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Gin Fizz
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7 septembre 2009

La mauvaise (ré)éducation

film"Tiens, la revoilà qui pointe son nez", vous dites-vous, fort à propos. C’est que ça fait un bail, hein ? Je sais bien. Mais étrangement, en cette fin d’été, le clavier me démange à nouveau. Du coup, je me suis dit que j’allais passer donner quelques nouvelles, et prendre un peu la température dans le coin…

Où est-ce qu’on en était resté, nous autres ? Ah oui, je devais m’envoler pour Hong Kong et Bali après ma rééducation kiné, et vous faire un beau reportage photo. Bon, alors, comment dire ? Je pense qu’il va falloir vous adresser à quelqu’un d’autre, puisqu’en définitive, je n’ai pas pu partir. Cette garce de fracture du genou a fait des siennes, et m’a collé des emmerdes tout l’été durant. Remarquez, je parle au passé, mais je ferais mieux de ne pas. Vu que je n’en suis toujours pas sortie, de cette affaire.

Pour la faire courte (on n’est pas dans Gray’s Anatomy non plus), la rééducation classique n’a rien donné de bien sur mon genou tout raide et coincé (rapport à l’immobilisation très longue sous plâtre), et je suis donc gentiment (façon de parler) retournée à l’hosto mi-août pour une nouvelle intervention sympatop qui consiste à faire plier le genou de force sous anesthésie générale, et à éventuellement sectionner tout ce qui gêne. Je n’entre pas dans les détails, je ne voudrais pas vous faire vomir tout de suite. Mais j’ai plus que moyennement apprécié l’arrêt des anti-douleurs, si vous voulez savoir.

Après trois jours complets à déguster bien comme il faut à l’hosto, on a jugé que j’avais bien le droit à une petite récré. Et du coup, on m’a collée direct en centre de rééducation intensive, en banlieue parisienne, au milieu de pleins d’autres amis en fauteuil roulant et en béquilles. Moyenne d’âge : 82 ans. Et je fais déjà sérieusement baisser les stats.

Alors oui, j’ai l’air de me plaindre, là, comme ça, dit de loin. Mais c’était quand même très sympa, ces discussions au sujet des prothèses de hanche et des déambulateurs. Et ces petits déj’ servis à 7h30 du matin, dimanche compris. Et ces infirmiers qui hurlent en permanence, habitués qu’ils sont à avoir affaire à des durs de la feuille. Non, vraiment, un été to-pi-ssime. Dire que j’ai failli aller me perdre à Bali au lieu de savourer le soleil du 9.3. Ca aurait vraiment été du gâchis.

En tout cas, si y’a bien une chose de vérifiée, c’est que les personnes âgées ne sont pas nécessairement les plus polies. Loin de la, même, je dirais. Et vas-y que je te bouscule pour entrer plus vite à la cantine (des fois qu’il n’y aurait pas de gratin de salsifis pour tout le monde). Et vlan que je te roule sur le pied avec mon fauteuil, même quand le couloir fait quatre mètres de large. Et paf que je ne réponds pas à ton bonjour souriant, parce que faudrait voir à pas déconner, on n’est pas là pour se faire des potes. Ah non mais je vous jure, pire que des CE2, ceux-là.

Autant vous dire que je me suis barrée vite fait. C’est pas que je n’aime pas causer mots croisés et tricot durant tout le repas, mais je suis une sauvageonne, moi. Je ne cohabite pas de trop près. Et à part ma colloc’ amerloque quand j’habitais à NY, j’ai jamais partagé mon café au lait avec d’autres que mon chéri. C’est bien qu’il y a une raison, bon sang.

Me voilà donc rentrée dans mon home sweet home, qui prend des allures de palace quatre étoiles après les diverses chambres d’hosto austères au possible. N’allez pas imaginer pour autant que je suis tirée d’affaire, ce serait beaucoup trop simple. Non, désormais, je me coltine la virée dans le 9.3 quatre fois par semaine, pour faire ma rééducation en hôpital de jour. Trop super. L.O.L, même.

En attendant, le point positif (en cherchant bien), c’est que mon compte en banque est remis à flot, vu que je n’ai pas foutu les pieds dans une boutique depuis des lustres. Evidemment, il y a Internet et la vente par correspondance, qui a quand même trouvé le moyen de me coller un maillot de bain dans les pattes pendant les soldes (très utile pour l’été en banlieue, d’ailleurs, notez). Mais à part ça, nada. Raisonnable, comme fille, non ? (Oui bah attendez que je remarche correctement, moi…).

Question blog, j’ai eu raison de laisser la porte entrouverte. Mais je l’envisage aujourd’hui de façon plus sereine, sans contrainte de posts bi-hebdomadaires, ni de thèmes à/ne pas aborder. A la cool, quoi. Et même que peut-être, un jour, je ferai des billets moins longs qu’une introduction de Proust. Mais là, je ne promets rien…

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13 février 2009

Désenchantée

coeur_3Previously


J’arrive au lycée lundi matin avec un sourire de niaise calligraphié sur la tronche. Love is in the air, oh happy day, la vie en rose, et compagnie. Même le premier cours de maths de la matinée ne me fout pas le bourdon, alors qu’habituellement, je suis loin d’être fraîche comme une fleur pour faire des équations à la con. L’amûûûr, quoi.

L'amûûûr, oui... jusqu’à ce que je debriefe avec ma copine J.
Qui a parlé avec F. (F. étant la fille chez qui nous avons rencontré nos deux nouveaux loverboys, pour ceux qui ne suivent plus)(Tsss).
F. qui lui aurait raconté un tas de saloperies sur B. (mon nouvel amoureux, donc) (toutes ces initiales, ça me file le tournis, on se croirait dans un épisode de Gossip Girl) : que c’est un petit con, un mec pas fiable, un dragouilleur de bas étage qui ne cherche qu’à ajouter une conquête à son palmarès déjà long comme une cérémonie des Victoires de la Musique présentée par Drucker (autant dire interminable). En gros, que je suis bien mal tombée, et que je ferais mieux de tout stopper là.

Beurrggllll. En fond sonore, la musique déraille. Mon joli petit film rose tout mignon et cucu à souhait vient de se prendre une sacrée rouste. Quid du vrai, quid du bidon ? Dans le doute, je décide de faire confiance à celles que je connais depuis plus de vingt-quatre heures, et met mentalement un terme à la love-story la plus courte de mon existence.

Reste à aller annoncer la nouvelle au gugusse.

Mercredi midi. Je l’attends de pied ferme devant le MacDo, comme convenu. Je répète dans ma tête le film qui DEVRAIT normalement se dérouler : il arrive, je lui lance un regard méprisant, il hausse les sourcils, je lui déballe mon speech, que je sais tout de ses intentions minables et qu’il n’aura pas l’honnnnnneurrrr (bien appuyer les syllabes, surtout) de passer ne serait-ce qu’une seconde de plus avec moi, je tourne les talons dans un grand mouvement de cheveux majestueux à la L'Oréal style, il m’attrape le bras, je me dégage, il vacille, tombe à mes pieds, me supplie de lui accorder mon pardon, hurle, pleure... ... ouais, bon, ok, il pleure pas, mais presque, quoi.

Bon. En fait, il se pointe avec cinq minutes de retard, une jolie rose dans la main, et un sourire timide de mec qui n’a pas tant l’habitude que ça des rendez-vous amoureux. Il m’embrasse au coin des lèvres. Intérieurement, je fonds. Mes résolutions aussi.

… Les emmerdes ne font que commencer.

(A suivre…)
(Oh la la, mais c’est plus suspensifiant que la vie de Jack Bauer, ce blog !)
(En vrai, c’est parce que j’ai pas encore eu le temps de tout écrire, mais vous gardez ça pour vous, ok ?)

12 février 2009

Pour un flirt avec toi

love_1Vous commencez à le savoir, la guimauve, c’est pas mon truc. (« Ah ouais ? Sérieusement ? », que j’entends, dans le fond. Ca fait plaisir de voir qu’il y en a qui suivent, j’vous jure). En cette période de Saint-Valentin sirupeuse à souhait, j’ai préféré vous ressortir de derrière les fagots une mignonne petite histoire d’amour loupée dans les grandes largeurs, à cause de la mauvaise influence d’une « copine » de l’époque (mais en fait, copine que dalle).

Années collège ou lycée (j’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien), période des petits mots écrits au stylo rose sur les agendas, des premiers flirts et des boums, qu’il ne faut déjà plus appeler « boums », mais « soirées », nettement plus chic.

Ce soir, c’est l’anniversaire de F., qui est inscrite au lycée voisin du nôtre. Cool, on va pouvoir rencontrer de nouvelles têtes. Oui, parce que baver sur les Terminales qui ne nous jettent même pas un œil, ça va bien deux minutes, mais on n’est pas là pour rigoler, non plus.
Je vous la fais courte (sinon, on est encore là demain, et je sais pas pour vous, mais moi, j’ai compet' de lancers de noyaux de cerises, alors bon) : ma copine J. rencontre L., je rencontre B.
Chabadabada dans un grand champ de fleurs, amour fou au bout de … quoi… 15 minutes, on ira où tu voudras quand tu voudras, etc. (On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans, ou presque). Bref, ze bonheur. Et tout ça en une soirée. (C’était vachement simple à cet âge, quand même, quand on y repense, non ?).

Lendemain, dimanche. Attente fébrile du coup de téléphone qui fixera le rendez-vous des retrouvailles en tête-à-tête. Impossible de me concentrer sur mes devoirs de maths. Et puis franchement, Pythagore, qu’est-ce que je m’en fous, là, tout de suite, si vous saviez ? Je tourne comme un lion en cage, assassine mentalement toutes les personnes de ma famille ayant le malheur de monopoliser la ligne ne serait-ce que cinq minutes, quand soudain… (suspense insoutenable)… driiiiiing ! Pas de portable à l’époque, je dois me farcir les communications les plus privées de ma life en plein dans l’entrée de l’appart familial, au milieu du va et vient et des oreilles qui traînassent.

       -
Oui. Ok. A mercredi. Bisous.

Deux minutes, montre en main. Peu loquace, le mec. Il doit avoir le même problème que moi, niveau téléphone placé en zone non stratégique, et a fait au plus vite. Mais l’essentiel est là, on a rencard. Yihaaaaa. Mercredi midi, devant le MacDo. Et même qu’après, on ira au ciné. Carrément, quoi.

Ah ça... ça partait balèze, hein. Ca aurait très bien pu se finir en 'ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, un break cabriolet gris métalisé, un golden retriever nommé Derek, un pavillon avec piscine en banlieue ouest, un PEL pour chacun des gosses et un crédit sur le dos pour trente ans'.

Sauf que non. Pas trop.

(A suivre...)

20 octobre 2008

Kiss kiss bang bang

kiss_2Ce qu’il y a de bien, dans les nouvelles rencontres amoureuses, c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre avant de toucher au but.
Ce qu’il y a de moins bien, dans les nouvelles rencontres amoureuses, c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre avant de toucher au but.
Forcément, ces trucs-là, c’est un peu comme le loto : 100 % des joueurs ont tenté leur chance, évidemment. Mais combien touchent le pactole ?

Prenons le cas du premier baiser entre deux personnes, par exemple*. Avant cette première étape de grande importance, l’imagination fertile dont on sait parfois faire preuve fonctionne à toute berzingue, et on se laisse aller – à juste titre – aux fantasmes les plus torrides, puisqu’on ne sait rien de ce qui va concrètement arriver.

On est juste conscient d’une chose : l’autre nous plait. Il est beau, charmant, drôle et fin. Il semble sûr de lui, confiant en son potentiel de séducteur, mais garde un brin de timidité qu’on trouve forcément craquante, à ce stade. Il bouge son corps avec aisance sans en faire des caisses, et a dépassé depuis longtemps cette période ado sous Biactol découvrant d’un regard à la fois émerveillé et apeuré le monde mystérieux du sexe opposé. Lui, il connait déjà tout ça. Sur le bout des doigts**.

De notre côté, les petits zigouigouis dans le bidou se font ressentir, plus précis, plus denses. La voix se fait charmeuse, le regard enjôleur. On suit encore la conversation, mais quelque part à l’intérieur de nous, on est ailleurs. On imagine déjà la suite, on sait que ce n’est plus qu’une question de minute maintenant. On regarde sa bouche, à la dérobée, dans l’espoir de ce fameux instant que l’on semble attendre depuis déjà une éternité.

Vient alors le moment tant attendu, celui où les souffles se rapprochent et les lèvres se touchent.

Et là, tzouiiiiiiiiiiiiiinnnnng. Drame. On serait dans une comédie romantique, la bande son ferait dérailler le disque de mélodie sirupeuse pour bien montrer l’étendue des dégâts : l’autre embrasse comme un poulpe. Visqueux, baveux et gluant à souhait, mais sans une once de passion charnelle ou de romantisme. Ouch.
Bye bye, fantasmes de nuits torrides et caliente. Adios, espoirs de chabadabada en CDI. D’un coup, le niveau de tension érotique est descendu en flèche et les zigouigouis dans le ventre se sont barrés vite fait.

Evidemment, certains frustrés moralisateurs diront qu’il faut compter avec l’appréhension de chacun, et que « c’est une question d’adaptation, bla bla bla ».
Certes. Mais avec quelqu’un qui embrasse comme s’il était à un rallye de Formule 1, perso, je ne suis pas sûre d’avoir envie de m’adapter. Merci, mais le détartrage, c’est chez le dentiste que je le fais, pas avec la langue de mon copain. Et puis cette impression d’avoir la bouche transformée en machine à laver position essorage, c’est quand même tout sauf sexy, sérieusement.

Sans nécessairement faire d’étincelles à tous les coups, inutile de se mentir, un premier baiser en dit long sur le caractère des protagonistes. On y lit la générosité ou le repli sur soi, la fougue ou la timidité maladive, l’envie ou la crainte, le contrôle ou l’abandon. Autant de signes qui ne trompent pas sur la marchandise, à l'inverse des wonderbras par exemple.

En gros, cette affaire-là, c'est un peu comme le cadeau du Kinder Surprise. Un coup, c'est le jackpot et on tombe pile poil sur la figurine Hippo ou Pingui qui complète notre collection (en admettant qu'on fasse la collection de ces figurines. Je ne vise personne). Un coup, on tombe sur une merdouille infâme dont on n'arrivera même pas à piger le fonctionnement malgré toute notre bonne volonté et notre bac +5, et qui nous laissera une vilaine impression de "tout ça pour ça ?".
Mais au moins, dans le cas du Kinder, il reste toujours le chocolat pour se consoler...


* On sera tous d’accord pour dire que j’aurais pu viser bien plus en dessous de la ceinture, mais que le raisonnement aurait été le même.

** Ah ah, c'te jeu de mot mortel. Non ?

15 juillet 2008

Rencontre du troisième type

qui_2Comment perdre toute crédibilité, leçon 1. Ou : Ma vie passionnante, Acte II, scène 1. Action.

L’autre jour, en montant dans le métro, je repère à quelques mètres de moi une nana que je connais sans aucun doute, mais que je n’arrive plus à situer d’où. Elle est en grande conversation avec une copine et n’a pas l’air d’avoir remarqué ma présence. « Parfait », me dis-je (oui, je me parle toute seule, quand je suis dans le métro), « ça me laisse le temps de l’observer et d’essayer de rassembler mes souvenirs ».

Je m’installe donc sur mon strapontin pour la quinzaine de stations qui m’attend, sors mon bouquin pour faire genre « moi aussi je suis super occupée », et commence à réfléchir à toute berzingue. Qui donc est cette greluche qui m’interpelle grandement au niveau de mon vécu, mais que je n’arrive décidemment pas à recadrer ? Ancienne copine de classe ? Non. Copine du cours de danse ? J’crois pas. Rencontrée à une soirée blogueuses ? M’étonnerait. Voisine ? Ex-collègue ? Ex d’un pote ? Non, non, non.
Aaaaaah, c’est pas vrai, ça. Impossible de savoir d’où je connais cette minette. Et bien sûr, plus je cherche, moins je trouve, et moins je trouve, plus ça m’énerve.

Je reluque la greluche de façon insistante, essayant de me la remémorer dans tous types de situations possibles, pour m’aider. Evidemment, au bout d’un moment, elle sent mon air inquisiteur posé sur elle et me lance à son tour un regard interrogateur. Moi, au lieu de saisir la perche et de voir un peu quelle est sa réaction (genre « ah Katia, salut, qu’est-ce que tu fais là ? » ou « qu’est-ce que tu me veux sale morue ? » … auquel cas, j’aurais été fixée sur la suite des événements), je plonge illico la tête dans mon bouquin, style j’ai-rien-vu-j’ai-rien-fait-je-me-cultive-moi-madâââme. Elle n’insiste pas et se remet à discuter avec Copinette. Mais si jamais elle m’a reconnue, elle doit se dire que je suis une sale snob méprisante et que j’aurais au moins pu faire un signe de tête, quand même, merde.

Et ça, ça ne me plait pas. Pas du tout.

A partir de ce moment précis, c’est la Bérézina dans ma tête. Mes pensées divaguent vers la parano aïgue : qu’est-ce qu’elle va bien penser de moi, maintenant, cette brave fille ? Ca se trouve, elle est en train de dire à sa copine « tu te rends compte que cette truie elle m’a même pas dit bonjour ? ». Déjà que je zappe complètement son prénom et qui elle est, mais si en plus je deviens grossière et impolie, non mais où va le monde ? C’est mal. C’est très mal. Je suis une vilaine fille. Maman, pardon… tu as engendré un monstre.

(Oui, bon, ok… ça commençait à frôler la surchauffe dans mes neurones, mais comprenez bien aussi que ça faisait douze stations que j’étais sous pression intellectuelle maximum, moi !)

Ne voulant pas rester sur cette mauvaise impression, je décide finalement d’adresser à mon inconnue que je n’avais toujours pas identifiée un petit signe de la main au moment de mon départ du wagon. Comme ça, hop, on remet les compteurs à zéro : je sais pas qui tu es, ma jolie, mais c’est bon, regarde, je te fais coucou, tu peux arrêter de dire des saloperies sur moi, je suis super polie comme nana, en fait.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le métro arrive en station, je me lève, lui lance un regard qu’elle me rend aussitôt, et lui fait un petit salut de la main droite. Et là, elle me regarde avec l’air d’une poule qui a trouvé un tube de dentifrice et réprime un éclat de rire.
J’ai comme l’impression d’avoir fait une boulette, en gros.



Deux jours plus tard, l’inconscient ayant fait son boulot de feignasse, je m’en suis enfin souvenue.
La fille, celle que j’étais persuadée de connaître, d’avoir déjà rencontrée… c’était une actrice de série télé.

Pire. Une actrice de « Sous le soleil ».
Ouais, je sais, c’est bon, rangez vos cailloux. J’assume.

Et entre nous, heureusement que je m’en suis tenue au petit signe de main, tiens. J’aurais pas eu l’air con si je lui avais demandé « comment ça va, depuis tout ce temps ? » alors qu’on n’a, grosso modo, jamais gardé les oies ensemble.

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16 octobre 2007

Mon mec à moi

mains_2Mon mec à moi, il est un peu bizarre. Limite j’me demande parfois si c’est un vrai mec. Il dit qu’il n’aime pas les strings, ni les jupes, par exemple. Ou qu’un jean met bien plus en valeur les courbes féminines. Bon, admettons. Quelque part, ça m’évite de me déguiser en Barbie Pétasse tous les jours. Mais je suis sûre que ça cache quelque chose de louche. En revanche, évidemment, il est à fond pour le port du micro short, même surtout en plein hiver, avec les bottes et tout le bordel. Ben tiens, on voit que c’est pas lui qui se les pèle grave, hein !

Mon mec à moi, il a beau faire des efforts, il ne comprendra jamais rien à mes tentatives modesques. Il y met du sien pourtant hein, je le vois bien. Il a déjà pigé, après moult effort, ce qu’étaient des leggings ou ce qu’on appelait des ballerines. Attention, ici progrès. Mais toutes les petites robes amples et évasées qui font la mode cette saison, on oublie tout de suite. Selon lui « ça fait femme enceinte, et c’est moche ». Bam. Tssss, aucune culture, aucun goût.

Mon mec à moi, il fait toujours des compliments à côté de la plaque. L’intention y est, mais si je m’arrête au sens propre de la phrase, j’ai plus envie de chialer que de battre des cils amoureusement. Genre dernièrement, j’ai quand même eu droit à « t’es mon sac à patate préféré » (sans commentaire) ou à un « hé mais t’es cultivée en fait ! » criant de vérité. En fait, il devait me prendre pour une vraie truffe, j’imagine. M’enfin le top du top, ça reste quand même le moment où, peu de temps après notre rencontre, il a cru me faire rosir de plaisir en me faisant un superbe compliment sur mes somptueux yeux bleus… alors qu’ils sont verts. Alors là, carton rouge, monsieur l’arbitre !

Mon mec à moi, il a pigé qu’il ne fallait pas gêner mon sommeil s’il voulait échapper à la grosse mandale dans les dents en pleine nuit. Du coup, il fait super gaffe. Il évite de ronfler comme un tracto-pelle rouillé et me laisse pioncer sans boules Quiès. C’est déjà ça de gagné. En plus, question bouillotte, il se pose là, le mec, hein. Réduction de 40 % sur la facture de chauffage électrique. Au moins. Bon, en échange, il a des habitudes de petit vieux, et ne peut dormir que du côté droit du lit. Pfffff, si jeune et déjà si routinier. C’est moche.

Mon mec à moi, il me parle d’aventures. De sa dernière virée au Quick, de ses soirées dépravées et hautement alcoolisées entre potes, ou de l’achat de son GPS par exemple. Parce que mon mec, il a une vie trépidante, il faut le savoir. Et y’a pas à dire, il sait me faire rêver comme personne. Je suis sous le charme. Totalement. Et inconditionellemZzzzzzz…

Mon mec à moi, il a beaucoup d’amis, pas mal d’ex, un tas de relations plus ou moins proches, des collègues, une famille. Autant dire qu’il n’a pas trop de difficultés à remplir son agenda. Bientôt, je l’appellerai "Monsieur le Ministre" et je contacterai sa secrétaire pour prendre rendez-vous avec lui. Tant qu’il trouve du temps pour nous, je lui pardonne. Parce que bon, quand même, c’est mon mec. A moi.

6 septembre 2007

Belles, belles, belles comme le (soin de) jour

creme4Hé ben voilà, on y est. Je suis définitivement classée dans la catégorie «  blogueuses vieilles et ridées ». Je ne sais pas trop si je dois rire ou chialer, à vrai dire…
C’est déjà la troisième fois qu’on me propose de tester des produits anti-âge, anti-rides ou anti-trucs moches. Alors, oui, je veux bien le reconnaître : j’ai fait ma chouineuse il y a quelques mois en avouant que j’avais des une rides. Et je vous accorde que ça m’arrange bien de tester des produits magiques pour pouvoir garder le teint lisse et rebondi d’une gosse de huit ans. Ok, ok, j’admets.
Mais j’ai quand même également braillé à moult reprises sur ce blog que j’aimais bien les diamants, les ‘206 Cabriolet gris métallisé’, Sandro, Bel Air et les macarons de chez Pierre Hermé, et pourtant, là, personne ne bouge ses fesses, hein ?! La vérité, je suis super déçue…

(Bon, voilà, ça c’est dit. Ensuite…)

Cette fois, c’est L’Oréal qui s’y colle, en demandant à un panel de blogueuses-qui-le-valent-bien (ah ah) de tester sa dernière gamme nommée « Derma Genèse ». Connement, je me suis dit qu’un truc qui revendique être « révolutionnaire », et qui « repulpe, retend et illumine la peau », ça ne pouvait pas être foncièrement mauvais pour moi. Je sais, je suis naïve, parfois. Je me surprends moi-même. Et puis c’est pas comme si j’avais bossé un temps dans le marketing des cosmétiques, en plus, hein (ahem…)

derma_1Bref, j’ai eu envie d’y croire, à tous leurs arguments vendeurs et flatteurs… et j’ai vachement bien fait. Sérieux, je vous la fait courte et direct : "j’adore, j’adhère", comme on dit dans la blogobulle.
Les tops : une bonne odeur fleur-d’orangéisée, qui nous change agréablement des parfums habituels en cosméto, une texture douce et légèrement nacrée qui illumine le teint, et un flacon air-less qui protège des saletés extérieures et évite tout conservateur dans le produit.

Mais (ah ben oui, y’a un "mais", faut pas déconner, non plus) je trouve la texture un poil trop grassouillette pour la saison actuelle (oui, l’été, si, si, souvenez-vous, ce mot existe…), et le produit poisse aux doigts après application (mais pas sur le visage, ouf, sauvés !).

Niveau résultat, soyons franche, je n’ai pas (encore) perdu cinq ans, mais la clarté du teint et l’effet « balade au grand air » sont là. C’est déjà pas si mal. Je persévère avec mon flacon. Rendez-vous dans un mois.

Ouais, je sais, mon témoignage est un peu maigrichon sur les bords. Pour plus de détails croustillants sur tout ça, filez sur le site de la gamme « Derma Genèse », ça ira plus vite.

Moi, finalement, mon souci principal avec ces produits, c’est l’égérie de la marque. Ben oui. Pénélope Cruz, entre nous, je suis pas méga fan. Et ne venez pas me sortir des grandes tirades à rallonge sur son jeu d’actrice phénoménal, son petit minois ravissant, ou le fait qu’elle est gaulée comme un avion, je m’en fous. Pour moi, elle ressemble à une petite souris effarouchée, avec le nez trop près de la bouche. J’aime pas, point.
Bon, en même temps, on s’en fout un peu, c’est pas comme si c’était elle qui avait pondu le produit. Oui, mais quand même. Choisir Pénélope alors que j’étais disponible aussi, franchement, c’est a-bu-sé. Je suis vexée, tiens.

25 mai 2010

L'été en pente douce

photo_bisA quoi reconnaît-on une parisienne qui se croit déjà en été ?

- à ses envies d'orange pressée à la place du café noir
- à ses pieds fraîchement vernis dépassant de ses sandales encore neuves
- à sa façon d'ouvrir grand les volets le matin quand le soleil frappe à la fenêtre
- à sa décision de laisser ses cheveux vivre leur vie, même un peu folle, et au diable le brushing sage
- à son placard déjà réorganisé de façon adéquate : pile de débardeurs, pile de petites blouses, et portant entier de jupettes colorées
- à ses jardinières de balcons toutes fleuries et verdoyantes, méticuleusement arrosées et entretenues
- à la légère, très légère marque de bronzage au niveau du poignet de montre
- à ses lectures moins sérieuses, plus girly, plus exotiques (l'esprit des vacances, sans doute...)
- à la couleur de son sac à main du moment, devenu rose nude-poudré au lieu de kaki sombre
- à ses envies de salade fraîches et colorées, plutôt que des orgies de chocolat et bonbecs
- à ses "reluquages" de maillots de bain dans les vitrines et les magazines, même si elle n'en aura pas besoin cette année
- à son maquillage, plus discret, plus frais, quasi imperceptible
- à son tartinage consciencieux de crème anti-cellulite et d'auto-bronzant
- à la couleur de ses draps, bleu des mers du sud, au lieu de rose cocooning
- à ses envies de bouquets de fleurs fraîches partout dans la maison
- à son tube de crème solaire miniature présent en permanence dans son sac, au cas où...

Sans doute à un peu de tout ça, à vrai dire...
 

17 décembre 2007

Ne quittez pas, un opérateur va reprendre la ligne dans quelques instants...

tel_4Si je veux être parfaitement honnête avec vous, je me dois de vous dire que là, je sature un peu. Et que cette histoire de blog commence vraiment à tourner en rond, à mon sens. Vous l’avez peut-être constaté comme moi, depuis un moment, les billets ici se font plus rares et les réponses aux commentaires moins rapides.

L’envie n’est plus là, ces jours-ci.

Inspiration en fuite, motivation en berne, implication en déroute.

L’atmosphère morose et chaotique de la blogosphère ces derniers temps y est sans doute pour quelque chose aussi. L’ambiance « règlements de comptes à OK Corral », bof, pas trop mon truc.

Et puis il y « la vraie vie », celle dans laquelle on a parfois un boulot hyper prenant, une santé qui nous fait des petites blagues, ou un déménagement qui nous oblige à passer toutes nos soirées à faire des cartons, plutôt qu’à écrire des posts pleins d’humour et d’intelligence comme je sais si bien le faire (y’en a un seul qui rigole, je me vexe, je vous préviens).

L’heure est donc venue de faire un petit break bloguesque et prendre un peu de recul.

(Ca laissera le temps à Free de déplacer ma connexion Internet, parce que là, les enfants, on va pas être aidés, si j’en crois le demeuré profond que j’ai eu au téléphone…)

Non non, pleurez pas comme ça, je reviens, promis.

Et d’ici là, je continue à vous lire, évidemment…

4 décembre 2009

Compliment du soir, espoir (?)

adoEnfin, "espoir", je sais pas trop...

Hier soir, en m'écoutant me plaindre et geindre pour la huitième fois de la semaine au sujet de ma poussée d'acnée liée à un changement de pilule, Chéribibi m'a d'abord sorti toute sa panoplie de phrases toutes faites (et un peu obligatoires dans ce genre de cas), du style :
- Y'a que toi qui les vois (ouais... mon oeil !)
- Arrête de focaliser (facile à dire)
- Mais tu sais que je t'aime quand même (hé ben ça va alors...)

Finalement, voyant qu'aucune de ces stratégies n'opérait, il a trouvé un nouvel angle d'approche :
"Mais c'est bien, ça te rajeunit, on dirait une adolescente !".

Bon.
C'est pas encore ça, mais y'a du mieux...

(Si quelqu'un sait où s'achète le décodeur des compliments masculins, qu'il me fasse signe rapidement. Merci pour mon couple).

26 juin 2009

Live and let die

escapeOui. Je sais ce que vous pensez, tout bas. Si, si, je sais. Vous vous dites "tsss, elle est pas gonflée, celle-là, à négliger son blog, alors qu’elle est coincée chez elle avec son plâtre à la jambe et plein de temps libre, dis donc".
C’est pas faux. J’irais carrément jusqu’à dire, si j’étais honnête avec moi-même (mais bon, faut pas pousser) que je suis sacrément culottée.

Seulement voilà, il y a des fois où ça veut pas. Ca veut plus. L’inspiration s’est barrée en même temps que la mobilité de ma jambe droite, l’envie n’est plus au rendez-vous. Et si le temps disponible pour écrire est là (ah ça, oui, il est là), il est occupé à moult choses variées, autres que piapiater ici en mode Bridget Jones.

Ca couvait quand même depuis un moment, cette affaire, soyons clairs. Quelques tournants positifs dans ma vie ces derniers mois (un Chéribibi aux petits soins, un changement prochain de boulot plus en accord avec mes goûts et ma personnalité) n’y sont sans doute pas étrangers.
Et par-dessus tout, même si l’envie et le goût de l’écriture ne m’ont pas quittée, j’ai malgré tout cette drôle de sensation que le format « blog » ne me convient plus.

Mon essentiel, aujourd’hui, est ailleurs. Loin du virtuel. Il prend des formes super concrètes, même. Comme l’apprivoisement de mes béquilles, par exemple. Une vraie poisse, ce machin. Vous avez déjà descendu un escalier étroit en béquilles, vous ? Parce que moi, j’y arrive que dalle. Et forcément, quand je me résous à le descendre sur les fesses, comme une gamine de quatre ans, je croise systématiquement un voisin hilare. Merci bien. (Escalier : 1, Katia : 0, Dignité : -12).

L’essentiel, c’est aussi la préparation de mes futures vacances à l’autre bout du monde, pour peu que la santé revienne suffisamment vite. En prévision : quatre jours à Hong Kong, et deux semaines à Bali ensuite. Carrément, ouais. Ah ça, on ne se mouche pas avec le dos de la cuillère, ici, je suis d’accord avec vous. Mais il faudra d’abord que je passe brillamment l’épreuve du feu : la rééducation.

Et le blog, dans tout ça ? Ben il passe clairement au second plan. Voire au troisième. M’enfin, j’imagine que vous aviez déjà senti le vent tourner, non ?

Alors maintenant, quoi ?
On se dit au revoir, merci pour tout, bonjour chez toi ?
On se claque quelques bises virtuelles et on reprend chacun sa route ?

Arg. Pas si facile de refermer la porte, après plus de trois ans passés ici. Le mieux est donc de la laisser entrouverte, cette porte. De se laisser le temps de « vivre », loin des contraintes du billet régulier nécessaire à tout blog vivant. De prendre un peu de recul. Et peut-être, de revenir, un jour prochain, sur la pointe des pieds…

23 mars 2009

Coup de vent

coup_de_ventC'est-à-dire que là, tout de suite, ça va pas être possible, voyez ? Je m’étais pourtant juré que j’allais sauter sur mon ordimini dès mon retour pour vous raconter en détail mes vacances fabuleuses en Afrique, et puis en fait, non. Trop tôt. Pas tout de suite. Pas encore. Laissez-moi juste le temps d’atterrir, de trier un peu les photos et de mettre des mots cohérents sur les quelques jours magiques que je viens de vivre. Et puis j’arrive, ok ?
(le suspense de malade que j’instaure, mine de rien…)

Accessoirement, aussi, soyez mignons, et laissez-moi le temps de :
* vider ma valise pleine de sable (blanc, le sable. Blanc)
* faire mes six machines de linge sale (on se cradifie vite, sous les latitudes équatoriales) (oula, un indice)
* lire les 458 posts qui clignotent dans mon Netvibes (vous chômez jamais ou quoi, vous ?)
* rattraper mon retard en Nouvelle Star (‘tain, j’ai loupé le début des épreuves du théâtre, quoi !)
* et en Lost-Gossip Girl-How I Met et compagnie (oui, j’ai une vie vraiment très intéressante, en fait)

Autant dire qu’on n’est pas rendu, je vous le dis tout net.

Ceci était un billet sponsorisé par l’ABF (Amicale des blogueuses feignasses), fournisseur officiel des posts « roue-de secours » pour meubler en attendant de trouver le temps d’écrire un truc construit.

27 janvier 2009

Zen, restons zen

yoga_1Elle insistait lourdement en disant que ça allait m’aider à mieux dormir, à me déstresser, à m’apaiser. En gros, à l’écouter, c’était vraiment « pour mon bien », cette affaire-là. Pfff, mon œil, oui. En fait, c’était juste parce qu’elle n’avait pas envie d’y aller toute seule, à son cours de yoga. Il lui fallait un cobaye numéro deux pour venir tester avec elle les positions grotesques du « scarabée volant » et de la « montagne sacrée ». Et moi, bonne poire, j’ai dit banco. Je me suis dit connement que j’allais voir à quoi ça ressemblait, le « yoga détente ». Bon, bah ok. J’ai vu.

Au départ, ça partait bien. Forcément, faut dire que rester allongée les bras en croix sur le tapis bleu, yeux fermés, à vaguement pioncer en écoutant l’animatrice ânonner des trucs bizarres ressemblant à des incantations, c’était fastoche, aussi. Je tique légèrement quand elle nous demande de nous « décontracter des oreilles », parce que honnêtement, j’ai beau y mettre du mien, je ne vois pas trop comment faire. Mais à part ça…

Vient le moment de faire la bascule avec les genoux, histoire de masser la colonne vertébrale et le bassin. Bon. Moi, je veux bien, mais vu qu’on est supposé caller nos mouvements sur notre souffle, si je m’écoutais vraiment respirer, je ferais des cabrioles dans tous les sens et on se croirait plus à l’école du cirque qu’à un cours de yoga. A mon avis, je ne suis pas encore assez détendue, ça doit être ça. Mais ça va venir, j’y crois dur comme fer. (ahem)

On décale les genoux sur la droite, puis sur la gauche. On garde la pose cinq minutes. Silence de mort. Grouillllllllllllccckkkkk. Ah tiens, non. Mon estomac tient à s’exprimer pile à ce moment-là, dis donc. Surtout ne pas regarder ma copine, ou je pars dans un fou rire incontrôlable. Ouf, elle a les yeux fermés. … Je rêve ou cette espèce de traître arrive – elle – vraiment à se détendre, là ? C’est inadmissible. Remboursez.

Allez, fini l’échauffement, on commence les choses sérieuses ! … Ah bah non, en fait, on reste à quatre pattes. Super. Je commence à trouver le temps super long. Je me doutais bien que c’était pas animé comme un prime de la Star Ac’, un cours de yoga, mais de là à regarder mes ongles pousser en faisant les postures…

Après avoir successivement mimé le chien, le crapaud, le cobra et je ne sais quel autre occupant de l’Arche de Noé, nous voilà debout, prêts à tenter les postures d’équilibre. C’est là que les choses se sont barrées en sucette complet. Parce que moi et l’équilibre, voyez, ça fait un truc genre cinq. Ou six. Je bâcle à peu près toutes les positions, histoire de faire passer la pilule (ni vu ni connu j’t’embrouille), mais la prof m’a à l’œil (c’te garce) et vient me corriger avec moult détails. Tout ça sous l’œil torve de ma voisine de tapis qui joue au héron, perchée sur une seule patte, et qui reluque autour d’elle avec cet air de dire « j’t’emmerde » à tout le monde.

De toute façon, celle-là, je l’ai dans le collimateur depuis tout à l’heure, vu qu’elle inspiiiiiiiiiiiiire, puis expiiiiiiiiiiiiire aussi fort qu’un réacteur d’Airbus 320. Impossible de se concentrer sur sa propre respiration avec un machin pareil à côté de soi. A mon avis, elle ne va pas tarder à décoller. Ou à hyper-ventiler et faire un malaise, au choix. Bam, voilà. T’avais qu’à pas faire le héron hautain, ma fille. Non mais.

Coup d’œil en loucedé à ma montre, plus que douze minutes. On entame la phase relaxation, maintenant. L’autre recommence à nous ordonner de nous détendre du front, des oreilles, du menton et du reste, comme s’il suffisait d’appuyer sur un interrupteur. Pfffiouuu, ce que c’est long, ce cours. En plus, j’ai faim. Et j’ai rien dans mon frigo. Ah tiens, et si je passais chez le traiteur chinois que j’aime bien ? Un petit rouleau de printemps et des raviolis crevettes, et puis aussi… Aaaaaaaah, je suis tirée de mes réflexions existentielles par la voie du sage qui souhaite conclure la séance par le traditionnel « Om ».

Alors là mes enfants, c’en est clairement trop pour moi. Nous entendre joyeusement déclamer ce fameux « Aoooooooommmmmmm » en chœur me rend hystérique, et le fou rire que je retenais depuis le début du cours finit enfin par exploser. Je lutte tant que je peux pour le dissimuler par une fausse quinte de toux (ben voyons), mais copine-traître n’est pas dupe et se marre autant que moi. Autant dire que le cours a été rudement efficace, pour qu’on ait les nerfs tendus comme ça !

Penaude (mais bien détendue du bidou après ma crise de rire), je ramasse mon tapis, le range fissa au fond de la salle, et détalle plus vite que mon ombre de cet antre du mal, persuadée de ne jamais remettre un orteil ici. En sortant, ça débriefe à tout va avec Copinette. Et le verdict n’est pas fameux : ça va bien deux secondes, les gamineries sur tapis, les cabrioles et les imitations du toutou, mais niveau détente, on repassera plus tard, merci bien.

Sauf que… Cette nuit-là, j’ai dormi comme un bébé, ce qui ne m’était pas arrivé depuis des lustres. Hasard ou coïncidence ?



Bon. Ben, dans le doute, on retourne au yoga mercredi. Mieux vaut être sûr, quand même.

2 mars 2009

Surprise (mal) party *

* Oui. Je ne me foule pas trop, sur les titres, dernièrement. J'ai trouvé un filon, je l'exploite jusqu'au bout. Hop.

surprise_2Je connais personnellement un paquet de gens qui disent adorer les surprises et qui prennent un air absolument horrifié quand j’ose leur avouer que moi, ouais, bof, pas trop. Comme si détester l’imprévu, au-delà d’une certaine limite, étant un signe incontestable de manque d’ouverture sur le monde et sur les autres.
Ben je suis navrée les gars, mais je campe fermement sur mes positions. Moi, j’aime pas :

*
Sursauter parce que mon interphone sonne alors que je n’attends personne. Neuf fois sur dix, vous pouvez être sûr que c’est signe d’emmerdes. (Et la dixième, c’était juste le facteur, et je m’enquiquinerai la vie à aller poireauter à la poste pour récupérer mon colis, mais tant pis).
Je ne suis décidément pas de celles chez qui on peut débouler à l’improviste "pour prendre un café parce que j’étais dans le coin". Moi, quand je reçois du monde, j’ai besoin de prévoir, de ranger un minimum, de planquer les sous-vêtements et les chaussettes qui traînent par terre, et de m’assurer que je suis à peu près regardable, au moins de loin (c'est-à-dire, que je n’ai pas sur la tronche un affreux masque à l’argile vert foncé, ou des bigoudis roses dans les cheveux) (c’est une image, tout le monde sait bien que les bigoudis n’existent plus depuis les années 80) (du moins, j'espère).

*
Recevoir un coup de fil « numéro masqué ». Depuis qu’on a inventé la présentation du numéro, certains ont un besoin étrange de préserver leur anonymat en appelant systématiquement en numéro non identifiable. Comprends pas. Mais je préviens devant témoins : tant qu’ils ne me donneront pas une raison valable, ces gens-là continueront à tomber systématiquement sur mon répondeur. Je sens bien qu’on n’a pas fini de s’amuser…

*
Aller dîner chez des gens qui ne connaissent pas bien mes goûts. Faut dire que je suis assez chiante, niveau habitudes alimentaires. Le fromage et moi, par exemple, on n’est pas vraiment potes. Mais allez comprendre pourquoi, sous couvert d’une pseudo réputation de Français fiers de leur patrimoine gastronomique, on nous en colle à tous les étages, depuis l’apéro jusque parfois au dessert (cheesecake) et tout ça sans me demander mon avis. Du coup, j’ai toujours l’angoisse de découvrir qu’au menu du soir se cache une tarte fine chèvre-tomate (aaaaah), une salade concombres fêta (burps) ou, horreur intégrale, … une tartiflette (yeaaaaarrrrk). (En revanche, bizarrement, la raclette, j’aime bien. Oui, je sais. « Chiante », cherchez pas plus loin). J'ai quand même trouvé la parade : quand j’ai zéro visibilité sur le repas à venir, je prévois une tenue avec des grandes poches. Ou je m’assure qu’il y a un chien dans la maison. Qui aime le fromage, lui.

*
Partir en week-end ou en vacances à l’improviste. "Chérie, fais ta valise, l’avion décolle dans 3 heures". Alors ça, j’y crois zéro. En théorie, oui, c’est super. Ca fait « rock’n roll, on vit à 100 à l’heure et on emmerde le monde ». En vrai, c’est bidon. Y’a que dans les films que les héroïnes peuvent se permettrent sur un coup de tête de passer un coup de fil à leur patron pour dire que "finalement, je ne serai pas là trois jours complets à partir de, ... ben de demain, tiens. Et pour la méga réunion sur le dossier RelouSaRace, vous vous débrouillerez sans moi, hein, allez salut".
Dans la vraie vie, y’a des enfants ou un chat à faire garder, on avait déjà fait les courses pour le dîner de ce soir, y’a maman qui vient passer dimanche à la maison, et puis je suis pas épilée, et puis mon maillot de bain est à la cave avec les affaires d’été, et puis en plus c’est le week-end où y’a les Césars ET les victoires de la Musique, et puis non vraiment, je suis bien claquée, là… Alors ta surprise, c’est super mignon, mais on peut la refaire dans un mois, et prévue, cette fois ?

Bon. Evidemment, certaines exceptions demeurent. Evidemment, un bouquet de fleurs sans raison évidente (comprendre, sans que ce soit mon anniversaire, la saint-valentin, ou un truc à se faire pardonner) fait toujours super plaisir. Evidemment, entendre "réserve ta soirée, je ne t’en dis pas plus" ou "tu fais quoi samedi ? ben maintenant tu vas au théâtre avec moi" sont des mots qui vont très bien ensemble, comme dans la chanson. Evidemment, garder un soupçon de secret, une pincée de mystère, une touche d’inattendu, rend la vie un poil plus pétillante. Mais ça, j’imagine que ce n’est plus une surprise pour personne.

1 avril 2008

Zouk machine

Vue_de_la_chambre"Au baaaal, au bal masqué, ohé ohééé… au bal, au bal, au bal, au bal masqué…". Ah ben y’a pas à dire, ça reste sacrément dans la tête, ces musiques-là.
Comme je suis une fille à l’humour débordant, j’ai failli vous poster un message avec « bons baisers de Fort-de-France » en fond sonore, mais vu que j’étais plutôt en Guadeloupe, donc vers Pointe-à Pitre, je me suis dit qu'il n'y avait plus aucun rapport, que ma super blague tombait à l'eau, et vous connaissant, vous auriez été capables de chipoter pour ce genre de menu détail. Si, si, j'en suis sûre.

Oui, me voilà donc revenue de mes vacances aux Antilles. C’était bien. C’était beau. C’était chaud. C’était fruit-passionné et poisson fraîchement pêché. C’était jus de goyavisé et punch-isé. C’était cocotiétisé et enzouké. C’était enplagé et coup-de-soleillé. C’était trop court.

(et oui, j’aime inventer des mots).

Comment ? "Des photos", dites-vous ? Heu, alors oui, mais en fait non. J’ai comme qui dirait perdu à jamais mon appareil photo dans les limbes de la mer des Caraïbes en le faisant tomber depuis le bateau. Il fallait le faire, je l’ai fait, sous vos applaudissements. Paix à son âme. On se contentera donc de la photo qui illustre ce post, prise de mon portable, et qui correspond à la vue que j’avais le matin en ouvrant les rideaux de la chambre. Pas dégueu, quand même, hein ?

Ah oui, vous avez noté, vous aussi : le ciel n’est pas bleu azur comme sur les cartes postales. C’est un peu tout mon drame, en fait. Il n’a pas fait si beau que ça. Enfin… « beau »… on se comprend. Disons que les quatre ou cinq cumulo-nimbus gris clairs voilant le soleil nous permettaient de vérifier que oui, là, effectivement, y’avait coup de soleil en vue. Finalement, c’était juste pour rendre service, les nuages.
Y’a quand même deux jours où j’ai du tirer une tronche de six pieds de long, rapport à une tempête bien installée sur l’île déversant des trombes d’eau par intermittence, et interdisant toute activité nautique, même la baignade. Sans déconner, quoi ? Tu crois que j’ai fait 8000 bornes juste pour compter les noix de coco sur les palmiers, toi ?

Alors bon, dans ces cas-là, on passe le temps comme on peut. On exhume les vieux jeux de société qui traînent derrière le bar de l’hôtel. Grâce au petit verre de rhum associé pour se remonter le moral, on enchaîne ‘Trivial-Pour-Cuite’, puis ‘Mono-vomi’. A 15h à peine, tout le monde pionce ivre mort en attendant la fin de l’averse. C’est le bonheur complet.

Sinon, on m’avait parlé des zouks endiablés, mais sérieusement, c’est un truc qu’il faut voir en live pour se rendre bien compte de la chose. Les antillais mettent tant de ferveur à danser collé-serré, et dégagent tellement de ‘bam-chica-ba-wouam’ à se vautrer l’un sur l’autre qu’on pourrait s’imaginer les voir copuler en direct sur la piste l’instant d’après. Mais en fait, non. Dès que la musique s’arrête, c’est « merci pour la danse Jeanine, on se voit demain au marché, embrasse ta mère pour moi, bonne soirée ». Hallucinant.

Douze jours, c’est vite passé.

Et me voilà de nouveau à Paris. Avec le décalage horaire. Et le changement à l’heure d’été. Et la pluie. Et le gris.

J’vais pleurer.

Ou non, tiens. J’vais aller m’acheter le best off de la Compagnie Créole, histoire de replonger dans l’ambiance des îles. Et c’est mes voisins qui vont pleurer.

21 juin 2007

Femme au bord de la crise de nerfs

Attention : Note à caractère strictement défouloir, et hautement inintéressante.

crise_2Bon, là, les gens, on arrête de déconner deux secondes. Je sais pas ce que j’ai fabriqué dans mes vies antérieures, mais j’ai du me comporter en parfaite connasse, parce que je trouve que mon karma me fait payer pas mal de choses ces temps-ci. Vous savez ce que ça veut dire « semaine de la loose intégrale » ? Bon. Hé ben là, semaine de la loose intégrale. Et on n’est que jeudi, je crains le pire pour le week-end.

Déjà, j’ai choppé la crève à cause de cette saloperie de clim du bureau, branchée en permanence. L’impression de bosser dans un congélo, c’est top pour la concentration. Et facile à gérer niveau look : jupe et sandales dehors, moonboots et doudoune polaire dedans. Simple, quoi. De toute façon, avec mes yeux défoncés de lapin myxomatosé, je crois que c’est peine perdue pour l’Oscar du style.

Ensuite, je trouve que la RATP se paye ma tronche puissance 15. Après m’avoir cassé les noix pendant trois mois l’été dernier pour ravaler la station de métro la plus proche de chez moi (tout ça pour changer trois carreaux au mur, franchement, merci bien mais fallait pas vous déranger), elle remet le couvert cette fois-ci pile sur la station phare de mon trajet pour aller bosser. Nan, je vous dis pas laquelle, des fois que des barjos fétichistes trop fans de ma prose délicieuse iraient planquer là-bas pour tenter d’apercevoir un de mes mollets tout dorés sous ma jupe virevoltante (ben quoi ?). Mais bref, je vais devoir m’extirper du lit un quart d’heure plus tôt, et ça…

Et puis, beaucoup de boulot, beaucoup de corvées, beaucoup de stress…
Peu de temps libre, peu de motivation pour raconter des conneries ici, peu d’inspiration pour écrire des notes marrantes ou pêchues (ouais, on l’aura vu tout seul, je sais)…

Et enfin tout le reste, que je ne vous raconte pas en détails, parce que 1- j’ai pas envie (ben ouais, y’a des jours, hein, faut pas insister) et 2- on n’est pas là non plus pour faire des tartines d’auto apitoiement (même si, parfois…)

Alors oui, bon, je sais : « Y’a des enfants qui meurent de faim partout dans le monde, des maladies incurables, et y’a mêmes des pays en guerre » (naaaaaaannnn, arrête, déconne pas ?!)

Mais bordel, j’ai quand même le droit de chouiner une fois de temps en temps, je suis ici chez moi, non ?

Bref. Envie imminente de tout envoyer bouler très loin. Et de dire merde à tout le monde. A lui, elles, elle, eux et eux aussi.

C’est rien, ça va passer. Il parait...


(Ah ouais, on rigole moins, tout de suite, hein ? Ben c'était ça, ou rien du tout pendant encore une semaine. J'ai tranché).

18 avril 2008

Tendances bien placées (la mode chic en un clic)

modeAllo Allo ? Ground Control à Major Tom ? Y’aurait pas comme un truc qui déconne ici ? On serait sur un blog de fille, et même pas que ça causerait modasseries pendant des mois et des mois ? Non mais attends, c’est quoi ce délire, là ?

Pour la peine, aujourd’hui, c’est de la note de filles. Punition pour les garçons, allez hop, au coin. Zou.

Bon, les cocottes, venez par ici, faut qu’on cause. On est des filles, certes. On aime les fringues, certes. On suit à peu près la mode, certes (encore que, parfois, on se demande si on fait bien. Le coup du sarouel pour cet été, perso, je me pose des questions).
Mais y’a quand même des jours où on se passerait volontiers de l’ambiance poulailler du magasin branchouille à l’heure de pointe, des odeurs de chaussettes dans les cabines d’essayage, ou de l’insistance lourdingue de la vendeuse payée à la commission.
Ou bien encore, on aimerait bien pouvoir faire notre shopping le dimanche soir, entre 21h et 23h, quand on est calme, reposée, que les gosses sont enfin couchés et que limite on s’emmerde à la maison devant la rediff’ de ‘Zone interdite’. Ah bah ouais, mais c’est trop con, c’est fermé, à cette heure-là. Non-mais-merde-alors-quand-même.

Je fais clairement partie de ces nanas-là. Et c’est pas la peine de vous cacher derrière la voisine, je suis sûre que vous aussi. Si si si.

logoPDT_bisFigurez-vous que des gens bien intentionnés* ont pensé à nous faciliter la vie. Placedestendances.com, ça vous cause ? Non non, cherchez pas dans votre GPS ou dans votre petit plan de la ville, c’est pas la peine.
Placedestendances.com, c’est « le grand magasin en ligne des collections de prêt-à-porter homme, femme, enfant et accessoires de mode sur un positionnement moyen/ haut de gamme ». Enfin, c’est ce que ça dit sur leur site. Ah bah oui, c’est pas du n’importe quoi. ‘Au bonheur des dames’ version internet, quand même. S’il vous plait, mâdââââme.

Alors ok, vous allez piailler en chœur « mais attends, c’est pas nouveau, comme concept, ça existe déjà ! ». Certes oui.
Sauf que 1- sur Placedestendances, on s’inscrit directement comme une grande, sans avoir besoin d’aller chouiner chez les copines pour être parrainée (bonjour la teu-hon).
2- on n’y trouve que les collections de la saison en cours, et pas toutes les vielles loques invendues des années passées qu’on essaye de refourguer à moitié prix (genre, la fille mode est débile et ne voit rien venir).
3- y’a de la marque connue : Sandro, les Chemins Blancs, Claudie Pierlot, Kookaï, Et Vous, Lamarthe, Pablo de Gérard Darel, Le Phare de la Baleine, Petit Bateau, et de la marque vachement plus confidentielle, si jamais vous avez envie de nouvel air modesque (non parce que c’est vrai, ça nous changerait un peu des cotonneries comptoiresques vues et revues) : Louis et Louise, Wowo, Circus & Co, Bellerose, Nodus… (inconnues au bataillon, tout ça, pour moi).

Perso, j’ai bien aimé cette petite robette Sandro en soie grise pour aller jouer les Pocahontas des villes, rapport aux bretelles tressées.
robe_sandro
















Ou celle-là, de chez les Chemins Blancs, un peu moins olé-olé, mais sans doute plus raisonnable pour aller bosser.
robe_chemins
















Et j’aime beaucoup aussi la besace en cuir, pratique et intemporelle, chez Delphine Conty. En camel, pour moi, s’il vous plait. Oui, comme les clopes.
besace_camel
















Billet sponsorisé par placedestendances.com, que l’on remercie tous chaleureusement (enfin, surtout moi, dans cette histoire, il faut bien le dire…).

* quoique… ça dépend si on se place du point de vue du banquier…

17 juin 2008

Note en forme de rien du tout

Manque de temps, manque d’inspiration, manque de feeling bloguesque cette semaine. Ah bah oui, ça arrive, même aux meilleur(e)s (humour humour…). Mais juste histoire de ne pas laisser ce blog dans le vent trop longtemps, voilà un petit fourre-tout des pensées du jour.

footSoirée foot ce soir. Si. Parfaitement. Je ne m’y intéresse qu’une fois tous les deux ans, et c’est ce soir. En revanche, comme je suis supposée faire des pronostics et affronter une autre équipe de supporters, j’attends vos avis éclairés sur les questions hautement philosophiques suivantes : « les Pays-Bas vont-ils une fois de plus mettre une branlée à leurs adversaires ? » et « Qui de l’équipe française ou italienne va rentrer au pays en chouinant dès ce soir ? » La réponse « les deux mon capitaine ! » n’est pas envisageable à ma deuxième question. Non. Un peu d’optimiste, bordel !
EDIT du 18/06 : Heu, oui, bon, ben, voilà voilà, quoi... On peut changer de sujet ?

DSC01546Dans le ELLE de cette semaine, en page 20, il est question de Buzzomètre. Autrement dit, de ce qui est tendance à faire, dire, voir, manger, ou écouter. En troisième position, oh my god, je retrouve « mon » expression Drunch (contraction de diner et lunch) dont je vous parlais déjà ici. A mon avis, GinFizz est lu assidûment par toute la rédaction du magazine. Bon, les gars, arrêtez de vous planquez pour venir copier mes bonnes idées, hein. On peut partager, vous savez ?

Je suis entre deux bouquins en ce moment. D’une part, le premier tome de Millénium que j’ai un mal de chien à finir. Je m’y accroche coûte que coûte parce que bon, merde, autant de battage autour de ce truc, et j’y reste hermétique comme une huître pas fraîche ? Oui, clairement, j’ai du mal, et je ne crois pas signer pour la suite de la saga.
tribulations_d_une_caissi_reD’autre part, j’ai voulu tenter le Tribulations d’une caissière d’Anna Sam, adapté du so-famous blog www.caissierenofutur.over-blog.com, relatant le quotidien d’une caissière de grande surface. Je dois dire que je suis un peu déçue. Du style d’écriture, d’abord. Du manque de tentative d’analyse des comportements ensuite. Je n’attendais évidemment pas une thèse en socio sur les pourquoi et les comment de tous ces petits travers épinglés dans le bouquin, mais … en fait, si… un peu. Du moins, un peu plus que le simple catalogue de profils-types croisés au Carrefour du coin.

Voila.
C’est tout ?
Ouais. C’est tout.
C’est ce qui s’appelle de la note bâclée ou je ne m’y connais pas…

12 juin 2008

Intrus sur ordonnance

pharmacie_1Depuis que j’ai déménagé dans mon nouveau quartier, j’ai commencé à nouer quelques relations particulières avec certains commerçants. J’ai donc « ma » boulangerie, « mon » pressing », « mon » vidéo club, « ma » pharmacie… (je ne vous les fais pas tous, je pense que vous avez saisi l’idée générale).

Ma pharmacienne, en l’occurrence, est une brave fille sympa qui me file mes médocs sans me raconter sa life, sans chercher à me refourguer à tout prix le nouveau traitement super de chez machin-bidule, ou qui ne rechigne pas à renouveler une ordonnance même si la date est légèrement dépassée.

Et puis il y a trois semaines, drame intersidéral : elle a été remplacée. Exit la gentille petite blonde pas reloue.

Un matin, derrière le comptoir, planté devant un mur entier de Humex, Fervex, et autres noms barbares en-ex, j’ai trouvé à sa place un grand mec à fossettes à l’air avenant et plutôt beau gosse. Le genre de gars que même le port de la blouse blanche du pharmacien n’affecte pas trop en terme de sexytude. Ce qui est quand même déjà vachement balèze en soi, vous en conviendrez.

La première fois, légèrement déstabilisée devant cette situation inattendue, j’en ai même copieusement bafouillé pour demander mon Doliprane. Faut quand même le faire. Autant y’a des noms de médocs pour lesquels on doit s’y reprendre à douze fois pour les prononcer correctement, autant « do-li-prane », normalement, ça coule assez facilement, comme syllabes. Déjà, j’étais pas grillée…

Alors vous allez me dire « ben c’est quoi, ton problème ? C’est super ! ».

Non.
Pas du tout.
C’est carrément la merde, même.

Réfléchissez deux secondes. Comment voulez-vous que j’aille désormais voir ce mec pour lui raconter que j’ai (…imaginons…) des petits problèmes de constipation, de pieds qui puent, ou de démangeaisons mal placées ?

Non mais sans déconner quoi. Oui, ok, c’est son boulot, et il doit en voir défiler un sacré paquet dans la journée. Mais j’ai ma fierté aussi. Un peu.

Je peux quand même pas inventer que je pars voyager en Afrique à chaque fois que j’ai besoin d’acheter du Smecta ou de l’Immodium (ce qui n’arrive pas non plus tous les deux jours, hein, qu’on soit bien clairs !) ? Ni prétexter que « non mais c’est pas pour moi, le sirop pour la toux grasse hein, c’est pour rendre service à ma voisine ». A force, ça va faire louche.

Je vais donc être obligée de changer de crémerie pharmacie, tout ça pour fuir les yeux de braise d’un apprenti Docteur Shepperd. La loose. Alors que « ma » boulangère, elle, reste une cinquantenaire aux cheveux rares et au sourire improbable. Re-la loose.

A mon avis, quelqu’un, là-haut, m’en veut. Je ne vois que ça.

(Et je crois que je viens de perdre un bonus de 30 000 points de glamour avec ce post…)

21 mai 2008

Lady Diana Jones et les aventuriers perdus à l'Arche

indiana_jones_3Vous imaginez si, par le plus bizarre des hasards, Indiana Jones avait eu une fille avec Bridget Jones ? Ouais, vous voyez le tableau… un truc un peu incongru, quand même, comme mélange.

Bon, ben cette fille-là (appelons Diana pour les commodités de mon titre, merci, vous serez gentils), ça aurait très bien pu être moi, à deux trois détails près. Parce que moi, l’aventure, le challenge, l’inconnu, ça me connaît par cœur. En théorie. En pratique, en revanche, c’est autre chose. Je suis une aventurière, soit, mais…

- Seulement là où j'ai pied, alors
- Au delà du périph', j'ai peur
- Déjà que j'aime pas les petites bêtes...
- Oui, mais le sable, ça gratte
- On va rater le nouvel épisode de "Sous le Soleil", là, quand même !
- "Tandoori", ça veut dire "super épicé", non ?
- Tout ça pour impressionner qui, au fond ?
- Si c'est pour trouver l'exotisme, y'en a chez Pier Import, hein !
- On trouve du Doliprane, à Tizi-Ouzou ?
- Ma religion m'interdit de manger des sauterelles grillées
- Alors qu'il fait si bon vivre en Bretagne, franchement...
- J'ai envie de faire pipi
- C'est encore loin, l'hôtel ?
- J'ai une carte orange 2 zones seulement
- Sinon, le zoo de Thoiry, c'était pas mal aussi, pour commencer
- Si y'a pas d'eau courante, j'y vais pas
- Je suis déjà Scorpion en signe astrologique, c'est suffisamment risqué comme ça
- Oh quel dommage, mon passeport est périmé
- Je suis pas à jour pour mon rappel du Tétanos
- Je ne dors bien que dans mon lit
- "Koh Lanta", c'est drôle à la télé... mais en vrai...


(* My god, ce titre est navrant. Mais c’est juste pour faire une private joke à certaines personnes avec qui je me suis retrouvée un peu paumée un soir de retour de week-end, au restaurant d’autoroute l’Arche, sur l’A6, devant un vieux steak trop grillé et des frites molles…)

14 avril 2008

Queen of the Stone Age

chignon_1« Et avec ça, madame, qu’est-ce que je vous sers ? »

Qué ?  Madame ???!!!?? …

Non mais je rêve, ou il a bien dit « madame », là ?

Retenez-moi. Retenez-moi, s’il vous plait, ou je fais un carnage.

Alors ça, c’est fort. Hier encore, j’avais vingt ans. Oui, bon, ok, ça c’était plutôt avant-hier. Mais en tout cas, y’a pas si longtemps, on pouvait me donner vingt-trois ans à tout casser.
Voire moins, pour certaines personnes un poil bigleuses. Demandez au serveur du vernissage auquel je suis allée vendredi soir, à qui il a fallu que je réclame deux fois un verre de vin, alors qu’il l’avait proposé de lui-même à toutes les autres personnes qui m’accompagnaient. Histoire véridique. Juré, craché, monsieur le juge, j’ai des témoins. Je suppose que je n’avais pas l’air d’avoir l’âge requis pour picoler mondain. Avec un peu de chance et de patience, j’aurais sans doute fini par me voir proposer un verre de Banga orange. Avec une paille, évidemment, comme pour les enfants.

Et voilà qu’aujourd’hui, on me donne du « madame » à tout va.

A quoi ça tient, tout ça ? A que dalle. Des cheveux relevés en chignon, une paire de lunettes ressortie quelques jours pour cause de souci de lentilles, et un look vestimentaire un peu plus "réunion importante avec gros client potentiel" que "girly funky friday wear".

Ce serait donc ça le secret : essayez d’avoir l’air sérieuse et présentable pour le boulot, et bam, prenez dix ans dans les dents ! Hé ben merde alors…

31 décembre 2006

2007, année à paillettes !

cotillons_1Il parait que c’est d’usage d’adresser ses vœux de bonne année, surtout aux gens qu’on apprécie. Moi, je veux bien, je ne suis pas une fille très compliquée (malgré certaines apparences).
Seulement là, je suis bien embêtée, parce que les « meilleurs vœux », « plein de bonnes choses » et tout et tout, c’est très sympa, mais je trouve ça un peu répétitif, à force. En même temps, faut avouer que trouver chaque année une nouvelle façon de présenter la chose, c’est pas fastoche non plus…
Alors je vais faire simple et court :

Que 2007 soit pour vous tous une grande pochette surprise remplie de trucs super sympas à l’intérieur.
A chacun d’y mettre ce qu’il a envie d’y trouver...
Wonderful nouvelle année à vous !

13 novembre 2007

Va y avoir du sport !

sport_1Autant je peux être têtue, obstinée et persévérante dans certains domaines, autant j’ai tendance à changer d’avis comme de chaussettes dans d’autres. Le sport, par exemple, fait partie des domaines à chaussettes. Petite rétrospective de mes très (trop ?) nombreuses tentatives.

Le sport, j’ai commencé tôt. De force, ok, mais tôt. A l’école primaire, pour être précise. A cette époque, allez savoir pourquoi, on nous avait collé une initiation à l’escrime. Y’en a qui font du basket, du hand, du saut en hauteur...  mais moi non. Moi, je me suis coltinée l’apprentissage du fleuret et de l’épée. Tout ça joliment revêtue d’une hideuse combinaison blanche, et coiffée d’un non moins hideux casque à grillage. Et franchement, le look apiculteur à même pas dix ans, c’est rude, croyez-moi. M’enfin bon, on avait des looks de nazes, mais on rigolait bien. Le top, c’était quand on se prenait pour des pirates avec nos fleurets et qu’on se mettait à brailler « en garde moussaillon » et d’autres conneries du genre, au lieu de s’en tenir aux traditionnels « en garde, prêt, allez » qui, vous le reconnaîtrez comme moi, sont d’un chiant à mourir.

Quelques temps après, je me suis prise de passion pour la gymnastique acrobatique et tous ses dérivés. La poutre, les trampolines, les "double salto arrière carpé", l’odeur de magnésie… Et aussi les bleus, les ampoules, les vautrades du haut des barres asymétriques, les chevilles foulées, les épaules déboîtées… J’ai aimé tout ça. Et puis j’ai tout arrêté. En partie parce que j’étais trop grande pour être gymnaste et que mon centre de gravité n’était du coup pas bien situé (ou bien la prof voulait se débarrasser de moi ?), et en partie parce que… bah merde quoi, comment tu veux séduire les mecs à quatorze ans quand t’as toujours la tronche écorchée et le poignet dans le plâtre. Faut savoir classer ses priorités à un moment.

En même temps, c’est quand même la gym qui a sauvé mon honneur au bac, puisque mon 18 aux barres asymétriques a légèrement rattrapé la pauvre note pourrie que j’ai récoltée en volley-ball : 05. Ahem. A croire qu’il ne suffisait pas de regarder "Jeanne & Serge" pour se débrouiller correctement avec une balle. C’est un comble, quand même. Aujourd’hui encore, j’ai les boules de revivre cette humiliation à chaque fois qu’un pote propose innocemment une partie de beach-volley.

Je vous passe rapidement les années suivantes, synonymes d’errances sportives intenses : un petit cours de danse orientale à droite, un sombre essai de step à gauche, une vague tentative d’aïkido, une touche de barre au sol, et une pincée de tir à l’arc pour relever le tout. Mais non. Aucune nouveauté ne me plaisait vraiment. Rien. Keud. Whaloo. A croire que, vraiment, le sport ne voulait pas de moi…

Bien plus tard, entraînée par des copines motivées, j’ai fini par m’inscrire à un cours de "Street Funk Jazz". Rien que le nom, je trouvais que c’était trop la classe, jusqu’à ce que la prof arrive, casquette sur la tête et air revêche en bonus, et nous demande de faire des entrechats en échauffement. Déjà, je voyais pas bien le rapport avec le "street", le "funk" ou le "jazz" du nom du cours, mais surtout, ça m’a braquée direct.
Oui, parce qu’il faut quand même que je vous avoue que moi, les entrechats, c’est fini depuis mes sept ans. Ca n’a duré que le temps d’un cours d’essai de danse classique. A la fin de celui-ci, pendant que j’essayais de me dépêtrer de mon justaucorps trop moulant dans les vestiaires, la prof a dit à ma mère d’un air pincé dans son bel accent russe « je ne crrrrois pas que Katia soit vrrrrraiment douée pourrrr la danse, mâdâme ». Ah ben bravo. Super. Un rêve de gosse brisé comme ça, en un claquement de doigt. Hop.
Donc, les entrechats, non, pas mon truc. Et puis surtout, la prof de street funk machin truc, là, elle voulait bien faire des cours de débutant, mais fallait qu’on soit déjà super doués à la base, sinon, elle trouvait ça chiant.
J’ai donc passé un trimestre entier à me planquer au dernier rang avec les autres malheureuses dindes qui, comme moi, n’avaient pas un bac + 8 en "demi-plié-tendu", et à me faire copieusement hurler dessus (véridique) quand je ne savais pas refaire les mouvements demandés du premier coup.
Partant du principe que je m’étais inscrite à ce genre de cours par plaisir et pas pour me faire engueuler comme une sombre merde toutes les semaines par une prof frustrée, j’ai fini par prendre mes cliques et mes claques, avant d’avoir vraiment trop envie de lui en coller une à elle, de claque.

To be continued…

(Ah ben si, parce que sinon, on est encore là demain)

7 avril 2008

Un long dimanche de grisaille

gris_4Il y a des gens qui n’aiment pas les lundis. Moi, c’est surtout les dimanches que je ne peux pas voir en peinture. Spécialement ceux de la fin d’hiver qui se traîne, pluvieux, gris, froids et résolument anti-bonne humeur.

Pourtant, à la base, un dimanche, c’est plutôt sympa, si tant est qu’on a pu éviter le traditionnel gigot-flageolets chez (belle) maman. Grasse mat’, réveil tout en douceur et non au son tonitruant du cours de la bourse sur France Info, on s’étire, on s’étale, on fait l’étoile de mer dans le lit…

Non, vraiment, le début du dimanche, top, chapeau, super, rien à dire.
C’est après que ça commence à déconner sévère. A partir de 17 ou 18h environ. Heure qui arrive d’ailleurs à toute berzingue, genre elle aurait le feu aux fesses, elle s’y prendrait pas autrement. Alors que franchement, merci, mais fallait pas vous déranger, hein.

A partir de là, en ce qui me concerne, c’est le drame. Je me mute en mollusque indécis et zombifié, terrorisé à l’idée de cette fin de journée qui approche, mais incapable de profiter pleinement des dernières heures de liberté qui s’annoncent. Ce qui me rassure, c’est que je ne suis pas la seule dans ce cas…

Le pire, pourtant, c’est que ça ne date pas d’hier. Déjà petite, le syndrome de la 'dimanchéïte aiguë' me frappait de plein fouet toutes les semaines, dès que retentissaient à la télévision les premières notes du générique de 7/7. A ce moment précis, je savais que c’était la fin des haricots. Anne Sinclair apparaissait sur l’écran, avec ses yeux bleus en forme de bille et ses pulls en mohair, et immanquablement, ma mère faisait irruption dans ma chambre pour me signifier que c’était l’heure du grand trio bain / shampoing / pyjama.
Après les grandes ablutions, un petit dîner jambon-purée pour la route, une petite fournée de deux épisodes de ‘David le gnome’ sur France Antenne 3 (pfff, j’me sens vieille en écrivant ça, vous imaginez même pas…), et zou, au plumard, parce que demain, y’a école, t’as préparé ton cartable, t’as fais tous tes devoirs, t’as pensé à ton sac de piscine, et est-ce que j’ai signé ton cahier de correspondance, ok, bonne nuit, smack smack (porte qui se ferme).

Putain, mais comment voulez-vous qu’on ne soit pas traumatisé sur le long terme quand tous vos dimanches se terminent comme ça ?

Donc aujourd’hui encore, les dimanches soirs, chez moi, c’est loose internationale : pas envie de sortir, pas envie de ranger, pas envie de trier, pas envie de faire le ménage (et puis quoi encore, ho ?). Je me traîne comme une loque, j’erre de la chambre au salon, je tapote un coup sur l’ordi (non, pas de nouveau mail, hooooo…), je zieute vaguement ebay de temps en temps, j’allume la téloche et la rééteins aussi sec parce que Vidéo Gag et son présentateur chevelu, ça va bien deux secondes mais faudrait voir à pas trop déconner non plus, et je regarde les aiguilles de l’horloge qui, elles, ne chôment pas.
Et je me glisse sous les draps le soir venu avec la culpabilité de n’avoir pas foutu grand-chose de cette journée pourtant officiellement dédiée à la glandouille.

La seule et unique parade que j’aie trouvée à ce blues du dimanche est de pratiquer le « drunch ». Il y avait les brunchs, à cheval entre le breakfast et le lunch. Moi, mon truc, c’est le drunch, mélange de diner et lunch. En gros, c’est kif-kif, hein, vous énervez pas, j’ai rien inventé. Mais l’avantage, c’est qu’en le décalant de quelques heures, ça remplace également le dîner du dimanche soir, parce qu’on n’a pas faim. Et on zappe par conséquent la corvée du frigo vide, des deux vaches-qui-rit qui s’y battent en duel, et de la vaisselle qui s’amoncelle dans l’évier par flemme.
En revanche, le lundi matin, on se réveille avec une dalle de coyote des bois, et ça fait au moins une bonne raison de se tirer du lit, à défaut d’être ravi d’aller retrouver BigBoss, Michel-pue-du-bec de la compta, et notre super dossier sur le taux d'endettement des seniors en Lituanie. Là, la double dose de Chocapic, on l’a méritée, c’est clair.

Dimanche… Sunday, en anglais. « Jour du soleil » donc. On se foutrait pas un petit peu de notre gueule, des fois, là ? Perso, en attendant qu’il fasse effectivement soleil le dimanche (et qu’on puisse continuer à glandouiller mais en terrasse), moi, je retourne sous ma couette. C’est pas tout ça, mais demain, y’a école. Ou c'est tout comme.

free music

22 octobre 2007

No milk today

cocktail_1Hé, psssssstttttt, toi là-bas… raboule ta fraise, j’ai une confidence à te faire. J’ai un peu honte, je sais pas trop si tu vas t’en remettre. Mais tant pis, je me lance. … (Suspense)… Bon ben voilà. En vrai de vrai, le ginfizz, je trouve ça dégueulasse. Carrément, ouais. C’est amer et pas franchement funky-olé-olé. Et même le petit parasol coloré dans le verre à cocktail n’y changera rien, si tu veux mon avis. C’est juste pour faire diversion, mais on ne me la fait pas, à moi, tu sais. J’ai l’œil.

Ma came à moi, c’est plutôt la vodka-coquelicot. Ho ça va, prend pas cet air de nouille, c’est juste de la vodka, avec un peu de sirop de coquelicot. Et te marre pas comme ça en me traitant de vache qui broute sa prairie pleine de fleurs, hein ? T’as déjà goûté au moins ? Tiens, voilà, j’en étais sûre…
Bon, le seul souci, c’est que le sirop de coquelicot, ça se bouscule pas au portillon, dans les bars parisiens. Par contre, y’a toujours « orgeat » et là, j’veux qu’on m’explique. Y’a encore des gens qui boivent du sirop d’orgeat ? Honnêtement ? Toi, là, t’en bois, du sirop d’orgeat ? Mouais, c’est bien ce que je pensais. Donc le sirop d’orgeat (c’est terrible, ça me fait toujours penser à orgelet, ce mot) prend la poussière sur son étagère, et moi, je peux toujours me gratter pour boire mon truc préféré. Un scandale, j’te dis.

A vingt ans, je faisais moins la fine bouche. A vingt ans, mon truc, c’était le very classique Malibu-Ananas. Un bon vieux mélange sucré à mort qui se boit comme du Candy’up et qui te retourne la tête en moins de temps qu’il n’en faut pour dire merci au barman. Très girlygirl, comme boisson (parce que les mecs, ça préfère le viril whisky-coca). Mais surtout très efficace. Pour se désinhiber, oui, dans un premier temps. Et puis surtout pour vomir ses tripes.
Aaah ça, avec le Malibu-Ananas, tu apprends vite où situer tes limites. Tu comprends aussi qu’il y a quand même un moment où va falloir y aller mollo. Avant que la pièce tangue dans tous les sens, par exemple, ça serait une bonne idée. Ou avant d’en arriver à danser à moitié à oilpé sur les tables en imitant les chorés pourries de Britney et Shakira. Non, ceci n’a rien d’autobiographique, alors là, franchement, je sais pas pour qui tu me prends, ho.

Une fois qu’on a vécu sa première vraie cuite du siècle, on choisit son camp. A gauche, t’as celles qui braillent "ouais, ok, c’était pas la grande classe… mais on s’en fout, on est jeunes, on se fend la gueule". Tu peux traduire, en gros, par "on recommence ce soir ?". A droite, t’as celles qui picolent, certes, mais en gardant un semblant de dignité. Celles-là choisissent leur verre en fonction de l’occasion : champagne dans les cocktails mondains, kir-framboise à l’apéro, Get 27 Perrier dans les soirées branchées, et liqueur de poire en digestif. Au bout du compte, ça ne les empêchera pas de rouler sous la table comme les autres, mais au moins, elles, on ne les aura pas vues venir. "Hooouuu, j’crois que chuis complètement pompettttttte, moi…". Tadaaaaaammmmm, magie des bulles…

Un jour, si tu veux, je te raconterai le niveau de décibels hallucinant qu’on atteint en parlant quand on a deux ou trois verres dans le nez, les stratégies de drague désarmantes des mecs bourrés, et toutes les conneries que tu peux faire en pleine rue avec un plot de signalisation orange.

Mais là, non. Là, j’vais plutôt aller me commander un double scotch. On the rocks. Et avec une paille, m’sieur, s’il vous plait.

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