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Gin Fizz
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24 juillet 2006

La vie en rose

pink(Trois ans après tous les autres, pour cause de non-accès à Internet durant le week-end !)

Samedi dernier, c’était la première édition de la Pink’d Party, organisée par Victor au Zoco Bar : toute une floppée de blogueurs et amis de blogueurs vêtus de rose et buvant de la téquila fraise, ça a de quoi intriguer, c’est sûr !
En tant que petite nouvelle dans la blogosphère (trois mois, c’est que dalle, comparé à certains vétérans), ce rendez-vous était ma première vraie rencontre entre blogueurs, et j’y allais avec beaucoup de motivation et un peu d’appréhension à l’idée de ne connaître personne.
En même temps, étant officiellement la centième inscrite, Victor m’avait promit un cadeau : je ne pouvais pas faire marche arrière (comment ça, je suis une fille intéressée, qui a prononcé ce mot ?).
Une fois sur place, je me sens un peu comme un cheveu au milieu de la soupe. Tout le monde a l’air de se connaître depuis des lustres, et j’ai l’impression de faire tâche dans le tableau. Heureusement, je resitue très rapidement grâce aux photos de la Fraise Mob 3 quelques frimousses de blogueuses que je connais virtuellement.
Petit à petit, téquila-fraise aidant peut-être un peu, les liens se nouent plus facilement, et un début de rencontre qui me laissait perplexe se transforme finalement en soirée très agréable, pleine de rires, de bonne humeur et de jolies rencontres.
C’était un grand plaisir de rencontrer « pour de vrai » La Méchante pas si méchante, Célinette l’impertinente, Jo...elle l’attachante et Larcenette la pétillante.
Message spécial à mes autres compagnons de fin de soirée, Astigo, Guiyom, Matthieu, Peter et Eric : j’ai fini les pieds en sang (non, je n’exagère jamais) à cause de mes fucking shoes, et je vais pouvoir relancer le cours de l’action Hansaplast et Mercurochrome avec tous les pansements dont je vais avoir besoin. Promis, la prochaine fois, je mets des tongs !
Merci à Astigo pour m’avoir déposée devant ma porte malgré l’heure plus que tardive. (Tu voulais que je te remercie dans mon billet et que je vante ta galanterie légendaire, voilà qui est fait !!! ;-) )
Remerciements également à Raphaël, mon binôme d’interview de fin de soirée devant la caméra de Patrick de Dekablog. Y’a pas à dire, on a été brillant – c’est le mot juste je pense - de répartie ! Même s’il a boycotté le rose (shame on him !).
Enfin merci à Victor pour l’organisation de la soirée, et pour le cadeau de la centième inscrite : une belle bouteille de téquila à la fraise, en avant première française, s’il vous plait.

C’est quand qu’on va où pour la prochaine soirée ? 

EDIT du 25/07 : pleins de vidéos de la soirée ici !

 

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21 juin 2006

Compte à rebours

liste1A l’approche de la trentaine, les filles sont souvent prises de "listoïte aiguë", et s’amusent à noircir des pages sur tout ce qu’elles doivent avoir fait avant de souffler leurs trente bougies. Je n’échappe pas à la règle. Il me reste donc environ un an et demi pour (entre autres) :

- Passer un réveillon sous les tropiques avec mes potes (et revenir dorée de partout quand tout le monde a une horrible trace de lunettes de ski sur la trogne)
- Consulter une voyante (juste pour le fun)
- Jeter mes lettres d’amour d’il y a quinze ans (celles où on peut lire des trucs du genre "I love you forever" parce qu’à 12 ans, ça fait in de parler en anglais)
- Arrêter de me ruiner en produits de beauté de grande marque juste au prétexte que ça fait plus joli dans la salle de bain (même si un tube de crème Avène ne vaudra jamais un flacon Dior)
- Apprendre à dire non fermement et rapidement au télévendeur qui cherche à me vendre une yaourtière en promo ou une assurance contre vol/incendie/dégât des eaux/tremblement de terre/tsunami/attaque aérienne de terroriste/invasion de sauterelles dévoreuses de chair humaine/épidémie de pigeons atteint de grippe aviaire (non, je ne veux plus écouter les discours des télévendeurs qui suivent mot pour mot leur texte sans y mettre le ton et la conviction)
- Ne plus regarder "Y’a que la vérité qui compte" (même du coin de l’œil)
- Réussir un Sudoku force 4 (juste pour la gloire)
- Visiter l’Australie (enfin…. un bout, au moins)
- Jeter mes cours d’anglais et d’allemand de fac (de toute façon, personne ne me croit quand je dis que je vais m’y replonger un peu) (et pour cause)
- Arrêter d’avoir une penderie qui ressemble à une rétrospective des dix dernières années, à force de tout garder parce que "ça peut encore servir" (car non, ce pull à rayures vertes et mauves ne pourra décemment plus être porté, à moins d’être invitée à une soirée "mes goûts de chiotte en matière de fringues")
- Limiter les goinfrages de Car-en-sac et Dragibus (ché bon, mais cha colle aux dents !)
- Réussir les créneaux du premier coup (même sur la gauche)
- Goûter une huître (sans faire la grimace)
- Avoir un appart avec un dressing comme celui de Carrie Bradshaw dans "Sex and the City" (il est permis de rêver, non ?)
- Savoir marcher avec des talons aiguilles (pas gagné)
- Savoir courir après le bus avec des talons aiguilles (pas gagné du tout)
- Cuisiner autre chose que la quiche lorraine et le tiramisu (les spaghettis carbonara ne comptent pas)
- M’intéresser un tout petit peu plus à la politique (c’est le moment ou jamais !)
- Avoir enfin un avis tranché sur les films de Woody Allen (les "oui, mais", c’est plus possible)
- Engueuler haut et fort les mecs aux mains baladeuses dans le métro, au lieu de seulement les fusiller du regard (parce que se taire en montrant qu’on a pigé leur manège, ça doit les exciter un peu plus, ces sales pervers !)
- Arrêter de chanter à tue-tête "Tu m’oublieras" de Larusso (sauf sous la douche, où tout est permis)
- Admettre que si je suis chez moi le samedi après-midi, je regarde volontiers "Sous le soleil" (hé bah quoi ? Pas vous, peut-être ?)
- Aller dîner seule au restaurant si j'en ai envie (sans me sentir jugée et observée par les autres clients)
- Stopper une fois pour toute l’eau de toilette "Tartine & Chocolat" (et ce, même les jours de grande régression)
- Avoir (un peu plus) confiance en moi
- Dire merde à mon père (qu’il comprenne que je n’ai plus huit ans)
- Oser plus (en règle générale) (c’est vague, je sais, mais ça veut dire beaucoup de choses pour moi)
- Dire "je t’aime" la première (pour voir, comme ça…)

9 juin 2006

J'peux avoir un échantillon ?

_chantillon

Pour renifler les effluves de la dernière fragrance Sassenbon, tester le rendu satiné du nouveau fond de teint aux particules de poudres micro-ionisées, ou tout simplement remplir de façon light sa trousse de toilette le temps d’un week-end, il faut l’avouer, les échantillons, c’est quand même bien pratique. Dommage qu’il faille presque mener le parcours du combattant pour en obtenir…
Il faudrait quand même que l’on m’explique une chose. Si j’en crois mon Petit Larousse illustré (qui commence à dater un peu, mais devrait encore faire l’affaire sur ce coup-ci), un échantillon se définit comme "une petite quantité de marchandise qui donne une idée de l’ensemble et permet d’en faire apprécier la qualité".

Jusque là, je suis d’accord. Là où je ne le suis plus, en revanche, c’est sur la personne qui va être amenée à "apprécier la qualité", justement. Parce qu’aux dernières nouvelles du front, un échantillon, c’est quand même bien fait pour donner envie aux consommatrices d’acheter. Pas fait pour que les vendeuses gardent tout pour elles et leurs copines, si je ne m’abuse !
Or, je ne sais pas si vous l’avez remarqué comme moi, mais j’ai la désagréable impression qu’aujourd’hui, il faudrait presque supplier les vendeuses pour qu’elles acceptent de nous donner quelques exemplaires de ces spécimens en voie d’extinction. On pourrait même - n’ayons pas peur des mots chocs - parler carrément de mission commando. Attention les filles, chaussez les godillots, serrez les mousquetons, affûtez les piolets, c’est parti pour la chasse aux échantillons !
Une règle d’or à connaître si vous souhaitez jouer les Lara Croft de la beauté. Retenez d’ores et déjà que si vous n’avez pas claqué au moins soixante-dix euros en eau de toilette, gloss et anti-cernes, vous ne tirerez rien de votre conseillère en parfumerie. Elle a des consignes, voyez… elle ne donne qu’aux braves filles qui ont déjà compris que pour avoir le droit de tester un nouveau produit, il faut auparavant s’être ruinée en produits relativement moins nouveaux.
Si malgré cette règle, vous osez, malheureuse, demander un échantillon à votre vendeuse, vous aurez sans doute droit à un regard condescendant et à un soupir à peine dissimulé lorsque celle-ci glissera dans votre sac un petit sachet de fond de teint, que vous auriez tout aussi bien pu vous procurer dans les pages publicitaires des magazines de filles. Elle se gardera bien de vous donner les flaconnettes toutes mignonnettes de sérum "spécial teint de bébé" ou les autobronzants "retour d’Ibiza". Pas folle la guêpe ! Elle se les garde pour elle, toutes ces merveilles gratuites !
Dans cette jungle embaumée qu’est le monde de la parfumerie moderne, certaines G.I. Jane tirent toutefois leur épingle du jeu et parviennent à extorquer (le mot n’est pas trop faible) trois ou quatre échantillons d’un coup, sans trop s’alléger le porte-monnaie ou s’égratigner l’amour-propre. Fières d’elles, pensez-vous ? Ha ha ! Jetez donc un œil sur leurs trombines déconfites lorsqu’elles découvriront que leur précieux butin se résume à des échantillons de parfums masculins ("heu, c’était pour MOI que je voulais un échantillon, madame") et qui plus est, d’une fragrance vieille de dix ans. Autant dire que pour un échantillon supposé nous faire découvrir les vertus d’un nouveau produit révolutionnaire aux effets magiques, on repassera, merci bien !
Mais ne soyons pas trop mesquine. Il arrive parfois que notre chère conseillère s’avise d’elle-même de nous gratifier d’un de ces petits cadeaux. Généralement, elle arbore son plus joli sourire pour nous asséner un "je vous ai mis un échantillon du nouveau gel purifiant spécial peaux à problèmes, avec ça, vous verrez, vos pores dilatés se verront moins", ne nous laissant alors que le choix de répondre par un sourire amer et forcé, le regard lanceur d’éclairs fulguropoings et les joues rosies de honte (oui, merci, je sais, j’ai 28 ans et encore des problèmes d’acné).
Remarquez, bientôt, le problème sera entièrement réglé, puisque les échantillons seront payants. Les marques ont déjà flairé le filon, d’ailleurs. Elles proposent leurs échantillons en guise de cadeau pour plusieurs produits achetés. Vous savez, le coup des trois doses d’essai spécial trousse week-end. C’est-à-dire qu’il faut toujours payer pour obtenir les précieux petits trésors, mais maintenant, on nous le dit clairement.
Mon conseil du jour : pour faire le plein d’échantillons, y’a pas trente-six solutions. Je n’en vois personnellement qu’une seule : devenez vous-même "conseillère en parfumerie", et vous pourrez tous les garder pour vous. Bon, sauf les échantillons de parfums masculins existant depuis dix ans, cela va sans dire…

30 mai 2006

Mon voisin le chieur

immeuble

Paraît qu’aujourd’hui, c’est la fête des voisins. Vous savez, la journée "immeubles en fête", où on est supposé tous se retrouver ce soir à l’heure de l’apéro, dans la cour fleurie de notre immeuble, pour partager avec ses aimables voisins quiches lorraines, taboulés et plateaux de fromages dressés sur de jolies nappes à carreaux rouges et blancs. (Moi, cliché ? Certainement pas).
Pfff, laissez-moi rire deux minutes, voulez-vous ? Le type qui a inventé ce concept de voisinage en fête a sans doute beaucoup d’humour, mais il n’a certainement jamais posé le bout d’un orteil dans mon immeuble, je parie. Sinon, son concept, il l’aurait relégué aux oubliettes, et plus vite que ça !
Parce que chez moi, la fête de l’immeuble, c’est tous les jours, et pas dans le meilleur sens qui soit.

Déjà, j’ai la chance d’habiter au premier étage, juste au dessus d’un petit restaurant de poissons. Voilà, je vous vois esquisser une grimace, je pense que vous avez compris ce que je voulais sous-entendre. Hé bien bizarrement, je suis plutôt vernie côté odeurs, ça ne sent que très rarement la poiscaille. En revanche, j’ai tout un tas d’autres emmerdements assez sympathiques. Du genre la soufflerie d’aération de la cuisine en permanence, et ce jusqu’à la fin du service (grosso modo, on table sur 1h30 du mat, en moyenne). Ou bien la sortie des poubelles, soit à la fin du service (donc pour ceux qui suivent, ça n’a pas changé en deux lignes, c’est encore vers 1h30 du mat), soit à l’inverse, très tôt le lendemain matin, avant le passage des éboueurs, vers 6h et des bananes. Génial, non ?
Mais surtout, j’ai le droit d’entendre en long en large et en travers toute la vie de Momo et J-B, les deux garçons de cuisine, qui se tapent allègrement la discut’ à n’importe quelle heure du service, et ce dans la petite cour située juste devant la fenêtre de ma chambre. Savoir que J-B s’est encore engueulé avec sa copine parce qu’elle est trop "pète-couille" (fin de citation), ça ne me dérange pas à 20h, mais quand je me tape leurs engueulades téléphoniques à 1h du matin, ça me donne envie de hurler à travers les volets. Surtout que la copine en question doit être ultra sourde, en plus d’être "pète-couille", à en croire le volume sonore utilisé par J-B pour lui brailler dessus.
Heureusement pour moi, le restaurant est fermé le samedi midi et le dimanche, ce qui me permet quand même un minimum de grasse matinée les week-ends. Sans quoi, je pense que j’aurais déjà pété un fusible. Sans sommeil, je deviens vite irascible. Mais qui pourrait m’en vouloir, hein ?
Mis à part le restaurant, mes autres voisins se sont aussi révélés excellents joueurs au jeu du "qui fait le plus de bruit à n’importe quelle heure sans se soucier du fait que peut-être il dérange ses voisins".
La voisine du dessus n’a sans doute pas appris qu’on est bien mieux en charentaises chez soi, et arpente donc son appart de long en large avec ses talons aiguilles, ce qui me donne un arrière fond de maracas en permanence. C’est chouette, c’est exotique. Mais c’est vite gavant, à la longue. Sans compter que cette même personne doit régulièrement se doucher en dehors de sa baignoire, vu qu’elle est responsable de pas moins de quatre fuites d’eau en deux ans (je songe grandement à envoyer sa candidature au Grand Livre Guiness des Records, d’ailleurs).
Il y a aussi une famille extrêmement bizarre, que je n’ai jamais vue alors qu’elle habite sur le même palier que moi, parce qu’ils doivent passer leur temps à guetter que personne ne rode dans les couloirs avant de sortir ou de rentrer chez eux. Sait-on jamais, on risque gros, dans les ombres et recoins des halls d’entrée d’immeubles parisiens. C’est bien connu. Je sais qu’ils sont plusieurs car je les entends s’engueuler à propos des programmes télé (les murs sont toujours trop fins, dans ces cas-là), mais je n’ai donc jamais vu leur trombine. Et ça va faire six ans qu’on partage le même escalier.
Enfin, il y a ceux qui descendent faire une course au supermarché, et se rendent compte arrivés en bas qu’ils ont oublié la liste de ce qu’il faut acheter. Mais remonter jusqu’au sixième étage sans ascenseur, c’est trop pénible. Qu’à cela ne tienne, ils décrochent l’interphone, et se font dicter la liste par leur copine ou leur colloque. Et moi qui habite donc au premier étage (je me répète pour ceux du fond), j’entends la conversation comme si j’y étais, et j’ai presque envie de passer une tête dans le couloir pour demander à l’intéressé "puisque vous y allez, ça vous ennuie de me prendre aussi deux kilos de navets et des liégeois au chocolat, s’il vous plait ?". Mais ça, j’ai pas encore osé.
Alors bon, la fête des voisins, cette année encore, ce sera sans moi. De toute façon, je peux pas, y’a Desperate Housewives à la téloche. Et va falloir que je mette le son à fond les ballons, pour couvrir le bruit de la soufflerie d’aération, les discussions de Momo et J-B, les maracas, etc…

19 mai 2006

Moral dans les tongs

1

Aujourd’hui est un jour sans. Ca arrive parfois… Temps pourri et gris juste la veille du week-end, fatigue de toute la semaine enchaînée, boulot chiantissime, patron qui me tape sur les nerfs, envie d’hiberner sous ma couette, problèmes de métro ce matin, rendez-vous chez le dentiste ce soir… Y’a pas à dire, ça craint.
Depuis quelques temps, mon job me gonfle. Et surtout mon boss. Qui est aussi mon père, entre parenthèse, puisque j’ai eu la bonne idée de venir travailler dans l’entreprise qu’il dirige. Rien à voir avec ce que je me destinais à faire de ma vie professionnelle, avant, quand j’étais jeune, et que je croyais encore qu’en faisant de bonnes études, on pouvait trouver un job dans la branche qui nous plaisait. Du coup, j’avais tout bien fait comme on m’avait dit : bac avec mention, études professionnalisées, niveau bac +5, école réputée dans son domaine, moult stages à Paris, en province et à l’étranger. Tout ça pour quoi ? Pour galérer comme tant d’autres le jour où j’ai pointé ma fraise sur le marché de l’emploi.
Donc quand j’ai reçu une proposition sérieuse pour rejoindre l’entreprise familiale, on ne peut pas dire que j’ai littéralement sauté sur l’occasion (je connais mon père depuis un lustre, quand même !). Disons que j’ai pesé dans la balance le pour et le contre d’une telle situation, et que le "pour" l’emportait d’une courte tête.
Mais inutile de vous faire un dessin : au-delà du fait que ça a quelques avantages de travailler en famille, ça a aussi son paquet d’inconvénients et de soucis. Mélanger l’affectif et le professionnel, c’est pas de tout repos. Et si en plus, vous prenez un type comme mon père, avec son caractère de poney têtu et ses tendances dictatoriales, je vous laisse imaginer le tableau.

Enfin voilà, je ne suis pas dans un bon jour et je compte les heures qui me séparent du week-end, pour enfin pouvoir souffler un peu. C’est quand les vacances, déjà ? Fin juillet ? Ah… bon…

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17 mai 2006

Recherche bouquin désespérément

wanted

Puisqu’un blog, ça sert à pleins de choses, j’en profite aujourd’hui pour passer une petite annonce très sérieuse.

Quand j’étais petite, j’avais un livre dont je raffolais. Ca s’appelait "les maisons de Dame Souris". C’était l’histoire d’une souris architecte, qui nous présentait les plans d’habitation conçus pour tous ses amis. Par exemple, le ver de terre habitait une poire hyper high-tech, avec ascenseur chromé et matos hi-fi ultra design. C’était plein de petits détails humoristiques, et en même temps, c’était très ingénieux et réfléchi.

Bon, dit comme ça, ça n’a pas l’air de passionner les foules, et vous devez vous dire "cette fille a le Q.I. d’une huître, on n’a pas idée de se rappeler d’un bouquin aussi casse-pieds !". Peu importe… moi, je vous le dis, j’étais totalement fana de ce livre-là, je le trimballais partout, et je le connaissais par cœur.

Et puis j’ai grandi. Et j’ai changé de lectures, jugeant sans doute dans un moment de narcissisme extrême que je valais bien mieux que ces bouquins pour gamins. Je valais au moins les bouquins de la bibliothèque rose ou verte : Fantômette, Alice détective privé, ou le Club des 5. Ca c’était la classe !

Comme on n’habitait pas un 320 m2 non plus et qu’il fallait faire de la place, ma mère a cru bon un jour de faire un peu de tri dans les affaires entassées sous nos lits de gosses, et de faire don de ses trouvailles à des cousins éloignés de passage en France. Et c’est ainsi que Dame Souris s’en est allée de l’autre côté de l’Atlantique, loin, très loin de moi…
Ce n’est que longtemps plus tard que j’ai repensé avec nostalgie à ce livre qui avait marqué mon enfance, et que j’ai tenté par moult moyens de remettre la main dessus. Hélas ! Les cousins ont eux aussi grandi et déménagé au moins trois fois. Les sites de recherche de bouquins comme Amazon, la Fnac ou Chat Pitre m’indiquent inlassablement que "cet ouvrage est indisponible" ou que "le tirage est épuisé". A ce jour, Dame Souris n’a jamais donné signe de vie.

Vous aurez sans doute compris où je veux en venir en vous parlant de toute cette histoire abominablement triste et cruelle, non ? Mesdames, messieurs, un petit geste s’il vous plait. Si vous entendez parler de ce livre, ou si vous connaissez quelque moyen que ce soit pour retrouver la trace de livres qui ne sont plus édités, faites-moi signe !!! Merci du fond du cœur ! (Ouf, pour un peu, on sort les mouchoirs et on se chiale dessus, non ?)

Par ailleurs, si ma mère a commis l’infâme boulette de se séparer de cette œuvre capitale qu’était Dame Souris, elle avait aussi mis de côté –ouh la futée !- quelques uns des livres qu’on avait lu et relus mille fois, avec mes frangins. C’est comme ça que dernièrement, j’ai pu retrouver avec émotion et nostalgie les aventures extraordinaires de Porculus le porcinet cradoc, Hulul le hibou grincheux, Laura le terre-neuve-qui-fait-rien-que-des-bétises, et Célestin l’ours copain d’une souris dont le nom m’échappe. Ah c’que c’était chouette, cette petite séquence revival !

Et vous, quels sont les livres qui ont marqué votre enfance ? Quels sont les héros qui vous ont accompagné dans vos plus jeunes années ? Avez-vous des stars moins populaires que Oui-Oui et Martine ?

"Les maisons de Dame Souris"

De Georges Mendoza

Editions Flammarion – Le Père Castor

15 mai 2006

"Ouverture facile" mon oeil !

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Si vous faites partie de la catégorie de personnes qui n’achètent jamais de sachets de bonbons, de paquets de biscuits, de biscottes ou de céréales, de briques de lait ou de jus de fruit, de CD ou cassettes vidéo vierges, passez votre chemin, cette chronique ne vous concerne pas.

Si en revanche, vous faites partie des 100% de consommateurs vivant sur la planète Terre, j’ai comme qui dirait le sentiment que vous avez déjà compris où je voulais en venir, rien qu’en lisant le titre de cet article. Me trompe-je ?

"Ouverture facile". L’expression est séduisante, on aurait tort de le nier. Reste à savoir si c’est totalement justifié d’écrire ces mots sur un emballage. Or, dans un souci permanent de rétablir l’ordre et la vérité en ce bas monde, j’ai moi-même vérifié, justement. Et il s’avère que la réponse à cette question cruciale est : non, mille fois non !

Vous serez d’accord avec moi pour reconnaître que ces termes sont à la limite de la publicité mensongère. A la rigueur, on aurait inscrit "ouverture qui se déchire dans tous les sens sauf celui où ça devrait logiquement s’ouvrir", je rechignerais moins. Encore que… parfois, on s’escrime à tenter de déchirer le bidule, mais sans paire de ciseaux, y’a rien à faire. Quand ça veut pas, ça veut pas ! Alors "ouverture facile" mon œil ! On ne me la fait pas à moi, les petits gars !

Malheureusement, ça, on ne le comprend souvent qu’après avoir mené une lutte sans merci avec les satanés emballages susmentionnés. Prenons l’exemple de la cassette vidéo vierge, qui sera parlant pour tout le monde (ceux qui ont définitivement bouté les magnétoscopes hors de leur foyer, leur préférant les DVD, feront appel à leurs souvenirs avec nostalgie).

Il est 20h48. Je viens de remarquer que Arte diffuse en exclusivité un reportage au sujet de la culture des escargots de Bourgogne sur sable sec. Vite, me dis-je, une cassette pour enregistrer ce fleuron de la documentation animalière. Mais après m’être esquinté trois quenottes et bousillé huit ongles sur le plastique qui protège la cassette, je finis par capituler, hirsute et en nage. Tant pis pour les escargots, de toute façon, le documentaire a commencé depuis vingt minutes. Ah, la dure loi de l’emballage cellophane…

Pourtant, un truc m’échappe. Y’a bien un type qui a inventé le petit fil qu’on tire et qui déchire ce fichu plastique sur toute la longueur du CD, si je ne m’abuse ? Je sais pas trop comment il a négocié son contrat d’inventeur, mais il a dû se faire sacrément avoir, parce que son truc magique, on ne le trouve nulle part, à l’exception des CD et des paquets de cigarettes. Et moi, je ne fume pas.

Là où je tire mon chapeau, en revanche, c’est pour les inventeurs de l’emballage de La Vache qui Rit. Vous savez, le fil rouge qu’on tire et qui découpe l’aluminium entourant le fromage pour qu’on puisse le manger avec un tant soi peu d’élégance, sans s’en mettre plein les doigts. Ca, c’est vachement ingénieux, si vous me passez le jeu de mots plutôt simplet. Preuve que les ouvertures faciles, ça existe, il suffit de s’agiter un peu les neurones.

Franchement, ce serait sympa, messieurs les inventeurs plus ou moins inventifs, de réfléchir à un système équivalent pour ouvrir les briques de lait, par exemple. Parce que dans ce domaine aussi, y’a matière à s’énerver.

Petite subtilité linguistique : à la place de "ouverture facile", c’est écrit "déchirez ici". Sous-entendu : tu vas voir ma fille, c’est facile comme tout, un petit coup de déchirure ici et en moins de deux, tu pourras boire ton Candia peinarde. Moi je veux bien, mais ne suis pas la sœur de Hulk, voyez-vous ? Je n’y arrive pas, à "déchirer suivant les pointillés". Et si par hasard, dans un élan de force incommensurable, je parviens à dégommer ce bout de carton récalcitrant, j’ai quatre chances sur cinq de recevoir la moitié de la brique de lait sur mes pompes en daim à 800 balles (et le lait qui sèche, dieu sait que ça pue, en plus de tâcher !). Donc là encore, recours aux ciseaux, qui nous ont déjà sauvé la mise plus d’une fois, en permettant une ouverture précise et effectivement "facile" (ce qu’on demande depuis le début, en somme…)

A bien y réfléchir, c’est louche, cette affaire. Les inventeurs de la formule "ouverture facile" seraient actionnaires dans une fabrique de paires de ciseaux, ça ne m’étonnerait pas tant que ça…

12 mai 2006

Petit manuel à l'usage des garçons qui ne comprennent pas bien les filles - Chapitre 1

La garde-robe d'une fille

Garde_robeCe week-end, en passant devant chez Gap, j’ai dit à mon ami M. "viens, on rentre dans le magasin, j’ai besoin d’un nouveau jean". Sa réponse a fusé comme un missile : "pour quoi faire ? T’en as déjà quatre". Je l’ai d’abord regardé bouche bée, consternée devant tant de naïveté. Puis une fois remise du choc, j’ai décidé d’agir. Toi, mon petit père, va falloir que je te recadre un peu les choses à propos du fonctionnement de la penderie d’une minette.

Ne sais-tu pas, jeune homme, que même si l’armoire d’une fille déborde de pantalons Zara, de chemises Benetton, de jupons Maje et de tee-shirts Petit Bateau, il n’y a qu’une règle d’or à retenir par cœur : « une fille n’a jamais rien à se mettre ». Point. Ne cherche pas plus loin.
Je te donne un exemple très concret, pour t’aider à comprendre. Tu vas voir, c’est relativement simple, quand on s’en donne la peine. Prend le fameux petit pull noir. Tu vois de quoi je parle ? Bon. Oui, c’est vrai, j’en ai déjà plusieurs. C’est bien, tu es observateur. Mais viens là que je te montre quelque chose : il y a toujours une subtile différence entre deux modèles. Celui-ci a un col en V, et celui-là un col rond. Celui-ci est en cachemire, donc idéal pour l’hiver, à l’inverse de celui-là, en maille légère, parfait pour les soirées fraîches d’été. J’en ai aussi un très habillé, et un que je mets surtout pour traînasser. Celui-là est très décolleté, faut mettre un top en dessous. Et l’autre, là-bas, il est un peu grand, mais je l’aime trop pour le jeter. Ah, et le dernier de la pile, là, il a un petit détail gnangnan sur les poignets, mais comme c’est un cadeau, j’peux pas le donner, tu vois ? Tu comprends mieux maintenant, jeune homme ? Tu saisis l’importance de se procurer dare-dare ce mêêêrveilleux petit pull noir que tu jugeais si classique au départ ? Voilà, c’est bien, tu commences à faire des progrès.

De façon plus générale, abstiens-toi de tout commentaire quand une jeune fille pleure de détresse devant sa garde-robe. Non, même ce regard apitoyé ne servirait qu’à déclencher une crise. Eloigne-toi le temps de l’orage. Ou mieux, propose-lui innocemment "on ira faire des courses, demain, si tu veux ?". Tu verras alors son visage s’illuminer et son petit cœur fondre de bonheur devant tant de gentillesse et de compréhension. En trente secondes, tu viens de gagner cinquante points.
C’est pas difficile, franchement, si ? Voyons si tu as compris…

Exercices pratiques
Difficulté * : Force-toi à ne plus faire de réflexion désobligeante quand tu entends une fille dire qu’elle n’a rien à se mettre. Au début, tu peux avoir un peu de mal, mais ça viendra vite avec l’habitude. Une fois cette technique maîtrisée, tu peux te permettre quelques fantaisies, du style hocher la tête gravement, ou prendre un air désolé. Mais en aucun cas il faut que ça n’ait l’air moqueur. Sinon, recommence depuis le début.

Difficulté *** : Choisis dans la garde-robe d’une fille un type de vêtement dit classique (par ex : la chemise blanche). Apprend par cœur les caractéristiques de toutes les chemises blanches qu’elle possède : composition, boutonnage, manches longues ou ¾, col classique ou mao, etc. Il faut devenir incollable sur le sujet, sans qu’elle ne s’en rende compte. Lors de votre prochaine virée shopping ensemble, lorsqu’elle essayera une nouvelle chemise et qu’elle te demandera ton avis, dis-lui d’un ton détaché : "elle est très jolie, et en plus, ça change de ta chemise avec le col arrondi ; et puis celle-ci a les manches évasées et tu n’en as pas comme ça ; non franchement, tu devrais la prendre, elle est bien". Admire le résultat de ton travail : elle est scotchée.

Good job, jeune homme ! Non, ne me dis pas merci, c’est toi qui as bien travaillé…

10 mai 2006

J’ai tout mangé le chocolat…

gourmande_23

A la question "sucré ou salé ?", ma réponse est toute trouvée. Je suis une inconditionnelle du sucre, sous toutes ses formes. Chocolat, bonbecs, gâteaux… toutes les cochonneries sucrées qui existent sur terre ont un lieu de pèlerinage tout trouvé : mon placard de cuisine. Ah, celui-là, il en a vu défiler, c’est moi qui vous le dis ! Les Pépitos tiennent compagnie aux Chamonix, les carambars discutent avec les rouleaux de réglisse, le Côte d’Or et le Milka sont devenus super potes… bref, c’est un joyeux bordel gourmand.

Il faut dire qu’il y a sans cesse de nouveaux invités parmi eux, étant donné que je ne peux jamais me contenter de ce que j’ai en réserve dans ma cuisine. Il suffit que j’ais déjà acheté des Granolas et des Choco BN pour avoir aussitôt envie de Galettes St-Michel ou de Mikado. C’est inéluctable. C’est même parfois incompréhensible de voir à quel point j’ai systématiquement envie de ce que je n’ai pas encore en stock, je dirais. Mais je mets ça sur le compte de la subtilité féminine (qui a bon dos, vous allez dire, et je dois bien reconnaître que sur ce coup-ci, vous avez raison).

Sur la photo, je n’ai rassemblé qu’un "échantillon représentatif", comme on dit dans les instituts de sondage, mais ça vous donne déjà une idée de l’ampleur des dégâts. Remarquez, j’ai de la chance, parce que j’ai beau avaler un sacré paquet de glucose sous toutes formes, j’arrive à peu près à garder la ligne. Je dois avoir un métabolisme épatant, merci papa, merci maman. Mais les faits sont bien là : une journée sans sucre équivaut pour moi à un jour sans clope pour le pire des accros à la nicotine. Droguée, moi ? Le terme est un peu exagéré, sans doute. Mais une chose est sûre : si la gourmandise est un pêché, j’irai brûler en enfer. Satan, attends-moi, j'arrive !

9 mai 2006

Finale de la coupe du monde des copines 2006

friends_1

On dit souvent "qui se ressemble s’assemble". Ce n’est pas totalement vrai, pourtant. D’ailleurs pour preuve, on dit aussi "les opposés s’attirent". Alors ? Qui croire ?

Si je regarde l’ensemble de mes copines de plus près, mon cœur balance effectivement entre les deux théories. Je lance donc l’idée d’un match entre les deux camps. Les deux équipes sont en place, l’arbitre (moi) est au centre. Coup de sifflet, c’est partiiiii !

Il y a d’abord mes deux meilleures amies, celles avec qui je partage tout (sauf l’existence de ce blog, soit dit en passant), celles qui me connaissent par cœur ou presque. Plus de douze ans qu’on passe des heures au téléphone, et on a évidemment le même avis sur des tas de choses, sinon on ne serait pas copines. Mais pourtant, à bien des égards, nous sommes toutes les trois très différentes. Chacune a sa façon bien à elles d’appréhender les rapports familiaux, l’amitié ou les relations amoureuses, mais aussi les points plus futiles comme la garde-robe idéale, le maquillage ou les bijoux fantaisie. Ce sont sans doute ces différences qui font notre complémentarité, et par conséquent notre force. Mais quelqu’un qui ne nous connaît pas ne pourrait pas jurer qu’on s’entend aussi bien. Décision de l’arbitre : un premier point à l’équipe "les opposés s’attirent".

Il y a ensuite mes copines de fac, deux groupes très distincts, où les personnes ne se ressemblent en rien. Le premier groupe est constitué de toutes mes copines mariées et déjà mamans, ou en passe de le devenir. Etant moi-même à mille lieues de ce genre de considérations, on pourrait penser que je n’ai rien en commun avec elles. Et pourtant si. Elles m’apportent une nouvelle vision des choses, elles font que j’arrive à me projeter dans un futur potentiel avec un home sweet home, un sweet homme, et des bambinos plein les jupes (enfin, déjà deux, après on avisera). Je n’ai pas envie de tout ça aujourd’hui, mais nos rendez-vous constituent une sorte de guide du routard pour plus tard. En contrepartie, il est évident que parfois, les discussions autour des détails de l’allaitement ou du choix de la méthode d’accouchement, ça me fait un peu bâiller aux corneilles. Coup de sifflet, l’arbitre a tranché : "les opposés s’attirent" marque encore un point, l’écart se creuse sensiblement.

Le second groupe des amies de fac rassemble plutôt des filles peu préoccupées pour l’instant par tout ce qui touche à la famille, la maternité et l’achat d’un Renault Espace avec coffre modulable. Ce sont des filles souvent célibataires, ou si elles sont en couple, elles n’habitent pas avec leur homme. Elles sortent plus souvent en groupe de nanas, car 1- c’est le meilleur moyen pour rencontrer des garçons, et 2- rien ne les retient réellement à passer la soirée chez elles seules, si ce n’est la huitième rediff’ de "Coup de foudre à Notting Hill". Etant moi-même plutôt célibataire ces derniers temps, on pourrait dire que je rejoins en grande partie les critères de ce groupe. Conclusion : le point va à l’équipe "qui se ressemble s’assemble".

Enfin, dernier groupe, les copines rencontrées lors du stage de fin d’étude en entreprise. Les vraies girls par excellence, avec qui parler chiffons et garçons. D’ailleurs, on se surnomme affectueusement "les pouffes" entre nous, pour vous donner une idée du niveau du débat. C’est avec elles que je peux aborder des sujets aussi graves que la dernière collection Comptoir des Cotonniers, ou échanger les bonnes adresses de restos branchouilles et de brunchs réputés. Et parfois, ça fait du bien de pouvoir partager un peu de futilité essentielle à ma vie de fille. L’équipe "qui se ressemble s’assemble" marque un second point, et relance le match, ahlalaaaaa que de suspens, que-de-sus-pens !

Je ne développe pas mes relations avec les électrons libres, les copines que je vois souvent en tête-à-tête, parce qu’elles n’appartiennent pas ou plus à un groupe complet.

Bilan des courses : Egalité parfaite entre les deux équipes. Deux points partout, balle au centre. Ma question de départ n’est donc pas résolue pour deux sous, malgré ma brillante argumentation en plusieurs points détaillés. Alors qu’en déduire ?

J’ai bien un dernier atout qui pourrait peut-être faire pencher la balance dans un sens. Dernier groupe en date, sans doute un peu trop récent pour être correctement analysé : mes blog-copines. Ou comment, par la magie du virtuel, j’ose enfin avouer que je teste tous les produits de beauté qui sortent (ou quasi), et j’apprends à me décomplexer de posséder une vingtaine de sacs à mains, une trentaine de paires de chaussures, et une cinquantaine de gloss ! Si je m’étais contentée de mes copines dites classiques, j’aurais continué à penser que j’étais un ovni. Mais non, on est des dizaines d’"addicts" comme moi, et cette idée me plait beaucoup. Forte de ce dernier argument, c’est l’équipe "qui se ressemble s’assemble" qui rafle la mise et remporte le trophée. "We are the champiiiiiionnnsss, my friendsssss »…

Et si, au lieu de compter les points, on se disait tout bêtement qu’en amitié, comme dans bien d’autres domaines, il n’y a peut-être pas de règles ? Allez, au vestiaire, monsieur l’arbitre…

5 mai 2006

" Mais arrête Maman... !!! "

L’autre jour, avec deux copines, on s’est télé-transporté un instant dans le passé pour revivre en souvenir nos années parents_21collège et lycée, et on s’est piqué un fou rire en repensant à toutes ces phrases et remarques entendues mille fois à la maison. Je suis certaine que vous voyez très bien de quoi je parle. Alors, en vrac et dans le désordre :

- Range ta chambre

- Finis ton assiette

- Ne me parle pas sur ce ton

- T'as fini tes devoirs ?

- Baisse-moi le son de cette télé

- Non, tu ne regardes pas Rocky IV, tu vas au lit

- C'est comme ça et pas autrement

- Tant que tu vis sous mon toit, tu suis mes règles

- Je ne suis pas ta bonne

- La maison n'est pas une pension

- Ta main !

- Ton coude !

- C'est la vie...

- On n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie

- Passe ton bac d'abord !

- Occupe-toi de ton frère

- Arrête d'embêter ton frère

- Minuit, dernier délai !

- Maintenant tu raccroches et tu viens à table

- On verra...

- J'ai dit on verra !

- Tu sors le chien s'il te plait

- Descend les poubelles en partant

- T'as rapporté du pain ?

- Tu n'es pas la plus malheureuse du monde alors arrête de te plaindre

- Je te l'avais bien dit

- Parle moins fort

- Tu vas pas sortir à cette heure-là ?

- Tu vas pas sortir comme ça ?

- Tu t'es lavé les dents ?

- Demande à ton père

- Vois ça avec ta mère

- Si tu continues, on te met en pension

- Non, pas dans l'évier, directement au lave-vaisselle

- Tu es privée de sorties

- Plus d'argent de poche jusqu'à nouvel ordre

- Tu n'aurais pas emprunté mon rouge à lèvres ?

- Cette fille ne t'apporte que des ennuis

- Ce garçon n'est pas fait pour toi

- Dis bonjour à la dame

- Et en maths, t'as eu combien ?

- Je vais prendre rendez-vous avec ton proviseur

- Regarde ton frère comme il est obéissant

- Tu appelles ça une jupe ?

- Un de perdu...

- Combien de fois il faut te le dire ?

- On voit bien que c'est pas toi qui paye la facture d'électricité

- Merci qui ?

- Moi, à ton âge...

- Tu verras, plus tard, tu me diras merci

(liste non exhaustive, bien entendu...)

4 mai 2006

" Mais pourquoi tu râles comme ça ? "

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Autant vous prévenir tout de suite : je suis une fille qui râle beaucoup. Je vais même vous dire, au risque d’en choquer certain(e)s : j’adore ça ! Râler, c’est mon dada, comme dirait l’autre. Je suis d’avis qu’un bon petit coup de gueule de temps en temps, ça soulage et ça ne fait de mal à personne. Et le pire, c’est que ça ne date pas d’hier. Pour vous donner une idée, au lycée, mes copines m’avaient surnommée Tatie Danielle, en rapport au film d’Etienne Chatiliez, pour le côté bougon et grincheux du personnage principal. La classe, non ?

Hé oui, pas une journée ne passe sans que quelque chose ne me mette en pétard. Les gens lambinent sur les trottoirs et m’obligent à slalomer à la Jean-Claude Killy ? Bingo, je râle. Le métro met plus de deux minutes à se pointer ? Zou, je me mets en rogne ! Il pleut alors que je me suis lavé les cheveux la veille ? Hop, je gueule. Je gueule même si personne n’y peut rien. Surtout si personne n’y peut rien, d’ailleurs, parce que c’est franchement comme ça que c’est le plus drôle.

Certains disent que je suis une pessimiste, une éternelle insatisfaite, jamais contente de ce qui m’arrive. Faux, je m’insurge. J’ai juste une théorie bien établie sur le sujet. Quand je râle, j’exprime tout haut ce que je pense tout bas. Et du même coup, j’expurge (ouh le joli mot) toutes les mini-tensions qui commencent à bouillonner en moi quand je suis contrariée. Mon "moi profond" m’a appris depuis belle lurette qu’il était salvateur de pousser mes gueulantes quand bon me semble, plutôt que de ruminer mes rancoeurs. Je râle donc un bon coup sur les choses qui m’agacent, et instantanément, la contrariété est évacuée et le dossier classé. Et je peux retrouver mon sourire et ma bonne humeur, et me concentrer sur toutes les choses formidables qui m’arrivent ensuite. Fastoche, non ?

D’ailleurs, je ne comprends pas tous ces gens qui ne râlent jamais. Ou pire, ceux qui râlent contre les râleurs. Ceux-là méritent d’office la palme d’or de la mauvaise foi, si vous voulez mon avis. Et rien ne m’énerve plus que les gens qui me regardent fulminer en répliquant d’un air hautain et suffisant "ça vaut vraiment le coup de râler pour si peu ? ".

Bref, vous l’aurez compris, râler est bien l’une de mes occupations favorites, et je songe même à l’inscrire sur mon curriculum vitae, dans la catégorie "hobbies".

Notez tout de même que parfois, c’est assez justifié. Je suis une râleuse, mais surtout une personne qui n’aime pas se laisser marcher sur les pieds. Si ma pizza quatre-saisons arrive toute cramée, ou si mes photos de vacances sont développées en mat alors que je n’aime que le brillant, il est évident que j’exprime mon mécontentement. Mais dans ce cas, peut-on dire que je "râle" ? Personnellement, j’opterais plutôt pour le terme "réclamer-son-bon-droit-en-tant-que-client-qui-raque". Parce que dans mes cours de marketing à la fac, on m’a toujours rabâché que le client était roi. Alors j’applique, tout bêtement.

Evidemment, ce comportement a dû me valoir bien des inimitiés. Par exemple, je suis bien consciente d’avoir perdu une copine le jour où ma boulangère m’a demandé avec son ton haut perché de mégère "avec ceci ?", et que j’ai répondu "un p’tit sourire, ça fera pas de mal !". J’ai bien vu qu’elle l’avait mal pris. Râleuse, mais pas miro !

Je pourrais vous en sortir des pages et des pages, de ces exemples de petites choses contrariantes qui selon moi méritent un bon petit coup de gueule pour se soulager. Ca pourrait même faire l’objet de chroniques régulières. Une chronique, un coup de gueule. Et pour bibi, une séance de moins chez le psy, puisque mon "moi profond" sus-mentionné s’en trouve soulagé. Comme quoi, les râleurs de ce monde pourraient faire de grandes choses pour lutter contre le trou de la sécu, si on les laissait s’exprimer un peu ! Alors finalement, merci qui ?

3 mai 2006

Je suis trop pudique ou bien ?

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Je me suis posée la question ce matin, en prenant le métro. J’étais plongée en pleine torpeur post-réveil quand je remarque une minette assise en face de moi, qui commence à sortir fiévreusement de son sac à main tout son attirail de fille, à savoir miroir de poche, fond de teint, mascara, crayon à sourcil.. Et la voilà qui se met à se faire une petite beauté, au beau milieu des voyageurs qui la fixent d’un air mi-amusé, mi-consterné. Elle se serait contentée d’un léger raccord blush ou crayon, je veux bien, mais là, elle nous sort le grand jeu.

Bien sûr, ce n’est pas la première greluche que je vois se faire belle dans les lieux publics, mais je me fais à chaque fois la réflexion qu’il faut avoir une sacrée dose de confiance en soi pour pouvoir se montrer sous cet angle aux yeux de parfaits inconnus. Je suis personnellement incapable d’en faire autant. Au-delà du fait que j’aurais bien trop peur de me faire un œil de raton laveur, ou de faire déraper sauvagement mon rouge à lèvre sur la joue à cause d’un à-coup trop sec de métro, je trouve surtout que c’est un geste hyper intime et personnel. Franchement, qui a envie de regarder de bon matin une nana se peinturlurer le visage de fond de teint, jusque dans les recoins des ailes du nez, ou de la voir se faire les yeux en ouvrant tout grand la bouche comme une carpe, en signe de concentration extrême ? Car oui, mesdames, sachez-le : au terme d’une étude très approfondie basée sur un échantillon représentatif de toutes mes copines, on ouvre TOUTES la bouche quand on s’applique du mascara sur les cils. C’est un réflexe physique, parait-il…

Si je suis honnête avec moi-même, je dois dire qu’il n’y a pas que le fait de se maquiller en public qui me pose problème. Je suis également tétanisée (ou presque) à la perspective de manger quelque chose dans un endroit public restreint, comme le métro ou le bus. Vous ne m’y verrez jamais mordre un sandwich à pleines dents à l’heure du déjeuner, ou engloutir un pain au chocolat, ou même croquer dans une pomme (et encore moins une banane), même si d’énormes gargouillis se font entendre dans mon estomac. Là encore, aucune envie de me retrouver avec le décolleté recouvert de miettes, des bouts de salade entre les dents, et l’air hagard de la vache normande en train de mastiquer sa bouchée les yeux dans le vide. Moins dix points de "glamour attitude" en trente seconde ! Oui, je sais, je ne devrais pas faire passer mon image avant mon appétit. Mais désolée, dans le métro, j’y arrive pas.

Dans un autre genre, je déteste parler au téléphone devant des personnes que je ne connais pas. Les gens qui racontent leur vie dans le bus comme s’ils étaient seuls au monde ("et là, il me dit… alors je lui dis… et tu sais pas ce qu’il me répond… si, j’te jure !"), ça me crispe. D’un côté, je n’ai pas envie de les écouter, mais de l’autre, je ne peux pas m’en empêcher. C’est con, hein ? Perso, la plupart du temps, mon portable est sur mode silencieux quand je suis dans les transports en commun. Je ne m’en sers qu’en cas d’extrêêêêême urgence (du genre "J’ai oublié de programmer le magnéto pour enregistrer Lost, tu peux t’en charger, diiiis ?").

A la réflexion, je me demande si mon angoisse réelle n’est pas à mettre en rapport avec un quelconque déficit de confiance en soi. Vous savez bien, la peur de se faire remarquer, de se faire entendre, d’émerger de la masse…Est-ce que ma pseudo-phobie ne serait pas plutôt les reliquats d’une enfance de petite fille sage qui ne dit jamais un mot plus haut que l’autre, comme on le lui a appris ?

20 avril 2006

Un nom qui pétille...

ginfizzPourquoi "Gin Fizz", me direz-vous ? Je sais pas, ça sonnait bien...
Bon, si vous insistez vraiment, je veux bien vous raconter l'histoire. Vous insistez ? OK...
Au départ, je n'avais pas du tout l'intention de nommer mon bébé blog comme ça. J'étais plutôt bêtement partie vers quelque chose en rapport avec mon prénom... Un truc autour de "Mademoiselle K" ou de "Miss K" (pourquoi chercher midi à quatorze-heure, hein ?) mais les deux étaient déjà pris (le second est d'ailleurs le site d'une strip-teaseuse, j'ai bien fait de trouver autre chose !).
Ensuite, j'ai cherché quelque chose autour du thème de "boudoir". Je trouvais que ça m'allait hyper bien, parce que je suis une grande boudeuse et j'aurais pu trouver des jeux de mots marrants là-dessus. Ben non ! "Déjà pris !", m'a répondu Google !
Je passe sur les idées débiles et saugrenues qui m'ont traversées l'esprit. Disons simplement que je n'étais pas dans un jour très "créa". A la radio, une chanson de Enzo Enzo, "juste quelqu'un de bien". Tiens, ça pourrait être ça, le nom de mon blog ? Mmmm, non, un peu prétentieux quand même...
Vient ensuite une vieille chanson de Yves Simon, B.O. du film "Diabolo Menthe" de Diane Kurys (bon, qui a dit que j'écoutais des radios ringardes ?!!). Bah voilà, j'ai trouvé : Diabolo Menthe. Ca me plait. Google a l'air de dire que c'est ok. Coooollll ! Je m'agite, je m'emballe, je pense déjà au beau décor vert que je vais pouvoir créer...
Je commence à remplir mon formulaire d'inscription sur canal blog, et là... c'est le drame ! "Cet identifiant existe déjà". Quoi ? Comment ? On m'aurait menti ? (Là, vous devez vous dire que je fais une histoire pour pas grand chose... mais non, les gars, je raconte de façon romancée, pour que vous viviez la scène comme si vous y étiez !)
Je remets dare-dare mes neurones en ébullition, et l'étincelle survient : Gin Fizz ! C'est joli, c'est court, ça sonne bien, ça donne l'impression de pétiller, ça me plait... et c'est libre ! banco !
Après coup, je préfère même Gin Fizz à Diabolo Menthe. Ca fait plus adulte, plus mature. J'ai passé l'âge de boire des diabolo menthe, non ?

(Après relecture : je me demande si ce blabla est vraiment intéressant. Mais c'est vous qui l'avez demandé, hein ?!!)

(photo : 1001cocktails.com)

7 juillet 2008

Toubib or not toubib

st_thoscope_2Juillet. Les chaises de bureau sont peu à peu désertées, la machine à café fait la gueule toute seule dans son bout de couloir, le téléphone ne sonne qu’une fois par heure et les journées s’écoulent plus vite, l’appel de l’apéro à la terrasse du coin étant le plus fort.

Dans ce climat légèrement feignasse, BigBoss, ayant sans doute peur qu’on ne s’ennuie un chouille, a choisi de nous réserver juste avant l’été sa petite surprise du chef. Un beau cadeau pour patienter tranquillement jusqu’aux vacances. Un pur moment de bonheur pour tous les salariés. Un truc qu’on attend avec impatience, tellement c’est fun et rock’n roll. En deux mots, j’ai nommé avec joie : la… visite médicale. Tadaaaaaam...

Comment te dire, public ? Comment décrire avec des mots simples le moment exquis que j’ai passé ?

La première partie du truc, purement administrative, ressemble à un entretien des renseignements généraux, questionnement en rafale et ton de caporal-chef inclus. Hormis les détails strictement personnels (nom, prénom, date de naissance, groupe sanguin, taille et poids (heu ?), date des derniers examens médicaux…), on se tape toute une série de questions plus ou moins débiles au sujet de nos conditions et de notre environnement de travail. Dans le genre :
- Combien de temps passez-vous devant l’ordinateur chaque jour ? (Ben ça dépend, en comptant ma lecture des blogs ou non ?)
- Quel est votre temps moyen de trajet pour vous rendre au lieu de travail ? (Ah, tout dépend si je fais un détour par la boulangerie pour les croissants, madame. Cette question est imprécise.)
- Les toilettes sont-elles loin de votre bureau ? (Les toilettes, ca va. Mais la machine à café, j’trouve qu’on aurait pu faire un effort, quand même…)
- Avez-vous une cantine sur votre lieu de travail ? (Non, mais avec les souvenirs de cantoche que j’ai, je crois que c’est pas plus mal).
- Votre bureau est-il bien aéré, bien chauffé, climatisé ? (Ah oui, super bien aéré en hiver, donc on se les gèle, et méga bien chauffé aussi en été, un vrai four ! La clim, oui, merci, j’ai plus le droit aux lentilles grâce à elle…)

Je ne vous fais pas le catalogue complet, sinon on est encore là demain, et moi, c’est pas tout ça, mais ce soir, j’ai poney.

Vient ensuite l’entretien médical, avec la dame en blouse blanche et son stéthoscope accroché autour du coup pour faire comme dans les séries, alors que franchement, aucun rapport avec Docteur Ross ou Docteur Shepperd, on est bien d’accord. (Faudra d’ailleurs qu’on m’explique un jour pourquoi – bordel, pourquoi ? – les infirmiers et médecins que je rencontre n’ont jamais la même dégaine que les beaux mecs en blouse dans la télé. Franchement, c’est à vous dégoûter d’être malade, cette affaire !).

Je me retrouve donc en petite tenue (coordonnée, pour l’occasion… des fois que j’aurais croisé un beau médecin encore loupé) à grimper sur la table d’auscultation, et à me faire palper le bidou et les cervicales par Madame Michu, qui me sort « vous êtes tendue en ce moment ? » (Ah ouais, sans déc’ ?!! Je suis en slibard dans un cabinet qui ressemble à une salle d’expérimentation médicale en Roumanie avant la guerre de 14-18, je me les gèle copieusement parce que manifestement, vous pensez que s’il fait 25° dehors, on peut se balader à oilpé sans souci dedans, et je ne sais même pas comment va se terminer cet entretien, mais sinon, noooooon, c’est cool, ça baigne, give me five ma caille).

Là encore, batterie de questions saugrenues, dont la meilleure reste quand même « vous faites tomber un objet sur le sol, que faites-vous pour le ramasser ? ». Gnééé ?!!! Rien que pour la saouler un peu plus, la madame Michu, j’hésite entre « je fous des coups de pieds dedans jusqu’à le faire disparaître sous un placard, hop on n’en parle plus, question suivante » et « je fais les yeux doux à un collègue pour qu’il le ramasse à ma place, et avec le sourire s’il vous plait », mais devant l’air de Cerbère de la dame qui n’a manifestement pas d’humour (ou pas le même que le mien, du moins), je ferme juste ma gueule, et je mime le truc. En gros, public, sache-le : faut plier les genoux et ne surtout pas te pencher dos droit, sinon, bobo. Ouais, même si c’est juste une feuille que t’as laissé tomber. Et même si t’as l’air con de faire du stretching pour une simple feuille. M’engueule pas, c’est la médecine qui a parlé. Douze ans d'études pour nous pondre ça. Hé ben.

Michu me fait ensuite asseoir à son bureau. Chouette, on va causer comme des copines, que je me dis. Tu parles. Elle fout des croix à tout va sur son (mon) dossier, marmonne des chiffres et des trucs incompréhensibles, et finit par me tendre un gobelet en souriant d’un air chelou.
Moi, pas méfiante pour deux sous : « Ah oui, un peu d’eau fraîche, avec plaisir ». « La fontaine d’eau est dans l’entrée, vous pourrez vous servir en partant. Le gobelet, c’est pour vos urines. Les toilettes sont à droite, vous déposerez le gobelet plein sur la petite tablette. Vous pouvez vous rhabiller, merci et au revoir ».
Et elle se casse, l’air de rien, après avoir lâché sa petite bombe.

Ah non, mais vraiment, le sens de l’hospitalité du personnel médical, on dira ce qu’on voudra, mais quand même, hein.

Bon. Ben, y’a plus qu’à. Evidemment, moi qui passe mes journées à faire des voyages vidange aux toilettes, c’est quand il faut faire pipi que je n’ai absolument plus envie, légèrement bloquée par l’environnement hostile.
Douze minutes plus tard, le flacon est rempli au tiers, et je m’en suis foutu plein les mains. Ouais ouais, c’est ça, rigolez ! Comme si c’était facile de viser juste dans un verre qui fait 6 cm de diamètre. Nan mais la prochaine fois, filez-moi carrément un tube d’échantillon de parfum, comme ça y’aura du vrai challenge !

En vitesse, je me rhabille, me lave les mains (deux fois), et dépose donc mon gobelet sur la fameuse tablette, comme l’a demandé Madame Michu.
Et après, quoi ? Je me sauve ? Je laisse là mon flacon jaune, tout seul, abandonné, livré à la sauvagerie du monde extérieur ?
Ouais, carrément.

Ni une, ni deux, me voilà dans l’entrée. La fontaine à eau me tend les bras, mais je n’ai qu’une envie, c’est de me tirer d’ici au plus vite, des fois qu’une autre personne entre dans les toilettes et ne gueule à travers les couloirs « hé, y’a quelqu’un qui a laissé son pipi ici, c’est dégueulasse ! ».

Ce n’est qu’une fois dehors, à l’air libre, que je tilte sur ce que vient de me dire la standardiste. « A l’année prochaine ».
… Ah parce qu’il faut recommencer ce cirque tous les ans ? Putain…

2 mai 2006

Je suis onychophage, sortez moi de là !

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Petit Larousse, édition 1991, page 728 : "onychophagie : nf. Habitude de se ronger les ongles". Ben voilà, c’est dit. Je suis donc onychophage. Beurk… C’est pas flatteur, comme terme. Rien que pour ça, ça vaudrait le coup de cesser cette vilaine habitude. D’autant que les petits bouts d’ongles sont loin de constituer un régime alimentaire nourrissant et équilibré. Seulement voilà, j’y arrive pas.
Bon, avec le temps, et le souci d’avoir des mains présentables pour (me) plaire, j’ai quand même fait de gros progrès. Aujourd’hui, mes doigts ne ressemblent plus à dix petits bouts de saucisses boursouflées, et restent corrects à présenter. Je ne me sens plus obligée de les cacher dans les manches trop longues de mes pulls, ou de toujours fermer les poings. Mais on est quand même loin des belles mains raffinées aux ongles carrés tous à la même longueur dont je rêve en secret depuis belle lurette.

Pourtant, petite, je n’avais pas ce problème. Mais je crois me souvenir que c’était une véritable affaire que de me couper les ongles, parce que j’avais très peur de ces drôles de ciseaux à bout arrondis. Alors du coup, j’ai pris les choses en main, et j’ai décidé que j’allais les couper moi-même, ces fichus ongles. Et avec mes quenottes, par-dessus le marché ! On m’a bien dit que j’allais avoir l’appendicite, que c’était pas bon pour la santé. J’ai résisté vaillamment aux mises en garde. Même pas peur, moi.

Mais depuis, je lutte. Par tous les moyens qui existent. J’ai bien entendu testé le vernis amer, censé vous faire passer l’envie de porter les doigts à la bouche. Pfff, c’est mal me connaître, les gars ! Quand j’ai envie de mordiller un ongle, c’est pas trois gouttes amères qui vont m’en dissuader !

Ensuite, j’ai fait poser des ongles en résine dans un institut. C’était l’ancienne technique, celle qui vous fait des ongles épais comme un numéro de ELLE. Résultat : de loin, c’était très joli, mais de près, on voyait bien que je pouvais ouvrir une boîte de conserve rien qu’en tapotant dessus avec mes fausses griffes. Et puis les histoires de remplissage toutes les trois semaines, pour accompagner la repousse, c’est d’un chiant.

Bon, j’ai aussi testé ce qu’on appelle communément la volonté, celle de ne pas se bouffer les ongles au moindre stress, par exemple en prenant un Malabar à la place. Moui, bon… ça marche un peu, c’est vrai, je dois le reconnaître. Mais c’est difficile de tenir la distance. Sans compter que mes petits ongles n’ont plus l’habitude de batifoler comme ça sur plus de deux millimètres, et que par conséquent, ils se cassent au moindre coup de vent. Ou se fendillent. Ou se dédoublent. Bref, ils n’y mettent pas du leur, c’est le moins qu’on puisse dire !

Vous allez me parler de capsules de complément alimentaire ? Mais pensez donc, j’ai déjà testé toutes les marques qui existent sur le marché. Et au terme d’une étude plus qu’approfondie, je dois dire que les Phytophanères, des laboratoires Phyto, fonctionnent pas mal. De là à avoir des ongles durs comme des enclumes, y’a encore du boulot, mais disons qu’aujourd’hui, j’ai le temps de les voir pousser d’au moins trois millimètres avant qu’ils ne se cassent. C’est déjà ça, non ?

13 juin 2006

De battre mon coeur s'est arrêté

coeur

Du moins temporairement. Jusqu’à la prochaine rencontre. Parce que oui, voilà : le jeune homme qui me procurait tant de papillons dans le ventre et qui me donnait le sourire ces derniers temps ne me semble plus si intéressant que ça. Passées l’ivresse des premiers instants et l’excitation de la découverte de l’autre, l’euphorie est retombée comme un soufflet trop cuit. Verdict : pas mon genre. Pas fait pour moi. Trop ceci, et pas assez cela.
C’est toujours un peu douloureux de devoir renoncer à une histoire qu’on imaginait belle, dans laquelle on avait vraiment envie de croire. Renoncer à tous les projets d’avenir qui n’en auront finalement aucun, parce que nos chemins se séparent plus vite qu’on ne l’aurait pensé, ou voulu. (Pfffouu, on dirait presque du Proust, là, non ?).
La vie est ainsi faite, et je ne regrette pas d’avoir tenté l’expérience, parce que si courte soit-elle, elle me fait aussi avancer. Au pire, ce garçon disparaîtra complètement de ma vie et je n’en entendrai plus jamais parler. Au mieux, il deviendra un copain que j’aurai plaisir à voir de temps en temps. Dans tous les cas, il restera un souvenir. Et c’est parfois mieux ainsi.

En attendant, j’attends toujours mon prince à moi. Pas mon prince d’une vie, non, je ne suis pas si exigeante d’un coup. Mon prince des quelques prochains mois, voire quelques prochaines années, fera très bien l’affaire. Quelqu’un l’a vu ? Ou bien je lance un avis de recherche ?

24 avril 2006

L'ile aux trésors

Aujourd'hui, inauguration d'une nouvelle rubrique intitulée "Boîte à idées", pour vous parler de tous les lieux qui méritent un petit détour : resto, bar, boutique, musée, parc, quartier... (c'est évidemment un peu centré sur Paris, puisque c'est ici que je vis).

flo_32Découverte de mon week-end shopping : L'Ile à Flo. Une jolie boutique de décoration cachée dans une petite rue du 7ème arrondissement. Pleins de jeunes artistes et créateurs y sont exposés, et souvent renouvelés. On y trouve, entre autres, les sacs en tissus de Lili Cabas (créatrice qui monte, qui monte, qui monte...) ou les stickers pour décorer les murs de Fleur de Kookyse. Absolument superbe !
La boutique regorge de trouvailles originales et colorées, comme les guirlandes berlingots pour bébé, sur lesquelles j'ai totalement craqué (voilà une idée de kdo de naissance à garder en tête !). Bref, un régal pour les yeux et une mine d'inspiration pour des cadeaux originaux. J'adoooore !

L'Ile à Flo - 37, rue Malar - 75007 PARIS
Tél : 01 47 05 25 16
(photo : http://lileaflo.free.fr)

15 novembre 2007

Va y avoir du sport ! (2)

sport_5Qu’est-ce que je disais, déjà ? Ah oui…

Après mon expérience foireuse en danse, j’ai voulu tenter le Self Defense. C’était au moment où Guy Georges avait déclenché la psychose du "tueur de l’est parisien", ce qui avait développé en moi une légère petite crise de parano. Aaaaaah, enfin un sport où on pouvait se castagner la tronche sans se faire siffler par l’arbitre. Et vas-y que je te colle mon poing entre les deux yeux, et v’la pas que je te file un coup de boule dans les roubignoles. Pfiiiouuu, je ressortais de là en sueur, pleine de bleus et de courbatures, mais vidée de tout stress et agressivité. Excellent défouloir. Oui mais. Défouloir qui avait la mauvaise idée d’avoir lieu le dimanche matin. Et ça, vous comprenez bien que c’était pas possible.

Ensuite est arrivée la gym suédoise. C’était nouveau, c’était branché, tout le monde en parlait, j’ai voulu essayer. J’ai trouvé ça plutôt sympa au début. Une nouvelle forme d’aérobic alternatif où on transpire tous en cercle, au lieu d’observer sa dégaine en shorty lycra rose fluo dans un miroir mural. Ca sautille, ça virevolte, c’est bon enfant et bonne humeur. M’enfin restons honnête : faire des séries d’abdos-fessiers, même sur "Dancing Queen" d’ABBA, ça reste quand même des abdos-fessiers. Chuis pas con, non plus.

Je me suis donc réorientée vers quelque chose de plus classique : la natation. Vingt longueurs d’office, et j’augmente de quatre toutes les semaines. Ca, c’est la théorie. En pratique, c’est autre chose. En pratique, quand tu décides d’aller à la piscine, faut compter deux bonnes heures de libres dans ton planning. Le temps de : choisir une cabine, se déshabiller, ranger ses vêtements à peu près correctement sur le bidule en plastique prévu à cet effet, ajuster son maillot, vérifier son épilation des gambettes, enfiler son bonnet de bain, hurler en comptant les cheveux qu’on vient de s’arracher, recommencer deux trois douze fois, trouver un casier libre pour enfourner tout son matos, retourner à la caisse en maillot faire la monnaie pour le casier, filer sous la douche, "glaglater" parce que c’est froid, foncer dans l’eau, retourner au casier chercher les lunettes de piscine qu’on a oubliées, faire quatre longueurs, souffler comme un phoque parce qu’on a perdu l’habitude, mater un peu les gens autour de soi, refaire quatre longueurs, se dire que bon c’est bien déjà huit longueurs, non ?, glandouiller un peu dans le petit bassin histoire de faire genre, refaire quatre longueurs pour se donner bonne conscience, refiler sous la douche, sécher, retrouver son casier, se rhabiller, se sécher les cheveux, se dire qu’on ne ressemble à rien mais qu’au moins, on a fait du sport aujourd’hui. Et ça, c’est sans mentionner le temps qu’il faudra pour faire disparaître complètement l’odeur de chlore et les traces des lunettes autour des yeux, qui donnent l’air d’un panda mal embouché.
Donc la piscine, si vous voulez savoir, j’ai assez vite lâché l’affaire.

Ma dernière lubie en date, depuis la rentrée, c’est la salsa. C’est bien, la salsa. C’est pas trop fatiguant, et ça permet de crâner un peu dans les soirées branchouilles, sous peine de trouver un partenaire qui connaissent à peu près les mêmes pas de base. Après quelques essais non concluants auprès de profs qui se croyaient à la Star Ac’, j’ai fini par trouver un cours sympa, et un prof tout mignon qui sourit de toutes ses dents même quand je me plante copieusement dans les pas. Seul problème, je ne capte pas un seul mot de ce qu’il raconte, vu qu’il parle espagnol la plupart du temps, et que j’ai eu la bonne idée de faire allemand en second langue au lycée. Mais bon, la salsa, c’est avant tout une histoire de « body language », comme on dit, non ?

Ca durera le temps que ça durera, et dans quelques mois, telle que je me connais, j’irai à nouveau voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Mais en tout cas, on pourra pas dire que je n’ai pas essayé, hein.

14 février 2009

Point break

coeur_1Bon. Où est-ce qu’on en était, déjà ? Ah oui.*

On entre tous les deux dans le fast-food. Il sort son portefeuille Waïkiki et me demande généreusement ce qui me ferait plaisir. Je murmure un vague truc, persuadée que vu les circonstances, je ne devrais même pas accepter de déjeuner avec lui, et encore moins de le laisser payer. On s’attable face à face, échangeant des banalités sans nom sur la pluie, le beau temps, et le taux de sel dans les frites.

Allez, il faut que je me lance. Il faut que je lui parle, que je lui dise que je n’ai pas envie d’être avec lui, peu importe les raisons. Mon joli speech imaginaire de tout à l’heure semble bien difficile à cracher, d’un coup. Et ce n’est pas parce que j’ai la bouche pleine, puisque je chipote du bout des doigts mes nuggets de poulet, sans grand appétit.

Aaaaah, berdol di mierda, il est là, devant moi, avec sa petite gueule d’ange, à me faire des sourires pleins de fossettes et à me demander si je veux un milkshake vanille, et moi, je ne cesse de me répéter que c’est un monstre pervers et cruel pour ne pas succomber à son charme.
Peu à peu, je me mure dans un silence atroce, faisant mine d’observer avec intérêt la plante artificielle sur ma gauche. Derrière moi, la porte des toilettes fait un bruit d’harmonica en fin de vie du plus bel effet. La situation est d’un romantisme insoutenable pour les plus prudes d’entre nous, notez.

B. ne perd pourtant pas de vue son objectif, qui est de me sortir le grand jeu aujourd’hui, et de m’inviter AUSSI au cinoche. Il doit se dire que vu mon débit de parole, à peu près aussi élevé que celui de Paris Hilton à une conférence sur l’altermondialisme, autant aller se mater un bon film dans le noir, au moins, on n’aura pas tout perdu.

Moi, cruche dans toute ma splendeur, je reste plantée là, à ne pas piper mot. Ni pour dire ce que je suis venue dire au départ, ni pour refuser le ciné en bloc. Rien. Que dalle. Une demeurée parfaite. Seule au fond du ventre, une petite boule commence à pointer son nez, me rassurant – si besoin était – sur le fait que la situation est clairement en train de se barrer en cacahuète complet.

En bon gentleman qui veut arriver à ses fins, B. a même déjà choisi le film. Un truc à base de crinolines, de perruques poudrées et de temps jadis, que jamais de la vie un mec normalement constitué n’aurait suggéré de lui-même d’aller voir. Mes bonnes résolutions de rupture express reprennent de la vigueur. Ce type est louche, c’est évident : opter pour un navet à l’eau de rose alors que Harrison Ford et son flingue jouent dans la salle d’à côté, c’est du cachalot sous gravillons puissance douze ou je ne m’y connais pas !

« C’est pas trop mon truc, mais je pensais que t’aurais envie de le voir, alors bon… », qu’il me sort, ce niais. Ben nous voilà bien, il joue au gentil, maintenant. Une fois de plus, je me la boucle, et m’assoit en silence dans la salle obscure.

Evidemment, je ne vous fais pas de dessin. Un ciné, deux ados, l’obscurité, tout ça, tout ça. Sitôt les bandes annonces commencées, B. m’enlace par l’épaule, et m’attire à lui pour m’embrasser.
C’est là, au pied du mur, que je choisis de raconter le bobard le plus merdique de ma courte carrière d’amoureuse d’alors : « non, mais en fait, je suis désolée, mais en fait, j’ai déjà un copain, et en fait, samedi, je m’étais engueulée avec lui, et c’est pour ça que en fait, avec toi, bon... mais donc, en fait, on est à nouveau ensemble, et en fait… voilà ».
Tout ça débité d’un trait sur un ton plaintif, en fixant résolument un point imaginaire sur le siège de devant pour ne surtout pas croiser son regard qui se décompose en direct. Ben tu m’étonnes, aussi. Il doit être en train de calculer rapidos le prix du menu Big Mac et de la place de ciné tarif jeune, ou de me traiter de garce. Voire les deux (ce qui serait fort envisageable).

Il retire son bras, regarde dans le vague. Je me sens minable, mais au moins, j’ai fait ce que j’avais à faire (oui, oh, on se raccroche aux branches qu’on peut, hein). Puis, au bout de dix minutes d’un silence poignant : « Bon, ben on va p’tet changer de film, du coup… ».

J'ai pas trop compris si le « du coup » signifiait plutôt « comme j’ai plus trop envie de te faire plaisir, allons voir Harrison », ou plutôt « comme on ne va pas passer l’heure à se galocher, allons voir un film d’action ». Mais j’ai pas osé demander, bizarrement.

On a vu Harrison, on n’a plus échangé un mot ou presque, il a filé juste après le film, et je suis bien la dernière à pouvoir l’en blâmer. Mais au moins, dans ma tête, ce « petit con de dragueur » n’avait pas eu le dernier mot avec moi.


Quelques mois plus tard, j’ai appris que ma copine F. qui avait déblatéré comme une folle sur B. était en fait raide dingue de lui, et jalouse à crever de ne pas avoir été son ‘élue’ le soir de sa fête d’anniversaire. Quant à B., il devait culminer à trois gentilles conquêtes avant « nous », et avait finalement beaucoup du profil ‘petit copain idéal’ dont on rêve à quinze ans.
Bilan des courses : une amourette zéro, une copine rayée de la liste, et une réputation d’enfer dans le lycée de B., forcément. Jackpot, quoi.

« Copine » mon œil, oui. With friends like that, who needs enemies ?


* Oui bah, pour ceux qui viennent ici tous les quinze jours, faudra vous taper les archives. Et ce sera un zéro pointé pour la fidélité et la régularité du lectorat. Que je ne vous y reprenne pas.

2 août 2006

Laissez un message après le bip sonore

r_pondeur_2

"C’est pratique, c’est sympa, c’est indispensable"… On pourra me dire ce qu’on veut à propos des répondeurs, je n’en démordrai pas : le répondeur n’est pas mon ami. Point.
Je sais pas pour vous, mais moi, je sais jamais trop quoi dire quand je tombe sur le répondeur des gens que j’appelle. Je m’emmêle les pinceaux, je bafouille, je loupe le bip du départ, et au final, on ne comprend jamais rien à ce que j’ai voulu dire. Dans un autre genre, une fois, j’étais tellement concentrée sur ce que je racontais qu’après le traditionnel "je t’embrasse", j’ai redit mon prénom à haute voix, en guise de signature, comme à la fin d’une lettre. Débile.
D’ailleurs, quand c’est un message important, je préfère même raccrocher au nez d’un répondeur et prendre le temps de préparer un brouillon de mon message. Après, je n’ai plus qu’à lire mot pour mot mon papier, en mettant un peu l’intonation et en faisant genre j’improvise totalement (mais j’ai fait du théâtre, alors je m’en sors à peu près). Généralement, c’est pile poil quand j’ai mis trois heures à préparer le brouillon que la personne supposée être sur répondeur décroche. Et je me retrouve tout autant paumée qu’au départ, sauf que là, je ne peux plus lui raccrocher au nez !


L’autre souci majeur, avec les répondeurs, c’est de réaliser sa propre annonce. Car il n’y a rien de plus navrant que les messageries automatiques. Ce ton monotone qui nous confirme à deux à l’heure qu’on "est bien sur la messagerie vocale du 06 22 68 10 10 ", ça me donne envie d’envoyer valdinguer le téléphone au fond de l’évier.
Vous remarquerez au passage que les opérateurs téléphoniques ont longuement cherché dans leur coin un moyen de nous mettre les nerfs un peu plus en tire-bouchon. Dernièrement, ils nous ont dégoté un truc assez balaise, dans le genre casse-bonbon : la charmante voix électronique qui nous cause à la fin du répondeur de nos potes, et qui nous dit qu’on a le choix de laisser ou non un message (hé ben c’est toujours ça !) ou qu’il faut appuyer sur tout un tas de touches pour réécouter notre prestation avant de l’enregistrer (ils ont bien compris qu’on était nombreux à être pathétique si on se lançait sans filet et sans possibilité de mettre du Tipex sur nos cafouillis verbaux).
La phrase qui me fait hurler de rire, c’est "après votre message, vous pourrez raccrocher"… Ah mais c’est une bonne idée, ça ! J’y aurais pas pensé toute seule, mais puisque vous le suggérez…

Bref, j’en arrivais au sujet des annonces personnalisées. Ahhhh, gros débat, les annonces personnalisées. Faut-il faire une annonce sobre car « on ne sait jamais qui va appeler, et si c’était pour le boulot, t’imagines !" ? Faut-il au contraire faire un message ultra drôle pour faire marrer tout le monde, quitte à passer pour celui qui a repris trois fois du clown à midi ? Mettre de la musique ? Faire une blague ? (A cette dernière question, je réponds personnellement que la blague du "allo ? allo ? je ne vous entends pas… mais c’est normal vous êtes sur mon répondeur ha ha ha ! " fatigue tout le monde, et vous classe immédiatement dans la catégorie "humour à 2,5 tonnes").
Non, optez plutôt pour un truc tout simple, mais pas trop coincé, comme celui de ma copine Sophie : "bonjour, c’est Sophie, au revoir". Direct, poli, clair, efficace, sans chichis !

Quant à l’option musique, elle est à utiliser avec modération, car d’après nos sources d’information, le procédé a déjà fait des victimes. En gros, le dernier Britney Spears ou, pour faire plus sérieux, la Chevauchée des Walkyries,  qu’on se tape pendant les 45 secondes de répondeur, a de grandes chances de soûler rapidement votre interlocuteur. Le genre de message qui fait mourir d’ennui au bout du deuxième appel, et qui décourage les plus volontaires au bout du troisième. Un bon plan pour ne plus avoir d’amis.
Ce qui me gonfle aussi un peu, avec les répondeurs, c’est quand on s’en sert systématiquement pour filtrer les appels, style "je suis vraiment trop occupé pour te parler maintenant, raconte donc ta vie à ma machine électronique, et peut-être que si c’est intéressant, je te recontacterai… un jour…". Ca, j’aime pas. D’ailleurs, dans ces cas-là, j’ai trouvé ma solution : je n’appelle plus jamais. "Etes-vous sûr de vouloir effacer le numéro ?" Oui.

28 avril 2006

Mes amis les sept nains

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Rassurez-vous tout de suite, je ne fais pas collection de nains de jardin (grand dieu, non, quelle idée !). C’est juste que l’autre jour, je pensais à mon groupe d’amis le plus proche, ma « bande », comme ont dit quand on est ado, et j’en suis venue à une conclusion un peu surprenante : chaque petit gars de ce groupe pourrait s’appeler comme l’un des sept nains de Blanche-Neige.

Je vous resitue le contexte, pour bien comprendre. Lycée, année de seconde, durant laquelle je rencontre successivement mes futures meilleures-amies-à-la-vie-à-la-mort, et un groupe de gars un peu plus âgés que nous (c’est trop la classe, d’avoir des potes plus âgés, quand on est en seconde !). Coup de cœur amical immédiat. Et ça fait douze ans que ça dure, au gré des engueulades, embrouilles, éloignements temporaires…

Mais revenons à nos brebis. Les sept nains, disais-je.

Il y a d’abord Prof (C.), qui sait toujours tout sur tout et mieux que tout le monde, qui adore ramener sa fraise pour nous apprendre un truc. Surtout qu’il est avocat, donc autant vous dire qu’il a un débit de parole assez phénoménal. Au bout d’un moment, ça peut devenir soûlant, je ne vous le cache pas. A tel point qu’on a parfois envie de lui dire « tais-toi, pour voir ? ».

Ensuite, il y a Timide (T.), très discret, limite casanier, mais sur qui on peut compter pour se confier ou pour garder un secret. Rarement au centre des prises de bec ou des débats, et aussi neutre qu’un horloger suisse (mais pas aussi ponctuel, puisqu’il est systématiquement le dernier à se pointer aux RDV !).

Grincheux (M.), lui, râle en permanence et n’est jamais content de rien. Il a une dose de pessimisme profondément ancrée en lui, et prétend que c’est son anxiété qui le pousse à penser d’abord aux côtés négatifs d’une situation. Admettons…

Simplet (B.) est très gentil mais parfois surprenant dans ses réflexions. Quand on lui demande par exemple d’apporter la salade pour un dîner, il répond un lapidaire "bah pourquoi ?" (heu… pour qu’on la mange, peut-être ?).

Joyeux (T.) est toujours de bonne humeur, a toujours la blague qui fait rire (ou presque…), est toujours partant pour faire des tas de trucs. Il est souvent l’élément booster du groupe, celui qui prend les initiatives… Parfois un peu trop agité, on lui demanderait bien de freiner sur le café.

Enfin, il y Dormeur (S.), peu bavard, un peu apathique, et toujours prêt à basculer du côté obscur de sa couette. C’est… comment dire… reposant d’être avec lui.

Si vous savez compter, vous avez compris qu’il en manque un à la liste : Atchoum. Ah, celui-là, il m’embête. J’ai pas de copain hypocondriaque, ni de chocotte qui chouine dès qu’il a attrapé trois microbes. On n’a qu’à dire que c’est l’exception qui confirme la règle.

Et puis il y a le Prince… Aaaaah le prince… Jadis (il y a deux ans environ), un huitième protagoniste joua un temps ce rôle-là pour moi. Ce fut une belle histoire très compliquée et chaotique, qui ne s’est pas terminée par "ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants". Aujourd’hui, le Prince est redevenu simplement S.

S. n’habite pas en France, il s’est exilé dans de lointaines contrées il y a près de 6 ans maintenant, officiellement pour jouer au grand garçon, s’émanciper et commencer sa carrière, et officieusement, pour s’affranchir d’une famille un peu compliquée à gérer. Il fait donc partie de mes amis, mais il reste entre nous, encore à l’heure actuelle, une sorte d’ambiguïté très difficile à définir. Un jour, je vous raconterai à quel point il est délicat et problématique de choisir son prince au sein de son groupe d’amis…

Bref, tout ce développement métaphysique pour en arriver à un constat incroyable, que je n’aurais sans doute pas voulu croire si on me l’avait dit il y a quelques temps : j’ai pour amis les nains de Blanche-neige ! Diantre !

26 avril 2006

Le marchand de sable s'est fait la malle !

marchand_de_sable_22

Alors, celui-là, si je le croise, il va passer un sale quart d’heure, c’est moi qui vous le dit ! Ca fait trois nuits de suite qu’il me pose un lapin. Trois nuits que je ne ferme quasiment pas l’œil, que je me tourne et me retourne dans mon lit en regardant les chiffres défiler sur mon réveil luminescent.

00 : 42 Ca va, il est encore tôt, j’ai de l’espoir. Pour passer le temps, je compte les moutons. 

01 : 16 Moutons, brebis, veaux, vaches, cochons… je les ai tous comptés, il n’y en a plus un seul dans l’étable, et je ne dors toujours pas. Changement de technique : je visualise ma journée du lendemain, je pense aux films que j’ai envie d’aller voir, à la petite jupe d’été que j’ai repérée. Objectif : faire diversion. Penser à tout sauf à "faut que je dorme".

01 : 53 Ca me tape un peu sur les nerfs, mine de rien. Allez, un peu de zen-attitude. Longue inspiration par le ventre sur huit temps, pause, expiration par le nez… Au bout de douze respirations, tout semble tourner autour de moi à cause du trop plein d’oxygène, mais je n’ai toujours pas sommeil.

03 : 18 Ca craint du boudin, comme dirait Charlotte, ma voisine de 10 ans. Je me demande si c’est la pleine lune, parce que j’ai tendance à mal dormir à ce moment-là (je dois avoir des gènes de loup-garou). Et puis je me ressaisis : la pleine lune une fois, ok, mais pas trois fois de suite, quand même ?

04 : 34 Je viens de me relever pour vérifier. Non, ce n’est pas la pleine lune.

05 : 02 Tiens, mes yeux me picotent, on dirait bien que je vais m’endorm… ah bah non, fausse alerte !

07 : 52 : Bip bip bip biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiippppppppppp  Aaah, mais qu’est-ce que c’est ? C’est l’heure de se lever ? Déjà ? Mais je viens à peine de…

Bah voilà ! Trois nuits de suite que c’est le même cirque ! Pourtant, j’ai tenté pas mal de trucs pour lutter contre cet étrange phénomène : la tisane « bonne nuit » ? Nan, faut que je me relève à 3h pour aller aux toilettes. Le petit verre de lait avant de se coucher ? Bof, c’est surtout bon pour mon chat qui vient réclamer sa part. Ah ça, après, il pionce comme un loir (mais à bien y réfléchir, il pionce tout le temps, alors ça ne compte pas). Les petits cachets à base de plantes ? Ben non, ça ne me fait pas grand-chose. L’album de Francis Lalanne, période 1987-1994 ? J’ai pas pu, j’ai pas pu, j’ai pas pu !

Alors quoi ? Faut que je me shoote au Donormyl et autre Stilnox pour espérer avoir mes huit heures réglementaires de dodo ? Ca me chagrine… Je préfèrerais quand même que le marchand de sable fasse son job correctement. Ca serait bien la moindre des choses. Peut-être qu’il a trouvé un meilleur emploi ailleurs ? Peut-être que c’était la fin de son CPE ? Il est passé, chez vous ?

21 avril 2006

Keep it secret or not ?

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Messieurs dames, l’instant est grave. Maintenant que j’ai posé un pied dans la blogosphère, il me vient une question existentielle : dois-je révéler à ma famille ou mes ami(e)s la naissance de mon petit bout de blog ?

D’un côté, j’ai envie de me dire "pourquoi pas ?". Tout ce qui fait ma vie devrait pouvoir se partager avec les gens qui me sont proches. Et puis je pourrais demander conseil à certains plus calés que moi en informatique, parce que je suis une vraie truffe dans ce domaine (la preuve, j’ai toujours pas compris comment faire un joli bandeau pour mon titre de blog. Et j’ai cherché, je vous jure !)

D’un autre côté, j’ai aussi envie d’avoir ici un petit jardin secret, voire un exutoire pour les jours sans. A qui vais-je me plaindre des défauts de mon père, à qui vais-je raconter les petites crises entre copines, auprès de qui vais-je ruminer mes colères ou ma rancœur, si tous les gens dont je parle peuvent venir lire ici ce que je pense parfois d’eux, tout bas ?

Ah, la question est délicate, vraiment…

Après mûûûûûre réflexion, je crois que je vais opter pour le mi-secret. Je ne révèlerai pas moi-même à mes proches mes obscures activités bloguesques, mais je ne m’en cacherai pas non plus. Si on me questionne, si on me torture, je ne nierai pas. Mais je n’irai pas non plus jusqu’à donner le nom de mon blog, ou l’adresse. Celui qui est curieux devra mener son enquête tout seul !

Et si par hasard l’un(e) d’eux tombe un jour sur ces pages, qu’il soit le bienvenu, et qu’il profite de ses lectures pour pouvoir un peu mieux comprendre celle que je suis…

24 septembre 2012

3 ans 1/2 d'amour, et quelques semaines

Chaussures_trois

Voilà, on y est. Après un timide coming-out sur Facebook et Twitter il y a quelques jours, l'heure est venue pour ce blog de partager à son tour une jolie petite nouvelle. La photo d'illustration du billet en annonce assez clairement la teneur : oui, j'attends un bébé... Et vous pouvez vous fiez à la couleur des petits chaussons, c'est bien une petite chouquette qui viendra nous rejoindre, Chéribibi et moi, d'ici la fin du mois de janvier.

Hé oui, voici donc une petite partie des explications. Explication de mon presque silence cet été (fatiguéeeeeeee), de nos vacances un peu moins exotiques qu'à l'accoutumée... Les choses changent. Ce n'est pas pour me déplaire, mais il faut prendre le temps de s'adapter...

Oh évidemment, comme le chantait France Gall, "c'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup".

Beaucoup de joie dans l'absolu, car voilà un projet de longue date qui se concrétise enfin.

Beaucoup d'organisation à revoir, aussi. Mettre le hola - temporairement au moins - sur toutes ces petites escapades de week-end aux quatre coins d'Europe et ces envies de longs voyages à l'autre bout du monde. Déménager dans plus grand, plus adéquat. Revoir ses priorités sur le long terme.

Beaucoup d'économies à prévoir (la nouvelle collection Zara à tomber par terre ? Tsss, pas pour moi cette année !) et beaucoup de dépenses qui compensent (qui est-ce qui louche dès à présent sur les rayons Baby des grandes enseignes ? Qui est-ce qui gagatise à mort devant les grenouillères à rayures et les petites robes taille Minipouce ? Ca promet, tiens...)

Beaucoup d'angoisse et de stress, enfin. Je n'apprends rien aux déjà-mamans, mais les premiers mois de grossesse sont paradoxalement les plus épuisants physiquement et nerveusement. Ces premiers mois où on garde la nouvelle pour soi, où on le cache à son entourage. D’abord par superstition, on ne sait jamais ce qui pourrait arriver. Aussi par envie de conserver ce petit secret juste à deux, encore un peu.

Mais ces premiers mois, pourtant, où on aimerait aussi partager avec la terre entière ses doutes, ses interrogations, ses incertitudes. Où l'on aurait mille questions à la minute, envie de parler de ça sans cesse, et besoin d'être rassurée sur tout et son contraire.

Ces premiers mois où l’on préfèrerait dire calmement à sa collègue que là, en fait, le dossier Duchmolle, on s’en fout complet, étant donné qu’on a juste envie de dégobiller notre petit déj sur ses ballerines en daim. Où l’on aurait besoin de se rouler en boule sous sa couette après les déjeuners pour piquer un somme réparateur, mais où on lutte vaillamment devant l'ordinateur. Ces premiers mois où l’on aimerait enfin simplement hurler à la face du monde que, hé les gars, je suis en train de concevoir un bébé, je subis des tonnes de changements que je ne comprends pas, je suis fa-ti-guée, foutez-moi la paix merde à la fin. (Oui, la future mère a souvent tendance à se prendre pour le centre du monde, oubliant au passage que les femmes tombent enceintes depuis la nuit des temps et qu’elle-même ne fait que suivre le cours à peu près normal des choses…).

Le début d'une nouvelle ère, remplie de couche-culottes, vitesse de tétine, visites chez le pédiatre et doudou perdu sur le chemin de la crèche. A mon avis, ça promet quelques futurs billets pas piqué des vers... J'ai hâte !

(Si on m'avait dit un jour que je prendrai un titre de Patrick Bruel pour intituler l'un de mes billets... damned...)

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