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Gin Fizz
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16 mars 2008

Le lundi au soleil

au_soleil_2Ah ça, le lundi au soleil, c’est pas pour demain la veille. Quoique, en même temps, je dis ça pour vous. Parce que de mon côté, ça va être grand beau temps pour lundi, mardi, mercredi et pour les douze jours suivants. Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je partirai. L’heure des vacances a enfin sonné. Et c’est pas trop tôt, croyez-moi ! Si, si, croyez-moi. Vue ma tronche, vous auriez tort de vous priver.

L’opération valise est quasi finie, ce qui entre nous est une bonne tranche de rigolade quand on me connaît un chouia. Y’a des gens sur cette planète qui arrivent à boucler leur sac de voyage en dix minutes chrono : un short, trois t-shirts, un maillot, des sous-vêtements, un bouquin et basta. Et là, je m’incline bien bas d’admiration.

Parce que moi non. Ca, je sais clairement pas faire. Perso, faut que je réfléchisse pendant des ploooooombes à ce que j’emporte, histoire d’être sûre d’avoir des trucs à peu près cohérents ensemble, et de ne pas me retrouver le dernier jour de vacances avec juste un haut vert et une jupe jaune de propre. Pour peu que j’aie choppé quelques coups de soleil, c’est le look 'perroquet des îles' assuré. Et je ne suis pas bien sûre d’avoir envie de ça sur les photos souvenirs.

Du coup, avec moi, c’est simple. J’emporte tout. Voilà, hop, c’est réglé, merci du conseil, ça fera cent balles. Là, par exemple, j’ai pris pas moins de sept maillots de bain et huit paires de pompes. Comment ça ‘c’est ridicule’ ?. Ah mais non, je regrette, c’est très sensé, au contraire : tongues pour la plage, ballerines pour aller au village, sandales pour le soir, baskets pour les randos… Le tout en double pour avoir le choix entre les couleurs.

Oui, bon, ça va, c’est pas la peine de lever les yeux au ciel comme ça, je peux vous jurer que même avec tout ce bataclan, il y aura bien un moment durant ces vacances où je me retrouverai à soupirer en chouinant assise sur le lit que "pfff, j’ai rien à me mettre" ou "je le savais, que j’aurais du prendre mon maillot noir et blanc. Je le savais…".

Un jour, faudra qu’on m’explique comment font les filles qui voyagent léger.

Un jour.

Mais pas aujourd’hui. Parce que là, voyez, j’ai pas trop le temps.

L’heure est venue pour moi de foutre le camp bien loin d’ici. Allez, ouste. Du balai. Taxiiiiiiiiii !

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25 février 2008

Viens voir les comédiens

th__tre_1Vous ne me croirez peut-être pas, mais il m’arrive parfois d’occuper mes samedis autrement qu’en faisant du shopping mode et des courses de bouffe chez Auchan. Si. Carrément. J’veux dire, on est rock’n roll ou on ne l’est pas, hein. Et donc figurez-vous que ce week-end, au programme, c’était sortie culturelle au théâtre. Je sais, je sais, je suis complètement folle. Ca me perdra.

Je suis donc allée voir l’excellent "Good Canary", mis en scène par un John Malkovitch très en forme, et fabuleusement bien joué par Cristiana Reali (qui était tombée bien bas dans mon baromètre personnel du talent, depuis ses prestations navrantes dans "Terre Indigo" et autres merdes de sagas estivales sur France 2), et théoriquement Vincent Elbaz, relayé ce soir-là par un type dont j’ai zappé le nom mais qui l’a remplacé au pied levé.

Bon, dans l’idée, je vous conseillerais bien cette pièce, parce que malgré un début plus que laborieux et quelques longueurs, j’ai vraiment beaucoup aimé. Mais manque de bol pour les parisiens, c’était la dernière représentation samedi soir. Il ne vous reste plus qu’à vous trouver une place sur la tournée en province…

Par contre, juste un petit conseil d’amie (et valable pour n’importe quelle pièce d’ailleurs) : allez-y plutôt en été qu’en hiver. Ca vous évitera de vous taper les quintes de toux et les reniflements des voisins / voisines durant deux heures de représentation. Rien de plus usant pour les nerfs que le mec qui se mouche bruyamment comme si la vie de ses sinus en dépendait et ce, pile au moment où l’acteur sur scène déclame une phrase-clé de l’intrigue. Et là, accrochez-vous pour faire ‘rewind’ ou appuyer sur ‘stop’ et demander à votre voisin « il a dit quoi, là ? ».

Oui évidemment, c’est pareil au ciné. Mais d’une, le son y est relativement plus fort sans que trois pauvres gus n’aient besoin de s’user les cordes vocales sur scène pour se faire entendre d’une salle entière, et de deux, pour peu qu’on ait des sous-titres, ça sauve quand même la compréhension vitale de l’ensemble.

Sans compter qu’au ciné, le gars, il a tourné son film une bonne fois pour toute, et est en train de se la couler douce sous les cocotiers avec l’argent de son cachet d’acteur, pendant que les spectateurs viennent en troupeau mâchonner du popcorn (aaaah, mon second drame dans la vie après les gens qui toussent au théâtre) devant ses exploits filmés (voire retouchés).
Alors que mes pauvres gus du théâtre, toujours eux, se font chier à refaire tous les soirs la grande scène 4 de l’acte II en version originale non sous-titrée, en y mettant tout leur cœur et leurs tripes, en y croyant à fond les ballons, alors que ça fait globalement cinquante-sept fois que Ginette meurt sur scène et que tout le monde réussit à avoir l’air super surpris à chaque fois. Crevant, quoi.

Rien que pour ça, par respect, j’estime qu’on pourrait limiter les remakes du ‘malade (non) imaginaire’ dans le public. Ou au moins apprendre à tousser discrètement quand notre bronchite d’intensité 8 sur l’échelle de Richter ne nous a pas dissuadé d’aller partager ses miasmes avec la collectivité.

Vous l’aurez compris, je suis un peu intolérante énervée à ce sujet. Mais ça n’a rien à voir avec le fait que mon voisin de derrière n’a pas cessé d’éternuer juste dans mes oreilles. Non, rien du tout.

18 février 2008

On ira tous au paradis

enfer_1L’enfer sur terre existe. J’en ai la preuve, j’y étais hier après-midi.

Pas de flammes rouges et de recoins sombres, le Mal a élu domicile dans un gigantesque entrepôt de banlieue parisienne peint en bleu. Au lieu des trois chiffres fatidiques 6.6.6, ce sont ici quatre lettres, tout aussi mystiques, qui défient le monde de leur jaune cinglant. Ikea.

Qu’allais-je donc faire dans cette galère ?

Oui, c’est bien ce que je me demande aussi, figurez-vous. Parce que se farcir Ikea, un dimanche après-midi à peu près ensoleillé, en période de fin de soldes et hors vacances scolaires, à moins d’y être élégamment traînée par la peau du cul, ça relève du masochisme pur et simple.

11h53 : Arrivée sur zone. Le parking est déjà blindé, des hordes de familles trottinent gaiement vers l’entrée maudite. Diable, mais comment tous ces gens ont-ils eu la même idée que nous aujourd’hui ? Je soupçonne le complot. C’est sûr, on nous veut du mal.

12h18 : "Ah regarde F., elle est pas mal cette table, là ?". "Mouais, chais pas. Qu’est-ce que t’en penses, toi, Katia ?". Mes compagnons d’infortune bourreaux sont là pour remeubler leur salon. Perso, je n’ai que quelques merdouilles à acheter au rez-de-chaussée, rayon des accessoires, de la vaisselle et des tapis. Mais « on » m’a recrutée pour que je donne mon avis sur la nouvelle déco de F. et S. Non mais sérieux, vous m’avez prise pour Valérie Damidot, les gars, là, ou quoi ?

13h24 : Après trois fois dix minutes d’attente et l’aide conjointe de Sabrina, Boris, Christian et Mehdi, vendeurs qui veulent tous se mêler de la situation pour exhiber au mieux leur superbe gilet jaune et bleu et leur badge « demandez-moi conseil ! », le meuble-télé est trouvé, les rangements dvd et le fauteuil d’angle aussi. Mais la table reste un problème.

13h54 : La table reste un gros problème. Etant donné que c’est quand même pas moi qui vais grailler dessus tous les soirs, le flot de questions métaphysiques sur la taille et la longueur (tut tut tut, nan, rien à voir…) me fait légèrement tourner la tête. Je prétexte un truc bidon pour retourner au rayon canapé piquer un petit roupillon rapidos.

14h12 : Raté. Même chez les canapés, c’est un bordel sans nom. Brian, dans sa poussette, braille du mieux qu’il peut pour faire comprendre à son petit monde que là, ça va bien, mais il est grave saoulé par toute cette débauche de consommation, et qu’il aimerait bien son biberon, merde. Aglaé et Sidonie, approximativement cinq ans, sont elles au top niveau de leur forme, et se balancent des coussins ‘Flörst’ à la tronche en piaffant bruyamment. Je me tire.

14h48 : Opération table terminée. Pour fêter l’événement, on décide justement d’y passer, à table. Besoin urgent de bouffer du lion pour se remettre en jambe. Merde, la cafét’ est sous influence suédoise elle aussi. Ce sera du saumon ou du renne. Pas de lion au menu. On nous en veut, là, ou quoi ?

15h55 : L’attaque du rez-de-chaussée et des accessoires peut commencer. Je suis fin prête, armée jusqu’aux dents, avec ma shopping-list à la main. Katia, sois forte, tiens-toi à l’essentiel, concentre-toi sur la liste, ne laisse pas l’adversaire prendre le dessus. J’attrape mon chariot avec l’air déterminé de celle à qui on ne la fait pas. Si j’avais su…

16h35 : Mes pulsions acheteuses n’ont apparemment pas été calmées par le gâteau aux Daim© ultra sucré du déjeuner : j’ai envie de tout, et surtout de ce qui ne me servira sans doute à rien au final. Mais je trouve qu’on a toujours besoin d’un découpe-œuf à la coque, d’une pince à spaghetti et d’un huitième vase. Non ? Ah… C’est bien ce que je pensais…

17h04 : Non mais expliquez-moi pourquoi tous les noms des produits sont des trucs imprononçables au look de tirage merdique des chiffres et des lettres ? Ah mais non, je suis sotte, c’est du suédois. (Hum…). Admettons. Mais d’une, j’aime pas trop passer pour une brêle devant le vendeur qui me reprend sur ma prononciation, genre lui, il est trop bilingue. Et de deux, est-ce que chez H&M, ils nous emmerdent à appeler les jupes des ‘Svört’ et les leggings des ‘Ektorp’. Non. Bon.

17h46 : Merde, mon chariot est plein. Moi qui venais "juste" pour quelques babioles de déco et de la vaisselle d’appoint, je me suis encore fait avoir comme une débutante. Putain, ils sont trop forts ces suédois. Je les hais.

18h02 : C’est pas la queue pour les caisses, ça, quand même ? Si. Achevez-moi, s’il vous plait.

18h57 : Sept heures et deux cents euros en moins plus tard, épuisée d’avoir tant parlé les langues étrangères, je regarde F. charger la camionnette façon Tétris. Je suis crevée. Je veux dormir. Je ne veux plus voir un catalogue Ikéa en peinture, et le moindre tréma sur les lettres me file la gerbe illico. Une journée en enfer.

On ira tous au paradis, certes. Mais je serais assez d’avis que les Suédois payent un peu plus cher pour leur place.

26 novembre 2007

C'est cadeau !

kdo_3Bientôt Noël. Forcément vous allez recevoir plein de cadeaux. Forcément, dans le tas, y’en a qui ne vont pas vous plaire. Forcément, vous n’allez pas toujours savoir comment réagir. Hé ben, en tout cas, pas comme ça :

-
Bon ok, c’était marrant ton truc, mais il est où, le vrai cadeau ?
-
Pfff, j’voulais le rouge.
-
Ah ? … heu… oui… bon… bah… merci…
-
T’as mis le ticket de caisse avec ?
-
T’inquiète pas, va. C’est l’intention qui compte.
-
Non, je ne peux pas dire que je n’aime pas…
-
Donc la prochaine fois, je te fais une liste, hein.
-
Merci. J’peux le changer ?
-
Oh, super, un moule à gaufres. Avec celui de l’an dernier, ça m’en fait déjà trois.
-
Hé ben voilà. C’est justement pour ça que je déteste recevoir des cadeaux.
-
Super, ça va faire marrer mes copines, ça !
-
C’est un cadeau ou une blague, ton truc ?
-
De toute façon, rien qu’à la tronche du papier cadeau, c’était mauvais signe
-
Tu serais vexé(e) si je te disais que… non, rien, oublie…
-
Oooooooooooh, super ! … c’est quoi ?
-
Ah oui mais non, j’avais pourtant bien dit à tout le monde que je ne voulais plus de trucs inutiles !
-
Sérieux ? T’as cru que ça, ça me ferait plaisir ?
-
Sinon, des bons Fnac, c’est bien aussi.
-
Bon, ça, c’est fait. Quelqu’un reveut du tiramisu ?
-
… Mais qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?
-
Ouh la, t’as eu ça dans une kermesse ?
-
C’est quoi cette taille de jupe ? T’as pris mon cul pour un tamtam ?
-
… Tu te fous de ma gueule, là ?

Bon, qu’on rigole un peu : c’était quoi, le pire cadeau qu’on vous ait offert ? Et votre réaction ?

23 novembre 2007

Le dernier métro

m_tro_1Dixième jour de grève. Dixième jour sans métro et sans RER à Paris (même si les choses commencent à rentrer dans l'ordre). Et si pour voir les choses du bon côté, on cherchait plutôt dix points positifs à cette situation légèrement galère ?

1. Maintenant, je connais mon plan du métro parisien par cœur, pour avoir voulu jouer la maline en cherchant des chemins détournés et biscornus qui empruntaient les quelques lignes en service.
2. Je sais désormais parfaitement combien de stations il y a entre Montparnasse et Châtelet, à force de les compter mentalement quand je suis en plein sauna-boîte à sardine dans la rame (« allez, courage, plus que six… ok, plus que cinq… »)
3. J’ai aiguisé à mort mon sens de l’observation : ma voisine au teint si parfait, là, à vingt centimètres de moi, en fait, elle a quand même un petit bouton sur le menton, même s’il est super bien caché par son fond de teint.
4. J’ai aussi développé mon odorat : je l’affirme haut et fort, certains font aussi la grève de la douche et du déo, c’est obligé. Et je sais de source sûre que le type derrière moi, celui qui n’arrête pas de soupirer bruyamment, a bouffé de l’aïoli à midi.
5. Franchement, entre nous, on n’est pas mieux là, à tailler le bout de gras avec son voisin scotché à nos baskets, plutôt qu’à se faire chier tout seul dans son RER le nez dans son bouquin ? Les grèves, c’est du « connecting people », en fait.
6. Je sais finalement combien de personnes maximum tiennent au m² dans un wagon de métro. A 136, c’est bon, ça passe. A 137, non… ah, si… attendez, en levant un bras, on y arrive aussi. J’aurais pas cru. Par contre, à 138, c’est niet. Faut pas déconner, non plus.
7. Même pas besoin de s’agripper aux barres suintantes pour ne pas tomber : on est tellement collés-serrés qu’on tient debout tout seul. C’est pas super cool, ça, de pouvoir se gratter le nez et se recoiffer sans risquer de se vautrer par terre toutes les deux minutes à cause d’un coup de frein brutal ?
8. J’ai bousillé mes chaussures à force d’arpenter les couloirs dans tous les sens et de marcher jusqu’aux stations des lignes qui fonctionnent. Qui c’est qui va foncer chez Minelli sitôt les grèves terminées ? Ouais… C’est bibi.
9. A force de chercher des stratégies pour en coller le plus possible dans le wagon, je suis devenue super forte en Tétris humain. Oui, ok, ça sert strictement à rien, mais laissez-moi rêver un peu, quoi.
10. Ah ben merde, j’en trouve que 9. Bon… ben… à vous de compléter.

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5 novembre 2007

Par ici la (p'tite) monnaie

tirelire_3Quand j’étais petite, il y a un bail hier donc, mon passe-temps favori, en dehors d’enquiquiner mes frangins et de mater Princesse Sarah à la téloche, c’était de compter et de recompter tous les sous-sous accumulés dans ma tirelire. Je faisais des petites piles avec les pièces de vingt centimes d’un côté, les cinquante centimes de l’autre, etc. Ca faisait des grandes tours dorées de toutes les tailles, c’était super. Un vrai Manhattan pour mes Playmobils (que je n’avais pas, parce que j’ai toujours préféré les Lego, mais passons). Parfois, l’une des tours se cassait la gueule, et je faisais semblant de râler parce qu’il fallait que je recompte tout de zéro pour être bien sûre de ne pas me tromper de cinq centimes. Mais en vrai de vrai, j’adorais ça, compter mes pièces. Ah ça oui, en ce temps-là, je savais m’amuser, y’a qu’à voir.
Et n’allez pas en déduire que j’étais radine comme un Picsou en boucles d’oreille, hein. Parce qu’une fois que mes tours de pièces atteignaient les sommes folles de… pfiouuu… au moins trois francs, je fonçais à la papeterie du coin m’acheter des gommes Hello Kitty et des stylos qui écrivent en rose et sentent la guimauve. Le rose, c’était plus joli pour faire des ronds sur les « i », à la place des points.

Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que l’autre jour, en rangeant un peu les tréfonds poussiéreux de mes placards, j’ai retrouvé un petit porte-monnaie plein de ces pièces de centimes de francs. Des pièces jaunes, sales et ternies par le temps, qui n’auront pas survécu au passage à l’euro. Parmi elles traînaient également quelques pièces de monnaie étrangère, vestiges de périples plus ou moins exotiques du temps jadis.
Passée la vive émotion (environ trois secondes trente), j’en suis bizarrement venue à la conclusion que, peu importe qu’on parle francs, euros ou même pesetas, une seule question métaphysique demeure : ces foutues petites pièces de centimes, finalement, elles chercheraient pas à nous empoisonner la vie plus qu’autre chose ?

C’est vrai, quoi. Apparemment, ça ne leur suffit déjà pas de déformer nos poches de vestes et nos porte-monnaie, de traîner au fin fond de nos sacs, et de remplir inlassablement tous les vides-poches qui traînent sur les étagères et les meubles d’entrée des appartements (accompagnées des restes de vis de meuble Ikéa qu’on a pas su où coller au montage mais qu’on garde quand même, sait-on jamais).

Non, faut aussi qu’elles nous restent sur les bras quand on rentre de voyage à l’étranger. Je suppose que comme moi, si vous grattez vos fond de tiroirs, vous vous retrouverez à la tête d’une sacrée collec’ de vieux rogatons monétaires en tout genre (quelques drachmes grecques, trois ou quatre pesos mexicains, un quarter américain et une flopée de pennies british) dont vous ne saurez absolument pas quoi foutre, si ce n’est 1- tenter de les refiler subrepticement à la machine à café du bureau, 2- tenter de les refiler subrepticement à la quête de la kermesse de l’école du petit dernier. (Hé ben bravo…)

Bon. Pour les pièces étrangères, admettons. Parfois, ça passe comme une lettre à la poste. J’dis ça comme ça, juste pour info, mais la pièce de cinq pesos de République Dominicaine ressemble à s’y méprendre à une pièce d’un euro. (Monsieur le policier, ne lisez pas ces lignes, s’il vous plait).

Mais pour les centimes d’euros, comment est-ce qu’on gère ? Hein ? Vous avez une solution, vous ?

Moi, perso, j’ai feinté. Je me suis racheté une super tirelire, pour y "ranger" toutes ces petites pièces qui m’encombraient. Sachant pertinemment que jamais de la vie je ne me pointerai chez mon banquier avec mon cochon plein sous le bras pour lui dire "dites, vous m’échangeriez tout ça contre un joli billet de cinq euros ?". J’ai ma dignité, merde.

Oui, enfin… pas tant que ça.

Un jour, étant vraiment à court de monnaie, j’ai osé piocher dans ma tirelire magique pour en obtenir de quoi acheter une baguette de pain. Je me sentais déjà conne à compter mes piécettes comme une malheureuse, mais c’était peanuts à côté du regard ahuri que la boulangère m’a jeté quand je lui ai lâché ma grosse poignée de monnaie sonnante et trébuchante. J’ai attrapé ma baguette et filé sans demandé mon reste, pendant que l’autre braillait "ah mais qu’est-ce qu’elle me fait celle-là ?". En même temps, faudrait pas qu’elle la ramène trop, parce que j’ai été plutôt sympa, je trouve : je n'ai pris que des pièces de vingt et de dix, et je lui ai évité les petits machins orangés merdiques, là.
Mais résultat des courses démontré noir sur blanc par A + B : payer avec des centimes, c’est un peu la mission commando que je ne conseille pas aux âmes sensibles. D’ailleurs, dans l’histoire, c’est simple, j’ai perdu une copine boulangère, puisque je n’ai jamais osé remettre les pieds là-bas.

Donc, je repose ma question, monsieur le Juge : ces pièces de centimes à la con, j’en fait quoi ? Parce que j’ai passé l’âge d’acheter des gommes Hello Kitty avec, figurez-vous !
Enfin, je crois…?

29 octobre 2007

Singin' in the rain

pluie_4Singing ? Heu… moui… bof, quand même, hein. Parce que la pluie, moi, je déteste. Mais alors, bien comme il faut !

Je déteste partir de chez moi aspergée de Chanel et arriver au bureau en ayant l’impression de sentir le vieux chien mouillé.
Je déteste les odeurs de K-way et de parkas humides amplifiées par la foule du métro bondé.
Je déteste ne pas réussir à tourner les pages de mon journal gratuit parce qu’elles sont toutes collées par l’humidité et la pluie.
Je déteste la petite bruine insuffisante pour sortir son parapluie, mais suffisamment casse-bonbon pour foutre en l’air mon brushing.
Je déteste avoir le maquillage qui coule, l’air d’un raton-laveur, et le cheveu tout raplapla.
Je déteste me prendre le parapluie des autres dans la tronche. Surtout celui des gens plus petits que moi, qui atterrit pile dans mon œil.
Je déteste cette petite goutte vicieuse qui a su trouver la faille dans mon écharpe enroulée, et qui glisse lentement mais sûrement le long de mon cou.
Je déteste avoir l’air d’une gourde avec mon sac-cabas Vanessa Bruno qui ne ferme pas, et tous mes trucs à l’intérieur qui se détrempent comme Jack et Rose sur le Titanic.
Je déteste mon nouveau jean "Dark Blue" qui déteint comme un con, me dégueulasse tout mon imper beige et mes fait les mains look Schtroumphette.
Je déteste avoir l’impression que la moitié de mon salaire est destiné à enrichir les fabricants de parapluie, rapport au fait que je les perds ou les oublie systématiquement où que j’aille.
Je déteste les bourrasques de vent qui renversent mon parapluie et lui donnent un air pitoyable au bout de trois utilisations (Mary Poppins, sérieux, comment tu fais pour garder un parapluie intact plus de deux semaines ?)
Je déteste me retrouver avec le bas du pantalon moucheté de tâches grises parce qu’un connard de bus a roulé trop près du trottoir.
Je déteste les gens qui s’obstinent à marcher sous les stores des cafés ou des magasins alors qu’ils ont déjà un parapluie pour se protéger.
Je déteste aussi marcher malencontreusement pile à l’endroit où le store en question déverse tout son trop-plein d’eau : effet Aquasplash garanti.

Y’a juste un truc que j’aime, avec la pluie. Et ça me prend parfois, comme ça, sans crier gare. Je vous le dis, mais personne n’a le droit de se moquer, hein ? Bon…
J’adore faire ma Mimi Cracra, sauter partout dans les flaques avec de vieilles bottes en plastique colorées, et patauger dans la gadoue, la gadoue, la gadoue, la gadoue… (Genre j’ai sept ans. Oui, et alors ?)

Et vous, la pluie ?

11 juin 2007

Vingt mille lieues sous la mousse

bain_2Il doit me manquer un gène, je ne vois que ça. Pourtant, j’ai tenté l’expérience, hein. Plusieurs fois, même. Mais y’a rien à faire : j’aime pas les bains. Enfin, en y regardant de plus près, ce sont surtout les bains qui ne m’aiment pas. Et c’est pas faute d’avoir joué le jeu…

Je vous raconte ma vie deux secondes : chez moi, j’ai ce qu’on appelle une baignoire-sabot. Vous savez, cette espèce de truc infâme mi-douche, mi-bac à glaçon géant. Je sais même pas comment on ose encore appeler ça une « baignoire », mais bref, passons. Bon… Etant une fille qui aime les expériences inédites (jusqu’à un certain point, hein, je précise), j’ai essayé, quand même, d’y prendre un bain. Ouais. Un jour de bonne volonté, je me suis dis comme ça « allez hop, on y va, en route pour l’aventure, attrape ton Monsavon douceur pomme-vanille, on va s’faire un p’tit bain j’te raconte que ça ! ».
Bon ben non en fait. Le côté « jambes à l’air qui dépassent des deux côtés dans l’air froid », j’ai pas trouvé ça génial, bizarrement. En même temps, vu que le principe d’un bain, c’est de se détendre, si je dois faire de l’origami avec mes gambettes pour pouvoir tenir dans une baignoire taille minipouce, c’est pas trop la peine non plus.

Faut dire que j’arrive jamais à régler convenablement la température de l’eau, aussi… Un coup c’est froid comme la Manche en novembre (tu parles d’une détente !), un coup c’est brûlant comme l’eau bouillonnante qui n’attend plus que les coquillettes (même pas envisageable d’y tremper un quart d’orteil). Je passe donc mon temps à rajouter eau chaude ou froide selon le cas, et trois plombes plus tard, je peux enfin espérer poser mes fesses au fond de ma baignoire. En gros, faut prévoir un créneau horaire d’environ deux heures rien que pour faire couler le machin.

Bon. Et après, quoi ?

Ben après, j’me fais chier.

Sérieux. C’est là mon second grand problème : je ne sais pas m’occuper dans un bain.

Lire ? J’arrive jamais à bouquiner tranquilos. Le magazine est trop grand, il trempouille dans la flotte, gondole, double de volume, les pages collent entre elles. Le bouquin, pour peu que j’y tienne, me demande des efforts surhumains pour survivre à une hauteur respectable au dessus du niveau de l’eau. Et puis j’ai les bras qui fatiguent à force.

Jouer avec la mousse ? Ok, super. Je veux bien avoir six ans l’espace de deux minutes, mais y’a que dans les pubs Obao que les nanas s’éclatent à souffler sur la mousse avec une bouche en cœur. En vrai, c’est vite relou.

Ecouter de la musique ? booooof. Le bain, pour moi, ça rime avec silence et zen, me demandez pas pourquoi.

Ne rien faire ? Heu… c’est con mais j’y arrive pas. En tout cas, pas dans une baignoire. Autant sur la plage ou dans mon plumard, je suis championne de « glandage du rien du tout », autant dans la flotte, c’est niet.
A part regarder mes doigts se friper doucement, je vois pas. Et puis tiens, entre nous, franchement, le look papier crépon à la sortie du bain, c’est moyen glamour, hein. Nous vanter les mérites de la peau douce et satinée d’un bain aux huiles essentielles, et ressortir avec la gueule d’une vieille guirlande de kermesse fabriquée maison, je voudrais pas dire, mais ça pue l’arnaque à mille bornes quand même.

De toute façon, même si je le voulais, y’aurait même pas moyen d’être peinard. Mon débile de chat claustrophobe ne supporte pas d’être enfermé dans une pièce. Si je l’enferme avec moi dans la salle de bain, il va gratter à la porte et miauler à m’en faire péter les tympans. Si je l’enferme à l’extérieur, vous pouvez parier trois kilos de whiskas que c’est précisément à ce moment-là que mademoiselle voudra faire sa crotte dans sa litière, située – dois-je vraiment le préciser ? – à deux pas de ma baignoire.

Alors franchement, si toute cette mascarade autour du bain, c’est pour en ressortir aussi tendue qu’un string à Rio, même pas la peine…

29 mai 2007

Mission commando # 2 : Faire semblant de bosser sans se faire repérer par BigBoss

glander_1Agent GinFizz, votre nouvelle mission, si vous l’acceptez, est de vous infiltrer dans les locaux de la société NotSoFunky Inc. et d’y passer une journée en compagnie de collègues et de BigBoss, à prétendre travailler en faisant allègrement tout autre chose. Le temps réel de travail ne doit pas dépasser 2 % de votre potentiel. Ceci est une mission de haute confiance. Discrétion absolue nécessaire sur le terrain. Si vous veniez à vous faire prendre, l’Agence nierait avoir eu connaissance de vos actes. Ce message s’autodétruira dans cinq secondes.

Compte-rendu de mission :

La cible : Locaux de la société NotSoFunky Inc. : moquette grise, murs blancs sales, meubles en kit Ikéa, trois plantes qui se battent pour savoir laquelle a la plus sale gueule. Imaginez le bureau de poste de Bondy un lundi matin pluvieux de novembre 1987, rajoutez-y quelques gars en costard, et vous avez le tableau.

Les forces en présence : A l’étage en question, entre les pauses pipiroom, machine à café, clope sur le trottoir et appel perso depuis le portable, évaluation des "troupes potentiellement à risque" à 15 individus, avec delta de plus ou moins 3.
Et BigBoss, évidemment. Qui ne fume pas, ne pisse jamais, a une Nespresso dans son bureau et téléphone de sa ligne privée payée par la boîte…

L’objectif : Se la couler douce une journée entière aux frais de la princesse (la princesse étant pour l’occasion déguisée en infâme mecton grassouillet et postillonnant cravaté de rouge).

L’ennemi : Le/la stagiaire fouine qui veut se faire bien voir et furète dans tous les coins pour tout connaître de la vie de l’entreprise (c'est-à-dire : officiellement : qui s’occupe de quel dossier / officieusement : qui couche avec qui).

Le matos : Post-its, stylo quatre-couleurs (ça fait toujours sérieux de changer de couleur pour souligner « rappeler M. d’urgence », même si M. signifie maman), dictionnaire français-anglais (pour fignoler ma demande en mariage en V.O. à Hugh Grant) et clé USB (pour rapatrier chez moi tous les mp3 que je vais télécharger du bureau)…

Stratégie offensive :
- Griffonner plein de post-its à disséminer partout autour de son écran d’ordinateur : liste d’abréviations ou chiffres pouvant faire penser à des téléphones ou des références de dossiers (BigBoss n’est pas obligé de savoir que ce sont les chiffres à jouer au loto ce soir). Voire, piquer des post-its déjà rédigés aux voisins autour de moi, histoire de varier les écritures pour crédibiliser la chose. Ok, ils n’auront plus cet aide-mémoire sous les yeux, mais ils n’avaient qu’à faire leur boulot avant, aussi…

Stratégie défensive :
- Programmer mon portable pour appeler directement la ligne de mon bureau et apprendre à m’en servir discrètement : pratique pour envoyer bouler Michel qui demande des justificatifs de dépenses sur les dernières notes de frais. « Ah, excuse-moi, j’attends un appel très important de l’étranger pour le dossier RelouSaRace ». Décrocher en prenant un air grave et affecté, hocher la tête toutes les deux secondes en triturant nerveusement un Bic. Et hop, Michel retourne dans son bureau, et je peux reprendre peinard la lecture des blogs et la commande des billets de train.
- Avoir toujours sous la main (sur ordi ou sur papier) un tableau rempli de chiffres très compliqué à lire : plonger illico dessus en cas d’entrée intempestive de BigBoss dans le bureau et prendre l’air archi concentrée (limite ne pas répondre s’il vous adresse la parole, genre ‘je suis méga over concentrée dans mes chiffres là, je t’entends même pas, coco’). Attention, une fois, deux fois, ça passe. Au bout de trois coups, changer de tableau, sinon BigBoss risque surtout de se demander si je n’ai pas un Q.I. de flamby mal démoulé.

Pièges à éviter :
- Le post-it « liste des courses », légèrement facile à griller par BigBoss (non, personne n’avalera que Pampers et Ketchup sont les codes clients des dossiers nouvellement rentrés. Faut pas pousser mémé etc etc…)
- Le collègue rebaptisé « super glue 3000 », qui va effectivement m’empêcher de bosser, mais aussi de me la couler douce, avec sa tchatche « ma vie, mon œuvre, mes ambitions et mon dimanche chez Lapeyre et Leroy Merlin » en flux rss.

Situation critique : Le moment fatidique où Super Glue 3000, en plus de me raconter que le petit dernier fait ses dents en ce moment et que Gisèle n’en peut plus de ne pas dormir bla bla bla, commence à trifouiller machinalement mes affaires sur le bureau, se permet des commentaires sur ma façon de classer les factures, et insinue que mon rangement n’est pas forcément le plus efficace, "parce que lui, à ma place, il aurait…"

Pour s’en sortir, la réplique qui tue : « Tu n’aimes peut-être pas ma façon de trier les dossiers, mais moi, j’aime pas ta gueule. Comme ça, on n’a qu’à dire qu’on est quitte ! »

Bilan : Lu mes blogs préférés, répondu aux commentaires sur le mien, checké promo billets d’avion vacances d’été, fait shopping par correspondance, cherché nouvel appart, pondu au moins douze mails persos et transféré trois blagues débiles, fait liste des courses, pris rdv véto chat, épilation jambes et ophtalmo, sympathisé avec Marc du premier étage, renoué contact avec Muriel à la compta, arrosé la plante, nettoyé mon écran d’ordi, éclusé tout mon stock de brouillon en avion papier, retrouvé sur marmiton.org la recette du tiramisu aux fruits rouges et classé mes MP3 par ordre de préférence.
Ma note : 18 / 20, avec les félicitations de l’Agence. Peut difficilement faire mieux… sans me faire virer.

Fin de transmission.

2 mai 2007

Petit manuel à l’usage des garçons qui ne comprennent pas bien les filles – chapitre 7

Les filles au restaurant

resto_5Et bien, jeune homme, qu’ouie-je ? Tu pensais en avoir fini avec les leçons et exercices du désormais mondialement célèbre "Petit Manuel à l’usage des garçons qui ne comprennent pas bien les filles" ? Oh que non, mon ami, oh que non. Il te reste bien du chemin à parcourir avant de maîtriser sur le bout des doigts les principes de pensée et de fonctionnement de ces créatures obscures mais si délicieuses que sont les Filles… (Comment ? pas objective, moi ? Rhooo, je t’en prie…)
Si tu le veux bien (en même temps, tu n’as pas trop le choix, je dirais), penchons-nous aujourd’hui sur un chapitre à hauts risques : les filles au restaurant. Action.

Contrairement aux apparences, une fille au restaurant, en fait, c’est archi simple. Il te suffit de maîtriser deux ou trois principes de base pour t’en sortir haut la main. Commençons par le début : le moment de la commande.
Dans sa grande complexité légendaire, une fille pourra parfois avoir du mal à choisir entre plusieurs plats. D’où son ingénieuse idée d’en choisir un, et de tenter de te faire commander, à toi (oui, toi) l’un de ceux qu’elle voudrait aussi, pour que vous puissiez innocemment « faire moit’-moit’ ». Là, attention, danger. Je te le dis, jeune homme, tu as tout intérêt à te démerder pour commander le même plat qu’elle, parce que de toute façon, elle préfèrera ce qu’il y a dans ton assiette. C’est mathématique.
Faut dire qu’entre ses haricots verts fadasses et tes bonnes frites huileuses, franchement, elle serait conne d’hésiter aussi. Mais bon, puisqu’au moment de la commande, elle a voulu « faire sa fille » et prendre la garniture light, il ne tient maintenant qu’à toi de jouer le mec galant amusé ou le type saoulé qu’on vienne lui bouffer tout son plat. Tout dépend de comment tu envisages la suite de la soirée, j’ai envie de dire. Je ne te fais pas de dessin, si ?

Le moment du dessert est également toujours un bon test. Si elle craque sans complexe pour le fondant au choco supplément chantilly, ça en dit long sur son appétit de la vie (ou alors, son risotto aux champignons était franchement dégueu et elle a encore grave la dalle). Pour autant, ne tire pas tout de suite la tronche si elle opte pour le fromage blanc ou la salade de fruits. Ok, c’est légèrement moins funky, je te l’accorde, mais c’est peut-être au prix de ce sacrifice gourmand qu’elle pourra encore fermer son jean slim taille 36 en sortant du resto. Ah ouais, pas con, comme idée, hein ?

Parfois, elle se risque à un « on partage un dessert à deux ? ». Là, je te vois venir. Au début d’une relation, ça te fait sourire, genre « elle est trop mignonne, elle veut bien faire cuillère commune avec moi ». Du coup, tu la laisses choisir ce qu’elle veut (même un fromage blanc ou une salade de fruits pas funky), ravi de passer pour le mec trop cool de la life.
Après quelques mois passés ensemble, en revanche, ça vire plutôt au « mouais, c’est ça, j’la connais l’arnaque, elle va tenter de me refiler son tofu au nutella, mais même pas en rêve ! ». A toi de choisir l’attitude approprié. Soit c’est dessert chacun pour soi (qu’elle se débrouille avec son tofu-truc bizarre, là. Pour toi, c’est Banana Split !), soit tu acceptes de partager, mais dans ce cas-là, ne bougonne surtout pas tout seul devant l’assiette commune. 

A un moment donné arrive fatalement la phase « pipi room ». Parce que tu le sais comme moi, une fille, ça a besoin de faire la vidange toutes les deux heures, au minimum. Si vous êtes au resto en tête-à-tête, ce sera pour elle le prétexte à un petit raccord maquillage/brushing/rien entre les quenottes ?/tout est nickel/je suis une bombe/j’assure à mort. En gros, si il n’y a pas de miroir dans les toilettes, elle est super mal.
Si vous êtes en groupe, sache que la fille se déplace au pipi room uniquement par groupe de deux. Soit pour échanger confidences et ragots de pétasses (ex : « je sais pas où il l’a trouvée, sa Sonia, mais y’a pas que son décolleté qui manque de profondeur ! »). Soit parce qu’elles se font copieusement chier et préparent en douce un plan B pour filer après le dessert. (Ouais, je sais, ça fait mal d’entendre ça, mais faut t’y faire, ça arrive. En même temps, ça dépend en partie de toi et de ta conversation aussi, alors bon…).

Allez hop, travaux pratiques, tout de suite. Et ne sèche pas, cette fois. Je t’ai à l’œil.

Exercices pratiques
Difficulté * : Propose-lui toujours de goûter tes plats. Non, pas avant toi, pour voir quelle tronche elle tire. Et pas non plus après lui avoir dit que tu ne trouvais pas ça bon. Parce qu’une phrase du genre « j’trouve pas ça terrible, ça a un léger goût de chaussettes, tu veux goûter ? », c’est moyen-moyen, pour lancer une discussion passionnée, si tu veux mon avis.
Et si elle te propose de goûter son plat à elle, souviens-toi du sens des proportions. C’est pas parce qu’elle fait six bouchées d’un morceau de viande que tu avalerais en moins de deux qu’il faut rafler la moitié de son assiette comme un morfale. Vu ?

Difficulté *** : Abstiens-toi de tout commentaire sur ses choix durant la commande. Pas de « tu vas pas prendre des pâtes ? », parce que 1- et pourquoi pas, d’abord, si elle a envie ? et 2- ça pourrait être très mal interprété (sous entendu ‘ça fait grossir’). Pas non plus de « pfff, aller au resto pour prendre du poulet… », parce qu’à ce rythme-là, effectivement, bientôt, on n’ira plus jamais non plus en terrasse se prendre un coca-light vu que c’est vrai, c’est con, y’en a dans le frigo à la maison.
Seule exception : si elle te dit « oh ben on va pas commander la même chose, quand même, c’est dommage, autant goûter deux trucs différents ». Là (et seulement là, jeune homme, entendons-nous bien), tu as le droit de lui laisser comprendre finement que comme au bout du compte, elle préfèrera ce qui est de ton côté de la table, mieux vaut qu’on s’en tienne au choix de départ, tant pis si c’est deux fois le même.

Hors concours : Quoi… Comment ça, « et qui paye la note à la fin ? ». Ah ben là, mon petit père, c’est à toi de voir, en fonction de tes envies et de tes finances, hein. J’écris un manuel pour t’aider à "mieux comprendre les filles", pas un "petit guide du savoir vivre en société" non plus, ho.

22 août 2006

Jeux d'enfants

marelleLa diffusion du film d'hier soir, Jeux d'enfants (très mauvais, d'ailleurs, mais c'est mon avis à moi), m'a honteusement rappelé que je n'avais pas encore répondu au gentil questionnaire transmis par dame Jo...elle, juste avant que je ne parte en vacances.
Alors les récits exotiques (ou presque) devront attendre encore un peu, question de courtoisie et de politesse (et parce que ça me plaisait bien de me replonger dans mes années CP-lycée pour répondre à toutes ces petites questions !).
Soyons honnête, j'ai un peu coupé dans le tas parce que le questionnaire est un peu longuet (et que j'avais pas non plus la nuit devant moi). Et puis 20 questions pour vous raconter qui j'étais quand j'étais gamine, c'est amplement suffisant, non ? Si.

1- Quand j'étais enfant, j'étais : à la fois très bonne élève, mais pas du tout fayotte. Le genre à vous donner les bonnes réponses aux contrôles de grammaire et aux dictées, à jouer à chat-perché à la récré, et à échanger mes secrets devant les toilettes des filles. Bref, la copine i-dé-ale ! (je sais, je me flatte !)
2- J'adorais : Plein de trucs ! Difficile de tout citer, mais pour faire court, je dirais la rentrée des classes (!), les cours de dessin, les albums d’autocollants Panini qui s’achetaient par petites pochettes, les gadgets Pootchie, les gommes de toutes les couleurs, les stylos qui écrivaient en laissant des odeurs de chewing-gum, les vacances de Toussaint chez mes grands-parents, les herbiers qu’on devait immanquablement faire pour l’école à cette période de l’année…
3- Je détestais : le jour des grandes vacances (j’adorais l’école, moi !), ou que ma mère me traîne acheter de nouveaux vêtements (je garde le souvenir de virées assez pénibles chez des trucs genre C&A). Je vous rassure, j’ai BEAUCOUP changé, sur les deux points !
4- Mon dessin animé préféré, c'était : Les Chevaliers du Zodiaque, Princesse Sarah ou Olive et Tom (vous noterez quand même un certain éclectisme dans mes goûts, n’est-ce pas ?)
5- Mon meilleur souvenir, c'est : la récré !!!!
6- Mon pire souvenir, c'est : la disparition de Samantha, ma tortue. Cette pétasse s’est fait la malle en creusant un trou sous la clôture que je lui avais amoureusement fabriqué. (Pas con, en même temps, la tortue !)
7- Si j'avais pu, j'aurais : donné cher pour revivre une journée de cette époque-là, juste comme ça, rien que pour voir...
8- Après, en grandissant, je rêvais d'être : Princesse aux cheveux roses (le premier qui se marre aura de mes nouvelles ! On ne se moque pas des rêves d’enfant)
9- Mon dessin animé préféré, c'était : encore cette question ? Mais j’ai pas changé d’avis en trois lignes moi !
10- J'étais amoureuse de : Bah le problème, c’est que mes goûts changeaient assez fréquemment… alors y’a eu un Julien, un Romain, un Vincent, un Alexandre, un Benjamin, un… (je continue, ou pas ?)
11- Ma plus grosse peur, c'était :
j’avais lu un livre sur l’histoire d’une petite fille qui était diabétique, et comme je m’empifrais pas mal de bonbecs et autres cochonneries, j’avais la méga trouille de devenir diabétique à mon tour. Je sais, c’est très con, et le pire, c’est que malgré la peur, je n’ai pas vraiment été « guérie » de ma gourmandise frénétique, mais à l’époque, je me faisais régulièrement des petites crises d’angoisse.
12- Avec les copines, on adorait :
traîner au Trocadéro et admirer les mecs qui faisaient du roller. A force, on s’était constitué une jolie bande de copains beaux gosses bien dragueurs, au Q.I. de moules avariées, mais on en était hyper fières !
13- Mes plus belles vacances :
Impossible de départager : summer camp aux States en soi-disant « séjour linguistique » (hum…), vacances entre potes à Oléron, ou tout simplement glandouille d’été à Paris blindée de mille souvenirs… mon cœur balance…
14- Ma plus grande tristesse :
avoir été trop sage trop longtemps ! Un petit grain de folie ne m’aurait pas fait de mal !
15- Ma chambre était : très moche ! Murs oranges, en toile de jute, héritage d’un précédent locataire aux goûts esthétiques proches du zéro absolu, et résultats de parents feignasses pas volontaires pour faire des travaux. Ca a duré trois ou quatre ans. Et puis par magie, j’ai fini par avoir une chambre beaucoup plus classique, mais plus habitable, avec des murs blancs. C’est à peu près à cette période que mes affreux cauchemars ont cessé. Bizarre, non ?
16- Le truc dont j'étais la plus fière : Ma collection d’échantillons de bouteilles de parfum. Un truc immonde qui prenait toute une étagère, un vrai nid à poussière que je me plaisais à nettoyer toutes les semaines et à réorganiser joliment. Un jour, allez comprendre, tout a fini à la poubelle. Gros ras-le-bol de voir ces petits bidules jaunâtres s’entasser comme ça sans jamais servir à rien. Fin de l’histoire.
17- Le truc dont j'ai encore honte aujourd'hui : Un jour où je traversais la cour du collège, je me suis pris un ballon de basket en plein dans la tronche, et ce devant toute la bande de mecs cools de l’époque. J’aurais donné cher pour disparaître dans un trou de souris instantanément…
18- A l'époque, j'adorais écouter : Madonna, NKOTB (Aïe !), Michaël Jackson… mais aussi Elsa et Glenn Medeiros, Mylène Farmer (re aïe !), Pauline Esther…
19- Mon livre préféré, c'était : j’étais plutôt branchée magazines, genre Ok Podium, Bravo Girls et Jeune et Jolie.
20- J'ai vécu une adolescence plutôt : pas "plutôt"... BEAUCOUP trop sage, si j'en juge ce que je peux entendre à droite à gauche aujourd'hui ! Si c'était à refaire, je changerais quand même deux trois trucs, mais chut... vous ne dîtes rien à mes parents, hein ? ;-)

Je refile le questionnaire à qui veut (en même temps, j'arrive tellement après la bataille que tout le monde a déjà du l'avoir alors bon...) et ceux qui n'ont pas de blog peuvent bien évidemment répondre ici dans les commentaires si le coeur leur en dit !

20 avril 2007

Déjà...

gateau_1Hé ben mes petits loulous, on dirait pas comme ça, mais mine de rien, ça fait déjà un an aujourd’hui que je vous raconte mes aventures passionnantes de pétasse parisienne râleuse et névrosée (ça, c’est de l’autoportrait !).
Un an, 138 billets, et quelques 3726 commentaires plus tard (ce qui nous fait quand même une jolie moyenne de 27 com’ par billet), me voilà devant mon écran, à me demander ce que je vais pouvoir vous écrire.

Je pourrais vous dire « ce blog, c’est une aventure formidable, c’est parti de rien, un coup de tête, comme ça, je ne savais même pas ce que j’allais y raconter, et aujourd’hui c’est comme une drogue, presque une thérapie, le rapport avec les lecteurs est tellement riche, tellement intense »… mais en fait, non. Parce que vous pourriez prendre la grosse tête.

Je pourrais vous dire « ce blog, bien au-delà du simple échange textuel, m’a permis de faire de très belles rencontres, virtuelles et réelles, de lier des liens avec des personnes que je n’aurais sans doute jamais croisées par ailleurs »… mais en fait, non. Parce que les personnes en question le savent déjà, et les autres s’en contrefoutent.

Je pourrais vous dire « ce blog, c’est mon premier pas vers la gloire, le succès et le star system. Déjà quatre manuscrits en route chez l’éditeur, un contact avec un producteur pour l’adaptation télé d’une série dérivée, et une grosse hésitation entre Marion Cotillard et Emmanuelle Béart pour jouer mon propre rôle »… mais en fait, non. Parce que Emmanuelle Béart, franchement, c’est limite. Je suis beaucoup mieux gaulée qu’elle.

Faisons simple. Quelque part, je me dis juste que… bon… vous et moi, ça fonctionne plutôt bien, non ? Alors… je vous en remets une petite part ? :)

16 avril 2007

Mission commando # 1 : Bronzer dans un jardin public

bronzer_2Agent GinFizz, votre mission, si vous l’acceptez, sera de profiter de ce soleil radieux et d'aller prendre de jolies couleurs dorées dans un jardin public en évitant les importuns et les incidents fâcheux. Discrétion absolue nécessaire sur le terrain. Si vous veniez à vous faire prendre, l’Agence nierait avoir eu connaissance de vos actes. Ce message s’autodétruira dans cinq secondes.

Compte-rendu de mission :

La cible : jardin public très fréquenté, rive gauche. Terrain miné.

Les forces en présence : dimanche après-midi, plein soleil, vingt-huit degrés. Je vous fais un dessin ? Jardin blindé. Passage en revue des troupes : familles en vadrouille faisant prendre l’air à la poussette, bande d’ados rebelles en blouson en cuir malgré la température, pépés-mémés en promenade digestive, couples bobos en séance post-shopping dans le Marais, étudiants en révision, lecteurs de Sartre ou de Harlequin, joggeurs acharnés, tennismen en sueur, poneys croulant sous le poids de gamins agités, manèges qui tournent à plein régime, vendeurs de glace débordés…

L’objectif : trouver chaise vide et emplacement face soleil. Autant dire que c'est pas in ze pocket...

Les armes : sourire, décolleté et mini jupe. (Je déconne. Je ne souris jamais.) :)

L’ennemi : le gars qui se réserve à lui tout seul trois chaises : une pour son cul, une pour ses pieds, et une pour son sac. Non mais ho, mon p’tit père, t’as pas compris qu’on était rationné ici, le dimanche ? Allez ouste, vire-moi tes Converse de là, s’il te plait !

Le matos : crème solaire non poisseuse et sans effet blanchissant (l’effet « Casper, c’est moi », merci bien mais non), magazines, bouquins, litre de flotte, lunettes de soleil pour 1- mater discrétos et 2- avoir la star-attitude, barrette pour relever les cheveux (fait trop chaud pour jouer à la pin-up qui frime en brushing), ipod sur les oreilles pour 1- s’isoler du bruit extérieur si besoin ou 2- faire semblant d’être isolée du bruit extérieur et décourager certains pots de glue aventureux tentés par un copinage de bancs publics.

Stratégie offensive :
- Déplacer la bretelle du débardeur de deux centimètres toutes les dix minutes pour éviter les marques ridicules
- Tourner sa chaise en même temps que tourne le soleil. Comme une fleur, quoi…
- Attention aux marques de lunettes noires : le syndrome « je rentre du ski », passé le 15 avril, c’est naze.

Stratégie défensive :
- Se tenir aussi loin que possible du bac à sable (les petites voix aigues hurlant à la mort « mamaaaaaan, Paul y veut pas m’rendre ma pelle » et parents modèles distribuant les Granolas et le Banga nuiraient gravement à la tranquillité)
- Eviter également les coins trop ombragés. Ok, les zones d’ombres qu’offrent les branches d’arbres font parfois du bien en plein cagnard, mais les chiures de pigeons ne sont pas du meilleur effet sur un décolleté, même bronzé. (Note pour moi-même : penser à demander à la Mairie de Paris de faire greffer un slibard à tous ces cons d’oiseaux).

A éviter :
- le parfum monoï (attire les guêpes)
- le sourire niais (attire les cons)
- la jupe trop courte (attire les regards lubriques)

Situation critique : Abordage discret mais bien relou d’un vieux dégarni du crâne tout rougeaud et suant, par cette phrase déroutante d’originalité et de créativité (attention les yeux) : « Vous venez souvent ici ? » (Heu, ben, comment te dire, Jean-René ?)

Pour s’en sortir, la réplique qui tue : « Merde, l’aspirateur, j’ai oublié de l’éteindre… » et filer sans demander son reste.

Bilan : Joues dorées, nez cramoisi, légères marques au niveau du décolleté (dû à attention détournée par brun à fossettes six chaises plus loin). Deux magazines et un litre d’eau descendus. Rapatriement forcé à la base cause envie pipi terrible.

Fin de transmission.

29 mars 2007

Macadam cow-girl

macadam_2J’ai souvent entendu dire que "le bonheur est dans le pré"… Mouais. Alors là, chuis pas très sûre. Excusez-moi les gars, mais perso, j’aurais plutôt tendance à être bien plus à l’aise dans mes baskets au milieu du goudron et des immeubles de la jungle urbaine.
Rhhhooooo, ca va bien, hein. Faites pas cette tête-là, tout de suite. Ca va de soi, que les week-ends au grand air pur et frais de la campagne verdoyante, j’adore. Bien sûr, que trottiner pieds nus dans l’herbe fraîche mouillée de rosée, ça me chatouille les orteils de plaisir. Evidemment, que le gazouillis des moineaux me semblera toujours plus doux à l’oreille que les rhhhouuu-rhhoouuuuuu casse-bonbons des pigeons parisiens en rut.

Oui, mais quand même. Y’a un truc qui coince. La campagne et moi, a priori, on n’est pas super potes. Pourtant, c’est pas faute d’avoir essayé.

Prenons l’exemple du pique-nique. Bon. A la base, l’idée est plutôt bonne, j’admets. Aller s’affaler sur de grandes nappes colorées jetées sur l’herbe, sortir tout un attirail de trucs faciles à manger avec les doigts, déjeuner en position allongée comme au temps des Romains, savourer la convivialité et la bonne humeur de ces moments-là. Très bien, très bien, vous dirai-je.
Hé ben en pratique, je trouve ça assez vite relou, le pique-nique, moi. On ne sait jamais comment poser son verre pour ne pas en foutre partout, on a les doigts qui poissent à cause de la compote qui a fuit dans le sac, la fourchette en plastoque vient de nous claquer entre les mains parce que pas assez solide, et le pain du sandwich est devenu tout mollasse à force d’avoir traîné dans le papier alu. Génial, le truc.
Et encore, c’est sans compter sur ces saloperies d’insectes qui ont décidé de ne plus nous lâcher la grappe sous prétexte que « ça sent bon, par ici ». Parce que vous le savez aussi bien que moi : où que vous vous trouviez, dans n’importe quelle région du globe que vous soyez, à un moment ou un autre, y’a forcément une connasse de fourmi qui viendra mettre le souk en se croyant invitée à la fête, et qui rameutera toute sa clique de copines (et elles sont nombreuses, les biques) pour lui tenir compagnie au bar. Aucune civilité, ces bestioles, je vous dis.

Autre exemple à hurler de rire : la sieste dans le hamac, bercée par le chant des cigales. Ah oui, sur le papier, c’est très joli, on s’y croirait presque. Mais en vrai de vrai, la cigale et son cccrrrrr-cccrrrrr bien sonore, ils ont vite fait de nous tirebouchonner les nerfs, tellement on ne s’entend plus penser. D’ailleurs c’est simple, il suffit qu’elle daigne s’arrêter deux minutes de chanter, la cigale, pour qu’on se mette à guetter le moment où elle recommencera de plus belle. Un cercle vicieux infernal. Topissime, l’ambiance détendue pour la sieste, après ça…

Il faut aussi que je vous avoue un truc bizarre. A la campagne, je ne sais pas pourquoi, mais je redeviens une enfant en un claquement de doigt. Très étrange, ça : alors que je quitte Paris, je suis une jeune femme assurée, dynamique, belle, intelligente, drôle (mais quoiiiiii heuuuuu… laissez-moi rêver deux secondes, merde, c’est trop demander ?), il suffit que je pose le pied à Percahoute-les-Brouettes (au hasard) et j’ai à nouveau huit ans. (Bon, ok… huit ans ET des rides et de la cellulite. Ca va, hein).
Les orages de campagne me font peur, par exemple. Le ciel déchiré par les éclairs, l’écho amplifié du tonnerre, la pluie qui dévale des gouttières dans un raffut infernal. Je trouve ça très beau, mais absolument terrifiant. Alors que chez moi à Paris, « pffffiiiou, vas-y mon pote, gronde et tonne autant que tu veux, m’en fous, même pas mal ».

J’aime pas non plus les bruits que fait une vieille maison de campagne. Tous ces craquements, grincements, couinements, claquements, ça me flanque la chair de poule quand je suis au fond de mon lit, à m’imaginer connement que là, c’est sûr, y’a un mec qui marche sur le toit. « Mais si, c’est évident, je reconnais des bruits de pas sur les tuiles ». Evidemment, l’imagination nocturne étant propice aux délires paranoïaques les plus débiles, je dérive rapidement vers le « il va s’introduire dans la maison par le vasistas, va tous nous égorger dans notre sommeil, ça va se finir en faits divers, je vais faire la Une des journaux et je serai même plus là pour lire ça ». Du grand n’importe quoi en version « régression à trois francs six sous ». Limite si je ne checke pas sous le lit, non plus. Des fois que…

Ah, et puis pour finir, j’aime pas les grosses araignées dégueulasses avec leurs pattes longues et fines. Tout comme je n’aime pas ce proverbe crétin qui dit « araignée du soir, espoir ». Espoir de quoi, franchement ? De se faire piquer un peu moins rapidement que le matin ? Tssss… Et arrêtez de tout confondre, vous aussi, hein. J’ai pas dit que j’avais ‘peur’ des araignées, j’ai dit que j’aimais pas. Nuance (ahem…)

Non, vraiment, mon amour pour la nature a ses limites. Je sais que j’ai définitivement plus l’âme d’une fleur de béton que d’une fleur des champs. Mais y’a quand même une chose de sûre : si vous m’offrez un énorme bouquet de tulipes, de tournesols ou de jonquilles, vous êtes sûr de me faire très plaisir. Comme quoi, c’est pas si compliqué, une fille de la ville…

14 février 2007

CupiBIdon

ange_1Aujourd’hui, que vous le vouliez ou non, vous n’y couperez pas. Du rose, du rouge, de la guimauve et des déclarations nian-nian au possible, vous allez en bouffer par paquet de douze. Ben oui, pas le choix, c’est la Saint Valentin, la fête de ce petit con de Cupidon, qui entre nous, ferait mieux d’aller faire son boulot un peu plus intelligemment, au lieu de gambader cul nu avec son arc et ses flèches.
Fleuristes dévalisés pour quelques roses en bouquet, restos bondés malgré le « menu des amoureux » niaiseux à souhait (comme si on avait forcément envie de manger la même chose parce qu’on est un couple), bijoutiers et chocolatiers grandement inspirés pour l’occasion… Pas de doute, la potion d’amour du 14 février fait pschiiiiiittt un peu partout.

Un bien joli panorama dégoulinant de cœurs roses qui aurait de quoi donner la gerbe à tous ceux qui seront seuls sous leur couette ce soir. Parce que oui, quand même, faudrait pas l’oublier : le marketing se fait une joie de nous jeter à la tronche tout ce merveilleux bonheur d’aimer et d’être à deux, mais quand on est solo, on fait quoi ? On fait l’autruche en attendant que le doux orage passe, et on attend le 15 avec impatience ? On fait genre on s’en tape de tout ça, nous on est bien-dans-nos-pompes-à-l’aise-Blaise-cool-Raoul ? On accroche la corde au lustre et on sort le tabouret ?

Allez, rajoutons un peu d’huile sur le feu, tant qu’on y est, hin hin hin. Cette journée si parfaite est le moment idéal pour démystifier quelques petits conseils et phrases-clés qu’on se plait à répéter en boucle à ceux dont la vie amoureuse est encore moins glorieuse que la carrière du Titanic (« plic ploc plouf »).

Dans le genre cliché vient en pole position le bon vieux « ça t’arrivera quand tu t’y attendras le moins ». Ouais, facile à dire, ça. Parce que dans les faits, même vautrée devant la huitième rediff’ de "Bridget Jones", en jogg’ et chaussettes Snoopy, avec un masque à l’argile sur la tronche, j’ai beau ne pas m’y attendre du tout, très clairement, c’est pas pour autant qu’il se passe plus de trucs qu’à l’accoutumée.
Alors oui, je sais, on va me dire « ah mais faut quand même sortir un peu, sinon, forcément… ». Bon, ben dans ce cas, je regrette, mais votre théorie, là, elle tient plus la route. Parce que quand je "sors", perso, je m’attends quand même, ne serait-ce qu’un tout petit chouïa, à rencontrer quelqu’un. Y’a toujours une part de moi qui se dit très connement qu’il est peut-être possible, dans une éventuelle hypothèse purement optionnelle, sur un malentendu, etc… Sinon, ça vaut pas le coup, non ?

Vient ensuite le superbe « un de perdu, dix de retrouvés ». Alors là, je me marre. Complètement débile, ça, aussi. A la rigueur, faudrait dire « un de perdu, dix A TROUVER ». Là, je serais d’accord. Parce que dans le fond, quand on perd un amoureux (parce qu’il nous quitte ou parce qu’on le largue, peu importe la forme), on a forcément appris plein de trucs sur ce qu’on veut et surtout ce qu’on ne veut pas, dans une relation. Du coup, effectivement, y’a intérêt à multiplier les rencontres futures pour encourager ses chances de tomber sur quelqu’un qui ne présentera pas les tares horribles et inenvisageables qu’on a décrété ne plus pouvoir supporter. Donc, « dix à trouver », CQFD. Merde, ça en fait, du boulot en perspective, en plus de la gestion post-rupture.

Comment ne pas mentionner aussi le fameux « peut-être que t’es trop difficile ? ». Aaaaaaarggggg, oui, ça doit être ça. Ne pas se contenter d’un type au QI de plat de nouilles trop cuites et à un minimum syndical niveau qualités humaines, c’est être "trop difficile". « Même Antoine, il te plait pas ? ». Ouais, même Antoine, dis-donc (sinon je serais déjà en train de lui rouler une galoche, figure-toi). C’est fou, ça, comme je suis pénible, à ne pas vouloir tomber amoureuse des hommes qu’on se force à me présenter, et à préférer laisser faire mon instinct. « Tu fais pas beaucoup d’efforts, je trouve… ». Ben voyons. Tsssss, même pas envie de développer, tiens, pour la peine.


PS : Je vous rassure (si besoin), cette note n’a rien d’autobiographique. Je n’ai pas de chaussettes Snoopy, par exemple. Merci donc de ne pas m’inscrire à Meetic en douce. ;-)

20 juillet 2006

Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existé ne serait pas purement fortuite

vacances_1En théorie, on aime toujours partir en week-end prolongé avec ses amis. On imagine les fous rires complice, les apéros sous les tilleuls, les batailles d’eau dans la piscine, les barbecues conviviaux, les petits déjeuners Ricoré avec le pain frais que quelqu’un est gentiment allé cherché au village, les moments de torpeur à l’heure de la sieste, les confidences de fin de repas à la lueur des bougies…
Ouais. En théorie. Parce qu’en pratique, je-ri-gole ! En pratique, généralement, le week-end entre amis révèle surtout les caractères et les défauts de chacun, ou le sens du sacrifice des autres. Un bon moyen pour en savoir un peu plus sur les aptitudes à la vie en communauté de nos joyeux compagnons…

Question intendance
Premier jour. Le frigo est vide et les estomacs gargouillent en chœur. Qui va donc se coltiner la corvée de courses pour 12 personnes et 4 jours de victuailles ? C’est toujours la roulette russe pour savoir qui se collera cette fois-ci la virée au super, avec les trois caddies pleins à craquer, les trente-six packs de flotte/lait/coca/Ricard à transporter dans le coffre, et l’avance des sous pour tout le monde.
Histoire de faciliter les choses, on tente vainement de faire une liste des courses. Une fois que sont inscrits en vrac Nutella, biscuits apéro, Chamallows et cubi de rosé, on se regarde avec le sentiment d’avoir fait un bon boulot, et le(s) pauvre(s) préposés aux courses devront choisir tout seuls dans les rayons si à midi, on mangera poulet mayo ou brochette d’agneau.

A l’heure des repas
Déjà, mettons nous d’accord sur ce qu’on appelle « l’heure du repas », justement. Parce que celui qui s’est levé à 9h aura forcément faim plus tôt que la belle au bois dormant réveillée en douceur vers 11h30. Tout dépend souvent du temps de préparation du barbecue, en réalité. Dieu sait que ça peut mettre du temps à prendre, ces bêtes-là. Et même une fois allumé, tous les problèmes sont loin d’être résolus. Qui aime sa merguez bien cramée ? Qui est végétarien ? L’un veut sa sauce salade à part, l’autre est allergique aux œufs, et la troisième n’aime pas le fromage, donc impossible de mélanger la fêta et les concombres. Les filles avalent trois feuilles de laitue, tandis que les gaillards se partagent les côtes de bœuf. Parfois, c’est l’inverse, mais ça reste globalement assez rare. En dessert, on fait mine d’hésiter entre les cônes vanille et chocolat, mais au fond, tout le monde préfère chocolat. Et à l’heure du café, faut s’y prendre à trois reprises pour satisfaire les quotas caféine de chacun. Quant au petit déj’, c’est presque la guerre pour attraper un rabe de pain au chocolat, ou pour avoir les dernières gouttes de jus d’orange. « Et qui c’est qui a bouffé tous les Chocapic, là ? »

Autour de la piscine
Il y a celle qui se mouille tout doucement en crispant ses petits poings parce que l’eau est froide, et il y a ceux qui se jettent à l’eau en éclaboussant tout et tout le monde. Il y a celui qui fait autant de bruit dans l’eau qu’un jeune phoque tout fou sur sa banquise, et ceux qui tentent de lire ou de réfléchir à leurs mots fléchés du Télé Loisirs. Il y a celle qui s’enduit consciencieusement de crème solaire indice 48, et plonge ensuite comme une sirène, laissant derrière elle la moitié de ton tube de Nivéa qui graisse la surface de l’eau. Il y a ceux qui doivent absolument jouer avec un ballon, et si possible, près de celle qui a laissé ses lunettes de soleil et son Ipod en évidence. Il y a celle qui ne veut pas se mouiller les cheveux de peur de flinguer son brushing, et il y a celui qui ne peut pas s’empêcher de la mettre à la flotte de force, si possible toute habillée, tant qu’à faire, c’est beaucoup plus drôle. Il y a celui qui garde volontairement son portable dans la poche de son maillot de bain pour avoir une bonne excuse si jamais on cherche à le pousser à l’eau, mais qui l’oublie une fois qu’il a décidé lui-même d’aller plonger. Il y a ceux qui s’obstinent à lire L’Equipe près de l’eau et râlent que le journal est tout mouillé ensuite. Il y a celle qui bronze topless sans pudeur, et celle qui garde son paréo le plus longtemps possible pour dissimuler ses rondeurs. Il a enfin celui qui tire sur les ficelles des maillots rien que pour le plaisir d’entendre piailler les filles.

Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?
Parce qu’entre les siestes, les repas, et les séances bronzette et plongeon à la piscine, faut bien s’occuper, tiens ! Alors on hésite. Longuement. Tennis ? Oui, mais on n’a que trois raquettes et pas de balle. Foot ? Pourquoi pas, mais qui va faire le goal ? Vélo ? Accrobranches ? Pétanque ? Les groupes se forment et se déforment en fonction des préférences du moment. L’un aurait préféré aller faire du karting, mais c’est complet, fallait réserver plus tôt. Les moins téméraires se contenteront d’une séance de lecture du dernier polar dans le hamac au fond du jardin. Et les plus ingénieuses profiteront du fait que tout le monde est occupé ailleurs pour pouvoir enfin squatter la seule douche de la maison, rester des heures sous l’eau, se shampooiner avec volupté et s’enduire d’huile scintillante au monoï, pour rattraper enfin toutes ces fois où on les a extirpées de la salle de bain sous prétexte que y’en a encore cinq qui attendent, là !

Répartition des lits
D’abord, on case les couples. Deux par ci, deux par là, et encore deux là-haut. Le reste de la troupe devra se contenter des lits qui restent. Celui qui ronfle trop fort sera exilé d’office dans la pièce la plus reculée qui soit. Les garçons galants laissent les filles célibataires choisir leur lit, et s’entassent dans les autres chambres. On fait gaffe à ne pas mélanger les personnes qui sont légèrement en froid suite à un petit flirt avorté, ou au contraire, on n’hésite pas, pour le côté pratique, à en réunir deux qui ont vécu une petite histoire ensemble et sont restés en bon terme. On chouchoute celle qui est enceinte en lui offrant le meilleur lit, avec le matelas dur juste comme il faut. On choisit stratégique, pour avoir la vue sur la piscine, ou la chambre près de la salle de bain (celles qui font pipi trois fois par nuit comprendront l’allusion). Les couche-tôt auront pris soin d’emporter des boules Quiès, et les couche-tard apprendront à chuchotter et à rire moins fort à partir d’une certaine heure, et ce malgré le nombre astronomique de Ricard ingurgités depuis l’heure de l’apéro.


Pfffff, les vacances entre potes, c’est pas de tout repos, en fin de compte. Mais le plus dur, quand on part entre copains, c’est de pouvoir revenir en étant toujours copains. Une fois qu’on a résisté à ce genre de test, on sait que oui, on peut parler d’amitié. Vous faites quoi, vous, pour le pont du 15 août ?

 

19 juin 2006

Chat alors !

garfield_1

J’ai déjà entendu dire qu’un chat sur trois est un extra-terrestre. Vrai ou faux, je n’en sais rien. Mais on ne peut pas nier que ces bestioles-là sont souvent de sacrés gugusses. Et mon chat à moi se défend assez bien dans la catégorie "attachant, mais CHIANT", faut dire ce qui est.
Déjà, je précise que c’est une femelle. Une chatte, donc. Mais forcément, comme je ne manque jamais de récolter quelques sourires ou jeux de mots graveleux à la prononciation de ce terme, j’ai pris pour habitude de dire "mon chat", et basta.
Un chat, c’est bien. C’est une présence chaleureuse et réconfortante, qui ne demande pas trop d’effort quand même. Pas besoin de se galérer à 8h ou 23h30 pour le sortir faire son petit pissou. Inutile de lui faire prendre un bain après une grande balade dans la pluie boueuse du bois de Vincennes, ni de s’échiner à lui balancer cinquante fois de suite une balle qu’il nous rapportera joyeusement, pleine de bave en cadeau Bonux.
Non, un chat, c’est peinard, calme, dormeur et silencieux. Sauf parfois. Parfois, c’est tout le contraire, même, je dirais.
Mon chat a par exemple la fâcheuse habitude d’aller fouiner systématiquement les recoins ou objets un peu nouveaux pour lui. Placards, tiroirs, boîtes à chaussures, sacs en papier, sacs en plastique… tout lui apparaît comme une potentielle porte vers un ailleurs merveilleux, et lui semble donc indispensable à explorer en urgence. Si possible en faisant le maximum de bruit, et au beau milieu de la nuit, car il va sans dire que c’est toujours plus funky de faire ça aux environs de trois ou quatre heures du matin.
Autre information capitale : le chat a des griffes, et a compris depuis belle lurette qu’il serait fort dommage de ne pas s’en servir. Adieu donc, papier peint refait à neuf, voilages en organza, housses de coussin brodées et pull en cachemire qui aurait du être rangé. Un chat, c’est comme un bébé : faut planquer tout ce qui traîne, sous peine de dommages collatéraux.
Souvent, après un méfait de ce genre, il retourne traquillou pioncer dans un coin, non sans un détour par la case croquettes au thon (un délice pour son haleine, je ne vous dis que ça !). Et quand l’orage gronde au dessus de sa tête –comprendre : quand je me mets à gueuler que c’est plus possible et que si ça continue, je me sépare de lui– il prend l’air détaché et adopte la position dite du "je t’emmerde", qui signifie "tu peux toujours causer ma fille, j’ai même pas peur". D’autant qu’il y a environ zéro pour cent de chance pour qu’un chat obéisse à un être humain. Ca peut être déstabilisant, un chat, vous savez ?
Chose très étrange, le mien est un fan inconditionnel de Vache qui Rit. Au bruit d’un morceau de Vache qui Rit qu’on ouvre avec son petit fil rouge, il devient possible pour mon chat de se déplacer à une vitesse supérieure à celle de la lumière. C’est impressionnant. Et légèrement flippant, en même temps, parce que le bruit en question est quand même assez imperceptible à l’oreille, pour nous pauvres hommes. A ce stade, si je lui fais l’affront de ne pas lui donner un petit bout de fromage, j’ai alors droit à un concerto de miaou en ré mineur, ce qui devient assez vite saoulant. J’ai d’ailleurs surnommé mon chat Doliprane, en hommage aux nombreuses migraines qu’il me colle régulièrement à cause de ses miaulements. Parce que Aspirine, je trouvais ça moche, et Acide acétylsalicylique, un peu trop long…
J’ai aussi l’honneur de vous apprendre que mon chat est le premier producteur au monde de crottes. Oui, oui. J’en ai de la chance, non ? Je ne sais pas comment il s’y prend, et je n’ai jamais vraiment cherché à le savoir d’ailleurs, mais dans ce domaine, c’est une usine qui tourne à plein régime. D’ailleurs, si vous voulez me faire plaisir, dites moi donc où me procurer une litière à chat avec couvercle, système d’aération intégré, et filtrage automatique des crottes vers les égouts. Comment ça, c’est compliqué ?
Enfin de toute façon, en dépit des griffures, crottes, traînées de poils, vases casés, plantes saccagées ou rideaux lacérés, mon chat, je l’aime, et c’est comme chat ! Ceci était un message sponsorisé par la Collective des Chats.

NDLR : Afin de préserver l’anonymat de mon chat, la photo de celui-ci a été remplacée à sa demande par la photo d’un de ses collègues.

17 août 2016

Souviens-toi, l'été d'il y a cinq ans

porte_vacances

Oh, c'est moche. Plus de trois mois sans rien écrire ici, le post précédent remontant à notre dernière escapade avant l'été. A croire qu'il n'y a que quand je suis loin de Paris et en vacances que je suis un peu inspirée pour venir par là. Enfin, "en vacances"... laissez-moi clarifier un peu les choses, tout de même.

A la fin de l'été 2013 et des premiers grands congés estivaux passés avec Babygirl number one, je vous racontais déjà ici que le terme "vacances" me semblait lééééééégèrement galvaudé, vu le peu de repos et de tranquilité d'esprit engrangés en trois semaines. Mais en fait, à l'époque, je ne savais pas encore. Je ne savais pas que des vacances avec UN enfant, c'est juste de la RI-GO-LADE à côté de ce qui nous attendait cet été, avec nos deux mioches en bandoulière, respectivement 3 ans 1/2 et 9 mois.

Pourtant, ça partait pas trop mal. J'étais blindée d'envies, des projets dans tous les sens, à base de visites plus ou moins culturelles, balades en pleine nature, rattrapage de lectures en stock, un poil de glandouille bronzette (histoire de faire un sort au teint d'endive fânée que je cultive depuis quelques mois) (depuis que mes nuits sont autant en dent de scie qu'un terrain de cross country), repas sains pour toute la famille (ou au moins, repas sain un jour sur deux) (ou trois, allez) et cure de sommeil pour tout le monde, devant tant de choses excitantes mais fatiguantes. J'avais même embarqué ma guitare offerte à mon anniversaire (de l'an dernier), sur laquelle je n'ai jamais eu le temps d'apprendre deux accords jusqu'ici.

Bon. Bah. La blague, quoi. Disons que même avec douze bras et des journées de 36 heures, je ne vois pas comment il est matériellement possible de "profiter" vraiment de cette période tant attendue qu'est l'été loin de Paris quand on a deux jeunes descendants sur les bras.
J'aime autant vous dire qu'à ce stade de nos vacances, la guitare peut s'estimer heureuse si je lui ai gratouillé le ventre au moins dix minutes en temps cumulé. La "pile à lire" avance à pas de fourmi, sauf sur les dernières pages des polars, qui, eux, ont raison de mes bonnes résolutions "me coucher plus tôt". Et à table, tout ce qui comporte minimum une rondelle de courgette (même très fine) est requalifié d'"excellent-pour-la-santé-allez-mange-ça-fait-grandir", et tant pis si le reste de l'assiette sort direct des barquettes sous vide du frigo.

Quant aux balades, visites et autres virées bucoliques, si la volonté est là, elle est bien vite rattrapée par tout le tintouin à mettre en place quand on se coltine des enfants encore en bas âge. C'est à dire qu'entre le moment où on décide de se pointer quelque part et le moment où on peut EFFECTIVEMENT mettre les voiles, il s'est écoulé environ 1h30 :
"Alors, faut prendre de l'eau en bouteille pour la grande, et en biberon pour la petite, on prévoit un goûter aussi, où sont les pom'potes ?, je lui prends une dose de lait au cas où ? oui, chérie, on prend les gâteaux, arrête de crier, alors t'as trouvé sur le GPS ? bon, où j'ai collé le sac des balades ? ah faut aussi prendre la crème solaire ! ou plutôt attends, on va les tartiner tout de suite, ce sera fait, les enfants, venez ici, on met la crème, non chérie, on n'emporte pas le cahier de coloriage, et les chapeaux, ils sont où ? ok, bon, faut que je retrouve mes lunettes de so... ah, on prend des gilets-au-cas-où, si si, on prend, on sait jamais, putain mon sac est pas assez grand, alors le GPS c'est bon ?, NON, pas le cahier de coloriage j'ai dit, cherche plutôt ton doudou si tu veux partir avec, toi, et... merde, elle a fait pipi, faut changer la couche, ah d'ailleurs, bichette, vient faire pipi toi aussi avant qu'on parte, ok, c'est bon ? j'ai tout ? le GPS dit quoi ? 40 minutes de route ???? Bah on va arriver trop tard, laisse tomber..."

Sans déconner, est-ce qu'il existe quelque chose de MOINS reposant que d'organiser une virée à la plage avec des mioches de moins de cinq ans ? Est-ce que c'est une punition pour toutes ces heures passées tranquille à lézarder au soleil que d'avoir à essayer de tartiner de crème solaire collante des gamins qui n'ont de cesse que de mettre leurs mains, leurs pieds et leur... reste en plein dans le sable ? Est-ce que quelqu'un, là-haut, nous teste lorsque la progéniture adorée traverse toute la plage bondée jusqu'à nous en braillant "maaaamannnnn, cacaaaaa, vite !" ? Est-ce qu'il est plus tolérable de se faire vomir de la compote dessus trois fois de suite quand on est en maillot de bain plutôt qu'habillée ? Est-ce que nous subissons à notre insu un test de Q.I. et de mémoire quand il faut penser à prendre râteaux, pelles, seaux, douze moules à pâtés de sable, bouées, brassards, épuisettes, chaussons anti-cailloux-bobo-aux-pieds, bobs et casquettes, parasol, ponchos de séchage et maillot de bain Reine des Neiges quand il s'agit d'aller batifoler deux heures sur la plage ? Je pose juste la question...

Pfffffffouuuuuu, mais qu'est-ce que c'est que ce stress inutile qu'on se trimballe MEME en vacances ? A quel moment c'est devenu si compliqué d'organiser ne serait-ce qu'une simple balade en famille ? (Ne me répondez pas, je sais TRES précisemment à quel moment, merci).

J'avoue qu'il m'arrive parfois de repenser avec nostalgie à ces étés passés, où le seul rythme qui comptait était celui de mes envies. Où je pouvais ingurgiter trois livres par semaine sans avoir de comptes à rendre, et où le terme "déconnexion" avait un tout autre sens. Où seul mon estomac décidait de l'heure des repas (et de leur nombre), et où on pouvait décoller pour la plage en cinq minutes montre en main. C'était il y a cinq ans, y a un siècle, y a une éternité.

Notez quand même que je parle de nostalgie, et non de regrets. Je ne suis pas une mère indigne au point de préférer passer mes vacances en solo ou en couple, à coller les gosses au Club Mickey et/ou aux grands-parents et/ou à la nounou et/ou à-n'importe-qui-voulant-bien-s'en-occuper-ne-serait-ce-que-quinze-minutes. Mais il me reste encore dix jours de vacances à tenir... et il est bien possible que mon avis change d'ici là.

(Ce billet est sponsorisé par l'Amicale des Parenthèses, manifestement).

10 mai 2016

Sur la route

pinède

Plutôt bien lancés dans nos envies de découverte du monde, Chéribibi et moi avons inévitablement dû nous assagir un peu sur la question "Voyages" avec l'arrivée de notre première croquette il y a trois ans, et encore plus depuis la naissance de la mini-chouquette, qui double la dose de "choses qu'on ne peut pas faire avant que les kids grandissent".

Les destinations vacances se choisissent désormais dans un périmètre de six heures maximum de voiture. Et le train, me direz-vous ? Je n'ai pas encore eu l'occasion de tenter le diable, mais sachant que déjà, en voyageant seule, j'ai du mal à ne pas arriver rougeaude et essoufflée dans mon wagon, rapport à tout mon barda perso (sac de voyage, sac à main, sac à ordi, sac à journaux pour le voyage, M&m's et sandwich pour la route...), je ne vois décemment PAS comment il serait humain de m'infliger la même épreuve avec, en plus, bagages des deux mioches, biberons, sac de change, jouets pour les occuper, coque ou transat, poussette, lit parapluie... tout ce bordel incroyable que tout jeune parent se trimballe dès qu'il met un pied hors de chez lui.

Donc le train, merci, mais non merci. La voiture me parait plus reposante. Sauf que...

Voyager en voiture avec des enfants, c'est savoir occuper le temps de trajet en usant de toutes les combines possibles. Faire semblant de compter les voitures rouges et les vertes, imaginer des formes dans les nuages, se réjouir et faire semblant de s'extasier au moindre troupeau de vaches croisé sur la route. Au trente-deuxième "t'as vu, maman, les vaches ?", je peux vous assurer que l'enthousiasme feint perd réellement de sa superbe.
C'est aussi chanter en boucle les mêmes chansons (coucou la Reine des Neiges), et éventuellement passer au CD quand on n'en peut plus de brailler qu'on est délivréeeeeeeee (si seulement...). J'ai personnellement eu à me farcir une compil' de Carlos prêtée par un copain de Chéribibi qui - soit-disant - adoooooorait ces chansons étant petit - j'espère qu'il consulte - et j'ai souffert intérieurement durant 52 minutes et douze chansons. Veuillez noter mon sens du dévouement, monsieur le juge.

Voyager en voiture avec des enfants, c'est aussi finir, de guerre lasse, par acheter un obscur magazine Peppa Pig devant lequel se pâme l'enfant ("y'a des gommettes") dans l'espoir de l'occuper une vingtaine de minutes. Tu parles ! Une fois trois gommettes décollées (retrouvées sur les vitres) et le machin feuilletté fébrilement, c'est parti pour la rengaine "tu peux me lire l'histoire ?", répété en boucle, qui nous saoule presque autant que la voix de Carlos.

Voyager en voiture avec des enfants, c'est devenir Shiva-les-douze-bras en un clin d'oeil. Tiens, un mouchoir pour ton nez, souffle ! Oh, la tétine est coincée dans le siège. Mince, le doudou est tombé par terre, gogo-gadget-au-bras pour réussir à le repêcher. Tu as le soleil dans la figure, bouge pas, je colle le pare-soleil Nemo. Tu as faim ? Tu as soif ? Tu as... envie de vomir ? Ah... vite, le sac plastique qu'on garde à portée de main. Pas deux secondes de répit, je vous dit ! Alors si EN PLUS faut faire le co-pilote préposé au GPS, je démissionne.

Voyager en voiture avec des enfants, c'est déroger à tous ses principes alimentaires en leur refourguant à tire-larigot madeleines, compotes, brioches et autres joyeusetés pas trop chocolatées (je ne suis pas maso, faut pas déconner) pour qu'ils bouclent cinq secondes leur trou à gâteaux. C'est un risque à prendre (cf l'usage potentiel du sac à vomi sus-cité) mais il advient un moment où l'on est prêt à oser tous les dangers pour quelques minutes de silence. Même celui de se faire repeindre intégralement le siège-auto des restes pré-digérés du goûter, et à s'en taper le nettoyage de tous les minuscules interstices savamment imaginés par de sadiques concepteurs.

Voyager en voiture avec des enfants, c'est ne plus vraiment pouvoir déjeuner à quinze heures pour éviter la foule des aires d'autoroute, sous peine de braillements XXL en dolby stéréo à l'arrière. C'est donc la double-peine à chaque déjeuner : aire bondée de familles aux mouflets affamés, ET files d'attente carabinées. File d'attente à la caisse. File d'attente pour le micro-ondes (puisque Mâdâme ne veut pas avaler son petit pot non réchauffé). File d'attente à la salle de change des bébés, aux toilettes des femmes. File d'attente à la machine à café. Sans compter la chasse aux chaises libres, la gamine qui ne veut évidemment pas bouffer ce qu'on lui a prévu, et les pleurs à calmer devant le bruit vraiment terrifiant des sèche-mains électriques.
Au départ, ça s'appellait une "pause" déjeuner, à l'arrivée, on retourne à la voiture avec l'impression d'avoir fait la guerre du Vietnam. La pub disait : "Total, vous ne viendrez plus chez nous par hasard"... Par hasard, non, mais par punition et expiation de nos fautes, très certainement.

La prochaine fois, si vous voulez, on pourra aussi parler de ces engins de torture mentale que sont les sièges-auto, et de la façon dont on doit suer sang et larmes pour parvenir à sangler les moutards dedans sans se péter trois ongles ni se déboîter le cou. Perso, j'ai pas encore compris comment rester zen avec ces machins-là... Mais vivement les prochaines vacances, qu'on s'amuse un peu !


30 juillet 2014

Am-stram-crâme

foyer

Il faut très exactement 48 minutes pour faire complètement crâmer une casserole posée sur feu vif. Je le sais, j'ai essayé. Malgré moi.

Oui... je ne pouvais quand même pas vous laisser partir en vacances sans vous raconter une petite mésaventure "bridget-jonesienne", hein. Et puis ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu un article "vis ma vie de dinde" sur ce blog, non ?

Ce matin, résolue à me préparer avant de partir une petite carafe de thé à mettre au frais, je lance sur le feu une grosse casserole d'eau, additionnée de quelques grammes de sucre pour parfumer la boisson. Dans le même temps, affairée en cuisine, je lance également une machine de fringues, puis pars me préparer pour mon rendez-vous en attendant que l'eau veuille bien bouillir.

Quelques minutes plus tard, me voilà fraîche et pimpante sur le quai du métro, à checker l'heure pour vérifer que tout va bien, je suis pile dans les temps. Je monte dans la rame, m'installe tranquillement, sors mon livre et commence à bouquiner. Page après page, je rentre dans l'histoire de mes personnages quand je tombe sur ces lignes : "elle s'éclipse, revient presque aussitôt avec un plateau. Une théière en porcelaine où trempe un sachet, deux tasses, des rondelles de citron...".

Les deux neurones qui me restent encore avant de partir en vacances se connectent d'un coup, les voyants tournent au rouge flashy, et je pousse un grand cri d'effroi (qui fera sursauter mes compagnons de wagon). Mon thé ! La casserole ! Sur le feu ! A puissance max ! Oh putain !
Je m'extraie du métro au moment où les portes sonnent leur fermeture imminente, et me mets à courir comme une dératée pour attraper la ligne en sens inverse. Arggg, train loupé d'un rien, le prochain ne sera là que dans 4 minutes.

Les 4 minutes les plus longues de ma vie, je pense (avec la fois où je chronometrais mes contractions, mais c'est une autre histoire). Dans ma tête, je me refais le film. C'est évidemment cette putain de machine à laver ultra bruyante qui a couvert le bruit de l'eau bouillante et ne m'a pas permis de penser à éteindre la plaque. (Toujours trouver un responsable autre que soi. Tou-jours).
Je me mets à faire des hypothèses en fonction de la quantité d'eau dans la casserole VS le temps d'évaporation prévisible sur une plaque qui chauffe à fond les ballons, mais mes souvenirs de physique-chimie remontent à la classe de seconde, donc pas hier (et j'ai fini l'année avec 6 de moyenne donc je ne pense pas avoir la fibre scientifique).

Quand le métro arrive enfin, j'ai perdu deux litres de sueur, tous les ongles de ma main droite, et j'ai déjà l'impression d'entendre au loin les sirènes des pompiers qui se garent en bas de chez moi.
Reste à faire les sept stations qui me séparent de mon quartier. J'essaye de rester visiblement calme et digne, me persuadant que je ne peux pas aller plus vite que la musique à ce stade de l'histoire, mais j'ai - en vrai - juste envie d'insulter tous les passagers qui prennent un peu trop leur temps pour monter dans la rame, en leur criant que "hé ho, magnez-vous un peu le boule, j'ai un incendie à aller éteindre, moi !"

Enfin, ma station. J'entame le sprint final pour remonter les deux rues (en pente, les bitchs) puis les trois étages jusqu'à mon appartement. (Note personnelle : endurance à la course : à revoir !) et glisse la clé dans ma serrure, persuadée de voir des flammes jaillir de la cuisine en poussant la porte.

Bon. En fait, non. Point de flammes, mais un énorme nuage de fumée suffocante qui me prend à la gorge. Et là, au milieu de la plaque à induction, ma casserole brûlante au fond de laquelle achève de crâmer une petite couche noirâtre et calcinée. Le peu de sucre que j'avais ajouté à l'eau s'est en fait transformé en un caramel carbonisé, ce qui a donné un petit temps de répit avant que la châleur ne s'attaque à la casserole elle-même.

Aération en grand, toux de fumeuse pendant trente minutes et quasi-deuil de ma casserole, mais ouf, l'appartement est sauf. Et les chats aussi.

Tout ça pour ça ? Bah ouais, mais hé, c'est que ça fait des émotions. Je crois qu'il est grandement temps de prendre des vacances, là...


*****

BEST-OF

Et puisque l'été, c'est la saison parfaite pour ressortir les vieux nanards (t'as qu'à voir le programme télé), voilà mon petit best-of préféré de mes moments bridget-jonesiens.

* La fois où j'ai VRAIMENT fait déplacer chez moi 4 pompiers pour queud'
* Et celle où j'ai appelé la police pour une bonne raison...
* La fois où je me suis brûlée au second degré en suivant les conseils d'un magazine de fille
* Celle où j'ai remué ciel et terre (et petites annonces de Libé) pour retrouver un garçon éconduit
* Ma seule et unique soirée de femme-célibattaire-à-la-recherche-de-l'amûûûr (2 parties)
* Ma rencontre avec une inconnue pas si inconnue que ça

Allez, bonne lecture, et bonnes vacances a tutti !

21 mars 2016

Etoile de mère

faire-part2

On dit souvent que les cent premiers jours de la vie d'un bébé sont essentiels pour tout construire sur de bonnes bases. Les dés sont donc jetés, car si mes calculs sont bons (j'ai vérifié, ils sont bons), voilà cent-vingt jours que ma seconde croquette a rejoint notre home sweet home. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas été de tout repos.

On a beau être préparé, avoir assimilé avec anxieté les mises en garde des potes, activé toutes les options "on va y arriver" et mentalement se répéter "c'est juste un moment difficile à gérer", force est de constater que quand le tsunami du deuxième enfant débarque, il n'y va pas avec le dos de la cuillère.

Déjà, cette seconde grossesse m'avait laissé un arrière-goût un peu salé, entre le manque de repos, le bidou vraiment imposant et le corps, plus âgé de trois ans, qui n'encaisse plus aussi bien les transformations majeures. Rien à voir avec la plénitude et la presque-sérénité de ma première maternité, où je répétais à peine une semaine après l'accouchement que mon gros ventre et mes sensations de femme enceinte me manquaient déjà. Ah, cette fois-ci, niet de chez niet. Libéréeeeee, délivréeeee, la fille !

Et puis on a plongé le nez dans cette nouvelle vie à quatre, balayant d'un coup d'un seul nos habitudes, nos aptitudes et nos certitudes.

Alors que notre rythme se pliait facilement au bon vouloir de Croquette-Première-du-nom (elle a faim ? On mange ! Elle fait la sieste ? Nous aussi ! Elle est déjà réveillée ? Bon bah nous... pareil !), il a fallu à sa petite soeur plus d'adaptabilité pour se couler dans le moule familial du mieux possible, faire doucement sa place, sans jamais connaître ce statut d'enfant-roi propre aux aînés des fratries tant qu'ils sont l'enfant unique. Oui ma cocotte, tu es la seconde, et il y a déjà toute une organisation familiale en place, il faudra bien faire avec.

Quant à la grande soeur, grosse désillusion ! On lui promettait une nouvelle copine avec qui jouer à la poupée et aux legos, et voilà que débarque dans SA chambre un petit machin grand comme un haricot, qui ne sait même pas tenir un jouet dans ses mains, qui suscite des chuuuuuut et des moins fooooort affolés dès qu'elle daigne pioncer un peu, et avec qui il faut désormais partager ses parents, leur temps et leurs bras. Pour le cadeau, on repassera.

Et ne parlons pas des sacro-saints principes "parents-presque-parfaits" qui volent en éclats pour canaliser l'une ou l'autre, gagner du temps et (s')éviter moult crises de nerfs.
Avant : "non, chérie, pas trop de télé, je préfère qu'on fasse un puzzle ensemble". Maintenant : "Raiponce pour la douzième fois de la semaine ? Mais bancoooooo, fonce, ma puce !".
Avant : "un peu de légumes et de fruits à chaque repas, c'est essentiel". Maintenant : "non, mais les coquillettes-jambon, c'est très bien. Féculents + protéïnes, c'est é-qui-li-bré".
Avant : "nous, tu vois, on évite la tétine au max, pour ne pas créer de dépendance". Maintenant : "mais file lui sa tétine, putain, qu'elle arrête de brailler comme ça !"
Bref, je ne vous fais pas de dessin...

Ou plutôt, si, venez, on s'assoit tous ensemble et on parle des crises de nerfs de l'aînée qui régresse à souhait, demande qu'on lui serve son repas bouchée par bouchée, et réclame un câlin en hurlant à la mort toujours au moment des biberons ou des changements de couches. Ou qui, au contraire, cherche à marquer son émancipation en voulant tout faire "toute seule", avec patience et application, ce qui a le don de m'attendrir me mettre les nerfs au court-bouillon.
Ou parlons de Croquette-Minus qui décide subitement qu'elle a faim au moment exact où le dîner parental est prêt, et ce, qu'il soit 18h53 ou 23h40 (oui, on a essayé TOUTE l'amplitude horaire de la soirée). A croire qu'elle a des radars à bouffe à la place des sinus, celle-là !

Oui, ces cent-vingt jours n'ont vraiment pas été un long fleuve tranquille. J'ai fait le deuil des nuits complètes (un peu plus qu'avant, je veux dire) et du teint de rose. J'ai renoncé à une maison en ordre, puisque les feutres sans capuchon, les peluches éducatives et les chaussures de Barbie sont venus prendre la place des jolis vases et des bougies parfumées. Mon arbre-à-linge-qui-sèche frôle l'overdose et n'a même plus le temps d'être rangé. J'ai des crampes aux mains à force de laver, plier, ranger, re-laver, rincer, nettoyer, désinfecter tétines, biberons, couches, baby-fringues et linge de lit. J'ai le dos ruiné pour cause de gigot de six kilos porté en porte-bébé, et je deviens schizophrène à entendre en stéréo les pleurs de l'une d'un côté et les "maman, regarde" répétés de l'autre, qui voudrait tellement que mon monde ne tourne encore qu'autour d'elle.

Et pourtant, au milieu de ce tableau de chaos domestique, on voit émerger de ci de là quelques moments-pépites qui laissent entrevoir de futures éclaircies. Une toute petite croquette de quatre mois qui pousse à merveille, use de sourires comme d'une arme de séduction massive, et manifeste déjà un vif intérêt pour sa grande soeur en ne la quittant jamais des yeux. Une grande de trois ans qui ne sait pas toujours si elle préfère jouer à l'indépendante ou redevenir bébé, mais qui n'oublie jamais de faire un bisou de bonne nuit à sa petite soeur, et qui nous murmure des mots doux à l'oreille juste avant de sombrer dans le sommeil.

Quatre mois-tsunami qui ne laissent pas de répit, mais deux petites souris épanouies à qui on offrirait le monde. L'hiver aura été sport, mais avec un tel résultat, je trouve que je l'ai méritée, mon étoile. Non ?


En photo : l'atelier faire-part, ou la fausse-bonne-idée, qui va me permettre de retrouver des étoiles dorées
planquées dans tous les recoins de l'appart pendant au moins cinq mois.

19 mars 2013

Babillages

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Hey, salut les gens de l'autre côté de l'écran,

C'est moi, c'est BabyGirl. Je profite du fait que ma mère est occupée ailleurs et délaisse un peu ce blog pour venir faire une petite incursion clandestine et vous donner quelques nouvelles du front. Voilà un peu plus de deux mois que j'ai débarqué, je commence à peu près à prendre mes marques ici, et ma foi, c'est plutôt cool. Il faudrait d'ailleurs être bien difficile pour penser autrement : logée, nourrie, blanchie. ET chouchoutée, bichonnée, bisoutée, dorlotée, câlinée. Que demande le peuple ?

Les parents ont l'air assez détendu, mais ça n'a pas été une mince affaire. Il y a encore quelques semaines, c'était impossible de pioncer tranquille sans que l'un des deux débarque furtivement au dessus du berceau. Ma mère, surtout ! Quelle flippée, celle-là ! Quelle trouille elle m'a fichue plusieurs fois, à me coller sa tête en gros plan devant mes mirettes encore pleines de sommeil ! Mais elle s'est nettement calmée ces derniers jours, heureusement...

Enfin, calmée... c'est vite dit. J'ai remarqué qu'il suffit que je braille un petit coup pour les faire accourir tous les deux aussi sec. Du coup, je m'amuse un peu, tiens. Je crachouille ma tétine, hop, et je déclenche le plan sirène. Bam, dans les dix secondes, en voilà un qui s'occupe de mon cas. Bon, ça marche très bien trois, quatre fois. Au bout de cinq, je mets le holà parce que je sens que le comique de répétition, ca va bien deux minutes.

Dernièrement, j'ai trouvé comment gagner encore plus de points en capital sympathie : je leur décroche de grands sourires jusqu'aux oreilles. Parfois, je pousse même le vice jusqu'à accompagner mes mimiques d'un petit bruitage gazouillant. Alors ça, mes amis, ça les met en transe, je vous raconte même pas. Et vas-y qu'ils se mettent à s'extasier, à parler super aigü et à gagatifier puissance douze. Ils sont mignons. Un peu con-con, mais mignons. Et moi, du coup, pas trop relou, j'essaye de leur faire plaisir, ça ne me coûte pas grand chose.

En revanche, j'ai pas encore trop saisi pourquoi ils poussent de grands cris à chaque fois qu'on change ma couche. Un coup, c'est "ooooohhhh, c'est bien, tu as fait caca, c'est super !", et le lendemain, j'ai droit à "oooooohhhh la vache, mais qu'est-ce que c'est que cette bombe nucléaire que tu nous as pondue ?!!". Faudrait savoir, les gars... Pour la peine, quand ils m'énervent à se contredire, hop, je leur fais le coup du petit pipi freestyle, qui arrive PILE au mauvais moment. Vlan !

Ma mère me fait rire. Elle passe des heuuuuuuuures dans ma chambre. Je l'observe discretos du coin de l'oeil quand elle croit que je fais la sieste, elle n'arrête pas de contempler, ranger et plier mes fringues. Quand je vois l'état de sa penderie, j'ai un peu envie de lui dire qu'elle ferait mieux de s'occuper de son armoire à elle, mais je crois qu'elle compense de cette façon la grosse frustration qu'elle a de ne pas pouvoir faire de shopping pour le moment. Une vague histoire de kilos à perdre et de ventre plat à retrouver, je crois.

Pour encore quelques semaines, j'ai ma mère tout pour moi. Elle arrive à peu près à caser quelques trucs persos à faire dans sa semaine, mais le reste du temps, je l'ai pour moi toute seule. J'adore, et j'en profite encore un peu, puisque je n'hésite pas à la réveiller en pleine nuit si j'ai besoin d'un petit casse-croûte. Elle râle un peu beaucoup, j'ai bien vu, mais elle finit toujours par céder. Mais je sais bien qu'il va falloir que je fasse des efforts bientôt. Elle parle de reprendre le boulot, elle parle de crèche, de rythme à prendre, de nuits complètes à faire. Oui, oui, bon, ok... on verra. Pour le moment, carpe diem. J'ai encore droit à mon petit cocon douillet pour quelques temps, laissez-moi en savourer chaque minute.

Ah, c'est l'heure du bib' ! Les bonnes choses n'attendent pas, je vous laisse sur ces quelques nouvelles, et vous souhaite une bonne semaine. Hasta luego !

 

18 octobre 2010

Victime de la mode, tel est mon nom de code

cintresDepuis quelques semaines, il se passe des trucs étranges dans ma penderie. Des fringues vont et viennent, apparaissent, puis disparaissent, pour réapparaitre à nouveau quelques jours plus tard. Dans un autre coloris, ou une autre taille, la plupart du temps. Certaines autres font une apparition fulgurante, juste le temps de dire bonjour aux copines, et pfuiiiittt, s'en vont pour ne jamais plus revenir. "Esprit (de la mode), es-tu là ? " demanderont certains. Car qui donc s'amuserait de la sorte à faire la bamboula au beau milieu des cintres et des boîtes à chaussures, hein ?

Oui, alors, ne vous tracassez pas trop longtemps à chercher des explications irrationnelles, va. Il se passe tout simplement que je suis encore barrée dans l'une de mes périodes bi-annuelles de boulimie fringuesque doublée d'un sens critique aigu affuté sitôt rentrée à la maison.
En gros, pour vous la faire courte, je parcours les magasins et le Net à la recherche de trucs in-dis-pen-sables (il va de soi). J'achète parfois (ok, souvent) sans essayer, par manque de temps, manque d'envie-là-tout-de-suite, manque du-bon-collant-pour-juger-cette-robe, manque du bon-degré-d'épilation-pour-oser-sortir-de-la-cabine.

Une fois chez moi, pas forcément le soir même, parfois deux, trois, huiiiiiiiit jours après mon shopping, je me lance dans mes essayages. Neuf fois sur dix, vous pouvez parier que la jolie silhouette que j'avais imaginée dans la boutique avec ce nouveau truc que j'étais en train de m'acheter, hé ben makache ! Systématiquement un aspect qui cloche, et fout en l'air mon tableau de la parfaite modeuse qui connait sa morphologie et sa penderie sur le bout des doigts.
Soit ça baille tellement à la taille qu'on y voit jusqu'à la marque de ma culotte, soit c'est tellement serré sur les cuisses qu'on me rebaptise Boudina, soit la couleur n'est pas si "rouge coquelicot" que ça en avait l'air dans le magasin (mmm, tu m'étonnes, en même temps, sous les néons Zaraesques...).

Nous en arrivons ainsi au déroulé suivant, qui suit peu ou prou toujours les mêmes étapes dans le même ordre :
- "Et si j'échangeais pour la taille au dessus, pour un effet loose ?"
- "Je pourrais aussi le prendre en beige, pour aller avec les derbys noirs que je n'ai pas encore mais que je vais me trouver juste après ?"
- Donc repliage de la fringue, enfournage dans le sac de la boutique, accompagnée du ticket de caisse.
- Nouvelle vadrouille en boutique pour échange standard.
- "Ah non, désolés, mademoiselle, ce modèle est sold-out, vous ne le trouverez plus".
- Crise d'hystérie intérieure. Roulage par terre mental.
- Foncage ventre à terre dans deux ou trois autres boutiques de l'enseigne, la boule au ventre et la sueur aux aisselles.
- "Yes, je le tiens !" (cheveux hirsutes et mine rougeaude)
- Retour maison, épuisée mais heureuse (enfin, il me semble)
- Nouvel essayage de la fringue quelques jours plus tard.
- "Moui... finalement, c'était pas si mal en gris foncé, j'aurais pas du le rendre".
- "Et en plus, en cette taille, il me fait un cul de génisse".

... Je suis tarée, putain. Je suis tarée, en fait. C'est ça, hein ? Je suis folle. Mon psy-que-je-n'ai-pas aurait sans doute pas mal de choses à dire sur ce petit travers qui me caractérise (mon Chéri aussi, d'ailleurs), mais je crois qu'il vaut mieux en rire qu'en pleurer, et que se l'avouer à soi-même, c'est déjà faire preuve d'(un peu de) prise de conscience. Non ?

PS : Je vous rassure, mon compte en banque se porte bien aussi. Il voit passer pas mal d'opérations bancaires, un coup négatives, un coup positives, car au final, je finis souvent par être raisonnable et rendre en boutique les craquages qui auraient causé ma ruine autrement.

23 août 2010

A Paris, en vél'eau

v_lo2Je vous racontais dernièrement que, face à quelques kilos en trop, je m'étais mise aux bonnes résolutions, et surtout, au sport (au quoi ?) (je sais). Ma dernière lubie en date se nomme donc Aquabiking. Vélo dans l'eau, si tu traduis à peu près les mots. "Ach, mais, qu'est-ce donc que cette affaire-là", vous demandez-vous fort à propos. En gros, tu crois que tu vas à la piscine faire des longueurs de brasse, mais en fait, non, tu pédales sur une bicyclette clouée au fond du bassin. Gnééé ? Ou bien, si vous prenez le problème de l'autre côté : tu crois que tu vas louer un Vélib', mais en fait, tu te retrouves sur ton vélo quasi à oualpé, trempée, et le maillot collé à la selle. Oui, chelou, je ne vous le fais pas dire.

L'idée de génie (n'ayons pas peur des grands mots) vient des stayyyyytsss (comme par hasard) et fait kind of fureur là-bas. Tu m'étonnes, Elton. C'est pas comme si c'était pas rigolo de voir dix gonzesses en maillot fluo s'agiter comme des dindes sur des pseudo-pédalos. Et ca change un peu des working-girls en tenue ultra-fit-perform-tech (ou un truc dans le genre) suer avec classe sur leur tapis de course en aluminium brossé. Même pas drôles, ces meufs.

Donc, bref, j'avais décidé de me lancer dans l'aventure moi-même, fortement conseillée par un kiné un peu loufoque qui jugeait que ce type de sport achèverait en beauté ma rééducation de genou fragile.
Me voilà donc devant la salle de sport un certain jour de juin dernier, mon maillot Décathlon en bandoulière, et mon sourire de cintre accroché en pleine face. (Autant se faire des copines de galère, non ?).

Déjà, faut savoir un truc : l'aqua-bike, c'est un concept qui ne cause qu'aux nénettes, apparemment, vu le pourcentage de mâles au sein de l'établissement. Et, ô bonheur, le seul mâle s'avère être... le prof. (Ah ça, pour pédaler en statique au fond d'un bassin, y'a personne, mais quand il s'agit de brailler des ordres sur un troupeau de maillots colorés, ça fait la queue devant la porte, hein ?!!).

Nous nous changeons toutes les huit en silence, avant de rejoindre nos vélos immergés dans le bassin chloré. La musique commence, c'est parti pour 45 minutes d'exercices variés. Pédalage classique sur un rythme de plus en plus soutenu, pour échauffer les muscles. Puis combinaison de postures assise, debout, en équilibre... pour varier les plaisirs. (Tu parles. Ca chauffe, point). Les visages souriants et détendus du début de cours sont désormais rougeauds et dégoulinants de sueur.
A mi-cours, petite pause sur les jambes pour s'attaquer aux bras. Des haltères et des planches font office d'instruments de torture pour nous extorquer quelques menus centimètres de gras placé - on ne sait trop comment - juste à la place des biceps. Dans les rangs, j'aime autant vous dire que ca grimace sec. Seul le prof, ce traître, garde le sourire du haut de sa selle. Et perso, je ne peux plus saquer Rihanna qui nous saoule avec son umbrella-ella-ella, parce que tant qu'elle chante, on ne doit pas lâcher.
Pour finir en apothéose, on reprend le pédalage sur un rythme ultra soutenu, au son des "plus vite, plus vite, pluvite, pluvitpluvitpluvit" du tyran. Quelques abdos pour parfaire le tout (et dieu seul sait qu'on peut donc faire des abdos sur un vélo, faut juste voir la pause, quoi !), et la séance se conclue par quelques étirements anti-courbatures. Ensuite, zou, à la douche !

Bilan : Je suis fourbue. Même plus la force de faire mes sourires de copinage à mes soeurs de galère. M'en fous, vite, une douche, un doliprane et au dodo. Sauf que, étrangement, passé l'effet des quinze minutes de reprise de souffle et de tronche humaine, les premiers bienfaits se font déjà sentir. Je me sens plus légère et reboostée. Et je confirme que les courbatures n'ont pas eu raison de moi le lendemain, alors que je sais (oh, oui, je sais) que tous mes muscles ont bien travaillé.

Avantages : Un sport complet // L'apesanteur fait travailler les muscles en douceur // L'eau draine et masse les jambes, idéal pour les jambes lourdes et les problèmes de circulation // Le cours affiche complet à 9 participantes, on est loin des troupeaux de masse de certains clubs de gym.

Inconvénients : Besoin d'un minimum d'intendance au niveau de la présentation (épilation au poil (ah ah) pour les séances, et besoin impératif de rebrushing après, vu l'humidité ambiante) // Sport victime de son succès : les places se font rares, et j'ai déjà personnellement du réserver jusqu'à un mois à l'avance pour pouvoir faire mon cours // Le prix ! Environ 30 euros la séance de 45 minutes, moins si on s'abonne au forfait de 10 cours.

En toute sincérité, j'imagine que cette nouvelle lubie ne durera pour moi que le temps de terminer mon abonnement, et que le prix élevé et le manque de créneaux compatibles avec mon emploi du temps me feront rapidement aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte. J'ai d'ailleurs déjà ma p'tite idée, hé hé...

(PS : Et non, j'ai pas fait de faute à mon titre, c'est fait n'exeuprès !).

29 mars 2010

Chats teignes

chat_1Le chien est l'ami de l'homme, à ce qu'il parait. Mais pour le chat, je suis moins sûre. J'avais déjà, personnellement, pas mal de soucis à gérer avec mon chat à moi. Mais depuis l'emménagement avec Chéribibi, à mon matou est venu s'ajouter le sien. Et croyez-moi, deux chats dans un 35m carrés, c'est un peu la fête du yukulélé tous les jours.

Après une longue période d'approche et d'observation de l'autre ponctuée régulièrement de feulements agressifs et de coups de griffes 'rockyesques', nos deux miauleurs ont fini, à défaut de s'apprécier, par s'apprivoiser et se tolérer.

Évidemment, il faut partager sa gamelle de Shéba, ce qui ne manque pas de créer l'équivalent d'un conflit mondial tous les jours dans la cuisine. Bien sûr, il faut supporter les odeurs de pipi de l'autre dans sa litière, ce que mon chat a parfaitement résolu en dédaignant celle-ci et en préférant aller pisser - et plus si affinité - dans la douche. Je ne me plaindrai pas de ce choix judicieux (c'est toujours mieux que derrière le lit), mais je n'apprécie que moyennement de trouver un cadeau surprise odorant à mes pieds quand je commence à faire couler l'eau de la douche le matin.

Il n'en reste pas moins qu'à deux, c'est mieux. Ayant vite compris l'intérêt pour eux de ne pas être seuls en journée, nos félins ont rapidement développé une extraordinaire capacité à "jouer à chat" (enfin, je présume qu'on appelle ça autrement chez eux, du coup) en se coursant dans tout l'appartement, à grands renforts de dérapages contrôlés sur le parquet (merci les traces de griffures) et de renversement de tout obstacle tel que fil de lampe, vase de bambous ou linge qui sèche. Je vous laisse imaginer l'état des lieux quand je rentre à la fin de la journée.

Le moment du coucher est également très propice aux déferlements félidesques, comme si ces bestioles avaient un large besoin de dégourdir bruyamment leurs pattes avant de sombrer dans un profond sommeil, étalés de tout leur long en plein milieu du lit, et donc de nos pattes à nous.

Encore que. Cette théorie est largement applicable pour mon chat à moi. Mais celui de Chéribibi a ressenti le besoin de se constituer pour la nuit un petit abri bien à lui, où il ferait bon, chaud et sombre. Pour cela, il a consciencieusement appris en quelques mois (et je salue haut et fort la capacité d'apprentissage des matous pour la peine) à entr'ouvrir les portes coulissantes de notre penderie, pourtant épaisses et bien lourdes.

En pratique, nous avons donc droit au concerto de grattages intempestifs au bas de la porte (si possible vers trois heures du matin, histoire de bien faire remarquer à tout le voisinage l'étendue de son talent), et aux traces de pattes sales et graisseuses sur toute la partie basse du miroir recouvrant la porte de la fameuse penderie.
Bien évidemment, nous bénéficions aussi, au bout du compte, des manteaux et vestes (pourtant sagement mises à l'abri en lieu sûr) redécorés de boules de poils blancs, des blouses et robes en tissu fragile ornés de fils tirés, d'accrocs et de trous de griffes (il faut bien se hisser à quelque chose pour grimper au sommet des cintres, n'est-ce pas ?), et de lacets de chaussures élégamment mâchouillés, voire sectionnés en deux quatre. Le bonheur, c'est simple comme un coup de griffe.
J'ai temporairement résolu la question en bardant les deux portes coulissantes de gros morceaux de scotch marron, ce qui, d'une part, est vraiment très esthétique, et d'autre part, ne manque pas de provoquer des regards éberlués de la part de la femme de ménage et de toute autre personne qui nous rendrait visite. Sans compter que c'est rudement pratique chaque fois qu'on veut attraper un pull ou un jean.

La dernière trouvaille en date de monsieur chat a été de baptiser joyeusement de son urine tout le tas de boîtes en cartons que je gardais précieusement dans un coin de l'entrée, en vue de mes futurs envois ebay and co. Tel que je le connais, il a dû se dire "hé mais... pourquoi je m'enquiquinerais à aller pisser là-bas dans un bac fermé et sombre, alors que ici j'ai tout l'espace du monde au dessus de la tête ?". Un peu comme un mec qui pisserait en pleine nature avec ce côté jouissif de retourner à l'état sauvage, j'imagine.

Vous allez me dire que je suis un peu maso, à me coltiner le double d'emmerdements, alors que j'étais déjà bien servie avec une seule bestiole. Vous avez sans doute raison. Et pourtant, les voir évoluer à deux me fait sourire tous les jours, quand je décrypte les attitudes de l'un vis à vis de l'autre, leurs stratégie d'évitement ou de confrontation. Mieux que mes poupées de petite fille, ces deux-là jouent eux-même la comédie au quotidien, occupant davantage l'espace qu'une simple télévision. De chats teignes à chats pitres, il n'y a finalement qu'un pas.


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