter un serpent : sûrement pas ! (bis)
115. Construire votre PC à partir de différents morceaux : non mais vous m’avez bien regardée, vous ?
116. Raser votre tête
117. Sauver la vie de quelqu’un : j’attends le bon moment.

Pfffou, c’était longuet, ce truc, dites. Bilan des courses : 45 / 117, soit 38,5 % (et là, j’ai fait ma dose de maths pour le mois).

Bon, super…

Promis, la semaine prochaine, on revient à des choses plus "textuelles".

(Questionnaire piqué chez Hélène)

* copyright L'île de la Tentation, saison 2007. J'adore.

6 novembre 2006

Pole position

pole_dance_4Dans le genre « idées saugrenues », Caroline nous en a dernièrement trouvé une bien bonne : aller tester un cours de pole dance au mythique club parisien Pink Paradise. « Qu’est-ce que c’est, madame, la pole dance ? ». C’est de la danse acrobatique et sensuelle autour d’une barre métallique verticale.

J’en vois déjà qui crient au scandale : c’est vulgaire, aguicheur et trop associé à l’univers sulfureux des strip-teases. Oui mais non, j’ai envie de dire. Bien sûr, l’idée de base reste de développer toute la sensualité qui est en nous (ahem...) et d’apprendre à exploiter tout notre potentiel érotique (fait chaud là, non ?). Mais c’est aussi une excellente façon de se dessiner un corps de rêve, puisque les exercices de pole dance requièrent une bonne musculature et une souplesse de félin.

Devant tant d’arguments, Deedee, et moi-même avons décidé fièrement de relever le défi de Caroline. C’est toutes les quatre que nous irons nous transformer en bombe sexy au Pink Paradise. Restait plus qu’à…

J’empoigne donc mon téléphone pour m’inscrire au prochain cours, et demander par la même occasion quelques détails. « Vous prenez un jogging pour l’échauffement, des talons hauts et un short pour la danse ». Premier gloups : un short ? Ah mais ça va pas être possible, ça, ma p’tite dame. Déjà parce que j’en ai pas, de short, et ensuite parce que non. Je sais bien que le ridicule ne tue pas, mais j’ai mes limites quand même. Ce sera bidouillage avec mon vieux jogging. Point barre.

Le jour J, nous arrivons une à une devant le Pink Paradise. Deuxième gloups : la porte d’entrée est ultra moche, on se croirait devant un garage automobile désaffecté à Nogent-le-Rotrou plutôt que devant l’un des clubs de strip-tease les plus réputés de la capitale. Pour un peu, je tournais les talons direct.

Enfin quand faut y aller, faut y aller. On ne va pas se dégonfler si près du but, moi aussi je veux un corps de rêve ! En plus de nous quatre, deux autres « élèves » se sont inscrites. Ce qui fait un cours de six personnes. Troisième gloups : je pensais pouvoir me fondre dans la masse, mais en étant si peu nombreuses, la prof ne nous lâchera pas d’un œil, c’est clair.

L’échauffement commence. Ca rigole, ça papote et ça pouffe au rythme des étirements et des petits sauts. La prof se marre, elle sait que dans dix minutes, on n’aura plus de souffle. C’est pas faux : quand vient l’heure de faire les abdos fessiers et les pompes, y’a plus personne pour ricaner, et tout le monde souffre en silence. Quatrième gloups : je vois d’ici les courbatures que je vais me taper demain. Ca déconne pas, la pole dance, dis donc.

C’est pourtant maintenant que les choses se corsent : talons chaussés, face à la barre, on attaque les mouvements de danse. Déhanchements à droite, cambrements à gauche. La prof nous demande de nous familiariser avec la barre, de nous lâcher un bon coup, de « faire les crâneuses ». Cinquième gloups : moi je voudrais bien faire la crâneuse, mais vu que je me sens sexy comme une dinde en string, j’ai un peu de mal à « ondouler » mon corps dans tous les sens.

Les mouvements se compliquent de plus en plus : petit pont, grand pont, coucher de soleil… La prof nous fait de belles démonstrations, sexy en diable. Vu de loin, ça a l’air hyper simple à faire. Sixième gloups : vu de près, c’est infernal. Mes talons se prennent dans la moquette, je perds sans cesse l’équilibre, et j’ai la paume des mains qui brûle à force de frotter à la barre. Pour la glamour attitude, on repassera, merci bien.

Vient le moment de faire une mini chorégraphie, histoire de dire qu’on sait enchaîner trois quatre mouvements en ayant l’air d’avoir fait ça toute notre vie. Prince en fond sonore nous susurre Kiiiiiiiiisssssss, et je dois à la fois me concentrer sur mes pas, compter les temps, vivre la musique et sourire. Septième gloups : sourire, ça je sais faire. Pour le reste, heu…

Le cours se termine par une petite séance d’improvisation, qui se révèle être une vraie torture. J’ai beau essayer de mettre en application ce que je viens d’apprendre, j’ai plus l’impression de faire mes courses chez Picard que de réaliser un show torride. Huitième gloups : le côté tigresse que je devais faire ressortir de moi, selon la prof, est resté sagement enfoui sous des tonnes de pudeur, de timidité et de complexes.

Définitivement, la pole dance, c’est pas mon truc. Trop acrobatique et aguicheur pour moi. Je vais plutôt me mettre à la salsa, c’est nettement plus reposant.
Il n’en reste pas moins que ce matin, en prenant le métro, j’ai regardé la barre au milieu du wagon d’un nouvel œil…


Cours de pole dance dispensés par la Pink School, au Pink Paradise

01 58 36 19 20

1 juin 2006

Humeur de chien

chien

Ouh-la-la. Attention les gens. Tous aux abris, planquez-vous, sortez les boucliers, éloignez les enfants, la vaisselle fragile et les objets qui volent trop bien. Je suis en pleine crise de SPM. Quoi qu’est-ce, allez-vous me dire ? Le SPM : syndrome pré-menstruel. Oui je sais, ce terme est on ne peut plus glamour. Pour ceux qui auraient besoin qu’on leur fasse un dessin, on désigne par ces mots la période précédant les règles, durant laquelle une femme sur quatre (quelle chance, j’en fais partie !) fait preuve de susceptibilité exacerbée, d’irritabilité puissance quatre et de sautes d’humeur assez phénoménales. Sympa hein ?
Et bien là, je suis en plein dedans. Tout m’énerve. Tout. Les ramollos dans le métro, les gens qui ne savent pas marcher droit dans les couloirs, les greluches en bande qui paillent, les clients au téléphone qui ne savent pas formuler clairement leur question, les sites internet et les blogs qui moulinent, les gens qui me contredisent, le chat qui miaule pour avoir un câlin, l’eau des pâtes qui met trois plombes à bouillir, le générique de la Nouvelle Star, la journée qui n’en finit plus, bref…
C’est marrant comme je me vois me transformer en Hulk au féminin durant cette courte période récurrente. Parfois, je m’étonne moi-même de me mettre dans de tels états pour des broutilles. Et puis après, j’aperçois ma plaquette de pilule vide, et je sais.
C’est normal, me dis-je alors pour me rassurer. T’inquiète pas ma biquette, la vie n’est pas si noire, c’est juste ta plaquette rose qui est en stand-by. Ca ira mieux dans quelques jours…
Oui, mais en attendant, j’en vois des vertes et des pas mûres. Je dors mal. Je me sens vulnérable. Je suis tendue comme un string à Rio. Je me vexe pour la moindre remarque. Parfois même, je fais mon Caliméro, et je verse une ou deux larmes de frustration, tellement la vie est "trop inzuste" avec moi.

N’allez pas croire que je suis anormalement constituée. Il parait que ce phénomène est simplement du à la chute brutale d’oestrogènes reçus par le corps à la fin de la plaquette (ou un truc dans le genre, j’avoue que j’ai pas retenu les détails, une fois que j’ai compris que je n’avais pas la tare du siècle). La gynéco a eu l’air de dire qu’il suffisait de prendre des petits comprimés d’hormones le temps de l’arrêt de la plaquette, pour compenser cette chute d’oestrogènes. Et bien non. Je regrette, mais je suis formelle : elle s’est plantée. Ca marche que dalle.
Demandez à mon entourage, il n’a constaté aucune amélioration de l’humeur grâce à cette méthode. Il aurait même plutôt tendance à prendre le large durant les quelques jours dangereux, je dirais. Enfin ce n’est pas plus mal, étant donné que dans ces périodes-là je ne supporte plus personne, et que je vire à la mégère non apprivoisée surtout avec les gens qui me sont le plus proches, bizarrement. Les autres, ils m’énervent tout autant, mais j’arrive à rester zen et à tout intérioriser. Pour mieux craquer ensuite avec les personnes que je connais bien, évidemment. C’est d’ailleurs dommage de constater que finalement, dans ces moments-là, c’est envers les gens auxquels on tient vraiment qu’on manque le plus de courtoisie, de gentillesse et de patience. Ca devrait être l’inverse, non ?

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